« Bulles de Dinos »: 150 ans de Paléontologie en Bande Dessinée!

Posté le Mardi 16 juillet 2019

bulles de dino

 

Habitué à présent à cette immense fête dinosaurienne qu’est le « Dinoblog » cette année une fois encore l’événement fut à la hauteur de mes attentes. Nos deux amis paléontologues, non content d’être brillant dans leur discipline , se passionnent également pour le domaine de la Savanture en nous gratifiant à chaque cession d’une communication sur le sujet et outre notre ami Marc Madoureau qui fit une brillante intervention sur la thématique des dinosaures au cinéma, j ’ai eu pour ma part l’année dernière l’immense joie de parler des dinosaures dans le roman d’aventure en couvrant une centaine d’année de publication . Mais il faut dire que notre ami Jean, directeur du musée ne manque pas une occasion, et ce, à chaque cession, de nous parler des dérives une peu fantasques de toute une génération d’écrivains pour qui le sujet, à défaut d’être une sujet à traiter avec la plus extrême des rigueurs, se devait de revêtir une forme distrayante pour le lecteur voire humoristique. Alors quoi de plus naturel pour notre très cher ami de clôturer cette version 2019 par une fort sympathique communication sur une question de la plus haute importance « Quand les dinosaures avaient des oreilles ». Sujet fort plaisant et traité d’une manière très rigoureuse avec exemples à l’appui et donc l’occasion de rebondir sur le sujet principal de ce petit papier : « Bulles de Dino »
Imaginez un cadre plus que propice, dans une grande salle où, en son milieu, trônent quelques beaux squelettiques spécimens et une allée, magnifiquement bien agencée en quatre petits espaces où les murs ne sont que reproductions de couvertures, d’affiches, de planches, de dessins et autres papiers colorés, autant de supports pour une magnifique exposition consacrée, comme son nom l’indique, à l’histoire des dinosaures en bandes dessinées. On n’imagine même pas le travail que cela a nécessité tellement cette exposition est riche et représente probablement…… non certainement, l’exposition la plus exceptionnelle sur le sujet !
Déjà, dés votre arrivée vous tombez sur le charme de ce panneau/tapisserie qui reprend en petite format une partie des BD que vous allez pouvoir admirer au sein de l’exposition. Commence alors un voyage dans le temps et dans l’histoire afin de rappeler au bon souvenir du visiteur que la genèse des dinosaures en bande dessinée est aussi ancienne que la découverte de ces illustres mastodontes. Se faisant pour l’occasion archéologues du merveilleux dessiné, nos deux complices , Jean et Christel, sont allés dénichés quelques perles rares, ignorées de toutes et de tous , allant même, grande classe, à réaliser avec quelques vieilles revues devenues introuvables, des albums plastifiés à consulter sur place et délicatement accrochées sur des panneaux afin que le curieux puisse les consulter à sa guise : lorsque l’exposition devient bibliothèque !
Une exposition qui devient alors au fil des reproductions un festival d’images tantôt humoristiques, tantôt de cette beauté surannée propre à ces images anciennes, voire terrifiante au fur et à mesure que nous progressons dans cet espace dédié. Car ici, l’intérêt n’est pas que graphique et purement artistique, il se veut également éducatif et nous sentons , panneaux après panneaux, que rien n’est laissé au hasard et qu’une bonne dose d’éruditions accompagnent les images d’un commentaire à la fois clair, précis , pertinent tout en restant raccord avec l’ambiance générale : humour et décontraction ! Mais il n’y a pas que cela à faire de cet endroit un lieu unique et l’on devine par les objets fait-maison qui ornent chacune des pièces qu’il y a non seulement de l’amour pour le travail bien fait, mais de magnifiques points de repère pour satisfaire encore plus le visiteur et l’inciter à tout regarder dans moindre détail, à savourer le plaisir que les organisateurs ont eu à apporter leur touche personnelle : vitrine pleine de BD dont chaque tranche est visible et vous pousse à regarder les titres (regardez bien il y a même une petite figurine de Rahan que j’aurais bien voulu emporter.) , une autre renfermant une pièce magnifique, un globe coupé en deux et prouvant que la terre est creuse et belle et bien habitée, une autre avec de précieux ouvrages sur les origines avec une splendide sculpture d’une créature antédiluvienne…..tout cela sans parler des affiches, des cadres et des superbes coussins dont deux furent vendus le soir lors de la vente aux enchères et dont l’un fut remporté par un membre du célèbre club des Savanturiers,
Un visite dont on a du mal à se détacher tellement elle fourmille de petits détails cocasses et amusants et comme nos deux amis sont d’une gentillesse extrême, tout cela se termine par le remerciement des auteurs et des éditeurs avec, suprême honneur une mention spéciale pour le club dont j’ai l’honneur d’assumer la présidence et ce n’est pas sans une certaine fierté qu’il y a un peu de nous dans cette exposition qui je l’espère ne restera pas lettre morte et qu’un éditeur inspiré parviendra à en saisir toute l’importance en osant publier cette fort belle et passionnante histoire des dinosaures dans la bande dessinée car il s’agit là non seulement d’une partie intégrante de notre patrimoine culturel, mais qui nous prouve également que science et fantaisie peuvent faire bon ménage . Franchement, n’y a t-il pas plus belle façon que de susciter de nouvelles vocations et donner , spécialité oblige, un bon coup de pinceau sur une discipline que l’on croyait austère et archaïque, mais qui est en fait d’une incroyable diversité et composée d’un panel de scientifiques aussi brillants qu’intéressants et bougrement accessibles .
Un événement à ne manquer sous aucun prétexte et franchement, si vous passez dans le coin, allez y faire une petite visite, parole de Savanturier, vous ne le regretterez pas, en plus vous repartirez avec plein de magnifiques souvenirs achetés dans une boutique à faire craquer tout bon collectionneur qui se respecte (n’oubliez pas le sac « Bulles de Dino » absolument génial.) et avec un peu de chance vous y croiserez Jean et Christel, dites leur que vous venez de notre part, vous allez voir vous passerez une journée somme toute exceptionnelle.

En résumé, une exposition qui ravira aussi bien les explorateurs en herbe que les aventuriers aguerris et vous fera embarquer dans une magnifique machine à voyager dans le temps , madeleine paléontologique où, enfant, vous dévoriez ces magnifiques histoires illustrées , vous transportant dans l’espace et le temps à la recherche de mondes inconnus.

N’hésitez pas à aller faire une petite visite sur leur blog aussi instructif que savoureux: http://www.dinosauria.org/blog/

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« La Mort de Paul Asseman » de Laurent Mantese: Un Pur Chef-D’oeuvre de Fantastique Contemporain!

Posté le Mardi 2 juillet 2019

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Il y a des livres comme ça qui lorsque vous les refermez vous laissent un sentiment de satisfaction intense, de celle qui vous imprègne totalement avec cette sensation d’avoir eu entre les mains un objet unique que tout le monde a laissé filer , le laissant dans une ignorance totale  et de fait vous l’approprier, le faire votre, comme un trésor caché et dont vous êtes le seul à connaître l’existence.
« La mort de Paul Asseman » de Laurent Mantese, c’est d’abord une couverture de Léo Gontier, une illustration envoûtante et qui résume bien à elle seule l’univers dans lequel le lecteur va se retrouver prisonnier, une maison, une fenêtre éclairée, une brume lactescente où l’on devine des silhouettes fantomatiques qui n’appartiennent pas à notre univers. C’est un paysage éclairé par une lune blafarde au-dessus d’une demeure aux allures d’une Malpertuis des temps modernes. Il y a déjà une ambiance qui se veut résolument fantastique et l’auteur, loin de vouloir berner le lecteur annonce déjà la couleur : le héros de l’histoire quoiqu’il arrive va mourir, ne nous reste plus qu’à découvrir de quelle manière. J’aime lire ce genre d’ouvrage où d’entrée de jeu, on ne tourne pas autour du pot sur plus de 300 pages. On sait comment tout cela va finir, mais le plus important n’est pas de savoir comment, mais surtout pourquoi. C’est ce que va faire Laurent Mantese dans ce texte qui oscille entre fantastique et roman de mœurs dans une écriture bien tassée d’un style époustouflant qui tour à tour vous plonge dans une sorte de mélancolie avec la précision toute chirurgicale de la vie des gens de la campagne dans une nature hostile et fascinante à la fois, pour passer à la terreur pure où il va justement se servir de ce cadre si propice à un climat aux différentes nuances spectrales. Une région où la rudesse des gens est le résultat d’une environnement à la fois hostile et d’une beauté sauvage. C’est l’histoire de plusieurs malédictions à commencer par celle de Paul Asseman qui après la mort tragique de sa femme et de son fils décide de se retirer loin de monde afin d’essayer de plonger dans une amnésie salvatrice, celle de cette maison, un ancien relais de poste, qui par tradition reçoit les différents médecins venus s’installer dans la région et qui abrite en son sein bien des secrets, celle des habitants condamnés à vivre dans cette région oubliée des hommes et qui renferme bien des légendes. C’est aussi et surtout l’histoire d’une médecin de campagne qui pense pouvoir changer le cours des choses, d’un étranger qui, bien que symbolisant le savoir, n’en est pas moins une pièce rapportée , un « gars de la ville » à qui l’on hésite d’accorder sa confiance . Mais c’est avant tout une histoire d’un homme face à ses responsabilités et sa condition d’être humain qui va se retrouver confronté à des situations dont l’étrangeté n’a d’équivalent que la violence par laquelle les phénomènes extraordinaires vont se manifester : tout dans sa cette nouvelle vie semble vouloir aussi bien le happer que le mettre en garde contre quelque chose d’indicible et au fil des pages qui glissent entre vos mains d’une manière effrénée, c’est toute l’originalité d’un fantastique d’une puissance incroyable qui prend forme pour se conclure d’une manière surprenante.
Dans cette nouvelle retraite, véritable entité vivante respirant au rythme de la nature environnante, le héros va tenter d’apprivoiser les murs de cette étrange demeure qui va nous livrer au fil de l’histoire bien des secrets, nous procurer bien des frissons.
Comme je vous le disais au début, Laurent Mantese est un virtuose des mots, il nous entraîne avec brio dans un récit d’une parfaite maîtrise et je retrouve là toute la puissance d’un Claude Seignolle avec ce talent si particulier de nous décrire des choses qui au premier abord insignifiantes, construisent un texte riche de descriptifs aux consonances poétiques, mais de cette poésie que seuls les gens de la terre peuvent percevoir, ressentir et dont il sont les seuls à en comprendre la finalité. Il y a de la musicalité dans son écriture, un rythme d’une sombre beauté, d’une mélancolie rare et qui vous attrape les tripes de sa poigne glacée pour vous laisser haletant, mais avec ce plaisir et ce juste avec des mots, d’être parvenu à vous faire pénétrer dans son univers et d’en partager les sombres menaces. La comparaison avec Seignolle n’est à prendre à la légère, juste placée ici pour faire plaisir à l’auteur ou inciter de potentiels lecteurs, non il y a dans son style une tradition du fantastique propre aux gens du terroir , l’empreinte d’une homme qui puise aux sources même de nos légendes ce terreau si fertile « ce murmure du vent qui se lève, la goutte du ruisseau qui passe et ce frisson de son âme afin de pétrir les choses dont on fait les histoires »
Lire « La mort de Paul Asseman » c’est la garantie de fleurter avec la plume inspirée d’un grand écrivain qui est parvenu à insuffler une âme nouvelle à la littérature de genre et nous donner certainement l’œuvre la plus aboutie sur la thématique de la maison hantée, entre autres, depuis de nombreuses années. Mais je ne vous en dirais pas plus les amis…..lisez le !
Remercions Philippe Gontier et « La clef d’argent » de nous avoir ainsi fait le cadeau d’une aussi belle pépite dans un aussi bel écrin, Laurent Mantese nous avait déjà témoigné de son travail d’écrivain accompli avec « Le comptoir des épouvantes » et « Le rapport Oberlander » aux éditions Mapertuis , voilà qui ne fait que confirmer qu’il est bel et bien un auteur incontournable au talent plus que confirmé.

«  La mort de Paul Asseman » de Laurent Mantese Éditions « La clef d’argent » Avril 2019

la mort de paul asseman

 

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« Lhéritage du docteur Moreau » de Jean-Claude Renault où comment renouer avec le genre!

Posté le Mercredi 12 juin 2019

 

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Je viens enfin de terminer le deuxième tome de « L’héritage du Dr Moreau », ayant pris un retard considérable sur ma pile en souffrance, et je dois avouer que, tout comme le premier volume, je n’ai pas été déçu par cet ouvrage qui vient ici conclure la lutte du célèbre docteur à la tête de la fameuse « Compagnie des  intelligences botaniques »au prise avec de bien mystérieuse créatures, les Vril-Ya, réveillées d’un sommeil séculaire et qui ne rêvent que d’une chose : conquérir le monde. Mais ce n’est pas la seule menace qui pèse sur le monde. Les Martiens ont en effet prit possession de l’Angleterre et compte bien eux aussi asservir l’humanité au moyen de leur technologie aussi puissante que meurtrière, Albion est ainsi isolée et il faudra toute l’audace et le courage des créatures au service du Dr Moreau et de son fils pour venir à bout de ces deux terribles menaces qui mettent en danger l’équilibre de la planète.
Nous évoquions lors du colloque sur le Merveilleux-Scientifique de la continuité du genre et lors d’une intervention fort appréciée de Jean-Guillaume Lanuque responsable des superbes anthologies chez Rivière Blanche « Dimension Merveilleux-Scientifique et Robert Darvel éditeur de la célèbre revue « Le Carnoplaste » et écrivain chevronné, nous étions d’accord sur le fait que le genre  devait probablement se tourner plus vers l’humour ou la parodie et aller chercher son lectorat dans l’originalité. Nul doute que Jean-Claude Renault nous prouve avec éclat qu’il est encore possible de nos jours de faire du moderne avec de l’ancien et parvenir à dynamiser un genre que l’on croyait obsolète ou en tout cas trop désuet pour parvenir à tenir en haleine un public. En deux épais volumes avec un style énergique et bien rythmé, il parvient sans défaillir à nous tenir en haleine en faisant intervenir une multitude de personnages qu’il prend le temps de développer, à rendre sympathique ou fort méprisable, Bien entendu il se sert de figures emblématiques du M-S en réutilisant certains codes du genre , mais en les modernisant et en parvenant à faire preuve d’originalité comme cet arbre gigantesque qui pousse en plein Paris, se nourrissant d’électricité et capable de fournir de singuliers livres mémoires qui seront d’une utilité capitale dans la lutte contre les envahisseurs. Personnages de fiction croisent des figures historiques dans un habile mélange qui certes rappelle le concept des « compagnons de l’ombre » , mais avec une fort belle originalité qui, sur plus de 600 pages, force le respect.Jean-Claude Renault connaît ses classiques , il les utilise avec un sens du rythme qui pousse le lecteur à aller de plus en plus en avant dans l’histoire, générant chez lui une forme d’addiction et qu’il quittera avec regret à la toute dernière ligne avec un dernier clin d’œil que j’ai particulièrement apprécié. Il y a de l’action, des scènes de batailles titanesques, des armes redoutables, des mutants, des êtres étranges repoussants et attachants et une lutte de pouvoir entre puissances étrangères qui nous plongent à la fois dans le roman extraordinaire, d’espionnage et d’aventures scientifiques pour nous entraîner dans un récit audacieux et foutrement bien construit. Un auteur que l’on n’avait pas vu arriver, en tout cas en tant que continuateur d’un genre que l’on croyait démodé et qui trouve en l’espace de ces deux volumes riches de belles couvertures de Pierre Droal l’espace suffisant pour nous prouver que le genre peut se renouveler d’une fort belle manièr .
Merci aux éditions Nestiveqnen de nous avoir donné l’occasion de passer un aussi agréable moment de lecture, mais il faut dire qu’il nous a bien habitué à quelques auteurs plus que recommandables comme avec les deux volumes de Paul Martin Gal et les deux derniers que je viens de recevoir : « Le Möbius Paris Venise » de François Darnaudet et « L’envol de Moby Dick » de …..Jean-Claude Renault, en somme que du bonheur !

Pour en savoir plus sur les ouvrages de l’auteur et de sa très sympathique Compagnie des intelligences botaniques c’est ici: http://www.lacompagniedesintelligencesbotaniques.com/

« L’héritage du docteur Moreau » tome 1 et 2 de Jean-Claude Renault, Parus en Novembre 2018 aux éditions Nestiveqnen, Couvertures illustrés par Pierre Droal

 

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Le Merveilleux Scientifique à la BNF: Voir l’invisible !

Posté le Mercredi 17 avril 2019

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 Pendant fort longtemps, je me suis demandé quel symbole ou quelle image pourrait le mieux représenter le merveilleux scientifique. Disons par exemple que si d’aventure, et le mot est bien choisi, le club des Savanturiers se faisait l’émissaire de cette branche littéraire, et qu’il lui faudrait sélectionner une illustration pour l’envoyer dans l’espace afin de rendre compte à nos amis extraterrestres de son incroyable diversité, que nous faudrait-il retenir ? Si un ami me demandait par l’image : c’est quoi le merveilleux scientifique ? Que pourrai-je lui proposer ?
Autant de questions aussi futiles que délirantes, mais qu’il m’arrive pourtant de me poser. Si je ne devais retenir qu’un seul artiste, vers lequel faudrait-il me tourner ?
Un choix cornélien n’est-ce pas, face à l’immense production en la matière et si mon attention pendant fort longtemps s’est portée sur l’illustration du numéro de
L’almanach scientifique de la revue Sciences et Voyages de 1925 et sa célèbre couverture de Le messager de la planète de José Moselli, je dois avouer que la diffusion de l’image publicitaire de l’exposition de la BNF organisée par Fleur Hopkins Le merveilleux scientifique une science-fiction à la Française m’a quelque peu retourné le cerveau !
C’est en revoyant cette magnifique couverture affublée d’un titre aussi bizarre que mystérieux, que j’ai pleinement pris conscience de la toute puissance évocatrice de cette trinité du merveilleux scientifique qui trouve ici toute sa substantifique moelle entre l’auteur, le titre de son œuvre et son illustrateur. En effet, n’y avait-il pas plus judicieuse décision que de prendre, pour émissaire à cette exposition aussi inespérée qu’audacieuse, celui qui toute sa vie durant contribua non seulement à donner ses lettres de noblesse au genre, mais la théorisa en lui consacrant de nombreux articles et une étude devenue notre sainte bible à tous :  
Du roman merveilleux-scientifique et de son action sur l’intelligence du progrès 
Mais ce qui me fascine le plus dans cette illustration choisie par Fleur, c’est la pertinence du titre que Louis Bailly à fort habilement mis en couleur, composition qui vient ici renforcer le drame et le mystère de cette fascinante histoire d’homme « truqué ». Car le titre disais-je, est en parfaite cohésion avec le thème de cette exposition et dans ce terme de truqué il y a comme une intention volontaire de la part de l’auteur ,au-delà d’une simple altération , de ne pas mettre le lecteur en déroute pour ne pas le brusquer, pouvoir l’emmener à cette hypothèse audacieuse d’une  modification comme évolution du progrès et utiliser un terme qui s’approche plus du jargon de la magie que de la science. Comme dans la plupart des romans à hypothèse de l’époque, les auteurs vont bien souvent « truquer » les dés et nous proposer des solutions que seule une explication plus proche du merveilleux sera en définitive acceptable pour ne pas dire recevable. Entre science et merveille il n’y a qu’une étroite bande qui les sépare et ce trait d’union entre les deux mots n’est-il pas cette petite part de rêve qu’il nous faut savoir accepter si nous voulons aller outre notre scepticisme et de nos a priori afin de repousser les limites du possible ?
Maurice Renard le disait fort bien :


Entre les épaisses ténèbres de l’inconnu et le bloc lumineux de notre savoir, il y a une zone extrêmement captivante qui est le domaine de l’hypothèse, contrée fort mince où sont dardés tous les efforts des savants et des philosophes. Cela fait une espèce de halo fantômal. C’est comme la frange de la science, le duvet de la certitude. Là, s’agitent les personnages du roman d’hypothèse, là sont allumées ces lumières qui, toutes artificielles qu’elles soient, font pour ainsi dire rayonner la connaissance sur l’ignorance et nous donner, sinon le pouvoir même, du moins l’illusion ravissante de comprendre un peu l’inexpliqué.

C’est l’essence même de la magnifique couverture que nous propose Louis Bailly, où Jean Lebris semble revêtir l’apparence d’un mage en transe complète, image frôlant les représentations des spirites au siècle dernier qui, le visage impavide, partent à la découverte de mondes interdits que seuls les initiés peuvent atteindre. Renforcé par l’expression du visage aux yeux révulsés, il flotte autour de lui d’étranges sphères électriques qui sont autant de représentations d’un monde parallèle insoupçonnable à l’œil nu : Voir l’invisible !
De sa main droite tendue peut-être fait-il signe à son entourage de ne pas s’approcher, ou peut-être veut-il nous mettre en garde contre une force dont on ne mesure pas la portée : il est le symbole d’une mutation qui se veut nécessaire pour l’évolution de l’espèce humaine, mais qui ne se fera pas sans quelques sacrifices !
Cette illustration est d’une grande beauté , elle est la représentation type de toute une époque où sciences et merveilles se mélangent parfaitement, une osmose entre ce qui fut considéré comme de la magie, voir de la sorcellerie et la marche en avant du progrès qui avec un peu d’audace, de poésie et de fantaisie va permettre d’ouvrir toutes les portes de l’imaginaire et définir un genre , cette espèce de
halo fantômal cher à Maurice Renard ,concrétisant les bases du roman à hypothèse.
Plus je regarde cette couverte et plus je me sens envoûte, attiré vers cette autre dimension et vouloir partir à la recherche de cette dimension imperceptible à l’œil humain et que seules les merveilles de la science peuvent nous permettre de percevoir.
Oui cette illustration, c’est tout cela, le passé et l’avenir, le doute et les certitudes, le merveilleux et le scientifique et je ne peux que féliciter Fleur d’avoir eu autant de perspicacité dans son choix d’illustration, une preuve supplémentaire non seulement de ses goûts sûrs en la matière, mais également le signe d’une maturité dans ce domaine qui force le respect.
Je souhaite à cette exposition tout le succès qu’elle mérite parce qu’il fallait avoir une bonne dose de courage pour bousculer ce marasme dans lequel la littérature est plongée depuis trop longtemps et permettre de faire découvrir au grand public toute la richesse de notre patrimoine populaire et lui faire comprendre une bonne fois pour toute que la France possède sa propre histoire en matière de science-fiction, qu’elle est aussi très ancienne , d’une élégance folle , colorée, divertissante , amusante et surtout d’une richesse thématique que nous étions fort peu à connaître, mais qui désormais va se démocratiser. Un travail collectif pour lequel de nombreux passionnés agissent souvent dans l’ombre depuis de nombreuses années.

À l’image de cet Homme truqué il va être ainsi possible au public de voir l’invisible et un corpus d’œuvres cachées depuis bien trop longtemps.
Chère Fleur, un grand merci, cette exposition fera date dans les annales de la savanture et du merveilleux-scientifique . Maurice Renard s’il te regarde depuis son infra-monde, dois te percevoir avec toute bienveillance et fierté ;

Merci à tous les chasseurs de chimères qui se reconnaîtront c’est aussi un peu la votre , vous avez également toute mon admiration.

Lien utile : https://www.bnf.fr/fr/agenda/le-merveilleux-scientifique

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« RétroFictions » De Guy Costes et Joseph Altairac: L’objet de tous nos désirs!

Posté le Dimanche 14 avril 2019

 Rétrofictions Logo

On avait l’habitude de dire naguère, dans le cercle un peu fermé des amateurs de conjectures anciennes, qu’il y avait un avant et un après Versins. Archiviste fou, lecteur acharné et amateur de science-fiction sous toutes ces formes, la parution en 1972 à L’âge d’homme de L’encyclopédie de l’utopie et de la science fiction, fut un véritable coup de tonnerre dans le milieu spécialisé car pour la première fois, un homme mettait au service de tous, la somme de toutes les informations qu’il avait patiemment collecté au cours de sa vie. Travail prodigieux qui pendant quelques décennies va attiser notre curiosité, titiller notre fibre de collectionneurs et surtout balancer à la face du monde littéraire un peu serré du cul, que notre imaginaire puise ses origines à une époque fort éloignée et que ce genre, longtemps décrié pour son coté populaire dans le sens péjoratif du terme, plus qu’un simple clignement de paupière dans l’histoire de la littérature est un genre bien affirmé, possédant ses codes, une histoire bien distincte et surtout un immense champ d’investigation. Par le biais de cette encyclopédie, le monde incrédule va découvrir que bien des auteurs qualifié de « solvables » en terme de respectabilité, se sont essayé à ce genre d’exercice avec un certain panache et que le premier prix concourt fut attribué en 1903 à John-Antoine Nau pour Force ennemie, pur roman de science-fiction.
Versins fut en cela un grand défricheur de l’imaginaire ancien, digne hériter d’historiens du genre tout aussi célèbre que Régis Messac et Jean-Jacques Bridenne. Si le premier sorti depuis quelques années de l’ombre grâce au travail de fond de son petit-fils, Olivier Messac, il semblerait que le nom du deuxième soit hélas condamné à l’oubli.
L’ouvrage de Versins est un monstre de connaissance, mais il possède l’avantage et l’inconvénient d’être le premier du genre. En effet au début des années 70, les passionnés étaient rares, les contacts assez difficiles et le genre n’avait pas encore fédéré tout un noyau de passionnés qui à l’heure actuelle communiquent par l’outil informatique, créent des groupes virtuels, alimentent des blogs. Ce passionné Suisse réalisa donc son travail de fond en solitaire, avec pour seul outil sa mémoire, les livres et objets divers qu’il avait collecté et quelques précieux contacts, comme Jacques Bergier dont nous retrouvons la correspondance dans l’indispensable ouvrage de Jospeh Altairac, Jacque Bergier l’aube du magicien volume 2 ( Éditions de L’œil du sphinx 2016) avec qui il échangea de nombreuses et précieuses informations avant de se brouiller définitivement avec lui. Nous voilà donc avec une copieuse encyclopédie, avec un nombre considérable de références, avec cependant un petit inconvénient : le manque de références, de collections, de dates de parution. De plus, l’encyclopédiste dans sa grande générosité accordait beaucoup de place à certains auteurs qui à mon humble avis ne génère pas forcément un enthousiasme fou, alors que d’autres sont juste cités pour ne pas dire ignorés. Mais attention, que l’on ne se méprenne pas sur mon avis, Versins reste et restera l’icône incontestée de notre domaine et son ouvrage restera toujours l’une des références du genre. Il lui manque à l’heure actuelle cette finesse de précision indispensable au chercheur acharné !
Si la découverte des œuvres citées dans ce pavé, relève souvent d’un véritable travail d’archéologue et d’une grande part de chance, il n’en reste pas moins une source de plaisir et de bonheur sans cesse renouvelée par la satisfaction de tomber peut-être sur LE texte rarissime.La vieille SF est un genre qu’il nous faut promouvoir et développer, car elle est non seulement le témoin des peurs, des appréhensions, des espoirs et de l’imaginaire de toute une époque, mais elle est aussi partie intégrante de notre patrimoine culturel. Arrêtons nos préjugés et ouvrons notre esprit à une « littérature différente » car totalement libérée de ses contraintes de style et ouverte aux possibilité infinies de notre imaginaire. J’aime reprendre cette phrase qui est en outre le titre d’un ouvrage de Jules Romain « Gloire à nos illustres pionniers. »
Depuis beaucoup d’eau a coulé sous l’immense pont de l’imaginaire Français et de
La littérature Française d’imagination Scientifique  de Jean-Jacques Bridenne à Ces Français qui ont écrit demain ( Honoré Champion 2013) de Natacha Vas-Deyres en passant par Panorama de la science-fiction de Jacques Van Herp (Marabout 1973) La science fiction en France de Simon Bréan ( Presse université de la Sorbonne 2012) et le magnifique ouvrage de Xavier Fournier Super Héros une histoire Française ( Huginn & Muninn 2014) , il est possible pour l’amateur éclairé ou le simple curieux d’avoir une petite idée de l’immensité et de la richesse de ce patrimoine culturel.
Mais en y réfléchissant bien et la lecture de tous ces ouvrages de référence dont je n’ai cité qu’une infime partie, ce qu’il manquait surtout au chercheur et passionné du genre, c’est un ouvrage de références pures, un dictionnaire où serait répertorié toutes les œuvres, romans, nouvelles, illustrations, revues, journaux…… afin de pouvoir non seulement s’y référer mais l’utiliser comme outil de recherche fiable lors de la rédaction d’articles, d’études, d’expositions, de tout support pouvant approcher d’une manière la plus exhaustive possible, le merveilleux scientifique. La concrétisation de ce rêve un peu fou a pu être réalisée par deux gars extraordinaires qui dans un premier temps se sont fait un peu les dents sur un premier pavé, qui fut croyez moi, une révolution dans le milieu des amateurs. Nos deux vénérables érudits de conjectures anciennes,Guy Costes et Joseph Altairac ,en réalisant cette première bible que sont Les terres creuses ( Éditions encrage 2006) fut l’occasion de nous ouvrir leurs prodigieuses bibliothèques et nous faire partager leur immense savoir en la matière. Cet ouvrage également unique en son genre est d’une incroyable richesse , s’affirme dors et déjà comme une référence incontournable, car au-delà de ce répertoire des ouvrages romanesques sur la terre creuse, c’est une « plongée vertigineuse » non seulement dans les mondes souterrains, mais également dans les nombreuses thématiques qui depuis les origines attisent l’imagination des écrivains. Bien souvent, l’exploration des gouffres est sujet à la découverte d’anciennes civilisations, de mondes perdus, de peuplades terrestres ou extra terrestres et pour cela il faut inventer des machines, des explosifs,des inventions qui vont changer le cour de l’histoire ou le destin de l’humanité, etc.… La particularité dans la conjecture ancienne, est qu’elle ne reste pas figée dans un seul thème et bien souvent pour un sujet sur lequel s’articule toute l’histoire, c’est un véritable catalogue d’inventions qui s’offre à nous. Voilà pourquoi l’ouvrage sur Les terres creuses est une véritable « mine » de renseignements où l’amateur du genre et ce, sur pratiquement 800 pages trouvera sur une écriture serrée, 2211 références indispensables dans notre domaine. Chaque titre s’accompagne d’un petit résumé ou d’un passage de l’œuvre concernée avec date de parution est surtout les références d’éditions. De nombreuses illustrations agrémentent ce volume qui débute par une passionnante étude sur les terres creuses face à la science et qui se termine par une analyse de l’ouvrage de Ronceray Paul La vengeance de l’abîme que j’avais en son temps chroniqué dans le « Bulletin » et d’un tout aussi intéressant article de Serge Lehman Par-delà le vortex
Malgré l’ampleur de ce projet finalisé avec brio, nos deux compères dont la gentillesse n’a d’égale que le brin de folie et de fantaisie qui ne semble ne vouloir jamais les abandonner , avaient en tête un projet encore plus démentiel : une encyclopédie ultime où serait répertoriée toute la conjecture romanesque rationnelle Francophone. Imaginez la réaction de leurs amis, de leurs familles, de ces passionnés qui d’un air contrit leur accordait un certain sourire compatissant tout en sachant qu’ils n’en verraient jamais le bout tellement le projet était ambitieux et titanesque. On en parlait, on savait que le projet allait probablement aboutir, mais comment fixer une date de sortie lorsque l’on est perfectionniste comme nos deux auteurs et que chaque jour qui passe est la porte ouverte pour la découverte d’un nouveau titre, d’une nouvelle illustration, d’un nouveau texte, aussi court soit-il, découvert dans une obscure revue ?
Fin septembre 2018, je vois débouler mon facteur un gros colis dans les bras. Il a pourtant l’habitude de me livrer des livres, mais cette fois, il me dit : C’est du lourd !
Il a raison le bougre et dans les deux sens du terme : un coffret contenant deux gros volumes pour un poids approchant les 5 kilos avec pas moins 11 086 entrées , plus de 1 000 illustrations pour un total de 2456 pages d’une écriture serrée . J’avais entre les mains RétroFictionS encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone : Tout un programme……et quel programme ! De Pantagruel de Rabelais au Calles, ou l’humanité souterraine du Docteur Ayme c’est plus de 400 ans d’ouvrages répertoriés qu’ils nous proposent dans cette monumentale encyclopédie. Lorsque le perfectionnement côtoie à ce point l’érudition, nous avons entre les mains l’ouvrage de référence par excellence qui non seulement va minutieusement répertorier chaque œuvre, mais en fournir un résumé, toutes les éditions accompagnées de leurs dates de publication. Afin de palier à la faiblesse de l’ouvrage de Versins qui ne possédait pas d’index, RétroFictionS se paye le luxe : d’un index thématique, d’un index alphabétique des titres et d’un index chronologique des titres.
Tout le monde s’accorde à dire que nous avons là l’ouvrage de référence par excellence, qui n’enlève rien à ce qui a été fait précédemment, mais qui vient ouvrir de nouveaux horizons pour la conjecture romanesque rationnelle, ouvrir de nouvelles portes et permettre à un public d’érudits ou bien qui avait toujours dénigré le genre, de prendre la pleine mesure de la portée extraordinaire du genre. Pour le novice, il est l’occasion d’avoir entre les mains un condensé de cet immense champ littéraire, pour le passionné, il est un moyen inespéré d’avoir accès à des milliers de références, fiables et complètes, même si par modestie nos deux amis trouvent quelques petites « failles » de temps à autres, et de pouvoir si nécessaire avoir un accès rapide à des données pouvant faire avancer nos propres recherches et éviter ainsi de passer à coté d’une œuvre introuvable ou tout simplement inconnue. Cette encyclopédie, outre le minutieux travail de référencement des romans, nouvelles, feuilletons, contes ……, se paye le luxe de répertorier les illustrateurs, les objets, les cartes postales, les assiettes enfin tout ce qui peut avoir attrait à la conjecture ancienne. À ce titre et personnellement j’adore l’index thématique, car il me permet, lors de mes propres travaux, de retrouver certains ouvrages que je ne possède pas ou que je n’ai tout simplement pas encore eu l’occasion de lire, ce qui rend ma tache bien souvent plus facile. Un ouvrage qui se savoure comme un grand nectar, en prenant tout notre temps car il est des plaisirs dans la vie qu’il faut savoir faire durer et en regard de la taille de la bête, cela va être délicieusement bon !
RétroFictions est une chance inouï pour l’amateur éclairé comme pour le simple profane , le plus beau cadeau que l’on pouvait nous faire, l’œuvre d’une vie, le témoignage de tout cet amour que deux passionnés ont généré pour le merveilleux scientifique, appelons le comme cela pour faire court, et qu’il vont sans nul doute continuer à perpétrer grâce à une œuvre aussi ambitieuse qu’aboutie , le témoignage de deux amis qui viennent ainsi cimenter à l’aide de ces deux pavés indestructibles la clef de voûte de l’immense édifice de l’imaginaire Français, Un travail qui ne peut que susciter le respect et notre éternelle gratitude, car il se veut le chaînon manquant de l’imaginaire ancien permettant d’assurer le passage de relais aux générations futures .
Le petit mot de la fin sera pour Jeam Tag et ses deux magnifiques illustrations de couvertures formant un diptyque incroyablement inspiré et d’une grande beauté graphique ainsi que pour les petites mains, les travailleurs de l’ombre qui se reconnaîtront et sans qui également ce travail n’aurait jamais vu le jour : vous avez également toute mon admiration et ma plus sincère reconnaissance.

Avant il y avait le Versins maintenant il y a ce que l’on nomme affectueusement le Costaltairac !

« RétroFictionS » de Guy Costes et Joseph Altairac, éditions Encrage septembre 2018 . Deux forts volumes sous coffret illustré par Jeam Tag.

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merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 19:49
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« La Vision Des Vikings » où la Marche en Avant du Progrès!

Posté le Samedi 5 janvier 2019

Dans le numéro 690 du dimanche 20 Février 1910 de la revue « Journal des Voyages » si le lecteur se laisse emporter par la magnifique couverture de Conrad pour la nouvelle de Victor Forbin « L’infernal passage » il lui faudra toutefois être plus curieux et pousser un peu plus avant son investigation pour découvrir une autre illustration en noir et blanc tout aussi remarquable de Georges Bellenger et illustrant quant à lui un très court texte reproduit ici et relatif aux légendes de la mer. Plus qu’un conte l’auteur, un certain Bonquart, nous révèle une vision prémonitoire, une histoire futuriste par sa chute et que l’on écrivait de façon régulière dans ce genre de publication. Véritable vivier pour les amateurs d’illustrations et d’images Savanturières que nous sommes, cette revue est pleine de ressource, une époque où l’artiste pouvait exprimer son talent sans limite et surtout avec un goût prononcé pour le fantastique et le merveilleux. Pour preuve cette vision complètement décalée , choc des civilisations et de la marche en avant du progrès !

la vision des Vikings logo

Roll, ce chef valeureux que ces compagnons ont surnommé « L’ours du Nord » , est debout, sur la plate-forme de combat élevée à l’arrière de son drake, et Roll est songeur laissant errer inconsciemment son regard sur la mer houleuse. Sur le pont du navire où il règne en maître, sont groupés ses compagnons,

Mille pensées confuses se heurtent en son esprit troublé.Qui donc lui donnera la puissance infinie qu’il rêve ?

Cette cuirasse qu’il porte, ce casque au lourd cimier, les javelots que lancent si loin et si fort son bras puissant, ce drake aux larges flancs qui le porte, tout lui semble devenu jouets d’enfant ; et Roll rêve de nefs géantes, rapides comme l’éclair et portant en leurs flancs la foudre sur lesquelles il s’élancerait à la conquête du monde.

Et il maudit la lourde barque dont il était fier et que sa voile pourtant gonflée, fait à peine glisser sur la mer.

Cependant la nuit vient, aucune terre n’est signalée encore, Roll rêve toujours….

Soudain des clameurs s’élèvent ; les vikings semblent saisis d’épouvante ; les uns s’emparent de leurs armes, les autres, trop affolés de terreur pour songer à la lutte, cherchent un abri dans la cale et tous se heurtent dans un désarroi indescriptible.

«  Qu’y a-t-il ? Et pourquoi craignez-vous ? S’écrie Roll, n’êtes-vous plus les farouches vautours du Nord, et ne suis-je pas Roll, votre chef ?

- Vois, lui dit un de ses compagnons, montrant du geste une vague silhouette qui s’avance vers eux menaçante.

Et Roll regarde, et Roll voit…..

Une masse gigantesque court sur les flots et grandit encore ; de hautes tours la dominent, et de ces tours s’envolent en un mugissements de lourds nuages d’une fumée noire que rougissent des lueurs de flammes. De ses flancs sortent, par des embrasures, de longs tubes d’acier, des barques aux formes étranges sont suspendues autour de ses bords sur de longs bras de fer . Et partout on voit passer ces ombres noires, nautonniers de cette barque infernale. La mer se brise en volutes énormes sur son avant, comme poussée par la tempête. Et le colosse , rapide, semble courir sur la mer….

Roll dans une extase revoit son rêve et ses compagnons groupés autour de lui, respectueux de son admiration pour l’étrange vision, l’entend dire tout bas :

« Voilà l’avenir qui passe ! »

la vision des vikings image

l'infernal passage

 

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 19:14
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Bonne Année 2019

Posté le Lundi 31 décembre 2018

Bonne et heureuse année 2019 riche en lectures et découvertes sensationnelles.

Merci pour votre fidélité

Bonne année 2019

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 16:37
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« Les Attracteurs de Rose Street » de Lucius Shepard: Qui a Peur Des Fantômes?

Posté le Dimanche 4 novembre 2018

Les attracterurs de rose street logo

 

Fraîchement admis dans le très prisé « Club des inventeur » , Samuel Prothero jeune aliéniste dont la réputation reste à prouver est contacté par Jeffrey Richmond à la réputation sulfureuse. En effet, en cette fin du XIXéme siècle on voit d’un mauvais œil un homme aussi génial, vivre dans un quartier mal famé, entouré de miséreux et qui plus est dans un maison ayant servi de bordel pendant de longues années. Richmond lui propose d’asseoir sa réputation en proposant au jeune psychiatre une expertise qui pourrait se révéler déterminante pour sa réputation. En prenant ses quartiers dans l’étrange bâtisse, il découvre alors l’invention que son hôte vient de réaliser, une colossale machine capable de purifier l’air. Mais ce qu’il va découvrir rapidement, c’est que cette structure possède une propriété bien particulière, celle de faire revenir les morts ! Commence alors une étrange aventure où l’aliéniste découvre peu à peu l’étrange relation de Richmond avec sa défunte sœur, Christine, dont le spectre vient hanté la maison et du terrible secret lié à sa disparition prématurée. Commence alors un pénible travail de psychanalyse, ballotté entre une ancienne prostitué dont il tombe éperdument amoureux, un spectre qui supporte mal sa condition immatérielle et son frère qui cache un passé bien plus terrible qu’il n’y paraît. L’aliéniste, plus que sa raison, risque d’y perdre la vie dans un final d’apocalypse où «  L’attracteur de Rose Street » devient une porte ouverte sur le monde des vivants .

 

Dans ce court roman inédit proposé par la magnifique petite collection « Un heure lumière » , nous avons un texte, bien soigné, admirablement écrit et nous racontant la mise en abîme d’un homme qui va se retrouver détruit par sa propre invention. Au delà de cette thématique du « savant fou » , c’est une histoire d’amour et de mœurs que nous propose ici l’auteur dans un cadre victorien fort bien à propos, venant renforcer l’atmosphère délétère et de déchéance qui flotte dans cette sinistre demeure. En se faisant côtoyer plusieurs thématiques, histoire de fantôme et de maison hanté, c’est aussi un roman à caractère sociologique où nous est dépeint un société machiste complètement gangrenée par le cadre étriqué de la bienséance et du « quand dira t-on », du moins en apparence. Mais ce roman est avant tout une formidable histoire de possession, doublé d’une histoire d’amour où les personnages vont se retrouver prisonniers non seulement de leurs sentiments mais des remords d’un passé qui leur est impossible d’effacer. Malgré la taille de l’œuvre, les personnages ont une belle consistance et Shepard est parvenu à créer une véritable atmosphère étrange , proche de l’ oppression. Cependant, une question se pose à la lecture de ces 128 pages : Le roman dégagerait-il une telle force s’il avait été traduit différemment ? En effet il nous faut saluer ici le talent de Jean-Daniel Brèque dont on retrouve toute la minutie du choix des mots avec ce style qui lui est propre et que l’on retrouve avec délectations dans sa collection Baskerville, consacrée exclusivement au polar Victorien.Sous sa plume inspirée, le roman se révèle être d’une lecture plus qu’agréable, elle bonifie un texte qui à mon avis demandait un grande subtilité de traduction en regard de la thématique et de l’époque où se situe le roman . Certes, c’est un exercice dont il a grande habitude, toutefois un roman contemporain situé dans le passé avec le style de l’époque , voilà un défit qu’il était difficile à relever et les deux écrivains ont réussi à le relever haut la main et je puis vous assurer que « Les attracteurs de Rose Street » est la meilleur histoire de fantôme que j’ai eu l’occasion de lire depuis fort longtemps.

Sous une magnifique couverture d’Aurélien Police, voilà un petit roman dont le prix ridicule ne grévera pas votre budget et qui marquera certainement votre esprit de lecteur féru d’histoires de fantômes.

« Les attracteurs de Rose Street » de Lucius Shepard, Éditions Le Bélial collection « Une heure lumière » N° 15. Couverture d’Aurélien Police.

Les attracterurs de rose street

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 18:19
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« La voix des Morts » de Eric Bony: Une Aventure de Thomas Cazan , Journaliste de L’étrange!

Posté le Vendredi 2 novembre 2018

la voix des morts logo


Lorsque Thomas Cazan est contacté par une riche excentrique afin de se lancer sur les traces d’une curieuse machine à dialoguer avec les morts, septique au départ, il va par la suite se laisser entraîner dans une bien singulière aventure , jonchée de mystère, mais surtout d’un grand nombre de cadavres ! Il faut dire que l’on ne plaisante pas avec les morts et le héros du livre sait de quoi il parle, un drame douloureux lors d’une précédente enquête lui ayant ôté la présence du seul être au monde pour qui il avait un réel attachement. Mais la quête de cette mystérieuse machine ne va t-elle pas l’entraîner dans une histoire bien plus complexe qu’elle n’y paraît ? Pourquoi des hommes meurent-ils foudroyés par une fantomatique apparition, pourquoi une correspondance entre le célèbre Camille Flammarion et Thomas Edison suscite t-elle tant de convoitise, quels bénéfices la « Fondation Edison pour le Progrès » comptent-elle tirer de la découverte du fameux nécrographe et d’ailleurs cet appareil existe t-il vraiment ? Autant de questions que va essayer de résoudre le journaliste de la revue ENIGM , aidé en cela de manière indirecte par son ami policier le capitaine Bennoum qui va également faire les frais de cette incroyable aventure où se mêle d’une manière inextricable réalité et fiction, avec des enjeux pouvant avoir des retombées lourdes de conséquences, tant sur le plan scientifique que mystique.

Passionné des détectives de l’occulte et fortement impressionné par les deux précédents volumes d’Éric Bony (dont vous trouverez une chronique du premier volume « Le tombeau du diable » sur les pages de ce blog) j’étais donc impatient de me replonger dans les mystérieuses enquêtes de ce journaliste de la revue ENIGM . Fébrilité se mêlant avec une curiosité toute justifiée par la lecture récente d’un ouvrage de Philippe Baudoin, grand spécialiste de spiritisme, consacré au célèbre inventeur Thomas A.Edison et de sa peu connue machine à communiquer avec les morts : le nécrophone. Dans ce volume intitulé « Le royaume de l’au-delà précédé de Machines Nécrophoniques » l’auteur nous révèle le mystérieux parcours de cette invention hors norme et de la relation existant entre le milieu scientifique de l’époque (nous sommes au début du XXéme siècle.) et le monde spirite, mais surtout les différentes « machines » qui furent imaginées afin d’établir un contact avec le monde des morts. D’ailleurs, Eric Bony ne manque pas de remercier Philippe Baudoin, de lui avoir révélé par l’intermédiaire de cet ouvrage, l’existence du nécrophone et par voie de conséquence d’avoir contribué quelque part à la réalisation de « La voix des morts ». Mais une simple idée ne suffit pas à écrire un bon roman, encore faut-il tout le talent d’un auteur pour réaliser ce subtil mélange permettant au lecteur de se faire happer dès la première page et de le tenir en haleine jusqu’à la dernière. Il y a des talents comme ça qui réussissent ce pari de cette curieuse alchimie entre les genres et construisent une aventure qui vous accroche dés le premier chapitre en vous disant que, quoi qu’il arrive, vous ne lâcherez pas le livre.
Probablement, qu’il a joué sur la corde sensible du Savanturier que je suis depuis fort longtemps , mais il faut avouer que tous les ingrédients sont réunis pour me satisfaire tout en poussant de petits gloussements de satisfaction .L’amateur de curiosité littéraire trouvera donc dans ce volume de 300 pages, un habile mélange de polar ésotérique, de fantastique, d’aventure et de ……merveilleux scientifique ! Car voyez-vous les amis Eric Bony s’est fait plaisir en introduisant des éléments historiques pour agrémenter son récit, on y parle entre autre de la découverte d’un ancien tunnel sous la manche, mais le lecteur stupéfait va également se trouver au cœur d’une intrigue sous l’emprise d’une puissante société occulte, sans oublier l’intervention de personnages ayant marqués il y a fort longtemps les esprits scientifiques et littéraires, dont Camille Flammarion et Jules Verne en sont les plus célèbres représentants. Que le lecteur avide de situations qui frisent le rocambolesque et le populaire se frottent également les mains, car le personnage le plus charismatique du roman d’aventures y trouve également une place de choix avec une découverte sensationnelle qui va ajouter un énorme plus à ce roman déjà riche en rebondissements.
En jouant habilement avec les grands classiques du genre, l’auteur nous livre dans cette troisième enquête de Thomas Cazan, digne successeur de Carl Kolchak (les amateurs de la série « Dossiers brûlants comprendront) un roman digne de figurer dans toutes les bibliothèques des Savanturiers, car il est la synthèse de tous les genres que nous apprécions tous et dont la thématique du détective de l’occulte et du merveilleux scientifique en son les saveurs probablement les plus appréciées des amateurs.
Le seul bémol reste la couverture, qui ne rend pas hommage à ce magnifique bouquet d’imaginaire que nous propose Eric Bony. Son coté photo montage « cheap » tenterait plutôt à décourager si nous ne connaissions pas ce nouveau héros des détectives de l’étrange et de tout le talent de cet auteur dont nous attendons avec impatience la suite de ce très plaisant « La voix des morts »

« La voix des morts » d’Eric Bony. Edition City Thriller 2018.


Dans la même série lire également « Le tombeau du diable » et « La musique des ténèbres » les deux précédentes aventures de Thomas Cazan, journaliste de l’étrange.

la voix des morts

 

 

 

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 18:21
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« Jules César » ou Comment Voyager Dans Le Temps En S’amusant. De A.Grandazzi, S.Tamaillon & A.Meteignier

Posté le Dimanche 21 octobre 2018

Lorsque Stéphane Tamaillon publie un ouvrage jeunesse, il faut toujours s’attendre à ce qu’il y ait un soupçon d’imaginaire et ce n’est pas la parution de « Jules César, une visite au musée des temps passés » qui viendra ici me contredire, Jugez plutôt par vous-même avec le début de l’histoire :

« Le 15 Mars 2144, la classe de Mme Nosco embarque à bord de l’aérobus de l’école , direction le musée des temps passé, L’apparie survole la ville en un éclair, ou presque, Quelques minutes plus tard, le véhicule atterrit devant un grand bâtiment de verre et d’acier. Terminus tout le monde descend ! »

Les deux héros de cette trépidante aventure, Alpha une jeune fille et Oméga son équivalent masculin, doivent faire une visite du musée et à l’aide de leur tablette, préparer un exposé dont le thème sera : Jules César ! Un peu bougons, les deux enfants commencent la visite du musée à la recherche de précieux indices et vont faire la rencontre d’un curieux gardien qui leur propose pas moins que les clefs d’une machine à voyager dans le temps ! Celle-ci à la possibilité de les rendre invisibles et de pouvoir donc en toute liberté, aller espionner nos ancêtres du passé. Pas le temps de dire « ouf » et voilà nos deux explorateurs temporels lancés sur les traces du plus célèbre des empereurs romains.
Un voyage extraordinaire et périlleux, où les deux intrépides adolescents vont faire bien des découvertes pour se faire rappeler à l’ordre par leur institutrice qui inquiète de leur longue absence, va revêtir un scaphandre temporel pour aller les récupérer le jour de l’assassinat de Jules César et les ramener dans le futur afin de réaliser un magnifique exposé suscitant l’admiration de tous les élèves.

Une histoire de voyage dans le temps se voulant à la fois divertissante et didactique et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à parcourir les pages magnifiquement mises en scène par Alice Meteignier, collant parfaitement avec le texte. Chaque mot difficile ou technique est écrit en rouge (surtout concernant les « termes » de la Rome ancienne) et vous invitant à vous rendre en fin du volume composé d’un lexique, mais également d’un dictionnaire des personnages cités dans le volume, sans oublier une précieuse chronologie des événements entre la naissance de César et sa fin tragique,
J’ai, dans cette histoire, redécouvert des choses que j’avais complètement oublié, ou d’autres que je ne savais pas comme l’apparition de la comète de Halley l’année de la mort de César, signe dans lequel les Romains virent l’affiliation du défunt à une divinité.
Au final un excellent cours d’histoire en s’amusant et qui plus est, purement de science-fiction, un moyen supplémentaire d’apprendre en se divertissant et une nouvelle approche ludique des immenses possibilités de notre imaginaire.
Un grand bravo aux trois collaborateurs de ce voyage dans le temps, belle mise en pages, beaux dessins et texte en parfaite adéquation avec un jeune public, un bel outil de travail vivant et amusant qui devrait réconcilier les plus irréductibles avec les cours d’histoire 

« Jules César, une visite au musée des temps passé » de Alexandre Grandazzi & Stéphane Tamaillon, Dessin de Alice Meteignier. Éditions Perrin/Gründ.

Jules César

jules césar machine temporelle

jules césar verso

 

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