« Pigeon Vole » Par G.de la Landelle……de trés loin!

Posté le 14 décembre 2010

Il nous arrive souvent de découvrir, au hasard de savantes études et d’ouvrages qui nous sont aussi précieux qu’une lampe électrique lors d’une coupure générale de courant, des titres qui nous font vibrer au plus haut point. Pour ma part, il y en a des tas et si je collectionne maintenant depuis de nombreuses années, des ouvrages aux couvertures parfois fatiguées, sous le regard bienveillant de ma famille et de mes amis, il en reste énormément dont l’absence se fait cruellement ressentir.

A force de compulser l’incontournable « Les terres creuses » dont les pages sont usées d’avoir été trop lu ( même si ce n’est jamais assez) avec le temps j’ai réalisé une petite liste, ou plutôt une énorme liste des ouvrages que j’aimerai bien lire, posséder, toucher, admirer. Je sais, je suis un maniaque et un obsessionnel du vieux papier, mais le plus important c’est d’en avoir pleinement conscience. Donc, pour en revenir au fameux ouvrage cité plus haut, il m’arrive de maudire Guy Costes et Joseph Altairac (en toute sympathie rassurez-vous) d’entretenir cette dépendance aux objets rares et si convoités des collectionneurs, tout en sachant que les chances de dénicher certains volumes sont du domaine d’une chance inouïe voir même du miracle.

Devant l’inefficacité des nombreuses prières que j’effectue chaque jours et que mes chances d’hériter d’un mystérieux collectionneur qui par sympathie ou par respect de la noble tache que j’accomplie en alimentant ce blog, ferait de moi son légateur universel sont plus que minimes, je dois me résoudre à la possible réédition de certaines pièces rares. Halte là me direz vous, il existe de nombreux textes introuvables en ligne sur internet, alors arrête de faire ton malheureux ! Mais moi ce que j’aime, c’est l’odeur du papier, le bruissement des feuilles, le poids du livre entre mes mains. Il me faut de la substance, du volume, de la masse….

Bref, parmi, les ouvrages que j’ai découvert dans la dite « bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires »j’ai relevé entre autre depuis fort longtemps un titre qui ne cesse de me hanter : « Pigeon vole, Aventures en l’air » d’un certain Gabriel De La Landelle. Né en 1812,Homme à tout faire, qui fut officier de Marine et qui se consacra par la suite au journalisme et à la littérature, il est l’auteur d’une série d’ouvrages assez impressionnante, romans d’aventures maritimes, des critiques des poèmes, des chansons…. Mais ce singulier personnage s’est surtout illustré dans l’aéronautique (un comble lorsque l’on fit carrière dans la marine) et qu’il apposa sa marque d’une façon indélébile dans l’histoire de l’aviation Française. En effet il construisit en 1861 le premier prototype d’un hélicoptère à moteur à vapeur et fonde en 1863 avec le célèbre Nadar « La société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourd que l’air »…tout un programme ! Il publiera plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’aéronautique et serait l’inventeur du terme « Aviation » mot désormais utilisé de manière quasi quotidienne. Il sera même cité par Jules Verne dans une de ses oeuvres

En voyant référencé cet ouvrage, dont les éloges n’arrêtent pas de pleuvoir, je me trouve un peu confis en lisant la note de nos amis encyclopédiste :

« On comprend que l’ouvrage soit unanimement considéré comme une des bases indispensables de toute bibliothèque de connaisseur d’anticipation ancienne »

Seigneur, la phrase qui tue venait d’être lâchée et je peux vous dire que mon cauchemar venait de commencer. Tout en prenant connaissance du contenu de l’article consacré à l’ouvrage, je commençais à avoir des sueurs froides un goût amer dans bouche, des tremblements dans les jambes : Comment ais-je pu rester aussi longtemps dans l’ignorance de pareille frénésie conjecturale ? Je ne voudrais pas rompre le suspens et je vous invite au plus vite à consulter la page 131 du volume, Corpus N° 103. Toutefois brisons un peu le secret en vous dévoilant qu’ il y sera tout de même question d’avenir de la civilisation avec son cortége « d’aéroplanes, de volateurs, d’avicelles, de mégalornis, d’hélicoptéres,d’iptéronefs, de villes et de campagnes volantes… »

Il me fallait agir au plus vite et trouver le précieux volumes ! Hé ! Hé ! Hé ! Ou plutôt Ah !Ah !Ah ! Car j’entends le rire de nos amis chercheurs face à mon innocence et ma candeur en apercevant (de façon fort polie comme il se doit) le désir, légitime il, faut l’avouer de trouver une telle rareté. Car le lascar est non seulement connu, mais très recherché et il me faudra donc pleurer toutes les larmes de mon corps avant de mettre la mains sur cet objet de convoitise que s’arrachent non seulement les intoxiqués de conjectures anciennes, mais les passionnés d’aéronautique, les bibliophiles et autres maniaques en tous genres.

La quête fut longue et le désespoir immense, non il n’y avait rien à faire, l’ouvrage était peut-être un mythe, un rêve d’affabulateur, que sais-je encore ! Pourtant impossible de remettre en question le savoir incontestable de nos deux archivistes fous qui au mépris de leur santé mentale compilèrent une telle somme d’informations.

Une fois n’est pas coutume, la réponse de mes attentes fiévreuses ne vint pas de notre doux pays , terre d’asile d’esprits à l’imagination puissante, mais de contrées beaucoup plus lointaines, terre d’asile quand à elle d’autres esprits tout aussi délirants qui « inventèrent » un terme de renommée internationale : La Science-Fiction. Et bien oui ! L’ouvrage si rare et si convoité a été réédité dans la patrie de Simak, Dick et Williamson, aux éditions « Nabu Press ».

Il s’agit en quelque sorte d’un fac similé de l’édition originale dans un format beaucoup plus grand (pour ceux comme moi qui on la vue qui baisse) avec les petits dessins d’origine et tout et tout… Une agréable surprise donc pour le boulimique que je suis. Bon ce n’est pas l’édition originale mais au moins je vais avoir la chance de lire cet ouvrage, qui me parait passionnant, et ce sur un support papier. Même si la couverture n’est pas très belle, on ne peut pas tout avoir, les naufragés des puces et des brocantes que nous sommes, pourront le ranger sur les étagères de leurs bibliothèque avec le sentiment du devoir (presque) bien accompli.

Pour une fois faisons preuve d’un certain « fair-play » en proclamant avec un l’œil larmoyant et la lèvre tremblotante : Dieu protége l’Amérique !

Mais au fait qui est ce « Nabu Press »?

 - « Pigeon vole, Aventures en l’air«  de Guillaume joseph Gabriel de la Landelle. P.Brunet, Libraire-Editeur,1868. Réédition « Nabu Press » 2010.

  sanstitre2ok dans la vieille anticipation en librairie

 

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