Extrait d’un article de Léopold Beauval et intitulé « L’homme- vapeur ». Comme quoi le « Steampunk » est une création relativement ancienne et que nos illustres aïeux consacrèrent leur temps et leur matière grise à inventer de curieuses machines pouvant alléger la charge de l’homme. Nous ne sommes pas très loin des « Atmophytes » de Didier De Chousy dans son extraordinaire roman « Ignis ». Et si les progrès de la technologie se concentrèrent principalement sur les moyens de locomotion, il était assez rare de lire des articles se consacrant à un homme mécanique à vapeur.
« La poitrine toute entière se trouve occupée par la chaudière, dont l’eau est portée a ébullition grâce à un brûleur a pétrole placé à la parie inférieure, et dont la flamme, forcée de traverser tout un système de tubes, se répand uniformément au milieu de la masse d’eau. La fumée s’échappe par la cheminée qui passe par le sommet du casque. La vapeur produite est emmenée par un tube jusqu’à la machine située au-dessous de la chaudière. Cette machine, très petite, mais à grande vitesse, marche à raison de 3000 tours par minute et donne une vitesse d’environ un demi cheval-vapeur Cette vitesse considérable est très réduite, grâce à un système d’engrenage fort simple, de façon à donner à l’automate une allure raisonnable. La vapeur est ensuite conduite par un tube spécial jusqu’au nez de « l’homme-vapeur », par où elle s’échappe. La mouvement de rotation de la machine est ensuite transformé à l’aide d’un excentrique et de leviers en mouvement de sonnette, permettant aux membres de se fléchir et de s’étendre, simulant ainsi la marche humaine. Depuis 8 ans, l’inventeur travaille à un automate à vapeur beaucoup plus grand et qu’il espère pouvoir faire marcher dans le courant de la présente année. Cette nouvelle machine, dans la pensée de son auteur parcourra les rues en traînant une voiture. C’est cet automate que représente la partie supérieure de notre gravure, avec la manière dont seront attachés les brancards. L’automate actuel, haut de 2 mètres, est capable de résister à l’effort de deux hommes contrariant sa marche ; l’automate plus grand que l’inventeur, construit en ce moment, pourra traîner dix musiciens dans une voiture. »
- « La Science Illustrée » N°294. 15 Juillet 1893
« Avietta nageuse aérienne » suivi de « Amnes, l’homme à la mémoire inversée ». Par Henry de la Tombelle. Imprimerie Michelet. Sarlat.1938.103 pages.
Un beau matin un paysan découvre dans les branches d’un chêne une enfant abandonnée. Lors du sauvetage, celle-ci manque de tomber mais par un phénomène tout à fait incroyable, le petit être ne tombe pas lourdement sur le sol, mais vient à se poser délicatement, telle une feuille décrochée de l’arbre, aux pieds de l’homme abasourdi. De retour au village, tout le monde est alors charmé par cet « ange » venu du ciel, et décide de l’adopter. Elle portera le doux nom de « Avietta » Toutefois comme un commun accord, nul ne devra divulguer ce formidable secret. Le temps passe et notre petit « plus léger que l’air » perfectionne son style pour devenir une véritable spécialiste du crawl aérien. Malheureusement, il existe toujours un fruit pourri dans le panier et un des habitants, peu scrupuleux, divulgue aau monde l’existence de cette merveille de la nature. La presse, les scientifiques, les cinéastes, tout le monde se précipite dans ce lieu hors du temps, afin de contempler ce prodige et de pouvoir en tirer un maximum de profit. Avietta apeurée décide de prendre le large, d’une façon quelque peu maladroite et sera aussitôt capturée. Comme on ne laisse pas un tel oiseau en liberté, elle sera enfermée dans une cage, certes dorée, mais dont la porte ferme à double tour. On vient alors l’admirer comme une bête curieuse, une aberration de la nature, un phénomène de foire. Un des geôliers, charmé par sa beauté et ne voulant pas être le complice d’une telle ignominie, va lui ouvrir la porte de la liberté. Une horrible partie de chasse s’ouvre alors. Une foule de prétendants en mal d’amour, organisent une bien singulière traque aérienne, afin de conquérir le cœur d’un si magnifique volatile : Il y eut « Fulgur » et sa machine volante à pédale, »Robur » un conquérant en herbe, adepte des biscotos avec son avion actionné à la force des bras, »Idéo » et son planeur, « Sylphise »……Et bien d’autres encore. Mais leur échec fut à la mesure de leur projet insensé et tous périrent écrasés qui dans l’herbe ou contre un rocher. De son coté, « Avietta » frôlée de si prés par les « ailes du désir », décide de trouver refuge à proximité d’une chaumière. Le propriétaire, un modeste paysan ignorant tout du secret de la belle, l’accueillit avec toute la simplicité des petites gens. Elle voulait connaître l’amour, mais cet être au cœur si pur, aux gestes si délicats, fut probablement impressionné par les ardeurs d’un homme voué depuis longtemps à l’abstinence. L’histoire ne nous le dira pas mais il n’empêche qu’elle s’envole et que personne ne la revit jamais. Rêve ou réalité ? Fut-elle la cristallisation soudaine des rêves et des désirs de chacun, subissant depuis fort longtemps la pression douloureuse et continue de la réalité. Phantasmes des hommes qui sur terre regardent avec des yeux d’envies évoluer les gracieux volatiles ? Ils diront alors que c’était un mirage, une hallucination collective. Seuls les poètes clameront les louanges de cette « Avietta » proclamant haut et fort la réalité de son existence.
Amnes, l’homme à la mémoire inversée.
A sa naissance, Amnes semblait un enfant comme tous les autres et pourtant…Au fil des mois et des années, parents et proches remarquèrent une « différence ». Il lui était en effet impossible d’apprendre la lecture, alors qu’il avait l’usage du langage ; ne reconnaissait ni ses parents, ni les lieux et les objets familiers. La famille s’inquiète d’un éventuel retard intellectuel et l’inquiétude laisse place à l’incrédulité lorsqu’ils découvrent ses étranges facultés. Un don très maturel pour saisir spontanément le devenir de la matière : « Le fer devait rouiller, le bois pourrir et l’homme mourir ! ». La nature lui avait donné ce qu’il faut de mémoire à l’animal ou la plante pour durer et lui avait refusé la mémoire particulière qu’il faut à l’homme pour s’instruire. Elle développa pourtant en lui, cadeau suprême des dieux, le don prodigieux d’enregistrer l’avenir : Il était l’homme à la mémoire inversée ! Point d’images du passé n’encombraient son cerveau, seulement les redoutables visons de l’avenir.
Il eut un jour la vision d’une femme avec qui, il connaîtrait les délices de l’amour et cette image le hanta. Non pas pour l’acte qu’il allait accomplir, mais de l’importance de cette créature sur sa destinée. Le temps passa, pimenté de quelques péripéties liées à son étrange faculté, surhomme oblige, jusqu’au jour où il rencontra la fameuse Lucette. Sa vision « captée » depuis déjà longtemps, se révéla exacte et de l’union de se tendre amour, comme délivré de son lourd fardeau, sa malédiction, il perdit son incroyable don, tout en retrouvant celle, Ô ! Combien misérable et commune à tous les hommes : La mémoire. Il vit au fond des yeux de Lucette les vestiges de son passé et de sa trahison avec un autre. Lui qui espérait tant dans sa loyauté, sa pureté. Cet homme, lui avait volé le peu de conviction qu’il avait en l’humanité. La mémoire voyait en arrière de lui, aussi clair qu’au travers d’un cristal. Mais derrière cette transparence, à la limpidité douteuse, il distingua cette bête monstrueuse : La jalousie. En deux années il dilapida la fortune amassée grâce à son talent. Comme il avait entre temps, apprit à lire écrire et compter, une petit place de comptable lui échut dans une modeste entreprise de province. L’homme qui faillit un instant posséder la foudroyante intuition de l’éternité du temps, aligne des chiffres au fond d’une salle obscure et laide.
« Connaissant l’avenir, Amnes n’était en possession que d’un fragment du réel inerte et froid , tandis que les infirmes que nous sommes ont inventé,eux, de poétiser la réalité (qu’ils ignorent), en la transformant en je ne sais quoi de faux mais de grand qu’ils appellent : Vérité. »
Cette petite plaquette probablement tirée à compte d’auteur, s’approche plus de l’histoire merveilleuse que de la pure science fiction, bien que la thématique du second texte lui appartienne corps et âme mais….. Car il y a toujours un mais dans notre domaine, l’auteur s’enlise trop souvent dans de sombres histoires philosophiques et pour notre plus grand désespoir, sentimentales. Dommage car la thématique du « surhomme » dans « Amnes », pouvait aboutir sur une nouvelle vraiment intéressante, d’autant plus que cette faculté de « mémoire inversée » était tout à fait originale et jamais abordée dans cette littérature. L’auteur, une fois n’est pas coutume, n’a pas versé dans la facilité en terminant son récit par le classique « ce n’était qu’un rêve », il assume jusqu’au bout le pouvoir extraordinaire du héros, un don bien réel (souvenez vous du roman « Jean Arlog, le premier surhomme » analysé dans les pages de ce blog) qui n’est pas le fruit de l’imagination. Cependant, De la Tombelle ne voudra pas trop forcer le destin de Amnes, préférant lui attribuer un statut d’être humain classique, faible et vulnérable et dont la faiblesse de cœur le ramènera à des normes bien insignifiantes Son destin hélas, basculera tout comme Avietta, le jour où son cœur deviendra plus fort que sa raison.
Voilà pourquoi, en dépit d’une trame véritablement conjecturale et d’une thématique particulièrement passionnante, l’amour une fois de plus vient tout gâcher,avec un auteur préférant une explication rationnelle et sentimentale, en misant sur le fait que son lectorat sera beaucoup plus sensible à une histoire d’amour, qu’à une histoire extravagante ( bien que souvent les deux ne soient pas incompatibles). L’imagination encore et toujours sacrifié sur l’autel de la logique et des sentiments
Manque d’inspiration, ce qui ne semble pas être le cas,peur d’aller trop loin et de rebuter les lecteurs? Avec « Amnes » Henry de la Tombelle était « à deux doigts » non pas de la fin du monde, mais de nous livrer une longue nouvelle vraiment originale s’il avait pris la peine de développer jusqu’au bout les tenants et les aboutissants de cette incroyable faculté. Il n’exploitera hélas pas à fond cette thématique si passionnante du surhomme, bien que déjà traitée avec brio: « Caresco surhomme » de André Couvreur, « Le sceptre volé aux hommes » de H.J.Proumen, « Trois ombres sur Paris » de H.J. Magog et le trop peu connu « Les chasseurs d’hommes » de R.Thevenin. Tout en utilisant un format( la nouvelle) lui permettant d’éviter d’interminables longueurs pour ne se consacrer qu’au thème de l’être supérieur.
Mais ne soyons pas trop injuste avec nos pères, l’important n’est-il pas de participer, et dans ce domaine, l’auteur vient d’apporter une nouvelle pierre à notre édifice,
Lors de mon séjour Parisien,petite visite à la librairie « L’amour du noir » (11 Rue Cardinal Lemoine). Un endroit vraiment sympa avec un accueil des plus chaleureux. Possède un bon stock de polars anciens et récents, un peu d’anticipation ancienne et de littérature populaire. L’occasion pour moi d’y acheter le dernier volume du « Visage vert » le N° 18.
Si je n’ai pas encore eu le temps de lire les nouvelles qui me semblent une fois de plus d’excellentes factures ( une constante chez nos amis) j’ai dévoré par contre l’article de F.Ducos sur « Le gorille voleur de femmes » première partie. Enrichi d’une fort belle iconographie ( dont une magnifique illustration de Edouard Zier pour la revue « Journal des voyages ») cette thématique des plus passionnante va ainsi explorer les origines d’un mythe, entretenu par les récits de voyages, et que l’auteur se plait à décortiquer et analyser au fil d’une recherche méticuleuse et fort bien documentée. Je pense me faire l’émissaire de tout un public qui se réjouit fortement de la reprise de cette revue littéraire, unique en son genre, fruit de l’amour du respect et de la passion d’une bande de bibliophiles qui réussissent toujours à nous étonner et nous émerveiller par la richesse des nombreux numéros publiés.J’ai vraiment hâte de lire la suite de ce dossier : « Le gorille voleur de femmes dans les oeuvres de fiction »…tout un programme qui ne manquera pas de réjouir les amateurs de curiosités que nous sommes.
Un de nos membres du club des « Savanturiers » fait partie de cette aventure, nous ne pouvons que l’en féliciter et le remercier.
Sommaire du numéro:
– Howard Pyle : « Le Loup de Salem »
– Michel Meurger : » Les Sorcières de Salem et la fiction américaine »
– Robert Barr : « La Vengeance du mort »
– Jean Bréchal : « L’opération merveilleuse du professeur Brigdmann »
– Amelia B. Edwards : » Une terreur en chemin de fer »
– Georges Price : » Une heure d’express »
– Georges Price : » Le Roi du Léthol «
– Alexander Moritz Frey : » Le Curieux »
– Alexander Moritz Frey : » Périple »
– Robert N. Bloch : » Alexander Moritz Frey »
– » Le Gorille voleur de Femmes« Première partie. Dossier réalisé sous la direction de François Ducos :
– François Ducos » Le Gorille voleur de Femmes dans les récits de voyages «
– Bénédict-Henry Révoil » La Vengeance du singe «
– Gervèsis Malissol » Un drame au pays des gorilles »
– Bio-bibliographies
Un couverture plus sobre mais un contenu toujours aussi passionnant

C’est en lisant le roman de Carlos Ruiz Zafon « L’ombre du vent » que je me suis dit à quel point les bibliothèques et certains des livres qui y trouvent refuge, ont une importance capitale dans l’intrigue et le déroulement de l’histoire. Dans ce superbe roman il sera question d’un livre mystérieux que le héros va dénicher dés sa plus tendre enfance dans le « cimetière des livres oubliés ».Ce lieu est un sanctuaire des livres, l’antre du savoir et de la mémoire, connu seulement de quelques initiés.
Toute la trame de ce pavé, va ainsi s’articuler autour de Julien Carax, un auteur au passé ténébreux , qui deviendra au fil des pages une sorte de fantôme, un personnage tout droit sorti d’un roman populaire. La littérature est peuplée d’exemples où, tout comme certains des responsables qui l’occupent, les bibliothèques forment un élément qui marque notre esprit et jouent avec les mécanismes de notre cerveau afin d’exciter notre fibre de lecteur et de collectionneur. Tout un univers, de poussière et de papier qui nous procure une agréable sensation en concrétisant notre fantasme de LA bibliothèque idéale et imaginaire où nous pourrions consulter à l’infini, des œuvres maudites, des livres interdits et des manuscrits encore jamais imprimés.
Comment concevons nous la bibliothèque rêvée : Un labyrinthe, une théorie d’étagères bien rangées, des piles de volumes dispersées à l’infini ,une seule et unique pièce, plusieurs étages,portes vitrées, bois précieux ? Autant de questions qui pour ma part ne cessent de me hanter…à chacun ses fantômes !Il serait amusant, de faire état de vos références en matière d’ouvrages traitant de bibliothèques délirantes, de livres maudits ou introuvables, de bibliothécaires bizarres.
En rédigeant ce petit billet je me rappelle de la lecture récente d’un fascicule de notre ami Robert, dans sa célèbre édition du « Carnoplaste ». Je crois que nous ne remercierons jamais assez ces illustres continuateurs, Brice Tarvel étant le deuxième lascar de ce duo de choc à avoir ressuscité le célèbre détective, qui conjuguent talent et inspiration en insufflant une vie nouvelle à notre éminent « Harry Dickson ». C’est en lisant « Le secret de la pyramide invisible » que je me suis dit une nouvelle fois « Bigre, le bougre à bien du talent ».Et il suffit de jeter un œil sur le dessin de la magnifique couverture pour se faire une idée du contenu. Un texte, deux lignes :
« Ah, au secours ! Cria-t-il frappé d’effroi voyant approcher l’ambassade hideuse d’un épouvantable destin »
Un phrase lourde de conséquences, un jardin luxuriant et infernal où se déroule et se dénoue l’intrigue de cette incroyable histoire où il sera question, entre autre, d’une improbable créature venue d’une île lointaine. En vous disant que cette dernière est recouverte d’un sable de couleur verte, les passionnés d’anticipations anciennes feront vite le rapprochement avec un certain ouvrage lauréat en 1930 du prix Jules Verne. Cherchez bien vous trouverez facilement.
Fiction et réalité vont s’imbriquer intimement pour arriver à une fantastique conclusion, digne des épopées échevelées, d’un « Le Rouge » ou d’un « Souvestre et Allain ». L’auteur, loin de renier son inspiration et ses trépidantes lectures, les revendique en les sublimant de manière fort astucieuses et nimbées d’hommages référentiels.
Si je vous parle de cette aventure en particulier, et je ne peux que vous recommander la lecture des autres fascicules de la série histoire de ne pas mourir idiot et d’encourager un auteur talentueux, c’est que justement on y parle d’un lieu qui correspond à notre critère de recherche. Dans cette retentissante aventure il y est question d’un des bibliothécaires les plus originaux qu’il m’ait été possible de rencontrer. Il s’agit de Sineus Belowzero gardien acharné et attentif de la section des écrits à un penny se trouvant dans les sous-sols du British Muséum.
Responsable de la sauvegarde des écrits populaires, ce singulier archiviste est en charge de toutes les éditions sur mauvais papier, des fascicules, brochures, éditions populaires…Il se doit de tout archiver, stocker, répertorier. Une saine occupation et une mémoire prodigieuse, car rien ne lui échappe, pas le moindre petit tâcheron, le moindre ouvrage d’aventure ou à l’eau de rose : une encyclopédie vivante des écrits à un penny. Robert Darvel en quatre lignes bien pesées va ainsi nous en faire une rapide mais percutante description :
« L’homme vivait littéralement dans les sous-sols du British Muséum, parmi les tombereaux périégètes qui s’y entassaient, comme un troglodyte gourmand des primitives manifestations de l’esprit »
Un bien extraordinaire profession, et je tire mon chapeau pour l’originalité de cet illustre personnage, un cas unique il me semble en littérature et dont l’existence mérite toute notre attention et notre respect. Il serait à souhaiter que ce Belowzero (curieux patronyme, probablement en raison de son accointance pour les sous-sols du célèbre musée) nous fasse les honneurs de nouvelles aventures. Nous lui ferions les honneurs de sa venu, à l’image de Frans Bogaert le détective antiquaire de Hervé Picart, dans le cercle prestigieux des « Détectives du bizarre » et dont la présence, par sa spécificité et son excentricité, ne ferait que réjouir les amateurs et grands enfants que nous sommes.
Hâtez-vous de lire le « Harry Dickson » de Robert Darvel et d’en découvrir la substantifique moelle, c’est bourré de références, d’intrigues passionnantes et de personnages inoubliables. Un talent pareil, cela ne se refuse pas et au prix de ces magnifiques fascicules, se serait un péché de se priver d’un tel plaisir coupable.
Nous allons donc entamer notre répertoire des « Livres inconnus, Archivistes du bizarre et autres bibliothèques de l’imaginaire ». Un domaine assez vaste mais qui je pense mérite toute notre attention car il n’existe pas de références en la matière et trouver de tels éléments sur la toile relève de l’impossible. Il permettra en outre pour les amateurs de trouver la substance pour de futures lectures et de se promener dans les recoins les plus obscurs de l’imaginaire bibliophilique des écrivains.
Si vous avez des suggestions, envoyez moi les références de l’ouvrage (édition, auteur, année et…son titre) avec le nom du livre, de son gardien ou de la bibliothèque lui servant de refuge. Je me charge de les intégrer sur cette page. Merci à toutes et à tous.
Les Ouvrages
- « Le Rour, grand roman sportif et policier » De Pierre Souvestre et Marcel Allain. « Librairie de l’auto » Couverture couleur et illustrations n&b intérieures de Mich, 1909. Réédité en 1974 éditions « 10/18 » Union Générale D’éditions série « L’aventure insensée » dirigée par Francis Lacassin.
« Le Rour » Est un livre imaginaire et sacré découvert par le redoutable et énigmatique Dr Wumpt lors d’un périple en Inde. Probablement rédigé par Tchar Kavartin, il est un condensé du savoir ancien, la clef de toutes les réponses. Livre maudit ou trésor inestimable ? Ce qui est sûr, c’est qu’il va contribuer à la redoutable et palpitante aventure imaginée par Souvestre et Allain et donner lieu à un roman assez peu connu, mais d’une inventivité formidable et d’un sens de l’aventure et de l’imagination peu rencontré à cette époque. Une improbable galerie de personnages hauts en couleur, parsème cet ouvrage à découvrir d’urgence :
« Et Tchar Kavartin ayant rejeté son manteau sur son épaule et mis le genou à terre, souffla dans ses mains et dit : Le trésor du Rour est le trésor, et l’homme par le Rour peut faire l’homme. Alors l’homme sets heureux ; ce qui naît du Rour ne périt point… »
(Raya tch’er rol pa.L.XVI des prophéties)
De curieuses similitudes avec un autre livre maudit non ?
- « Le roi de jaune vêtu ». De Robert William Chambers. Bibliothèque Marabout N°589. 1976. Réédité aux éditions Malpertuis en 2007 sous le titre « Le roi en jaune ». Recueil de nouvelles contenant :
- Le masque.
- Le blanchisseur de réputation.
- L’emblème jaune.
- Dans la cour du Dragon.
- Le croquis.
» Le roi de Jaune vêtu « .N’est pas à proprement parler un grimoire ou un livre de magie mais il est certain que sa lecture peut conduire à la démence. Pour qui pêchera par trop de curiosité finira à jamais dans l’horrible et étroite prison de la folie. Voilà en résumé ce que l’on pourrait dire de cet ouvrage qui est en réalité une pièce de théâtre en deux actes. Si la première partie plonge le lecteur dans une certaine banalité, rien ne peut laisser présager toute l’horreur qui se trouve tapie dans le deuxième acte, conduisant le lecteur vers un abîme sans fin, tellement les révélation qui y sont faites sont d’une nature épouvantables. Cet ouvrage sera mentionné dans les trois premières nouvelles citées plus haut, avec cette présence quasi permanente et obsessionnelle du jaune, couleur de la décadence, de la putréfaction et d’horreurs sans nom. Si Ambrose Bierce, influença l’auteur quand à la présence de Carcosa, il semblerait que Lovecraft, en lecteur assidus et consciencieux, tira les leçons de la présence d’un ouvrage maléfique dans une œuvre de fiction et comme pour vouloir donner plus de poids et de réalité à son propre univers, créa le redoutable et non moins abominable « Nécronomicon ».
« La bibliothèque était vide. Je regagnais ma salle de dessin, puis ma chambre à coucher, la buanderie, la cuisine et finalement la bibliothèque d’où j’entrepris une recherche systématique. Elle si bien dissimulée qu’il me fallut une demi-heure pour la retrouver. Elle se tenait pale, prostrée, silencieuse, prés de la fenêtre grillagée du grenier à provision. Au premier regard, je compris que sa folie lui avait été infligée un terrible châtiment. Le « Roi de jaune vêtu » se trouvait à ses pieds, mais ouvert à la seconde partie » ( « L’emblème jaune » page 123)
Les gardiens/Personnages
- « Le secret de la pyramide, une aventure de Harry Dickson » de Robert Darvel. Fascicule N° 183. Editions « Le Carnoplaste » 2009.
» Sineus Belowzero « : gardien acharné et attentif de la section des écrits à un penny se trouvant dans les sous-sols du British Muséum. Responsable de la sauvegarde des écrits populaires, ce singulier archiviste est en charge de toutes les éditions sur mauvais papier, des fascicules, brochures, éditions populaires…Il se doit de tout archiver, stocker, répertorier.
- « De l’égarement à travers les livres » de Éric Poindron. Éditions le Castor Astral collection « Curiosa & Coetera ».2011 ( voir également l’article sur les pages de ce blog)
» Le narrateur du roman« Organisé comme un roman à énigme, à la recherche de bizarreries romanesques, le héros (peut-être l’auteur, ou peut-être vous ou moi..) est contacté par un singulier personnage .En le faisant passer pour une sorte « d’élu » car frappé d’une singulière pathologie la « Bibliopathonomadie » (de l’égarement à travers les livres) et dont le symptôme principal est une forte tendance à la onirobibliomania, ce mystérieux « Professeur » le convainc de rejoindre une sorte de société secrète « Le cénacle troglodyte » qui, pour faire court, est chargée de collecter, entasser, répertorier des textes et leurs secrets : « Tous ceux qui ne doivent pas disparaître » pour paraphraser l’auteur. Débute alors une passionnante chasse au trésor, à la recherche d’improbables énigmes littéraires, de secrets cachés entre les lignes, sous les épaisses couvertures de cuir et la poussière des années, protégeant les précieuses reliques des mains impies et profanes. Reins, l’espace d’un roman, devient alors le lieu géométrique d’un savoir secret, qui renferme entre ses murs de mystérieux « détectives littéraires »
« En quittant la maison du professeur, je fis un grand bout de chemin à travers la nuit froide, empruntant certaines ruelles qui me semblait propices, plusieurs fois…Ça pouvait être là, ou là,ou peut-être là…j’allais passer devant ? J’étais peut-être passé devant…Ni vous, ni moi, lecteur, ne le saurons jamais…Au cœur des nuits rémoises, il me revenait cette cette mise en garde du professeur : « Attention, l’onirobibliomania est une chance, mais aussi un éprouvant chemin. »
Les Bibliothèques
- « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon. Editions Grasset
» Le cimetière des livres oubliés « : Dans le quartier Gotico de Barcelone se cache un curieux endroit, ignoré de tous ou presque, sous la responsabilité d’un singulier gardien : Isaac
« Nous suivîmes le gardien dans le couloir du palais où nous débouchâmes dans une grande salle circulaire où une véritable basilique de ténèbres s’étendait sous une coupole percée de rais de lumière qui descendaient des hauteurs. Un labyrinthe de corridors et d’étagères pleines de livres montait de la base au faîte en dessinant une succession compliquée de tunnels, d’escaliers, de plates-formes et de passerelles qui laissaient devine la géométrie impossible d’une gigantesque bibliothèque. Je regardai mon père, interloqué. Il me sourit en clignant de l’œil. Bienvenue, Daniel, dans le cimetière des livres oubliés!
Quand une bibliothèque disparaît, quand un livre se perd dans l’oubli, nous qui connaissons cet endroit et en sommes les gardiens, nous faisons en sorte qu’il arrive ici. Dans ce lieu,les livres dont personne ne se souvient, qui se sont évanouis avec le temps,continuent de vivre en attendant de parvenir un jour entre les mains d’un nouveau lecteur, d’atteindre un nouvel esprit »
- « L’abomination de Dunwich » Howard Philipp Lovecraft. Dans le recueil de nouvelles « La couleur tombée du ciel » Editions Denoël collection « Présence du futur » N° 4.1954. Ouvrage où il sera fait mention, comme dans un certain nombre de ses œuvres, de la fameuse bibliothèque de l’université de Miskatonic, lieu géométrique de toutes les terreurs.
« La bibliothèque de Miskatonic » : Dans la ville d’Arkham, Massachusetts, se trouve une bien étrange université, abritant une non moins mystérieuse bibliothèque. La fleuve qui traverse la ville, la coupant ainsi d’une curieuse façon en deux, se nomme « Miskatonic » et comme pour vouloir donner un lustre plus vénérable à cette noble et ancienne institution, cet édifice aux pierres ancestrales portera le nom de ce majestueux cour d’eau. Arkham est une ville au passé trouble et de sombres rumeurs circulent au sujet des collines avoisinantes. Cultes impies, célébrations innommables, créatures monstrueuses qui hantent les campagnes, autant d’éléments qui contribuent à entretenir légendes et histoires extraordinaires.Mais il faut dire que la sombre réputation de la bibliothèque, n’est pas étrangère à de telles rumeurs et si les anciennes maisons qui l’encerclent comme autant de témoins silencieux à de redoutables événements lui confèrent une empreinte magique, les ouvrages qui meublent les théories d’étagères poussiéreuses du prestigieux bâtiment, n’en sont pas moins terrifiants.
L’université de Miskatonic est le plus important centre culturel de la Nouvelle-Angleterre et sa fameuse bibliothèque spécialisée dans les sciences occultes attire les chercheurs et les étudiants du monde entier. De nombreuses sommités ont ainsi arpentés ses sinistres rayonnages tels le Dr Armitage,le Pr Wilmarth, le Pr William Dyer et le non moins célèbre Randolph Carter. Mais elle est surtout réputée pour abriter dans une salle spéciale, des livres rares et précieux dont seuls les noms font frémir tous les amateurs de magie noire: le « Nécronomicon » de l’arabe dément Abdul Alhazred, le « Livre d’Eibon », « L’Unaussprechlichen Kulter de Von Junzt » ,les « Manuscrits Pnakotiques »,les « Fragments du Sussex », et le « Culte des goules » du comte d’Erlette.…… La visite d’un telle bibliothèque n’est pas sans conséquences et si d’aventure lors d’un séjour dans cette ville à la sinistre réputation il vous arrive de pénétrer dans ce lieu sinistre, prenez garde à ne pas vous aventurer dans les méandres de ce fascinant royaume des manuscrits anciens, au mieux vos nuits risquent d’être peuplées d’affreux cauchemars, au pire sombrer à tout jamais dans les abysses infernales de la folie des grands anciens.
Comme il ne vous sera possible de trouver le plan de la ville dans aucuns des guides touristiques de la région, vous trouverez en pièce jointe emplacement exact de cette prestigieuse mais non moins redoutable université.
« Armitage enfila en toute hâte quelques vêtements et traversant précipitamment la rue et la pelouse en direction des bâtiments du collège il vit que d’autres l’avaient devancé ; et il perçut les échos d’une sonnerie d’alarme qui retentissait encore, venant de la bibliothèque. Une fenêtre ouverte restait noire et béante au clair de lune. Ce qui était venu avait vraiment fini par entrer ; car l’aboiement et le cri, qui à présent s’éteignait en un sourd mélange de grognement et de plainte, venaient incontestablement de l’intérieur »
La vie d’un collectionneur est faite de petits riens, d’anecdotes et de hasards qui font que bien souvent le produit de leurs recherches est souvent accompagné d’une histoire singulière : Un livre que l’on trouve dans un endroit des plus improbables, un fascicule dans une pile de linge, un cartonnage au fond d’une caisse de SAS…les anecdotes sont nombreuses et ne font que renforcer notre désir d’aller toujours plus loin, de ne négliger aucune piste, se rendre de fait dans des vides greniers improbables, des brocantes aux allures de fêtes foraines, des marchés aux puces de tristes apparences…
Aujourd’hui encore il vient de m’arriver une chose incroyable, comme quoi il faut toujours faire preuve de vigilance et d’un sens assez développé de l’observation.
Nous allons avec mon épouse à un vide grenier à coté de chez nous. C’est la bousculade, beaucoup de monde, peu d’exposants, une véritable jungle. Je récupère désabusé quelques Henri Verne, la fameuse série des « Bob Morane », il commence à faire chaud, il me tarde de rentrer. Mon épouse me signale la trouvaille d’un joli vase, verre et fer forgé. « Viens me dire ce que tu en pense me dit-elle, un peu cher mais beau ». Effectivement l’objet est intéressant. Nous étions prêt à repartir, lorsque j’aperçois sous la table, caché par une grande nappe, un carton plein de « Sciences et voyages ». Il était impossible de les voir, si je n’avais pas butté dedans en regardant l’objet. A première vue, il y en a entre 150 et 200 numéros. Je demande le prix : 10 euros le lot ! Je règle sans discuter. La personne me dit qu’elle avait acheté le carton tel quel il y a plusieurs années, mais chez lui trop de revues (il s’intéresse avant tout aux vielles photos) depuis le temps, il n’a même pas détaillé son contenu.
Nous rentrons chez nous (le fameux vase dans le sac) et m’empresse alors de me plonger dans l’inventaire des revues. Inutile de vous décrire ma surprise et ma joie, lorsque je découvre au fond du fameux carton, l’année 1924 de « L’almanach scientifique » contenant la nouvelle de José Moselli « Le voyage éternel, ou les prospecteurs de l’infini » et surtout l’année 1925 et son célèbre « Le messager de la planète » avec sa magnifique couverture couleur. Le genre de revues rarissimes que vous n’espériez ne jamais trouver. Un peu plus je risquai de passer à coté, sans même soupçonner que les précieuses brochures étaient là, à attendre depuis des années que quelqu’un vienne les sortir de l’obscurité et de l’humidité et de leur permettre de réchapper à une destruction inéluctable, dans une décharge ou une quelconque cheminée. Comme quoi, le hasard est souvent lié à peu de choses, ici en outre à la contemplation d’un vase que je n’avais même pas remarqué lors d’un premiuer passage.
Dans le lot, il y avait quelques romans complets, dont deux ou trois qui manquaient à ma collection de « Science et voyages » déjà assez conséquente, « La cité des sables » de Jean D’Agraives, de Léon Groc « Deux mille ans sous la mer » et de Stockton « L’extraordinaire aventure de l’homme qui avait détruit l’apesanteur ».
La revue « Almanach scientifique » de 100 pages, connut en tout et pour tout 6 numéros, dont 4 contiennent une nouvelle conjecturale. Rien dans les revues de 1921 et 1922.
– « Almanach Scientifique année 1923« , contient une nouvelle de Gabriel Bernard : « Le secteur fatal, grande nouvelle dramatique » Pages 53 à 56. A ma connaissance jamais rééditée
- « Almanach Scientifique année 1924 » Contient la nouvelle de José Moselli : « Le voyage éternel, ou les prospecteurs de l’infini » pages 49 à 56. Illustrations de F.Jobbe Duval. Il n’existe à ma connaissance qu’un seule réédition de ce texte, dans l’étude de Jacques Van Herp « José Moselli et la SF» éditions « Recto-Verso » collection « Idés….et autres » (Pages 199 à 220).
« Daniel Vorels un inventeur de génie, va tout sacrifier pour sa passion, sa femme, ses filles et sa fortune…Pourtant un jour, arrivé à un age fort avancé, il découvre enfin ce qui va certainement lui permettre d’accéder à la gloire. Non seulement il parvient à détecter sur la lune un puissant gisement de radium, mais en plus sa toute dernière« invention la « sidérite » va lui donner le moyen d’atteindre la lune dans des délais exceptionnels .Cette substance révolutionnaire possède la propriété d’être attirée par la lumière et se conduit comme un véritable « catapulteur » à son contact. Pour cela cependant il lui faut des capitaux, et le soutient d’un banquier véreux, William Olson qui ne va pas hésiter à escroquer notre génial inventeur. Par l’intermédiaire d’un contrat bidon il va faire croire qu’il est le bienfaiteur d’un autre complice, le professeur Joachim Goats, et faire construire dans un coin reculé de l’Ecosse, le « Britannia », une gigantesque sphère équipée d’une toute nouvelle technologie et d’un système capable de réagir aux effets de la puissante substance dont il sera enduit.Le découvreur du procédé sera quand à lui mis à l’écart. L’appareil va bien décoller, avec à son bord le fils du banquier, mais pour ne jamais revenir, car Daniel Vorels, persuadé qu’il serait du voyage, n’avait pas précisé en confiant les plans originaux aux scélérats, que la couche de « sidérite » dont était recouverte l’engin spatial, ne suffisait que pour un aller simple .Privé d’un réserve adéquate, le « Britannia » sera donc condamné à rester éternellement sur le minuscule satellite de la terre »
Une nouvelle mêlant science fiction et humour noir, lors de sa terrible et prévisible chute, elle se veut aussi un hommage à H.G.Wells, en utilisant une substance, comparable à la « cavorite », une source d’énergie déterminante afin de propulser un engin de forme sphérique dans les immensités de l’espace. Un texte hélas, jamais réédité depuis.
- « Almanach Scientifique année 1925« , Contient la nouvelle de José Moselli : « Le messager de la planète » La fin d’Illa » pages 7 à 13. Illustration de couverture et intérieures de A.Bréguet. Réédité en 1970 aux éditions Rencontre avec le roman «( publié en feuilleton dans Science et voyages ») et « La cité du gouffre » (Almanach pittoresque de sciences et voyages 1926). Réédité en 1984 dans l’étude de Jacques Van Herp « José Moselli et la SF » éditions « Recto-Verso » collection « Idés….et autres » (Pages 221 à 244). Réédition «Petite bibliothèque Ombres »: les classiques de l’utopie et de la SF, n° 103.1997
« Dans les glaces de l’antarctique, deux savants découvrent un objet qui se déforme dans un jeu de couleurs et de sons et qui abrite…un voyageur venu de Mercure. C’est la rencontre de deux savants perdus dans la tourmente, et du Mercurien, dont l’engin s’est brisé. Si dissemblables qu’ils soient, ils ont en commun la soif des connaissances. Aucune hostilité entre eux, l’incompréhension mutuelle, l’impossibilité qu’ils ressentent de ne jamais pouvoir communiquer, ne les dressent pas l’un contre l’autre. Ils s’acceptent mutuellement. Ce sont les chiens affolés et morts de faim qui massacrent l’extra terrestre. Alors, le vrai drame va éclater, les savants redeviennent des hommes. Ce savoir qu’ils viennent d’acquérir ne peut être perdu, le monde doit savoir, des équipes doivent explorer les lieux, étudier l’engin et ses secrets. La folie scientifique, la jalousie et la cupidité vont ainsi reparaître. Un des explorateurs va tuer son compagnon, sans haine et sans colère, parce que cela est nécessaire, sinon leur marche serait ralentie et ils n’auraient aucune chance de parvenir à leur navire, à la civilisation .Personne ne le retrouvera jamais, mort de faim, de froid, Englouti dans une crevasse ? Pendant ce temps, l’engin mystérieux, sous l’effet de la pesanteur, ou de tout autre phénomène dont il est tributaire, continue de s’enfoncer dans les glaces, emportant avec lui des secrets inouïs, que l’homme ne découvrira peut-être jamais. »
Une longue nouvelle vraiment incroyable non seulement pour sa thématique mais pour toute la portée dramatique de son déroulement. S’il est certain que le début nous rappelle étrangement le texte de Campbell « Who goes there… » , Moselli va s’en éloigner très rapidement avec la mise en présence d’un extra terrestre pacifiste, essayant par tous les moyens de communiquer et de se faire comprendre, l’amorce d’une rencontre du troisième type, se voulant amicale, basée sur des principes de partages et d’échanges. Un final surprenant et brutal qui, une fois de plus, privera les hommes des bienfaits apportés par le savoir d’une technologie beaucoup plus évoluée que la notre. Un texte essentiel dans l’œuvre de Moselli, d’une modernité surprenante.Une attention toute particulière se portera également sur la magnifique couverture très « Art déco », une des rares à cette époque où l’on peut admirer une représentation de forme de vie extra-terrestre humanoïde sur la couverture d’une revue…Que du bonheur!
Dans ce même numéro, figure un curieux article, page 93/94 : « Qu’est-ce au juste que le rayon diabolique ? ». Une théorie intéressante sur la construction possible d’un « Rayon ardent » capable de Détruite à distance des avions ou de transmettre une onde électrique capable, sur plusieurs kilomètres, d’alimenter un véhicule à moteur. Dans son article, E.Weiss, cite H.G.Wells et le redoutable rayon destructeur des martiens
– « Almanach pittoresque de sciences et voyages 1926« . Contient une nouvelle de José Moselli : « La cité du gouffre ». Réédité en 1970 aux éditions Rencontre avec le roman « La fin d’Illa ». Réédition «Petite bibliothèque Ombres» : les classiques de l’utopie et de la SF, n° 103.» 1997
« Une histoire étrange, à la limite du fantastique où de curieuses créatures habitants une cité sous-marine, provoquent des naufrages afin de récupérer le matériel dont elles ont besoin. Evolution en parallèle d’une espace marine, race qui nous « supplantera » ? Toutes les hypothèses son possibles dans cette curieuse thématique qui inspira un grand nombre d’écrivains. Une nouvelle que l’on pourrait rapprocher de l’exilé de Providence ».
Sur le sujet je vous conseille de consulter l’indispensable dossier « Invasions sous-marines » que Michel Meurger lui consacra dans le N° 13 de l’excellente revue « Le visage vert » :
« Les Stas, journal d’un dieu » de Raymond Caen. Éditions des trois mousquetaires.1950 Broché in-12 de 222 pages. Jaquette illustrée.(Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de littérature fantastique N°1.Avril 1997, article augmenté et modifié)
Tout commence, comme il se doit par un pur concours de circonstances, appelons cela : le hasard ! Un événement extraordinaire qui conjugue la rencontre simultanée de différents produits, associée à l’absorption d’un fromage en conserve. Le résultat de cette étonnante combinaison, n’en est pas moins édifiant puisqu’elle va permette à une famille entière de se « stabiliser ». Curieux terme, pour un bien singulier processus dont nous allons ici même tenter d’en définir les différentes conséquences.
L’histoire nous en est ainsi racontée par le dernier des « stabilisés » ou « Stas », vivant au 28éme siècle soit en l’an 3214 après Popoff ! Les pages de son journal nous exposent ainsi l’extraordinaire longévité de ces immortels à travers une bien curieuse histoire de l’humanité. Un témoignage assez cocasse où va défiler toute une galerie de personnages hauts en couleur et dont le destin ne pourra que prêter à une franche rigolade. Il y est question de Léopold, le dernier de sa race qui témoigne des affres de la vie de Hector, frappé de « stabilisation » dans une situation somme toute assez flatteuse, mais gênante lorsqu’elle est définitive! De guerre lasse, il finira par se brûler vif. Celui de sa femme, Juliette qui au moment du phénomène, était enceinte de 7 mois et que le serait resté éternellement si une audacieuse intervention chirurgicale ne l’avait fait accoucher d’un « prématuré » après cinquante ans de gestation. Sans oublier Marie, la servante, héroïne et victime de la conquête spatiale à l’age de 1080 ans. Mais on y apprend surtout l’extraordinaire aventure du père Léopold, qu’un changement d’ère en fit devenir un dieu (Popoff) pour finalement conclure sa brillante carrière en tant que martyr. Il fut brûlé vif comme sorcier, par une peuplade primitive. Comme vous vous en doutiez, les « Stas » ne vieillissent pas, ne mangent ni ne boivent. Ni fatigue, ni repos et toute leur vie se retrouve ainsi rythmé par le long défilé des siècles.
Cette incroyable longévité va leur permettre d’assister impassibles, aux progrès de l’humanité, son envolée vers les étoiles, la découverte d’autres mondes, d’autres civilisations. Hélas, toute médaille à son revers et l’ère de prospérité, laissera place à une ère de destruction et de chaos. Une guerre sans précédent éclate entre les terriens et les Adraniens au sujet de Melpoméne, une toute petite planète sans grande importance. Les conséquences n’en seront que plus effroyables, les armes de destruction sont d’une puissance incroyable et il en résultera une atomisation pure et simple de toute la surface du globe. L’humanité vient alors de disparaître en un battement de paupière. Seul survivant, Léopold va errer sur une planète pratiquement stérile, il sombre presque dans la folie jusqu’au jour ou, par le plus pur des hasard, il découvre, perdu au fin fond de l’Afghanistan, une peuplade qui l’accueillera comme un dieu.
Ainsi, comme annoncé dans les prophéties, un nouvel âge va débuter. Popoff, nouveau patronyme de l’illustre personnage, devient le messie, celui que tout le monde attendait, le sauveur de cet embryon d’humanité. Sage d’entre les sages, il rayonne par son aura, fera prospérer son peuple, contrôlant son évolution afin que le progrès ne viennent à nouveau corrompre cette civilisation renaissante. Au terme de 500 ans de paix et de prospérité, un conflit d’intérêt éclate avec une tribu belligérante. L’homme étant ce qu’il a toujours été, la haine et la convoitise ne pouvant s’effacer à jamais de nos misérables cervelles, le dernier des « Stas » sera fait prisonnier. Refusant de se soumettre à la volonté de ses gardiens, il clamera haut et fort son immortalité et son statut de dieu vivant. Coupant court à ce manque de modestie il sera condamné à brûler vif sur un bûcher : L’histoire n’est qu’un éternel recommencement.
Ainsi se termine ce « journal d’un dieu », découvert tout à fait par hasard par un groupe d’explorateurs, vingt huit siècles après les tristes événements relatés plus haut. Après cette stupéfiante lecture, les hommes du futur portèrent un regard tout à fait différent sur cet immortel qui fut en son temps considéré comme un dieu tout puissant, le créateur de cette civilisation renaissante. Un simple être humain, frappé d’une étrange malédiction, un simple petit bourgeois que rien ne prédestinait à cette existence hors du commun, mais qui parvint à force de sagesse et de bon sens, à se hisser à la hauteur de son exceptionnel destin. Il fut l’élément déterminant, la pièce maîtresse qui fit la liaison entre l’ère chrétienne et la sienne, celle de Popoff. Le mot de conclusion revient à une des archéologues, témoin embarrassé de cette improbable découverte :
« Grâce aux « Stas » et singulièrement à Popoff, nous savons maintenant en tout humilité que l’in n’invente rien. On recrée tout au plus. Le progrès hisse et hissera à chaque époque l’homme vers les sommets et une fois atteint, il contemple un instant avec orgueil le chemin parcouru. IL se délecte et… plouf ! C’est la chute vertical dans les ténèbres et la nuit. Jusqu’au suivant de ces messieurs. Le cycle recommence…. Les ères se suivent et se ressemblent »
Dans la préface de ce roman parfaitement délirant, l’auteur nous livre en outre une recette miracle afin de rédiger un livre dans les meilleures conditions possibles, tout en restant sur un ton humoristique. Il nous explique ensuite pourquoi il choisit pour son premier roman, un texte d’anticipation : Par frustration ! Il nous livre alors une analyse fort passionnante des auteurs de son époque qui certes, on un goût pour l’imaginaire, mais fortement entravé dans le carcan du « politiquement correct ». Tous ces auteurs sont pour lui trop sérieux, exaspérants même dans leurs retenues. Il leurs manquent ce soupçon de folie, ces montées de bouffées délirants qui font que le lecteur éprouve un plaisir coupable à se délecter de leur imagination débordante. Trouvant leur sérieux trop déprimant, il décide alors de prendre la plume.
Dans la lignée de Frédéric Brown, Robert Sheckley ou Roland C.Wagner, Caen nous livre un roman tragique, délirant, inventif et hilarant où le grotesque de certaines situations, nous offre des passages mémorables et savoureux de cocasseries. Un simple intro suffit à donner le ton de l’ouvrage : « Nous sommes effectivement en 229 après moi ». Sans oublier cette mémorable scène de bataille :
« La réplique fut rapide, le lendemain un engin Adranien e qualité et d’efficacité contestable, atterrissait un peu brusquement aux environs de Melbourne et atomisait l’Australie qui pour la circonstance disparaissait pudiquement et définitivement sous les flots. Après ces hors-d’œuvre prometteurs, ce fut le chaos,le cauchemar, le feu d’artifice dans toute sa splendeur. Les continents pétaient comme des châtaignes, la carte du monde changeait à chaque instant. Un coup bien placé fit de Brive-la-Gaillarde un port de mer, l’atlantique s’était engouffré dans une crevasse ouverte par une explosion atomique, entre le massif central et Arcachon. »
. J’en passe et des meilleures…Lisez « Les Stas », je vous assure vous ne le regretterez pas, c’est tout simplement extraordinaire. Dans la lignée des « Cinq sens » (Grasset 1927) de Joseph Delteil, que nous verrons très prochainement ou du roman de O. de Traynel « Élisabeth Faldras » où l’on trucide à tour de bras dans un délire le plus total, il est à croire que l’humour et l’imagination des auteurs trouve une forme de catharsis dans la thématique de la guerre totale et universelle.Un humour d’ailleurs que l’on retrouvera tout au long de l’œuvre monumentale de Albert Robida qui fut un précurseur en la matière et dont on ne clamera jamais assez le génie inventif doublé d’un satiriste souvent corrosif. Je dois avouer également un faible pour Cami dont la verve « anticipatrice » et complétement loufoque est un véritable plaisir pour celui qui se laisse emporter dans son tourbillon rocambolesque (« Les aventures de Krik robot », « Le scaphandrier de la tour Eiffel »...)
Saluons une fois encore, toute cette bande de joyeux drille dont le cabotinage et la verve sans pareille nous offrirent, hélas à trop petites doses, des œuvres d’une telle qualité inventive et humoristique.
Extrait de la préface
« Pourquoi ai-je choisi pour ces obscurs débuts, le roman d’anticipation ? Et bien voilà. C’est un complexe, le résultat d’un refoulement.
Si en temps qu’auteur, je ne suis qu’un apprenti ; je suis un lecteur acharné, convaincu et assidu. J’ai un appétit féroce. Je dévore quotidiennement, plus spécialement, nocturnement, car mes festins livresques ont lieu le soir et se prolongent tard dans la nuit ; je dévore donc facilement mes deux cent pages par vingt quatre heures. Mes menus sont variés. Je vais des amuses gueules, tels que romans policiers noirs ou blêmes, jusqu’aux somptueux plats de résistances que m’offrent les philosophes modernes ou anciens et les éternels classiques pour terminer les sucreries des auteurs comiques et libertins.
Dans tous ces genres, le trouve largement mes délices. Mais il est une spécialité qui me laisse sur ma faim. C’est justement la branche « anticipation ».
Naturellement, je ne veux englober dans cette critique ; les anciens anticipateurs (si l’on peut dire) devant lesquels je m’incline bien bas. Mais ces derniers, qu’ils se nomment : Verne ou Wells, ne font ou ne feront bientôt plus figure d’anticipateurs, tant ils surent lire avec justesse dans le marc de café de l’avenir.
Restent les modernes, les contemporains, les jeunes. Ils sont rares et qu’ils m’en excusent, je ne les trouve pas très dynamiques.
oilà des gens qui travaillent la pâte la plus malléable de la littérature, celle qui permet toutes les fantaisies,et ces messieurs pondent des œuvres,oh ! bien écrites, bien construites, mais sans lâcher la bride à leur imagination,sur un terrain, qui pourtant le permettrait.
Alors ne trouvant pas à ce rayon la chaussure à mon pied, j’ai tenté d’écrire un roman d’anticipation.
J’ai voulu, dans ma folle prétention en faire un Verne rabelésien, teinté d’un scepticisme désabusé à la Bergeret et rehaussé de quelques touches légères « d’Helzapoupinerie Pierredacquoise »
Les débutants de la littérature se signalent presque toujours par un premier ouvrage qui n’est souvent q’une autobiographie. Puis ayant vidé leur sac, s’étant racontés, parfois avec bonheur ;la source de leur inspiration se trouve tarie et les rejetons qu’ils engendrent péniblement ensuite, ne sont que de lamentables pantins sans vie et sans âme.
Je ne veux pas présager de l’avenir, quant à moi. Mais je puis affirmer qu’il n’y a dans ce roman, aucun personnage qui pourrait être, même de loin, mon « alter ego ». Et que suivant la formule consacrée : Toute ressemblance avec des gens vivants ou ayant vécus, ne peut-être que fortuite et involontaire.
Vous voici donc averti, mis en alerte, introduit dans les coulisses où naquit cette histoire.
Ami lecteur, à vous de me dire ce que vous en pensez. »
Sur L’auteur
Raymond Caen est né à paris en 1905.Il occupe dans la vie divers emplois tout comme un « writteman Américain : employé de commerce, représentant en cirage, en cartonnage puis en engrais ; journaliste sportif, bijoutier…Pendant la campagne 39/40, il se couvre de lauriers par de remarquables performances en course à pied. Parti comme caporal, il termine sa carrière militaire en qualité de soldat de 2éme classe. Nous savons très peu de choses sur cet écrivain, dont le style enjoué et cabotin est une pure merveille. Un domaine ou les références sont assez rares. Décédé prématurément en 1957, il écrivit un autre roman oscillant entre humour et anticipation : « Ma boule » Editions G.Vandevelde.1954.
* Pour les retardataires qui n’auraient pas encore découverts deux œuvres essentielles du grand Rosny Ainé, ils peuvent toujours se racheter en faisant l’acquisition à petits prix, des deux volumes suivants:
- « La force mystérieuse » éditions Infolio collection « Micromégas ».
– « Les navigateurs de l’infini » Petite bibliothèque d’ombres, collection « Les classiques de l’utopie et de la science fiction» .
Ce dernier éditeur est assez intéressant pour le nombre assez conséquent d’ouvrages assez rares de conjecture ancienne qu’il réédita. Je vous invite à consulter la page que « Sur l’autre face du monde » lui avait consacré. Pour rappel, Rosny Ainé qui fut l’ami des Goncourt, participa à récompenser le tout premier roman de ce prestigieux prix et qui fut attribué en 1903 à J.H.Nau, pour son roman « Force ennemie » , un curieux roman d’anticipation qui nous raconte les prémices d’une tentative d’invasion de la terre par une race d’extra-terrestres. Roman réédité il y a peu chez l’éditeur Max Milo.
* Du coté des revues, je viens d’apprendre la reprise, après quelques mois d’absence, de l’excellent revue « Le boudoir de gorgones » au sommaire de ce numéro 21 :
Dans les griffes de Sthéno :
– «Le Squelette» (Le Prêtre désossé) (1868) de Gabriel Marc. o «Notice sur Gabriel Marc» par Noëlle Benhamou.
- «Comment mourut Jacques Codelle» (1910) de R. d’Ast.
- «Si c’était vrai…» (1917) de Henry Frichet. o «Notice sur Henry Frichet» par Philippe Gontier.
- «Les maîtres de la littérature fantastique et de science-fiction francophone : Octave Béliard, entre science et merveilleux» (1ère partie) par Philippe Gontier.
Dans l’ombre d’Euryalé :
-«Le Chercheur de merveilleux» (revue de presse de l’étrange).
- «Last but not least» (notes de lecture) par Ph.
Pour toutes commandes voir le lien suivant :
http://boudoirdesgorgones.free.fr/
* Toujours du coté des libraires, signalons également la sortie chez l’éditeur « Les moutons électriques » de deux passionnants recueils qui vont probablement intéresser les amateurs de « Détectives de l’étrange » :
– « Les enquêtes de Solar Pons » de August Derleth (Bibliothèque Voltaïque N° 18, Février 2011). Ami, correspondant et continuateur de l’œuvre de H.P.Lovecraft, l’auteur nous révèle une nouvelle facette de son talent avec ces pastiches de Sherlock Holmes, mâtinés de fantastique.
- « Détective de l’étrange » de Serge Lehman ( Bibliothèque Voltaïque N° 20, Mai 2011) : « Dans le petit monde de la famille Dekk, il y a le père, Thomas, dissident tchèque réfugié en France après le Printemps de Prague. Il y a le fils, Karel, étudiant en Lettres à la Sorbonne. Il y a la banlieue parisienne en proie à des apparitions monstrueuses, et l’Europe où services secrets et empires industriels s’affrontent pour le contrôle de la réalité. Ajoutez un vaisseau alien de la taille d’une lune, une aberration topologique du réseau RER, une cité transmonde appelée Noireville et même le milieu des écrivains français de science-fiction et vous aurez une idée de ce qu’est Espion de l’étrange. ».
Ce même éditeur qui avait déjà sorti un copieux volume en Mars dernier, des œuvres majeures de l’écrivain Français Léon Groc « La cité des ténèbres et autres voyages excentriques » ( Bibliothèque Voltaïque N° 19) comprenant : « La cité des ténèbres » , «Une invasion de sélénites », « La planète de cristal ».
* En librairie également le tome 5 de « L’arcamonde » une enquête de l’antiquaire Frans Bogaert. J’ai déjà eu l’occasion de vous parler dans les pages de ce blog de cette sympathique série dont je déplorais une présentation quelque peu « classique ». Je viens de récupérer l’exemplaire et je dois avouer que la transformation est spectaculaire. Certes, le prix à légèrement augmenté, mais en regard du soin apporté à la nouvelle présentation ces deux euros sont largement justifiés : Couverture rigide, changement de la présentation du premier plat, illustrations intérieures à chaque chapitre, première et dernière feuille de garde ornés de motifs du plus bel effet…Franchement de la bien belle ouvrage qui redonne à cette collection un nouvel élan, et lui confère même un aspect « vieux livre » du plus bel effet. Ce qui n’était que justice lorsque nous avons affaire aux aventures d’un « détective antiquaire ».
* Je viens juste de découvrir et de feuilleter par le plus pur des hasards « 100 ans de livres d’enfants et de jeunesse » et je ne cache pas mon plaisir de pouvoir ainsi consulter certaines œuvres phares de notre domaine de prédilection que les auteurs ont ainsi reproduits sur un magnifique papier glacé. Un chapitre (entre autre) consacré à l’anticipation vous permettra de visualiser de magnifiques cartonnages aux couleurs vives et aux dessins si subtil :
« Un panorama des livres pour enfants publiés entre 1840 et 1940, ouvrages riches en or, gravures, percalines, chromolithographies, aux reliures et illustrations de qualité. Après un aperçu technique de l’époque et des divers registres du livre de jeunesse, propose un dictionnaire des principaux auteurs, illustrateurs, éditeurs, imprimeurs, graveurs ayant pris part à cette aventure de l’édition. »
Pour les amoureux des choses anciennes et de toutes ces belles reliures qui maintenant s’arrachent à prix d’or. L’ouvrage fut co-écrit par Philippe Mellot, collectionneur érudit à qui nous devons la série « Les maîtres de… » publié il y a quelques années chez Michèle Trickvel. C’est déjà une bonne chose que de pouvoir admirer les reproductions de si belles couvertures et de pouvoir se remplir les yeux de tant de merveilles!
« 100 ans de livres d’enfants et de jeunesse 1840-1940 » de Jean-Marie Embs et Philippe Mellot. Editions De Lodi.2006.
* Enfin pour terminer, devrait paraître ce mois-ci le N° 18 de l’excellent revue « Le Visage vert ». Un programme fort alléchant puisque, en sus des nombreuses nouvelles de qualité qui nous sont a chaque fois proposées, l’exemplaire aborde un dossier réalisé sous la direction de François Ducos et intitulé « Le gorille voleur de femmes ». Une thématique passionnante et dont l’anticipation ancienne usa de nombreuses fois et ce, pour notre plus grand plaisir. Signalons également un long article réalisé par le talentueux Michel Meurger et consacré aux « Sorcière de Salem et la fiction Américaine »
http://www.levisagevert.com/Revues/accueil.html