L’anticipation Ancienne : « Une Histoire D’amour »

Posté le 21 juillet 2010

 

Séquence « état d’âme » afin de changer un peu avec le ton habituel de ce blog,car cette passion pour l’anticipation ancienne est avant tout une histoire d’amour avec le papier, le livre et la conjecture ancienne bien sûr : petit hommage!

La lecture est une maladie, le seul remède contre la lecture…….vous connaissez le reste. Mais je crois que contrairement à d’autres virus, la contamination est une sensation très agréable dont on se laisse facilement imprégner.

Avoir un contact avec un livre, son odeur, le bruit des pages que l’on tourne, le chatoiement de certaines couvertures sont vraiment des sensations particulières, une intense « communion » qu’il nous sera impossible de ressentir avec un livre numérique. Je sais que lorsque je trouve un volume, depuis longtemps convoité, c’est un moment unique qui me procure une joie indescriptible.

Il est difficile de parler avec quelqu’un qui ne connaît pas la joie de tenir un tel objet entre les mains et de lui faire partager de telles émotions. Je n’étais pas prédestiné à ressentir un tel attachement pour ce simple objet si anodin en apparence. J’ai toujours été réticent dans ma jeunesse à me lancer dans ses longues heures de solitude et de me plonger à la découverte d’univers imaginaires et de territoires inconnus et terrifiants. Mon père avait pourtant essayé de me convertir en m’achetant, le classique des classiques « L’île au trésor ». Je fis la moue en découvrant le volume, bien enveloppé dans son papier cadeau. Je pensais plutôt à une bande dessinée, à l’époque objet de mes convoitises. Je n’étais pas prêt, je ne savais dans quels mondes merveilleux, on voulait me conduire et me guider.

Il faudra bien des années pour que je finisse par rencontrer le véritable amour, le roman qui allait transformer ma vie et ouvrir mes yeux et mon esprit sur un royaume insoupçonné.

A présent, lire un excellent roman, illumine mes journées, j’ai vraiment l’impression que cela m’apaise, c’est un excellent remède à la monotonie, à la grisaille qui nous entoure. Je rentre également dans la catégorie de ceux qui trimbalent toujours un livre sur eux, chez le médecin, le bus …..

C’est un compagnon fidèle qui me coupe du monde, avec qui la notion du temps n’existe plus. L’écriture et donc le livre est sans contexte la plus belle création de l’homme, un objet sublime que je respecte par-dessus tout.

Paradoxalement depuis tout petit, même si je n’étais pas un lecteur exemplaire, j’ai toujours adoré le mot « bibliothèque », Je lui trouve une rondeur et un équilibre parfait, un mot riche de promesses, de sensations de voyages et de découvertes. A présent ce simple mot est synonyme d’un endroit familier et amical, un lieu de réflexion et d’inspiration. J’aime la compagnie des livres, leur présence me rassure et me réconforte.

Je pense que j’ai toujours aimé le livre, en tant qu’objet, avant de l’apprécier pour la qualité de son contenu. Il a toujours fait partie intégrante du monde dans lequel je vivais et a toujours exercé sur moi une grande fascination, bien avant que je ne comprenne l’importance qu’il aurait sur ma vie bien des années plus tard.

Très souvent lorsque je trouve un livre au hasard de mes nombreuses chines, je m’imagine le périple extraordinaire qu’il a effectué avant de se retrouver entre mes mains. Dés sa sortie de l’imprimeur, ce fascicule de « La guerre infernale » cet exemplaire des « Mystères de demain » ou alors cette reliure de Calvet « Dans 1000 ans » ou le sublime « La guerre des mondes » illustré par Alvin Corêa. Dans quelles mains sont-ils passés, dans quelles bibliothèques ont-ils été rangés ou dans quelles caves ou greniers ont-ils été oubliés.

Le genre de morceau de papier qui a survécu à deux guerres aux bombardements, à l’occupation, aux incendies et aux inondations. Le livre est une chose fragile et vulnérable, capable de résister à tout mais aussi disparaître en un instant. J’ai souvent l’impression d’être le dépositaire et le gardien de tout un univers voué à la destruction.

La moindre petite édition populaire, fait pour moi office d’incunable que je garde jalousement sur le bois de mes étagères. Mais il ne faut pas croire que je suis un maniaque obsessionnel qui ferme son bureau à double tour (le mien ne possède ni portes ni serrures) la lecture est une découverte et un partage et je n’hésite pas à prêter mes ouvrages car je part du principe que la culture doit être ouverte à toutes et à tous.

Je suis vraiment chagriné lorsque je constate que souvent cette passion de la lecture et plus particulièrement de la vieille sf, est de plus en plus restrictive car faute d’éditeurs courageux, et de ce fait, toute une jeune génération restera probablement dans l’ignorance d’une telle richesse littéraire. Les éditions originales sont de plus en plus fragiles, difficiles à trouver et donc relativement chères sur le marché.

Le genre serait-il condamné à cause d’une tendance à la spéculation, un dédain d’une élite d’intellectuel qui considère toute cela comme un sous genre indigne que l’on s’intéresse à lui ou bien les lecteurs sont-ils trop pédants pour oser reconnaître que derrière ces couvertures parfois un peu criardes, se cachent de véritables œuvres originales et parfaitement abouties?

Quoiqu’il en soit, rien ne pourra remplacer le plaisir, certes parfois un peu égoïste, de tenir entre mes mains ces vieux ouvrages, si fragiles mais que je trouve si beaux, témoins de toute une époque où l’écrivain voyait en l’avenir de l’homme, malgré sa folie, son arrogance mais son indéfectible créativité, des jours optimistes et radieux.

Longue vie à tout cet univers de papier, de chimères de rêves et de fantaisies dans l’espoir que toute une nouvelle génération puisse reprendre le flambeau afin que vive aussi longtemps que possible toute cette mémoire de notre passé.

 

 

L'anticipation Ancienne :   sanstitre3ni dans la vieille sf et moi

Il n'y a actuellement pas de commentaire pour cet article.

Laisser un commentaire