« Le Téléphonoscope » Une Superbe Revue Consacrée à Robida

Posté le 28 mars 2012

 

Dans cette excellente revue consacrée à la vie et l’œuvre de Albert Robida toute l’équipe, dans un souci de rendre à César ce qui lui appartient, nous propose un travail des plus passionnant, qu’il s’agisse de son œuvre conjecturale, de sa participation à diverses revues, d’ouvrages sur les régions de France, livres pour la jeunesse etc………

Un auteur qui méritait une revue à part entière en regard de l’importance de son œuvre et de la production considérable qu’il réalisa dans le domaine de l’anticipation.

Dernièrement je lisais encore une petite étude sur les précurseurs Français et l’on citait allégrement les « inventions » de Mr Verne, alors que l’on passait sous silence les œuvres visionnaires non seulement de Robida, mais d’une foule d’autres écrivains au talent incontestable.

Est-il besoin de rappeler à notre bon souvenir une partie de son œuvre conjecturale qu’il illustra en outre avec un immense talent :

- « Les voyages extraordinaires de Saturnin Farandoul dans les 5 ou 6 parties du monde et dans tous les pays connus et même inconnus de Monsieur Jules Verne ».

Un pavé monumental de plus de 800 pages avec 450 illustrations couleurs, N&B. Dans ce roman on découvre bien avant l’œuvre de Burroughs et de son Tarzan que Saturnin Farandoul a été élevé par des singes et partira dés l’age de 11 ans retrouver la civilisation, conscient de sa différence.

Il deviendra rapidement un homme hors du commun, un être supérieur parmi les hommes tout en conservant un grand pouvoir sur les animaux.

De retour de manière fortuite chez les singes, il en fera par la suite une société instruite et constituera même sa propre armée.

Toute l’histoire sera par la suite une aventure délirante et haute en couleur dans laquelle Robida pastichera de manière très savoureuse les héros de Jules Verne et de ses « Voyages Extraordinaires ».

- « Jadis chez aujourd’hui » (1890) ou il est traité du thème du voyage temporel

-  « L’horloge des siècles » (1902) ou suite à un cataclysme naturel, la terre se met a tourner a l’envers et ou le temps lui-même se déroule à l’envers.

- « La guerre infernale » (1908) ,30 fascicules, 900 pages d’une guerre future à l’échelle mondiale avec de magnifiques illustrations pleines pages en couleur, le sommet de l’anticipation militaire ou l’imagination de Robida et de Giffard est à son apogée.

- « L’ingénieur Von Satanas » (1919) son œuvre la plus sombre qui contraste avec sa production habituelle. Il s’agit d’un réquisitoire écrasant contre la guerre. Il faut dire que la première guerre mondiale est passée par là avec tout son cortége d’horreur.

- « Mystére-ville » roman réalisé à « quatre mains » avec William Cobb (pseudo de Jules Lermina) en 1905 et publié dans l’extraordinaire revue que fut « Sciences et Voyages » ici c’est la découverte en Inde d’un civilisation souterraine ayant développé une technologie basée sur le son, et les odeurs….

 

Je crois qu’en regard de toute sa production, qui fut avant tout l’œuvre d’un véritable visionnaire et doué d’un coup de crayon hors pair, Robida est sans contexte le chef de file de ce « merveilleux scientifique » appelé plus communément science-fiction et qui mérite certainement toute l’importance que lui accorde « Le Téléphonoscope ».

On accorde toujours une place de choix à l’œuvre de Jules Verne en tant que précurseur de la « science fiction ». Il a certes contribué à « démocratiser » un nouveau genre sous couvert d’œuvres pour la jeunesse (ou assimilée à l’époque en tant que telle) mais il avait une conception assez restrictive du progrès, ses romans ne sont pas vraiment des « anticipations » car ils restent toujours dans le cadre restreint de l’époque dans laquelle il vit. Robida s’est toujours affirmé comme un visionnaire, « anticipant » bon nombre de facteurs important de notre société tant sur les plans culturels que techniques ou moraux. Il resta pendant de nombreuses décennies dans l’ombre du maître Nantais et poursuit actuellement peu à peu une lente ascension vers une notoriété légitime.

Ce numéro 16 du « Le Téléphonoscope » consacré à une étude croisée entre les sources d’inspiration de Albert Robida et Jules Verne est un véritable bonheur car, outre la pertinence des différents articles traités avec érudition, la revue se « paye » le luxe de reproductions de dessins de Robida  dans une qualité irréprochable sur un papier des plus agréable qui soit. Superbe iconographie, qualité éditoriale….que demander de plus afin de parfaire ses connaissances sur une Illustrateur/Auteur qui n’a pas encore fini de nous étonner.

Une revue certes très spécialisée mais dont il nous faudra suivre le parcours avec une grande attention

 

« Le Téléphonoscope » N°16 : « Jules Verne & Albert Robida »

-  Editorial, par Jean-Claude Viche.
- «  Robida voyageur dans le temps, Verne explorateur passionné de l’espace », par Dominique Lacaze.
- « Saturnin Farandoul », parodie de Jules Verne et source d’inspiration.
- « Où Hetzel et Verne s’inquiètent de la parution de Saturnin Farandoul ».
- « Albert Robida et les Verne, père et fils », par Daniel Compère.
- « La journée d’un journaliste américain », un copiage de Robida, par Jean-Claude Viche.
- « Quand Robida illustre Jules Verne ».
- « Un autre Jules Verne : Paris au XXe siècle », par Dominique Lacaze.
- « Verne et Robida dans l’aventure de l’automobile », par Jean-Claude Viche.
- « L’île à hélice, fiction ou réalité », par Philippe Burgaud.

 

Pour plus d’information : LIEN

 

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