« Spiridon Le Muet » De André Laurie:Une oeuvre Originale Et Incontournable

Posté le 3 novembre 2012

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Le docteur Aristide Cordat parti de Paris sans fortune, a fait naufrage en Sardaigne ; il rencontre une famille de pécheurs dont le fils a mystérieusement disparu. Aristide part à sa recherche. Il arrive devant des ruines réputées maudites et tombe subitement dans un sommeil profond, victime d’une « rosée parfumée » aux pouvoirs anesthésiants. Lorsqu’il se réveille il est attaché sur une table de dissection, à ses cotés un étrange personnage recouvert d’une cagoule  vient de pratiquer une incision le long de son bras. L’individu, s’apercevant que son patient est en vie, referme la plaie, visiblement il le réserve pour des expériences plus ambitieuses. Profitant  d’un moment de solitude, Aristide en profite pour s’échapper. Dans ce refuge mystérieux, il découvre tout un réseau de galeries et fait la rencontre d’un gigantesque empire de fourmis de petites tailles qui se livrent à une mystérieuse besogne. Quel est c’est empire fait  de formidables salles souterraines généreusement éclairées et chauffées où se pratiquent des expériences pour le moins curieuses ? Avant de sortir des lieux, il remarque de longues rangées de briques qui renferment d’énormes pierres précieuses. Conscient d’avoir découvert un véritable trésor, il retourne de ce pas dans la maison des pécheurs. Ces derniers pensaient que lui aussi avait disparu à jamais. Le lendemain, un individu se présente à leur domicile, il est recouvert d’une cagoule et le Dr Cordat reconnaît sans peine son anatomiste, il fait feu, la créature s’écroule. Aristide profite de son inconscience pour le transporter à bord de son Yacht.  Il découvre alors qu’il s’agit en fait d’une gigantesque fourmi qu’il va s’efforcer de ramener à la vie. S’apercevant que son captif émet des secousses sous formes de vibrations de la même nature que celle du télégraphe morse, c’est par ce curieux mélange de « T.S.F » et de télépathie (les antennes de l’insecte agissant comme une antenne radio) ils parviennent à échanger une sorte de langage. Constatant le potentiel immense qu’il pourrait tirer de cette découverte, Cordat fait un pacte avec la créature afin de mettre en commun leur savoir scientifique : un opération bénéfique pour les deux personnages. Il est donc décidé que la fourmi géante du nom  de Spiridon, qui se fera appeler le Baron Tasimoura, accompagnera le Dr Cordat à Paris pour le présenter au monde scientifique. Mais comme il ne peut se monter à la population sous cette apparence, il lui ait fabriquer un masque et tailler des vêtements appropriés grâce auxquels le colossal insecte épouse parfaitement une apparence humaine.

Avant de quitter la Sardaigne il retourne une dernière fois dans la caverne de Spiridon et lors de son exploration retrouve les restes du jeune pécheur, disséqué sur une table d’opération. Il apprend alors la terrible nouvelle à sa famille.

Arrivés en France dans la capitale,nos deux amis inséparables s’installent par la suite dans un luxueux hôtel du bois de Boulogne.

 Pour tout le monde, la créature est le baron Tasimoura ou Spiridon le Muet. Les opérations chirurgicales  de Spiridon ont bouleversé le monde scientifique et son savoir suscite l’admiration du monde scientifique, mais nul ne connait sa véritable identité. Un prosecteur de la Faculté, Joël Le Berquin fort jaloux des talents de Spiridon, lui propose de visiter la Faculté, et quand la fourmi géante pénètre dans une des salles, Le Berquin l’attaque à l’improviste, le renverse et le « chloroforme ». Quand il se réveille l’ami du docteur Cordât est immobilisé sur une table d’anatomie. Joël Le Berquin a donné trois heures à sa victime pour lui dévoiler le secret de ses mira­culeuses opérations.

Pendant ce temps au bois de Boulogne,Aristide est tout étonné de trouver chez lui, le pêcheur Sarde et sa fille Pia dont il a fait connaissance lors de sa croisière. La jeune fille est venue à Paris pour venger la mort de son frère qui a servi de sujet d’expé­rience au docteur Tasimoura. Elle expose ses pro­jets à son hôte et lui raconte que son père a fait sauter la demeure de Tasimoura. Cordat est épouvanté lui disant qu’il avait ainsi fait disparaître des secrets irremplaçables pour l’humanité toute entière.

Retour à la faculté ou Spiridon que nous avons laissé en bien mauvaise posture est parvenu à s’échapper grâce à la complicité d’un garçon de la salle. Mais laissant libre court à ses instincts ou tout simplement par désir de vengeance, le corps de Le Berquin sera retrouvé plus tard, bien proprement disséqué sur la table même ou ce dernier comptait réaliser une opération similaire . Le docteur Cordât se voit obligé d’aller avertir le Procureur général de ce qui vient de se passer. Le magistrat se trans­porte sur les lieux et ne peut que constater la mort de Joël Le Berquin. Après avoir révélé au Procureur la personnalité de Spiridon, Aristide rentre chez lui accompagné du chef de la Sûreté, il aperçoit alors son hôtel en flammes. C’est l’œu­vre du baron Tasimoura qui, dans un accès de fu­reur, a mis le feu à la demeure du docteur Cordât. Pia raconte qu’elle s’est vengée de son ennemi Spiridon en le tuant de « plusieurs coups de hache.

Au cours des constatations judiciaires, comme pour faire honneur aux histoires les plus tragiques,Pia prise de remords se tue sur le corps de Spiridon, et le père de la jeune fille se donne la mort en se Jetant du haut d’un escalier. La presse s’empare de l’événement et calomnie vivement le Dr Cordât. Le seul moyen de se réhabiliter aux yeux de tous et surtout de la communauté scientifique est de recommencer les expériences extraordinaires qu’il fit jadis avec Spi­ridon. Aristide se rappelle fort heureusement que Spiridon a laissé dans son laboratoire les fioles et les formules des  préparations mé­dicales. Il convoque toutes les sommités scientifiques à l’autopsie de Tasimoura qu’il précède d’une conférence où il raconte les extraordinaires expé­riences effectuées par le défunt et annonce qu’il va recommencer l’une d’elles sur un cœur de mouton placé sur la table d’autopsie. Sous l’action de la préparation chimique de Spiridon, le cœur se contracte et bat. La stupéfaction est générale, mais le professeur Bordier, un des ennemis du jeune médecin, demande que le docteur Cordât recommence, l’expérience sur Spiridon lui-même, qui gît inanimé sur la, table d’autopsie.

Cette nouvelle expérience est alors programmée, un des bras de la créature sera disséqué et après avoir repéré ce qui semble être une artère nourricière, le puissant liquide, résultat de la magnifique science de Spiridon, sera injectée à son propre créateur. La substance réalise son œuvre et toute l’assistance assiste médusée à la résurrection de cette fourmi extraordinaire.  Mais si la créature semble bien revenir d’entre les morts, du moins physiquement, son esprit semble être définitivement ailleurs et toute forme de communication est désormais impossible. Spiridon va vivre ainsi comme une sorte de mort vivant dont l’intérêt ne semble que s’accrocher à l’activité des nombreuses fourmis qui peuplent le Jardin du Dr Cordat. Celui-ci  d’ailleurs  ne désespère pas de trouver la formule du liquide régénérateur, composé en grande partie d’un dérivé de l’acide formique et ce concentre désormais sur l’élevage de milliers de ces petites créatures insignifiantes mais qui pourtant sont la source d’un des progrès techniques le plus bouleversant du siècle. Spiridon terminera sa vie dans un silence total, simple fourmi à taille humaine, lointain descendant d’une race fabuleuse qui probablement jadis peupla les entrailles de la terre.

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Probablement le roman le plus célèbre de l’auteur, de son véritable nom Paschal Grousset,et certainement le plus original mettant en exergue le descendant d’une race de super fourmi ayant évoluée dans les entrailles de notre planète. Il est d’ailleurs assez dommage que l’auteur reste assez peu loquace sur les origines de ce Spiridon et de ces véritables intentions. Elle nous est présentée comme froide et implacable, d’une intelligence hors norme qui n’est poussée que par la seule volonté d’arriver à ses fins. Hélas l’auteur ne parviendra pas à aller au bout de cet immense potentiel Cette créature est en quelque sorte  et ce en raison de sa taille, le roi de son peuple à la tête d’un gigantesque armé de fourmis travailleuses dont il tire une puissante substance faite d’acide formique aux propriétés revitalisantes et régénératrices absolument stupéfiantes. Une fois de plus c’est la cupidité et la bêtise humaine qui auront raison de cette sensationnelle découverte, Spiridon ou du moins son « cerveau » ne survivra pas à cette scientifique résurrection. Il ne restera plus qu’à son ami de la première heure, à essayer de retrouver le principe de cette potion miracle, dans cette quête sans fin de l’homme à la recherche de la vie éternelle.

Ce petit bijou conjectural fut fort heureusement réédité en 2008 par l’éditeur « Des Barbares », une occasion inespérée pour une nouvelle génération de lecteurs d’apprécier tout le charme de cette œuvre certes non exempte  de défauts mais qui reste tout de même en l’état un fort belle réussite

- « Spiridon le Muet » De André Laurie. Publications Jules Rouf et Cie. Illustré par Eugène Damblans. Pas de date sur le volume mais il semblerait que l’ouvrage fut publié vers 1906/1907.Il existe plusieurs cartonnage de cette éditions dont un avec couverture muette et  titre sur le premier plat et une autre avec une vignette dessinée par Eugène Damblans représentant Spiridon.

- « Spiridon le Muet »De André Laurie  paru parallèlement avec l’édition en volume le roman sous forme de livraison dans la revue « Le Globe Trotter ». Du N° 253 (Jeudi 6 Décembre 1906) au N°269 (Jeudi 28 Mars 1907)

Egalement illustré par Eugène Damblans mais avec des planches en moins par rapport à l’édition en volume. S’agit-il d’une pré-originale ?

- « Spiridon le Muet » De André Laurie Editions « Des Barbares » 2008. Présentation et notes de Christian Soulignac. Reprise des illustrations d’Eugène Damblans

 

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