« La Femme Aux Pieuvres » de Maurice Limat

Posté le 11 octobre 2011

Joël de Kermadour, Officier de la marine Française, vient d’être retrouvé inanimé sur le port de Dieppe. Tout monde s’interroge sur les motifs de son agression, car il s’agit bien d’une violente agression dont il a été victime, les stigmates sur son front en sont une preuve accablante.

Transporté d’urgence à la villa César, la demeure de son futur beau-père, qui fut également il y a plusieurs années un brillant commandant, le docteur qui vient à son chevet reste évasif sur le devenir du blessé. Il ne souffre pas de blessure mortelles, simplement une violente commotion, mais le patient divague, se met à hurler comme en proie à une terreur sans nom, où il est question d’une femme magnifique, de souterrains et d’un gigantesque aquarium infesté d’horribles créatures.Comme pour porter caution à ses hurlements, Gisèle sa fiancée, remarque sur le corps de l’infortuné une marque étrange, un singulier tatouage en forme de pieuvre.

Le serviteur de Dorbec, Sayam un Indochinois qui semble vouer à son maître une admiration sans borne, tente d’apaiser le patient avec une bien étrange médecine basée sur la suggestion. Le patient va finir par se calmer et sombrer dans un profond sommeil.

Alors qu’une étrange nuit débute dans la résidence, Gisèle surprend des regards étranges entre Sayam et le commandant Dorbec. Elle soupçonne quelque chose et tente d’interroger le serviteur. Celui-ci lui révèle finalement un don pour les sciences occultes et lors d’une mémorable séance de magie, lui montre dans une curieuse boule de cristal des choses qui ne peuvent que mettre sa raison à rude épreuve : Un femme splendide, un laboratoire secret, des pieuvres effroyables…. Tout semble concorder avec les délires de l’infortuné fiancé. Mais celle-ci n’aura pas le temps de demander de plus amples explications à son père. En effet deux hommes équipés d’un curieux scaphandre vont neutraliser les occupants de la villa et capturer la malheureuse Gisèle.

Elle va ainsi faire la connaissance de Damiexa et de l’étrange docteur N’guyen Djong. La belle asiatique est en réalité le chef d’une puissante organisation secrète « La pieuvre » qui tente de déstabiliser les colonies Française en commettant de nombreux actes de terrorismes visant à chasser les Français d’Indochine. La puissante société fit installer dans un vaste réseau de galeries creusées sous la maison de Dorbec, une base secrète dont le but est de, non seulement surveiller les faits et gestes de la flotte française, mais de pouvoir utiliser l’influence de ce commandant à la retraite qui conserve une grande influence sur l’état major de la marine.

Cette organisation possède quelques inventions fabuleuses comme ce télescope dont la « vison » peut percer n’importe quelle muraille, fruit du génie de cet étrange savant. Mais ce qui caractérise la sulfureuse asiatique, c’est la cruauté avec laquelle elle torture les victimes qui tombent entre ses mains. Elle en fera la démonstration à Gisèle en la faisant assister au repas abominables de ces monstres marins, pieuvres hybrides dont les féroces appétits n’ont aucune limite.

Alors que tout semble réglé d’avance, Joël reprend quelques forces et décide d’intervenir avec l’aide de Sayam. Ce dernier grâce à son étrange pouvoir localise, une entrée possible dans la mer. Une expédition va être organisée. Pendant ce temps, Damiexa entend bien mettre cet atout de son coté et menace Dorbec de tuer sa fille, si celui-ci ne lui livre pas quelques précieux renseignements au sujet de l’escadre Française. Heureusement, pendant ce temps, les deux hommes, forts de leur courage et de leur audace, pénètrent dans le repère secret, parviennent à échapper aux terribles « tentacules de la mort » et sauvent de justesse la belle Gisèle.

Au même moment le commandant dynamite entièrement la villa, la faisant s’écrouler sur ses fondations, engloutissant le sinistre repaire des bandits. Avant de se sacrifier, Dorbec se souvient de Damiexa qu’il a parfaitement connu lors d’une mission en Indochine. A l’époque déjà il était sur les traces de l’organisation de « La pieuvre » et lors d’une expédition punitive dans la jungle, sauva de justesse des griffes d’un redoutable tigre, le jeune Sayam. Fait prisonnier par cette sulfureuse créature, un amour fou va ainsi naître entre ces deux personnages que tout semble vouloir séparer. C’est lors de sa capture qu’il fera également la connaissance du docteur N’guyen Djong, un brillant chirurgien qui opéra de façon spectaculaire Sayam et son frère siamois…un intervention que tout le monde jugeait impossible à l’époque. Ainsi chacun des partis « héritera » d’un fidèle serviteur, se ressemblant comme deux gouttes d’eau et dont la fidélité semble être un de leurs atouts les plus précieux.

Les retrouvailles se feront ainsi de nombreuses années plus tard, en somme une histoire d’amour qui se termine plutôt mal pour les deux amoureux qui vont se retrouver définitivement dans une apothéose finale, unis pour toujours dans les bras glacés et impitoyables de la mort.

 

Un auteur prolifique

 

Ce court roman de Maurice Limat, est un condensé de son talent, en réunissant sur quelques pages,aventure, policier, société secrète, horreur et invention merveilleuse. Il fallait à l’époque écrire vite et divertir un public, avide de sensation et d’exotisme et donc réunir dans un minimum d’espace, un maximum d’ingrédients, mais toujours avec une certaine habileté.

Avec cette thématique de la société secrète au nom si évocateur de « La pieuvre » l’auteur ne pouvait que satisfaire les inconditionnels que nous sommes en nous plongeant, l’espace d’une courte lecture, au cœur d’un roman original et plaisant à parcourir. Dans un final d’apocalypse où le héros préfère se tuer plutôt que de trahir son pays ; nul doute que se roman écrit au lendemain de la seconde guerre mondiale, était en quelque sorte un rappel à l’ordre sur les notions de loyauté et du don de soi.

Il serait également intéressant de chercher un peu les rapports que l’auteur entretenait avec nos copines à tentacules car en regard de sa bibliographie « La femme aux pieuvres », « L’aquarium de sang », « L’homme aux aquariums », « L’île aux pieuvres », « L’aquarium de jade »….il ne fait aucun doute qu’il en raffolait ou qu’il en avait une sainte horreur !

Un auteur au talent évident, qui toucha à de nombreux genres avec une aisance incomparable et dont la production, si elle n’est pas exempte de quelques scories, reste cependant très honorable en nous divertissant et nous faisant passer de merveilleux moments de lecture, ce qui déjà en soi n’est pas si mal en regard de son immense bibliographie : Un écrivain populaire dans le sens le plus noble du terme !

« La femme aux pieuvres » de Lionel ( Maurice Limat) S.E.G éditions du Diadéme, collection « Amour et Aventures.1949. Pas de nom d’illustrateur.

 

La belle et cruelle Damiexa

4 commentaires pour « « La Femme Aux Pieuvres » de Maurice Limat »

  1.  
    Guy Costes
    11 octobre, 2011 | 17:17
     

    Cher Jean-Luc
    Le manque de références bibliographiques (date ; éditeur) pour ce livre peu connu laisse tes lecteurs dans un état de manque difficile à vivre.
    On compte sur toi
    Amitiés
    Guy

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  2.  
    12 octobre, 2011 | 11:51
     

    Cher Guy
    A vouloir poster mes articles trop vite, j’en oublie les règles élémentaires du savoir vivre. Heureusement que tu es vigilent, fidèle lecteur (parfois l’absence de messages me désespère :) )et je viens donc de rajouter les références.
    Merci de ta fidélité.

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  3.  
    Ferocias
    12 octobre, 2011 | 22:35
     

    Il y a de moins en moins de commentaires sur les blogs il faut bien le dire. Facebook m’a tuer…
    (mais j’ai laissé un commentaire sur l’article consacré à Je Sais Tout ;) )

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  4.  
    13 octobre, 2011 | 4:07
     

    C’est tout à fait exact, mais bon faut pas se plaindre, de nos jours l’information est tellement omniprésente que l’on ne sait plus ou donner de la tête….et merci pour l’info pour la revue « Je sais tout » je vais aller compléter la liste. Sincères salutations cher ami fidèle.

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