« Jeanne D’Arc contre le maitre des vampires » Un Hommage de Robert Darvel à la Littérature Populaire

Posté le 5 décembre 2010

Si le titre peut vous sembler quelque peu bizarre, impliquant un contexte des plus improbable, je pense que si vous êtes comme moi amateur de bizarreries littéraires, cette aventure est faite pour vous.

Nous avons déjà eu le plaisir de nous « frotter » à la plume talentueuse de Robert Darvel lors de ses précédentes incursions dans l’univers extraordinaire de Harry Dickson et de nous rendre compte à quel point le lascar s’y entend en atmosphères référentielles, en situation originales et fantastiques bref un langage des plus prolixe pour un genre qui au premier abord semble relativement aisé mais dont les continuateurs dignes de ce nom se comptent sur les doigts….d’une main !

Déjà pour le spécialiste en la matière, le pseudonyme du personnage devrait évoquer d’agréables souvenirs, peuplés de voyages dans l’espace par la seule force de la pensée, de vampires « Marsiens », d’aventures extraordinaires aux confins des mondes connus et inconnus. Car en fin connaisseur de littérature populaire et en amateur inconditionnel de tout un courant littéraire appelé « merveilleux scientifique », c’est un brillant hommage que l’auteur va ainsi rendre au travers des incroyables aventures de notre pucelle nationale. Revisiter ainsi l’histoire de ce symbole inaltérable et immuable, cela tenait du prodige voir du miracle, et pourtant….

Il faut dire que dés le départ, le pari n’était pas gagné car en l’espace de 32 pages, de rigueur pour ce formidable « éditeur de fascicules », raconter la genèse de cette l’héroïne, qui par un incroyable destin va rencontrer Jean De La Hire le « Roi des boy scouts », affronter le grand maître des Lyges, de redoutables vampires qui se cachent sous Orléans, se dédoubler afin de poursuivre son incroyable périple alors que « l’autre Jeanne » va connaître son funeste destin, voir son corps se couvrir entièrement d’un carapace métallique, réunir d’autres Erloors (nom donné aux chefs des vampires) et de leur permettre de retourner sur Mars par une technique des plus inhabituelle, il fallait en avoir de l’inspiration !

Mais l’auteur, en passionné du genre parvient par une étrange et formidable alchimie du verbe, à mélanger éléments historiques et culture populaire, grâce à une parfaite connaissance du sujet et d’un merveilleux sens de l’à-propos, qualité indispensable à ce genre d’exercice.

On retrouve chez Robert Darvel, tout le charme, la truculence et l’imagination débordante que l’on pouvait attendre et souhaiter dans ce pari aussi fou que celui de réécrire l’histoire de Jeanne d’Arc version littérature populaire. Les clins d’oeils ne manquent pas et les mordus du genre, tout comme les autres d’ailleurs car ce n’est pas une œuvre « élitiste », ne pourront que se délecter des nombreuses allusions faites à Gustave Le Rouge et ses fameux Erloors, à la planète Mars peuplée de Vampires qui se nourrissent de sang, à Jean De La Hire et la saga du « Roi des boy scouts », à l’Atlantide….pour se terminer en apothéose magistrale où nous assistons, la lippe pendante au départ de Jean De La Hire à bord de « La roue fulgurante ». Une épopée qui va à cent à l’heure où l’on n’a pas le temps de respirer.On se laisse emporter par une imagination aussi débridée et ici la lecture coule d’une façon abondante et soutenue, à l’image des pertes sanguinolentes de la malheureuse Jeanne…Tout un programme !

D’ailleurs, il semble que ce liquide vermeil symbole de vie et de mort, soit uns constante chez l’auteur car elle est étroitement liée à Gustave (Le Rouge…) lui-même créateur de la fameuse épopée Martienne (encore du rouge) et dont le héros n’est autre qu’un certain…Darvel ! Comme quoi, « bon sang ne saurait mentir » !

Voilà pourquoi, vous trouverez ici dans les pages de ce blog consacré à l’anticipation ancienne, un titre aussi inattendu, car avec cette nouvelle héroïne, Robert Darvel rend un profond et superbe hommage à toute une multitude de romanciers qui par leur imagination débordante, leur don de visionnaire et surtout de leur sens de la démesure qui ne semblait connaître aucunes limites, donnèrent à la littérature d’imagination scientifique, toutes ses lettres de noblesse. Nul doute que cette entreprise connaîtra tout le succès qu’elle mérite et nous attendons, après « Jeanne d’Arc au pôle Nord » (Qui nous cache encore de nombreuses références) et dont je vais entamer la lecture, d’aussi agréables surprises et qui plus est, cette faim insatiable que tout amateur digne de ce nom, éprouve à l’encontre de ce genre de « pépites ».

Félicitons pour finir, quitte à faire preuve d’un excès de dithyrambisme, le magnifique dessin de couverture réalisé par l’auteur en personne. Très suggestive, et d’un rouge sang des plus évocateur, elle nous donne envie de nous plonger corps et âmes dans ce monde riche en péripéties. Après les qualités d’artiste de Brice Tarvel pour « Nuz Sombrelieu » il semble que talent et diversité soient de mise chez le « Carnoplaste »

Plutôt que de rester dans l’ignorance d’un tel plaisir de lecture, filez de ce pas sur le site de l’éditeur afin de vous enivrer  d’une bonne rasade de ses merveilleux fascicules, je peux vous donner ma parole que vous ne le regretterez pas!

 

 

  sanstitre2pwa dans les auteurs et leurs oeuvres

 

Il n'y a actuellement pas de commentaire pour cet article.

Laisser un commentaire