« La République Des Savants » De Arno Schmidt

Posté le 29 octobre 2012

 

« La république des savants »  De Arno Schmidt. Editions Julliard 1964

 

« Si la « Commission » a jugé bon d’accorder l’imprimatur à cet ouvrage, c’est principalement en raison des matériaux dont il permet enfin la « vulgarisation », si j’ose dire. Depuis qu’Au­dubon a publié en 1982 ses Esquisses sur les hominides (en s’entourant de quelles précautions, les spécialistes s’en souvien­nent ! Alors qu’il n’y avait pas de législation restrictive Inter- world, et qu’il aurait pu dire ce qu’il voulait) depuis lors, donc, nous ignorons pratiquement tout des mutations biologiques sur­venues dans l’Europe atomisée d’une part, et dans le corridor américain, de l’autre; d’autant plus qu’il semble qu’une apprécia­ble stabilisation se soit produite dans le domaine de l’hexapodie.

En ce qui concerne plus précisément la République des Sa­vants, la description qui en est donnée dans la seconde partie de ce livre fera comprendre au lecteur le moins averti que l’on ne nous donne à son sujet que des informations « choisies », à la radio comme à la télévision. Ce que l’on nous présente de­puis trente ans comme un « Parnasse flottant », un « Helicon de la Mer des Sargasses », ne semble déjà plus tout à fait aussi idyllique à certains, surtout depuis la lettre ouverte de l’Algé­rien Abd el Fadl, Prix Nobel de la Paix, qui ne ménageait pas certaines instances. Malgré sa forme tendancieuse et son ton frivole, cette relation apporte quelques nouvelles pièces au dos­sier.

Je prie le lecteur de ne pas sous-estimer les difficultés qu’a représentées la traduction de l’américain dans une langue morte. Depuis la catastrophe atomique qui a si prématurément anéanti

sa patrie, l’allemand n’a pu s’adapter à l’évolution technique et sociale du monde; par conséquent, certains engins, appa­reils, procédés, même certaines intentions ou tours de pensée, n’ont pu être rendus que par des périphrases.

Ne parlons pas de la description très libre et inutilement circonstanciée, pour employer un euphémisme, des « sexual inter-courses » de l’auteur; Dieu merci, la langue allemande n’a plus pu forger d’expressions qui soient à la fois assez courantes et assez fortes pour rendre jusque dans leurs ultimes consé­quences des procédés tels que celui de l’« urtication ». On a tenté de suppléer à ces lacunes par des notes en bas de page.

En ce qui concerne l’aversion, transparente à chaque ligne, que l’auteur, bien qu’il soit d’origine allemande, nourrit à l’égard de tout ce qui est allemand, ainsi que sa mentalité, disons excentrique, pour être indulgent, je ne puis qu’affirmer que je me suis astreint à tout traduire avec la même conscience professionnelle.            

L’original de la République des Savants se trouve au département des manuscrits de la bibliothèque municipale de Douglas/Kalamazoo; les huit microfilms qui en ont été tirés sont répartis entre les divers lieux fixés par décision interna­tionale. La traduction allemande a été faite d’après l’exemplaire N° 5 (Valparaiso). »

 Chubut Argentine le 24/12/2008

 

Étrange roman que nous livre ici Arno Schmidt, une histoire dont le procédé narratif  risque d’en dérouter plus d’un, d’ailleurs le traducteur s’en excuse dans la préface . Après avoir été sur Vénus, le peuple Allemand semble être dans le futur, condamné à disparaître et sa langue devenir complètement morte. Car finalement le pire s’est produit, un malade a encore appuyé sur le bouton avec les conséquences désastreuses que cela comporte. Mais au bout du compte et une fois de plus, l’humanité est comme la mauvaise herbe, elle s’adapte et repousse quoiqu’il arrive. Les faits : Nous sommes en 2009. La vieille Europe a succombé sous les bombes atomiques. Elle avait eu auparavant la sagesse de mettre à l’abri sur une  » île à hélices  » ses savants, penseurs et artistes les plus notoires. Wimmer, un journaliste américain, est autorisé à visiter l’île. Mais il doit au préalable traverser une autre réserve, une zone dévastée par les radia­tions atomiques, où prolifèrent des êtres monstrueux, et isolée du monde par une gigantesque muraille. Grâce à une ravissante centauresse, Wimmer parvient jusqu’à la Répu­blique des Savants. Il partagera les 50 heures qui lui sont allouées entre la zone neutre, la zone américaine et la zone russe… ce qui nous vaut une cruelle galerie de portraits : vieilles gloires stériles, fonctionnaires de la culture réglementant la « création collective », agents secrets rivalisant de perfidie. Horrifié par les pratiques des uns et des autres (« métempsychose » des Russes, hibernation des Américains), Wimmer regagne avec soulagement le monde menacé et médiocre du commun des mortels.

 

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