« Le Meurtre de L’enchanteur » Jacques Baudou

Posté le Mardi 9 janvier 2018

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Après « La lisière de bohème » et « Au grenier des sortilèges » parus respectivement aux « Moutons Électriques » et chez « Rivière Blanche » voici que vient de sortir le troisième roman de Jacques Baudou aux éditions « Le Pythagore » et intitulé « Le meurtre de l’enchanteur » .
Je dois avouer avoir été ravi de ce nouveau roman, car j’adore cet auteur, tant sur le plan humain qu’au niveau de son écriture, mais s’il faut en croire le vieil adage « qui se ressemble s’assemble » pouvait-il en être autrement de la part d’un homme d’une aussi grande sensibilité de cœur et d’esprit qui a consacré toute sa vie aux littératures marginales, qu’il s’agisse de celles relevant du policier que de l’imaginaire. On ne présente plus un tel personnage, tout amateur des domaines précités le connaissent en tant que fin spécialiste et s’il fut un brillant critique pour la revue « Le monde » sa passion le poussera à rédiger bon nombre d’ouvrages de référence aussi bien pour le polar que pour la fantasy , le cinéma et la science-fiction : l’une des grandes figures de ces fameuses littératures de mauvais genre !
J’avais adoré son avant-dernier roman « Au grenier des sortilèges », tant pour sa thématique mélangeant avec brio tous les domaines qui nous passionnent et surtout pour la justesse de son écriture, toute en nuance chargée de cette sensibilité qui ne fait pas dans le sensationnel,mais dans la simplicité, où le lecteur prend la pleine mesure de cette connexion, que peu d’écrivains possèdent, entre le cœur et la plume. La lecture de ce « Le meurtre de l’enchanteur » vient confirmer cette impression et une fois notre esprit envahi par toute la magie du titre et de la beauté de la couverture réalisée par Caza, il ne nous reste plus qu’à nous laisser emporter par le tourbillon des mots qui vont nous plonger dans une aventure qu’il nous sera impossible d’abandonner.
C’est une histoire dans une histoire, une enquête policière, dont le héros, un inspecteur à l’apparence banale et amateur de littérature de l’imaginaire, va se retrouver à élucider un mystère en chambre close et dont la victime n’est autre que son auteur favori. Au fil de l’enquête, il va connaître un peu mieux ce personnage à la double existence un peu trouble et qui, jusqu’à sa mort aussi brutale qu’incompréhensible, va entretenir une aura de mystère. Un homme vivant à l’abri des regards dans une immense propriété, adoré par une gouvernante d’une fidélité à toute épreuve et d’un secrétaire qui se révèle bien plus qu’un simple chargé aux comptes. Certes un « enfant du pays » mais porteur d’une réputation au comportement peu affable, évitant tout contact avec les petites gens. C’est en creusant un peu plus dans son passé énigmatique que le policier va remonter aux sources de son inspiration et de comprendre comment et pourquoi il rédigea son grand œuvre, les trois tomes de « Le maître des maléfices ».
Chaque chapitre du roman, commence par un extrait de cette trilogie et qui trouve un certain écho dans ce que va vivre l’inspecteur Géraud. Le lecteur se trouve ainsi plongé dans un roman policier, un roman à énigme mâtiné de fantasy , un parcours initiatique où le héros va en quelque sorte donner un sens à sa vie et parvenir à apporter bien des réponses à ces trois volumes qui lecture après lecture, ne cessèrent de l’obséder, comme un envoûtement duquel il ne pensait pouvoir jamais s’arracher.
On se laisse alors prendre d’une réelle amitié pour cet enquêteur qui minutieusement va ordonner le puzzle de cet auteur tant adulé par ses admirateurs pourtant repoussé par son entourage et se laisser imprégner de cette mélancolie, toute en apparence, que l’auteur se plaît à instiller afin de nous conduire vers un final quelque peu « subversif » et parfaitement à sa place. Une fois encore avec ce roman, Jacques Baudou nous témoigne non seulement tout son amour pour ses domaines de prédilection, mais il le fait avec toute la délicatesse et la sensibilité d’un homme profondément humaniste, permettant au lecteur de faire un peu office d’un pèlerin,cheminant vers une destination dont il s’est fait un défi, sur les tortueux chemins de l’étrange à la découverte d’un univers profondément enraciné dans le terroir, subtilement nimbé de ce halo fantomatique donnant une vision légèrement trouble d’une réalité que nous pensions immuable.
J’aime sa vision d’un monde à l’apparence anodine recelant bien de secrets avec cette façon si particulière de nous prendre délicatement par la main et de tirer ce fin voilage de la réalité afin de nous montrer que le monde peut se révéler bien plus étrange qu’il n’y paraît.
Jacques Baudou dont l’écriture se fait trop rare est l’un de ces conteurs qui nous envoûte par l’ambiance de ses romans en demi-teinte et par le biais de ce « meurtre de l’enchanteur » signe un roman fort plaisant à l’image de sa vie qu’il consacra aux domaines de l’imaginaire, à l’image tout simplement d’un personnage passionnant et attachant.

Note de l’éditeur :


« Confrontée à ce qui a tous les aspects d’un crime en chambre close, la gendarmerie d’Estrevant, un petit bourg de l’Est de la France, demande l’aide de la police. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Géraud ne tarde pas à découvrir que la victime Gaétan Davenac, n’est autre que Gabriel Destrange, l’auteur d’une trilogie de fantasy qui a beaucoup comptée pour lui, qui a été son viatique durant des années sombres.
Mais qui l’a tué ?
Et Pourquoi ?
Est-ce parce que « Le meurtre de l’enchanteur » pourrait tout aussi bien s’appeler «Le crime de l’enchanteur»?

« Le meurtre de l’enchanteur » de Jacques Baudou. Éditions Le Pythagore. Couverture illustrée de Caza.

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« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips

Posté le Lundi 1 janvier 2018

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Avec ce recueil composé de quatre nouvelles de Rog Phillips ( pseudo de Roger Philips Graham), notre ami Richard D.Nolane, vient d’avoir l’excellente idée de publier un auteur peu connu du public Français, mais pourtant doté d’une belle plume imaginative et non dépourvue d’une certaine originalité. Les amateurs de la première heure, se souviennent de son seul et unique roman traduit dans la mythique collection « Fleuve noir Anticipation » sous le titre « Piège dans le temps » N°30 (1954) où il était question d’une scientifique qui , ayant découvert une machine à voyager dans le temps, se porte au secours de notre civilisation future dominée par une race d’extraterrestre belliqueux : les Vargiens !
La lecture de ce petit volume, « Un rat dans le crâne » m’a immédiatement fait pensé à quelques scénarios échappés de la série de Rod Sterling « La quatrième dimension » tellement nous sommes proches de cette science fiction typique d’une certaine époque, très originale au point de vue thématique et avec toujours un peu de cette part de poésie et d’humanisme et propre à cet âge d’or d’une SF qui souvent nous révélait, non pas les méfaits de la science, mais de prendre garde à ne pas trop vouloir en user et abuser. J’ai franchement aimé le contenu de ce recueil certes pour l’originalité des textes, mais également pour cette forme de mélancolie qui s’en dégage. Si « Un rat dans le crâne » fait preuve d’une certaine noirceur dans son final, le propos employé par l’auteur fait froid dans le dos et plus que d’intelligence artificielle, il ouvre le débat sur l’utilisation des animaux de laboratoire à des fins expérimentales et des lourdes conséquences pour l’homme à vouloir se prendre pour un dieu créateur. Rehaussé par la superbe illustration de Emsh en couverture , cette nouvelle sera grande découverte pour le public Français. Si « Les anciens martiens » la nouvelle suivante, reste classique dans le fond, l’auteur y utilise avec habileté la thématique de la civilisation extraterrestre supérieure, mais surtout celui du contrôle de l’état pour s’approprier, ou faire disparaître, une technologie dont il pourrait tirer partie. Le final me fait penser au film « Les aventuriers de l’arche perdu » et à ce hangar gigantesque où sont entreposées des Découvertes dont il faut taire l’existence afin de ne pas perturber celle des simples mortels. La troisième nouvelle « La galerie » est à mon avis la plus originale du volume .Là nous sommes vraiment dans une ambiance pur jus de la « Quatrième dimension » avec l’histoire de ce personnage qui rend visite à sa tante après un message désespéré de celle-ci. Arrivé dans cette petite ville typique des États-Unis, tout semble normal jusqu’à ce qu’il découvre un étrange cadre dans sa chambre et surtout la présence d’une bien singulière boutique de photographies…….je vous laisse découvrir la suite tout à fait vertigineuse et réellement originale. Pour conclure, avec « Les parias » une fois de plus l’auteur fait montre d’un réel attachement pour son prochain et explore sur cette courte nouvelle le problème délicat de la différence.Certes de nombreux écrivains ce sont essayés à cet exercice mais dans le cas de Rog Phillips, il nous prouve que science-fiction et poésie font bon ménage et qu’une histoire d’amour peut très bien se lier harmonieusement avec un cadre flirtant entre l’horreur et la science fiction. Une nouvelle touchante qui vient conclure une collection, « Vintage fiction » que nous souhaitons prolifique et qui manquait cruellement aux amateurs du genre. L’effort admirable de Richard D.Nolane dont le bon goût en matière de l’imaginaire Américain n’est plus à démontrer et nous ne le remercierons jamais assez de nous donner ainsi la chance de découvrir des auteurs inaccessibles pour le lecteur moyen et qui plus est incapable de lire une nouvelle dans une langue étrangère.

Visiblement un prochain volume est annoncé : « Dérapages temporels » de Murray Leinster et Philip M.Ficher Jr

« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips, Recueil de nouvelles inédites présentées par Richard D.Nolane. Traduction de Martine Blond,Éditions de l’œil du Sphinx « Vintage Fiction »

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« Une Enfance Sorcière » de Claude Seignolle: un fantastique retour aux sources!

Posté le Vendredi 25 août 2017

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C’est en refermant des livres de cette nature que l’on se rend compte à quel point l’avenir d’une personne peut être tout tracé, mais encore faut-il avoir cette fureur au ventre, cette volonté indestructible qui vous conforte dans l’idée que votre voie ne fait aucun doute et ce , peu importe le prix qu’il faudra en payer. Claude Seignolle sans « S » bien qu’à l’origine son patronyme en possédait un, est de cette race des aventuriers des mots, des explorateurs de l’imaginaire , des archéologues du merveilleux qui, à l’instar d’un Jean Ray qui disait « Dans une poignée de sable de la route, j’ai mis un rayon de soleil qui brille, un murmure du vent qui se lève, une goutte du ruisseau qui passe et un frisson de mon âme, pour pétrir les choses dont on fait les histoires » est parvenu également à pétrir dans l’argile de nos traditions et dans la glaise putride des marécages de nos peurs les plus ancestrales, ce substrat indispensable et nécessaire à la mise en forme de ces poteries parfois si fragile mais qui sont autant de témoins de notre culture , un objet populaire fait pour être utilisé et non pas simplement pour servir d’apparat. J’ai appris bien des choses en lisant ce livre et je ne peux m’empêcher de retrouver dans ce gamin qu’il fut, celui que je n’ai jamais été :

« Atroce et merveilleux tableau que cette oubliette aux Anglais, germe de plusieurs nuits de cauchemars, mais humus des plus féconds dans lequel mon imagination désormais se planta et poussa » 

Car c’était un gamin qui n’avait pas froid aux yeux, préférant sécher les cours pour aller creuser la terre de nos ancêtres et y dénicher de précieux témoignages ou d’aller explorer de sombres grottes au risque d’y laisser sa propre vie . Probablement est-ce l’un de ces silex qu’il trouvait en abondance dans son Périgord natal, qui lui permit d’affûter sa verve et son audace ou bien les histoires qui se colportaient dans sa famille avec autant de personnages mystérieux, d’étranges malédiction ou de morts horribles. Car cet enfant au caractère bien trempé n’ayant pas peur d’être classé au rang des « infréquentables », c’est forgé cette magnifique armure qui toutes ces années durant, le protégea des forces obscures qui depuis l’aube des temps s’infiltrent dans nos campagnes et en brave et courageux chevalier qui se respecte, à l’image de cet homme rencontré dans sa jeunesse et qui pensait avoir trouvé la tombe de Bayard, s’est fait le messager Ô combien talentueux des ses traditions orales qui un jour finiront par disparaître à jamais. Des rencontres bizarres et incroyables , il en a fait, des expériences insolites, il en a vécu, et si cet homme qui un jour de ses 15 ans affirme avoir rencontré le diable alors il nous faut le remercier de l’avoir laissé en vie et de lui avoir laissé la possibilité de poursuivre sa tache de « raviveur de mémoire » 

Je suis admiratif de cet homme qui force le respect, car il est non seulement la mémoire encore vivante d’un passé que le monde moderne trop pressé semble vouloir détruire à jamais, mais il est aussi l’homme du vocabulaire , de l’ écriture sombre et poétique réalisée avec cette encre dont on a perdu la composition avec la disparition de la dernière plume, cette encre qui n’est autre que celle du talent, du mystère et de l’aventure. Peu d’hommes peuvent ainsi se vanter de laisser dans la mémoire des autres hommes, des images aussi fortes d’une incomparable beauté et d’une inégalable majesté. Un dompteur d’ombres et un charmeur de spectres, avec Claude Seignolle, la nuit ne sera plus jamais comme avant et les légendes de nos contrées vont pouvoir de nouveau se répandre comme au temps jadis, en tout cas c’est ce que nous lui souhaitons.

« Oui, il faut avoir vu et entendu ces extraordinaires témoignages pour comprendre la réelle existence du Dieu-Grand , mais fabriqué avec les petits dieux païens, toujours là,momentanément cachés et exigeants, coriaces comme des teignes en attendant leur retour victorieux. »

 

« Un enfance sorcière » de Claude Seignolle. Éditions Royer « Mémoire vive » 1995.Tiré à 660 exemplaires et magnifique illustré par des dessins à la mine de plomb de Bruno Loisel.

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Hymne des Marsiens…avec un « S » comme Marseille!

Posté le Samedi 6 mai 2017

les martiens

Cet hymne impérissable provient d’une petite brochure de 20 pages  » Deux Marseillais sur la planète Mars » une saynète bouffe en un acte pour jeunes garçons( ouste les jeunes filles !)  et publié en 1948 aux éditions C.Vaubaillon. Elle raconte les aventures,  sur la planète Mars donc, de Zéphirin Galoubet reporter de son état et de Marius Tambourin, aéroplaneur. Le premier ayant échoué suite à une violente tempête sur terre, à bord d’un dirigeable « Le patrie », l’autre en se posant le plus simplement du monde en aéroplane. Ils vont y découvrir une bien étrange civilisation et des chanteurs accomplis, comme l’atteste le texte qui va suivre!

 

Hymne des Marsiens en l’honneur de leur chef.

 Chœur burlesque

 Honneur au chef respecté

Dont la prudence inquiète

Et la douce autorité

Régissent notre planète.

Zéphyrin

Permets aux fils du Midi,

Présents sur cette planète,

De mettre à deux leur crédit

Pour t’offrir une lunette.

Quant ils seront repartis,

Si tu mets l’œil à ce verre,

Tu les verras tout petits,

À l’autre bout, sur la terre.

 Choeur (les, Marsiens).

Honneur au chef respecté,

A sa prudence inquiète ;

Sous sa douce autorité Tous les jours

Tous les jours on est en fête.

Zéphyrin

Avant de nous en aller,

Nous t’offrons un téléphone,

Que nous allons installer

De Mars aux Bouches-du-Rhône (sans accent).

Si tu veux nous appeler,

Au fil tu tendras l’oreille,

Tu n’auras plus qu’à hurler :

« Allo… les gens de Mars… eille.

Choeur (les Marsiens).

Honneur au chef respecté

Dont la prudence inquiète

Et la douce autorité

Régissent notre planète.

En route pour mars

Deux Marseillais

 

 

 

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« Loyola de la Jungle » de Jean-Hugues Villacampa

Posté le Lundi 24 avril 2017

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Lorsque vous êtes, comme moi, un nostalgique de cette époque où fascicules et journaux accordaient une place de choix aux récits d’aventures souvent mâtinés de SF et de fantastique, nul doute que l’arrivée de cette nouvelle collection chez notre ami du Carnoplaste ne peut que susciter un enthousiasme plus que justifié. En nous proposant quatre petites livraisons, comme au bon vieux temps des Ferenczi et de sa mythique collection « Mon roman d’aventures », le fin gourmet de littérature populaire que je suis, avait de quoi jubiler : belles couvertures, titres intrigants, récits courts et enlevés et le must, en fin de volume une petite vignette « points bonus » à retourner à l’éditeur pour recevoir une surprise !
Je viens donc d’entamer la lecture de ces « mini-formats » par le texte de Jean-Hugues Villacampa et je dois avouer que je n’ai pas boudé mon plaisir de suivre les péripéties de ce mystérieux « Ignace » ( qui est un petit nom charmant) arrivé comme par miracle sur le seuil du modeste logis de la bonne d’un curé de campagne lors d’une rude hiver de 1854. Après une jeunesse sans histoire, où presque, un peu mis à l’écart par ses compagnons de jeux qui le jugent un peu « spécial » il deviendra après quelques années d’études studieuses, un homme  grand et fort à la chevelure claire , avec une étrange lueur dans le regard. En possession d’un étrange pouvoir, rien ne le destinait à faire carrière dans les ordres. C’est pourtant le chemin qu’il va suivre et comme les voies du seigneur sont impénétrables son destin va le mener à accompagner un escadron de ulhans noirs, redoutables guerrier de l’empire germanique pour une mission d’exploration au plus profond de l’Afrique de l’Est. Il faut dire que notre géant avait lié une profonde amitié avec Gotthold , redoutable militaire avec qui il partage une passion commune pour les armes blanches. Embarqué à bord d’un magnifique Zeppelin, le corps expéditionnaire va affronter bien des périples, dont un dans les airs qui s’apparente à un épisode de la 4éme dimension, jusqu’au naufrage de ce géant des airs dans une contrée hostile où la végétation et la maladie ne sont forcément pas les adversaires les plus à craindre. Certains concours de circonstances font qu’il est parfois nécessaire de réécrire l’histoire et dans celle-ci entre autre, l’auteur qui nous avait déjà auparavant montré quelques signes d’accointance pour l’Afrique et ses mystères, nous révèle une histoire qui risque, d’une façon tout à fait inhabituelle, de refaire celle des territoires de l’imaginaire. C’est ainsi que naissent les légendes et celle-ci les amis, nous ne sommes pas prête de l’oublier !
Oscillant entre le récit d’aventure, d’exploration, des civilisations disparues, de la dystopie et de la science-fiction ( tout cela dans un petit fascicule de 28 pages, chapeau maitre!) , voilà un récit plein d’humour et d’imagination qui se déroule à une vitesse vertigineuse pour aboutir à une final apocalyptique à la mesure du personnage qui en est le héros. Jean-Hugues y fait preuve d’un solide sens rythme et de l’urgence de l’écriture en installant dès les premières lignes un climat de tension palpable et de ce doux parfum d’exotisme, d’aventure et de mystères que nous cherchons tous dans ce genre de publications. Une bien belle petite réussite qui ne fait qu’augmenter le plaisir que nous avons à acquérir les publications d’un éditeur qui ose une aventure éditoriale sans précédent et que nous soutenons de tout cœur, car la Savanture ce n’est pas que des mots, ce sont aussi des actes et ne voilà t-il pas une plus belle preuve d’engagement pour ces valeurs que nous défendons tous ?

Bravo Jean-Hugues on en redemande encore!

« Loyola de la jungle » de Jean-Hugues Villacampa éditions du Carnoplaste « Collection Aventures N°2 »

Loyola de la jungle

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« L’alchimie de la Pierre » de Ekaterina Sedia

Posté le Jeudi 20 avril 2017

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S’il y a un thème qui fut de nombreuses fois abordé dans l’imaginaire ancien ou récent, c’est bien celui du rapport de la machine avec son identité. Depuis que le premier inventeur eut l’idée de donner un semblant de vie à une assemblage d’engrenages et de balanciers, son rêve le plus ardent fut celui de lui donner une conscience. Je vous invite pour un historique de cette thématique, à vous reporter sur les quelques articles rédigés pour mon site « Sur l’autre face du monde » et plus particulièrement « Le secret de ne jamais mourir » de Pasquier où je dresse une petite liste des ouvrages traitant de cette thématique. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est non seulement l’universalité du sujet, mais de constater à quel point les auteurs « modernes » restent attachés à cette problématique qui pousse à une profonde réflexion.
« Ai-je une âme, Père ? » , voilà une question méritant que l’on s’y arrête et si cette réflexion philosophique sur la condition de la créature ( organique ou mécanique) peinant à trouver sa place dans une société qui l’a créée est toute légitime, peu d’auteurs réussirent à aborder le sujet avec tout le discernement et la gravité qui s’imposait. Deux magnifiques exemples me viennent en tête, « L’automate de Nuremberg » de Thomas Day, ou nous retrouvons une thématique un peu similaire d’un automate affranchi par son maître et en quête d’une certaine « légitimité » de son existence en tant qu’être vivant et « La Vénus anatomique » le puissant roman de Xavier Mauméjean se posant une tout autre question sur les tous les champs du possible en matière de création et surtout des limites de la science. En effet, un problème se pose alors : comment devons nous considérer le produit de nos chimères ?
En ce sens, le roman de Ekaterina Sedia que les éditions du Bélial eurent le bon goût de nous faire connaitre au travers de son fascinant « L’alchimie de la pierre », est tout simplement vertigineux ( comme les deux précédents romans cités) car il se veut non seulement distrayant et inventif, mais il pousse jusqu’à ses derniers retranchements la problématique de la créature artificielle à la recherche de sa véritable identité. Dans ce monde décalé où elle évolue, sorte de moyen- age alternatif où existe de nombreuses guildes , deux se trouvent en rivalité constante : les alchimistes et les mécaniciens. L’une symbole d’un savoir ancestral, d’une passé certes obscur, mais pouvant apporter des solutions naturelles aux maux des populations, l’autre, tournée vers l’avenir, car capable de fabriquer des créatures artificielles mais construites non pas pour réfléchir, mais pour vaquer aux tâches ingrates du quotidien.
Mattie est l’une d’entre elles, elle fut créée jadis par Loharri, un célèbre mécanicien, mais qui possède une chose rare : une conscience ! De plus, c’est une affranchie, son maître lui a accordé sa liberté, ce qui lui a permis, point paradoxal, de se lancer dans l’apprentissage de l’alchimie. Toutefois, un lien tenace existe entre l’homme et sa créature, il lui procure lorsque celui-ci se détériore un visage de porcelaine, celui de Mattie est recouvert de rouages et d’engrenages, mais surtout, il possède la clef qui de temps à autre lui permet d’être remontée et donc de lui insuffler un délai supplémentaire de vie ! Ce double aspect d’ailleurs de visages « interchangeables » et de pouvoir de vie ou de mort sur le produit de sa création sont déjà dés éléments qui revêtent une importance intéressante, car appuyant de manière significative sur l’importance de l’identité/visage ( Mattie préfère un masque lisse dénué d’expression, recherchant en cela une certaine neutralité) et de l’impermanence de la vie.

Sur fond de révolution fomentée par un groupe d’opposant au régime en place, travailleurs exploités durement dans les mines de charbon et mécaniciens voulant faire table rase sur un passé révolu, Mattie découvre une autre singulière communauté, celle des gargouilles, créatures frappées d’une malédiction et dont l’automate est la seule à pouvoir trouver le chemin de leur libération. Non seulement, elle va tout faire pour récupérer cette fameuse clef afin d’acquérir une totale liberté ( Loharri joue avec elle avec un raffinement décadent, mais ô combien calculé) , essayer de comprendre et d’aider les monstres minéraux et trouver une réponse à sa principale interrogation : malgré mes différences, suis-je un être vivant à part entière ?
Sa quête va la mener dans une ville où plane bien des mystères, où rodent de bien curieuses créatures dont une qui sera pour elle d’une aide précieuse, la mémoire vivante de cette cité fantastique, Ilmarekh le fumeur d’âmes, celui qui les emprisonnent dans son corps lorsque leur enveloppe charnelle vient à disparaitre. Il y a aussi la belle Iolanda, la maitresse de Loharri qui lui promet de lui obtenir cette fameuse clef en échange de petits services, dont la création d’un singulier homoncule qui sera prêt à sacrifier sa vie au service de son créateur. Car ce qu’il y a d’étonnant dans ce roman aux multiples visages ( en cela celui interchangeable de Mattie est une métaphore sur l’identité et l’apparence) c’est de se retrouver à un moment donné sur plusieurs niveaux de la création où l’homme créé une machine qui créée un organisme vivant. Jusqu’au jour où Mattie rencontre Sébastien, un mécanicien rebelle et fugitif et dont la présence va la troubler jusqu’au plus profond de sa complexe mécanique et ressentir ce que nul automate n’avait perçu jusqu’à ce jour : l’amour !
Complot, manigances, ordres occultes, science archaïque et machines infernales…..Ce roman inventif et original est impossible à abandonner une fois que vous l’avez commencé. La complexité de son héroïne de métal et le trouble qui ne cesse de la traverser au sujet de son identité, en font un personnage attachant à tel point que vous finissez par oublier sa condition de machine et éprouver une réelle empathie pour ce personnage à la fois extrêmement fort, mais d’une grande fragilité et d’une touchante sensibilité. L’auteure est parvenue à créer un monde particulièrement fascinant traversé de fulgurance narrative d’une grande beauté et d’une extrême noirceur comme cette scène sensuelle entre Mattie et Sébastien ou celle apocalyptique de l’attentat lors du passage royal dans une artère de la capitale.
Après avoir délivrée les gargouilles de leur malédiction, il ne restera plus qu’à Mattie à trouver une liberté totale en se libérant une fois pour toutes de la servitude de son maître qui joue avec elle comme le ferait un enfant capricieux avec son plus beau jouet. Je vous invite à découvrir ce roman d’une grande poésie en lisant de toute urgence ce gros coup de cœur qui va se conclure dans un final apocalyptique par l’émergence d’un projet fou conçu par les mécaniciens projetant de conquérir la ville, mais aussi d’une grande beauté avec le destin de cette femme mécanique qui, tout au long de ce magnifique et trop court roman, ne cesse de nous fasciner et de nous émouvoir.
Certainement, un roman à acheter de toute urgence, foi de Savanturier, vous ne le regretterez pas et je pense que la traduction de Pierre-Paul Durastanti y est pour quelque chose.

Une fois n’est pas coutume, saluons le magnifique travail de couverture de Nicolas Fructus et de ses illustrations en noir & blanc

« L’alchimie de la Pierre » de Ekaterina Sedia, éditions du Bélial , couverture et illustrations intérieures de Nicolas Fructus, traduction de Pierre-Paul Durastanti.2017

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« Capitaine Futur: L’empereur de L’espace » de Edmond Hamilton

Posté le Jeudi 30 mars 2017

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Ce qu’il y a de formidable avec les littératures de l’imaginaire, c’est que selon votre état d’âme ou vos envies du moment, il vous sera possible de lire un ouvrage adapté à vos humeurs. De fait, le désir me prit de me laisser aller à une lecture facile sans être ennuyeuse, légère tout en me faisant voyager. J’avais depuis longtemps entendu parler, comme tout amateur qui se respecte, du célèbre capitaine Futur , le héros de notre système solaire, celui dont on parle avec un grand respect, mais le cauchemar vivant des plus abjects rebuts de l’espace. Hélas ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare, il restait un personnage inaccessible, si ce n’est que de rêver sur les magnifiques couvertures de Pulp’s qui lui consacrèrent une revue spécialisée. Imaginez ma joie en apprenant la sortie chez cet autre excellent éditeur qu’est « Le Bélial » de la parution, dans sa collection au nom prédestiné de « pulp’s », de pas moins de deux volumes des aventures du célèbre justicier de l’espace. C’est avec frénésie ( comme pour pas mal de livres d’ailleurs) que je me suis précipité chez mon libraire favori et aller quérir les deux précieux volumes orné d’un bandeau flamboyant « Capitaine Flam ». En effet, les exploits de cet illustre héros sont connus en France pour leur adaptation par la Töei ( En France, la série a été diffusée à partir du 7 janvier 1981)
sous la forme d’un dessin animé au nom pour le moins fameux qu’il est inutile de vous présenter.
Les ouvrages comportent de magnifiques couvertures dans l’esprit des magazines de l’époque et sont en outre agrémentés d’un marque-page reprenant le dessin du premier plat : un atout supplémentaire pour les collectionneurs que nous sommes !
Aussitôt la première page tournée, je me laisse alors emporter par cette plaisante aventure où notre capitaine va devoir affronter le redoutable empereur de l’espace qui fomente un projet de révolte sur Jupiter en faisant croire à ses habitants la résurgence des anciens dieux qui jadis peuplèrent leur planète. Il leur demande rien de moins que de chasser les terriens de cette terre sacrée. Aidé de ses fidèles acolytes Grag le Robot, Otho le métamorphe et Simon Wright génial scientifique dont il ne reste que le cerveau baignant dans un coffret spécial, Curt Newton, capitaine Futur pour les intimes, se lance sur les traces de ce redoutable criminel qui use de toute la technologie oubliée des anciens Joviens pour arriver à ses fins : rayon bloquant une région de cerveau pour faire régresser les humains en hideuses créatures, immatérialiseurs permettant de traverser la matière, rayon paralysant……..Cette première aventure est un véritable catalogue de tous les poncifs que vous pouvez trouver dans les pulp’s de l’âge d’or et plus particulièrement dans le genre du space-opéra et on se délecte à la lecture de ce roman, certes écrit d’une manière un peu simpliste, voir naïve, mais ce qu’il y a de curieux c’est que cela fonctionne et vous vous laissez emporter par les situations parfois cocasses que les personnages devront affronter ! Toute la panoplie du genre alors en vigueur y passe, du vaisseau spatial du capitaine en forme de goutte d’eau en passant par la faune et la flore exubérante de Jupiter avec son lot de « bêtes-ballons », de « tunneliers » et de « rampeurs », masse visqueuse de protoplasme aux redoutables appétits, la mer de feu Jovienne renfermant les traces d’une antique civilisation, Jungleville la capitale et sa foule bigarrée et multicolore riche en mercenaires, hors la loi et autres créatures repoussantes, les satellites de la planète mère avec Callisto peuplée de cristaux vivants, sans oublier la technologie de pointe tant pour l’habillage que pour les armes et la communication ( et son fameux téléviseur de poche) …..tout vient ici de manière à contribuer à un agréable moment de lecture, rétro en diable, mais ô combien jouissive. L’auteur n’hésitera pas à céder au bon vieux cliché du héros sauvant in-extremis la beauté fatale infirmière officiellement, agent secret dans l’ombre, des griffes de redoutables créatures souterraines : Un must !
Oui tout, vous aurez droit à tout dans ce space-opéra échevelé, baroque et amusant comme tout,car on y retrouve cette bonne vieille SF comme on se l’imaginait en étant gosse et je dois avouer, le temps de cette agréable lecture, avoir retrouvé mon âme d’enfant, des étoiles plein les yeux, à bord du « Comète », bras droit le temps d’une aventure,du Capitaine Futur le héros de la galaxie.
Inutile de vous dire que je vais faire une courte pause, car il ne faut pas trop abuser des bonnes choses et surtout en garder un en réserve, et me lancer dans le second volume en espérant, s’il vous plaît Mr l’éditeur, voir la suite de ces extraordinaires et et mirifiques aventures de cette figure majeure de l’age d’or de la SF américaine.

 

Petit extrait pour faire plaisir aux amateurs de merveilleux scientifique et d’un ami directeur d’une Carnoplastique collection !

«  Otho, qui fouillait la sacoche accrochée à sa cein­ture près de son pistolet à protons, en tira une flasque de plomb dotée d’un pulvérisateur, puis il s’aspergea le visage d’un produit chimique incolore à l’aspect huileux.

Quelques secondes s’écoulèrent.

Bientôt, sa tête prit un aspect des plus étrange. Sa chair caoutchouteuse toute blanche parut perdre de sa fermeté et mollir telle de la cire en train de fondre.

L’action de l’huile rendait le matériau synthétique aussi malléable que de la pâte à modeler. Il durcirait de nouveau après quelques minutes, mais entre-temps, on pouvait le pétrir de sorte qu’il adopte les traits voulus.

Otho lui-même entreprit de pincer et de lisser avec autant de dextérité que de vigueur la chair blanche ramollie de son visage. Tel un artiste qui modifierait un masque mortuaire, il altérait ses propres traits.

Il travailla sans quitter des yeux la face brutale et apeurée d’Orris. Bientôt, sa figure devint celle de l’autre, dans ses moindres détails. Sa longue pratique permettait à l’androïde de créer en quelques instants la réplique d’un visage sur le sien.

Une minute après qu’il en eut fini, sa chair durcissait de nouveau, retrouvant sa ferme élasticité initiale.

« Le maquillage, à présent, murmura-t-il en fouil­lant sa sacoche.

- Vite ! » lança le capitaine Futur.

A l’aide d’une minuscule seringue hypodermique, Otho s’injecta une goutte dans chaque œil ; leur cou­leur passa du vert au bleu pâle. De la teinture en tube conféra à son nouveau visage, toujours aussi blême, le bronzage d’un spatial chevronné. La fine frange d’im­plants bruns autour de son crâne chauve apparemment tanné par les astres compléta cette incroyable trans­formation. »

 

Résumé éditeur :

« Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.
Or un fléau court à travers le Système solaire, une épouvantable pandémie derrière laquelle semble se tapir un mystérieux criminel, l’empereur de l’Espace. Il n’est alors qu’un seul recours : celui du capitaine Futur ! Les tuyères du Comète, le formidable vaisseau des Futuristes, crachent déjà la puissance de l’atome : l’empereur de l’Espace n’a qu’à bien se tenir ! »

 

« Capitaine Futur, l’empereur de l’espace » Tome 1 . Par Edmond Hamilton édifions Le Bélial collection « Pulp’s ». 2017

Capitaine Futur

 

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« Les Forces de L’ordre Invisible » de Philippe Baudoin

Posté le Mercredi 15 mars 2017

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Philippe Baudoin

Appréhender une personnalité aussi complexe que celle de Émile Tizanè, fut à mon avis un défi redoutable et j’imagine sans peine l’expression de surprise de Philippe Baudoin , à la vision des archives d’une teneur exceptionnelle qu’il vient de découvrir pour la rédaction de son live et précieusement conservées , dans la cave de l’un de ses fils. J’avais vaguement entendu parler de cet étrange « chasseur de fantômes » sans jamais vraiment m’y intéresser bien que, plus d’une fois, je fus intrigué par au moins deux de ses titres « L’hôte inconnu dans le crime sans cause » et « il n’y a pas de maisons hantées. Journal d’un enquêteur incrédule 1925 à 1933 ». Je ne connaissais pas cet auteur, je l’avais consciencieusement mis dans un coin de ma mémoire afin de pouvoir ultérieurement faire des recherches sur ce singulier personnage en apparence ,qui semblait dépenser toute son énergie sur des phénomènes que beaucoup d’autres avaient étudiés, sans savoir un seul instant qu’il fut l’un des tout premier à appréhender le phénomène des « Poltergeist » selon une méthodologie bien précise, frisant l’obsession et pour cause toute sa vie durant il essaya de convaincre sa hiérarchie de combattre ses entités comme des criminels : quoi de plus naturel pour un représentant des forces de l’ordre !
Ce qui frappe en premier le lecteur à la vision de l’ouvrage, de fort belle facture, c’est le titre : « Les forces de l’ordre invisible » et l’on pourrait presque se méprendre sur le sens réel d’un tel titre. Je dois avouer que ma première analyse du titre se concentra sur les forces de l’ordre en tant que garant de notre sécurité. Bien évidemment le dernier mot de « invisible » , sans l’accord, ne laisse planer aucun doute, mais avouez qu’il y a un jeu sur le double sens que peut revêtir une telle appellation, et c’est tant mieux, car il est alors possible de se concentrer sur les deux axes principaux de l’ouvrage : essayer quoi qu’il en coûte de faire respecter l’ordre et de lutter contre des forces invisibles.
Saluons également la maquette de l’ouvrage qui dans sa présentation et son contenu, reste moulé dans un style à l’ambiance un peu surannée, renforcé par des photos d’époque et une typographie de chapitres en adéquation avec toute l’étrangeté du livre. Il y a de plus dans cette couverture comme un hommage au « héros » de cet ouvrage, amateur de collages extraordinaires et dont le motif psychédélique en diable, nous lance comme un avertissement à toutes les hantises que nous allons y rencontrer. Je ne sais pas pourquoi, mais la couleur verte dominante, est aussi un rappel aux formes fantomatiques et ectoplasmiques qui vont jalonner l’ouvrage. Mais peu importe le sens que chacun va trouver à ce décorum, Philippe Baudoin nous conduit sur les traces d’un traqueur de spectres dont nous ne mesurions pas toute la complexité et l’ambiguïté. C’est un véritable travail de titan, que d’avoir compulsé autant de documents et d’en extraire sa substantifique moelle afin d’en faire profiter le lecteur dans un volumineux condensé qui nous permet un peu mieux de cerner sa personnalité. Voilà un homme fascinant qui, durant toute sa vie, faisant fi des quolibets et des entraves de sa hiérarchie, traqua sans relâche avec une méthodologie, pour ne pas dire maniaquerie, frôlant même la pathologie, les phénomènes de « petites hantises » qu’il répertoria, disséqua et analysa avec une rare pugnacité. En regard de son parcours, de ses croyances aux choses de l’invisible, de sa ferveur catholique et de son obsession pour l’ordre et la morale, on comprend mieux le sens de cette « croisade » qu’il s’était infligée, Minutieux, perspicace, méthodique et obstiné, lisant une multitude d’ouvrages sur le domaine, contactant sans relâche les plus grands spécialistes du moment, il va édifier certaines hypothèses non dénuées de sens affirmant pour exemple que dans la plupart des cas motivant enquête, il y a toujours un être vivant qui est le centre des phénomènes.
Mais eu delà de ce parcours édifiant qui pourra prêter de temps à autre à réflexion sur l’homme et ses motivations, il y a un travail de fond sur l’homme et son époque et sur son autre obsession, celle d’amasser une somme colossale de documents et dont Philippe Baudoin consacrera une large place en première partie en faisant une analyse fort passionnante sur la fonction d’archivage. Érudit sur son analyse et pertinent sur la finalité de cette curieuse manie, il nous ouvre les portes d’un univers que les collectionneurs ou les « collecteurs de documents » comme le dit si bien notre ami Joseph Altairac, comprendrons fort bien. Mais ce singulier personnage, laisse aussi transparaître un être tourmenté, contrarié par l’incompréhension de sa hiérarchie et de son manque de soutien, lui qui veut traquer ses « esprits » comme de vulgaires criminels et qu’il est indispensable de traiter en tant que tel. Pour lui, il y a trouble de l’ordre public, des biens et des personnes sont impliqués, c’est le devoir de la gendarmerie d’y mettre bon ordre.
La guerre vient alors jeter un voile trouble sur toute son activité et le chapitre consacré aux phénomènes occultes et aux sociétés secrètes pendant l’occupation allemande fut pour moi une découverte fort intéressante car je n’avais pas idée à quel point la France, pendant cette période, baignait dans une ambiance aussi mystique. Emile Tizanè fit-il preuve d’opportunisme pendant cette période ? pressé d’un côté par sa hiérarchie qui forçait ses troupes à une soumission totale et aveugle à l’occupant, mais d’un autre côté pouvant peut-être mieux assouvir sa soif de connaissance en la matière ( il fut un proche d’Alexis Carrel lui-même ami de Jacques Doriot pro-nazi notoire) période où il put de manière officielle conduire une enquête impliquant « des forces de l’ordre invisible » ? Son activité, bien qu’ayant été « lavé de toutes fautes » , reste là aussi assez trouble, comme le fut une grande partie des gendarmes à cette époque. Après la guerre, et ce, pendant des années, il va continuer son combat, accumulant preuves et témoignages, établissant une carte de « La France hantée », collaborera à de nombreuses revues spirites, fera la une de revues spécialisées, participera à des émissions télévisées……
Mais cette vie consacrée à cette recherche de la vérité et dont il tirera de nombreuses conclusions, que je vous laisse découvrir à la lecture de ce fort volume, ne sera pas sans conséquence, victime lui-même de phénomènes paranormaux dans sa propre maison, il consacrera ses dernières années en portant un intérêt sur le phénomène des OVNI ( il fut l’ami de Jimmy Guieu) le conduisant également à des événements troublants. Il va s’éteindre d’une maladie généralisée, laissant derrière lui bien des mystères et bien des affaires non classées que nous aurons peut-être un jour la chance de découvrir,
Fait étrange, comme l’a été toute sa vie, sa femme va découvrir quelque temps après sa mort dans le sous-main de son mari une feuille écrite ( comme sous écriture automatique) et signée « Mick » ( le surnom qu’elle donnait à son époux)  :
« Je suis toujours dans cette maison, je te parle, tu ne réponds pas, je t’en prie, n’aie pas peur, ne me quitte pas »
Un final à l’image du personnage et du livre, que j’espère vous lirez comme moi avec avidité, l’histoire de « l’enquête d’un enquêteur intriguant », passionnant,,probablement un cas unique dans un organisme « officiel » et qui nous pousse à réflexion ou du moins envisager les phénomènes de petites voire de grandes hantises sous un jour et un angle nouveau.

Un bien bel ouvrage mené de main de maître !

« Les forces de l’ordre invisible , Émile Tizané un gendarme sur les territoires de la hantise » Editions de Philippe Baudoin .« Le murmure » 2016

 

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« De la Thune sur Neptune » de François Corteggiani

Posté le Samedi 11 mars 2017

 

de la thune sur neptune logo

 

Je me rappelle lorsque enfant, j’allais en vacances dans la maison de mes grand-parents paternel. Mon petit plaisir de lecture, était d’acheter dans la collection « Les beaux albums de la jeunesse joyeuse » les albums de « Bibi Fricotin » et des « Pieds Nickelés ». À cette époque, je ne connaissais pas René Pellos, mais j’avais une affection toute particulière pour son trait dynamique et la particularité qu’il avait à donner vie à des choses, inertes par nature, mais souvent affublées d’un visage, d’une grimace ou d’un clin d’œil. C’est bien plus tard que j’ai pris conscience du génie de ce dessinateur hors pair et que finalement, enfant, je n’avais pas trop des goûts de chiotte ! Déjà, en ce temps là, c’était leurs aventures fantastiques ou conjecturales qui me passionnaient le plus et je dois reconnaître que si à l’époque j’ai dévoré leur périple en « soupière volante », dans une « fusée interplanétaire » ou sur « Bêta 2 » j’étais loin d’imaginer dans ma petite cervelle de gamin que je les retrouverai 45 années plus tard sur ……Neptune !
Une fois de plus nous en avions rêvés, ou presque, et le Carnoplaste l’a fait ! Car il fallait avoir une sacrée bonne dose de dérision, d’humour et de connaissance des lieux pour romancer ce trio de personnage culte resté gravé dans toutes les mémoires et qui mieux que l’ami Cortégiani, grand spécialiste des BD et des choses anciennes, pouvait nous livrer une aventure aussi farfelue et incroyablement jouissive.
Suite à un casse qui tourne court, le préfet Boudini leur propose un deal : aller dans l’espace et plus particulièrement en direction de Neptune d’où fut envoyé un dernier message du capitaine Bob, agent spécial spatial : In y a de la thune sur Neptune ! Plus pour renflouer les caisses de l’état que pour porter secours à cette gloire nationale, nos trois malfrats n’ont pas d’autres choix que de s’embarquer dans cette aventure aux confins de notre système solaire, riche en rebondissement où la rencontre d’un rat mercenaire de l’espace, une reine anthropophage et une armée de Zlonkiens peu amicaux, ne seront qu’une infime partie des périls qu’ils vont devoir affronter. De cette burlesque épopée se dégage non seulement le respect de l’auteur pour cette triplette potache et farfelue, mais aussi un plaisir certain à donner au lecteur une bonne dose d’humour afin de faire fonctionner à plein régime nos zygomatiques parfois quelque peu atrophiés. Rarement dans cette série de l’histoire du système solaire, mis à part avec « Pluie de plomb sur Pluton » , un auteur n’avait à ce point utilisé le ton de la galéjade afin de réinventer notre propre folle histoire de l’espace et aboutir à un résultat aussi drôle que divertissant. Le fascicule de François, est à son image, truculent, fantaisiste,généreux et passionné et comme en plus il n’est pas avare en amitié, il nous arrose généreusement en clins d’œils divers et variés et n’hésite pas à utiliser le corpus carnoplastique, avec quelques références de fascicules ( dont le mien et j’en suis fort aise) et d’amis Savanturiers qui trouvent dans cette aventure une place de choix, bien légitime et qui leur sied à ravir : le sympathique Capitaine Bob, l’inventeur de la machine à voyager dans le temps ( dont je vous laisse découvrir le nom) la planète « Délirius » , gouvernée pat Lob et Druillet……ne sont que de petits avant-goûts de tout ce qui vous attend.
On sent dans cette histoire qu’il s’est amusé à l’écrire, qu’elle fut l’occasion de laisser libre cours à son sens affûté de la dérision et de nous apporter une nouvelle fois la preuve de son amour immodéré pour ses personnages un peu oubliés, mais qui continuent à briller avec ou sans thune dans le firmament de notre patrimoine culturel populaire. Ajoutez à cela des titres de chapitres où l’auteur nous gratifie de quelques jeux de mots bien placés et d’une SUPERBE couverture ( magnifiques couleurs de Bonaventure) et illustrations intérieures de Herlé et vous aurez entre les mains un de ces ovni de la littérature d’aventure populaire qui trouvera une place bien méritée au rayon de ses petites perles parodiques que tout Savanturier se doit de posséder.

« De la thune sur Neptune » 8eme fascicule de « L’histoire du système solaire en 1920 » Éditions du Carnoplaste.Texte de François Corteggianni , dessins de couverture et illustrations intérieures N&B de Herlé, couleurs de Bonavanture.

Présentation éditeur, dans son jus………..

V’LÀ QUE CAPITAINE BOB, AGENT SPÉCIAL SPATIAL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, SE FAIT BOUFFER PAR L’AVALEUR D’ÉTOILES… MAIS LE BOUGRE A EU LE TEMPS D’ENVOYER UN MESSAGE. C’EST MADAME MARTICHON, FEMME DE MÉNAGE AU MINISTÈRE DE L’ESPACE, QUI LE RÉCEPTIONNE. L’HEURE EST GRAVE. SUR LE TOIT D’À CÔTÉ CROQUIGNOL, RIBOULDiNGUE et FILOCHARD TOMBENT À POINT NOMMÉ… AVOIR LE PRÉFET BOUDINI AUX BASQUES, ÇA AIDE À SE PORTER VOLONTAIRE ET V’LÀ NOS PIEDS NICKELÉS EN ROUTE POUR NEPTUNE. CHEZ LA REINE NAMOUMOU. ET LES ZLONKIENS QUI DEBARQUENT ! ET KARASCAL, LE RAT DE L’ESPACE, QUI S’EN MÊLE… AH, FAUT ÊTRE MOTIVÉ… HEUREUSEMENT QUE LE MESSAGE DE CAPITAINE BOB DISAIT CECI :

IL Y A DE LA THUNE SUR NEPTUNEJE RÉPÈTE… IL Y A DE LA THUNE SUR NEPTUNE !

 

de la thune sur neptune

 

 

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« Les coeurs enchaînés » de Nicolas Le Breton

Posté le Lundi 27 février 2017

Avec un peu de retard en regard de sa date de sortie, je viens de terminer le fort beau volume de Nicolas Le Breton « Les cœurs enchaînés » et je voudrais faire ici amende honorable, car j’avais vraiment adoré son premier volume « Les âmes envolées » et je n’avais pas eu le plaisir d’en parler. Il est un fait indiscutable pour moi que les lecteurs ont ce devoir quasi-obligatoire de parler, ne serait-ce que quatre lignes, d’un auteur ou d’un roman afin qu’ils puissent se sentir encouragés et récompensés du temps passé à la rédaction de leurs manuscrits. Je suis parfois scandalisé du silence glacial dont témoigne les lecteurs pour les écrivains à une époque où s’échangent sur la multitude de réseaux sociaux un volume impressionnant de conneries et d’absurdités en tout genre……mais bon , après ce seront les mêmes à se plaindre que certaines collections disparaissent, que des éditeurs ferment leurs portes, que des auteurs finissent peut-être par se lasser.
Pour en revenir au propos du moment, avec ce diptyque, l’auteur nous plonge dans un univers divergeant, où la France, pour ne pas dire le monde, voit sont avenir complètement bousculé non seulement par l’arrivée d’une nouvelle technologie impactant le développement industriel et social, mais par des événements qui se succédant à une vitesse folle, vont changer le cours de l’histoire et transformer bien des destins. Résumer le premier volume, et par voie de conséquence sa suite, serait ici une folie tellement les événements se succèdent à un rythme haletant, entraînant le lecteur dans un incroyable tourbillon de péripéties où le plus lourd que l’air règne en maître absolu . Un certain Henri Giffard ( hommage à Pierre Giffard le célèbre écrivain de la guerre infernale avec son complice Albert Robida ) inventeur d’un véhicule aérien, la giffardine, sera à la source même d’aventures incroyables mélangeant espionnage, roman d’exploration, guerre future, histoire de savant fou, occultisme, magie, péril extra-terrestre……Un roman fou, brillamment rédigé, mais qu’il vous sera utile malgré tout de prendre avec certaines précautions, non pas parce qu’il est inégal, bien au contraire, mais parce qu’il faut le lire avec une certaine rigueur,  les événements s’y enchaînant au pas de course, et qu’il ne faut surtout pas perdre le fil de l’histoire. Les personnages y sont comme on les aime, avec toutes les qualités requises : héroïques, charismatiques, répugnants, tortueux, implacables, retors, bref  il y en a pour tous les goûts, une galerie incroyablement bien achalandée qui ne pourra que ravir les plus exigeants. Mais ce qui fascine le plus dans ce roman, tout comme le premier, c’est le sens du rythme, la particularité que possède l’auteur à décrire des scènes d’action avec toute la verve et le panache nécessaire et  cette faculté d’imagination sans faille qui fait que cette saga est truffée d’idées géniales, ne serait-ce que cette entité extra-terrestre qui assimile de malheureuses victimes et dont l’origine et les intentions sont des plus stupéfiantes. Inventions folles, complots, alliances, retournement de situations, bouleversement de la carte géopolitique…….je suis toujours impressionné de la manière dont nos chers auteurs arrivent à garder une ligne directive aussi claire, malgré la richesse du contenu et la manière fouillée dont ils dissèquent le moindre événement. Nicolas Le Breton possède ce talent précieux et rare qui fait que son exploration des terres de la Savanture est une expérience unique et jubilatoire. Mais ce qui fait sa plus grande force, c’est sa connaissance parfaite des dirigeables, connaissance qu’il a patiemment accumulé au fil des années pour en faire un outil plus que précieux, le moyen d’inventer un univers parallèle où il se fait créateur de machines extraordinaires équipées d’hommes au caractère bien trempé et possédant leurs propres règles, leurs propres codes, leurs propres modes de vie. Il vous suffit de lire les premières pages de ce second volume pour se rendre compte à quel point il maîtrise parfaitement l’univers qu’il s’est créé et de toute la portée de celui-ci pour les gloutons d’histoires originales que nous sommes. La loyauté d’un auteur vis-à-vis de son public, se mesure à l’investissement que celui-ci va engager pour construire un monde imaginaire, mais parfaitement cohérent, en se basant sur des faits historiques, en les ingurgitant et en se les réappropriant : cela s’appelle la documentation ! Croyez-moi, peu d’auteurs sont suffisamment investis et méticuleux pour aller au bout de ce genre de ce processus.
C’est un roman Steampunk que vous tenez entre les mains, mais du haut de gamme, dans la plus pure tradition du roman populaire, mais avec cette classe supplémentaire, de ceux qui vous impactent par leur singularité et la qualité de leur écriture. Et le lecteur ressort d’une telle expérience, complètement conquis et heureux d’avoir l’espace de deux ouvrages, franchi les frontières de l’imaginaire et se plonger dans une monde ou règne la folie des hommes, mais aussi son courage et sa détermination face à des événements extraordinaires. Ce n’est pas seulement un livre sur la révolution scientifique, mais sur celle de l’espèce humaine qui par sa soif de pouvoir et son ambition, est prête à enflammer le monde et le plonger dans les ténèbres de la folie. Un roman qui se veut pessimiste, mais dont certains valeurs finiront par triompher dans un final surprenant.

Félicitons une fois de plus aux éditions Les moutons électriques pour avoir eu le flair de les éditer et de nous avoir livré deux ouvrages de fort belle facture, à la présentation irréprochable, un bel écrin sous jaquette magnifiquement composée par Melchior Ascaride,renfermant sans nul doute un joyau de toute beauté.

Résumé éditeur :

1925 : dans un monde où l’automobile n’a jamais été inventée, les Zeppelins de l’Alliance Objective règnent et terrorisent.

Tandis que les autocraties triomphent, le dirigeable Fin’Amor sillonne les cieux, traqué sans fin. À son bord : Léontine de Laroche, aérostière d’élite ; son amie Adélaïde de Cointet espionne apatride ; Lawrence d’Arabie ; le mystique Aleister Crowley ; Winston Churchill, le capitaine furieux Armand de Bricqueville… tous pris dans les remous d’une Histoire qui aurait pu être, un monde où les anciennes suprématies se sont renversées, les certitudes effondrées.

Deviendront-ils un symbole de résistance face à l’oppression ? Ou bien un mal étrange, avançant ses pions en silence, aura-t-il le dernier mot sur le destin de l’Humanité ? Des rives de la Méditerranée, à la Chine en guerre civile ; de l’Égypte jusqu’à la cité décadente flottant au-dessus de Berlin, un roman qui résonne de l’airain des trompettes, qui bat au tambour trépidant, et chante aux violons de la nostalgie.

Ah, l’ivresse des altitudes ! Quels mystères restent à y découvrir…

Suite et fin du diptyque ouvert avec Les Âmes envolées, du steampunk de la plus belle eau.

« Les cœurs enchaînés » de Nicolas Le Breton. Édition Les moutons électriques 2016, Couvertures de Melchior Ascaride. Suite et fin du diptyque entamé avec « Les âmes envolées » chez le même éditeur.

Moutons electriques les coeurs enchainés Le Breton

 

 

 

 

 

 

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