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« La République Des Muets » de Saint-Granier & Max Aghion

Posté le 27 janvier 2012

« La république des muets » Roman gai. De Saint-Granier et Max Aghion. Les éditions de France 1925. Illustrations intérieures de Max Aghion couverture de Abel Faivre

 

Comme à son habitude, la perfide Allemagne fomente quelques tracasseries à l’encontre de notre beau pays de France, et délaissant la classique mitraille trop bruyante et salissante, charge Von Sputz de créer un redoutable microbe : L’aphonitus Généralis ! Une bien curieuse bestiole qui s’attaque à vos cordes vocales et se multiplie à une vitesse phénoménale. Le journaliste Emmanuel André-Louis, se faisant passer pour un savant, parvient à visiter le laboratoire où se trame cette invention diabolique et à voler un échantillon. Malheureusement, suite à une malencontreuse manipulation (en fait l’éprouvette servira de projectile suite à une scène de jalousie) lors de son retour en train sur la capitale, le vil microbe va se propager dans l’air infectant toute la population.

C’est le drame comme vous pouvez vous en douter car certaines professions usant et parfois même abusant de ce pratique moyen de communication vont tout simplement se retrouver au chômage, certains se suicident d’autres tombent dans une profonde dépression, particulièrement les gens du Sud pour qui la privation de ce précieux organe est une malédiction, une punition divine, une catastrophe nationale !

Mais la vie se réorganise, et si la parole n’est plus de mise sur terre, l’ouie et la vue fonctionnent bien alors on développe de nouveaux langages à partir de ces sens développés. On invente un alphabet des muets et l’on trouve même quelques avantages à ce silence forcé où l’on n’a plus à subir les bavardages incessants des ménagères, des hommes politiques ou d’une épouse trop envahissante.

Ce langage universel rapproche les peuples et lorsqu’en 2850, Gus Poustognac fera état  dans le « Journal de Paris » d’une bien étrange découverte archéologique dans les ruines de l’ancienne capitale l’émotion sera à son comble. Un chercheur vient ben effet de mettre à jour la tribune du palais bourbon. Une vague relent de regret s’empare alors de quelques nostalgique, d’un temps où il était possible de s’exprimer avec force gesticulations, où le langage permit à de célèbres écrivains à produire des œuvres superbes. Pourtant dans cette « république  des muets » comme il est plus facile désormais de voyager. Tout le monde communique par signes et la moindre petite vibration du petit doigt exprime une demande bien particulière, un bienfait ayant aboli les frontières et réduisant à néant la redoutable barrière du langage. L’auteur de cet article se sent alors envahi par une vague d’émotion, lui le littérateur impénitent, ressent parfois une profonde émotion en se remémorant les pages les plus célèbres  de cette époque qu’il nomme désormais « La république des bavards ».

 

Encore un roman « gai » comme il en se faisait énormément à cette époque, d’une lecture très agréable et dont une grande quantité renferme des éléments ou des thématiques conjecturales non négligeables, comme celle de l’exploration future des ruines de Paris. Sujet qu’il vous sera possible de trouver sur les pages de ce blog. Cette « répuplique des muets », est à la fois cocasse et inventive, un sujet relativement peu abordé en anticipation ancienne  et concernant cette thématique autour du «son » il faudra attendre 1937 et le roman de V.Gamma et « La conspiration du silence » pour retrouver ce sujet des plus passionnant. Mais nous y reviendrons plus tard lors de l’analyse de ce rare roman paru à compte d’auteur et tiré à 500 exemplaires.

 

 

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