« Les Forces de L’ordre Invisible » de Philippe Baudoin

Posté le Mercredi 15 mars 2017

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Philippe Baudoin

Appréhender une personnalité aussi complexe que celle de Émile Tizanè, fut à mon avis un défi redoutable et j’imagine sans peine l’expression de surprise de Philippe Baudoin , à la vision des archives d’une teneur exceptionnelle qu’il vient de découvrir pour la rédaction de son live et précieusement conservées , dans la cave de l’un de ses fils. J’avais vaguement entendu parler de cet étrange « chasseur de fantômes » sans jamais vraiment m’y intéresser bien que, plus d’une fois, je fus intrigué par au moins deux de ses titres « L’hôte inconnu dans le crime sans cause » et « il n’y a pas de maisons hantées. Journal d’un enquêteur incrédule 1925 à 1933 ». Je ne connaissais pas cet auteur, je l’avais consciencieusement mis dans un coin de ma mémoire afin de pouvoir ultérieurement faire des recherches sur ce singulier personnage en apparence ,qui semblait dépenser toute son énergie sur des phénomènes que beaucoup d’autres avaient étudiés, sans savoir un seul instant qu’il fut l’un des tout premier à appréhender le phénomène des « Poltergeist » selon une méthodologie bien précise, frisant l’obsession et pour cause toute sa vie durant il essaya de convaincre sa hiérarchie de combattre ses entités comme des criminels : quoi de plus naturel pour un représentant des forces de l’ordre !
Ce qui frappe en premier le lecteur à la vision de l’ouvrage, de fort belle facture, c’est le titre : « Les forces de l’ordre invisible » et l’on pourrait presque se méprendre sur le sens réel d’un tel titre. Je dois avouer que ma première analyse du titre se concentra sur les forces de l’ordre en tant que garant de notre sécurité. Bien évidemment le dernier mot de « invisible » , sans l’accord, ne laisse planer aucun doute, mais avouez qu’il y a un jeu sur le double sens que peut revêtir une telle appellation, et c’est tant mieux, car il est alors possible de se concentrer sur les deux axes principaux de l’ouvrage : essayer quoi qu’il en coûte de faire respecter l’ordre et de lutter contre des forces invisibles.
Saluons également la maquette de l’ouvrage qui dans sa présentation et son contenu, reste moulé dans un style à l’ambiance un peu surannée, renforcé par des photos d’époque et une typographie de chapitres en adéquation avec toute l’étrangeté du livre. Il y a de plus dans cette couverture comme un hommage au « héros » de cet ouvrage, amateur de collages extraordinaires et dont le motif psychédélique en diable, nous lance comme un avertissement à toutes les hantises que nous allons y rencontrer. Je ne sais pas pourquoi, mais la couleur verte dominante, est aussi un rappel aux formes fantomatiques et ectoplasmiques qui vont jalonner l’ouvrage. Mais peu importe le sens que chacun va trouver à ce décorum, Philippe Baudoin nous conduit sur les traces d’un traqueur de spectres dont nous ne mesurions pas toute la complexité et l’ambiguïté. C’est un véritable travail de titan, que d’avoir compulsé autant de documents et d’en extraire sa substantifique moelle afin d’en faire profiter le lecteur dans un volumineux condensé qui nous permet un peu mieux de cerner sa personnalité. Voilà un homme fascinant qui, durant toute sa vie, faisant fi des quolibets et des entraves de sa hiérarchie, traqua sans relâche avec une méthodologie, pour ne pas dire maniaquerie, frôlant même la pathologie, les phénomènes de « petites hantises » qu’il répertoria, disséqua et analysa avec une rare pugnacité. En regard de son parcours, de ses croyances aux choses de l’invisible, de sa ferveur catholique et de son obsession pour l’ordre et la morale, on comprend mieux le sens de cette « croisade » qu’il s’était infligée, Minutieux, perspicace, méthodique et obstiné, lisant une multitude d’ouvrages sur le domaine, contactant sans relâche les plus grands spécialistes du moment, il va édifier certaines hypothèses non dénuées de sens affirmant pour exemple que dans la plupart des cas motivant enquête, il y a toujours un être vivant qui est le centre des phénomènes.
Mais eu delà de ce parcours édifiant qui pourra prêter de temps à autre à réflexion sur l’homme et ses motivations, il y a un travail de fond sur l’homme et son époque et sur son autre obsession, celle d’amasser une somme colossale de documents et dont Philippe Baudoin consacrera une large place en première partie en faisant une analyse fort passionnante sur la fonction d’archivage. Érudit sur son analyse et pertinent sur la finalité de cette curieuse manie, il nous ouvre les portes d’un univers que les collectionneurs ou les « collecteurs de documents » comme le dit si bien notre ami Joseph Altairac, comprendrons fort bien. Mais ce singulier personnage, laisse aussi transparaître un être tourmenté, contrarié par l’incompréhension de sa hiérarchie et de son manque de soutien, lui qui veut traquer ses « esprits » comme de vulgaires criminels et qu’il est indispensable de traiter en tant que tel. Pour lui, il y a trouble de l’ordre public, des biens et des personnes sont impliqués, c’est le devoir de la gendarmerie d’y mettre bon ordre.
La guerre vient alors jeter un voile trouble sur toute son activité et le chapitre consacré aux phénomènes occultes et aux sociétés secrètes pendant l’occupation allemande fut pour moi une découverte fort intéressante car je n’avais pas idée à quel point la France, pendant cette période, baignait dans une ambiance aussi mystique. Emile Tizanè fit-il preuve d’opportunisme pendant cette période ? pressé d’un côté par sa hiérarchie qui forçait ses troupes à une soumission totale et aveugle à l’occupant, mais d’un autre côté pouvant peut-être mieux assouvir sa soif de connaissance en la matière ( il fut un proche d’Alexis Carrel lui-même ami de Jacques Doriot pro-nazi notoire) période où il put de manière officielle conduire une enquête impliquant « des forces de l’ordre invisible » ? Son activité, bien qu’ayant été « lavé de toutes fautes » , reste là aussi assez trouble, comme le fut une grande partie des gendarmes à cette époque. Après la guerre, et ce, pendant des années, il va continuer son combat, accumulant preuves et témoignages, établissant une carte de « La France hantée », collaborera à de nombreuses revues spirites, fera la une de revues spécialisées, participera à des émissions télévisées……
Mais cette vie consacrée à cette recherche de la vérité et dont il tirera de nombreuses conclusions, que je vous laisse découvrir à la lecture de ce fort volume, ne sera pas sans conséquence, victime lui-même de phénomènes paranormaux dans sa propre maison, il consacrera ses dernières années en portant un intérêt sur le phénomène des OVNI ( il fut l’ami de Jimmy Guieu) le conduisant également à des événements troublants. Il va s’éteindre d’une maladie généralisée, laissant derrière lui bien des mystères et bien des affaires non classées que nous aurons peut-être un jour la chance de découvrir,
Fait étrange, comme l’a été toute sa vie, sa femme va découvrir quelque temps après sa mort dans le sous-main de son mari une feuille écrite ( comme sous écriture automatique) et signée « Mick » ( le surnom qu’elle donnait à son époux)  :
« Je suis toujours dans cette maison, je te parle, tu ne réponds pas, je t’en prie, n’aie pas peur, ne me quitte pas »
Un final à l’image du personnage et du livre, que j’espère vous lirez comme moi avec avidité, l’histoire de « l’enquête d’un enquêteur intriguant », passionnant,,probablement un cas unique dans un organisme « officiel » et qui nous pousse à réflexion ou du moins envisager les phénomènes de petites voire de grandes hantises sous un jour et un angle nouveau.

Un bien bel ouvrage mené de main de maître !

« Les forces de l’ordre invisible , Émile Tizané un gendarme sur les territoires de la hantise » Editions de Philippe Baudoin .« Le murmure » 2016

 

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« De la Thune sur Neptune » de François Corteggiani

Posté le Samedi 11 mars 2017

 

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Je me rappelle lorsque enfant, j’allais en vacances dans la maison de mes grand-parents paternel. Mon petit plaisir de lecture, était d’acheter dans la collection « Les beaux albums de la jeunesse joyeuse » les albums de « Bibi Fricotin » et des « Pieds Nickelés ». À cette époque, je ne connaissais pas René Pellos, mais j’avais une affection toute particulière pour son trait dynamique et la particularité qu’il avait à donner vie à des choses, inertes par nature, mais souvent affublées d’un visage, d’une grimace ou d’un clin d’œil. C’est bien plus tard que j’ai pris conscience du génie de ce dessinateur hors pair et que finalement, enfant, je n’avais pas trop des goûts de chiotte ! Déjà, en ce temps là, c’était leurs aventures fantastiques ou conjecturales qui me passionnaient le plus et je dois reconnaître que si à l’époque j’ai dévoré leur périple en « soupière volante », dans une « fusée interplanétaire » ou sur « Bêta 2 » j’étais loin d’imaginer dans ma petite cervelle de gamin que je les retrouverai 45 années plus tard sur ……Neptune !
Une fois de plus nous en avions rêvés, ou presque, et le Carnoplaste l’a fait ! Car il fallait avoir une sacrée bonne dose de dérision, d’humour et de connaissance des lieux pour romancer ce trio de personnage culte resté gravé dans toutes les mémoires et qui mieux que l’ami Cortégiani, grand spécialiste des BD et des choses anciennes, pouvait nous livrer une aventure aussi farfelue et incroyablement jouissive.
Suite à un casse qui tourne court, le préfet Boudini leur propose un deal : aller dans l’espace et plus particulièrement en direction de Neptune d’où fut envoyé un dernier message du capitaine Bob, agent spécial spatial : In y a de la thune sur Neptune ! Plus pour renflouer les caisses de l’état que pour porter secours à cette gloire nationale, nos trois malfrats n’ont pas d’autres choix que de s’embarquer dans cette aventure aux confins de notre système solaire, riche en rebondissement où la rencontre d’un rat mercenaire de l’espace, une reine anthropophage et une armée de Zlonkiens peu amicaux, ne seront qu’une infime partie des périls qu’ils vont devoir affronter. De cette burlesque épopée se dégage non seulement le respect de l’auteur pour cette triplette potache et farfelue, mais aussi un plaisir certain à donner au lecteur une bonne dose d’humour afin de faire fonctionner à plein régime nos zygomatiques parfois quelque peu atrophiés. Rarement dans cette série de l’histoire du système solaire, mis à part avec « Pluie de plomb sur Pluton » , un auteur n’avait à ce point utilisé le ton de la galéjade afin de réinventer notre propre folle histoire de l’espace et aboutir à un résultat aussi drôle que divertissant. Le fascicule de François, est à son image, truculent, fantaisiste,généreux et passionné et comme en plus il n’est pas avare en amitié, il nous arrose généreusement en clins d’œils divers et variés et n’hésite pas à utiliser le corpus carnoplastique, avec quelques références de fascicules ( dont le mien et j’en suis fort aise) et d’amis Savanturiers qui trouvent dans cette aventure une place de choix, bien légitime et qui leur sied à ravir : le sympathique Capitaine Bob, l’inventeur de la machine à voyager dans le temps ( dont je vous laisse découvrir le nom) la planète « Délirius » , gouvernée pat Lob et Druillet……ne sont que de petits avant-goûts de tout ce qui vous attend.
On sent dans cette histoire qu’il s’est amusé à l’écrire, qu’elle fut l’occasion de laisser libre cours à son sens affûté de la dérision et de nous apporter une nouvelle fois la preuve de son amour immodéré pour ses personnages un peu oubliés, mais qui continuent à briller avec ou sans thune dans le firmament de notre patrimoine culturel populaire. Ajoutez à cela des titres de chapitres où l’auteur nous gratifie de quelques jeux de mots bien placés et d’une SUPERBE couverture ( magnifiques couleurs de Bonaventure) et illustrations intérieures de Herlé et vous aurez entre les mains un de ces ovni de la littérature d’aventure populaire qui trouvera une place bien méritée au rayon de ses petites perles parodiques que tout Savanturier se doit de posséder.

« De la thune sur Neptune » 8eme fascicule de « L’histoire du système solaire en 1920 » Éditions du Carnoplaste.Texte de François Corteggianni , dessins de couverture et illustrations intérieures N&B de Herlé, couleurs de Bonavanture.

Présentation éditeur, dans son jus………..

V’LÀ QUE CAPITAINE BOB, AGENT SPÉCIAL SPATIAL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, SE FAIT BOUFFER PAR L’AVALEUR D’ÉTOILES… MAIS LE BOUGRE A EU LE TEMPS D’ENVOYER UN MESSAGE. C’EST MADAME MARTICHON, FEMME DE MÉNAGE AU MINISTÈRE DE L’ESPACE, QUI LE RÉCEPTIONNE. L’HEURE EST GRAVE. SUR LE TOIT D’À CÔTÉ CROQUIGNOL, RIBOULDiNGUE et FILOCHARD TOMBENT À POINT NOMMÉ… AVOIR LE PRÉFET BOUDINI AUX BASQUES, ÇA AIDE À SE PORTER VOLONTAIRE ET V’LÀ NOS PIEDS NICKELÉS EN ROUTE POUR NEPTUNE. CHEZ LA REINE NAMOUMOU. ET LES ZLONKIENS QUI DEBARQUENT ! ET KARASCAL, LE RAT DE L’ESPACE, QUI S’EN MÊLE… AH, FAUT ÊTRE MOTIVÉ… HEUREUSEMENT QUE LE MESSAGE DE CAPITAINE BOB DISAIT CECI :

IL Y A DE LA THUNE SUR NEPTUNEJE RÉPÈTE… IL Y A DE LA THUNE SUR NEPTUNE !

 

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« Les coeurs enchaînés » de Nicolas Le Breton

Posté le Lundi 27 février 2017

Avec un peu de retard en regard de sa date de sortie, je viens de terminer le fort beau volume de Nicolas Le Breton « Les cœurs enchaînés » et je voudrais faire ici amende honorable, car j’avais vraiment adoré son premier volume « Les âmes envolées » et je n’avais pas eu le plaisir d’en parler. Il est un fait indiscutable pour moi que les lecteurs ont ce devoir quasi-obligatoire de parler, ne serait-ce que quatre lignes, d’un auteur ou d’un roman afin qu’ils puissent se sentir encouragés et récompensés du temps passé à la rédaction de leurs manuscrits. Je suis parfois scandalisé du silence glacial dont témoigne les lecteurs pour les écrivains à une époque où s’échangent sur la multitude de réseaux sociaux un volume impressionnant de conneries et d’absurdités en tout genre……mais bon , après ce seront les mêmes à se plaindre que certaines collections disparaissent, que des éditeurs ferment leurs portes, que des auteurs finissent peut-être par se lasser.
Pour en revenir au propos du moment, avec ce diptyque, l’auteur nous plonge dans un univers divergeant, où la France, pour ne pas dire le monde, voit sont avenir complètement bousculé non seulement par l’arrivée d’une nouvelle technologie impactant le développement industriel et social, mais par des événements qui se succédant à une vitesse folle, vont changer le cours de l’histoire et transformer bien des destins. Résumer le premier volume, et par voie de conséquence sa suite, serait ici une folie tellement les événements se succèdent à un rythme haletant, entraînant le lecteur dans un incroyable tourbillon de péripéties où le plus lourd que l’air règne en maître absolu . Un certain Henri Giffard ( hommage à Pierre Giffard le célèbre écrivain de la guerre infernale avec son complice Albert Robida ) inventeur d’un véhicule aérien, la giffardine, sera à la source même d’aventures incroyables mélangeant espionnage, roman d’exploration, guerre future, histoire de savant fou, occultisme, magie, péril extra-terrestre……Un roman fou, brillamment rédigé, mais qu’il vous sera utile malgré tout de prendre avec certaines précautions, non pas parce qu’il est inégal, bien au contraire, mais parce qu’il faut le lire avec une certaine rigueur,  les événements s’y enchaînant au pas de course, et qu’il ne faut surtout pas perdre le fil de l’histoire. Les personnages y sont comme on les aime, avec toutes les qualités requises : héroïques, charismatiques, répugnants, tortueux, implacables, retors, bref  il y en a pour tous les goûts, une galerie incroyablement bien achalandée qui ne pourra que ravir les plus exigeants. Mais ce qui fascine le plus dans ce roman, tout comme le premier, c’est le sens du rythme, la particularité que possède l’auteur à décrire des scènes d’action avec toute la verve et le panache nécessaire et  cette faculté d’imagination sans faille qui fait que cette saga est truffée d’idées géniales, ne serait-ce que cette entité extra-terrestre qui assimile de malheureuses victimes et dont l’origine et les intentions sont des plus stupéfiantes. Inventions folles, complots, alliances, retournement de situations, bouleversement de la carte géopolitique…….je suis toujours impressionné de la manière dont nos chers auteurs arrivent à garder une ligne directive aussi claire, malgré la richesse du contenu et la manière fouillée dont ils dissèquent le moindre événement. Nicolas Le Breton possède ce talent précieux et rare qui fait que son exploration des terres de la Savanture est une expérience unique et jubilatoire. Mais ce qui fait sa plus grande force, c’est sa connaissance parfaite des dirigeables, connaissance qu’il a patiemment accumulé au fil des années pour en faire un outil plus que précieux, le moyen d’inventer un univers parallèle où il se fait créateur de machines extraordinaires équipées d’hommes au caractère bien trempé et possédant leurs propres règles, leurs propres codes, leurs propres modes de vie. Il vous suffit de lire les premières pages de ce second volume pour se rendre compte à quel point il maîtrise parfaitement l’univers qu’il s’est créé et de toute la portée de celui-ci pour les gloutons d’histoires originales que nous sommes. La loyauté d’un auteur vis-à-vis de son public, se mesure à l’investissement que celui-ci va engager pour construire un monde imaginaire, mais parfaitement cohérent, en se basant sur des faits historiques, en les ingurgitant et en se les réappropriant : cela s’appelle la documentation ! Croyez-moi, peu d’auteurs sont suffisamment investis et méticuleux pour aller au bout de ce genre de ce processus.
C’est un roman Steampunk que vous tenez entre les mains, mais du haut de gamme, dans la plus pure tradition du roman populaire, mais avec cette classe supplémentaire, de ceux qui vous impactent par leur singularité et la qualité de leur écriture. Et le lecteur ressort d’une telle expérience, complètement conquis et heureux d’avoir l’espace de deux ouvrages, franchi les frontières de l’imaginaire et se plonger dans une monde ou règne la folie des hommes, mais aussi son courage et sa détermination face à des événements extraordinaires. Ce n’est pas seulement un livre sur la révolution scientifique, mais sur celle de l’espèce humaine qui par sa soif de pouvoir et son ambition, est prête à enflammer le monde et le plonger dans les ténèbres de la folie. Un roman qui se veut pessimiste, mais dont certains valeurs finiront par triompher dans un final surprenant.

Félicitons une fois de plus aux éditions Les moutons électriques pour avoir eu le flair de les éditer et de nous avoir livré deux ouvrages de fort belle facture, à la présentation irréprochable, un bel écrin sous jaquette magnifiquement composée par Melchior Ascaride,renfermant sans nul doute un joyau de toute beauté.

Résumé éditeur :

1925 : dans un monde où l’automobile n’a jamais été inventée, les Zeppelins de l’Alliance Objective règnent et terrorisent.

Tandis que les autocraties triomphent, le dirigeable Fin’Amor sillonne les cieux, traqué sans fin. À son bord : Léontine de Laroche, aérostière d’élite ; son amie Adélaïde de Cointet espionne apatride ; Lawrence d’Arabie ; le mystique Aleister Crowley ; Winston Churchill, le capitaine furieux Armand de Bricqueville… tous pris dans les remous d’une Histoire qui aurait pu être, un monde où les anciennes suprématies se sont renversées, les certitudes effondrées.

Deviendront-ils un symbole de résistance face à l’oppression ? Ou bien un mal étrange, avançant ses pions en silence, aura-t-il le dernier mot sur le destin de l’Humanité ? Des rives de la Méditerranée, à la Chine en guerre civile ; de l’Égypte jusqu’à la cité décadente flottant au-dessus de Berlin, un roman qui résonne de l’airain des trompettes, qui bat au tambour trépidant, et chante aux violons de la nostalgie.

Ah, l’ivresse des altitudes ! Quels mystères restent à y découvrir…

Suite et fin du diptyque ouvert avec Les Âmes envolées, du steampunk de la plus belle eau.

« Les cœurs enchaînés » de Nicolas Le Breton. Édition Les moutons électriques 2016, Couvertures de Melchior Ascaride. Suite et fin du diptyque entamé avec « Les âmes envolées » chez le même éditeur.

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« L’homme qui Traversa la Terre » de Robert Darvel

Posté le Vendredi 14 octobre 2016

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Voilà, je viens de terminer avec grand plaisir « L’homme qui traversa la terre » de Robert Darvel. Un magnifique livre tout d’abord parce qu’il est beau visuellement, avec une couverture et un lettrage réellement sublime ne pouvant qu’attirer la curiosité du lecteur. Ensuite, il y a l’intérieur avec une histoire « d’amour et de vengeance » comme le sous-titre l’indique, originale et inventive où l’auteur y exprime non seulement tout son amour pour les littératures populaires, mais qui, avec son style si caractéristique enchante nos zygomatiques et excite notre imaginaire. Tout est fait dans cette singulière aventure au cœur de la terre pour enchanter le profane comme le spécialiste de la littérature de genre. Avec son humour habituel, il parsème le périple de son héros Louis Zédre-Rouge, de références que le lecteur avisé ne manquera pas de relever avec l’hommage qu’il rend ici à nos amis coupable du célèbre pavé sur « Les terres creuses » en les impliquant, qui comme technicien soumis à l’influence du rayon ZR, capable de cette fameuse décohérence permettant de traverser la roche et portant le nom d’Altairac, qui comme ces créatures extraterrestres qui se meuvent dans un univers digne de Rosny-Aîné possédant le don naturel de se dissocier afin de vivre dans la croûte terrestre et répondant au nom de « Caustes ». Un roman qui se lit aussi facilement qu’il vous sera possible de traverser les roches les plus dures grâce ce fameux rayon .

Parsemé d’autres petits clins d’œil que je vous laisse découvrir il s’amuse,tel le petit Poucet, à joncher ce trajet au cœur de la croûte terrestre, d’indices qui en disent long sur son insatiable curiosité littéraire . Dans cette dernière œuvre d’un auteur plus que surprenant, une fois encore le rouge est de rigueur, à commencer par la couverture puis le nom de l’inventeur du fameux rayon sans oublier cet état si particulier où les spécialistes de l’exploration souterraine voient la coloration de leur peau virer à cet état d’incandescence, signe pour eux qu’il est grand temps de passer dans la machine à restructurer, et ce, afin d’éviter d’être prisonnier à jamais de cette masse solide qui recèle bien des mystères. Mais pouvait-il en être autrement lorsque l’on s’appelle Robert Darvel, grand explorateur de la planète Mars ? Un roman à l’ancienne, résolument moderne où il utilise les codes du genre, mais sans cette lourdeur habituelle de style rencontrée parfois chez nos illustres pionniers,en utilisant bien au contraire un langage riche et généreux que le lecteur habitué découvre à chaque fois avec un réel plaisir. On y retrouve cette même étincelante écriture dégustée lors de sa longue nouvelle, « Hors des eaux », publiée chez Bibliogs dans la superbe anthologie « Bestiaire humain » .

La grande force de ce roman enfin,est d’avoir donné de la matière à l’immatériel, à créer un univers, comme je le signalais plus haut, proche de celui de Rosny-Aîné en imaginant un monde de créatures vivant sous nos pieds, obéissant à leurs propres codes et répondant à des caractéristiques physiques faisant appel à un univers singulier, hors du monde, hors du temps. La deuxième partie « La péninsule Tholéiitique » est en ce sens un exercice de style fichtrement bien réussi, car il nous entraîne dans un monde que bien peu d’auteurs avaient exploré à ce jour . C’est tout simplement irréel et fascinant et fois de plus, pouvait-il en être autrement de l’homme qui créa le « Psychagog » ?
Tout se termine par une belle histoire d’amour, mais avec une pudeur et une telle sensibilité qu’il nous faut nous tourner vers ces grands classiques d’histoires d’amours (presque) impossibles de la littérature fantastique où, à défaut d’amants d’outre-tombe, nous avons ici affaire à des amants d’outre terre, mais comme le dit si bien l’auteur : « Les tombes, billevesées des vivants !»
Un grand roman d’amour de vengeance et d’aventure qu’il ne vous faudrait manquer pour rien au monde et où éclate une fois de plus tout le génie de cet infatigable rêveur de l’imaginaire

« L’homme qui traversa la terre,roman d’amour et de vengeance » de Robert Darvel, Couverture de Melchior Ascaride. Publié chez « Les Moutons Électriques »

 

Résumé de l’éditeur :

« Louis Zèdre-Rouge, inventeur de génie, s’acharne à mettre au point le rayon ZR, qui doit permettre à un corps humain de pénétrer la matière.

  Suite à une maladresse, sa fiancée Emerance de Funcal est exposée au rayon. Elle s’enfonce et disparaît dans les entrailles de la Terre… Louis est accusé de meurtre ; il sera jeté en prison. À en croire les gazettes, il se pendra dans sa cellule. Islande, dix ans plus tard : un des nombreux sites de prospection géologique de l’Empire Funcal, qui s’étend sur et sous le globe grâce à l’appropriation de la technologie ZR. Bientôt, d’étranges faits surviennent, qui perturbent les travaux des ouvriers-racleurs altérés. Une vengeance venue de l’intérieur de la roche est-elle en marche ? »

 

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Le Chameau à Voile de G.Tiret-Bognet

Posté le Dimanche 21 août 2016

Cette petite histoire en image parue dans la revue « Le Globe Trotter » N°80 du Jeudi 13 Aout 1903 est assez symptomatique d’une humour début de siècle et de l’aspect assez cocasse que pouvait revêtir le thème de l’aventure. Preuve que science, humour et imagination peuvent faire bon ménage!

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Du « Merveilleux Scientifique » Chez Bibliogs

Posté le Samedi 23 juillet 2016

Hier en rentrant crevé du boulot, petite bouffée d’oxygène avec l’arrivée d’un paquet que j’attendais avec impatience. Je l’ouvre comme un gosse un jour de Noël, mes doigts tremblent, je suis fébrile…..même après des années d’archivages de documents j’ai toujours ce plaisir immense lors de la découverte de nouveaux livres! Quatre magnifiques volumes, d’une sobriété éclatante et d’un raffinement parfaitement équilibré, quatre pépites qui laissent présager une nouvelle fois de merveilleux moments de lecture. Bibliogs, c’est une pierre précieuse, un travail de titan orchestré par un véritable passionné, des ouvrages rares pour les amateurs que nous sommes. Je me fais un point d’honneur à archiver dans ma bibliothéque ces textes introuvables car ils ont la saveur des choses oubliées et qui se dégustent comme du bon vin. Hier soir, malgré la fatigue, j’ai lu l’érudite préface de Fabrice Mundzik au sujet d’Émile Gautier, et je voudrais te remercier de me faire connaitre cet homme extraordinaire dont les « Chroniques scientifiques » que je ne connaissais absolument pas , sont un enchantement pour le Savanturier que je suis. Chers amis, voilà une collection qu’il ne faut absolument pas laisser passer, je pense que plus tard vous le regretterez en regard de la richesse thématique de cette collection.
C’est en plaçant de tels livres dans mes rayonnages , que je repense à ce magnifique phare bibliothéque que l’on découvre dans le passionnant « La loi du désert » de Franck Ferric, nous sommes un peu les garants de la préservation de la mémoire des ces hommes de l’ombre, ces voyageurs de l’imaginaire qui couchèrent sur le papier le témoignage de leur vie, d’une époque, de ces petits rien, anodins en apparence,mais qui vont constituer un trésor inestimable pour les archéologues du merveilleux que nous nous efforçons d’être!
Bravo Fabrice, Bibliogs c’est un cadeau inestimable que tu nous fais, mais pouvait-il en être autrement avec un homme avec un grand cœur comme çà ?

Pour commander c’est ici:  Bibliogs

 

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« Le Tombeau Du Diable » de Eric Bony

Posté le Jeudi 19 mai 2016


Journaliste pendant de longues années pour une revue consacrée à l’étrange, outre sa participation à la revue « Mystère » et son implication pour l’émission « L’odyssée de l’étrange », Eric Bony ne pouvait pas faire mieux que de se lancer dans le roman de fiction avec ce premier volume d’une héros que nous affectionnons tout particulièrement « Le journaliste de l’étrange »
Thomas Cazan est un habitué des Charlatans de toutes sortes et lorsqu’il y a quelques années, avec une bande de copains, il crée la revue « Enigm » l’époque se prêtait à tous ces articles à sensation, mais rédigés avec une rigueur et un professionnalisme qui aujourd’hui n’intéresse plus les nouveaux dirigeants. Autre temps, autres mœurs, on ne lui demande plus d’enquêter sur des phénomènes plausibles, concrets, vérifiables, mais sur des faits incroyables et tellement gros que non seulement cela sent l’arnaque à plein nez, mais en plus ébrèche fortement sa foi en son métier de journaliste. A présent son métier est devenu une véritable croisade et il n’a de cesse de démasquer les escrocs qui se prétendent investi d’une mission divine ou de pouvoirs extraordinaires, ce qui n’est pas au goût de son patron : il faut bien faire vivre le commerce et faire bouillir la marmite ! On lui somme de rentrer dans le rang en lui confiant le reportage de la dernière chance. Une exposition doit avoir lieu au petit palais et consacrée aux objets maudits. Son reportage se focalisera sur un bijou mystérieux ayant appartenu au célèbre bandit « Mandrin » et possédant la fâcheuse manie de tuer ses propriétaires. Lors de l’interview de son actuel possesseur, dans la chambre forte abritant l’objet rare, ce dernier est horriblement assassiné avec le garde assurant sa protection, le commissaire de l’exposition y est gravement blessé et notre journaliste, pris pour cible, est contraint de fuir. Poursuivit par le service de sécurité de l’exposition, pensant qu’il s’agit du voleur, il sera sauvé de justesse par la mystérieuse Marie, descendante de la famille de Mandrin qui elle aussi compte bien retrouver le fameux bijou. Celui-ci contient en effet un indice permettant d’accéder à un mystérieux trésor, convoité par toute une génération de chercheurs de trésors. Commence alors une course-poursuite effrénée, une course contre la montre dans laquelle s’engage la police persuadée que Cazan est le véritable coupable, Marie qui semble être trop serviable pour être honnête et une mystérieux groupe occulte ayant à sa tête Balbek un être cruel qui est persuadé que le véritable trésor n’est pas moins que le tombeau du diable. Le chemin de cette course effrénée va ainsi être jonché d’une multitude de cadavres, car nous apprenons au fil de l’histoire, des intentions peu louables de ce monstre assoiffé de sang à la tête d’une organisation aux ramifications tentaculaires et dont la seule forme d’expression est la torture et le massacre. Après bien des péripéties, Thomas Cazan découvre alors les enjeux de cette course au trésor qui, dans un final apocalyptique et totalement surprenant, nous révèle un des mystères le plus controversé du XXéme siècle.


Inutile de vous dire que ce livre au rythme effréné possède son lot de mystères et de crimes particulièrement violents et que l’on ne repose que contraint et forcé afin de reposer un peu ses yeux tellement l’écriture y est alerte avec un rythme qui ne supporte pas les temps morts. J’ai retrouvé ce même plaisir de lecture lorsque j’avais dévoré, sur les conseils d’un ami paléontologue « La griffe du diable » ( Teins tiens ! Bizarre là aussi, il est question de l’ange déchu), un roman qui présente des similitudes en terme d’action et de rebondissements ( une lecture indispensable) . On sent dans ce roman de presque 450 pages le vécu de l’auteur et sa profonde expérience dans le domaine de « l’occulte » conférant au personnage principal une solide texture et l’on imagine sans mal Éric Bony comme une sorte de clone fictif de ce journaliste de l’étrange qui d’entrée de jeu nous est fortement sympathique. Le roman est bourré de références au cinéma et aux séries télévisées et l’on devine ainsi l’écrivain grand fan du grand et petit écran ,prenant un malin plaisir à saupoudrer son histoire des incontournables classiques du genre. Il y a ensuite cette galerie de personnages assez pittoresques voir même terrifiant et si les méchants de l’histoire sont vraiment détestables à souhait, mais avec malgré tout un aspect fascinant et puisque surtout, que diable, ils pimentent l’histoire de leurs interventions radicales et sanglantes, les « gentils » attirent toute notre sympathie, car du chasseur de trésor tenant une fort belle librairie dans un cadre propice à notre imaginaire en passant par le rat de bibliothèque, enfoui dans une cave pratiquement oubliée des hommes et qui entasse depuis des décennies tous les faits étranges et surnaturels se déroulant sur notre bon vieux sol français, le lecteur grand fan de cette littérature ne pourra qu’y trouver son compte et s’identifier quelque peu à de si originales figures. Sans oublier nos deux héroïnes, figures archétypales de la femme fatale, fortes et redoutables à la fois, mais dont la seule devise sera le classique : « La fin justifie les moyens », et bien entendu, le flic qui se la joue décontracte et qui sous des apparences de ne pas trop y toucher est doué d’une grande perspicacité.Mais au delà de cette impressionnante galerie de personnage , il y a l’intrigue fort originale gravitant autour de la légende de Mandrin et que l’auteur vient associer à une affaire assez curieuse dont j’avais entendu parler pour la première fois grâce à mon ami Jean-Luc Rivera, grand amateur de mystères et de civilisation disparues : l’affaire Glozel

Glozel est un lieu-dit de la commune de Ferrières-sur-Sichon, dans le département de l’Allier, situé à une trentaine de kilomètres de Vichy. Il est devenu célèbre à partir de 1924, quand fut mis au jour un ensemble d’objets, attribués dans un premier temps à une époque préhistorique, mais dont l’ancienneté et parfois l’authenticité furent rapidement contestées. Les objets découverts sont des pierres taillées, des poteries, des ossements, des fragments de verre, et surtout des tablettes de céramique portant des inscriptions évoquant une écriture dans un alphabet souvent rapproché de l’alphabet phénicien. Ces vestiges sont à l’origine d’une vive controverse qui divisa une partie de la communauté scientifique. La découverte initiale est réalisée le 1er mars 1924 par Émile Fradin, alors âgé de 17 ans, et par son grand-père Claude Fradin en défrichant le champ Duranthon, surnommé plus tard « le Champ des Morts ». Le pied de l’une des vaches tirant la charrue s’enfonce dans une cavité. Les Fradin découvrent une fosse dont les parois sont revêtues de briques , le sol y est couvert de dalles d’argile. La fosse contient des ossements humains, des instruments en pierre ou en os et des fragments de céramique. En deux années, le gisement livre environ 3 000 vestiges très variés. La découverte de ce site remet en question bien des choses sur notre histoire entre autre il met en évidence, et d’après la datation de certaines pièces provenant du néolithique, de l’existence à cette époque d’un système d’écriture alors que, officiellement, celle-ci ne remonte qu’à l’époque des phéniciens

Je ne peux que vous encourager à faire de petites recherches sur le net et d’en apprendre plus sur cette incroyable histoire que tout Savanturier se doit de connaître et Eric Bony, grand spécialiste du genre ne pouvait laisser filer une si belle occasion d’échafauder une hypothèse assez séduisante pour faire un lien avec son histoire de bandit de grand chemin, de bijou maudit et de ce fameux « Tombeau du diable ». En ce sens, le tout premier chapitre se déroulant à l’époque Gallo-romaine est particulièrement réussi et mériterait à mon avis un autre ouvrage se déroulant à cette époque imprégnée de violence et de magie.

En homme aguerri des « dossiers brûlants » et un sens particulièrement développé de l’intrigue permettant de tenir son lecteur en haleine, par un subtil mélange des genres, il nous concocte une histoire menée tambour battant avec un final particulièrement réussi. Même si certains effets de style sont poussés à l’extrême en voulant légitimiser la cruauté des méchants de l’histoire le roman reste très plaisant à lire, débutant ainsi une série d’ouvrages très prometteuse ayant pour héros ce tout nouveau journaliste de l’étrange qui, pour notre plus grand plaisir n’a pas froid aux yeux et possède une certaine connaissance de tous ces phénomènes qui nous passionnent tant.
Nous ne pouvons que souhaiter une bonne chance à cet auteur plein de talent qui vient ainsi grossir le rang de ces détectives de l’occulte œuvrant dans le silence feutré de poussiéreuses bibliothèques afin de résoudre bon nombre « d’affaire non classées » mais avec cette classe et cette décontraction qui ne peuvent que susciter notre intérêt et toute notre sympathie

 

« Le tombeau du diable » de Eric Bony, Éditions City 2015, Couverture de Joanna Jankowska & Deborah Pendell

 

le tombeau du diable

 

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« Les Mystères De Larispem » Tome 1 « Le sang n’oublie jamais » de Lucie Pierrat-Pajot

Posté le Samedi 30 avril 2016

En 1899 Paris, l’ancienne capitale de la France tombée en 1871 après la victoire des communards, est devenue un état indépendant sous le nom de Larispem. C’est une ville d’ouvrier où toute la bourgeoisie et le clergé ont été chassés, bannis, massacrés. Pourtant, la cité n’en a pas moins conservée toute idée de modernité et dans cette société qui se veut idéale, la vapeur apporte progrès et bien-être aux hommes sous l’œil bienveillant des « trois taureaux ». Car à Larispem, la viande fait loi et probablement que, en raison de privations sévères avant la révolution, elle est avec le nouveau régime le symbole de l’abondance et d’une faim toujours rassasiée. Dans cette enclave, tout s’achète avec de l’argent portant le nom de bétail à quatre pattes et travailler pour les gigantesques abattoirs est une réussite sociale que tout enfant rêve de concrétiser. Pourtant, dans cette ville bien huilée, il semblerait qu’une menace sommeille et les messages envoyés par les automates publicitaires, n’augurent rien de bon : Le sang n’oublie jamais !
Dans cette mégapole où plane l’ombre bienveillante de Jules Verne, écrivain et génial inventeur, l’auteur nous conte l’histoire de trois adolescents dont le destin va finir par les réunir pour un enjeu à la taille d’une nation et sur fond de conspiration et de trahison, un incroyable secret va se faire jour, un pouvoir d’une portée inimaginable que bien des personnes veulent enfouir à tout jamais, mais que les « mutants » de Larispem vont utiliser afin de faire jaillir d’incroyables révélations,

Ce roman, où baigne une forte sensibilité Steampunk, est sans contexte annonciateur d’une trilogie qui plaira certainement à tous les inconditionnels du genre. Astucieux et bien mené, on y trouve tous les ingrédients nécessaires à un bon roman mélangeant suspens, aventure scientifique et uchronie. L’auteur y campe des personnages forts sympathiques, très attachants, évoluant dans un univers original qui toutefois ne devrait pas trop plaire à nos amis végétariens. On soupçonne, au travers de certaines thématiques abordées , tout l’intérêt que porte l’auteur aux littératures de l’imaginaire, mais parvient toutefois à tirer son épingle du jeu en bâtissant un monde particulièrement passionnant. Les clins-d’oeil ne manquent pas et je dois avouer qu’au sortir du visionnage de « Avril et le monde truqué » je me suis trouvé en terrain familier et je crois avoir même lu le livre pratiquement d’une seule traite, tellement je l’ai trouvé captivant. Publié dans une collection jeunesse, le style y est léger et simple, mais garde toute cette fraîcheur qu’il est parfois bon de retrouver après de nombreuses lectures d’ouvrages au style parfois un peu lourds et ampoulés, pour ne pas dire plats et en manque totale d’imagination.
Lauréate du concours du premier roman jeunesse de Gallimard, nous attendons donc avec impatience la suite de cette trilogie avec, en fin de volume, un gigantesque jeu de l’oie dans la ville de Larispem où nos jeunes héros devront affronter encore bien des mystères et des dangers. Nul doute qu’il s’agira dans cette suite de plonger le lecteur au cœur d’une ville qui regorge de secret et d’après les allusions révélées au fil de ce tome 1, cette visite s’annonce d’ores et déjà intrigante et passionnante.
Une très agréable surprise, agrémentée en plus par de forts belles illustrations de Donatien Mary dont nous avions déjà apprécié le trait inspiré dans son volume intitulé « Les derniers dinosaures »

« Les mystères de Larispem » Tome 1 « Le sang n’oublie jamais » Éditions Gallimard jeunesse, 2016

les mystéres de Larispem

 

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« Le dernier Songe De Lord Scriven » de Eric Senabre

Posté le Lundi 11 avril 2016

On a trop souvent attribué à la littérature dite de genre un statut négatif pour ne pas dire péjoratif alors imaginez lorsque celle-ci se trouve dans le domaine jeunesse et que vos « amis » horrifiés découvrent l’objet de vos coupables lectures. Il m’arrive souvent de m’abandonner à cette catégorie et je viens de m’apercevoir au final qu’elle occupait pas moins d’une rayonnage entier de ma bibliothèque. Je m’y abandonne souvent, car c’est une lecture rafraîchissante et reposante, non pas qu’elle soit plus « simpliste » , mais parce que souvent les idées y sont plus claires, le style plus léger, mais pas forcement moins intéressant, et les auteurs qui s’y adonnent restent souvent inventifs voir peut-être même plus pertinents dans leurs idées que les écrivains d’une littérature dite plus «Adulte». Invité chez des amis Savanturiers pour quelques jours, me voilà les bagages plus lourds de trois volumes qui ne manqueraient pas d’agrémenter les longues heures de voyages en train, moyen de locomotion d’ailleurs que j’affectionne tout particulièrement tant il me permet de me laisser aller à la rêverie en regardant la diversité des paysages défiler devant moi et surtout de me plonger avec délectation dans de longs moments de lecture.Devant moi , sur ma petite tablette, trois ouvrages posés :« Les 81 frères » de Romain d’Huissier », « La machine s’arrête » de E.M.Forster et de » Le dernier songe de Lord Scriven » de Éric Senabre. Et comme vous pouvez vous en douter, je vais évoquer ce dernier titre. J’avais déjà fort apprécié sa trilogie « Sublutétia » se déroulant dans le sous-sol Parisien habité par une bien étrange civilisation et je me suis donc précipité ( avec ce retard propre à la gigantesque pile de livres à lire) sur son dernier roman au titre assez intrigant.
« Bizarre, vous avez dit bizarre ? Il n’existe pas à ma connaissance d’ouvrages en français ayant relaté les aventures d’une détective parvenant à résoudre des meurtres en se plongeant dans un profond sommeil l’auteur a déjà donc fait preuve une grande d’originalité : Son rôle consiste à surveiller le sommeil de son nouveau patron après un rituel bien spécifique réclamant un don de chanteur afin de psalmodier un sort bien particulier. Le temps de sommeil doit être précis, sinon le dormeur risque d’y laisser sa vie ou sa raison. Une expérience assez troublante pour cet explorateur des songes puisqu’il visualise tout sous forme de symbole et qu’il lui faut par la suite tout interpréter de la façon la plus proche possible de la réalité. Commence alors une singulière aventure où les deux héros vont être plongés non pas dans une simple affaire de meurtre, mais dans une gigantesque machination pouvant mettre à mal les intérêts de l’empire britannique.
Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, outre le style alerte qui se laisse lire d’une traire sans presque jamais reprendre son souffle, c’est l’atmosphère si particulière qui se dégage de cet univers légèrement feutré où évolue des personnages au caractère bien trempé. La relation entre Christopher et Banerjee est particulièrement savoureuse et l’on retrouve bien souvent cette « dualité » pourtant fort bien équilibrée entre d’une coté le journaliste qui est un homme d’action et ce singulier détective, imprégné de sagesse Hindoue qui, bien que profondément déterminé, temporise son associé/disciple. Grâce à son calme qui n’est pas du tout une forme de flegme toute britannique, il parvient bien souvent à se dépêtrer de situations parfois un peu délicates. Moi qui suis un passionné de détectives de l’occulte, j’ai trouvé dans ce roman ce doux parfum de l’étrange qu’il me plaît à respirer et j’ai trouvé qu’il flotte dans cette aventure un équilibre parfait entre action , mystère et enquête policière. : L’ombre du Sâr Dubnotal et des récits spirites du début du XXéme siècle plane sur ce roman d’une grande originalité. Une enquête qui d’ailleurs va même réussir à nous plonger dans une histoire qui frôle la science-fiction avec la découverte d’une curieuse machine que je vous laisse le soin de découvrir. Une enquête qui d’ailleurs va même réussir à nous plonger dans une histoire qui frôle la science-fiction avec la découverte d’une curieuse machine que je vous laisse le soin de découvrir. on s’attache au héros, on déteste les méchants, on rigole des figures caricaturales, bref il y en a pour tous les goûts !
Au final, un roman parfaitement équilibré qui se dévore sans une once d’ennui et l’on se met à espérer qu’Éric Senabre dont nous apprécions la plume alerte et imaginative nous régalera de prochaines aventures de ce détective hors pair, grand spécialiste de la migration des âmes et qui vient, de par sa stature si particulière et bigrement intéressante, rejoindre le panthéon des détectives de l’étrange dont nous avions perdu la trace depuis quelques années. Un sacré plaisir de lecture que je ne peux que vous recommander chaudement.

 

« Le dernier songe de Lord Scriven » de Eric Senabre édition Didier Jeunesse . Couverture de Taï-Mare Le Thanh

 

scriven

 

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« Le marteau de Thor » de Stéphane Przybylski

Posté le Mardi 22 mars 2016

 

Je ne lis pas pour le plaisir de lire, mais pour le plaisir que va m’apporter la lecture, Il en est ainsi des ouvrages que l’on va vite oublier et peut-être même ne pas terminer et d’autres qui vous plongent dans cette délicieuse sensation de ravissement et dont les mots vous portent à chaque instant, vous poussent à tourner les pages avec une grande avidité, afin d’en savoir plus, toujours et encore plus. Le dernier roman de Stéphane Przybylski « Le marteau de Thor », entre dans cette catégorie d’ouvrages qu’il vous est impossible de lâcher, car il est écrit non seulement avec une grande clarté aux style fluide et plaisant, mais l’on sent derrière cet écrivain de science fiction, l’historien amoureux de sa spécialité qui arrive avec un langage d’une incroyable compréhension, à vous faire aimer l’histoire et plus particulièrement celle de la seconde guerre mondiale : alors imaginez pour une fan comme moi ! Tout comme le premier tome « Le château de million d’années » il concilie avec brio, histoire, espionnage, aventure science et fiction pour obtenir un cocktail explosif entre X-files, Indiana Jones et roman historique. J’avais pourtant lu son premier volume il y a presque un an, mais je me suis replongé dans ce « Marteau de Thor » comme si de rien n’était,faisant fi des mois écoulés, c’est pour vous dire à quel point cet auteur à de la classe, possédant cette particularité de parsemer son roman de petits rappels discrets qui vous replongent comme si de rien n’était au cœur de l’action. Usant avec une grande habileté de nombreux « Flash-back » permettant des ruptures dans le récit afin d’éviter des longueurs et une lassitude du lecteur, il trouve là un procédé narratif particulièrement brillant qui pousse le lecteur à ne jamais arrêter son avancée. Les personnages les plus détestables y sont fascinants, les héros, personnages souvent falots, viennent rompre l’idée que nous pouvions nous en faire, les espionnes pulpeuses et terriblement désirables, un univers de personnages pris dans la tourmente de l’histoire lors de l’un des épisodes les plus sombres de notre histoire et qui risque de le devenir encore plus face à de nouvelles découvertes. Tout ce beau monde évoluant dans un monde impitoyable où l’action ne laisse que peu de place au repos du lecteur.On voyage à travers le monde entier et l’on repose abasourdi cet incroyable voyage immobile d’une grande intensité et d’une grande richesse thématique.

Oui, cette œuvre fera date, car elle est brillante, bien construite et terriblement bien réfléchie et révèle tout le respect de son auteur pour les genres qu’il y aborde avec détermination et amusement. Car son œuvre laisse échapper de temps à autres quelques indices pour toute l’affection qui porte aux domaines qui nous intéressent et l’épilogue de ce deuxième volume, qui nous frustre, car nous avons envie de savoir, en est la preuve irréfutable et qui devrait à mon avis plaire à bien des Savanturiers et plus particulièrement ceux d’une certain type de revue américaine,

Coup de cœur et coup de chapeau, hâte, et même plus que hâte de lire la suite, car il s’agit là de l’une de ces œuvres qui vous pousse encore et toujours à lire toujours plus. Un roman qui me donne du baume au cœur, qui vous stimule et je ne peux que vous conseiller une chose : lisez-le, vous ne le regretterez pas, foi de Savanturier !

Un grand Bravo également à Aurélien Police pour cette nouvelle et magnifique couverture!

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merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 6:28
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