« Désolation » Le Duo Jaworski/Ascaride: Un Roman Graphique Au sommet Du Talent!

Posté le Dimanche 26 janvier 2020

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Lorsqu’en 2017, les Moutons Électriques publièrent leur premier roman graphique « Tout au milieu du monde » avec le trio de choc qu’est Melchior Ascaride, Julien Bétan et Mathieu Rivero, nous avions déjà là l’amorce d’une catégorie de livre qui allait marquer durablement ma vie de lecteur en publiant le tout premier livre graphique de la collection. Deux années plus tard, les trois complices récidivent en réalisant « Ce qui vient de la nuit » , ouvrage dont je n’ai pas eu le temps de faire l’éloge, mais qui venait asseoir le talent de ces jeunes artistes avec cette histoire de Fantasy baignée de magie de malédiction et de terreurs ancestrales. En priorisant le jaune, Melchior Ascaride est parvenu à appesantir encore plus l’atmosphère étrange de ce texte sombre et sans concession, comme une brume lactescente qui progressivement semble vouloir sortir d’entre les pages, vous agripper de ces doigts glacés et fantomatiques pour vous attirer dans cette campagne bretonne du temps jadis, pétrie de légendes et de haut fait d’armes. Une fois de plus, texte et images sont en parfaite corrélation et l’on sent dans la technique utilisée par l’artiste un tournant déterminant comme pour vouloir encore plus imprégner le lecteur de toute la magie de l’histoire.
Fidèle au vieil adage « jamais deux sans trois » l’éditeur vient de renouveler l’expérience avec le tout aussi percutant « Désolation » écrit cette fois par une figure emblématique de la Fantasy, Jean-Philippe Jaworski et dont le texte vient coller comme une ombre au magnifique travail pictural d’un Melchior Ascaride plus inspiré que jamais. Tout d’abord, ce qui frappe l’esprit du lecteur que je suis, avide de belles couvertures, c’est le travail effectué une fois de plus pour cette édition et de la typographie du titre qui vient parfaitement se marier avec les circonvolutions de cette créature mythologique que l’on pourrait aisément confondre avec un vers à l’aspect redoutable. Ensuite, ce que j’ai aimé dans ce court roman, c’est le choix de l’auteur de commencer cette aventure de manière aussi abrupte qu’elle se termine. Une sorte de tranche de vie dans des temps reculés et/ou imaginaires, pétri lui aussi d’histoires terrifiantes traversé par la fureur du métal qui s’entrechoque et de l’odeur du sang versé. Certes comment ne pas penser à l’univers de Tolkien père fondateur de toutes ces terres de magie et de mystère, mais si Jean-Philippe Jaworski excelle à nous rappeler l’univers du maître, son talent parvient largement à prendre le large et nous livrer son univers qu’il est capable de construire en quelques pages et le peupler de figures inoubliables pour qui le tranchant d’un épée et plus éloquent que bien des discours. Il nous plonge ainsi dans une quête extraordinaire, une course contre la montre obligeant un puissant seigneur et toute sa horde bardée de fer et lourdement chargée de victuailles de porter secours à un fief voisin assiégé de toute part et risquant de plier l’échine face à un impitoyable ennemi. Pour cela, une seule issue possible s’il veut arriver à temps, passer à travers une montagne maudite, abritant selon les légendes un redoutable dragon et résister aux attaques de hordes de Gobelins commandés par un chef à la sanglante réputation : Le dévoreur !
Aidé de son fidèle Radswin le diseur de loi, Hjalmberich accompagné de 20 guerriers nains et de trente gnomes, vont traverser le massif du Kluferfell et braver la terrible région du Wyrmdale et il faudra bien plus que le savoir de maître Skirfir « Brûle-gueule » l’artificier de la troupe pour mener à terme une expédition qui va découvrir un secret bien plus incroyable que celui de l’existence d’un dragon !

Ce qui fait le charme incroyable de cette odyssée, c’est son coté quelque peu décalé en marge d’une Fantasy certes très codifiée avec les grandes figures classiques du genre, mais en y insufflant cette touche personnelle où le tragique des situations se mélange avec bonheur au comique de certains personnages. Ainsi Skirfir cité plus haut, spécialiste en explosifs et Littyllytig le contremaître des gnomes, sont les deux personnages qui régulièrement vont interagir dans les moments clef de l’aventure en y injectant la quantité suffisante espièglerie , de malice et d’humour afin de créer un tout homogène et particulièrement savoureux. Une expédition, sans cesse accompagnée par le bruit des armes et la fureur de la bataille, car « Griffus », « viandars », « panses de fer » et autres « Konomor » le konungr des Uruk Maug , ne cessent de harceler cette troupe hétéroclite aussi peu nombreuse que déterminée.

Pour un peu j’aurai presque l’envie de vous présenter ce volume une corne remplie d’un alcool fort et à brailler des chansons paillardes!


Ainsi donc, pour ce troisième roman graphique Melchior Ascaride articule toute son œuvre sur des tons oranges et noirs et nous propose une fois de plus un travail qui vient éveiller nos rétines et accroître de manière déterminante cette sensation éprouvée au fil de la lecture, comme si le lecteur, sous le joug d’une magie ancestrale, pouvait se retrouver en parfaite symbiose avec les aventures qu’il est en train de lire. Toutes les pages sont baignées de cette atmosphère unique où texte et images œuvrent dans une symbiose parfaite pour le plaisir du lecteur et si nombres de ses dessins me poussent bien après la lecture du livre à revenir dessus pour le seul plaisir des yeux, je ne peux qu’éprouver un profond respect pour la parfaite cohésion entre le texte, l’image et la mise en pages qui d’une manière spectaculaire trouve sa substantifique moelle entre la page 104 et 115 lors de la traversée de la cité sous la montagne : quand le dessin se fait langage on comprend mieux alors pourquoi il est un art qui ne connaît aucune frontière !
Au final nous voilà donc en présence d’une pièce majeure chez cet éditeur en ce qui concerne le roman graphique et du rouge roman initiatique en passant par le jaune des vieilles malédiction, nous voici dans l’orange du fracas des batailles où les deux talents vont jouer de talent et d’originalité afin de nous plonger dans une épopée inoubliable, une descente aux enfers où la verve de l’écrivain n’aura d’égale que la sublime inspiration de l’artiste qui l’accompagne.
Sans nul doute un très gros coup de cœur et je ne pourrai trop que de conseiller aux lecteurs amateurs de beaux objets, de belles histoires et d’une plongée dans un art graphique d’une grand originalité, d’acquérir cette trilogie qui je l’espère est annonciatrice d’autres ouvrages d’une telle qualité et d’une telle intensité,
Bien que cela n’enlève rien à la qualité du travail réalisé, pour quand un ouvrage relié dans le même esprit, mais avec cette fois-ci des plages entières et non coupées par le milieu de manière à dévoiler de manière plus percutante le travail de l’artiste ?

« Désolation » Roman graphique paru aux Moutons Électriques, collection « La bibliothèque dessinée » texte de Jean-Philippe Jaworsky , dessins de Melchior Ascaride. 2020.

Tout au milieu du monde

ce qui vient la nuit

Désolation

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« Celui Qui Chuchotait Dans Les Abysses » Aux Origines Du Mythe!

Posté le Samedi 4 janvier 2020

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Sans être un grand spécialiste, je suis, à l’image des passionnés de littérature fantastique, amateur de ce nouveau genre appelé terreur cosmique et me délecte de temps à autre d’ouvrages écrits par toute une génération d’auteurs vouant un culte innommable au grand-maître de Providence. Depuis quelques années en effet, les éditeurs ne cessent de nous régaler de « pastiches » plus ou moins réussis s’affiliant au redoutable cycle de « Cthulhu » et ma bibliothèque peut ainsi se vanter de totaliser quelques dizaines d’ouvrages de formats variables arborant fièrement sur leurs couvertures d’indicibles visions qui, si elles ne vous rendent pas fous, suscitent une certaine admiration tant l’artiste s’est immergé dans l’univers cauchemardesque de H.P.Lovecraft. Pour exemple le dernier volume paru chez Bragelonne « Les montagnes Hallucinées » magnifiquement illustré par François Baranger. Ici point de roman « a la manière de…. » , la reprise d’un classique, mais revêtu d’un habit de circonstance qui force le respect : grand format sous couverture rigide avec un dessin en transparence et un lettrage couleur argent du plus bel effet, jaquette couleur, illustration à l’identique à chaque page voire en double page ! En bref, si vous me lisez et que cet ouvrage n’occupe pas une place d’honneur sur vos étagères, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Tout cela pour en venir au fait qu’actuellement ce n’est pas la réédition des œuvres de Lovecraft qui sont importantes, bien que nous attendons le super méga collector de la mort proposé par Mnemos en huit volumes , mais de la nouveauté originale de la part des continuateurs et surtout que l’éditeur nous propose une présentation sympathique et originale pouvant ainsi se démarquer des éditions « classiques » pour ne pas dire un peu trop conventionnelles. Chers amis, si vous êtes à la recherche d’un tel objet, j’ai ce qu’il vous faut et croyez moi, en matière de « Collector » je n’ai pas le coup de cœur facile.
J’ai découvert les éditions « Le miroir aux nouvelles » d’une façon assez tardive…..Honte à moi qui suis souvent à la recherche du modeste petit éditeur , proposant des produits originaux. C’est en furetant sur le net, comme tout bon Savanturier des temps modernes qui se respecte, que je tombe par hasard sur leur site : peu de livres, mais sacré bonsoir, tous attirants à souhait et vous donnant une envie folle de les avoir dans votre bibliothèque : formats peu conventionnels, illustrés, thèmes divers et variés ( polar, SF, fantastiques , curiosités littéraires…..) et tous écrits par la même personne…….Mystère ! Dans le lot, je repère un titre qui attire ma convoitise : «  47°9′ S 126°43′ W  celui qui chuchotait dans les abysses ». Mon sang ne fait qu’un tour , d’autant plus que la couverture est terriblement sympathique puisque, outre quelques tentacules, on y aperçoit l’étrave d’un navire dont le nom frappé aux initiales de « HPL » ne pouvait que m’emporter à son bord sur des mers étranges et redoutables. Ni une ni deux, je commande l’objet et j’en profite pour en demander un second , nous sommes en période de Noël et je connais un poulpesque ami qui sera content de ce présent. Bien entendu, je pousse l’impertinence jusqu’à demander une dédicace !
Deux jours après, je reçois une gentil mail de l’auteure, Chrystel Duchamp, qui me dit combien elle est heureuse de cette commande et que, bien entendu les ouvrages seront dédicacés par ses soins, mais également par l’illustrateur Eric Barge : une première approche plus que prometteuse !

Moins d’une semaine plus tard, les ouvrages arrivent et quel bonheur, l’objet est de doute beauté : Grand format, couverture souple frappé d’une blason à tête tentaculaire, recouvert de son élégante jaquette aux dégradés de vert, à l’intérieur de superbes illustrations pleines pages en N&B, et à la toute fin de l’ouvrage la première page d’un journal fictif plié en quatre qui……Mais, n’anticipons pas !
L’histoire donc. Un journaliste est contacté par un mystérieux professeur, risée du monde scientifique, lui proposant de servir de biographe à une formidable expédition organisée dans la zone la plus isolé du pacifique, le point Nemo,c’est-à-dire le point de l’océan le plus éloigné de toute terre immergée. En effet, un son étrange en provenance de cette surface d’Océan se fait entendre depuis quelque temps et a défaut de lui trouver une explication la communauté scientifique le nomme « Bloop ». Mais le professeur Lewis Theobald Jr ne s’y trompe pas, il sait lui que l’origine de ce son provient d’une créature dont on veut feindre l’existence : le grand Cthulhu en personne ! Pendant des années il prépare avec soin le bateau et l’équipement de pointe nécessaire afin d’explorer les fonds marin. Le « HPL » est enfin prêt, commence alors pour notre journaliste un voyage aux enfers qui se terminera comme bien souvent lorsque l’on se frotte aux grands anciens par un placement dans un lieu où personne ne vous entendra hurler.
Raconté ainsi, vous me direz que l’histoire semble banale, téléphonée et sans surprise, mais c’est sans compter sur le talent narratif de l’auteure qui vient ici avec son style bien millimétré et diablement efficace nous apporter un plaisir de lecture que le vieil habitué des terres de l’imaginaire que je suis, aime à parcourir. En effet, Chrystel Duchamp prend le parti avec ce livre de s’adresser à un public ignorant tout de l’œuvre de Lovecraft, en parcourant sa novella,de références à son œuvre, tout en utilisant comme je le disais plus haut un style narratif pouvant charmer les plus aguerris. Il y a chez le héros de cette aventure, une mise en abîme incroyablement bien menée et de la rencontre avec le professeur et celle finale , avec Cthulhu en personne, une montée en puissance qui arrive à nous surprendre. D’ailleurs cette aversion de David Wayland pour la mer qui devient peu à peu obsessionnelle pour en devenir maladive, ne sont que les prémisses d’une horreur encore plus grande à venir. On retrouve les mêmes maux que dans les héros de Lovecraft, personnages septiques et/ou à la recherche de la vérité et qui finalement se trouvent coincés dans une spirale infernale, mais racontée d’une telle façon qu’au final, j’ai eu l’impression de redécouvrir tout ce qui fait le fondement de son cycle. Une approche certes plus moderne, mais avec un style plus léger, l’auteure va à l’essentiel et c’est justement ce qui fait la force du texte : on ne s’embarrasse pas de fioriture, on se laisse embarquer tête baissée, et ce, sans jamais le regretter.
Ce format entre la nouvelle et le court roman n’est pas un exercice facile mais nous avons ici la preuve formelle que même en utilisant un thème archiclassique, formaté et usé jusqu’à la trame, il est possible d’en faire quelque chose d’inhabituel , non seulement à lire mais agréable à regarder, avec un final assez original ou le fin mot de l’histoire nous est livré sous la forme d’une coupure de presse factice, intégrée comme preuve ultime, document plié en quatre et collé sur la dernière page, comme si toute cette histoire n’était qu’une mystification, le délire d’un fou et finalement remise en doute par plusieurs articles de presses et inséré intentionnellement dans ce récit témoignage, comme pour semer le doute dans la tête du lecteur.
Ce livre est beau, il est bien pensé, fabriqué avec amour et les illustrations d’Eric Barge, complice de l’auteure, viennent ici par la présence de ces dessin pleines pages N & B, asseoir encore plus ce statut d’objet culte , de ceux incontournables que tout amateur de sympathiques histoires et de beaux livres, se doivent d’avoir dans leurs bibliothèque,
En tout cas, le mien trône fièrement à côté de ceux de François Baranger et je voulais par ce petit article rendre hommage au travail de ces artistes de l’ombre qui œuvrent en toute simplicité pour le plus grand plaisir de leurs lecteurs. Une preuve de leur grande générosité et d’une foi inébranlable sur cette route pas toujours facile qu’ils ont choisis d »emprunter.

« 47°9′ S, 126° 43′ Celui qui chuchotait dans les abysses » Éditions « Le Miroir Aux Nouvelles » Texte de Chrystel Duchamp, illustrations de Eric Barge. 215 . Tirage Limité

Pour le commander c’est ici: https://www.lemiroirauxnouvelles.fr/

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« La Science-Fiction En France Dans Les Années 50″ Une Décennie Fabuleuse Mise à L’honneur

Posté le Dimanche 29 décembre 2019

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À peine sortions nous quelque peu époustouflés par la monumentale somme qu’est le « RétroFictionS » des ami Guy Costes et Joseph Altairac, qu’une rumeur venait poindre le bout de son nez, annonçant la parution prochaine d’un ouvrage consacré à la « Science-fiction » en France dans les années 50. Rumeur vite confirmée par l’éditeur avec la présence d’une somptueuse couverture rétro à souhait et un lettrage de couverture digne de cette époque bénie qui au final n’avait été que rarement évoquée occultant de fait toute l’importance que ce « mauvais genre » avait exercé sur notre pays. Pour les lecteurs et modestes chercheurs que nous sommes, cet ouvrage représentait beaucoup pour nous, en raison des faibles documents existants ou du moins de façon éparses dans diverses et rares revues ou sur des sites internet, mais ce, de façon très parcellaire, voire incomplète. Notre ressenti fut donc plus que positif et pour cause, en plus de paraître chez Moltinus et distribué par les Moutons Électriques , éditeur dont nous connaissons tout l’engagement en ce qui concerne les rééditions d’œuvres populaires ayant sombré dans un oubli total avec des ouvrages d’excellentes qualités, mais de surcroît réalisé par un grand spécialiste en la matière, mémoire vivante et fin connaisseur de la littérature populaire et surtout grand collectionneur devant l’éternel. Il faut dire que nous avions déjà beaucoup apprécié sa plume alerte et féconde dans diverses études, « Les pulps l’âge d’or de la littérature populaire Américaine », « Bob Morane, profession Aventurier » les deux volumes parus dans la collection « Travaux » de chez Encrage et mesuré de fait sa grande érudition en la matière. De l’érudition, il en fallait pour mener à terme cette entreprise assez compliquée car dans les années 50, juste après cette frontière symbolique entre « roman scientifique » et/ ou « Merveilleux scientifique » , les balbutiements du genre furent assez chaotiques et dans cette pléthore d’éditeurs, aussi bien dans les magazines que dans les collections spécialisées, il fallait un formidable défricheur de cette période afin non seulement d’y mettre bon ordre mais surtout de le restituer de façon cohérente et plaisante à lire, tout cela afin de ne pas perdre le passionné comme le simple profane.
A la lecture de ce magnifique ouvrage rouge sang sous une délicate parure de velours, le lecteur va pouvoir s’abreuver jusqu’à plus soif de ces quelques trois cent pages où fourmillent détails surprenants, anecdotes étonnantes et surtout un regard lucide et parfaitement maîtrisé sur une folle décennie, laboratoire formidable d’une genre qui cherchait ses marques , terrain d’expérimentation pour tout un public abreuvé par une production majoritairement étasunienne mais qui ne tarderait pas à accorder ses bonnes grâces à une production nationale qui peu à peu va finir par s’affirmer et acquérir ses lettres de noblesses.
Il vous suffira de jeter un œil sur le sommaire de cet ouvrage véritable bible du genre, pour vous apercevoir du minutieux travail de fouille «  archéobibliographique » réalisé par Francis Saint-Martin et de voir à quel point cet incroyable chercheur est allé déterrer au plus profond de ses précieuses archives afin de nous exhumer l’histoire de cette décennie fondamentale pour l’histoire de la science-fiction Française .Si la qualité ne fut pas toujours au rendez-vous, il s’agissait plus du tâtonnement d’éditeur parfois peu scrupuleux en quête d’une manne providentielle pour assouvir leurs intérêts personnels que de rechercher une réel public avide d’une genre qui paradoxalement n’avait pas encore pris de réelles marques. D’ailleurs dans un chapitre fort instructif, comme l’ensemble du livre, et intitulé « L’apparition du mot science-fiction » l’auteur nous précise la genèse de ce mot tant outre Atlantique que sur notre bon vieux territoire.

Au final, nous voilà donc en présence d’un ouvrage unique et indispensable où rien n’est oublié. Ainsi de la revue « V magazine » en passant par « Bolero » le royaume des éditions « Del Duca » celle d’Hauteville, les débuts de « Richard-Bessière » et de « Keller-Brainin » de Jimmy Guieu , de Brantonne et Jeff De wulf, la genèse des éditions Fleuve noir ( tous genres confondus) de la revue Fiction , des petits publications comme « Le trotteur » « Grand Damier » « Série 2000 » ou les plus connues comme « Le rayon fantastique » ou « Présence du futur » , c’est la porte ouverte vers un univers merveilleux que nous découvrons et que l’auteur nous propose avec toute sa modestie, son érudition mais surtout cet art de savoir diriger une livre à vocation historique en l’écrivant comme un roman tellement passionnant qu’il nous est impossible de le lâcher. Cela fait bien des années que je manipule ces précieux petits volumes sans me douter un moindre instant de leur fabuleuse histoire qui fut bien souvent le fait d’un hasard incroyable pour ceux qui les ont écrit et d’une plus mouvementé pour ceux qui les publièrent.
En le lisant, j’ai appris une quantité incroyable de choses, mais ce qui fait la force principale de l’ouvrage, ce sont les détails que Francis Saint-Martin nous livre sur des figures légendaires avec cette lucidité et cette bienveillance propre aux passionnés de l’histoire de la SF et nous livre une foule de détails sur des noms aussi célèbres que Pacifico Del Duca, Georges H.Gallet, Maurice Renault , Michel Pilotin, Jacques Bergier …….. Tout un univers dont nous ignorions l’existence et dont les portes viennent s’ouvrir devant nous et dans laquelle nous pouvons nous engouffrer avec plaisir et ravissement. Voilà une année qui se termine des meilleures façons qui soit car notre histoire de la Science-Fiction en France était orpheline d’un tel ouvrage à la fois didactique, plaisant à lire et un ouvrage précieux pour celles et ceux cherchant des éléments précis , des points de repaires indispensables sur ces auteurs, ces éditeurs et bien souvent ces illustres inconnus qui contribuèrent à l’édification d’une genre.Que ce soit par passion pour la littérature ou par appât du gain, voilà ainsi offert à notre curiosité toute une période de notre histoire populaire qui depuis trop longtemps était resté dans l’ombre et qui vient par ce magnifique ouvrage remettre sur le devant de la scène plus qu’un courant littéraire mais toute une période incroyablement palpitante, tumultueuse et terriblement novatrice.
Saluons une fois de plus Moltinus d’avoir pris le risque de publier un tel ouvrage qui, en raison de son faible tirage reste malgré tout un petit peu cher et que certaines personnes pourraient fustiger pour le manque de reproduction en couleur. Comme tout passionné, je dois avouer regretter le manque de présence de cette imagerie souvent naïve, avec l’éclat chatoyant de certaines couvertures qui vous pètent à la figure, mais je suis aussi partisan de cette bonne vielle phrase « peu importe le flacon….. » et je pense franchement que l’ivresse est là de part le magnifique écrin dans lequel l’ouvrage a été placé et par la qualité exceptionnelles des informations qui se trouvent à l’intérieur , et ça les amis, croyez moi, cela n’a pas de prix !

« La Science-Fiction en France dans les années 50 » de Francis Saint-Martin. Éditions Moltinus  collection « Le rayon vert ».

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« Le Mystère Des Pennes »: Un Détective Des Ténèbres à L’ancienne!

Posté le Mardi 24 décembre 2019

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Le détective de l’étrange est une race hybride provenant du terreau fertile de l’imaginaire qui ne cesse depuis de nombreuses années de créer de nouvelles formes littéraires.

Oscillant entre le fantastique et le récit policier, cette branche dérivée de la littérature dite populaire, manque de réels repères, un peu comme l’enfant abandonné dont on à du mal à trouver les origines. Et pour cause, une fois de plus c’est « une genre dans le genre » et faute d’histoire bien précise, il est un peu à l’image des ses redoutables spectres pourchassés par nos célèbres détectives : il flotte entre deux mondes !

Pourtant les précurseurs furent nombreux et de « Dupin » d’Edgar Allan Poe, au célèbre binôme « Mulder/Scully », prés d’un siècle de chasseurs de fantômes, hantent les rayonnages poussiéreux de nos bibliothèques et envahissent l’espace clos de nos petits écrans. Les auteurs firent preuve alors d’une imagination débordante et l’on tremble devant les exploits de « Carnacki », on frissonne face à « John Silence », on convulse devant les aventures de « Harry Dickson » et on se pâme d’aise à la lecture des exploits de « Sar Dubnôtal »le « Grand Psychagogue ». Car au-delà du personnage central de l’histoire, bien souvent l’auteur nous livre un pur joyau de cette « para-littérature » où se mêlent en un accord parfait, fantastique, policier et parfois même anticipation.

Essayons d’imaginer un seul instant, une aventure de Harry Dickson réalisée par Alain Resnais (projet à l’étude qui ne vit hélas jamais le jour, consulter à ce propos le formidable ouvrage « Repérages » Editions Le Chêne 1974), ou alors un Peter Cushing interprétant « Carnacki » ou Eddy Constantine dans le rôle de « Teddy Verano »….

Des plus célèbres, aux plus anonymes, la quête reste la même : Traquer le mal sous ses différentes formes. Peu importe les moyens utilisés et les motivations de chacun, un seul et unique mot d’ordre va tous les unir à savoir en découdre avec les fantômes, spectres, revenants et autres formes ectoplasmiques.

Du comique au tragique, du médecin tiré à quatre épingle au privé alcoolique, de la supercherie scientifique aux phénomènes paranormaux confirmés, c’est tout un monde «  au delà du réel » de maisons hantées, de statues maléfiques, d’êtres possédés, d’objets envoûtés, de matérialisations monstrueuses, de morts effroyables et de vengeances d’outre tombe, qui s’offrent à nous et ce pour notre plus grand plaisir.

Ma première rencontre avec ce singulier chasseur de spectres remonte à des décennies, à l’époque où je m’abreuvais jusqu’à plus soif des formats de poche de la collection « Marabout Fantastique » avec les magnifiques couvertures de Henri Lievens. Je me rappelle qu’une amie m’avait dit  « tu devrais lire cela, je pense que cela va aussi te plaire » : j’avais dans les mains mon premier recueil des aventures de Harry Dickson le Sherlock Homes Américain ». Je dois avouer un peu avec honte que j’avais toujours rechigné à lire ses aventures, pensant qu’il ne s’agissait que d’aventures policières, genre dont je n’étais pas particulièrement friand à l’époque. Mais dès la première nouvelle, ce fut un choc et depuis, je n’ai jamais cessé de porter ce détective hors normes dans mon cœur bien qu’à l’époque, j’ignorais totalement l’existence des « détectives des ténèbres. »
C’est la lecture des deux numéros spéciaux de la célèbre et rare revue « Le Fulmar » que j’ai commencé à construire ma propre mythologie du genre. Publiés respectivement en Août/ Septembre pour le N°11 et Décembre 83/Janvier 1983 pour le N° 12, depuis cette date, je ne cesse de réunir tous les ouvrages en langue française appartenant au genre et plusieurs étagères appartiennent désormais à ce genre ou policier et fantastique font bon ménage. Je suis donc toujours extrêmement heureux lorsqu’il m’est possible de rajouter un titre à cette passionnante spécialité et qui plus est lorsque l’auteur ne réside pas très loin de chez moi.
Georges Foveau à qui l’on doit de nombreux ouvrages , et notamment une série « Les aventures d’Albert Leminot » sorte de détective de l’étrange « jeunesse » , des romans de Fantasy, d’essais et d’autres consacrés à la littérature générale, pour en arriver à deux ouvrages qui nous intéressent plus particulièrement : « La société des vieilles têtes à longs chapeaux » et « Théodore Compas le détective de l’étrange, le mystère des Pennes » . Ces deux publications, liées étroitement par la présence du fameux « Détective de l’étrange », sont une bien belle découverte en raison non seulement de l’appartenance à mon genre de prédilection, mais aussi et surtout pour la qualité des objets et la qualité des textes en eux-mêmes.
Si le premier ouvrage mentionné brille pour l’éclat de sa parure, édition  cartonnée abondamment illustré de photos et de dessins de Thibaud Langlumé, il l’est aussi comme je le précisais par la présence de notre fameux détective que l’on retrouve dans « Le buveur de foi » ( inclus dans l’ouvrage cité précédemment) et le fascicule « Le mystère des Pennes » . Déjà le terme de « Fascicule » est un enchantement pour les oreilles et on se rappelle avec satisfaction ceux illustrés par Alfred Roloff et bien entendu plus proche de nous, la reprise du célèbre détective dans la collection du Carnoplaste sous la houlette de mon ami Robert Darvel. Une aventure donc qui embaume le midi de la France et construite avec brio autour d’une vieille légende ou abonde malédiction, société secrète, trésor caché…… Cette épopée fleure bon les publications populaires d’antan, mais avec un style calibré aux petits oignons nous révélant un Théodore Compas fort sympathique, aventureux au possible et charmeur à ses heures. On se prête au jeu de l’auteur qui, avec une mécanique bien huilée nous délivre les énigmes au compte goutte, pour terminer par un final digne d’une aventure d’Indiana Jones ……on en redemande !
Mais il ne s’agit pas que d’une autre simple aventure policière aux consonances fantastiques, Georges Foveau est un fin connaisseur du genre et on le devine entre les lignes tout son savoir faire et son érudition en la matière , avec certaines petites allusions dont cette fameuse rencontre avec le célèbre Harry Dickson dans un magasin de curiosités des plus singulier.
Il faut acheter et lire ces deux ouvrages disponibles sur le site « Dark Room » non seulement parce qu’il sont beaux, « Le mystère des Pennes » reprend un format à l’ancienne dans le style des Harry Dickson » mais aussi en raison de cette preuve d’amour envers toute une littérature de genre qui par l’existence de ce type de publications essaye de se démarquer et donner envie au lecteur de tenir entre les mains autre chose qu’un volume formaté à la couverture insipide et au contenu convenu.
Souhaitons de tout cœur que nous retrouverons très prochainement ce très sympathique « Détective de l’étrange » pour de nouvelles aventures  et que l’auteur continuera à nous régaler de ces merveilleuses publications avec ce doux parfum suranné d’autrefois.

« Théodore Compas le détective de l’étrange : Le mystère des Pennes » Par Georges Foveau. Disponible sur le site « Dark Rooms »

« La société des vieilles têtes à longs chapeaux » de Georges Foveau et Thibaud Langlumé. Disponible sur le site « Dark Rooms »

Pour commander les ouvrages cliquez sur le lien: http://darkrooms.shop/index.php

Le mystére des Pennes

La société des vielles tetes à longs chapeaux

 

 

 

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« La Murène » de Brice Tarvel: Aventure Quant Tu Nous Tiens!

Posté le Mercredi 18 décembre 2019

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 Ce qu’il y a de bien chez des auteurs comme Brice Tarvel c’est que le lecteur est certain de trouver suffisamment d’intérêt pour passer un agréable moment de lecture. Peu importe le genre qu ’il aborde, c’est l’imagination qui fait loi et qu’il s’agisse de romans de Fantasy, de romans jeunesse, de fantastique, d’horreur pure ou de détective de l’occulte, on sent derrière tout cela un homme de terrain , habitué depuis sa plus tendre enfance à parcourir les territoires de l’imaginaire. Il n’y a pas de meilleur spécialiste en la matière que celui , infatigable, arpente les méandres cauchemardesques de son imagination pour nous livrer des romans qui à l’image de « La murène » fleure bon cette marmite du populaire où mijote depuis des décennies une bien curieuse pitance qui vient régaler les affamés que nous sommes.
Il y a dans son style peu conventionnel et comme il me plaît à la signaler à chaque fois, cette patte incomparable qui fait que, pas de doute, nous sommes en présence d’un roman de cet auteur. Entre délire de l’imaginaire et style d’écriture aux expressions qui n’appartiennent qu’à lui, chaque roman est une aventure incomparable où, le temps de quelques heures le lecteur va perdre pied et se retrouver dans un univers hors de l’espace et du temps. Pourtant, dans ce roman paru chez Rivière Blanche, nous serions en droit de croire que tout va se passer d’une manière conventionnelle…..Que nenni ! Ne vous fiez pas à l’allure flegmatique du lascar, c’est une véritable tempête qui s’agite sous son crâne, de celles qui ne cessent jamais et qui poussent notre auteur à écrire encore et toujours de folles histoires. Pour preuve donc, l’histoire de Peggy Hammer qui depuis sa plus tendre enfance suite à la rencontre douloureuse avec une murène, s’est retrouvée forte d’un bien étrange don : celui de pouvoir modifier sa peau comme bon lui semble. Mais le fort caractère de la drôlesse ne lui dicte pas à devenir un « super-héros » de pacotille dont les pouvoirs seraient au service du bien, mais plutôt une bien curieuse souris d’hôtel afin d’assouvir ses petites fantaisies…..il faut bien vivre ! Pour son malheur, la charmante créature est liée par les liens de la cambriole avec le responsable de la brigade de vigilance rouge, mystérieuse organisation de l’état, chargée des affaires délicates et dont personne ne connaît l’existence. À sa tête, Lucien Verary qui entend bien utiliser la belle mutante afin de dénouer un sombre affaire de savant fou dont le projet insensé n’en est pas moins la destruction de monde afin d’asseoir son autorité : la routine quoi !
Nous voilà donc embarqué dans un folle histoire se déroulant en partie dans les égouts de Bordeaux, pour finir dans les vignobles de cette belle région, notre belle aventurière accompagnée d’une toute aussi délicieuse créature au don de prémonition, va devoir affronter bien des dangers avant de remettre un bon d’ordre dans ce gigantesque bazar. D’ailleurs profitant de cette escapade dans la région Brice en profite pour faire allusion à un personnage bien connu du monde de l’édition…..je vous laisse découvrir qui !

Entité protoplasmique, rats mutants, horde de Bécassines déjantées, laboratoire secret, végétation mutante, invention folle capable de modifier de climat……Ce livre est un festival de situations rocambolesques où le seul mot d’ordre est de divertir le lecteur et croyez moi, chaque chapitre apporte son lot de surprises tant l’imagination de Brice ne connaît aucune limite.

J’ai toujours aimé les histoires de savants fous, figure emblématique d’une certaine littérature d’avant-guerre où cet esprit vif, mais ô combien dérangé savait assouvir sa soif de vengeance avec des inventions toutes plus folles les unes que les autres et c’est avec cette thématique que le roman vient ici nous divertir, mais avec ce grain de folie supplémentaire propre aux auteurs, justement nourris à cette littérature. Je vous le disais plus haut, à chaque livre signé par l’auteur , c’est une surprise sans cesse renouvelée, on se frotte les mains à l’idée de ce que l’on va découvrir, on salive d’avance à chaque nouveau personnage qui vient enrichir son univers peuplé de ces héros de l’ombre qui viennent acquérir de fait une part d’immortalité. Avec la parution de ce roman chez Rivière Blanche, c’est au final la parfaite symbiose entre un éditeur qui a toujours encouragé la littérature de genre et conservé cet esprit populaire dans le sens noble du terme et un auteur qui porte en lui les derniers germes d’une génération ou écrire est plus qu’un art, mais toute une tradition au service du plaisir du lecteur.
Ce livre par son coté complètement décalé, l’enchaînement dément des situations que vont vivre les personnages (attendez de voir le cambriolage avorté de « La murène » au début du livre.) et cette espèce de « je ne sais quoi » qui confère à l’histoire cette agréable sensation de baigner dans un univers qui nous colle bien à la peau, est la preuve que la littérature populaire, loin de s’étioler retrouve un souffle nouveau que certains auteurs s’efforce de faire (re)vivre avec cette fraîcheur vivifiante et ce devoir de mémoire dans un pays où le genre connu son heure de gloire, un certain déclin et une renaissance source, de la part du lecteur que je suis, d’un émerveillement sans cesse renouvelé.
Pour conclure, la couverture bien que représentant une femme à l’air farouche n’est pas désagréable à voir (nous avons connu pire.) , une illustration plus dans le ton du roman eut été parfait ou alors , à la place du « S » sis sur la casquette de la belle aventurière , un « M » eut été le bienvenu.
Mais ne boudons pas notre plaisir, l’ensemble reste cohérent et nous ne remercierons jamais assez Rivière Blanche de tant d’implication dans les littératures de genre et de nous faire partager d’aussi bons moments de lecture.

« La Murène » de Brice Tarvel, Éditions Rivière Blanche . Collection Blanche N°2183. Illustration Mike Hoffman

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« Astar Mara » Suivez Brice Tarvel sur les Chemins d’Eau!

Posté le Mardi 15 octobre 2019

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 À l’heure actuelle, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l’œuvre de Brice Travel, deux possibilités : soit ils viennent de la planète Mars, et encore, soit ils viennent d’un lointain exil ou d’un long séjour passé dans quelques obscures geôles hyperboréenne ! Il faut dire que sur la scène du fantastique et de la fantasy française, nous avons là un auteur incontournable qui depuis quelques années marque notre littérature de l’imaginaire à l’encre indélébile. Une encre faite d’une tradition populaire dont le lecteur averti parviendra à déceler la moindre trace, la plus petite allusion, de ces petits riens que l’auteur va pétrir avec tout cet amour de la langue française pour nous offrir tout ce talent dont on fait les bonnes histoires. En ce qui me concerne et bien que sa verve n’a jamais cessé de m’enchanter depuis fort longtemps, j’ai relevé un tournant décisif dans son style inimitable, lorsqu’il publia le premier tome de « Ceux des eaux mortes » et intitulé « L’or et la toise » . J’avais à l’époque publié un article enthousiaste lors de sa parution tellement le style m’avait touché de plein fouet, dans un univers éditorial qui manquait un peu d’originalité. La suite « Au large des vivants » fut à l’avenant de ce premier tome et il fut fort dommage que le public soit passé à coté d’une telle explosion de talent, lui coupant un peu l’herbe sous les pieds et empêchant de fait la parution d’un troisième volume qui eut été le fort bien venu. Après ce coup de maître dans le domaine de la fantasy, n’oublions pas qu’il fut scénariste de plusieurs bandes dessinées dont l’excellente série « Mortepierre et « Les traine-ténébres », nous le retrouvons dans un texte complètement déjanté , un roman post-apocalyptique « Une camionnette qui servait de volière » , où nous retrouvons son univers décalé bien loin des classiques du genre, un univers où le grotesque des situations se double d’une originalité dans les thèmes abordés que peu d’auteur à ce jour parviennent à rivaliser. Même constat pour son roman « Pluie de plomb sur Pluton » paru chez l’incontournable « Carnoplaste » où là aussi nous retrouvons cet univers qui au fil des années va s’étoffer d’une savoureuse consistance, construit par strates successives et assemblé avec l’intelligence de ces auteurs qui savent tirer le meilleur de cette culture de l’imaginaire acquise au cours d’innombrables lectures et restituée de la plus belle manière qui soit. Puis en 2017 arrive cet Ovni aux « Moutons Électriques » , annoncé par un bandeau « La rentrée de la fantasy Française ». Ce roman vient un peu bousculer le monde de l’édition et devient rapidement une œuvre majeure dans ce domaine. Par bonheur, la critique va être unanime et le roman de Brice devient vite une pièce incontournable de cette « fantasy française » qui vient, sans nul doute, trouver ici la clef de voûte du genre.
Comme cet auteur est un arpenteur infatigable des routes de l’imaginaire, un comble pour quelqu’un qui aime surtout vivre dans son bureau , entouré de ses livres et de ses auteurs préférés, il se laisser de nouveau guider par le souffle épique de son univers et nous propose une nouvelle œuvre atypique où vont à nouveau se croiser son imaginaire puissant et cet amusement qu’il déploie à utiliser une langue dont il s’est fait le créateur et qu’il est le seul à utiliser avec un don inimitable pour la gouaille et des aventures aussi insolites qu’absurdes. Mais de cet absurde qui font que les situations sont toujours en décalage complet avec ce que le lecteur à l’habitude de lire dans ce genre de roman, mettant en scène des personnages qui marquent les mémoires, du personnage falot et secondaire, jusqu’à celui ou celle, car dans les romans de Brice il est souvent question d’héroïne, qui dans la tourmente d’une aventure ne manque jamais de piquant portent le roman à bout de bras pour en faire un incroyable morceau de bravoure. Comme cet auteur est un arpenteur infatigable des routes de l’imaginaire, un comble pour quelqu’un qui aime surtout vivre dans son bureau, entouré de ses livres et de ses auteurs préférés, il se laisser de nouveau guider par le souffle épique de son univers et nous propose une nouvelle œuvre atypique où vont à nouveau se croiser son imaginaire puissant et cet amusement qu’il déploie à utiliser une langue dont il s’est fait le créateur et qu’il est le seul à utiliser avec un don inimitable pour la gouaille et des aventures aussi insolites qu’absurdes.

Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de l’auteur, mais qui pourrait croire en regardant ce personnage à l’apparence si calme et sereine, que se cache un monde incroyablement riche et complexe, possédant ses propres règles, son propre langage, sa propre logique. Alors ne me demandez pas de vous raconter l’histoire de « Astar Mara » son dernier petit bijou digne d’un orfèvre de la fantasy, un roman pareil, c’est comme un ouvrage de Jean Ray, de Georges Simenon, de Léo Mallet ou de serge Brussolo, cela ne se raconte pas, cela se lit , cela se vit ! Il y a des moments dans la vie d’un lecteur où l’admiration pour un auteur va au-delà des mots, car la lecture est une expérience unique, une expérience propre qui se ressent plus qui ne se raconte. Alors certes, dans «  Astar Mara, » il est question d’un univers incroyablement riche, à la fois sombre et coloré. Vous y croiserez des personnages détestables et fascinants évoluant dans un monde où il vous faudra oublier toute logique. Un monde à la fois étrange et terrible, fait de légendes murmurées à voix basse de peur de réveiller des forces qui dépassent l’entendement. Vous y croiserez d’étranges pirates dont le bateau renferme une bien mystérieuse cargaison et si les périls que va traverser notre héroïne sont à la mesure d’un monde ne répondant à aucune logique, c’est pour mieux dérouter le lecteur, l’envelopper d’une puissante brise marine et l’entraîner dans les profondeurs d’un océan comme vous n’en avez jamais exploré. Il s’y trouve, parait-il, des hommes qui tentent désespérément d’en vider le contenu, vivant sur des îles artificielles faites de la récupération de bateaux naufragés et maintenues à flots par la mystérieuse puissance d’un fragment de lune jadis tombé sur la terre. Ainsi les dangers se font plus terribles et si la perfide sirène qui tente de récupérer un insolite bijou aux propriétés magiques reste en soi une sombre menace, ce livre est peuplé de mauvaises rencontres, de sélénites voraces qu’il ne faut surtout pas toucher, Tout est fait ici pour nous rappeler que la mer est peuplée de bien des mystères qui alimenteront à tout jamais notre inconscient collectif générant ainsi une pérennité dans ce vaste terreau fertile que sont les contes et les légendes. Mais face à un tel déploiement d’inventions, essayer de vous en extraire toutes les géniales trouvailles serait une mission aussi vaine qu’impossible.
Ce roman est la rencontre de l’univers de Jean Ray et celui de Serge Brussolo mais avec la toute puissance d’un souffle nouveau, de ceux qui vous obligent à rester à bord, quoiqu’il arrive , car l’aventure c’est aussi cela , s’embarquer à bord d’un rafiot pourri , à braver les plus terribles légendes, surmonter ses peurs , prêt à en découdre avec les êtres les plus vils engendrées par cet océan qui effraie et qui fascine : Homme libre, toujours tu chériras la mer !
« Astar Mara » ce n’est pas seulement les chemins d’eau que va parcourir Nalou, c’est également pour le lecteur une incroyable odyssée dans un univers marin qui est la parfaite synthèse de toutes ces légendes de pirates et de créatures marines que nous imaginions à la lecture des grands classiques des récits maritimes. J’espère juste, et ce sera là ma seule remarque, que Brice nous prépare une suite à ce magnifique roman, car je dois avouer être un peu resté sur ma fin lors de la conclusion et que la captivité et probable évasion de Nalou seront les prémices à de nouvelles aventures dans un monde d’une richesse inouï où l’on se laisse submerger avec délice par cette forte odeur d’iode et de bourrasques chargées de toute la puissance des embruns d’une imagination sans limite.
Saluons la présentation soignée du volume et la magnifique couverture de Melchior Ascaride qui, une fois de plus, offre un véritable écrin à cette perle sauvage, la plus pure qui soit , qui certes ne se cultive pas, car sauvage de nature, mais n’en est pas moins le résultat d’une imperfectible maturation et d’un talent sans faille.

Extrait

«  L’aigle d’écume n’ayant à son bord aucun piège à mailles, on pouvait se demander comment il conviendrait de s’y prendre pour faire razzia de cet or, de ces trésors convoités par l’équipage et son capitaine. Il est vrai qu’il y avait soi-disant ce quartier de lune tombé du ciel, cette masse engloutie sur laquelle on comptait pour faciliter la tache. Était-ce une espérance bien sérieuse ? La lune, ce satellite qui n’avait toujours su qu’apporter un peu de lumière aux nuits terrestres et qui n’avait que pour fonction de gérer le rythme des marées, était-elle apte à faire jaillir des richesses qu’il suffisait à cueillir?C’était difficile à croire, mais il y avait tant de choses extraordinaires dont Nalou n’avait eu que récemment la révélation….. »

« Astar Mara, les chemins d’eau » de Brice Tarvel, Les Moutons Électriques « La bibliothèque voltaïque », Couverture de Melchior Ascaride.

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« Le Confesseur Sauvage » de Philippe Foerster……du Grand Art!

Posté le Dimanche 22 septembre 2019

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Publié en 2015 ce volume de Philippe Foerster, demeure pour moi mon préféré, et ce, à plus d’une raison . Tout d’abord le contexte conjectural : Un fragment de lune se détache de notre satellite et vient pile-poil se ficher sur la centrale nucléaire de Tchernobourg . En forme de croissant de lune, il confère non seulement au paysage environnant un air d’apocalypse, mais entraîne de part son impact de nombreuses fuites en provenance des cuves radioactives et une contamination de la population qui, bien que continuant à vivre comme si de rien n’était, n’en génère pas moins son lot de mutants aux caractéristiques assez inattendues. Ensuite, il y a ce dessin inimitable qui plonge à chaque fois le lecteur dans un univers cauchemardesque et si parfois le réel imprègne l’une de ses planches, c’est pour vous plonger de manière plus abrupte au cœur de quelques sombres demeures d’où vous ne ressortirez pas vivant.
C’est donc l’histoire, où plutôt les cinq histoires racontées par un singulier personnage qui s’est auto-proclamé prêtre et qui recueille les confessions d’étranges paroissiens pour qui mutation est synonyme de malédiction. Il faut dire qu’en présence de ce représentant du seigneur de pacotille, les langues se délient vite en raison de son don un peu exceptionnel. Pourvu de tentacules en lieu et place de ce qui lui tenait de jambes, chaque fois que l’un de ses appendices touche une personne, celle-ci se sent submergée par une irrépressible envie de raconter son histoire : une bien étrange manière de se confesser !
Nous voilà donc les témoins de ces cinq histoires dont les titres débutent toujours par celui qui…., cinq histoires où le rire se mêle à l’effroi et qu’il s’agisse du récit de cette limace qui se prenait pour un top-modèle, cet homme aux étranges mains d’araignées, de ce chasseur de spectres impitoyables, d’un enfant capable de générer des explosions à l’envie ou de celui possédant cet étrange pouvoir d’engloutir les ectoplasmes, toutes baignent dans un climat surréaliste, imprégnées del’univers si particulier de Philippe Foerster. Car l’homme est non seulement doué pour nous conter des histoires d’un macabre taillées dans du diamant, mais il nous délecte de son coup de crayon inimitable aux perspectives parfois vertigineuses en jouant habilement avec la bichromie histoire d’accentuer le coté glauque et spectral de certaines situations. Cet auteur est pour moi la quintessence même de toute cette littérature fantastique dont j’ai été nourri et tout particulièrement Jean Ray bien entendu, mais également Thomas Owen et Gérard Prévot en passant par Kafka et Topor. Tout un univers de personnages falots, parfois insignifiants, mais qui vont être confronté à un destin souvent abominable, comme si ce dernier, dans un excès d’acharnement voulait leur montrer qu’il peut y avoir des choses bien pires qu’une vie triste et insignifiante. L’univers de cet artiste, c’est une galerie de portraits incomparables, de Freaks aux sourires désabusés, entre la caricature et la sombre réalité qui nous entoure, le quotidien de ses petites gens qui un jour va basculer dans un fantastique pur et dur avec un humour souvent corrosif mais avec toujours un soupçon d’humanité . Il est parvenu à insuffler une dimension fantastique à notre vie quotidienne en donnant juste un petit coup d’épaule pour nous faire comprendre que, d’un claquement de doigt tout peu basculer et qu’au final l’imaginaire n’est qu’une question de point de vue.
Sans nul doute un album excellent qui ne devrait pas vous laisser indifférent tant par le texte que par l’image, j’y ai personnellement trouvé beaucoup de talent, de génie et de cette sensibilité qui lors du dernier dessin de la dernière histoire ne pourra pas vous laisser de ce marbre de la pierre tombale.
« Le confesseur sauvage » est un album à consommer sans modération et de toute urgence, car une chose est certaine, c’est que vous n’en sortirez pas indemne et qu’il exercera sur vous cet étrange pouvoir attractif de ces ovnis de l’imaginaire qui se font rares par les temps qui courent.

« Le confesseur sauvage » par Philippe Foerster. Éditions Glénat 2015.

 

Note de l’éditeur :

Les monstres aussi ont leurs états d’âme !

Dans la ville de Tchernobourg, suite à une catastrophe nucléaire, une partie de la population se retrouve transformée en d’effroyables mutants. Résultat : des limaces géantes, hommes-araignées et toutes autres sortes de monstruosités côtoient à présent les citoyens lambda. L’un de ces mutants, un poulpe empathique, remarque un fait étrange : lorsqu’il s’assoit près de quelqu’un, l’un de ses tentacules se met inéluctablement à venir tapoter amicalement l’épaule de son voisin qui se met aussitôt à se confesser. C’est ainsi que notre ami poulpe va s’improviser prêtre et venir à la rencontre des habitants de Tchernobourg recueillir des témoignages tous plus délirants les uns que les autres.

le confesseur sauvage

le confesseur sauvage planche 3

le confesseur sauvage planche 2

le confesseur sauvage planche 1

 

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« Les nuages de Magellan » de Estelle Faye

Posté le Mardi 10 septembre 2019

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Il existe certains auteurs qui me font penser à cette catégorie de réalisateurs dont l’immense talent leur permet de créer des films culte et ce, quel que soit le genre abordé. Estelle Faye est un peu de la trempe de types comme Stanley Kubrick ou Robert Wise dont le génie leur permet de réaliser un chef-d’œuvre dans des domaines aussi variés que le western, le polar, le film de science-fiction, de guerre ou la comédie musicale. Lorsque l’amateur éclairé se penche sur la carrière de cette auteure, il lui sera possible de se rendre compte de la diversité des genres qu’elle aborde dans ses romans : Fantasy, Roman post-apocalyptique, roman historique, roman pour la jeunesse et dernièrement space opéra…..et tout cela avec le même talent, la même délicatesse d’écriture et surtout ce don inné pour raconter de belles et prenantes histoires afin de capturer le lecteur et de le tenir en haleine de la première à la dernière page.

Déjà lauréat de nombreux prix, son dernier roman « Les nuages de Magellan » vient de revoir le prix « Rosny aîné » pour cette petite merveille de space opéra et l’on se félicite que le jury ne soit pas passé à côté d’un texte écrit comme il se doit avec toute la maestria dont elle sait faire preuve. Dans ce roman , Estelle en restant fidèle aux bonnes recettes du genre , est parvenue à lui insuffler sa propre respiration en sachant doser efficacement ce qu’il fallait d’aventure, de mystère, de passion de sensibilité et de baston dans un monde en pleine mutation où la conquête de l’espace n’est plus que l’apanage des grandes compagnies à la solde d’un pouvoir dictatorial voulant imposer sa propre loi aux hommes qui ne demandent qu’à vivre librement et assouvir eux aussi leurs besoins d’explorer de nouveaux horizons , d’aller au-delà de ce que peut leur permettre une vision étriquée. C’est l’histoire d’une civilisation opprimée se raccrochant à de vieilles légendes d’un monde meilleur, de pirates de l’espace et de capitaines courageux. L’histoire d’un mythe, d’un légendaire vaisseau de pirate qui tente fièrement de se dresser contre le pouvoir en place et qui vient narguer les dirigeants d’un univers qui ne fonctionne pas comme il le devrait. Avec ce récit, Estelle revisite également nos bonnes vieilles histoires de pirates où jambes en bois et bandeau sur œil crevé sont remplacés par des jambes artificielles et des yeux bio ioniques. Vous allez y retrouver avec délectation l’histoire d’une belle héroïne, Dan chanteuse de jazz qui, la tête toujours dans les étoiles, va croiser le chemin de Liliam, véritable légende vivante et embarquer avec elle dans une incroyable histoire qui va les mener aux confins de la galaxie à la recherche de leur « Île au trésor » la mystérieuse Carabe , havre de paix où la richesse se matérialise sous la forme d’une liberté sans condition .

Le lecteur que je suis, nourri aux classiques du genre, va se délecter à la découverte de ces mondes mystérieux, peuplés d’étranges créatures et de personnages hauts en couleur qui vont croiser le chemin de nos deux héroïnes et participer à une aventure qui rapidement va se révéler exaltante mais terriblement dangereuse. « Les nuages de Magellan » c’est aussi le retour en force de véritables héroïnes, prenant leurs destinées en main, et prouvant avec beaucoup de panaches et de subtilité, qu’un bon roman du genre n’est pas uniquement bourré de testostérones. Un roman qui prône la tolérance et l’acceptation des différences non seulement des rapports entre humains mais aussi entre l’homme et de fait femme avec la machine.

J’aime toute cette délectable sensibilité dans l’écriture de l’auteure, elle a cette faculté de vous emporter de sa plume délicate mais virile à la fois, car ce n’est pas une main puissante mais molle qu’elle vous tend mais des doigts délicats et fermes. Il y a de l’inventivité dans les mondes qu’elle nous propose, des idées excellentes qui viennent titiller notre cervelle de lecteurs aguerris et nous procurer ce plaisir jubilatoire que recherche l’amateur du genre lorsqu’il ouvre un nouveau livre. Quelle belle idée que celle de ce capitaine lié à son vaisseau par un lien organique, un bras artificiel en l’occurrence, et lui permettant cette fusion parfaite que seule une amputation sera capable de rompre définitivement. Ce livre regorge idées, comme cette mystérieuse planète faite de sel et cette autre construite sur plusieurs niveaux….. alors embarquez à bord du « Carthagéne » , vous verrez que vous ne serez pas au bout de vos surprises ! Cet ouvrage est en effet une véritable porte ouverte vers des mondes étranges qui jadis peuplaient les étals des marchands mais qui peu à peu ont laissé place à une littérature insipide, formatée où l’aventure n’est plus que synonyme d’ennui mortel, à suivre les fades exploits de héros de plus en plus conventionnels. Il y a dans son style ce plaisir que nous éprouvions lorsque, à l’époque où le space-opéra était un genre divertissant et surtout plaisant à lire, nous prenions l’un de ces précieux volumes tout en sachant que, quoiqu’il se passe, nous allions nous évader, la tête dans les étoiles, pendant quelques heures de pur bonheur,

J’ai retrouvé dans ce texte ce même plaisir de lecture, je me suis laissé emporter par son aisance d’écriture et je me suis retrouvé le temps d’un clignement de paupière, tellement le texte est prenant, à cette époque où je découvrais avec ce plaisir mâtiné de ce petit frisson de l’aventure ces bons vieux romans de pirates et de trésors cachés, de princesses aux prises avec des super méchants de l’espace, de toute cette littérature qui a bercé notre enfance et qui quelques années après nous procure avec ce volume, des sensations identiques .

Voilà un univers qu’il ne reste plus qu’à exploiter, car il y a plein d’éléments qui nous laissent présager peut-être une suite à l’aventure et de toute façon en l’état, il est impossible à Estelle de nous laisser prisonnier d’un univers aussi riche et plein de promesses et de nous y abandonner sans nous donner la possibilité d’y vivre de nouvelles épopées. C’est le seul reproche que je peux avoir à l »encontre de cet ouvrage, c’est de nous avoir ouverts l’appétit sans nous avoir complètement rassasié. Mais c’est là un de mes défauts, une gourmandise insatiable qui me pousse, lorsque je suis accro à quelque chose, d’en vouloir encore toujours plus,

Mais en l’état, « Les nuages de Magellan » se suffit à lui-même, une incroyable et belle odyssée , pleine de sensibilité, d’inventivité et de toutes ses petites choses qui dans un travail d’écriture font que dès que vous lisez les premières lignes, vous savez que vous allez être prisonnier, pas par obligation, mais par choix délibéré car c’est vous-même qui avez fermé la porte et jeté la clef afin que personne ne puisse vous faire sortir , et ça, ce n’est pas donné à tout le monde !

Un superbe dernier roman à rajouter à un palmarès déjà d’une grande richesse.

« Les nuages de Magellan » de Estelle Faye éditions Scrineo, Couverture de Benjamin Carré

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Teddy Verano: Réhabilitation d’un Détective Des Fantômes

Posté le Vendredi 9 août 2019

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Teddy Verano m’a tellement marqué depuis de nombreuses années que je l’ai adopté comme pseudonyme sur de nombreux sites et forums. J’espère que Maurice Limat voudra bien pardonner cet emprunt, signe de toute l’affection et la fascination que j’ai toujours eu à l’égard de cet attachant personnage.

Il y a toujours en nous, lecteurs infatigables de l’imaginaire, cette part de phantasme que l’on accorde à des œuvres souvent oubliées de toutes et de tous et qui dorment parfaitement alignées dans quelques bibliothèques de collectionneurs jaloux de leurs trésors ou pire, à moisir dans des caves obscures, se déliter dans d’anonymes containers à ordures. Rien n’est plus terrible que cette disparition programmée, cette amnésie collective pour une littérature jugée trop insignifiante pour attirer l’attention de quelques mécènes de l’édition pour qui rentabilité est plus importante que sauvegarde d’un certain patrimoine. Un gros éditeur ne prendrait pas trop de risque à se lancer dans ce travail de mémoire, ce sauvetage salutaire qui se doit d’être réalisé maintenant avant que ne disparaisse les derniers dinosaures d’un monde suranné aux accointances littéraires qui frôlent la démence tant elles sont considérées comme obsolètes. Pourtant et fort heureusement, il existe certaines exceptions à la règle où des éditeurs, animés par cette douce folie qui n’affecte que les gens de goûts, prennent des risques et n’écoutant que la simple envie de plaisir et de se faire plaisir, entreprennent des chantiers colossaux aux allures de paris insensés en proposant aux lecteurs les plus attentifs des rééditions pour le moins inespérées.
Les Moutons Électriques sous la direction d’André-François Ruaud c’est un peu comme Don Quichotte l’archétype du personnage idéaliste et généreux qui se pose en redresseur de torts et en défenseur des causes perdues. Car il faut être animé d’une belle et noble cause pour oser nous proposer depuis quelques années des textes condamnés à un oubli probant et exhumer des textes, voire des séries entières, qui ne seraient plus qu’un souvenir, une vague réminiscence, une impression de déjà entendu, sans leur devoir de mémoire. Avec un catalogue déjà bien rempli de textes à ce jour introuvables ou jalousement gardés par des maniaques du vieux papier, notre patrimoine populaire se trouve à présent riche de la nouvelle sortie de l’intégrale, ou presque, des aventures d’un détective hors du commun, dont les enquêtes se mêlent souvent avec cette envoutante fragrance de fantastique, j’ai nommé Teddy Verano.
Une carrière hors du commun pour cet illustre personnage, connu seulement par quelques initiés et dont on raviva la mémoire en décembre 82 dans le N°12 de la défunte et sublime revue « Le fulmar » lors d’un double numéro consacré aux « Détectives de l’incroyable ». À l’occasion de la sortie de ses deux revues devenues introuvables, l’infatigable François Ducos réserva une place de choix à notre célèbre inspecteur et l’occasion pour moi de faire connaissance avec cette branche inconnue de la littérature fantastique : le détective de l’étrange ! Imaginez, à l’époque de sa sortie, j’avais 22 ans et depuis cette passion ne s’est jamais éteinte.
Il faut dire que depuis la lecture de ce fameux numéro, je n’ai eu de cesse de trouver l’intégralité des aventures de Teddy Verano et l’affaire n’était pas gagnée d’avance, pensez donc pas moins de 70 aventures qui s’échelonnent entre 1936 et 1981 et publiées dans des formats et des collections aussi diverses que variées, entre le roman populaire, policier, d’aventure et de science-fiction en passant par le simple fascicule de format minuscule , le petit broché, ou le format roman de gare….. Un véritable casse-tête pour le collectionneur !
Au final une série qui s’annonce bien difficile à trouver et si des années d’acharnement me permirent d’en retrouver la quasi-totalité, certains titres restent encore inaccessibles. Dans cette perspective, il nous faut donc saluer le travail immense réalisé par les Moutons Électriques qui ont bien compris toute l’utilité de fonctionner de manière collective et d’utiliser les liens étroits tissés dans la communauté des amateurs du genre en lançant un appel à la mobilisation générale de manière à regrouper l’ensemble de la production des Teddy Verano. Toutefois, réussir la gageure de réunir tout le support papier n’est qu’une première étape, encore faut-il numériser et retravailler tout cela : caractères souvent illisibles, si ce n’est pas effacé, fragilité de certains ouvrages, difficulté à ouvrir certains livres comme les « Angoisses », car il y a dans ce travail de réédition un respect à avoir pour les ouvrages prêtés (les collectionneurs sont des maniaques……) Un boulot donc de titan, réalisé avec brio par de petites mains agiles et le résultat se révèle stupéfiant devant nos yeux empli d’une certaine émotion car le défit se révélait impossible, ou du moins la tache très ardu. Au final, le résultat est là, une intégrale en 9 volumes, sous une couverture sobre mais efficace du talentueux Melchior Ascaride et dont la marque de fabrique se symbolise par un V comme Verano certes, mais aussi comme Victoire. Cette intégrale est dotant plus louable, c’est que non seulement elle a pour vocation la réhabilitation d’un auteur et d’une partie de son œuvre, mais elle permet en outre de regrouper en quelques volumes une intégrale qui, comme je vous le précisais plus haut est pratiquement impossible à trouver complète en raison de sa rareté. Le lecteur avisé ne s’y trompera pas et ne laissera pas passer une telle aubaine d’autant plus que le tirage est limité, malgré le nombre d’amateurs qui, ne nous faisons pas d’illusion, diminue comme peu de chagrin. Pourtant quelle joie de se plonger dans cette littérature de genre, peuplée de sales trognes, de tueurs implacables, d’esprits dérangés, de spectres affamés de vengeances, dans un univers unique en soi qui finalement n’est pas si éloigné que cela de notre quotidien. Le genre d’auteurs et de personnages qui alimentent notre soif d’aventures, de mystères et de fantastique !
Chaque volume comporte la même illustration, mais avec une couleur différente et la typo du titre sur fond noir avec ces deux corbeaux dont un prenant son vol est du plus bel effet et confine à cette série un coté sobre, mais terriblement classe. À l’intérieur des volumes en début de chaque aventure vous y trouverez la couverture d’origine, mais il faut surtout saluer la magnifique introduction de notre ami Francis Saint-Martin dans le premier volume. Cet érudit des littératures populaires, grand archiviste devant l’éternel et dont l’érudition en la matière n’est plus à prouver, nous offre une passionnante présentation de l’auteur avec surtout la genèse de Teddy Verano et son parcours sur 45 ans d’existence avec certains petits points de détail sur son œuvre qui font toute la différence, donnant à cette préface un atout indispensable voire incontournable. Une approche méticuleuse de l’auteur et de son œuvre probablement la moins connue, car elle n’intéressait jusqu’à présent qu’une poignée de spécialistes amoureux de cette catégorie pendant fort longtemps restée dans l’ombre : le détective de l’étrange !
Concluons par cette phrase que je me permets d’emprunter à Francis et qui vient conclure sa très belle préface :


« Maurice Limat, est mort le 21 janvier 2002 à Sèvres, en regrettant, malgré sa bonhomie, d’être un auteur un peu oublié malgré une œuvre importante. Nous ne doutons pas qu’il et été heureux de voir rééditer, même dans une édition limitée, les exploits de son alter ego, son détective des fantômes, le sympathique Teddy Verano »


Un grand bravo à toute l’équipe des Moutons, un risque une fois n’est pas coutume de leur part, qui n’est pas évident à prendre, mais on ne vit qu’une seule fois et si ce n’est pas maintenant qu’il faut agir et surtout se faire plaisir, après il sera hélas trop tard.

Merci pour nous et merci pour Maurice Limat, l’ombre du grand Teddy veille sur vous les amis !

Pour commander les livres cliquez ici : https://www.moutons-electriques.fr/

Teddy Verano intégrale volume 1

Teddy Verano intégrale volume 2

 

 

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Collection Tallandier « A Travers L’univers » Inventaire des Quatre Séries

Posté le Lundi 5 août 2019

 

A travers série 1

Nous allons débuter cette base de données par la collection « A travers l’aventure » première et deuxième série .

Les titres en rouge et gras appartiennent au domaine conjectural, vérification après lecture, si d’autres titres vous semblent , après lecture, appartenir à ce domaine, merci de bien vouloir informer Philippe ou moi même

 

À travers l’aventure première série (alternant romans d’aventures et récits vécus) Tallandier

1 Le tour du monde d’un gamin de Paris Louis Boussenard  SF
2
Surcouf roi des corsaires Arthur Bernède 1932
3
Les coureurs de Llanos Henry Leturque   1932
4
Vent-en-Panne, corsaire Jean Normand 1932
5
Les brûleurs de galions Albert Bonneau 1932

6 Jean Bart, dieu des mers Arthur Bernède 1932
7
Les pirates de l’ivoire Jean Clairsange 1932
8
Le maître du Mississipi Pierre Mariel
9 La piste de flamme Ph. Noort 1932  SF (avion sans aile, vitesse > son, amphibie)
10
Hernando Cortez, le conquérant du Mexique Ch. Beaulieu 1932

11 Aventures d’un gamin de Paris en Océanie Louis Boussenard 1932
12
Le naufrage de La Méduse Pierre Dukay 1932
13
Jim Blood le négrier Maurice de Moulins
14
Abd-el-kader l’indomptable émir Louis Grandval
15 Le roi de l’inconnu Commandant de Wailly 1932  SF

16 Le vainqueur des pavillons noirs (Francis Garnier)Pierre Mariel 1932
17
Denise, la fille du sorcier Maurice Mario 1932
18
Le prospecteur de la sierra Jean Normand 1932
19
La vengeance des Afridis Albert Bonneau 1932
20
Le destin tragique de James Cook Pierre Maidières 1932

21 L’île du solitaire Maurice Champagne 1932  SF
22
Samuel Champlain, premier des canadiens Ch. Beaulieu 1932
23
Les renégats de Marrakech Maurice de Moulins 1932
24
Sous les sagaies des cannibales Pierre Mariel
25
Le brick sanglant Commandant de Wailly

26Tombouctou la mystérieuse Jean Normand 1932
27 Le cavalier du crépuscule Albert Bonneau 1929
28Au pays des amazones Jean d’Arjanse 1932
29 Le campong aux têtes fumées André Falcoz
30 La vie extraordinaire de Barberousse Louis Grandval 1933

31 L’arche en dérive Norbert Sevestre 1933 INTRUS
32 Les héros de Tuyen-Quan Pierre Dukay
33Le napoléon des îles Commandant de Wailly
34 L’émir félon, Samory roi du Soudan Félix Léonnec 1933
35 La capitaine Tête-de-Mort Maurice de Moulins 1933

36Charles de Foucauld au Maroc Pierre Mariel 1933
37 A l’ombre du Bouddah vivant Marcel Vigier 1933
38A la conquête du Sénégal Jean d’Arjanse 1933
39La nuit de l’engoulevent Pierre Dennys 1933
40Maximilien, l’empereur martyre Pierre Maidières

41 Le meurtrier du globe Commandant de Wailly 1933  SF
42 Les pèlerins de l’inconnu Jean Normand 1933  SF ??

43 Morok, l’orang-outan Maurice de Moulins 1933
44 Duquesne l’intraitable Ch. Beaulieu 1933
45Les mystères du mas perdu Jean Clairsange 1933

le roi de l'inconnu

 

A travers série 2

 A travers l’univers deuxième série 

Avec pour la plupart des illustrations de Maurice Toussaint. (96 pages, 2Frs ) récits historiques, a priori rien de conjectural sauf avis contraire

1
Savorgnan de Brazza au Congo Pierre Mariel  
2
Sur la route du Niger Jean d’Arjanse 1933
3
Les aventures de Jacques Cartier José Douro 1933
4
Le Napoléon du Cap, Cecil Rhodes Pierre Dukay 1933
5
Les exploits de Duguay-Trouin Louis Granval 1933

6 Godefroy de Bouillon à la croisade Pierre Mariel
7
Le survivant du Mercure Jean Normand 1933
8
Les héros de l’Antarctique ( Scott au pôle sud ) Albert Bonneau 1933
9
De Paris à Palikao Pierre Maidière 1933
10
Vers le Tchad mystérieux Jean d’Arjanse

11 L’infatigable Bougainville Charles Beaulieu 1933
12
Le drame du Transsaharien George Fronval  
13
Vasco de Gama, grand amiral de la mer des Indes L. Granval 1933
14
Le pays des cent mille embûches Maurice de Moulins 1933  
15
Qui vive ? … France ! Félix Léonnec

16 Les libérateurs des noirs, Toussaint-Louverture et Soulouque Jean Normand  
17
Les français en Egypte Pierre Dukay 1933
18
Le sachem rouge, Sitting-Bull Jacques Chambon  
19
Cervantes chez les pirates d’Alger Pierre Mariel 1933
20
La loi du talion José Douro 1933

21 Les conquérants du Gabon Jean d’Arjanse  
22
Tourville, le roi-soleil de la marine Charles Beaulieu 1933

Annoncé, non paru :

23 Scouts, service secret Jean de la Hire

 

A travers série 3

 

A Travers l’Univers troisème série 

Non numéroté, illustrations non signées, pas d’illustration intérieure, format poche 12×18,5 cm, environ 220-250 pages. Bandeaux bleus. Les dates sont trompeuses, car plusieurs rebrochages pendant la guerre d’ouvrages plus anciens (de la BGA a priori).

La numérotation est purement à titre d’indication et n’est pas mentionnée sur les volumes de la collection

Dans cette liste les titres en gras et rouges sont reconnus comme étant de la SF. Toutefois il manque des informations sur les deux derniers titres et sur certaines dates de quelques ouvrages

 

1 La perle de Mindanao Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) 1935

2 Les chasseurs d’ivoire Albert de Bonneau 1935

3 La Pampa tragique Albert de Bonneau 1936

4 Le Dernier des Mohicans Fenimore Cooper 1936

5 Le carré diabolique Georges Le Faure 1936

6 Le Diable de Mallicolo Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) 1937

7 Le Monstre du marais sans borne Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) 1937

8 Le cobra noir Jean Normand 1939

9 Le maître de l’étoile Jean Normand 1939

10 L’aviateur du Gran Chaco François de Gondou 1939

11 La Cité du roi lépreux Emilio Salgari 1939

12 Les pygmées de Norbert Sevestre 1939

13 Le complot des météores Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) Date ?

14 La revanche de Catamount Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) Date ?

15 Le volcan de l’éternel oubli Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) Date ?

16 Uraga le Forban Mayne-Reyd Date ?

17 Le defi d’un boy-scout Colonel Royet Date ?

18 La princesse du no man’s land Maurice de Moulins ( Albert de Bonneau) Date ?

19 Le semeur de Feu André Falcoz Date ?

20 La cité sans soleil Albert de Bonneau Date ? Teneur conjecturale à confirmer

21 Les vengeurs du soleil Jean Normand 1944 ? Teneur conjecturale à confirmer

A travers série 4

 

A Travers l’Univers quatrième série

Non numérotés, illustrations R. Adam, pas d’illustrations intérieures, format petit poche 10,5×15,5, environ 255 pages. 12 volumes selon La Librairie Tallandier.

La numérotation est purement à titre d’indication et n’est pas mentionnée sur les volumes de la collection

Dans cette liste les titres en gras et rouges sont reconnus comme étant de la SF.

 

1 La guerre des mondes H.G.Wells Date ?

2 Contes de l’Inde Rudyard Kipling Date ?

3 La flèche noire Robert Louis Stevenson Date ?

4 Le mystère de Cloomber Arthur Conan Doyle 1953

5 Moby Dick Hermann Melville Date ?

6 La folie Malaise Joseph Conrad Date ?

7 Le bateau qui pleure Roger Vercel Date ?

8 Le Péril bleu Maurice Renard 1953

9 La Citadelle des glaces Paul Alpérine 1953

10 L’île des phoques Georges Blond

11 L’appel lointain Edison Marshall

12 Les bâtisseurs de ponts Rudyard Kipling Date ?

 

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