Ouverture De Mon Nouveau Site Consacré au « Merveilleux Scientifique »

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 19 novembre 2012

Voici donc l’adresse de mon nouveau site. Apres trois années d’existence « Sur l’autre face du monde est mort » vive « Sur l’autre face du monde »! Mieux rangé, classement par auteurs, thématiques, albums photos …plus propre quoi, un peu moins amateur. En tout cas j’espère que vous y trouverez votre bonheur. L’ancien blog va rester actif pas mal de temps encore,car il me faut transférer pas moins de 300 articles, donc encore du boulot en perspective. N’hésitez pas à me donner votre avis, toute critique est constructive et les compliments les bienvenus…En route alors pour de nouvelles aventures, merci à toutes et à tous pour votre fidélité en espérant que cette nouvelle adresse trouvera autant d’enthousiasme que l’ancienne!

www.merveilleuxscientifique.com

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« Sur L’autre Face Du Monde » Va Bientôt Faire Peau Neuve

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 12 novembre 2012

Chers amis et fidèles lecteur, le blog « Sur l’autre face du monde » arrive bientôt à ses trois années d’existence, l’occasion pour moi de vous remercier pour tout votre intérêt et vos nombreux messages de soutien. Il est donc temps pour moi de passer à quelque chose de plus élaboré ou du moins de plus structuré, permettant une recherche plus facile et de vous y retrouver un peu plus dans toute cette somme d’informations  accumulés au fil des quelques 400 articles occupant cet espace virtuel.

D’ici une semaine donc, il vous sera possible de prendre connaissance avec un site de « seconde génération » (j’adore cet intitulé) et de naviguer dans un lieu classé par thématiques, auteurs, avec une mise en page plus propre et plus régulière, des photos de couvertures de meilleures qualités, des liens visibles et efficaces…bref quelque chose de plus soigné et présentable.

De fait, mon activité sur ce blog risque de faiblir pendant quelques jours le temps de commencer le transfert d’un site à l’autre. Boulot énorme qui va me permettre de faire un peu de ménage et de redécouvrir des articles qui commencent à dater. L’occasion également pour vous de lire peut-être d’anciens dossiers que vous n’aviez pas encore consulté.

J’espère que ce nouvel espace parviendra à vous donner autant de plaisir que celui que vous êtes en train de consulter et que votre assiduité sera au moins égale à celle que vous aviez pour cette première mouture.

Il y a encore beaucoup de choses à dire sur ce domaine, qui ne cesse de me fasciner et de m’enthousiasmer, en espérant de tout coeur vous faire partager cette passion qui est la mienne.

Je voudrais avant de conclure remercier mon ami Bryan sans qui le nouveau site n’existerait pas, un grand merci pour son enthousiasme et sa disponibilité. A très bientôt alors, l’adresse du site vous sera communiquée ici même, ainsi que sur la page Facebook des Savanturiers.

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« Impossible Ici » Et « Le Groupe Sud »:Deux Romans « Post-Cataclysmiques » Chez Gallimard

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 9 novembre 2012

 

En ces temps un peu troubles voici deux romans qui en quelque sorte, rejoignent l’actualité du moment et nous rappellent à quel point les deux thématiques « post cataclysmiques » ici abordées furent une préoccupation majeure des romanciers. Je reprends ici pour chaque roman , le résumé de l’éditeur, qui pourront vous être utile lors de vos futurs choix de lectures.

 

« Impossible ici » de Sinclair Lewis. Editions Gallimard. Collection « La Méridienne ».1937

« Impossible ici » Tel est le cri unanime que l’on pousse à l’idée que le fascisme pourrait s’installer aux États-Unis. Et pourtant !… Il suffit d’une campagne électorale bien menée, de l’appui d’une partie du peuple abusé, de la création d’une milice, pour que toute la vie politique des quarante- huit états soit changée de fond en comble.

C’est ce que réussit le Président Windrip, sorte d’Hitler américain. Par ses promesses, ses menées machiavéliques, ses brutalités et ses roublardises, il parvient en un temps record, non seulement à prendre le pouvoir, mais encore à faire régner la pire espèce de dictature moderne avec ses accessoi­res obligés : dénonciations, camps de concentration, antisémitisme, tortures.

Toutefois une poignée de résistants se dresse contre Windrip. Leur chef est Doremus Jessup, de Fort Beulah, dans le Vermont, un doux et charmant vieillard que l’amour de la liberté et les malheurs de ses concitoyens trans­forment en un révolutionnaire infatigable et fanatique. Jessup contre Windrip, c’est le combat de la douceur de vivre, de l’humanisme, de la lumière contre l’obscurantisme et la tyrannie. Tant qu’il y aura de tels hommes, on n’aura pas le droit de désespérer.

C’est à la fois l’œuvre d’un grand artiste et d’un visionnaire car, composé avant la guerre, il décrit des formes hideuses d’oppression qui n’ont été mises en lumière avec le drame de la seconde guerre mondiale. immense succès aux Etats-Unis prouve suffisamment que ce pays est fort loin de la dictature.

 

« Le groupe sud » de Louis Lataillade . Editions Gallimard.1959

 

Un bombardement atomique a frappé l’Ile, bastion avancé de l’un des pays en guerre. Une partie de la garnison, le Groupe Sud, est apparemment épargnée. Pendant les jours qui suivent, jusqu’à l’heure où le brouillard se déchire enfin et où l’ennemi se décide à débarquer, nous assistons à la lente décomposition des survivants, mais aussi à leurs ré­actions personnelles et aux conflits qui les opposent,

Pour le capitaine Jos, c’est l’occasion de manifester l’autorité dont il a été longtemps frustré, et de la gonfle jusqu’à l’absurde. Le capitaine de Lestangoal, parce qu’il est humain, est un faible, vaincu d’avance. Quant au biologiste Muller, rien ne compte pour lui que la recherche pure, ce champ d’expériences inespérées. L’infirmier Berenguer, lui, s entête à soigner les blessés et les malades. D’autres encore tournent dans le ballet, ridicules, touchants ou cyniques, tandis que, à l’arrière-plan, les Anciens du Plateau restent immobiles et lointains comme les habitants d’une autre planète. L’ironie veut que chacun des personnages trouve juste­ment l’issue qu’il ne souhaitait pas. Mais Berenguer, fidèle envers et contre tout, sauve ce qui vaut peut-être la peine et laisse une porte ouverte à l’espoir.

L’auteur n’a pas tenté seulement de figurer l’angoisse de l’âge atomique ou l’horreur d’un conflit nucléaire. La bombe jetée sur l’Île est un prétexte. Sous toutes ses formes et  sous tous ses déguisements, la guerre, quelle qu’elle soit, est une situation où les rapports humains sont faussés, où la raison peut n’être que dérèglement, les meilleurs senti­ments duperie absurde, et où le mal véritable n’est pas celui qui meurtrit la chair ou qui décompose le sang.

 

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Les Coup Du Coeur Du « Moi »: « Midget Rampage…Le Nain Au Costume De Sang »

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 8 novembre 2012

 

Renouons avec une tradition du Blog et de vous parler de certains de mes « Coups de coeur » qui n’ont pas forcément un rapport avec l’anticipation ancienne mais qui restent suffisamment originaux et jouissifs pour que l’on s’y arrête quelque peu. Vous avez déjà eu l’occasion de rencontrer le nom de Julien Heylbroeck « Sur l’autre face du monde » avec son Fameux « Green Tiburon » et bien le voilà de retour avec un tout aussi singulier personnage que vous ne serez pas prêt d’oublier et qui confirme le talent d’un auteur à l’imagination débordante et au style des plus savoureux

 

«  Midget Rampage, le nain au costume de sang » Par Julien  Heylbroeck. Collection « Cover To Cover » Editions du Carnoplaste . Septembre 2012

 

Avec un nom aussi célèbre, Nelson avait de quoi être heureux, ou presque car la vie ne fut pas des plus généreuse avec lui : c’est un nain ! Aimé par ses parents et encouragé par un père sportif il va prendre sa « difformité » à contre-pied et devenir la mascotte de son équipe de Football,et sous le costume  bariollés des « Gorillas » encourager son équipe avec des chorégraphies appréciées du public. Tout allait bien, trop bien et un jour il découvre que le patron de l’équipe est un trafiquant de drogue, se servant de l’équipe pour organiser des matchs truqués et écouler des kilos de came. Trop c’est trop, Nelson décide d’intervenir et de dévoiler le pot aux roses .Le problème c’est que Mr Barry ne le voit pas de cet œil et va tenter d’éliminer cette « demi-portion » par l’intermédiaire d’un tortionnaire argentin, le Dr Higuito qui va appliquer son art à supprimer toute trace de passage de la misérable vie de ce pantin haut comme trois pommes. Nelson va réchapper de justesse des griffes de ce sadique et, sous sa défroque de mascotte qui commence à montrer de sérieux signes de fatigue, décide d’entamer une croisade sans pitié afin de se débarrasser de ses ex-tortionnaires et mafieux redoutés. Armé d’une paire de gros ciseau de jardin, d’un taser et d’une paire de burnes bien accrochées « Le nain en costume de sang » va en découdre avec une bande de malfrats gonflés à la testostérone et affronter une paire de tueurs cannibales, bourrés de mauvaises manière….de très mauvaises manières

Ah ! Les amis, le Carnoplaste est plein de surprise et je dois avouer qu’avec « Midget Rampage » elle fut totale. Les lecteurs de cette incroyable collection vont se rendre compte à quel point, elle est éclectique, surprenante et incroyablement originale. Je repense aux qualificatifs des Pulp’s Américain : Amazing, Astonishing, Thrilling, des adjectifs qui pourraient bien s’appliquer à la diversité des romans que nous propose cet éditeur. Au début de l’histoire, je ne savais pas où Julien comptait nous emmener , avec son nain/ mascotte qui commence à éprouver une certaine lassitude à faire le guignol et amuser la galerie. Subitement, à la fin de la première partie, lorsqu’il tombe entre les mains expertes du sadique Argentin, tout bascule. Nelson  va prendre sa destinée en main et massacrer tout se qui lui fera obstacle. Et là chers amis, je vous laisse le soin de découvrir tout le talent et la maestria de l’auteur pour nous plonger dans des situations parfois très gores mais racontées avec un code narratif quasiment cinématographique. Le fascicule prend alors une allure d’écran de cinéma pour nous plonger avec délectation à l’époque glorieuse des « Drive-in » pardon je voulais dire « Drive Trough »….Car Julien en fin connaisseur du genre nous plonge dans cette histoire dans un « Slasher » mâtiné d’un « Rape en revenge » ( malgré l’absence de scènes de viols) des plus jouissif où l’ombre d’un Quentin Tarentino plane sur la fin du roman avec l’affrontement final apocalyptique ,avec les deux tueurs cannibales aux appétits féroces. La présentation des deux sbires se fera au cour  d’un festin improbable dont une malheureuse logeuse sera la victime. D’ailleurs ces deux là me rappelle les deux portes flingues dans la série « Breaking bad » vous savez les deux Latinos complètement barrés, pas cannibales mais sacrements azimutés… Le texte est mené tambour battant, ponctué de scènes rapides et incisives d’une violence inouïe, tout cela mené dans un style que nous adorons tous et faisant la réputation des aventures d’un certains « Luchadore ». Le ton parfois désinvolte et l’humour souvent « teenager » ( devenu mythique avec toute une série de films mettant en vedette ces adolescents aux prises avec des tueurs maniaques) et voulu du fascicule, en font un espèce d’ovni dans la collection qui je pense en devrait séduire plus d’un. C’est référentiel et bourré de clins d’oeils, intelligemment mené et raconté par un amoureux du genre

Par cette forme de réhabilitation d’une collection qui fit à une époque les beaux jours de la collection fleuve noir avec sa défunte série « Gore » nul doute que Julien vient de nous apporte la preuve d’un certain dynamisme dans le monde de l’édition et que nos auteurs préférés ont encore dans leur caboche de dégénérés bien des histoires qui risquent de nous faire jubiler : Un nouveau genre serait-il en train de prendre forme ?

Je repense avec jubilation au dialogue entre le Dr Higuito et le gros trafiquant à qui il vient d’arriver quelque chose de très très désagréable (mais où va t-il chercher tout ça ?) :

« J’ai deux nouvelles : une étrange et une mauvaise…. ». Franchement je me suis bidonné en lisant cela et surtout ce qui va suivre….traumatisé par le « Fantôme de l’opéra » le julien!

Terminons par un extrait qui va vous donner un autre petit avant goût de la « chose »

« M’en branle de la ville ! Je lui pisse à la raie, elle est à moi. Si quelqu’un n’est pas content, il n’a qu’a me le dire !Ah ! J’attends leurs doléances à ces cons. Mais tu sais quoi ? Personne ne va moufter. Tous des flippés. Y’à que ce nain pour me faire chier. Mais ça ne va pas durer. Le duo qui arrive va se payer un petit encas dans pas longtemps.

Je vais à présent attaquer « Ravageuse » le Western Subaquatique de Iréne Maubreuil et franchement si l’on atteint cette même frénésie et un plaisir de lecture aussi intense, nul doute que cette nouvelle collection « Cover to Cover » est destinée à un bel avenir. Mais comment pourrait-il en être autrement avec des auteurs aussi talentueux et un éditeur ouvrant largement ses bras à toutes les audaces.

Le Carnoplaste, THE éditeur de fascicules dont l’utilité n’est plus à démonter et que les passionnés que nous sommes attendaient depuis fort longtemps.

Pour le commander c’est ICI et pour ceux qui ne connaissent pas encore cet éditeur, nul doute que vous y trouverez un fascicule correspondant à vos attentes, car le choix commence à être assez varié!

Une mention spéciale pour Francisco Varon et son illustration: on est vraiment dans le ton de l’histoire!

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« Les Introuvables »: « Le Spectre Mortel » du Major Carl Bell Alias Gustave Le Rouge!

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 5 novembre 2012

 

Curieuse nouvelle que celle qui paru dans le « Globe Trotter » du Jeudi 14 Novembre 1907 et faisant l’objet de la superbe illustration de couverture. Je dois dire qu’à lui seul le dessin nous plonge dans une atmosphère bougrement fantastique et l’on se demande qui peut bien être ce redoutable spectre au contact si électriquement mortel Ce conte signé Major Carl Bell et qui s’intitule « Le Spectre Mortel » ressemble à si méprendre à un résumé du premier fascicule de l’extraordinaire saga de Gustave Le Rouge « Le mystérieux Docteur Cornélius » et intitulé   « l’énigme du Creek sanglant ». Petit Rappel des faits:

« A Jorgell city, ville fondée par des milliardaires Américains, une série de meurtres insolite frappe certaines personnes dont on vole de fortes sommes d’argent. Décidant de mettre fin à cette série d’assassinats monstrueux, Harry Dorgan et Fred Jorgell, élaborent un piége afin de prendre ce singulier criminel. Un indice les mettra sur la voie car un vieil indien leur signale que chaque meurtre s’accompagne d’une coupure de courant. Ils parviendront finalement à capturer le coupable du nom de Baruch, le propre frère de Jorgell. Celui-ci tuait ses victimes au moyen d’un instrument utilisant l’électricité sous tension.

Dans cette aventure apparaîtra pour la première fois le Docteur Cornélius Kramm surnommé « Le sculpteur de chair humaine »

Comme vous allez pouvoir en juger avec la mise en ligne de ce « Spectre Mortel », la ressemblance entre les deux textes est frappante avec cependant un petit avantage pour le « spectre mortel » qui est plus ancien de cinq années, puisque « l’énigme du Creek Sanglant » ne paru qu’en 1912. Il semblerait que nous ayons dans ce numéro du « Globe Trotter » la première mouture d’une série qui reste la plus célèbre de Gustave Le Rouge et que le diabolique Docteur Karl Kramm ressuscitera pour donner naissance à un nouveau prince du crime : le Docteur « Cornélius Kramm » allias le « Sculpteur de chair humaine ». Personnages identiques, nom de la ville similaire, trop de coïncidences pour que cela soit le fait du simple « hasard »Voilà un curieux pseudonyme à attribuer à notre cher Gustave Le Rouge

 

« Le spectre Mortel »

Un groupe de capitalistes yankees avait dé­cidé la création d’une ville à Jorgell-Creek, en pleine prairie, au pied des Montagnes Ro­cheuses : un mois ne s’était pas écoulé que la nouvelle cité, encore sans maisons, était déjà reliée par trois lignes au réseau ferré de l’U­nion.

Paul Martini, un jeune ingénieur venu de France, avait été chargé d’une gigantesque installation d’électricité.

Tout de suite, le courant du Creek actionna une usine d’énergie électrique. La ville eut de la lumière avant d’avoir des habitants.

En dehors de ses travaux absorbants, Paul prenait plaisir à passer ses soirées chez un architecte yankee dont le hasard avait fait son voisin.

Jonas Frickwell, veuf depuis deux ans, était père d’une charmante jeune fille blonde et menue, distinguée et gracieuse comme savent  l’être les Américaines quand elles se mêlent d’être jolies. Là-bas, tout va vite.

Au bout d’une semaine, Paul et Annabel étaient bons camarades; au bout de quinze jours ils étaient fiancés ; le mariage devait avoir lieu à la fin du mois.

Un ami de la maison, le docteur Karl Kramm paraissait prendre un vif intérêt à cette idylle. Généralement grognon, un peu misanthrope même, il réservait toute sa bonne humeur pour le jeune couple qu’il comblait de cadeaux et d’attentions.

 Le premier crime

 Le mariage devait avoir lieu dans trois jours, lorsque le malheureux Frickwell fut assassiné : il était allé à la succursale provi­soire de la Banque retirer la liasse de banknotes qui devaient constituer la dote d’Anna- bel ; les fiancés attendaient vainement son retour.

Au petit jour on rapporta son cadavre, que des forgerons avaient trouvé près du Creek, son portefeuille avait disparu ; mais chose étrange, bien que le visage fût atrocement convulsé, le corps ne portait aucune trace de blessure.

L’autopsie effectuée par trois médecins, sous la présidence du docteur Karl Kramm, n’a­mena la découverte d’aucune lésion interne ou externe.

Annabel était ruinée ; tristement elle déclara à Paul qu’elle ne pouvait se marier.

— Je suis sans fortune, dit-elle, il n’est qu’honnête de ma part de vous rendre votre liberté.

Paul se retira la mort dans l’âme, mais il s’était juré à lui-même de n’avoir d’autre femme qu’Annabel.

Mystérieux inconnu

Cependant, il semblait que la mort du brave Jonas eût été le prélude d’une série de crimes effroyables et mystérieux. Chaque matin on relevait des cadavres toujours dépouillés de leur argent ; mais sans qu’aucun d’eux portât trace de violence.

On parlait de maléfices diaboliques. Un Canadien affirmait avoir vu un soir un passant poignardé par un squelette qui lui avait enfoncé un fer rouge dans le cœur.

Ces événements donnèrent beaucoup à réfléchir à Paul Martin.

Il n’était pour son compte nullement supers­titieux ; il devina que les meurtres qui épou­vantaient les constructeurs de la ville n’étaient dus qu’à un criminel habile, savant même, et bien informé, puisqu’il choisissait toujours ses victimes parmi les gens riches.

Paul se jura de découvrir l’artiste ès-crimes et de venger le père d’Annabel

Il allait, de découragement, renoncer à sa poursuite, lorsqu’un des ouvriers électriciens lui fit part d’une découverte singulière.

Certaines nuits, l’éclairage électrique des chantiers, en dépit du bon fonctionnement des appareils, pâlissait et menaçait de s’éteindre. Une fois même, une seule fois, les riveurs de boulons qui parachevaient la carcasse d’un quinzième étage, furent plongés dans l’obs­curité et faillirent être précipités dans le vide.

Paul était sûr que les machines ne présen­taient aucune défectuosité ; alors comment expliquer les interruptions ?

A force de réfléchir, il commença à discer­ner quelques vagues lueurs dans ce ténébreux mystère; chaque fois que la lumière ou l’éner­gie s’étaient affaiblies pendant la nuit, un crime avait été commis. Il y avait corrélation entre les deux faits.

« Il est certain, se dit Paul, que l’on assas­sine les gens, qu’on les électrocute plutôt ; il ne s’agit que de savoir comment : cela je le saurai ! »

Le justicier

 Dès lors il annonça à tout son entourage qu’il était gravement malade. Ostensiblement, devant ses noirs et sa gouvernante, il se cou­chait de bonne heure, toussait et se plaignait ; mais dès que tout le monde était endormi, il s’habillait, s’armait et s’aventurait dans les décombres et les terrains vagues.

Il se cachait derrière les tas de charbon, à l’abri des piles de solives d’acier; mais il ne découvrait toujours rien : il rentrait à l’aube furieux, exténué, couvert de boue jusqu’aux épaules, sans avoir vu autre chose que de banales querelles d’ivrognes.

Et, comme pour le narguer, presque régu­lièrement à la suite de ces escapades, son chef d’équipe venait lui annoncer une interruption de courant. Il était sûr ensuite de n’avoir qu’à ouvrir la feuille locale, imprimée sous un han­gar de carton goudronné par d’audacieux reporters, pour y lire le récit d’un nouveau crime.

Enfin sa patience fut récompensée. Une nuit qu’il s’était caché dans un vieux wagon oublié sur ses rails pourris de rouille au milieu d’un enclos, à quelques pas de l’unique pas­serelle qui traversait le Jorgell-Creek, il assista à un terrible spectacle.

Un homme s’avançait en titubant légère­ment, comme pris de boisson ; il portait un portefeuille de maroquin rouge. Paul recon­nut un des inspecteurs du syndicat un des personnages importants de la nouvelle ville.

Une ombre s’élança soudain d’une encoi­gnure, une ombre pareille à l’image même de la mort, avec une face hideuse et décharnée et un crâne poli. Un éclair bleu jaillit de la main du spectre, l’homme roula à terre fou­droyé, fut dextrement dépouillé, puis tout rentra dans le silence.

Paul avait maintenant tout compris ; il prit ses dispositions en conséquence.

Il arriva de bonne heure au cercle, porteur lui aussi d’un gros portefeuille de maroquin ; et il annonça joyeusement qu’il venait de recevoir de son banquier de Paris une jolie liasse de banknotes. Il but quelques coupes de Champagne, perdit au jeu quelque argent, enfin se montra d’une loquacité inaccoutumée.

— Le pauvre Frenchman cherche à s’étour­dir, murmura le docteur Karl avec une bien­veillance bourrue ; depuis la rupture de son mariage, il n’est plus le même.

Quand Paul se retira, il titubait légèrement ; mais l’ivrognerie est en Amérique un vice presque national ; personne ne songea à s’of­fusquer de l’incorrecte tenue du jeune homme.

Une fois dehors, Paul sans cesser de simuler la démarche extravagante d’un homme pris de boisson, se dirigea lentement vers la pas­serelle du Creek.

A sa grande satisfaction il s’aperçut bien­tôt qu’il était suivi.

Cependant, à la faveur de certains angles sombres, Paul s’efforçant de n’être pas aperçu de l’inconnu qui le filait, procéda à une toi­lette spéciale. De sa volumineuse serviette, qui d’ailleurs ne contenait pas la moindre banknote, il tira successivement des gants de métal treillissé, une sorte de casque dont il se coiffa après l’avoir agrafé à une tunique de mailles métalliques qu’il portait sous son « over coat ».

Bien lui en prit d’avoir revêtu cette espèce de cuirasse.

Au moment où il arrivait près du pont, un homme se jeta sur lui, brandissant une sorte de massue et lui porta au défaut de l’épaule, un coup violent, heureusement amorti par la cuirasse : au même instant Paul se trouva entouré d’une véritable auréole de lumière électrique. On eût dit saint Georges ou quel­que archange terrassant le dragon, tel qu on le voit dans les anciennes peintures.

A la lueur du nimbe électrique dont il était entouré, Paul reconnut le docteur Karl Kramm.

Avant que Paul fût revenu de sa surprise, son adversaire s’était rué sur lui : la lutte fut courte.

Paul fit rouler à terre son ennemi d’un coup de pied dans l’estomac. Le docteur ne donnait plus signe de vie, Paul crut la lutte finie et* respira longuement ; il épancha le sang qui cou­lait d’une blessure au bras, et pendant quelques secondes il se reposa sur un tas de pierres.

Cet instant de faiblesse lui fut fatal ; le docteur n’avait pas été aussi grièvement frappé que Paul l’avait cru ; il avait réussi à s’empa­rer du revolver qui, de la poche de son adver­saire, avait glissé dans l’herbe.

Au moment où Paul essayait de délacer son casque pour respirer un peu, le docteur se rua sur lui et lui appuya le revolver contre la tempe : la vie du jeune ingénieur ne tint en cette seconde suprême qu’à quelques graviers qui s’étaient glissés dans le ressort de la gâ­chette lorsque l’arme était tombée dans la boue.

Nerveusement le docteur fit fonctionner le ressort ; Paul comprit qu’il allait mourir, que son nom allait s’ajouter à la liste des victimes de l’assassin mystérieux.

Mais tout à coup, ses doigts palpitants ren­contrèrent dans l’herbe un cylindre de verre.

— L’isolateur ! bégaya-t-il d’une voix rauque.

Et d’un geste instinctif il saisit le cylindre et le porta au visage de son ennemi ; une petite lueur jaillit, le docteur s’écroula sur son adversaire, foudroyé, mort de la même mort dont il avait fait périr tant de victimes.

Après des efforts inouïs, Paul parvint à se dégager du cadavre qui l’oppressait ; et il constata que le manchon de verre qu’il n’avait pas lâché, était relié par un fil aux gros câbles électriques qui alimentaient de lumière et d’énergie toute la ville.

Gomme il l’avait deviné, le docteur fou­droyait ses victimes.

En France, on aurait d’abord constat r l’identité du cadavre ; en Amérique, on est plus pratique ; les magistrats commencèrent par perquisitionner au domicile du docteur. Dans un méchant coffre-fort encastré dans le mur, on trouva pour plus de trois millions iè dollars; et chose curieuse, l’assassin avait éti­queté chaque valeur du nom de sa victime ; c’est ainsi que Paul put lire sur une grosse liasse de banknotes : « Jonas Frickwell, 17 décembre »

Paul Marin s’es: marié et il est en passe de devenir un de ces rois de la matière industrielle que la vieille Europe envie au nouveau monde.

 

Major Carl Bell

 

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« Spiridon Le Muet » De André Laurie:Une oeuvre Originale Et Incontournable

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 3 novembre 2012

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Le docteur Aristide Cordat parti de Paris sans fortune, a fait naufrage en Sardaigne ; il rencontre une famille de pécheurs dont le fils a mystérieusement disparu. Aristide part à sa recherche. Il arrive devant des ruines réputées maudites et tombe subitement dans un sommeil profond, victime d’une « rosée parfumée » aux pouvoirs anesthésiants. Lorsqu’il se réveille il est attaché sur une table de dissection, à ses cotés un étrange personnage recouvert d’une cagoule  vient de pratiquer une incision le long de son bras. L’individu, s’apercevant que son patient est en vie, referme la plaie, visiblement il le réserve pour des expériences plus ambitieuses. Profitant  d’un moment de solitude, Aristide en profite pour s’échapper. Dans ce refuge mystérieux, il découvre tout un réseau de galeries et fait la rencontre d’un gigantesque empire de fourmis de petites tailles qui se livrent à une mystérieuse besogne. Quel est c’est empire fait  de formidables salles souterraines généreusement éclairées et chauffées où se pratiquent des expériences pour le moins curieuses ? Avant de sortir des lieux, il remarque de longues rangées de briques qui renferment d’énormes pierres précieuses. Conscient d’avoir découvert un véritable trésor, il retourne de ce pas dans la maison des pécheurs. Ces derniers pensaient que lui aussi avait disparu à jamais. Le lendemain, un individu se présente à leur domicile, il est recouvert d’une cagoule et le Dr Cordat reconnaît sans peine son anatomiste, il fait feu, la créature s’écroule. Aristide profite de son inconscience pour le transporter à bord de son Yacht.  Il découvre alors qu’il s’agit en fait d’une gigantesque fourmi qu’il va s’efforcer de ramener à la vie. S’apercevant que son captif émet des secousses sous formes de vibrations de la même nature que celle du télégraphe morse, c’est par ce curieux mélange de « T.S.F » et de télépathie (les antennes de l’insecte agissant comme une antenne radio) ils parviennent à échanger une sorte de langage. Constatant le potentiel immense qu’il pourrait tirer de cette découverte, Cordat fait un pacte avec la créature afin de mettre en commun leur savoir scientifique : un opération bénéfique pour les deux personnages. Il est donc décidé que la fourmi géante du nom  de Spiridon, qui se fera appeler le Baron Tasimoura, accompagnera le Dr Cordat à Paris pour le présenter au monde scientifique. Mais comme il ne peut se monter à la population sous cette apparence, il lui ait fabriquer un masque et tailler des vêtements appropriés grâce auxquels le colossal insecte épouse parfaitement une apparence humaine.

Avant de quitter la Sardaigne il retourne une dernière fois dans la caverne de Spiridon et lors de son exploration retrouve les restes du jeune pécheur, disséqué sur une table d’opération. Il apprend alors la terrible nouvelle à sa famille.

Arrivés en France dans la capitale,nos deux amis inséparables s’installent par la suite dans un luxueux hôtel du bois de Boulogne.

 Pour tout le monde, la créature est le baron Tasimoura ou Spiridon le Muet. Les opérations chirurgicales  de Spiridon ont bouleversé le monde scientifique et son savoir suscite l’admiration du monde scientifique, mais nul ne connait sa véritable identité. Un prosecteur de la Faculté, Joël Le Berquin fort jaloux des talents de Spiridon, lui propose de visiter la Faculté, et quand la fourmi géante pénètre dans une des salles, Le Berquin l’attaque à l’improviste, le renverse et le « chloroforme ». Quand il se réveille l’ami du docteur Cordât est immobilisé sur une table d’anatomie. Joël Le Berquin a donné trois heures à sa victime pour lui dévoiler le secret de ses mira­culeuses opérations.

Pendant ce temps au bois de Boulogne,Aristide est tout étonné de trouver chez lui, le pêcheur Sarde et sa fille Pia dont il a fait connaissance lors de sa croisière. La jeune fille est venue à Paris pour venger la mort de son frère qui a servi de sujet d’expé­rience au docteur Tasimoura. Elle expose ses pro­jets à son hôte et lui raconte que son père a fait sauter la demeure de Tasimoura. Cordat est épouvanté lui disant qu’il avait ainsi fait disparaître des secrets irremplaçables pour l’humanité toute entière.

Retour à la faculté ou Spiridon que nous avons laissé en bien mauvaise posture est parvenu à s’échapper grâce à la complicité d’un garçon de la salle. Mais laissant libre court à ses instincts ou tout simplement par désir de vengeance, le corps de Le Berquin sera retrouvé plus tard, bien proprement disséqué sur la table même ou ce dernier comptait réaliser une opération similaire . Le docteur Cordât se voit obligé d’aller avertir le Procureur général de ce qui vient de se passer. Le magistrat se trans­porte sur les lieux et ne peut que constater la mort de Joël Le Berquin. Après avoir révélé au Procureur la personnalité de Spiridon, Aristide rentre chez lui accompagné du chef de la Sûreté, il aperçoit alors son hôtel en flammes. C’est l’œu­vre du baron Tasimoura qui, dans un accès de fu­reur, a mis le feu à la demeure du docteur Cordât. Pia raconte qu’elle s’est vengée de son ennemi Spiridon en le tuant de « plusieurs coups de hache.

Au cours des constatations judiciaires, comme pour faire honneur aux histoires les plus tragiques,Pia prise de remords se tue sur le corps de Spiridon, et le père de la jeune fille se donne la mort en se Jetant du haut d’un escalier. La presse s’empare de l’événement et calomnie vivement le Dr Cordât. Le seul moyen de se réhabiliter aux yeux de tous et surtout de la communauté scientifique est de recommencer les expériences extraordinaires qu’il fit jadis avec Spi­ridon. Aristide se rappelle fort heureusement que Spiridon a laissé dans son laboratoire les fioles et les formules des  préparations mé­dicales. Il convoque toutes les sommités scientifiques à l’autopsie de Tasimoura qu’il précède d’une conférence où il raconte les extraordinaires expé­riences effectuées par le défunt et annonce qu’il va recommencer l’une d’elles sur un cœur de mouton placé sur la table d’autopsie. Sous l’action de la préparation chimique de Spiridon, le cœur se contracte et bat. La stupéfaction est générale, mais le professeur Bordier, un des ennemis du jeune médecin, demande que le docteur Cordât recommence, l’expérience sur Spiridon lui-même, qui gît inanimé sur la, table d’autopsie.

Cette nouvelle expérience est alors programmée, un des bras de la créature sera disséqué et après avoir repéré ce qui semble être une artère nourricière, le puissant liquide, résultat de la magnifique science de Spiridon, sera injectée à son propre créateur. La substance réalise son œuvre et toute l’assistance assiste médusée à la résurrection de cette fourmi extraordinaire.  Mais si la créature semble bien revenir d’entre les morts, du moins physiquement, son esprit semble être définitivement ailleurs et toute forme de communication est désormais impossible. Spiridon va vivre ainsi comme une sorte de mort vivant dont l’intérêt ne semble que s’accrocher à l’activité des nombreuses fourmis qui peuplent le Jardin du Dr Cordat. Celui-ci  d’ailleurs  ne désespère pas de trouver la formule du liquide régénérateur, composé en grande partie d’un dérivé de l’acide formique et ce concentre désormais sur l’élevage de milliers de ces petites créatures insignifiantes mais qui pourtant sont la source d’un des progrès techniques le plus bouleversant du siècle. Spiridon terminera sa vie dans un silence total, simple fourmi à taille humaine, lointain descendant d’une race fabuleuse qui probablement jadis peupla les entrailles de la terre.

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Probablement le roman le plus célèbre de l’auteur, de son véritable nom Paschal Grousset,et certainement le plus original mettant en exergue le descendant d’une race de super fourmi ayant évoluée dans les entrailles de notre planète. Il est d’ailleurs assez dommage que l’auteur reste assez peu loquace sur les origines de ce Spiridon et de ces véritables intentions. Elle nous est présentée comme froide et implacable, d’une intelligence hors norme qui n’est poussée que par la seule volonté d’arriver à ses fins. Hélas l’auteur ne parviendra pas à aller au bout de cet immense potentiel Cette créature est en quelque sorte  et ce en raison de sa taille, le roi de son peuple à la tête d’un gigantesque armé de fourmis travailleuses dont il tire une puissante substance faite d’acide formique aux propriétés revitalisantes et régénératrices absolument stupéfiantes. Une fois de plus c’est la cupidité et la bêtise humaine qui auront raison de cette sensationnelle découverte, Spiridon ou du moins son « cerveau » ne survivra pas à cette scientifique résurrection. Il ne restera plus qu’à son ami de la première heure, à essayer de retrouver le principe de cette potion miracle, dans cette quête sans fin de l’homme à la recherche de la vie éternelle.

Ce petit bijou conjectural fut fort heureusement réédité en 2008 par l’éditeur « Des Barbares », une occasion inespérée pour une nouvelle génération de lecteurs d’apprécier tout le charme de cette œuvre certes non exempte  de défauts mais qui reste tout de même en l’état un fort belle réussite

- « Spiridon le Muet » De André Laurie. Publications Jules Rouf et Cie. Illustré par Eugène Damblans. Pas de date sur le volume mais il semblerait que l’ouvrage fut publié vers 1906/1907.Il existe plusieurs cartonnage de cette éditions dont un avec couverture muette et  titre sur le premier plat et une autre avec une vignette dessinée par Eugène Damblans représentant Spiridon.

- « Spiridon le Muet »De André Laurie  paru parallèlement avec l’édition en volume le roman sous forme de livraison dans la revue « Le Globe Trotter ». Du N° 253 (Jeudi 6 Décembre 1906) au N°269 (Jeudi 28 Mars 1907)

Egalement illustré par Eugène Damblans mais avec des planches en moins par rapport à l’édition en volume. S’agit-il d’une pré-originale ?

- « Spiridon le Muet » De André Laurie Editions « Des Barbares » 2008. Présentation et notes de Christian Soulignac. Reprise des illustrations d’Eugène Damblans

 

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« Histoire Extraordinaire D’un Pompéien Ressuscité » De Vassili Avenarius (1898)

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 31 octobre 2012

 

Je viens de terminer l’ouvrage de  Vassili Avenarius « Histoire extraordinaire d’un pompéien ressuscité » et je dois avouer avoir passé un excellent moment avec ce personnage fort singulier ramené à la vie grâce aux bons soins du Professeur Scaramouche, célèbre scientifique Italien. Le procédé narratif est ici également assez astucieux car il permet ainsi à un homme visiblement peu habitué au genre « fantastique », entendez par là pour l’époque des textes relevant de l’imaginaire, d’effectuer un voyage dans le temps à moindre frais et de ne pas se perdre dans des explications parfois assez compliquées. Comme je le précisais lors d’un précédent article, il y a plusieurs façon de voyager dans le temps et si la machine est le procédé le plus utilisé, l’option de faire venir à notre époque une créature des temps anciens (souvenez vous de « L’effrayante aventure »  de Jules Lermina, réédité chez les Moutons Electriques) où un homme du passé («  10 000 ans dans un bloc de glace » de Louis Boussenard éditions Flammarion 1888,« L’homme qui réveille les morts » de Rodolphe Bringer et Georges de La Fouchardiére  Albin Michel 1918), est un procédé simple et assez pratique à utiliser. Dans le roman de Vassili Avenarius, nous découvrons la déconvenue de cet habitant de Pompéi qui dans les temps antiques se livra à une expérience de vie suspendue, sous la direction d’un puissant « Fakir ». Il était alors un jeune homme avec une brillant avenir devant lui, mais un chagrin d’amour lui fit choisir une tout autre destinée. Volontaire pour une léthargie qui ne devait durer que trente ans, les caprices d’un volcan en décidèrent autrement puisqu’ il se réveilla dix huit siècles plus tard, frais comme un gardon… ou presque. Sous les soins attentifs du professeur il fut donc « ressuscité » après sa découverte fortuite dans les ruines de l’ancienne cité romaine, et nous assistons au cour du roman, à une visite réjouissante et assez pittoresque d’une ville  Italienne qui suscite de la part de cette jeune relique bien des étonnements. Mais le roman ne posséderait pas suffisamment de charme si la découverte de Saramouche,  n’était contrariée par les agissements cupides et exaspérants d’un journaliste aux dents longues,Pilone Balanzoni, reporter en chef du « Feux d’artifice ». L’homme veut la primeur des informations et use de toutes les perfidies pour arriver à ses fins. Notre bon professeur doit alors jouer des coudes afin d’éviter ce trublion dont les agissements sont purement intéressés et servir de guide à notre vieux pompéien qui découvre avec stupéfaction un monde en pleine mutation. Ici point d’inventions extraordinaires pour le lecteur, ni de technologie futuriste et c’est en cela que réside l’astuce de l’auteur car pour ce revenant tout ce qui l’entoure est du domaine de « l’anticipation » et nous assistons au fil des pages à l’étalage des progrès sociaux et techniques de la part d’un savant au comble du bonheur, mais qui vont bouleverser durablement la vision du monde actuel de ce singulier personnage. L’auteur en profite pour nous livrer quelques passages assez cocasses avec dégustation de pâtes, bain de foule entouré d’admirateurs effrénés, visite d’une usine moderne, séance à l’opéra des plus mouvementée. Toutefois, malgré cette couche de vernis superficielle qui recouvre ce monde moderne, Marcus Junius trouve toute cette civilisation trop opprimante et en voyant ces « esclaves modernes » s’affairer devant leurs machines, il pense finalement que rien n’a vraiment évolué. Le roman est un support pour l’auteur pour critiquer ce monde moderne qui s’affaire et va trop vite, un monde peuplé d’escrocs et de profiteurs.

Réalisant alors une sorte de pèlerinage, ils décident de se rendre sur les vestiges de son ancienne ville et contempler les restes de son ancienne vie. Certains objets vont semer un trouble profond en lui et c’est avec une grande nostalgie qu’il va ainsi reconnaître des objets ayant appartenu à sa demeure, ses amis… Mais lorsqu’il va reconnaître, enfermé sous un globe de verre, le visage de sa bien aimée Lutécia, dont il ne reste que cette partie du corps, son émoi est à son comble. Ne pouvant plus tenir, étranger dans ce monde si terrible, il préfère en finir une bonne fois pour toute en se jetant dans le Vésuve. Plusieurs siècles après, le volcan a donc repris cette vie qui lui avait échappée, le cours du temps peut alors reprendre sa marche normale. Une histoire d’amour à travers les siècles, touchante et originale et prouvant une fois de plus comme que les sentiments peuvent vous rendre certes plus fort mais aussi réduire à néant une extraordinaire destinée : un seul être vous manque et tout est dépeuplé !

Une réédition vraiment intéressante avec une préface de Viktoriya et Patrice Lajoye fort instructive, mais nous n’en attendions pas moins de la part des ces deux passionnés de littérature Russe dont nous pouvons apprécier toute la mesure sur leur magnifique blog « Russkaya Fantastika ».

Ce court roman fut à l’origine publié dans « La nouvelle revue » en 1898 en trois volets et n’attendait qu’un audacieux amateur de vieilles publications pour en faire profiter les petits veinards que nous sommes. Nous espérons voir à nouveau ce genre de rééditions dans un futur relativement proche et pour cela il nous faut encourager ce genre d’initiative et donc acheter massivement ce genre d’ouvrages.

« Histoire extraordinaire d’un Pompéien ressuscité » De Vassili Avenarius. Traduit du Russe par A.Challandes (1898). Présenté et annoté par Viktoriya et Patrice Lajoye

Pour le commander :

 Lulu.com

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« La République Des Savants » De Arno Schmidt

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 29 octobre 2012

 

« La république des savants »  De Arno Schmidt. Editions Julliard 1964

 

« Si la « Commission » a jugé bon d’accorder l’imprimatur à cet ouvrage, c’est principalement en raison des matériaux dont il permet enfin la « vulgarisation », si j’ose dire. Depuis qu’Au­dubon a publié en 1982 ses Esquisses sur les hominides (en s’entourant de quelles précautions, les spécialistes s’en souvien­nent ! Alors qu’il n’y avait pas de législation restrictive Inter- world, et qu’il aurait pu dire ce qu’il voulait) depuis lors, donc, nous ignorons pratiquement tout des mutations biologiques sur­venues dans l’Europe atomisée d’une part, et dans le corridor américain, de l’autre; d’autant plus qu’il semble qu’une apprécia­ble stabilisation se soit produite dans le domaine de l’hexapodie.

En ce qui concerne plus précisément la République des Sa­vants, la description qui en est donnée dans la seconde partie de ce livre fera comprendre au lecteur le moins averti que l’on ne nous donne à son sujet que des informations « choisies », à la radio comme à la télévision. Ce que l’on nous présente de­puis trente ans comme un « Parnasse flottant », un « Helicon de la Mer des Sargasses », ne semble déjà plus tout à fait aussi idyllique à certains, surtout depuis la lettre ouverte de l’Algé­rien Abd el Fadl, Prix Nobel de la Paix, qui ne ménageait pas certaines instances. Malgré sa forme tendancieuse et son ton frivole, cette relation apporte quelques nouvelles pièces au dos­sier.

Je prie le lecteur de ne pas sous-estimer les difficultés qu’a représentées la traduction de l’américain dans une langue morte. Depuis la catastrophe atomique qui a si prématurément anéanti

sa patrie, l’allemand n’a pu s’adapter à l’évolution technique et sociale du monde; par conséquent, certains engins, appa­reils, procédés, même certaines intentions ou tours de pensée, n’ont pu être rendus que par des périphrases.

Ne parlons pas de la description très libre et inutilement circonstanciée, pour employer un euphémisme, des « sexual inter-courses » de l’auteur; Dieu merci, la langue allemande n’a plus pu forger d’expressions qui soient à la fois assez courantes et assez fortes pour rendre jusque dans leurs ultimes consé­quences des procédés tels que celui de l’« urtication ». On a tenté de suppléer à ces lacunes par des notes en bas de page.

En ce qui concerne l’aversion, transparente à chaque ligne, que l’auteur, bien qu’il soit d’origine allemande, nourrit à l’égard de tout ce qui est allemand, ainsi que sa mentalité, disons excentrique, pour être indulgent, je ne puis qu’affirmer que je me suis astreint à tout traduire avec la même conscience professionnelle.            

L’original de la République des Savants se trouve au département des manuscrits de la bibliothèque municipale de Douglas/Kalamazoo; les huit microfilms qui en ont été tirés sont répartis entre les divers lieux fixés par décision interna­tionale. La traduction allemande a été faite d’après l’exemplaire N° 5 (Valparaiso). »

 Chubut Argentine le 24/12/2008

 

Étrange roman que nous livre ici Arno Schmidt, une histoire dont le procédé narratif  risque d’en dérouter plus d’un, d’ailleurs le traducteur s’en excuse dans la préface . Après avoir été sur Vénus, le peuple Allemand semble être dans le futur, condamné à disparaître et sa langue devenir complètement morte. Car finalement le pire s’est produit, un malade a encore appuyé sur le bouton avec les conséquences désastreuses que cela comporte. Mais au bout du compte et une fois de plus, l’humanité est comme la mauvaise herbe, elle s’adapte et repousse quoiqu’il arrive. Les faits : Nous sommes en 2009. La vieille Europe a succombé sous les bombes atomiques. Elle avait eu auparavant la sagesse de mettre à l’abri sur une  » île à hélices  » ses savants, penseurs et artistes les plus notoires. Wimmer, un journaliste américain, est autorisé à visiter l’île. Mais il doit au préalable traverser une autre réserve, une zone dévastée par les radia­tions atomiques, où prolifèrent des êtres monstrueux, et isolée du monde par une gigantesque muraille. Grâce à une ravissante centauresse, Wimmer parvient jusqu’à la Répu­blique des Savants. Il partagera les 50 heures qui lui sont allouées entre la zone neutre, la zone américaine et la zone russe… ce qui nous vaut une cruelle galerie de portraits : vieilles gloires stériles, fonctionnaires de la culture réglementant la « création collective », agents secrets rivalisant de perfidie. Horrifié par les pratiques des uns et des autres (« métempsychose » des Russes, hibernation des Américains), Wimmer regagne avec soulagement le monde menacé et médiocre du commun des mortels.

 

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« Les Allemands Sur Vénus » De André Mas: A La Conquête De Mondes Nouveaux!

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 25 octobre 2012

 

« Les Allemands sur vénus » de André Mas. Paris Editions de « La revue des indépendants ». Vers 1910.

 

Préface de l’auteur ( En matière de justificatif)

« Car le progrès de l’Homme sera toujours limité, s’il n’a pas d’autre horizon que son étroit horizon terrestre, et on peut supposer qu’un moment viendra où le seul progrès qui restera à faire sera un progrès astronomique. » (Dr Ch. Richet).

« Quand le lent refroidissement du soleil aura rendu cette terre inhabitable, il se peut que la vie aille se continuer sur la planète sœur. Aurons- nous à la conquérir ? Obscure, prodigieuse est la vision que j’évoque… » (H. G. Wells).

Les bases scientifiques de ce roman sont extraites de : « Vers les autres Mondes », une des premières tentatives de résolution du problème le plus haut après celui de la mort. Existe-t-il ailleurs d’autres humanités ? Pouvons-nous les connaître ? Le discours du Professeur Hauchet est tout entier la reproduction de mon article paru dans L’avion du 15 janvier 1913 .

D’aucuns me taxeront d’antipatriotisme. Mais cette étude est objective. J’ai travaillé d’après nature. Léo Stahl n’est pas un mythe, non plus que ses paroles. Nous pensons toujours à la « vieille » Allemagne ; mais l’Empire à juste l’âge d’un homme adulte ; en plein orgueil de jeunesse, il trouve que sa part, en ce monde, n’est pas assez grande. Et la confiance de l’Allemand en lui- même est formidable, servie par une systématisa­tion et une persévérance proverbiale. « C’est à l’Empire du Monde qu’aspire le génie allemand » a dit une bouche impériale. Or, le Monde s’étend selon notre pouvoir, notre vouloir. C’est le monde d’Auguste, borné par L’Angleterre, la Baltique et le Sahara, ou l’infini sans bornes. Et l’empire d’un autre monde lui coûterait mille fois moins d’or et de sang qu’une lieue de Champagne!

Nous, Français, sachons un peu oublier nos luttes intestines. C’est en montrant comment les autres croient en leur patrie, quels destins ils lui promettent, que nous apprendrons à chérir la nôtre.

 

Le résumé

Heinrich Von Reinhardt successeur du comte Zeppelin,Otto Rosenwald et le Docteur Hauchet, tous de brillants et réputés scientifiques doublés d’aventuriers des airs décident d’un commun accord d’échapper à l’attraction terrestre et de mettre au point un moyen qui leur permettra de voyage vers une autre planète. Pour cela ils conçoivent un ingénieux moyen de propulsion, basé sur un système de réacteur. Mais si cette technique va leur permettre de se mouvoir avec aisance dans l’espace, ils craignent qu’elle soit insuffisante à leur faire quitter les effets de notre bonne vieille gravité. Il vont donc utiliser un moyen qui devrait régler ce léger petit problème : La fronde de Mas et Drouet. Reste à définir maintenant  leur objectif. La lune est écartée, bon pour des voyages fantaisistes. Mars trop petite avec une atmosphère diminuée et des mers sans étendues. Jupiter trop grosse et trop toxique. Ne reste que Vénus. Ah ! Vénus….Elle égale certainement la terre avec des Himalaya neigeux, des Amazones débordants, des plateaux titanesques. La vie y doit pulluler, fourmillante. Messieurs le choix est arrêté, ce sera donc Vénus !

Cet en Afrique que la fronde est construite, dans « La cité des étoiles » une ville qui est le reflet du génie humain avec ses structures gigantesques où dans les airs, fourmillent une théorie « d’aérac » ; ces aéroplanes aux coques ramassées et volant à 300 km/h, capables avec leur ailes à surface variable de voler plus haut que le condor.

Le jour du départ arrive, les téméraires explorateurs de l’espace s’installent dans la cabine capitonnée du « Sirius ». La roue commence sa rotation infernale et sous la clameur de millions de voix Germaniques et la tonitruance des canons de toute une armada venue là pour l’occasion, le projectile est propulsé dans l’espace. Le voyage se passe sans problème majeur, si ce n’est les quelques inconvénients liés à l’apesanteur, vites oubliés car notre équipe en prévision  d’un voyage long et ennuyeux, avait emmagasiné une bonne quantité de mets délicieux,  quelques bonnes bouteilles et d’un assortiment de succulents cigares.

Vénus est enfin en ligne de mire, et les phases techniques de l’approche du vaisseau seront épargnées au lecteur curieux et de plonger directement au sein de l’action. Il faut tout de même savoir que le « Sirius » se posa non pas sur la terre ferme, mais sur un immense océan dont la planète est recouverte. Pas de panique, l’astronef possède ce merveilleux principe que l’on appelle flottaison et il ne reste plus qu’à sortir deux énormes hélices afin de l’utiliser comme bateau. Par chance également, l’air y est respirable, quoique moins dense, mais on ne va pas faire la fine bouche. Les hommes débarquent enfin sur la terre ferme, il y fait une chaleur suffocante. Mais une autre surprise, de taille, ne va pas tarder à faire son apparition. Une énorme créature, massive et pesante. Pas de gueule mais une sorte de triangle blanchâtre, que les explorateurs nommeront « Tridens Ferox ». Fort heureusement elle ne résistera pas à du bon vieux plomb terrien. Ce monde est peuplé de monstres tout aussi redoutables, il leur faudra faire montre d’une grande vigilance. Ces animaux ont une morphologie et un organisme assez inédit et de plus la viande se révèle fort goûteuse.

Dès le lendemain, ils montent une « Aérac » qu’ils avaient embarqué dans le Sirius, et se lancent dans une reconnaissance aérienne de ce nouvel univers :

« Une grandeur farouche, des monts titaniques  en une chaîne étoilée fermant notre vue, au loin. Des vallées immenses s’emplissaient du mugissement des cascades. Le soleil de flamme avait fondu les glaciers, mais son éclat incendiait des chaînes monstrueuses érigées sur des plateaux autour de nous, anciens volcans sans doute. ET ce chaos de granit, de laves, d’air obscurci, de ravins, s’étendait, lieue par lieue, multiplié, immense, terrible »

 Ce nouveau monde est peuplé de créatures démesurées et farouches, ainsi à l’approche d’un marécage nauséabond peuvent-ils observer des libellules géantes aux ailes irisées, des blattes gigantesques, des sangsues monstrueuses, des poissons hideux….toute une faune inédite et malfaisante évoluant dans une végétation hostile, telles ces gigantesques plantes aux mâchoires d’acier essayant de gober l’Aérac comme un vulgaire moustique. Un univers extraordinaire qui leur réserve bien des surprises, où les éléments se comportent de façon imprévue et mystérieuse, comme l’eau de ce lac où Otto décide de se baigner. Fort heureusement ses compagnons l’en dissuaderont et l’instant d’après celui-ci se transforma en une immense glacière.

Le lendemain les signes avant coureur d’une catastrophe imminente se font sentir. Les animaux affolés courent éperdument dans la même direction : Un tremblement de terre, une raz de marée ? Une masse compacte s’avance au loin et alors la surprise de nos explorateurs est complète, édifiante…

« Ce qui s’avançait en rangs serrés ne se clas­sait dans nulle catégorie comme créatures. Hautes de cinq à six pieds, la peau lisse et nue, large bouche de batraciens, mains gauches, massives, énormes ; mais une saillie frontale relevait la face et les yeux étaient petits, clairs et vifs.

« Ils étaient des milliers, et beaucoup, grotesquement, portaient divers objets dans leurs mains ; d’autres couraient çà et là. Un ordre planait sur eux.

« L’Inattendu entrait dans notre jeu. Si la planète produisait par multitudes des êtres robustes et disciplinés notre existence même devenait un problème plein de dangers.

« Ils approchaient toujours et les plantes multiples s’aplanissaient sous leurs masses. Le soleil flambait sur notre projectile sans paraître les émouvoir. Et la troupe atteignit le fleuve, lourde, massive, formidable. Des structures épaisses se hâtèrent vers nous.

« Dans leur cerveau rudimentaire, ils nous concevaient sans doute comme un rocher plus régulier que les autres ; ils passèrent, minute après minute, se tassant sur le bord de la rivière.

Puis toute la masse se précipita dans l’eau, d’un élan unanime. Leurs corps, soudain agiles, acquirent une vigueur neuve, insoupçonnée et le troupeau monstrueux atteignit l’autre rive, l’escalada, continua sa route. Un mugissement sonore ébranla l’air.    

« Quand ils eurent disparu, nous sortîmes et nous avançâmes vers la rivière. Un étang allon­geait ses eaux brillantes. Elles se troublèrent soudain et des formes se dressèrent. Une bande de monstres ! Des traînards !      

« Nous hésitâmes une seconde. Nous pou­vions, en un instant, en exterminer une dou­zaine, mais cela ramènerait la horde furieuse. L’assaut unanime contre le Sirius épuiserait nos munitions ; et si d’autres troupes erraient sur la planète, innombrables et vigilantes, c’était la guerre !

« Mais les êtres ne parurent pas hostiles. Ils s’avancèrent gauchement. Des yeux d’or lui­saient dans la chair humide, tandis que leurs mains épaisses battaient l’air. Ensuite ils s’assirent sur leurs talons palmés et commen­cèrent à mugir ainsi que des taureaux. Puis ils se turent et un seul continua.

« Alors Hauchet répondit, mugissant comme lui. La scène était aussi comique qu’angoissante. Soudain notre ami, continuant ses cris et ses gestes, recula vers le Sirius. »

 Ce premier contact avec une race « intelligente » est pour les scientifiques les prémices d’une rencontre avec la future race dominante de la planète. Hauchet les nommera « Bathacantropes » :

« Messieurs, dit Hauchet, nous avons contemplé l’Homme futur de la planète, celui qui eût donné un maître à Vénus si notre huma­nité n’avait pas rêvé mon Rêve ! Si les batra­ciens ont perdu leurs chances sur notre Terre, c’est à cause de leur faible taille. Mais les marais, ici, leur permettent de grandir. Leur race a pullulé dans les régions tempérées aussi bien qu’équatoriales et les grands reptiles d’au­trefois aussi bien que les Pseudosaures leur ont rendu le service de les forcer à s’associer. Par ailleurs ils ne sont pas bornés, comme le poisson, au milieu homogène des eaux. Ils peuvent el doivent connaître le rivage, le versant des col­lines et l’orée du bois autant que la vase molle de la lagune. Vous avez vu leurs dents ? Nul doute pour moi. A la griffe et à la mâchoire ils opposent le poison. Ils le puisent peut-être dans les vases putrides. Sont-ils vivipares, ovipares ou asexués ? Nous le saurons. En tout cas, ils sont carnivores. Cela leur permet de concur­rencer victorieusement les Rhinoformes autant  que les Tridens et de les éliminer l’un après l’autre, l’herbivore disparu, adieu le Carnivore. »

Poursuivant leur périple, il vont au final découvrir un endroit idyllique, une vallée en bordure de mer, protégée par d’immenses montagnes. C’est dans ce lieu dont se dégage une paix et une sérénité exceptionnelle qu’ils vont établir leur colonie. Dés lors ils vont définir les fondements d’une nouvelle ère sous le signe puissant de la science et du génie humain. Les premiers colons ne tardent pas à arriver dans cette nouvelle Eldorado, prémices d’une conquête unique en son genre qui se veut durable, productive et innovante.

Sur terre alors on entame un découpage des nombreuses « terres du ciel », l’Allemagne met en chantier la construction de croiseurs interplanétaires avec des machines adaptées à l’atmosphère vénusienne. L’Italie en regard des travaux effectués par Schiaparelli réclame la zone équatoriale de Mars, et la Russie se vit accorder la lune. Les Etats-Unis purent récupérer les astéroïdes entre Mars et Jupiter. La suisse alors une grande nation opta pour Eros, le Japon Jupiter et les Grecs Mercure. La France enfin annexa quelques terres Martiennes et put ouvrir un observatoire sur Vénus et sur la lune et créa derechef le « Ministère des relations planétaires ».

Une autre expédition, dix ans plus tard, atteignit Mars, et la perfection de la T. S. F. en ces temps écoulés était déjà suffisante pour per­mettre une communication constante à travers le gouffre de l’espace.

Sur Vénus, l’Homme étendait sa race, parmi une nature puissante et terrible, tour à tour hostile et favorable. C’est le refuge futur quand mourrait notre Terre, dans des millé­naires démesurément loin encore, hors le man­teau fluide des mers et des vents.

Les croisières interplanétaires vers Vénus, Mars, la Lune devinrent chose rapide, courante, facile à partir du milieu du xxe siècle. Une huma­nité ambitieuse, énergique et dure au travail eut devant elle la tâche immense et joyeuse de trois mondes à équiper suivant ses besoins et ses désirs à elle. Et elle ne trouva ennemie nulle autre Humanité, car sur Vénus elle n’exis­tait pas encore, sur la Lune elle n’existait plus et sur Mars elle finissait.

Une brillante conquête de l’espace qui fut chantée par le poète Mayer et qui enflamma les générations qui précédèrent l’ère du contrôle de Vénus. Un hymne à l’ambition sans limite de l’Allemagne et de son orgueil immense :

 « Nous sommes de la race du fils du dieu du marteau

E nous avons la volonté de conquérir l’empire de étoiles

Et de devenir le peuple des seigneurs de l’infini » 

Tout est dit…..

 

Aux Anglais la mer,aux Français la terre,aux Allemands le royaume des cieux…

Ce roman, un des trois que nous connaissons de l’auteur à appartenir au genre qui nous intéresse, est une superbe tentative d’extrapolation sur une future conquête de l’espace et des problèmes liés à sa mise en œuvre. Dans son article dans l’excellent blog « Les peuples du soleil » Philippe Ethuin met en exergue certains point faisant toute l’originalité du roman et notamment les difficultés que vont rencontrer nos « spationautes » : ivresse de l’altitude, troubles causés par l’apesanteur, évacuation des déchets……Par contre rien d’innovent en ce qui concerne les communications car tous les messages sont adressés par une sorte de télégraphe amélioré.

La conquête de l’espace fut de longue date une préoccupation majeure des écrivains de l’imaginaire et si un bon nombre d’entre eux se consacrèrent à l’exploration de la Lune et de Mars, très peu eurent suffisamment d’inspiration pour organiser une telle expédition sur Vénus. Mais lorsque je parle d’expédition, je veux surtout dire une véritable colonisation qui va aboutir à la fameuse conférence de Washington et au découpage de l’espace par une humanité qui commence  à se sentir un peu trop à l’étroit. Ce qu’il y a de curieux dans ce petit texte, c’est la glorification de l’Allemagne qui non seulement participe d’une manière intensive à ce gigantesque projet, mais en ressort la grande gagnante avec une annexion quasi-totale de la planète Vénus. Ce roman qui fut écrit peu avant la première guerre mondiale serait-il les marques de la part d’André Mas d’une preuve de respect, voir de fascination pour un pays dont la puissance économique et militaire semblait vouloir tout raser sur son passage ? En tout cas un fort relent de propagande nationaliste des plus surprenant (voir la préface de l’auteur qui argumente ses choix)

Il faudra se reporter sur un autre texte beaucoup plus ancien, pour retrouver un tel plaisir de lecture. Dans son « Voyage à Vénus » (Michel Levy Frères, libraire éditeur.1865) Achille Eyraud en grand innovateur va expédier son équipage sur Vénus à bord d’une fusée à réaction s’il vous plait, et ce …en 1865 ! La population Vénusienne est déjà au faite de sa technologie, ce qui va nous permettre de découvrir bien des innovations et notamment l’utilisation de l’énergie solaire. Quelques années plus tard Sylvain Deglantine  dans son « Les terriens dans Vénus, vers les mondes stellaires »( Editions Flammarion 1907) nous concoctera un Pittoresque voyage sur Vénus à bord d’un ballon,«La comète »! Découverte d’une civilisation moralement et techniquement parfaite, proche de la notre. L’auteur ne fait qu’un transfert de civilisation, manquera totalement d’originalité et là ou le roman de Eyraud faisait preuve d’une certaine inventivité, celui de Deglantine peine à sortir de la veine «aventure populaire » dans lequel il s’est enlisé. Malheureusement la préface de Camille Flammarion ne sauve pas ce roman qui reste plaisant par endroit mais risque de lasser le lecteur peu habitué à ce genre de littérature. Enfin pour compléter ce petit tour d’horizon, signalons également l’ouvrage de Denis Parazols « Rêve à Vénus, anticipation sociale » ( édité a compte d’auteur à Marseille en 1935 )où le héros de cette aventure, échoué sur une île déserte voit un fragment de son refuge propulsé dans l’espace, pour se retrouver sur la plantée Vénus. Il sera recueilli par deux charmantes créatures qui lui feront faire le tour du propriétaire. Véritable catalogue de tout se que pouvait nous proposer les utopies de cette époque ( religion, alimentation, libération des moeurs, transport), le roman nous propose par le biais d’un voyage sur une autre planète le modèle d’une société idéale. Comme dans pas mal d’ouvrages de cette époque, la science permet de détecter les êtres anormaux avant la naissance et donc de les éliminer: race pure oblige.Mais comme pour cautionner un tic de beaucoup d’auteur d’alors, le héros va se réveiller transpirant dans son lit…tout n’était qu’un rêve!

André Mas toutefois,va préférer l’option d’une Vénus encore jeune et peuplée de créatures en passe d’évolution, les fameux «Bathacantropes », produit d’une évolution des grands batraciens. Il est assez amusant de les comparer à des sortes de « profonds » si chers à la galerie des créatures improbables de H.P.Lovecraft. Ici le monde à conquérir est vierge, ne va pas présenter de grosses difficultés à apprivoiser, si ce ne sont les caprices d’une nature par endroit relativement hostile mais que le génie humain parviendra bien à maîtriser. Certains passages décrits par l’auteur sont tout simplement extraordinaires, nous offrant une vison d’une planète avec ses propres constituants et composée d’une flore et d’une faune pour le moins exotique Il est rare pour l’époque de rencontrer cette option de la planète encore « vierge ». Bien souvent nous avons affaire à une réplique de la terre, bien souvent en mieux et ayant atteint une stade d’évolution que nous envions nous, pauvres terriens attardés, ou alors arrivée à son déclin et avertissant les intrépides explorateurs du danger de la science et de son utilisation à des fins destructrices.

Au début du roman il est également fait état d’une « cité de l’espace » et la description qui nous est donnée par l’auteur reste assez minimaliste mais dégage tout de même une force titanesque, une structure colossale et technologique, témoin de la science triomphante des hommes…mais principalement de l’Allemagne !

L’histoire est ici vécue et décrite,comme une véritable expédition dans des terres vierges et exotiques, une retranscription conjecturale de ce que les romans d’aventures et de voyages  pouvaient nous donner à l’époque dans les publications populaires ou les revues spécialisées dans les contrées éloignées et sauvages.

Relativement court, 88 pages une constante chez cet auteur, à lui seul le dernier chapitre « La conférence de Washington et le partage de l’espace » est un régal où le lecteur amusé suit le découpage de notre système solaire et de la déconvenue de certains pays comme les Etats-Unis et l’Angleterre qui ne récupèrent que les miettes de ce que l’Allemagne aura l’obligeance de lui accorder. Selon les sources de Bdfi un extrait de ce chapitre  fut publié dans le périodique Le Pionnier n°9  daté de septembre 1922.

J’espère que le volume consacré à André Mas sortira très prochainement chez « Rivière Blanche » permettant  enfin aux lecteurs d’avoir la chance d’accéder à ces deux romans introuvables et d’un intérêt certain.

De André Mas, nous ne savons que peu de choses. Cet auteur est surtout réputé pour avoir imaginé avec Drouet la fameuse « fronde géante » permettant de catapulter un astronef hors de l’attraction terrestre, fronde que l’on retrouvera dans le roman de Graffigny « Voyage de cinq Américains dans les planètes » :

« Mas et Drouet utilisèrent une roue de 80 mètres de diamètre amenée à une vitesse de rotation de 65 tours par seconde. Ce qui donne une vitesse tangentielle de 16000 mètres par seconde. A ce moment, il suffisait de lâcher un projectile qui irait droit dans l’espace. Les chercheurs avaient même calculé la puissance du moteur nécessaire: 200 chevaux (env. 150 kW, à comparer au 110 000 000 kW que développait Saturne 5 !). Un tel projet faisait l’impasse sur la résistance de l’atmosphère, qui aurait empêché tout départ de la cabine. Mais bien avant, la construction de la roue aurait donné des cauchemars au meilleur des ingénieurs mécanicien, la force centrifuge disloquant le bel ouvrage avant que la vitesse requise ne soit atteinte. D’autre part, en supposant ces difficultés résolues, cela ne changeait rien pour les passagers, qui seraient morts de toute façon, écrasés par la force centrifuge. »

En fin d’ouvrage il est possible de trouver un document assez intéressant où l’auteur nous présente une « esquisse bibliographique » avec les romans faisant état d’un voyage et d’une exploration d’une autre planète. Il consacre également une partie plus « scientifique » avec des ouvrages bénéficiant d’un crédit plus « respectable ». Ne figure ici que la partie « Littérature de l’imaginaire » se révélant être un indicateur non négligeable de la situation des « voyages vers les autres planètes » de cette époque. Probablement le tout premier essai du genre.

Il est ici reproduit tel quel

 

Esquisse de Bibliographie

 

 - Latin. Cicéron : « De natura deorum » (voyage en esprit).

 -  Grec. Lucien : « Voyage dans la Lune». (Une tempête).

 -  Allemand. Kircher : « Le voyage extatique». (Assistance d’un ange).

 -  Kepler : «Somnium ». (Voyage en esprit).

 -  Suédois. Swedenborg : « Voyage aux terres célestes» (Voyage en esprit).

 - Italien. Dante :«  Divine Comédie». (Voyage en esprit).

-  Français. P. Daniel : « Voyage au monde de Descartes».(Voyage en esprit).

- Cyrano de Bergerac : « Histoire comique des Etats et. Empires de la Lune et du Soleil » (Aimantation. Fusées. Dilatation des fluides par la chaleur).

-  Jules Verne : « De la Terre à la Lune ». (Canon gigan­tesque).« Autour de la Lune »(Id.)« Hector Servadac » (Collision d’une comète).

- Voltaire : «  ». (Connaissance des lois de l’univers).

- Boitard : « Voyage dans les planètes». (Assistance d’un esprit).

- Sylvain d’Eglantine: « Les Terriens dans Vénus». (Force magnétique).

- A. Galopin : « Le Docteur Omégar». (Cavorite, mot com­mun pour les substances impénétrables à la gravi­tation).

- De Graffigny-Le Faure : « Aventures d’un savant russe »(Bombardement atomique. Comète. Canon géant). Id. : « Les Robinsons lunaires » . (Hypothèse d’une atmos­phère terrestre très étendue).

- G, Le Rouge : « Le Prisonnier de la planète Mars ». (Lévi­tation). « La guerre des Vampires » (Mars à laTerre. (Eruption volcanique sur Mars).

- La Hire : « Le Mystère des XV ». (Radioplanes).

-  G. Laurie : « Selène C° Ltd ». (Augmentation de la force attractive de la Terre amenant la Lune à notre proximité).« Les naufragés de L’espace ».

- Lectures pour tous (1912) : « Au XXe siècle». (Radioplanes).

 - Blanqui :«  L’Eternité par les astres ». (La nature se répète. La Terre est multipliée dans le temps et l’espace des millions d’exemplaires).

 - Anglais. George Griffith : « Histoires d’autres mondes ».(Force antigravitationnelle).

- Astor : « Un voyage en d’autres mondes » (Ici.)

 - Edgar Poe, auteur d’ « Eurêka » : Poème cosmogonique. (Origine et fin des mondes. Dieu). « Hans Pfaal ». (Gaz plus léger que l’hydrogène et atmos­phère très étendue).

 -   H.G Wells : « La guerre des Mondes ». (Canon géant des Martiens),« Les premiers hommes dans la Lune ».(Cavorite).« L’œuf de cristal ». (Communication entre deux cristaux semblables et intervision.

 -  Roy Norton : « Les flottes évanouies ». (Cavorite).

 -  Mortimer Collins : « Le Roi » . (Incarnation).

 - Du Maurier : « La Martienne ». (Incarnation).

 

 Bibliographie de l’auteur

- « Les Allemands sur Vénus » de André Mas. Edition de la revue des indépendants. Vers 1910. Réédition éditions Apex, 2004,tirage limité à 250 exemplaires.

- « Dyrmea, monde de vierges »de André Mas. Editions Sansot R. Chiberre, 1923. Réédition Apex, 2004 tirage limité à 250 exemplaires.

- « Sous leur double soleil des dryméennes chantent » de André Mas.Librairie Attinger, Editions La Pensée Latine, 1922

 

Il est assez curieux que cet auteur n’apparaisse pas sur le rayon SF de Delmas et Julian. Mais il faut avouer que ces ouvrages sont extrêmement rares, et trouver l’ensemble de son oeuvre relève du miracle. Fort heureusement deux de ses textes majeurs furent réédités avec cependant un petit bémol : les tirages atteignent maintenant des prix prohibitifs sur le marché et sont presque aussi chers que les originaux !

 

Voyages à Vénus Bibliographie sélective.

- « Voyage à Vénus »  de Achille Eyraud  Michel Lévy Frères éditeur.1865.

- « Voyage sur la terre d’un habitant de Vénus », par Jules Rouquette.  Montpellier : imprimerie de Grollier et fils, 1880

- « Les terriens dans Vénus, vers les mondes stellaires » de Sylvain Deglantine. Editions Flammarion 1907. Il existe également une couverture illustrée du même ouvrage.

- « Les Allemands sur Vénus » Edition de la revue des indépendants.

- « Réve à Vénus, anticipation sociale » de Denis Parazols. Chez L’auteur. Imprimé à Marseille 1935. Illustré par Llano,Florez et Ixigrec

 

 

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« Le Cerveau Du Nabab » de Curt Siodmak

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 21 octobre 2012

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« L’avion personnel du milliar­daire américain, Warren Horace Donovan, un magnat de la fi­nance, un « cerveau » puissant, s’écrase en montagne, dans un coin désolé de l’Arizona.

Donovan est perdu. Le méde­cin, Patrick Cory, ne se fait au­cun scrupule de lui voler son cerveau pour poursuivre ses étranges recherches sur la cul­ture des tissus après la mort.

Mais Cory, dans son enthou­siasme, néglige la puissance mentale de Donovan. Privée de son support corporel, elle s’accroît prodigieusement, para­lysant Ja volonté de l’expérirnentateur dont elle fait son instrument.

Cory, devenu l’exécuteur des plans inachevés de la vie d’un autre, se trouve entraîné dans une aventure effrayante et fas­cinante. »

 

Ce Scénario, digne des films « d’épouvante » des années cinquante fut écrit par la plume inspirée d’un auteur qui compte à son palmarès une bonne quantité de films de science-fiction et de fantastique. Curt Siodmak est en effet connu en France pour au moins deux autres ouvrages relevant de notre domaine :

- « La mémoire du mort » (Editions Gallimard « Série noire » N° 1296) où un scientifique Est-allemand en passant à l’ouest va être grièvement blessé. Avant qu’il ne meure un savant tente la délicate opération de faire passer la mémoire de l’agonisant dans le cerveau de l’un de ses assistants.

- « La ville du ciel » (Editions Albin Michel « Super- Fiction » N° 11.1976) où un satellite artificiel tournant autour de la terre et qui devait être un centre de recherches, devient en réalité un lieu de plaisir pour gens fortunés. Un prototype avait été réalisé, mais celui-ci connaîtra un plus funeste destin, puisqu’il va servir de satellite prison. Une révolte va éclater…

 

« Le cerveau du nabab » fut traduit dans la mythique collection « Série blême » aux éditions Gallimard, recherché non seulement pour la qualité de ses textes où se croisent M.Davis, D.Goodis,W.Irish, mais aussi pour la rareté de ses jaquettes qui,pour d’obscures raisons , étaient systématiquement jetées ou presque par leur propriétaire. Avec un total de vingt deux titres entre 1949 et 1951, le roman de Siodmak fut un des rares à avoir ainsi traité d’un sujet plus proche de la science-fiction que du polar brut. Il faut pourtant se souvenir que Siodmak réalisa quelques films de SF dont un « Monstre Magnétique » (« The magnétic monster ») en 1953 dont les fans de films de genre se souviennent encore et produisit également quelques scénarios comme « Frankenstein rencontre le loup garou » (« Frankenstein Meets the wolf man ») de Roy Wiliam Neill en 1942, « Vaudou » ( « I walked with a zombi »)de Jacques Tourneur en 1943 et « La bête au cinq doigts »(« The beast with five fingers ») en 1946, superbe film de Robert Florey adapté de la nouvelle éponyme de Willaim F.Harvey ( Editions Seghers « Les fenêtres de la nuit »1983 pour l’édition Française) et dont je vous recommande chaudement la lecture.

Véritable touche à tout Curt Siodmak, reste assez représentatif de cette science –fiction de la moitié du XXéme siècle, où le progrès était synonyme de malheur et de destruction, une science au service d’hommes peu scrupuleux qui n’hésitaient pas à basculer du « coté obscur de la force » afin d’assouvir leur soif de pouvoir et de conquête. Le cerveau fut dans toute cette littérature, trituré, décortiqué, raccommodé,substitué, augmenté de volume…à croire qu’une sorte d’acharnement fut de mise à l’encontre de ce noble organe qui n’en finit pas de nous confondre et de nous étonner, mais qui par contre nous offre quelques exemples d’un genre quelque peu…échevelé!

 

Bibliographie du « Cerveau du nabab »

- Editions Gallimard « Série blême » N° 5.1949.

- Le livre de poche N°2710.1970.

- Editions Gallimard « Série noire » N°1027.1992

 

Filmographie du « Cerveau du Nabab »

- « The lady and the monster » de George Sherman.1944. Avec Erich Von Stroheim.

- « Donovan’s Brain » de Felix E.Feist. 1953.

- « Donovan’s brain » Episode N° 24 de la saison 7 de la série télévisée « Studio one ». Réalisé par Paul Nickell en 1955

- « The Brain » (« Vengeance » pour le titre Français) de Freddie Francis. 1962.

 

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