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Archive pour décembre 2010

« Les Détectives De L’impossible » Dosssier N° 7 « Herlokolms Vs Dickson »

        sanstitre26y dans les auteurs et leurs oeuvres

 

 Dossier ‘Les Détectives De L’impossible »

 

Allan Dickson, le célèbre détective Australien est de retour en Angleterre après la demande express de son mentor le fameux Herlokolms. Le pays est en effet sous le choc après une série de crimes abominables perpétrés uniquement sur de jeunes femmes. Les corps sont horriblement mutilés, comme broyés par une créature extraordinaire ou par un homme d’une force peu commune. Rapidement le criminel est affublé du sobriquet assez macabre de « Jack l’éventreur »

Le détective Anglais, bien que toujours d’un esprit vif, est cependant conscient qu’il prend de l’age. Sa faculté de déduction n’est pas aussi rapide, conséquence probablement d’un cerveau victime des effets néfastes d’une trop grande consommation de cocaïne. En clair il aimerait un successeur digne de lui et quoi de plus naturel que de laisser la place à son ami de toujours. L’enquête semble difficile et les indices assez minces, Herlokolms pourtant arrive à faire le rapprochement entre la présence systématique d’un navire « L’Arabella », mouillant dans le meme port de la ville où seront découverts les autres cadavres. Une coïncidence assez troublante que Dickson va essayer d’utiliser à son propre compte.

Ce dernier est jeune, plein de fougue et agit sans trop faire cas des conseils du « maître ». Son audace va lui permettre toutefois de démasquer un étrange marin, membre d’équipage de la mystérieuse goélette. L’homme, Sharper est un colosse, taciturne et un rien irritable. Finalement après de nombreuses filatures (dans la brume Londonienne sa silhouette monstrueuse sera toujours de couleur grise), le policier Australien va faire éclater la vérité au grand jour. Par un curieux concours de circonstances, Sharper était suivi depuis de nombreux mois par deux frères jumeaux qui visiblement en voulaient à la vie de ce redoutable criminel, une sombre histoire de vengeance. Ils mettront fin à son existence sans se douter une seconde qu’il s’agissait de « Jack l’éventreur », du moins c’est ce que Dickson croyait. D’une banale affaire de vengeance, l’Angleterre se croyait débarrassée d’un monstre assoiffé de sang….que nenni !

Une nouvelle vague de crime va se reproduire à l’identique à quelques kilomètres de Londres. Herlokolms, reproche à Dickson son manque de maturité et juge que l’enquête fut bâclée. Va s’ensuivre une dispute entre les deux hommes qui ne manqueront pas de se traiter de tous les noms d’oiseaux. Dickson décide de partir seul sur les traces du meurtrier. La nouvelle piste va le mener aux portes d’un « Lunatic Asylum » et dont un des pensionnaires un dénommé Bumpkins, présente toutes les caractéristiques physiques du candidat assassin.

L’enquête reprend de plus belle, filature, déguisements et un soir une nouvelle victime sera agressée. Dickson se jette au secours de la malheureuse qui n’est autre que Herlokolms qui de son coté avait lui aussi découvert l’identité du coupable. Le meurtrier réussit à s’enfuir non sans avoir encaissé deux balles de revolver dans le buffet. Une chasse à l’homme est organisée, les traces de sang vont conduire une foule hurlante au bord d’un gouffre de sinistre réputation. Dickson veut descendre, on l’en empêche car au fond il y a des émanations toxiques, trop dangereux ! Un homme se porte volontaire, il portera un mouchoir sur le visage. Mais il n’a pas besoin d’aller trop profond, il découvre à mi chemin un portefeuille, appartenant sûrement au coupable.

Nouveau coup de théâtre non seulement Bumpkins n’est pas coupable, il n’a pas quitté l’asile, mais en plus les papiers révèlent l’identité d’un autre candidat, un certain Malitourne. L’homme est probablement mort au fond du ravin, l’affaire est donc close. Les deux détectives, réconciliés vont être couvert de gloire, suite à leurs magnifiques prestations, lorsqu’un fauteur de troubles vient un soir frapper à leur porte.

Il s’agit du docteur Sly, qui va finalement résoudre définitivement l’affaire. Ce petit homme d’aspect chétif, est un passionné de zoologie et possède tout une collection d’animaux exotiques sur lesquels ils pratiquent de petites expériences. Absent de sont laboratoire pendant plusieurs semaines, il confia la charge de ses animaux à son homme à tout faire, Blick. Celui-ci porté sue l’alcool relâcha sa surveillance et laissa échapper l’animal le plus dangereux : Barbaro…..le gorille. Celui-ci pour on se sait quelles raisons s’attaqua à plusieurs représentants de la gente féminine, jouant peut-être avec elles avant de les massacrer purement et simplement.

Ainsi se termine l’affaire de « L’homme au complet gris » en raison de la couleur grisâtre de son pelage. Conscient de la réputation des deux détectives qu’il fallait absolument préserver, Sly passera sous silence cet épisode. Le gorille est probablement mort au fond du gouffre, quand à l’identité du pauvre Malitourne, probablement que lui aussi fut victime du précipice, si ce n’est pas le cas il sera toujours possible, si ce dernier se manifeste que le nom du coupable fut mal orthographié par la presse. L’honneur des deux fins limiers est ainsi préservé et Dickson pourra ainsi prendre la relève d’un Herlokolms, heureux de pouvoir prendre sa retraite.

Deux détectives oubliés, un pastiche délaissé.

Voilà un texte qui serait tombé dans un oubli total si un sympathique petit éditeur « Les éditions de l’Antre » ne l’avait exhumé pour le plus grand plaisir des amateurs de pastiches du célèbre détective Londonien. Remarquez, c’est un ouvrage qui dormait depuis très longtemps sur les étagères de ma bibliothèque, le genre d’ouvrage que l’on se garde le jour où « l’on aura plus rien à lire » et que finalement on oublie totalement.

En fait c’est la couverture de la réédition aperçue chez un libraire qui m’a donné envie de me plonger dedans. On y voit en effet une belle jeune filles sous l’emprise d’une créature horrible, entre le Dr Hyde et King Kong alors qu’en arrière plan les deux comparses détectives ( forts bien caricaturés) se préparent à occire le redoutable monstre.

Lorsque j’ai débuté ce dossier sur les détectives de l’impossible, j’étais loin de m’imaginer qu’un jour figurerait sur ma liste un ouvrage de Arnould Galopin. Certes peut être me taxerez vous d’une grande générosité à l’encontre de cet ouvrage, car le postulat fantastique tourne relativement court , mais je pensais qu’il fallait accorder une nouvelle chance à ce curieux roman. Les amateurs d’anticipations anciennes connaissent son implication dans le genre avec des ouvrages comme « Le Docteur Omega, aventures fantastiques de trois Français dans la planète Mars », « Le bacille », « Un voyage dans les planètes », mais beaucoup ignorent qu’il réalisa se savoureux pastiche « à la mode de… »

L’auteur nous plonge ainsi dans les ruelles sombre de Londres à la recherche d’un redoutable criminel : « Jack L’éventreur » (personnage récurant dans ce genre d’exercice de style) . En faisant ainsi référence au tueur au scalpel qui sévissait dans Whitechapel, Galopin veut rendre plus crédible son récit, en mélangeant personnages de fiction et personnages réels. Si pour des raisons de droits évidentes, le célèbre détective prendra ici le nom assez burlesque de « Herlokolmes », son honneur devra toutefois être défendu en regard d’une certaine notoriété. Car les références au pensionnaire du 221 Baker Street ne manquent pas et si dans le cas présent c’est un « roi des détectives » qui arrive en bout de course en raison d’un certain age et d’un trop grande dépendance à la cocaïne, visiblement ce dernier à l’intention de se retirer couvert de gloire.

Pour une fois il est ici fait allusion à un successeur potentiel en la personne de Allan Dickson. Le coïncidence est troublante et je pense que pour la première fois dans la littérature populaire, nous avons affaire à la confrontation entre deux figures mythiques du genre : Dickson et Sherlock…je veux dire Herlok !

L’ambiance du roman est assez agréable, par moment on se croirait même dans l’univers de Jean Ray et si le roman souffre parfois de passages un peu trop longs, les péripéties des deux détectives qui s’efforcent mutuellement à se mettre les bâtons dans les roues sont assez savoureuses. L’auteur nous propose également deux clins d’œil sympathiques, l’un avec son criminel qui n’est pas sans nous rappeler, le « Double assassinat de la rue Morgue » de Poe (référence au singe tueur) et l’autre se réfère à Gaston Leroux ou son homme singe Balaoo (Titre du roman) devient ici Barbaro.

Au final, l’explication devient très rationnelle et d’un point de départ purement fantastique, avec la découverte de ces corps horriblement mutilés, nous plongeons dans une histoire « banale » d’un gorille tueur. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que les deux détectives n’osent pas avouer leur méprise au grand public. Ils vont alors agir comme des enfants, feindre la vérité et préférer laisser le chef d’accusation sur les épaules d’un pauvre bougre qui est certainement encore en vie.

Décidemment les détectives ne sont plus ce qu’ils étaient !

Petit roman sans prétention, divertissant et baignant parfois dans une ambiance assez fantastique cet « Homme au complet gris » nous révèle une facette ignorée d’un écrivain populaire dont la production fût aussi diverse que variée.

Une petite mention spéciale à l’illustrateur de la réédition, dont le style n’est pas sans me rappeler la couverture tout aussi savoureuse du roman de Walter Gibson « Le spectre,le masque de Méphisto » de la défunte collection « Marginalia » et réalisée par l’inoubliable Solé.

 

  Avant et après , la réédition donne toutes ses chances à une oeuvre méconnue en regard de la superbe couverture proposée par l’éditeur

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