« Un Pionnier Du Roman D’anticipation » : Léon Groc

Posté le 6 octobre 2011

On ne présente plus Léon Groc et vous savez à quel point son œuvre influença non seulement mon goût pour le « merveilleux scientifique » mais fut d’un impact considérable sur tout un courant littéraire qui dans la première moitié du XXéme siècle développa sa propre identité dans ce vaste courant de la littérature populaire.

C’est la revue « Galaxie » première série qui successivement en Février 1956 et Septembre 1956, participera à l’éloge de ce brillant écrivain qui nous quitta le 19 juin 1956, en lui rendant un hommage par la publication de sa toute dernière nouvelle « Le suprême exode » ainsi qu’un petit article, résumant sa passionnante carrière d’écrivain.

Les éditions « Les moutons électriques » viennent également d’avoir le bon goût ( une constante chez cet éditeur) de rééditer il y a quelques mois, un fort gros volume reprenant les trois romans les plus originaux de cet auteur: « La Cité des Ténèbres et autres voyages excentriques» .

Je vous recommande également le « petit coup de projecteur » fait sur l’auteur dans le N°13 de la revue « Quinzinzinzili » avec deux excellents articles: « Imaginaire scientifique et morale petite-bourgeoise » par Jean-Guillaume Lanuque et un texte de Groc lui même intitulé « Le pays de l’ouest est-il la patrie du Mystère? »

Gageons par cette preuve de respect et d’attachement pour toute une période immensément productive de l’imaginaire Français, qu’une telle initiative parviendra à se rallier les faveurs d’un jeune public qui je l’espère, développera une certaine curiosité à découvrir toute un panel d’écrivains certes anciens, mais dont le talent ne fait aucun doute.

Vous trouverez ci-joint l’intégralité de l’hommage fait à Mr Léon Groc lors de sa disparition.

 

Un pionnier du roman d’anticipation : Léon Groc

« Léon Groc n’est plus ! Son nom était familier à tous nos lecteurs, puisque Galaxie a publié des récits de lui : récemment, « Le Suprême Exode ». Servi par une imagination fertile, Léon Groc aura utilement contribué au développement du roman d’anticipation. Il y apporta maintes idées originales, hardies; et, très averti du mouvement scientifique, il eut des intuitions extraordinaires.

Après avoir préparé Polytechnique, où il avait été admis parmi les tout premiers candidats, il avait commencé, avant 1914, une double carrière de journaliste et d’homme de lettres. Ses premiers romans furent : « Ville hantée », « L’Autobus évanoui ». Il dut interrompre ses travaux pour prendre l’uniforme, et fut un combattant courageux.

Nous le retrouvons, en 1919, attaché à « l’Intransigeant » et à « la Journée Industrielle ». Dans le premier de ces journaux allaient paraître quelques-uns de ses romans les plus sensationnels : « On a volé la Tour Eiffel », « Le bourreau fantôme », etc…

Par ailleurs, Léon Groc obtenait le Grand Prix du Public pour « L’aventure sentimentale de Maurice Louviers ». Juste vingt ans avant Hiroshima, il publia « Le chasseur de chimères, roman atomique » où est décrite une explosion par désintégration nucléaire.

Ce livre est l’une de ses meilleures réussites, mais il convient de citer également bien d’autres titres : « La révolte des pierres », « La fuite du radium », « La planète de cristal », « Le maître du soleil ». Mme Léon Groc, également romancière et journaliste de talent (sous le nom de Jacqueline Zorn), devint ensuite sa collaboratrice pour les très remarquables récits que sont « L’univers vagabond », « L’émetteur inconnu ».

Mais rappelons que le talent de Léon Groc ne se limitait pas au genre (qui nous intéresse particulièrement ici) de l’anticipation. Dans le domaine, assez proche, du roman policier, il donna « Le disparu de l’ascenseur », « La maison des morts étranges », etc.. Il s’essaya aussi dans le genre historique (« Reine de théâtre », « Maîtresses d’empereurs », « Histoire de la célèbre Mlle Georges »), et il nous a laissé une belle étude sur l’Ile-de- France.

Disons encore que Léon Groc, qui était officier de la Légion d’honneur, fut chef des informations (avant la seconde guerre mondiale) au « Petit Parisien » ; puis, ces dernières années, au  « Figaro ».

Avec lui disparaît un grand travailleur, un homme digne et bon, un modèle de confraternité. Tous ceux qui l’ont connu sont profondément affligés de sa mort. Nous la déplorons avec une peine particulièrement vive, tout en nous associant à la profonde douleur de Mme Léon Groc. »

 

La toute dernière nouvelle d’anticipation de l’auteur, suivi quelques mois après par un hommage bien mérité!

  leongroc1 dans les auteurs et leurs oeuvres

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