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Archive pour mars 2012

L’anticipation Ancienne A L’honneur Chez Rivière Blanche

( Non classé )

Deux ouvrages de André Mas vont paraître dans un même volume chez Rivière Blanche en Juin: « Dryméa Monde de Vierges » (Editions Sansot) et « Les Allemands sur Vénus » (Editions Jean Naert) datant respectivement de 1922 et 1914. Un évènement d’autant plus important que ces deux ouvrages sont d’une extrême rareté et que le premier de la liste fut quelque peu occulté par Versins dans son « Encyclopédie ». L’auteur écrivit un autre ouvrage nous intéressant quelque peu «  Sous leurs doubles soleils des Dryménnes chantent » (Editions de la pensée) 
IL écrivit également un ouvrage avec Emile Drouet « Vers les autres mondes ».
Ces deux auteurs sont réputés pour avoir imaginé la fameuse « fronde géante » permettant de catapulter un astronef hors de l’attraction terrestre, fronde que l’on retrouvera dans le roman de Graffigny « Voyage de cinq Américains dans les planètes » (Editions  Gédalge 1925).
« Aux Anglais la mer, aux Français la terre, aux Allemands les cieux….. »

Une réédition inespérée qui sera publiée en « Hors collection » et il faut espérer que cette entreprise courageuse soit les prémices de quelques bonne surprises qui, dans le vaste domaine de l’anticipation ancienne, ne manquent pas de quelques petites merveilles qui ne demandent qu’à être exhumée.

IL est à préciser que ces deux ouvrages furent réédités une première fois dans la défunte collection « Apex » en 2004 à très faible tirage.

Le lien du site rivière blanche c’est ICI

 

 

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Dossier Illustrations: « La Station Centrale Des Aéronefs » Par Albert Robida

Dans les villes futures décrites avec brio par nos anticipateurs, le ciel est sillonné par un ballet incessant de véhicules aériens de toutes sortes. L’architecture démesurée se compose d’immeubles immenses dont les toits font office de pont d’envol où des engins divers et variés déversent un flot continu de passagers. Les transports aériens avec son cortége d’aérocabs, aérochalets, omnibus aériens, sont le moyen le plus sûr de se déplacer dans un monde frémissant et bouillonnant, envahi par un progrès qui ne cesse de transformer notre vie.

Chaque hôtel particulier possède son pont d’envol, chaque maison est équipée d’un balcon pour accueillir ses frêles esquifs aériens. Il faut se souvenir de ce numéro spécial de « L’assiette au beurre:  A nous l’espace » illustré par A.Guillaume, véritable festival aérien, où le « plus lourd que l’air » occupe la moindre partie de notre existence. Dans une magnifique composition de Arnould Moreau pour la nouvelle de Octave Béliard «  La journée d’un parisien au XXI éme siècle » (« Lecture pour tous » Noël 1910) nous assistons depuis le toit d’un immeuble Parisien au spectacle grandiose de ses vaisseaux aériens qui se posent majestueusement sur ses pistes d’atterrissages démesurées. Henri Lanos avec tout le génie et le talent que nous lui connaissons, ne fut pas non plus avare de magnifiques compositions, notamment dans la revue « Je sais tout » et « Lecture pour tous » et l’on assiste alors à l’accostage de ses magnifiques oiseaux gigantesques sur de spectaculaires structures aériennes. La dessin inspiré de Pellos se prêtera également au jeux dans « La guerre des forces » de Henri Suquet pour la revue « Jeunesse magazine » en 1939. Dans le roman de A.Vilgensofer « La terre dans 100 000 ans » ( Editions H.Simonis-Empis 1894)la nouvelle Paris est ainsi parsemée de ces innombrables toits servant d’amarrage à cette multitude de géants aériens, les auteurs de ces vieilles anticipations ne pouvant se défaire de l’utilisation du dirigeable électrique comme moyen principal de transport. Dans cet autre roman tout aussi inventif et d’une rchesse thématique tout aussi surprenante que le précédent texte, c’est au tour de Jean Chambon avec son « Cybéle, roman extraordinaire dans l’avenir » (Georges Carré éditeur 1891) de nous faire part de ses délires architecturaux où la pyramide de Chéops Rénovée et l’acropole d’Athènes sont devenues des immenses aérogares. Mais cet inventaire pourrait faire l’objet d’une liste interminable tant auteurs et illustrateurs se prêtèrent à cet exercice fascinant et source d’une imagination des plus débordante.

Pour l’heure arrêtons nous quelques instants sur une superbe planche de Robida qui dans son « XXéme siècle » (Librairie illustrée Montgredien & Cie ) parvient si bien à nous émerveiller tant par sa plume féconde et humoristique que son pinceau brillamment inspiré. Ballons Transatlantiques, Aéronefs omnibus,Aérocabs, sillonnent une ville trépidante où tout se bouscule et s’entrecroise. C’est un concentré de tout ce que le progrès peut nous apporter de mieux pour notre plus grand confort, mais surtout pour le plus grand plaisir des lecteurs que nous sommes.

Dans cette œuvre remarquable, tout comme le reste d’ailleurs, Albert Robida excelle dans l’imaginaire le plus jovial et, sujet du jour oblige, utilise de nombreux édifices Parisiens comme source de stationnement. Ainsi assistons nous à l’arrivée de sympathiques aérocabs en forme de poissons au sommet de la tour St Jacques et à une arrivée mouvementée à la station centrale des aéronefs de Notre Dame.

Je vous laisse donc admirer cette planche absolument merveilleuse et recommande, à celles et ceux qui ne connaissent pas encore l’œuvre de ce génial écrivain/illustrateur, de se lancer sans plus tarder dans son œuvre des plus admirable.

 

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Charles Cros « Un Drame Interastral » : Un Auteur En Avance Sur Son Temps

 

 

Charles Cros est né à Fabrezan dans l’Aude le 1er Octobre 1842, originaire d’une famille de Lagrasse (Aude) et mort à Paris le 9 Août 1888. Eléve surdoué bien que  autodidacte, il va développer tout au long de sa vie, un goût prononcé pour les sciences. Il était parait-il dés l’age de 14 ans, capable d’enseigner le sanscrit et l’hébreu. Il fut un temps, de 1860 à 18863, professeur de chimie à l’Institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique. Ce prodige trop mal connu en France fit dés 1867 parler de lui après avoir présenté à l’Exposition Universelle un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l’amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société Française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l’origine du procédé actuel detrichromie, mais c’est en 1877 qu’il adresse à l’ Académie des sciences un mémoire «  La description d’un procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouïe ». Il s’agit en fait d’une de ses inventions, le « paléophone » en réalité le premier prototype du phonographe. Cette formidable invention sera remisée au rebus lorsqu’en 1878, un certain Edison présente son célèbre appareil à l’académie des sciences.

Mais au-delà de ce génial scientifique que hélas peu de personnes connaissent de nos jours, Charles Cros fut un écrivain émérite laissant derrière lui quelques petites œuvres qui nous intéressent plus particulièrement. C’est en 1866 qu’il va rencontrer Paul Verlaine et se liera d’amitié avec Arthur Rimbaud, Villier de L’isle-Adam…Il fréquenta ainsi  cafés et cercles littéraires de l’époque où on le connaissait surtout pour ses monologues dont « Le hareng saur » qu’il récitera lui-même au « Chat Noir ». Il côtoie donc la bohême littéraire dès l’année 1867.C’est à ce moment de sa vie qu’il fait ses premiers pas en poésie dans « L’Artiste » en 1869. 1870 est l’année où Charles Cros débute l’écriture de nombreux poèmes du « Coffret de Santal », ce recueil paraîtra en 1873. Ses activités littéraires se multiplient, il collabore au « Tombeau » de Théophile Gautier. En 1874, il devient rédacteur en chef de « La Revue du Monde Nouveau », et publie dans un même temps « Le Fleuve », et en 1876, les « Dixains Réalistes ». Charles Cros fréquente le cabaret Le Chat Noir et il se lie avec Alphonse Allais. Il fut d’ailleurs un membre actif de cet illustre « club des Hydropathes » que nous évoquions dernièrement au sujet de la mise en ligne du texte de Emile Goudeau « La révolte des machines ». Il fut également un membre du cercle des poètes Zutistes dont on garde une trace avec un album Zutistes dans le quel Cros, Rimbaud , Verlaine et bien d’autres caricaturent férocement les poètes Parnassiens.

En 1878, Charles Cros épouse Mary Hjardemaal dont il a deux fils, Guy-Charles et René. Mais très vite sa santé devient fragile,  vie de bohême et abus d’absinthe ne faisant pas bon ménage.
L’œuvre poétique de Charles Cros tient pour l’essentiel en deux recueils : « Le Coffret de Santal », et « Le Collier à Griffes », recueil qui reprend des pièces composées dans les dix ou quinze dernières années de sa vie, que son fils Guy-Charles Cros publiera en 1908, pour les vingt ans de la mort de son père. A sa mort en 1888, la plus grande partie de son oeuvre reste inédite.

Il s’éteint au cours de l’année 1888. Il faudra attendre les surréalistes pour que cette figure emblématique d’une époque bouillonnante et inventive resurgisse enfin. Robert Desnos et Louis Aragon rendront ainsi hommage au poète et à son rôle important dans la littérature.

La nouvelle d’anticipation que vous allez lire aujourd’hui paru en 1872 et fut rééditée dans la collection « Les œuvres libres » en 1964, N°212 puis réédité dans le N°9 du « Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de fantastique » ( Février, Mars, Avril 1992) et dans la « Petite bibliothèque ombre » dans un recueil « Le caillou mort d’amour », comprenant toutes l’œuvre conjecturale de Charles Cros  à savoir : «  La science de l’amour » (1874), « Le journal de l’avenir » (1880) et « La caillou mort d’amour » (1886). L’ouvrage est également enrichi de textes rédigés en collaboration avec Emile Goudeau « Contes sans dessus dessous »

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Un drame interastral

L’ordonnance CXVII du 3e  grand-maître de l’astro­nomie terrestre a soulevé les criailleries de tout le parti Goguenard. Disons-le tout de suite, ce parti, quoiqu’il s’en défende furieusement, rappelle à s’y tromper celui des libres penseurs, si en faveur il y a quelques siècles. Il le rappelle tellement, qu’on peut craindre de le voir se porter aux mêmes excès négatifs, qui nécessiteraient conséquemment les mêmes répressions.

Les Goguenards ont parlé de retour aux oignons d’Egypte, aux ténèbres des dix-neuvième et vingtième siècles ; ils ont proclamé que c’était une restauration des clergés d’autre­fois, une mesure superstitieuse, une fantaisie mytholo­gique introduite en ce qu’il y a de plus essentiel à la bonne marche des sociétés humaines modernes.

Il me sera facile de réduire à néant ces vaines récla­mations. Tout d’abord, il faut remarquer que cette ordon­nance n’établit rien qui ne soit déjà dans la pratique réelle depuis de longues années. Elle ne fait que résumer ce qui existait dans les règlements particuliers de presque tous les observatoires terrestres, ou bien ce qui résultait de nom­breuses décisions de la Cour suprême.

En effet, il faut être étranger à l’étude la plus élémen­taire du droit administratif pour ne pas savoir les forma­lités exigées par tous les conseils d’observatoire à l’admis­sion dans la Grande-Coupole et sur la Terrasse de corres­pondance ; il faut n’avoir lu aucune des publications astro­nomiques de ce siècle pour ignorer que cette appellation même, Mystère de la Coupole et de la Terrasse, tant criti­quée dans l’ordonnance dont il s’agit, est d’un usage com­mun, et que certains documents officiels, déjà anciens, l’emploient expressément

Il en est de même du régime spécial du célibat obliga­toire des astronomes qui veulent dépasser le quatrième degré, du serment qu’on exige d’eux et des pénalités parti­culières auxquelles ils sont soumis, pénalités d’autant plus sévères que le degré du contrevenant est plus élevé.

Il y a déjà longtemps que, dans les demandes d’admis­sion aux degrés supérieurs, les aspirants mentionnent en premier leur condition de célibataire et l’austérité de leurs mœurs, avec pièces à l’appui. Or, ces choses étaient deve­nues exigibles en réalité, depuis déjà longtemps, et l’ordon­nance CXVII est venue simplement régulariser un usage reconnu nécessaire au point de vue de la morale et de la politique. Et ici, l’action de l’ordonnance, au lieu de resser­rer l’usage, l’a rendu plus équitable et plus large en pré­venant l’abus de certaines restrictions trop sévères qui commençaient à s’introduire dans plusieurs cours astro­nomiques.

Mais je sais que les Goguenards ne se tiendront pas pour satisfaits de ces explications. Usage si l’on veut, disent-ils, mais usage injuste et mauvais, abus de pouvoir, etc.

Pour cette dernière question, qui prouve d’ailleurs immé­diatement l’ignorance et l’irréflexion de ceux qui la soulèvent, je ne peux pas entrer dans une discussion proprement dite. Je me bornerai à raconter un fait d’où découlera, pour les esprits les plus primitifs, la nécessité d’une réglementation vigoureuse, comme celle qui a naturellement prévalue et qui vient d’être définie dans l’ordonnance CXVII

On se rappelle peut-être la retraite subite et inexpliquée d’un directeur de l’observatoire des Andes-Sud, et les bruits qui suivirent cette retraite, il y a une trentaine d’années. On parla de négligences coupables et de violation des mystères de la coupole. Le mot mystère se trouve juste­ment dans les journaux de l’époque. Le gouvernement étouffa sagement l’affaire ; et le directeur, regretté d’ail­leurs à cause de ses travaux fort remarquables, particulièrement sur la flore équatoriale de Vénus, fut admis à la retraite pour raison de santé.

Il est mort maintenant depuis longtemps, ainsi que la plupart des intéressés. Voici donc les faits tels qu’ils se sont passés. Je ne nommerai personne.

Ce directeur, exceptionnellement, même à cette époque, ni uni que je l’ai dit, s’était marié. A vrai dire, il était veuf lors de sa nomination ; mais il lui restait un fils de vingt- deux à vingt-trois ans,

Le jeune homme, doué d’une imagination très vive, presque indisciplinée, n’avait aucun goût pour les études astronomiques et ne voulut faire que de la peinture et des vers. Il a du reste laissé des poésies estimées des gens spéciaux, quoiqu’elles aient un caractère d’étrangeté peu admissible pour ceux qui, comme moi, n’admettent que  les chefs-d’œuvre normaux et incontestables du XXV siècle. Revenons à notre histoire.

Les études sur la flore vénusienne se faisaient par échange, ainsi que cela se pratique ordinairement ; c’est à dire qu’il fallait transmettre de la flore terrestre autant de types qu’on en recevait de Vénus. On se servait à cet effet de la grande batterie de trois mille objectifs de cinquante mètres et des réflecteurs y attenant

On sait que cette batterie, qui ressemble à un immense œil d’insecte, et a coûté vingt-neuf ans de travail aux constructeurs et quatre-vingt-quinze millions au gouver­nement, est encore l’une des plus belles batteries de la terre. Les figures se reproduisent aux quatre centièmes de leur diamètre pour la distance de la terre à Vénus ; de telle sorte qu’il suffit aux astronomes vénusiens de grossir quatre cents fois les images sur la surface de transmission pour nous les faire recevoir à la grandeur réelle.

On procédait donc à l’échange des types botaniques vénusiens  et terrestres, et la batterie était constamment pointée sur un pic de Vénus, qu’il est inutile de désigner. Le directeur, absorbé par l’intérêt puissant de sa recherche, eut l’idée, plutôt malheureuse que coupable, de se faire aider par son fils pour la fixation et le classement des photo­graphies qu’on lui transmettait.

Il alla, plus tard, jusqu’à confier au jeune homme le poste d’observateur direct, à l’oculaire. Ceci ne peut s’expli­quer que par une sorte de folie sénile ; car, lors de l’enquête, pour motiver un oubli grave des conventions métaplanétaires, le malheureux directeur allégua simplement la fatigue de ses yeux a cette époque. Mais continuons.

La grande recherche botanique occupait la moitié du temps de la transmission ; l’autre moitié était consacrée à la correspondance courante. Le jeune homme fut donc mis au fait de tous les procédés de cette correspondance, et cela sans études, sans régime, sans grades ni serment.

Les astronomes subordonnés, peut-être plus soucieux de toucher leur traitement que de veiller aux intérêts sociaux, ou bien encore à cause de leur habitude, louable d’ailleurs, d’obéissance et de respect absolu à l’égard de leur direc­teur, ces astronomes laissèrent aller les choses. Du reste, ainsi qu’ils l’ont raconté dans l’enquête, le service de la correspondance se faisait, dans ces conditions irrégulières, d’une manière très active et très féconde.

J’appelle le jeune homme, simplement pour faciliter le récit du nom si répandu et si banal de Glaux.

Glaux donc semblait tout à coup avoir pris très à cœur ses fonctions oculaires. Il s’enquérait de tous les perfec­tionnements possibles à apporter aux transmissions. C’est même lui qui a mis le premier en pratique tant de moyens négligés jusqu’à lui comme purement théoriques et inap­plicables.

Ce n’est en effet que depuis ces événements qu’on est arrivé à transmettre et à recevoir les phénomènes sonores. On a nié l’utilité de cela ; on dit que nous ne comprenons pas grand-chose à la musique vénusienne et que, quant aux langues parlées, nous ne pouvons les faire prononcer que par l’articulateur mécanique. Les prononcerions-nous, ajoute-t-on, nous y perdrions notre temps, sauf dans la supposition évidemment absurde d’un voyage interplané­taire.

C’est, à mon avis, conclure bien vite et bien hargneu­sement. Je poursuis.

D’où venait ce zèle astronomique subit ? La cause en aurait été facile à prévoir, si la vieille routine ne portait pas la plupart des hommes à considérer comme étranges ou impossibles les choses les plus naturelles du monde. En vérité, la science a marché plus vite que la raison et le sens pratique.

Voici ce qui était arrivé,

Glaux, ayant un jour terminé les transmissions courantes, allait quitter son poste, lorsqu’il vit s’avancer sur la ter­rasse de l’observatoire vénusien un être qu’il ne reconnut pas pour être du personnel de là-haut.

 

En posant d’avance que je tiens compte des distinctions; et des restrictions de la science, je dirai, pour parler court, que c’était une femme.

Ici, ma tâche de narrateur devient difficile. Elle serait impossible si précisément l’ordonnance CXVII  n’avait pas exactement défini les délits de presse. Je me tiendrai donc strictement dans la loi et je serai très sobre de détails.

C’était donc une femme. Glaux, piqué de curiosité, obser­vait ses mouvements. Elle allait de çà et de là, paresseu­sement. Je ne puis rien dire de sa beauté extra-terrestre, de sa parure dont nos fleurs les plus somptueuses ne don­neraient qu’une idée terne et monotone… Les astronomes jurés du onzième degré peuvent seuls être exactement ren­seignés sur ces choses, et cela par d’autres moyens qu’une description faite de mots.

Mais voilà qu’elle arrive à l’appareil de correspondance terrestre et s’y arrête.

Glaux alors lui fait le salut d’usage au début de corres­pondance. Elle y répond très pertinemment, en réprimant ce qu’on peut appeler, en vertu d’une analogie légitime, un éclat de rire.

Ces détails résultent du journal en prose et en vers qu’a laissé Glaux.

En quelques signes échangés, Glaux voit avec surprise qu’elle est, mieux que lui peut-être, au fait du langage interastral, et le dialogue continue.

Mais la terre et Vénus tournent ; les réfractions atmo­sphériques brouillent les images et ne permettent bientôt plus que les signes plusieurs fois répétés : à demain !

C’est de ce jour qu’on vit Glaux mettre tant de zèle et d’activité ingénieuse à ses fonctions de correspondant.

Imagina-t-il de lui-même ces méthodes merveilleuses qu’on ne songe plus à admirer, aujourd’hui que l’usage en est continuel, ou bien en reçut-il communication ? Il y a eu peut-être alors des indiscrétions, très avantageusement pour nous, de la jeune Vénusienne, peu soucieuse, comme le sont généralement les femmes, de garder les secrets scientifiques de sa planète.

On l’a deviné, les deux jeunes gens s’étaient épris l’un de l’autre. Quelle folie ! Quelle déplorable suite de l’inob­servance des règlements !

Ils crurent vaincre la distance qui les séparait en échangeant les traces les plus complètes de leurs personnes. Ils s’envoyèrent leurs photographies, par séries suffisantes à la reproduction du relief et des mouvements.

Glaux, aux heures où l’observation était close, s’enfer­mait en une salle et reproduisait dans des fumées ou des poussières l’image mouvante de sa bien-aimée, image impal­pable faite de lumière seule, Il en réalisa aussi la forme immobile en substances plastiques.

C’est alors qu’ils imaginèrent de s’envoyer leur son de voix, leurs paroles, leurs chansons. Tout cela était noté par des courbes et reproduit dans l’appareil électrique à diapa­sons. Je ne puis rien dire des paroles et des chansons (?) venues de si loin.

Tout ce que je viens de dire si brièvement, et pour cause, dura trois ans.

La troisième année fut terrible, mêlée de ravissement et de désespoirs… Aurait-on pu sauver à ce moment les deux insensés par des mesures énergiques ? C’est douteux. Le mal était fait, irréparable.

Un soir que notre crépuscule correspondait au crépuscule du pays vénusien dont il s’agit, et tous les apprêts faits de part et d’autre, Glaux et la jeune fille échangèrent un dernier baiser à travers l’espace implacable et se tuèrent.

Cette catastrophe faillit compromettre la bonne entente des deux planètes, car la jeune Vénusienne était fille d’un des plus puissants astronomes de là-haut.

Tout s’arrangea par des conventions métaplanétaires précises, qui furent conclues alors. L’ordonnance CXVII a sanctionné ces conventions sur la terre. Ainsi sera évitée la suite des malheurs qu’on a pu craindre un instant.

Tous les papiers, photographies, photosculptures, phonographies de Glaux sont déposés aux archives centrales Il faut, comme je l’ai dit, être du onzième degré pour avoir communication.

Malgré ce que je viens de raconter, par autorisation supérieure du reste, je ne désespère pas de voir les Goguenards nier encore l’opportunité de l’ordonnance CXVII.

Charles Cros

 

                         « On se servait à cet effet de la grande batterie de trois mille objectifs de cinquante mètres et des réflecteurs y attenant » 

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« Le Manuscrit Hopkins » de R.O.Sherriff

 

« Le manuscrit Hopkins » de R.O.Sherriff. Editions PLon.1941. Réédité en 2009 aux éditions de L’arbre Vengeur « collection L’Alambic »

 

« De tous temps, les races anglo-saxonnes ont affirmé leur goût pour le roman d’anticipation : elles y déploient d’ailleurs une maîtrise qui n’a jamais été égalée et le célèbre écrivain H. G. Wells devait se tailler dans ce genre une renommée mondiale en contant de prodigieuses histoires telles que « L’Homme invisible », « La Machine à explorer le temps » ou « La Guerre des mondes ».

C’est à cette dernière œuvre que fait songer le Manuscrit Hopkins, l’extraordinaire roman de R. G. Sherriff, que publie aujourd’hui la Librairie Plon et qui nous permet d’as­sister, au cours de passionnants épisodes, aux dernières heures de Londres et de l’Angleterre.

Le récit de ces terribles événements, que l’auteur suppose avoir été retrouvé dans les ruines de Londres par une mis­sion archéologique, est la relation objective du principal personnage Edgard Hopkins : elle débute au milieu du ving­tième siècle par la nouvelle que, déviée de sa route par une cause inconnue, la lune se précipite sur la terre et qu’une rencontre de notre planète avec l’astre mort est devenue inévitable… Mais ce point de départ déjà traité par Pierre Lhande dans « Bilbilis » et par de nombreux autres écrivains, se développe de façon inattendue… Le jour fatal de la ren­contre arrive et la lune au lieu de pulvériser la terre, s’écrase dans l’Atlantique ne provoquant que des tornades et des raz de marée… L’humanité se relève lentement de ses ruines et c’est une guerre engagée pour la possession du nouveau con­tinent tombé du ciel qui accomplira l’œuvre de destruction que le cataclysme n’avait pas réalisée.

Ce curieux roman tire de l’actualité un intérêt puissant : mais là, n’est pas son seul mérite.

Plus encore qu’œuvre d’imagination le Manuscrit Hopkins est œuvre de psychologie et un des grands attraits de ce récit réside dans l’analyse minutieuse des réactions et des réflexes des personnages, dans la notation humaine de leur attitude en face d’événements qui les dépassent. A ce titre, ce roman d’anticipation s’égale aux meilleures productions des grands romanciers d’outre Manche. »

Cette thématique de notre bonne vieille lune s’écrasant sur notre planète ou du moins d’un fragment de satellite venant nous percuter, fut utilisée dans de nombreux ouvrages et si le texte de R.G.Sheriff , ne voit ici que le prétexte à une « presque fin du monde », d’autres peut-être un peu plus inventif en feront l’instrument de découverte d’une civilisation extra terrestre. Comme le dit si bien cette célèbre réplique « Si tu ne viens pas à la Gardére….. ».

 

Ainsi  H.J.Rosny Ainé dans son ouvrage « L’étonnant voyage de Hareton Ironcastle »  ( Editions Flammarion 1922) une équipe d’explorateurs lors d’un périple en Afrique à la recherche d’un territoire mystérieux va t-elle découvrir le fragment d’une planète inconnue qui s’est accolée à notre globe tout en continuant à abriter sa propre faune et flore.H.J.Magog un an plus tard avec « L’île tombée du ciel » (Editions Ollendorff, 1923) réédité sous le titre « La conquête de l’étoile » (Editions Tallandier « Bibliothèque des grandes aventures N° 510, 1934) nous propose ce un fragment d’étoile qui vient ainsi tomber au large de l’Australie. Des aviateurs partent pour en explorer le contenu et vont rencontrer une bien étrange forme de vie : Les stellaires, créatures invisibles au comportement dépassant l’entendement humain.

En 1934 c’est au tour de Tancréde Vallerey déjà responsable d’une rencontre avec une entité extra terrestre des plus remarquable avec « Celui qui viendra » (« Les œuvres libres » N°102, 1919). L’auteur avec son « Un mois sous les mers » (Editions  Nathan « Voyages et aventures » 1937) nous fait le récit de l’exploration de l’intérieur d’un fragment creux d’une immense météorite, venue s’abîmer en pleine mer. A l’intérieur, se trouve un monde étrange peuplé de créatures en provenance de Mercure qui se livrent une guerre impitoyable.

Roger Trubert fera à son tour tomber un fragment de planète prés de Tahiti dans son petit roman « L’astre rouge » (Editions Montsouris collection « Pierrot » N° 25, 1945). Ici nous sommes en présence d’une flore et d’une faune extravagante, mais point de vie ou de forme humanoïde. Seule une construction construite par une « intelligence » sera le témoin d’une probable civilisation de l’espace.

Un sujet des plus passionnant et dont les nombreuses ramifications ( Collision avec une météorite, Fin du monde, détachement d’un fragment de notre planète…) met en exergue toutes les peurs et les appréhensions d’une humanité si seule dans l’immensité de l’espace.

 

 



Le Coup De Coeur Du « Moi »: « Ange Maudit » De Frédéric Merchadou

Alors que l’on pensait la littérature fantastique chose morte et éculée, ayant utilisée toutes les pistes et explorée, le moindre recoin de ses sinueuses circonvolutions fantasmagoriques, il est parfois des ouvrages qui nous surprennent encore par leur originalité et leur sens aigue d’une ambiance des plus réussie.

Je viens donc de terminer l’ouvrage de Frédéric Merchadou, « Ange Maudit » publié aux éditions « Malpertuis ». Vous connaissez toute l’affection que je possède pour ce dynamique éditeur qui nous prouve une fois de plus par ses choix et ses goûts sûrs et précieux, la qualité de ses publications. Une garantie de lectures enchanteresses.

Je ne connaissais pas l’auteur, rencontré lors du festival zone franche et je dois dire que mon premier contact avec ce personnage charmant et enthousiaste, fut pour moi assez révélateur et participa grandement à faire l’acquisition de son ouvrage dont j’avais du coin de l’œil, apprécié la superbe couverture.

Mais faut-il préciser que l’un des arguments de vente pour un éditeur, est de savoir attirer le regard du lecteur ? Pour l’occasion, je pense que c’est un coup de maître et toute l’atmosphère bizarre et spectrale du roman est parfaitement mise en valeur dans la magnifique composition de Philippe Jozelon. Toute l’essence même du roman est ainsi retranscrite d’une manière percutante et envoûtante. A mon humble avis, une des plus belles illustrations de la collection.

Il y avait donc dés le départ une forte aura positive et je ne doutais pas un seul instant des qualités intrinsèques d’une œuvre qui, d’après le résumé figurant au second plat de couverture, venait renouer avec cette forme narrative si chère à nos auteurs de cette fin du 19eme.

L’attente fut à la hauteur de mes espérances et le livre fut donc dévoré avec la même délectation que les savoureuses histoires d’un Joseph Shéridan le Fanu d’un Shirley Jackson ou d’un Montague Rhodes James….c’est tout dire ! Je me rappelle de cette ambiance si particulière de ces auteurs qui, à chaque lecture, me faisaient agréablement frissonner, pas forcement de peur, mais du plaisir sans cesse renouvelé de me plonger dans un univers ou le mystère et l’horreur flottent comme une présence tenace, impalpable et monstrueuse.

C’est une de ces  histoires maudites où la peur de mourir est plus forte que tout .L’âme d’une femme ayant pactisée avec un démon, utilise son pouvoir afin de se réincarner dans le corps de ses victimes en utilisant un portrait comme « porte » afin de procéder au transfert. De générations en générations elle bénéficie ainsi d’une vie éternelle dont le prix à payer sera la brièveté d’occupation du corps lui servant de réceptacle. A ses cotés, un enfant démon à la présence obsédante et au regard aveugle, qui ne devra lui aussi sa survie que par cette énergie vitale qui circule dans les veines de son hôte et dont il s’abreuve goulûment lors de leurs rites infernaux….. « Car la vie est dans le sang » et cette engeance infernale ne trouve sa pérennité que dans le précieux breuvage qu’elle absorbe, du fanatisme de ces adorateurs et dans la peur quelle inspire aux autres. Un jour pourtant, tout va basculer ou presque, lorsque  Mathias Yequel va répondre à une annonce et s’engage sur la route qui le conduira au manoir d’Herberay. Jeune peintre Parisien, ayant trop abandonné son corps et son esprit aux rêves acides d’une absinthe dont il ne peut se défaire, il pense que se séjour forcé, loin de tout mais surtout loin de la fée verte, pourront ainsi sauver son âme d’une peu reluisante fin. Il est loin de se douter que cette sinistre maison renferme bien des secrets et qu’il va se jeter tel le frêle papillon, dans l’immense toile d’araignée tissée par la maîtresse des lieux et dont les appétits insatiables et infernaux, lui réservent un sort bien pire que la mort.

Avec une telle aisance d’écriture et cette qualité propre aux talentueux raconteurs d’histoires, nul n’est besoin de faire des comparaisons. Ils possèdent leurs styles propres, ce « petit rien » faisant la différence mais dont  la subtilité met en exergue toute les qualités d’un roman, sa marque de fabrique, son originalité. Lorsque Frédéric Merchadou vous entraîne dans sa descente aux enfers, vous savez qu’elle vous conduira à une mort certaine, mais avec cette étrange sensation procurée par l’anisé breuvage qui, l’espace d’un instant, provoque une euphorie passagère et comme par une sombre fatalité, vous fait accepter l’inéluctable. Le texte est insidieux, accroche votre main de la façon la plus anodine qui soit et vous fait visiter un univers où le beau est en parfaite adéquation avec le monstrueux. Il se passe quelque chose et vous savez que dans l’ombre de cette demeure au funeste passé, se trame un acte odieux  dont il est impossible d’en évaluer l’effroyable teneur.

L’auteur  distille son récit au compte goutte, à l’image de cette eau fraîche et désaltérante qui vient se répandre sur ce simple morceau de sucre. Elle vous enveloppe et se répand dans le moindre petit cristal, pour finir sa course au fond du verre, se mélangeant à la précieuse substance dans une union parfaite. Le résultat est aussi trouble que notre frêle existence, aussi enivrante et terrible à la fois de cette perception de l’impermanence de notre vie. C’est une expérience qui laisse le lecteur avec une sensation bizarre, comme s’il venait d’assister en spectateur au déroulement d’un drame affreux, mais se refusant à toute intervention par crainte d’éventuelles représailles. L’ambiance de ce roman agit sur vous comme une malédiction et dans un style impeccable, vous captive, vous fascine et vous envoûte. Nul doute que ce style narratif employé par d’autres, au talent des plus douteux, vous plongerait dans un désopilant ennui.

Avec « Ange maudit » il y a une sorte d’empathie qui se crée avec les personnages et l’utilisation de la première personne, ne fait que renforcer cette impression de vivre cette singulière aventure comme si l’auteur voulait nous y faire participer de manière plus directe.

Les pages défilent alors à une vitesse folle, le langage est précieux et agréable et la description de cet univers des plus singuliers revêt alors un caractère des plus  étrange. Un univers coincé entre une maison maudite, dont les pièces, décrites avec force détails, sont à l’image de pores gigantesques, qui transpirent la peur et nous inspirent un malaise profond. De la chambre du grenier qui reste son seul et unique frêle refuge en passant par la cave qui recèle une bien étrange collection, cette thématique de la maison « vivante » est une des plus intéressante qui soit et Frédéric Merchadou joue ainsi avec aisance avec cet acteur hors norme, lui conférant un caractère « humain ». De cet univers relativement clos dont les limites ne dépassent pas la frontière du village, tout nous laisse supposer qu’une effroyable malédiction pèse et dans ce microcosme en dehors du temps,une fois rentré à l’intérieur, il vous est impossible d’en ressortir. Les habitants du cru semblent redouter l’ombre menaçante de la spectrale demeure, on chuchote, on tremble à l’évocation de son nom, mais par un terrible destin, sont étrangement liés aux choses abominables qui s’y déroulent.

Seul le « docteur », un vieil alcoolique au cerveau complètement détruit par la propre absinthe qu’il distille, osera se mettre en travers de ses funestes dessins. Bien mal lui en pris! La visite de sa maison donne d’ailleurs l’occasion à l’auteur de nous livrer un passage des plus extraordinaire. Car son domaine est à l’image de cette zone maudite dans laquelle il évolue. Un univers oublié de dieu où règne le désordre et le chaos, un enchevêtrement de broussailles et de végétaux en décomposition que seuls les serpents semblent vouloir investir.

Car de ces redoutables reptiles, il en sera souvent question et comme pour vouloir donner une plus grande aura  corrompue et méphitique, cet animal que l’on exècre imprimera de ses ondulations redoutées les nombreuses pages de ce roman.

Fort heureusement un peu de « légèreté » va venir s’immiscer dans cette sombre aventure et comme pour vouloir adoucir une trame à l’atmosphère pesante, une histoire d’amour viendra ici rompre le destin funeste de ce candide peintre à l’esprit torturé. Un amour impossible que notre héroïne est seule à partager, souffrant de l’incompréhension de cet artiste aux sentiments refoulés qui à aucun moment ne percevra le trouble incommensurable qu’il attise en elle. A trop vouloir sublimer son art et rester aveugle aux avances insistantes de ce cœur passionné, c’est la sauvegarde de son âme qu’il met ainsi en péril. En refusant une âme au cœur pur il deviendra l’acteur passif de la continuité des exactions de ce terrible démon.

Dans un final apocalyptique où toute la tension de ce drame cauchemardesque trouve sa catharsis lors d’un cérémonial que vous  ne serez pas prêt d’oublier, l’auteur nous plonge dans une horreur sans nom , usant avec brio de son savoir faire et de son originalité.

Ce roman est une pure merveille d’horreur Victorienne, un habile exercice de style, un joyau taillé avec finesse et habileté, se lisant avec un plaisir croissant sans qu’il vous soit possible de le lâcher avant la dernière page. En renouant avec une tradition littéraire qui trouva l’expression de la maturité ultime dans le roman de Oscar Wilde « Le portrait de Dorian Gray » pour la thématique du tableau maléfique et celui de Shirley Jackson « Nous avons toujours habité le château » pour celle de la maison maudite, Frédéric Merchadou nous livre une œuvre puissante et originale qui ne pourra que combler d’aise les amateurs de littérature fantastique, attachés à une écriture fine, délicate et témoignant d’un amour profond pour le genre et d’un respect exceptionnel pour les lecteurs qui l’affectionne.

Un réel et très grand plaisir de lecture qui me pousse à faire l’acquisition de son tout premier roman « Damné pour damné » éditions du Rocher

 

« Ange maudit »  de Frédéric Merchadou.Editions Malpertuis, Collection  »Absinthes,éthers,opiums ».2012

 

 

Le Coup De Coeur Du

 



Bibliographie Des Ouvrages De Références Sur L’anticipation Ancienne: Chapitre Cinq

 

Encore quelques petits ouvrages de référence qui seront probablement une découverte pour certains et peut-être un agréable moment de relecture pour d’autres

 

« Le Futur Antérieur, Souvenirs de l’an 2000 » de Christophe Canto et Odile Faliu. Même commentaire que l’ouvrage précédent, d’une grande richesse thématique et doté également d’une très belle iconographie. Dans c’est ouvrage cependant les auteurs ne se bornent pas seulement à la vieille SF Française (qui occupe une large place) mais lorgne également du coté des Anglais et des Américains. Un autre classique à ranger dans votre bibliothèque. « Editions Flammarion » 1993, 159 pages

 

« Rêver demain, Utopies/Science-fiction/Cités idéales » de Yoléne Dilas, Laurent Gervereau, Thierry Paquot. Tout est dans le titre, abondamment illustré de dessins n&b et couleurs, une étude passionnante ou vous trouverez de nombreuses références de titres. «  Editions Alternatives »1994, 134 pages.

 

- « L’archéologue du merveilleux » et « Le retour de l’archéologue du merveilleux » de Claude Hermier .J’ai toujours adoré les textes relatant les souvenirs de collectionneurs, tout genre confondus mais lorsque l’on a la chance de lire les souvenirs d’un collectionneur d’anticipation ancienne alors là….je me jette dessus. C’est une aventure incroyable que nous raconte ici Claude Hermier et au travers de ses « souvenirs »,c’est un catalogue incroyable de la littérature populaire que l’auteur nous livre ici. Très prolixe et pas du tout avare de détails, les deux volumes se parcourent avec délectation, comme un plat savoureux dont on apprécie chaque page et chaque phrase. Vous y trouverez une quantité incroyable de résumés et de textes relevant de notre domaine avec leurs références et parfois quelques reproductions de couvertures. Voilà un homme qui contribue, comme certains autres je le sais ; fidèles à ce blog, à l’édification de toute cette littérature « à quatre sous » mais qui ne cesse au fil des générations de susciter des passions sans cesse grandissantes. Les études du Docteur Armitage « Supplément à Donjon et Microship » Collection « Œil du Sphinx » Dirigé par Philippe Marlin. 1996 et 1997.

 

« Sur les rayons de la bibliothèque populaire » Association des »Aventuriers de l’arche perdu » Dirigé par Philippe Gontier. Après sa très intéressante revue consacrée au cinéma « Nuits Blanches » toujours sous l’égide de l’association « Les aventuriers de l’arche perdu » l’infatigable Philippe Gontier nous propose cette nouvelle revue (où nous retrouverons les signatures de Guy Coste, Claude Hermier, Marc Madouraud, Paul Maugendre…) qui fera une place d’honneur à la littérature populaire sous toutes ses formes. Polar, récits d’aventures, fantastique et conjecture ancienne, sur les cinq numéros que constitue cette passionnante revue (sous de magnifiques couvertures couleurs) même si le sujet qui nous intéresse n’y est pas majoritaire, ce sera l’occasion cependant d’y retrouver résumé quelques textes rares ou originaux quant à leur thématique. Date de publication du N° 1 (2éme trimestre 1998) au N°5 (1er trimestre 2001)

 

 

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