Albert Robida et Les Saturniens

Posté par merveilleuxscientifiqueunblogfr le 30 avril 2012

 

Dans le fameux périple de Saturnin Farandoul qui parodie de façon fort distrayante les voyages extraordinaires de Jules Verne, Robida propulse son héros sur Saturne alors que celui-ci venait de trouver refuge avec ses compagnons dans un minaret Egyptien, minaret qui eut la fâcheuse idée de se trouver sur le passage d’une comète. La suite s’imagine parfaitement (du moins dans la logique toute farfelue de l’auteur) et la singulière tour effectua un voyage des plus incroyable, surtout pour ses occupants dont la découverte  des habitants de la planète fut l’occasion pour l’auteur de se livrer à une de ses descriptions la plus cocasse  dont il a le secret :

 

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« C’est ici le moment de parler de la bizarre conformation des habitants de Saturne ; comme les terriens, les hommes de Saturne ont des bras et des jambes terminées, il est vrai, par des mains et des pieds palmés ou plutôt par des nageoires. Jusqu’ici rien de bien étrange, avec des bottes et des gants, il n’y paraîtrait pas trop ; mais voici autre chose : les Saturniens ont dans le dos deux ailes semblables à celle des poissons volants ! Regardons maintenant leur visage ; le nez, trompe atrophiée chez nous, s’est développé et se balance au milieu de leur figure comme une trompe d’éléphant. Cet immense nez a des fonctions multiples, nous voyons dans la foule remplissant le jardin ces diverses fonctions s’accomplir. Quelques Saturniens de haut rang portant des parasols avec ce nez, d’autres cueillent des fleurs des parterres ; plus loin certains voltigent au-dessus des groupes et leur nez déployé devient une troisième aile. Enfin voici, dans les grandes pièces d’eau du parc, de jeunes Saturniens qui barbotent ; pour eux ce nez à tout faire est devenu nageoire et sert de gouvernail par les changements de front.

Et les Saturniennes dira t-on ? Elles sont charmantes, tout simplement ! Le beau sexe est largement représenté dans al foule. Ces dames possèdent à peu près les mêmes ornements que les hommes, avec cette différence que les pieds et les mains sont plus élégamment  palmés, les ailes plus délicatement ourlées et que la trompe, plus fine, plus flexible, ondule plus gracieusement en suivant le balancement cadencé de la marche. Les trompes à la Roxelane sont assez communes, surtout parmi les femmes de la variété rose, car nous avons négligé de dire que dans Saturne la genre féminin comptait sept variétés : Blanche, rose, verte, bleue, jaune violette et marron foncé ; en tout sept espèces distinctes.

Sept espèces féminines contre une masculine ! Comme on le voit, Saturne est une planète perfectionnée. »

 

 

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