Le Merveilleux Scientifique à la BNF: Voir l’invisible !

Posté le Mercredi 17 avril 2019

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 Pendant fort longtemps, je me suis demandé quel symbole ou quelle image pourrait le mieux représenter le merveilleux scientifique. Disons par exemple que si d’aventure, et le mot est bien choisi, le club des Savanturiers se faisait l’émissaire de cette branche littéraire, et qu’il lui faudrait sélectionner une illustration pour l’envoyer dans l’espace afin de rendre compte à nos amis extraterrestres de son incroyable diversité, que nous faudrait-il retenir ? Si un ami me demandait par l’image : c’est quoi le merveilleux scientifique ? Que pourrai-je lui proposer ?
Autant de questions aussi futiles que délirantes, mais qu’il m’arrive pourtant de me poser. Si je ne devais retenir qu’un seul artiste, vers lequel faudrait-il me tourner ?
Un choix cornélien n’est-ce pas, face à l’immense production en la matière et si mon attention pendant fort longtemps s’est portée sur l’illustration du numéro de
L’almanach scientifique de la revue Sciences et Voyages de 1925 et sa célèbre couverture de Le messager de la planète de José Moselli, je dois avouer que la diffusion de l’image publicitaire de l’exposition de la BNF organisée par Fleur Hopkins Le merveilleux scientifique une science-fiction à la Française m’a quelque peu retourné le cerveau !
C’est en revoyant cette magnifique couverture affublée d’un titre aussi bizarre que mystérieux, que j’ai pleinement pris conscience de la toute puissance évocatrice de cette trinité du merveilleux scientifique qui trouve ici toute sa substantifique moelle entre l’auteur, le titre de son œuvre et son illustrateur. En effet, n’y avait-il pas plus judicieuse décision que de prendre, pour émissaire à cette exposition aussi inespérée qu’audacieuse, celui qui toute sa vie durant contribua non seulement à donner ses lettres de noblesse au genre, mais la théorisa en lui consacrant de nombreux articles et une étude devenue notre sainte bible à tous :  
Du roman merveilleux-scientifique et de son action sur l’intelligence du progrès 
Mais ce qui me fascine le plus dans cette illustration choisie par Fleur, c’est la pertinence du titre que Louis Bailly à fort habilement mis en couleur, composition qui vient ici renforcer le drame et le mystère de cette fascinante histoire d’homme « truqué ». Car le titre disais-je, est en parfaite cohésion avec le thème de cette exposition et dans ce terme de truqué il y a comme une intention volontaire de la part de l’auteur ,au-delà d’une simple altération , de ne pas mettre le lecteur en déroute pour ne pas le brusquer, pouvoir l’emmener à cette hypothèse audacieuse d’une  modification comme évolution du progrès et utiliser un terme qui s’approche plus du jargon de la magie que de la science. Comme dans la plupart des romans à hypothèse de l’époque, les auteurs vont bien souvent « truquer » les dés et nous proposer des solutions que seule une explication plus proche du merveilleux sera en définitive acceptable pour ne pas dire recevable. Entre science et merveille il n’y a qu’une étroite bande qui les sépare et ce trait d’union entre les deux mots n’est-il pas cette petite part de rêve qu’il nous faut savoir accepter si nous voulons aller outre notre scepticisme et de nos a priori afin de repousser les limites du possible ?
Maurice Renard le disait fort bien :


Entre les épaisses ténèbres de l’inconnu et le bloc lumineux de notre savoir, il y a une zone extrêmement captivante qui est le domaine de l’hypothèse, contrée fort mince où sont dardés tous les efforts des savants et des philosophes. Cela fait une espèce de halo fantômal. C’est comme la frange de la science, le duvet de la certitude. Là, s’agitent les personnages du roman d’hypothèse, là sont allumées ces lumières qui, toutes artificielles qu’elles soient, font pour ainsi dire rayonner la connaissance sur l’ignorance et nous donner, sinon le pouvoir même, du moins l’illusion ravissante de comprendre un peu l’inexpliqué.

C’est l’essence même de la magnifique couverture que nous propose Louis Bailly, où Jean Lebris semble revêtir l’apparence d’un mage en transe complète, image frôlant les représentations des spirites au siècle dernier qui, le visage impavide, partent à la découverte de mondes interdits que seuls les initiés peuvent atteindre. Renforcé par l’expression du visage aux yeux révulsés, il flotte autour de lui d’étranges sphères électriques qui sont autant de représentations d’un monde parallèle insoupçonnable à l’œil nu : Voir l’invisible !
De sa main droite tendue peut-être fait-il signe à son entourage de ne pas s’approcher, ou peut-être veut-il nous mettre en garde contre une force dont on ne mesure pas la portée : il est le symbole d’une mutation qui se veut nécessaire pour l’évolution de l’espèce humaine, mais qui ne se fera pas sans quelques sacrifices !
Cette illustration est d’une grande beauté , elle est la représentation type de toute une époque où sciences et merveilles se mélangent parfaitement, une osmose entre ce qui fut considéré comme de la magie, voir de la sorcellerie et la marche en avant du progrès qui avec un peu d’audace, de poésie et de fantaisie va permettre d’ouvrir toutes les portes de l’imaginaire et définir un genre , cette espèce de
halo fantômal cher à Maurice Renard ,concrétisant les bases du roman à hypothèse.
Plus je regarde cette couverte et plus je me sens envoûte, attiré vers cette autre dimension et vouloir partir à la recherche de cette dimension imperceptible à l’œil humain et que seules les merveilles de la science peuvent nous permettre de percevoir.
Oui cette illustration, c’est tout cela, le passé et l’avenir, le doute et les certitudes, le merveilleux et le scientifique et je ne peux que féliciter Fleur d’avoir eu autant de perspicacité dans son choix d’illustration, une preuve supplémentaire non seulement de ses goûts sûrs en la matière, mais également le signe d’une maturité dans ce domaine qui force le respect.
Je souhaite à cette exposition tout le succès qu’elle mérite parce qu’il fallait avoir une bonne dose de courage pour bousculer ce marasme dans lequel la littérature est plongée depuis trop longtemps et permettre de faire découvrir au grand public toute la richesse de notre patrimoine populaire et lui faire comprendre une bonne fois pour toute que la France possède sa propre histoire en matière de science-fiction, qu’elle est aussi très ancienne , d’une élégance folle , colorée, divertissante , amusante et surtout d’une richesse thématique que nous étions fort peu à connaître, mais qui désormais va se démocratiser. Un travail collectif pour lequel de nombreux passionnés agissent souvent dans l’ombre depuis de nombreuses années.

À l’image de cet Homme truqué il va être ainsi possible au public de voir l’invisible et un corpus d’œuvres cachées depuis bien trop longtemps.
Chère Fleur, un grand merci, cette exposition fera date dans les annales de la savanture et du merveilleux-scientifique . Maurice Renard s’il te regarde depuis son infra-monde, dois te percevoir avec toute bienveillance et fierté ;

Merci à tous les chasseurs de chimères qui se reconnaîtront c’est aussi un peu la votre , vous avez également toute mon admiration.

Lien utile : https://www.bnf.fr/fr/agenda/le-merveilleux-scientifique

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« RétroFictions » De Guy Costes et Joseph Altairac: L’objet de tous nos désirs!

Posté le Dimanche 14 avril 2019

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On avait l’habitude de dire naguère, dans le cercle un peu fermé des amateurs de conjectures anciennes, qu’il y avait un avant et un après Versins. Archiviste fou, lecteur acharné et amateur de science-fiction sous toutes ces formes, la parution en 1972 à L’âge d’homme de L’encyclopédie de l’utopie et de la science fiction, fut un véritable coup de tonnerre dans le milieu spécialisé car pour la première fois, un homme mettait au service de tous, la somme de toutes les informations qu’il avait patiemment collecté au cours de sa vie. Travail prodigieux qui pendant quelques décennies va attiser notre curiosité, titiller notre fibre de collectionneurs et surtout balancer à la face du monde littéraire un peu serré du cul, que notre imaginaire puise ses origines à une époque fort éloignée et que ce genre, longtemps décrié pour son coté populaire dans le sens péjoratif du terme, plus qu’un simple clignement de paupière dans l’histoire de la littérature est un genre bien affirmé, possédant ses codes, une histoire bien distincte et surtout un immense champ d’investigation. Par le biais de cette encyclopédie, le monde incrédule va découvrir que bien des auteurs qualifié de « solvables » en terme de respectabilité, se sont essayé à ce genre d’exercice avec un certain panache et que le premier prix concourt fut attribué en 1903 à John-Antoine Nau pour Force ennemie, pur roman de science-fiction.
Versins fut en cela un grand défricheur de l’imaginaire ancien, digne hériter d’historiens du genre tout aussi célèbre que Régis Messac et Jean-Jacques Bridenne. Si le premier sorti depuis quelques années de l’ombre grâce au travail de fond de son petit-fils, Olivier Messac, il semblerait que le nom du deuxième soit hélas condamné à l’oubli.
L’ouvrage de Versins est un monstre de connaissance, mais il possède l’avantage et l’inconvénient d’être le premier du genre. En effet au début des années 70, les passionnés étaient rares, les contacts assez difficiles et le genre n’avait pas encore fédéré tout un noyau de passionnés qui à l’heure actuelle communiquent par l’outil informatique, créent des groupes virtuels, alimentent des blogs. Ce passionné Suisse réalisa donc son travail de fond en solitaire, avec pour seul outil sa mémoire, les livres et objets divers qu’il avait collecté et quelques précieux contacts, comme Jacques Bergier dont nous retrouvons la correspondance dans l’indispensable ouvrage de Jospeh Altairac, Jacque Bergier l’aube du magicien volume 2 ( Éditions de L’œil du sphinx 2016) avec qui il échangea de nombreuses et précieuses informations avant de se brouiller définitivement avec lui. Nous voilà donc avec une copieuse encyclopédie, avec un nombre considérable de références, avec cependant un petit inconvénient : le manque de références, de collections, de dates de parution. De plus, l’encyclopédiste dans sa grande générosité accordait beaucoup de place à certains auteurs qui à mon humble avis ne génère pas forcément un enthousiasme fou, alors que d’autres sont juste cités pour ne pas dire ignorés. Mais attention, que l’on ne se méprenne pas sur mon avis, Versins reste et restera l’icône incontestée de notre domaine et son ouvrage restera toujours l’une des références du genre. Il lui manque à l’heure actuelle cette finesse de précision indispensable au chercheur acharné !
Si la découverte des œuvres citées dans ce pavé, relève souvent d’un véritable travail d’archéologue et d’une grande part de chance, il n’en reste pas moins une source de plaisir et de bonheur sans cesse renouvelée par la satisfaction de tomber peut-être sur LE texte rarissime.La vieille SF est un genre qu’il nous faut promouvoir et développer, car elle est non seulement le témoin des peurs, des appréhensions, des espoirs et de l’imaginaire de toute une époque, mais elle est aussi partie intégrante de notre patrimoine culturel. Arrêtons nos préjugés et ouvrons notre esprit à une « littérature différente » car totalement libérée de ses contraintes de style et ouverte aux possibilité infinies de notre imaginaire. J’aime reprendre cette phrase qui est en outre le titre d’un ouvrage de Jules Romain « Gloire à nos illustres pionniers. »
Depuis beaucoup d’eau a coulé sous l’immense pont de l’imaginaire Français et de
La littérature Française d’imagination Scientifique  de Jean-Jacques Bridenne à Ces Français qui ont écrit demain ( Honoré Champion 2013) de Natacha Vas-Deyres en passant par Panorama de la science-fiction de Jacques Van Herp (Marabout 1973) La science fiction en France de Simon Bréan ( Presse université de la Sorbonne 2012) et le magnifique ouvrage de Xavier Fournier Super Héros une histoire Française ( Huginn & Muninn 2014) , il est possible pour l’amateur éclairé ou le simple curieux d’avoir une petite idée de l’immensité et de la richesse de ce patrimoine culturel.
Mais en y réfléchissant bien et la lecture de tous ces ouvrages de référence dont je n’ai cité qu’une infime partie, ce qu’il manquait surtout au chercheur et passionné du genre, c’est un ouvrage de références pures, un dictionnaire où serait répertorié toutes les œuvres, romans, nouvelles, illustrations, revues, journaux…… afin de pouvoir non seulement s’y référer mais l’utiliser comme outil de recherche fiable lors de la rédaction d’articles, d’études, d’expositions, de tout support pouvant approcher d’une manière la plus exhaustive possible, le merveilleux scientifique. La concrétisation de ce rêve un peu fou a pu être réalisée par deux gars extraordinaires qui dans un premier temps se sont fait un peu les dents sur un premier pavé, qui fut croyez moi, une révolution dans le milieu des amateurs. Nos deux vénérables érudits de conjectures anciennes,Guy Costes et Joseph Altairac ,en réalisant cette première bible que sont Les terres creuses ( Éditions encrage 2006) fut l’occasion de nous ouvrir leurs prodigieuses bibliothèques et nous faire partager leur immense savoir en la matière. Cet ouvrage également unique en son genre est d’une incroyable richesse , s’affirme dors et déjà comme une référence incontournable, car au-delà de ce répertoire des ouvrages romanesques sur la terre creuse, c’est une « plongée vertigineuse » non seulement dans les mondes souterrains, mais également dans les nombreuses thématiques qui depuis les origines attisent l’imagination des écrivains. Bien souvent, l’exploration des gouffres est sujet à la découverte d’anciennes civilisations, de mondes perdus, de peuplades terrestres ou extra terrestres et pour cela il faut inventer des machines, des explosifs,des inventions qui vont changer le cour de l’histoire ou le destin de l’humanité, etc.… La particularité dans la conjecture ancienne, est qu’elle ne reste pas figée dans un seul thème et bien souvent pour un sujet sur lequel s’articule toute l’histoire, c’est un véritable catalogue d’inventions qui s’offre à nous. Voilà pourquoi l’ouvrage sur Les terres creuses est une véritable « mine » de renseignements où l’amateur du genre et ce, sur pratiquement 800 pages trouvera sur une écriture serrée, 2211 références indispensables dans notre domaine. Chaque titre s’accompagne d’un petit résumé ou d’un passage de l’œuvre concernée avec date de parution est surtout les références d’éditions. De nombreuses illustrations agrémentent ce volume qui débute par une passionnante étude sur les terres creuses face à la science et qui se termine par une analyse de l’ouvrage de Ronceray Paul La vengeance de l’abîme que j’avais en son temps chroniqué dans le « Bulletin » et d’un tout aussi intéressant article de Serge Lehman Par-delà le vortex
Malgré l’ampleur de ce projet finalisé avec brio, nos deux compères dont la gentillesse n’a d’égale que le brin de folie et de fantaisie qui ne semble ne vouloir jamais les abandonner , avaient en tête un projet encore plus démentiel : une encyclopédie ultime où serait répertoriée toute la conjecture romanesque rationnelle Francophone. Imaginez la réaction de leurs amis, de leurs familles, de ces passionnés qui d’un air contrit leur accordait un certain sourire compatissant tout en sachant qu’ils n’en verraient jamais le bout tellement le projet était ambitieux et titanesque. On en parlait, on savait que le projet allait probablement aboutir, mais comment fixer une date de sortie lorsque l’on est perfectionniste comme nos deux auteurs et que chaque jour qui passe est la porte ouverte pour la découverte d’un nouveau titre, d’une nouvelle illustration, d’un nouveau texte, aussi court soit-il, découvert dans une obscure revue ?
Fin septembre 2018, je vois débouler mon facteur un gros colis dans les bras. Il a pourtant l’habitude de me livrer des livres, mais cette fois, il me dit : C’est du lourd !
Il a raison le bougre et dans les deux sens du terme : un coffret contenant deux gros volumes pour un poids approchant les 5 kilos avec pas moins 11 086 entrées , plus de 1 000 illustrations pour un total de 2456 pages d’une écriture serrée . J’avais entre les mains RétroFictionS encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone : Tout un programme……et quel programme ! De Pantagruel de Rabelais au Calles, ou l’humanité souterraine du Docteur Ayme c’est plus de 400 ans d’ouvrages répertoriés qu’ils nous proposent dans cette monumentale encyclopédie. Lorsque le perfectionnement côtoie à ce point l’érudition, nous avons entre les mains l’ouvrage de référence par excellence qui non seulement va minutieusement répertorier chaque œuvre, mais en fournir un résumé, toutes les éditions accompagnées de leurs dates de publication. Afin de palier à la faiblesse de l’ouvrage de Versins qui ne possédait pas d’index, RétroFictionS se paye le luxe : d’un index thématique, d’un index alphabétique des titres et d’un index chronologique des titres.
Tout le monde s’accorde à dire que nous avons là l’ouvrage de référence par excellence, qui n’enlève rien à ce qui a été fait précédemment, mais qui vient ouvrir de nouveaux horizons pour la conjecture romanesque rationnelle, ouvrir de nouvelles portes et permettre à un public d’érudits ou bien qui avait toujours dénigré le genre, de prendre la pleine mesure de la portée extraordinaire du genre. Pour le novice, il est l’occasion d’avoir entre les mains un condensé de cet immense champ littéraire, pour le passionné, il est un moyen inespéré d’avoir accès à des milliers de références, fiables et complètes, même si par modestie nos deux amis trouvent quelques petites « failles » de temps à autres, et de pouvoir si nécessaire avoir un accès rapide à des données pouvant faire avancer nos propres recherches et éviter ainsi de passer à coté d’une œuvre introuvable ou tout simplement inconnue. Cette encyclopédie, outre le minutieux travail de référencement des romans, nouvelles, feuilletons, contes ……, se paye le luxe de répertorier les illustrateurs, les objets, les cartes postales, les assiettes enfin tout ce qui peut avoir attrait à la conjecture ancienne. À ce titre et personnellement j’adore l’index thématique, car il me permet, lors de mes propres travaux, de retrouver certains ouvrages que je ne possède pas ou que je n’ai tout simplement pas encore eu l’occasion de lire, ce qui rend ma tache bien souvent plus facile. Un ouvrage qui se savoure comme un grand nectar, en prenant tout notre temps car il est des plaisirs dans la vie qu’il faut savoir faire durer et en regard de la taille de la bête, cela va être délicieusement bon !
RétroFictions est une chance inouï pour l’amateur éclairé comme pour le simple profane , le plus beau cadeau que l’on pouvait nous faire, l’œuvre d’une vie, le témoignage de tout cet amour que deux passionnés ont généré pour le merveilleux scientifique, appelons le comme cela pour faire court, et qu’il vont sans nul doute continuer à perpétrer grâce à une œuvre aussi ambitieuse qu’aboutie , le témoignage de deux amis qui viennent ainsi cimenter à l’aide de ces deux pavés indestructibles la clef de voûte de l’immense édifice de l’imaginaire Français, Un travail qui ne peut que susciter le respect et notre éternelle gratitude, car il se veut le chaînon manquant de l’imaginaire ancien permettant d’assurer le passage de relais aux générations futures .
Le petit mot de la fin sera pour Jeam Tag et ses deux magnifiques illustrations de couvertures formant un diptyque incroyablement inspiré et d’une grande beauté graphique ainsi que pour les petites mains, les travailleurs de l’ombre qui se reconnaîtront et sans qui également ce travail n’aurait jamais vu le jour : vous avez également toute mon admiration et ma plus sincère reconnaissance.

Avant il y avait le Versins maintenant il y a ce que l’on nomme affectueusement le Costaltairac !

« RétroFictionS » de Guy Costes et Joseph Altairac, éditions Encrage septembre 2018 . Deux forts volumes sous coffret illustré par Jeam Tag.

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« La Vision Des Vikings » où la Marche en Avant du Progrès!

Posté le Samedi 5 janvier 2019

Dans le numéro 690 du dimanche 20 Février 1910 de la revue « Journal des Voyages » si le lecteur se laisse emporter par la magnifique couverture de Conrad pour la nouvelle de Victor Forbin « L’infernal passage » il lui faudra toutefois être plus curieux et pousser un peu plus avant son investigation pour découvrir une autre illustration en noir et blanc tout aussi remarquable de Georges Bellenger et illustrant quant à lui un très court texte reproduit ici et relatif aux légendes de la mer. Plus qu’un conte l’auteur, un certain Bonquart, nous révèle une vision prémonitoire, une histoire futuriste par sa chute et que l’on écrivait de façon régulière dans ce genre de publication. Véritable vivier pour les amateurs d’illustrations et d’images Savanturières que nous sommes, cette revue est pleine de ressource, une époque où l’artiste pouvait exprimer son talent sans limite et surtout avec un goût prononcé pour le fantastique et le merveilleux. Pour preuve cette vision complètement décalée , choc des civilisations et de la marche en avant du progrès !

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Roll, ce chef valeureux que ces compagnons ont surnommé « L’ours du Nord » , est debout, sur la plate-forme de combat élevée à l’arrière de son drake, et Roll est songeur laissant errer inconsciemment son regard sur la mer houleuse. Sur le pont du navire où il règne en maître, sont groupés ses compagnons,

Mille pensées confuses se heurtent en son esprit troublé.Qui donc lui donnera la puissance infinie qu’il rêve ?

Cette cuirasse qu’il porte, ce casque au lourd cimier, les javelots que lancent si loin et si fort son bras puissant, ce drake aux larges flancs qui le porte, tout lui semble devenu jouets d’enfant ; et Roll rêve de nefs géantes, rapides comme l’éclair et portant en leurs flancs la foudre sur lesquelles il s’élancerait à la conquête du monde.

Et il maudit la lourde barque dont il était fier et que sa voile pourtant gonflée, fait à peine glisser sur la mer.

Cependant la nuit vient, aucune terre n’est signalée encore, Roll rêve toujours….

Soudain des clameurs s’élèvent ; les vikings semblent saisis d’épouvante ; les uns s’emparent de leurs armes, les autres, trop affolés de terreur pour songer à la lutte, cherchent un abri dans la cale et tous se heurtent dans un désarroi indescriptible.

«  Qu’y a-t-il ? Et pourquoi craignez-vous ? S’écrie Roll, n’êtes-vous plus les farouches vautours du Nord, et ne suis-je pas Roll, votre chef ?

- Vois, lui dit un de ses compagnons, montrant du geste une vague silhouette qui s’avance vers eux menaçante.

Et Roll regarde, et Roll voit…..

Une masse gigantesque court sur les flots et grandit encore ; de hautes tours la dominent, et de ces tours s’envolent en un mugissements de lourds nuages d’une fumée noire que rougissent des lueurs de flammes. De ses flancs sortent, par des embrasures, de longs tubes d’acier, des barques aux formes étranges sont suspendues autour de ses bords sur de longs bras de fer . Et partout on voit passer ces ombres noires, nautonniers de cette barque infernale. La mer se brise en volutes énormes sur son avant, comme poussée par la tempête. Et le colosse , rapide, semble courir sur la mer….

Roll dans une extase revoit son rêve et ses compagnons groupés autour de lui, respectueux de son admiration pour l’étrange vision, l’entend dire tout bas :

« Voilà l’avenir qui passe ! »

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l'infernal passage

 

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Bonne Année 2019

Posté le Lundi 31 décembre 2018

Bonne et heureuse année 2019 riche en lectures et découvertes sensationnelles.

Merci pour votre fidélité

Bonne année 2019

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« Les Attracteurs de Rose Street » de Lucius Shepard: Qui a Peur Des Fantômes?

Posté le Dimanche 4 novembre 2018

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Fraîchement admis dans le très prisé « Club des inventeur » , Samuel Prothero jeune aliéniste dont la réputation reste à prouver est contacté par Jeffrey Richmond à la réputation sulfureuse. En effet, en cette fin du XIXéme siècle on voit d’un mauvais œil un homme aussi génial, vivre dans un quartier mal famé, entouré de miséreux et qui plus est dans un maison ayant servi de bordel pendant de longues années. Richmond lui propose d’asseoir sa réputation en proposant au jeune psychiatre une expertise qui pourrait se révéler déterminante pour sa réputation. En prenant ses quartiers dans l’étrange bâtisse, il découvre alors l’invention que son hôte vient de réaliser, une colossale machine capable de purifier l’air. Mais ce qu’il va découvrir rapidement, c’est que cette structure possède une propriété bien particulière, celle de faire revenir les morts ! Commence alors une étrange aventure où l’aliéniste découvre peu à peu l’étrange relation de Richmond avec sa défunte sœur, Christine, dont le spectre vient hanté la maison et du terrible secret lié à sa disparition prématurée. Commence alors un pénible travail de psychanalyse, ballotté entre une ancienne prostitué dont il tombe éperdument amoureux, un spectre qui supporte mal sa condition immatérielle et son frère qui cache un passé bien plus terrible qu’il n’y paraît. L’aliéniste, plus que sa raison, risque d’y perdre la vie dans un final d’apocalypse où «  L’attracteur de Rose Street » devient une porte ouverte sur le monde des vivants .

 

Dans ce court roman inédit proposé par la magnifique petite collection « Un heure lumière » , nous avons un texte, bien soigné, admirablement écrit et nous racontant la mise en abîme d’un homme qui va se retrouver détruit par sa propre invention. Au delà de cette thématique du « savant fou » , c’est une histoire d’amour et de mœurs que nous propose ici l’auteur dans un cadre victorien fort bien à propos, venant renforcer l’atmosphère délétère et de déchéance qui flotte dans cette sinistre demeure. En se faisant côtoyer plusieurs thématiques, histoire de fantôme et de maison hanté, c’est aussi un roman à caractère sociologique où nous est dépeint un société machiste complètement gangrenée par le cadre étriqué de la bienséance et du « quand dira t-on », du moins en apparence. Mais ce roman est avant tout une formidable histoire de possession, doublé d’une histoire d’amour où les personnages vont se retrouver prisonniers non seulement de leurs sentiments mais des remords d’un passé qui leur est impossible d’effacer. Malgré la taille de l’œuvre, les personnages ont une belle consistance et Shepard est parvenu à créer une véritable atmosphère étrange , proche de l’ oppression. Cependant, une question se pose à la lecture de ces 128 pages : Le roman dégagerait-il une telle force s’il avait été traduit différemment ? En effet il nous faut saluer ici le talent de Jean-Daniel Brèque dont on retrouve toute la minutie du choix des mots avec ce style qui lui est propre et que l’on retrouve avec délectations dans sa collection Baskerville, consacrée exclusivement au polar Victorien.Sous sa plume inspirée, le roman se révèle être d’une lecture plus qu’agréable, elle bonifie un texte qui à mon avis demandait un grande subtilité de traduction en regard de la thématique et de l’époque où se situe le roman . Certes, c’est un exercice dont il a grande habitude, toutefois un roman contemporain situé dans le passé avec le style de l’époque , voilà un défit qu’il était difficile à relever et les deux écrivains ont réussi à le relever haut la main et je puis vous assurer que « Les attracteurs de Rose Street » est la meilleur histoire de fantôme que j’ai eu l’occasion de lire depuis fort longtemps.

Sous une magnifique couverture d’Aurélien Police, voilà un petit roman dont le prix ridicule ne grévera pas votre budget et qui marquera certainement votre esprit de lecteur féru d’histoires de fantômes.

« Les attracteurs de Rose Street » de Lucius Shepard, Éditions Le Bélial collection « Une heure lumière » N° 15. Couverture d’Aurélien Police.

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« La voix des Morts » de Eric Bony: Une Aventure de Thomas Cazan , Journaliste de L’étrange!

Posté le Vendredi 2 novembre 2018

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Lorsque Thomas Cazan est contacté par une riche excentrique afin de se lancer sur les traces d’une curieuse machine à dialoguer avec les morts, septique au départ, il va par la suite se laisser entraîner dans une bien singulière aventure , jonchée de mystère, mais surtout d’un grand nombre de cadavres ! Il faut dire que l’on ne plaisante pas avec les morts et le héros du livre sait de quoi il parle, un drame douloureux lors d’une précédente enquête lui ayant ôté la présence du seul être au monde pour qui il avait un réel attachement. Mais la quête de cette mystérieuse machine ne va t-elle pas l’entraîner dans une histoire bien plus complexe qu’elle n’y paraît ? Pourquoi des hommes meurent-ils foudroyés par une fantomatique apparition, pourquoi une correspondance entre le célèbre Camille Flammarion et Thomas Edison suscite t-elle tant de convoitise, quels bénéfices la « Fondation Edison pour le Progrès » comptent-elle tirer de la découverte du fameux nécrographe et d’ailleurs cet appareil existe t-il vraiment ? Autant de questions que va essayer de résoudre le journaliste de la revue ENIGM , aidé en cela de manière indirecte par son ami policier le capitaine Bennoum qui va également faire les frais de cette incroyable aventure où se mêle d’une manière inextricable réalité et fiction, avec des enjeux pouvant avoir des retombées lourdes de conséquences, tant sur le plan scientifique que mystique.

Passionné des détectives de l’occulte et fortement impressionné par les deux précédents volumes d’Éric Bony (dont vous trouverez une chronique du premier volume « Le tombeau du diable » sur les pages de ce blog) j’étais donc impatient de me replonger dans les mystérieuses enquêtes de ce journaliste de la revue ENIGM . Fébrilité se mêlant avec une curiosité toute justifiée par la lecture récente d’un ouvrage de Philippe Baudoin, grand spécialiste de spiritisme, consacré au célèbre inventeur Thomas A.Edison et de sa peu connue machine à communiquer avec les morts : le nécrophone. Dans ce volume intitulé « Le royaume de l’au-delà précédé de Machines Nécrophoniques » l’auteur nous révèle le mystérieux parcours de cette invention hors norme et de la relation existant entre le milieu scientifique de l’époque (nous sommes au début du XXéme siècle.) et le monde spirite, mais surtout les différentes « machines » qui furent imaginées afin d’établir un contact avec le monde des morts. D’ailleurs, Eric Bony ne manque pas de remercier Philippe Baudoin, de lui avoir révélé par l’intermédiaire de cet ouvrage, l’existence du nécrophone et par voie de conséquence d’avoir contribué quelque part à la réalisation de « La voix des morts ». Mais une simple idée ne suffit pas à écrire un bon roman, encore faut-il tout le talent d’un auteur pour réaliser ce subtil mélange permettant au lecteur de se faire happer dès la première page et de le tenir en haleine jusqu’à la dernière. Il y a des talents comme ça qui réussissent ce pari de cette curieuse alchimie entre les genres et construisent une aventure qui vous accroche dés le premier chapitre en vous disant que, quoi qu’il arrive, vous ne lâcherez pas le livre.
Probablement, qu’il a joué sur la corde sensible du Savanturier que je suis depuis fort longtemps , mais il faut avouer que tous les ingrédients sont réunis pour me satisfaire tout en poussant de petits gloussements de satisfaction .L’amateur de curiosité littéraire trouvera donc dans ce volume de 300 pages, un habile mélange de polar ésotérique, de fantastique, d’aventure et de ……merveilleux scientifique ! Car voyez-vous les amis Eric Bony s’est fait plaisir en introduisant des éléments historiques pour agrémenter son récit, on y parle entre autre de la découverte d’un ancien tunnel sous la manche, mais le lecteur stupéfait va également se trouver au cœur d’une intrigue sous l’emprise d’une puissante société occulte, sans oublier l’intervention de personnages ayant marqués il y a fort longtemps les esprits scientifiques et littéraires, dont Camille Flammarion et Jules Verne en sont les plus célèbres représentants. Que le lecteur avide de situations qui frisent le rocambolesque et le populaire se frottent également les mains, car le personnage le plus charismatique du roman d’aventures y trouve également une place de choix avec une découverte sensationnelle qui va ajouter un énorme plus à ce roman déjà riche en rebondissements.
En jouant habilement avec les grands classiques du genre, l’auteur nous livre dans cette troisième enquête de Thomas Cazan, digne successeur de Carl Kolchak (les amateurs de la série « Dossiers brûlants comprendront) un roman digne de figurer dans toutes les bibliothèques des Savanturiers, car il est la synthèse de tous les genres que nous apprécions tous et dont la thématique du détective de l’occulte et du merveilleux scientifique en son les saveurs probablement les plus appréciées des amateurs.
Le seul bémol reste la couverture, qui ne rend pas hommage à ce magnifique bouquet d’imaginaire que nous propose Eric Bony. Son coté photo montage « cheap » tenterait plutôt à décourager si nous ne connaissions pas ce nouveau héros des détectives de l’étrange et de tout le talent de cet auteur dont nous attendons avec impatience la suite de ce très plaisant « La voix des morts »

« La voix des morts » d’Eric Bony. Edition City Thriller 2018.


Dans la même série lire également « Le tombeau du diable » et « La musique des ténèbres » les deux précédentes aventures de Thomas Cazan, journaliste de l’étrange.

la voix des morts

 

 

 

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« Jules César » ou Comment Voyager Dans Le Temps En S’amusant. De A.Grandazzi, S.Tamaillon & A.Meteignier

Posté le Dimanche 21 octobre 2018

Lorsque Stéphane Tamaillon publie un ouvrage jeunesse, il faut toujours s’attendre à ce qu’il y ait un soupçon d’imaginaire et ce n’est pas la parution de « Jules César, une visite au musée des temps passés » qui viendra ici me contredire, Jugez plutôt par vous-même avec le début de l’histoire :

« Le 15 Mars 2144, la classe de Mme Nosco embarque à bord de l’aérobus de l’école , direction le musée des temps passé, L’apparie survole la ville en un éclair, ou presque, Quelques minutes plus tard, le véhicule atterrit devant un grand bâtiment de verre et d’acier. Terminus tout le monde descend ! »

Les deux héros de cette trépidante aventure, Alpha une jeune fille et Oméga son équivalent masculin, doivent faire une visite du musée et à l’aide de leur tablette, préparer un exposé dont le thème sera : Jules César ! Un peu bougons, les deux enfants commencent la visite du musée à la recherche de précieux indices et vont faire la rencontre d’un curieux gardien qui leur propose pas moins que les clefs d’une machine à voyager dans le temps ! Celle-ci à la possibilité de les rendre invisibles et de pouvoir donc en toute liberté, aller espionner nos ancêtres du passé. Pas le temps de dire « ouf » et voilà nos deux explorateurs temporels lancés sur les traces du plus célèbre des empereurs romains.
Un voyage extraordinaire et périlleux, où les deux intrépides adolescents vont faire bien des découvertes pour se faire rappeler à l’ordre par leur institutrice qui inquiète de leur longue absence, va revêtir un scaphandre temporel pour aller les récupérer le jour de l’assassinat de Jules César et les ramener dans le futur afin de réaliser un magnifique exposé suscitant l’admiration de tous les élèves.

Une histoire de voyage dans le temps se voulant à la fois divertissante et didactique et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à parcourir les pages magnifiquement mises en scène par Alice Meteignier, collant parfaitement avec le texte. Chaque mot difficile ou technique est écrit en rouge (surtout concernant les « termes » de la Rome ancienne) et vous invitant à vous rendre en fin du volume composé d’un lexique, mais également d’un dictionnaire des personnages cités dans le volume, sans oublier une précieuse chronologie des événements entre la naissance de César et sa fin tragique,
J’ai, dans cette histoire, redécouvert des choses que j’avais complètement oublié, ou d’autres que je ne savais pas comme l’apparition de la comète de Halley l’année de la mort de César, signe dans lequel les Romains virent l’affiliation du défunt à une divinité.
Au final un excellent cours d’histoire en s’amusant et qui plus est, purement de science-fiction, un moyen supplémentaire d’apprendre en se divertissant et une nouvelle approche ludique des immenses possibilités de notre imaginaire.
Un grand bravo aux trois collaborateurs de ce voyage dans le temps, belle mise en pages, beaux dessins et texte en parfaite adéquation avec un jeune public, un bel outil de travail vivant et amusant qui devrait réconcilier les plus irréductibles avec les cours d’histoire 

« Jules César, une visite au musée des temps passé » de Alexandre Grandazzi & Stéphane Tamaillon, Dessin de Alice Meteignier. Éditions Perrin/Gründ.

Jules César

jules césar machine temporelle

jules césar verso

 

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Le Novelliste N°2: Magnifique Osmose Entre L’ancien et le Nouveau!

Posté le Lundi 17 septembre 2018

 

le novelliste logo

Reçu le numéro 2 de la la revue « Le Novelliste » et le moins que l’on puisse dire c’est qu’une fois de plus l’ami Léo Dhayer et Lionel Evrard a mis les petits plats dans les grands avec un sommaire plus que réjouissant: Kriss Vila, Christine Luce, André-François Ruaud ( belle nouvelle fantastique emprunt de nostalgie), Pierre-Paul Durastanti (Interview sur la collection Pulp’s) Arthur Conan Doyle, Lyon Sprague de Camp ( longue nouvelle inédite) , un superbe texte de Alain Dartevelle ( Sublime hommage à Jean Ray) un Port-Folio de Fred T.Jane et sa vison de l’avenir , la deuxiéme partie de « Hartmann l’anarchiste », un excellent article de Fabrice Mundzik « Les réseaux sociaux du dix-neuvième » (faisant suite à une nouvelle de Camille Lemonnier) plus d’autres nouvelles toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Comme à son habitude , cette magnifique revue est très éclectique en mélangeant auteurs anciens et modernes et les amateurs de publications à « 10 sous » seront ravis avec une importance toute particulière accordée aux « pulp’s » ( qu’ils soient français ou états-unien) avec entre autre le très intéressant article de Christine « La fiction à deux sous ».
Après une fort belle présentation du rédacteur en chef « Vous avez dit Pulp » et du chemin pris par « Le Novelliste » et de sa mise en valeur d’auteurs oubliés ou non , mais surtout de rééditer des textes importants pour notre patrimoine populaire de l’imaginaire, laissez vous emporter par la magie et la pertinence de cette revue dans un monde éditorial parfois aseptisé, sortez des sentiers battus avec ce bel objet dans un magnifique écrin orchestré par Hannes Bok.Je suis certain que vous allez être surpris et transporté vers cette littérature dite marginal mais qui nous prouve par le présent volume qu’il nous reste encore plein de choses à découvrir. J’ai pour ma part été enchanté d’admirer les magnifiques compositions de Heinrick Kley artiste Allemand génial, dont j’ignorais jusqu’à l’existence et qui vient de rejoindre ma liste d’illustrateurs préférés. Tout cela pour 12 Euros, il serait sacrilège et anti-Savanturier de laisser filer une si belle occasion de parfaire votre culture de l’imaginaire.

le novelliste 2

le novelliste verso

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« Femmes D’Argile et D’Osier » de Robert Darvel: L’Aventure, Toujours………

Posté le Mercredi 12 septembre 2018

femmes d'argile et d'osier logo


- « Ne dirait-on pas des bris de céramiques géantes ? Avança Hary Foote,
- Plutôt des caillots noirs vomis par les ruptures hémorragiques d’une civilisation cyclopéenne, non ? Lui opposa le chirurgien Erving »

Lorsque le 24 Juillet 1911,Hiram Bingham « découvre » les ruines du Machu Picchu, il était loin de percevoir l’impact de cette incroyable et improbable mise au jour du site archéologique le plus célèbre au monde. Car voyez vous l’histoire a pour malice de nous révéler que les choses qui restent en surface et loin de vouloir gratter au plus profond de ses couches successives, elle préfère nous raconter l’aspect le plus crédible des choses, tout ce que le public sera prêt à recevoir sans un haussement de sourcil ou une rire sarcastique. Chers Amis, les livres d’histoire nous mentent ! Pour preuve cette immense farce qu’est la découverte de l’Amérique et comme il est plus compliqué de revenir sur des prérequis vieux de plusieurs décennies, le choix sera de vouloir se cacher la face et continuer de nous bercer de la douce illusion de nos petits acquis intellectuels. Fort heureusement, il existe des hommes qui prenant leur courage à deux mains, n’hésitent pas à révéler à un public souvent naïf, l’incroyable vérité, au risque d’émousser sérieusement leur solide réputation. Robert Darvel est de cette trempe-là et, armé de toute une pile d’ouvrages scientifiques, d’études ardues pour le commun des mortels et de vieilles cartes qu’il vous faut déplier avec d’infinies précautions, cet homme disais-je, va se plonger au cœur même de l’aventure et suivre les trace de cet intrépide explorateur dont une poignée d’individus à peine, connaît la véritable histoire des « Femmes d’argile et d’osier ».
C’est avant tout un roman d’aventure avec un grand « A » que nous livre ici l’auteur, loin des artifices et des phrases maintes fois rabâchées, car plus que se faire le biographe d’un intrépide explorateur, il va réaliser un tour de force graphique, mais pas n’importe lequel car voyez-vous, l’écriture ça se mérite comme il en va de même avec cette génération d’hommes intrépides qui firent la gloire du cinéma et de nos bibliothèque. Ouvrir un tel roman, c’est vivre de fait une double expérience, celle de suivre les traces imaginaires de ce qui est peut-être arrivé (thèse valable à défaut de preuves contraires) mais surtout ne faire qu’un avec le style inimitable de cet explorateur du vocabulaire, savanturier hors pair de la narration qui vous emporte dans son verbe aussi enivrant que les fleurs exotiques qui abondent dans la jungle de ces contrées lointaines. Bien entendu, comme je l’ai déjà lu sur la toile à propos de son roman, on pense aux films de Herzog et au tout récent « The lost city of Z » de James Gray, tant dans le roman, la foret est perçue comme une entité vivante, prête à nous engloutir à notre tour, mais ce serait trop réducteur et ne pas regarder également du côté du réalisme fantastique sud-américain et de ces auteurs qui sonnent à nos oreilles comme autant de promesses de savoureuses et hallucinantes lectures, une erreur impardonnable : Borges, Marquez, Sepulveda,Varga Llosa………
Tout dans cette aventure fleure bon les auteurs de ces pays que l’on a tendance à oublier, mais qui pourtant imprègne notre imaginaire d’une façon pérenne tant leur style narratif est d’une puissance rare et leur approche de l’imaginaire est en parfaite osmose avec cette nature qui à l’image du shintoïsme au Japon, est partout et ce bien avant que n’apparaisse la toute première ébauche de l’homme. Pour avoir passé quelque temps au Pérou, j’ai retrouvé avec plaisir l’odeur de la terre et de la végétation, la fureur et la majesté de l’Urubamba , le contact avec les habitants locaux, si fiers de leurs racines et qui portent encore sur leur visage toute la noblesse et la beauté d’une civilisation à la gloire passée, éradiquée par un pays « civilisé » affirmant son arrogance de conquérant à coup de mousquets et de crucifix. Le roman de Robert Darvel possède cette particularité de nous transporter dans un univers incroyablement bien construit , « dicté par une logique où effectivement des éléments perçus et décrétés comme  magiques , surnaturels, voire irrationnels surgissent dans un environnement défini comme réaliste, à savoir un cadre historique, géographique, ethnique, social ou culturel avéré », mais avec sa manière à lui baignée dans un onirisme qui lui est propre, généreux en diable lorsqu’il lui faut placer ses personnages dans des situations où cette fameuse frontière entre le réel et l’imaginaire nous enveloppe de cette brume d’une formidable densité tant sa matière est chargée des mystères de la terre. C’est un roman unique où le réel s’imprègne peu à peu de toute la magie d’une civilisation ayant toujours entretenu un rapport étroit avec la nature, où les dieux reposent d’un sommeil tout relatif et dont les rêves projettent les vivants dans un univers fait de femmes aux corps parfait d’argile et d’osier. On se laisse emporter par cette frénésie surréaliste et si l’action laisse souvent la place à un exercice de style où la beauté des décors n’a d’équivalent que les situations extrêmement bizarres dans lesquelles se débattent nos intrépides explorateurs, cet univers à la fois dangereux et fascinant est une porte ouverte vers un monde insoupçonné, régit par ses propres lois, sa propre logique.
Franchir cet œil du monde pour évoluer dans « l’en deçà », c’est mettre les pieds où le lecteur doit abandonner tout ses repères, admettre l’impensable, écouter parler les pierres, tomber sous le charme de femmes aux corps subtils que seuls les initiés peuvent discerner, affronter les terribles gardiens du temple, hommes de métal et de rouille et atteint d’un mal encore plus dévastateur : une terrible malédiction qui va les obliger à renaître encore et toujours et rester prisonnier de leur misérable carcasse, ossature de métal grossier dans un monde aux fragrances subtiles. Lire une telle aventure, c’est admettre qu’un homme, unijambiste, trouve sa force dans un scaphandre trouvé en pleine jungle et terminer son formidable périple par un nouveau membre accordé par dame nature et qui tel un lierre doué d’une conscience propre va finir par l’assimiler et ne faire qu’un avec lui. Poupées dotées de conscience, muletier capable de se dissocier tel un pantin de bois…….. Une imagination sans limite, poussée dans ses plus magnifiques retranchements afin de sublimer une expédition de légende dans un cadre hostile et sans concession, mais pouvant se révéler d’une grande richesse pour celui qui parviendra à ouvrir ses propres portes de la perception.
Heureux lecteur se laissant aller à cet inoubliable périple, se fondre dans la masse et plonger au cœur de cette forêt aux multiples facettes, il lui sera alors possible de ressentir la métamorphose des protagonistes de l’histoire, pris au piège de cet univers qui vous hypnotise et vous paralyse tout en les laissant s’imprégner de cette douce chaleur, cataplasme onirique apaisant leurs muscles endoloris. Leur devenir ne sera plus le même en prenant pleinement conscience que les ruines du Machu Picchu ne sont que futilités face à la délicatesse d’un monde qu’ils seront probablement les seuls à revendiquer.
Nul doute qu’une fois de plus, l’auteur nous livre ici un roman d’aventure avec ce qu’il possède de plus noble et de plus jouissif pour le lecteur qui se respecte ,une merveilleuse pépite, un ovni littéraire, serti dans un écrin de la plus belle élégance que les amateurs éclairés n’hésiteront pas à enfermer dans leur coffre à bijou/bibliothèque.
Une magnifique légende vient ici de naître, celle des femmes d’argile et d’osier dont je viens de tomber amoureux et qui pendant fort longtemps, viendront entretenir cette passion pour l’imaginaire français qui de marquer un grand coup.
Qu’il est bon de temps à autre de sortir, à l’image de Hiram Bingham , des sentiers battus et de se laisser aller à découvrir des territoires vierges, mais riches d’une prose et d’un imaginaire rarement rencontré.

Robert Darvel me fait penser à un volcan, calme en apparence mais bouillonne intérieurement et lorsque jaillit l’éruption c’est pour nous submerger d’un feu intérieur , une coulée de mots d’une beauté époustouflante et qui avance inexorablement mû par une force tranquille et dont le passage ,bien des années après,laisse les traces de son extraordinaire puissance.

« Femmes d’argile et d’osier » de Robert Darvel. Publié par les moutons éclectiques sous une magnifique couverture panoramique de Melchior Ascaride.

femmes d'argile et d'osier

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Vous en Réviez: Guy Costes et Joseph Altairac l’ont fait!

Posté le Jeudi 6 septembre 2018

Après un monumental ouvrage sur les terres creuses, voici que nos deux plus brillants spécialistes de l’anticipation ancienne récidivent avec un monstrueux  et incroyable coffret qui va faire passer bien des nuits blanches aux amateurs du genre: Incontournable!

Deux volumes reliés sous coffret

« Auteurs du monumental essai bibliographique Les Terres creuses (2006) consacré aux mondes souterrains imaginaires, Guy Costes et Joseph Altairac explorent cette fois, avec Rétrofictions, les domaines de l’utopie, des voyages extraordinaires, du merveilleux scientifique et de la science-fiction ancienne, en reprenant à leur compte le concept unificateur de « conjecture romanesque rationnelle » théorisé par l’encyclopédiste Pierre Versins.
Cette entreprise ne constitue cependant pas une simple mise à jour de sa célèbre Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction (1972) : en effet, Rétrofictions concerne exclusivement les productions francophones, mais recensées dans une perspective d’exhaustivité, à partir de 1532, date de publication du Pantagruel de Rabelais, jusqu’à la création en 1951 du « Rayon Fantastiquec» et d’ « Anticipation », premières collections françaises de science-fiction.
L’ouvrage propose près de 5000 entrées onomastiques consacrées aux auteurs de 11000 occurrences dans des genres et sur des supports les plus divers (littérature, poésie, théâtre, bande dessinée, illustration, cinéma, radiodiffusion, carte postale, assiette ornée, etc.), oeuvres dont l’appartenance à la conjecture rationnelle se trouve à chaque fois justifiée par un extrait ou un descriptif, accompagnés de données bibliographiques précises. La reproduction de plus de 1000 documents iconographiques témoigne de l’importance accordée par les auteurs à l’illustration au sens large.
Enfin, un imposant index thématique achève de faire de Rétrofictions un ouvrage de référence et un outil indispensable aussi bien à l’amateur et au collectionneur qu’au chercheur travaillant sur l’histoire et l’évolution de la science-fiction francophone sous toutes ses formes. »
Illustration de couverture de Jeam Tag.

C’est ici: https://www.lesbelleslettres.com/livre/3759-retrofictions

retrofiction

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