« Le Manuscrit Hopkins » de R.O.Sherriff

Posté le 6 mars 2012

 

« Le manuscrit Hopkins » de R.O.Sherriff. Editions PLon.1941. Réédité en 2009 aux éditions de L’arbre Vengeur « collection L’Alambic »

 

« De tous temps, les races anglo-saxonnes ont affirmé leur goût pour le roman d’anticipation : elles y déploient d’ailleurs une maîtrise qui n’a jamais été égalée et le célèbre écrivain H. G. Wells devait se tailler dans ce genre une renommée mondiale en contant de prodigieuses histoires telles que « L’Homme invisible », « La Machine à explorer le temps » ou « La Guerre des mondes ».

C’est à cette dernière œuvre que fait songer le Manuscrit Hopkins, l’extraordinaire roman de R. G. Sherriff, que publie aujourd’hui la Librairie Plon et qui nous permet d’as­sister, au cours de passionnants épisodes, aux dernières heures de Londres et de l’Angleterre.

Le récit de ces terribles événements, que l’auteur suppose avoir été retrouvé dans les ruines de Londres par une mis­sion archéologique, est la relation objective du principal personnage Edgard Hopkins : elle débute au milieu du ving­tième siècle par la nouvelle que, déviée de sa route par une cause inconnue, la lune se précipite sur la terre et qu’une rencontre de notre planète avec l’astre mort est devenue inévitable… Mais ce point de départ déjà traité par Pierre Lhande dans « Bilbilis » et par de nombreux autres écrivains, se développe de façon inattendue… Le jour fatal de la ren­contre arrive et la lune au lieu de pulvériser la terre, s’écrase dans l’Atlantique ne provoquant que des tornades et des raz de marée… L’humanité se relève lentement de ses ruines et c’est une guerre engagée pour la possession du nouveau con­tinent tombé du ciel qui accomplira l’œuvre de destruction que le cataclysme n’avait pas réalisée.

Ce curieux roman tire de l’actualité un intérêt puissant : mais là, n’est pas son seul mérite.

Plus encore qu’œuvre d’imagination le Manuscrit Hopkins est œuvre de psychologie et un des grands attraits de ce récit réside dans l’analyse minutieuse des réactions et des réflexes des personnages, dans la notation humaine de leur attitude en face d’événements qui les dépassent. A ce titre, ce roman d’anticipation s’égale aux meilleures productions des grands romanciers d’outre Manche. »

Cette thématique de notre bonne vieille lune s’écrasant sur notre planète ou du moins d’un fragment de satellite venant nous percuter, fut utilisée dans de nombreux ouvrages et si le texte de R.G.Sheriff , ne voit ici que le prétexte à une « presque fin du monde », d’autres peut-être un peu plus inventif en feront l’instrument de découverte d’une civilisation extra terrestre. Comme le dit si bien cette célèbre réplique « Si tu ne viens pas à la Gardére….. ».

 

Ainsi  H.J.Rosny Ainé dans son ouvrage « L’étonnant voyage de Hareton Ironcastle »  ( Editions Flammarion 1922) une équipe d’explorateurs lors d’un périple en Afrique à la recherche d’un territoire mystérieux va t-elle découvrir le fragment d’une planète inconnue qui s’est accolée à notre globe tout en continuant à abriter sa propre faune et flore.H.J.Magog un an plus tard avec « L’île tombée du ciel » (Editions Ollendorff, 1923) réédité sous le titre « La conquête de l’étoile » (Editions Tallandier « Bibliothèque des grandes aventures N° 510, 1934) nous propose ce un fragment d’étoile qui vient ainsi tomber au large de l’Australie. Des aviateurs partent pour en explorer le contenu et vont rencontrer une bien étrange forme de vie : Les stellaires, créatures invisibles au comportement dépassant l’entendement humain.

En 1934 c’est au tour de Tancréde Vallerey déjà responsable d’une rencontre avec une entité extra terrestre des plus remarquable avec « Celui qui viendra » (« Les œuvres libres » N°102, 1919). L’auteur avec son « Un mois sous les mers » (Editions  Nathan « Voyages et aventures » 1937) nous fait le récit de l’exploration de l’intérieur d’un fragment creux d’une immense météorite, venue s’abîmer en pleine mer. A l’intérieur, se trouve un monde étrange peuplé de créatures en provenance de Mercure qui se livrent une guerre impitoyable.

Roger Trubert fera à son tour tomber un fragment de planète prés de Tahiti dans son petit roman « L’astre rouge » (Editions Montsouris collection « Pierrot » N° 25, 1945). Ici nous sommes en présence d’une flore et d’une faune extravagante, mais point de vie ou de forme humanoïde. Seule une construction construite par une « intelligence » sera le témoin d’une probable civilisation de l’espace.

Un sujet des plus passionnant et dont les nombreuses ramifications ( Collision avec une météorite, Fin du monde, détachement d’un fragment de notre planète…) met en exergue toutes les peurs et les appréhensions d’une humanité si seule dans l’immensité de l’espace.

 

 

Un commentaire pour « « Le Manuscrit Hopkins » de R.O.Sherriff »

  1.  
    Cirroco
    20 octobre, 2012 | 15:26
     

    Hi!

    La présentation entre guillemets (De tous les temps.. la Gardère) est celle de l’Arbre Vengeur pour son édition?

    Merci, m’sieur.

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