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Les Coup Du Coeur Du « Moi »: « Midget Rampage…Le Nain Au Costume De Sang »

Posté le 8 novembre 2012

 

Renouons avec une tradition du Blog et de vous parler de certains de mes « Coups de coeur » qui n’ont pas forcément un rapport avec l’anticipation ancienne mais qui restent suffisamment originaux et jouissifs pour que l’on s’y arrête quelque peu. Vous avez déjà eu l’occasion de rencontrer le nom de Julien Heylbroeck « Sur l’autre face du monde » avec son Fameux « Green Tiburon » et bien le voilà de retour avec un tout aussi singulier personnage que vous ne serez pas prêt d’oublier et qui confirme le talent d’un auteur à l’imagination débordante et au style des plus savoureux

 

«  Midget Rampage, le nain au costume de sang » Par Julien  Heylbroeck. Collection « Cover To Cover » Editions du Carnoplaste . Septembre 2012

 

Avec un nom aussi célèbre, Nelson avait de quoi être heureux, ou presque car la vie ne fut pas des plus généreuse avec lui : c’est un nain ! Aimé par ses parents et encouragé par un père sportif il va prendre sa « difformité » à contre-pied et devenir la mascotte de son équipe de Football,et sous le costume  bariollés des « Gorillas » encourager son équipe avec des chorégraphies appréciées du public. Tout allait bien, trop bien et un jour il découvre que le patron de l’équipe est un trafiquant de drogue, se servant de l’équipe pour organiser des matchs truqués et écouler des kilos de came. Trop c’est trop, Nelson décide d’intervenir et de dévoiler le pot aux roses .Le problème c’est que Mr Barry ne le voit pas de cet œil et va tenter d’éliminer cette « demi-portion » par l’intermédiaire d’un tortionnaire argentin, le Dr Higuito qui va appliquer son art à supprimer toute trace de passage de la misérable vie de ce pantin haut comme trois pommes. Nelson va réchapper de justesse des griffes de ce sadique et, sous sa défroque de mascotte qui commence à montrer de sérieux signes de fatigue, décide d’entamer une croisade sans pitié afin de se débarrasser de ses ex-tortionnaires et mafieux redoutés. Armé d’une paire de gros ciseau de jardin, d’un taser et d’une paire de burnes bien accrochées « Le nain en costume de sang » va en découdre avec une bande de malfrats gonflés à la testostérone et affronter une paire de tueurs cannibales, bourrés de mauvaises manière….de très mauvaises manières

Ah ! Les amis, le Carnoplaste est plein de surprise et je dois avouer qu’avec « Midget Rampage » elle fut totale. Les lecteurs de cette incroyable collection vont se rendre compte à quel point, elle est éclectique, surprenante et incroyablement originale. Je repense aux qualificatifs des Pulp’s Américain : Amazing, Astonishing, Thrilling, des adjectifs qui pourraient bien s’appliquer à la diversité des romans que nous propose cet éditeur. Au début de l’histoire, je ne savais pas où Julien comptait nous emmener , avec son nain/ mascotte qui commence à éprouver une certaine lassitude à faire le guignol et amuser la galerie. Subitement, à la fin de la première partie, lorsqu’il tombe entre les mains expertes du sadique Argentin, tout bascule. Nelson  va prendre sa destinée en main et massacrer tout se qui lui fera obstacle. Et là chers amis, je vous laisse le soin de découvrir tout le talent et la maestria de l’auteur pour nous plonger dans des situations parfois très gores mais racontées avec un code narratif quasiment cinématographique. Le fascicule prend alors une allure d’écran de cinéma pour nous plonger avec délectation à l’époque glorieuse des « Drive-in » pardon je voulais dire « Drive Trough »….Car Julien en fin connaisseur du genre nous plonge dans cette histoire dans un « Slasher » mâtiné d’un « Rape en revenge » ( malgré l’absence de scènes de viols) des plus jouissif où l’ombre d’un Quentin Tarentino plane sur la fin du roman avec l’affrontement final apocalyptique ,avec les deux tueurs cannibales aux appétits féroces. La présentation des deux sbires se fera au cour  d’un festin improbable dont une malheureuse logeuse sera la victime. D’ailleurs ces deux là me rappelle les deux portes flingues dans la série « Breaking bad » vous savez les deux Latinos complètement barrés, pas cannibales mais sacrements azimutés… Le texte est mené tambour battant, ponctué de scènes rapides et incisives d’une violence inouïe, tout cela mené dans un style que nous adorons tous et faisant la réputation des aventures d’un certains « Luchadore ». Le ton parfois désinvolte et l’humour souvent « teenager » ( devenu mythique avec toute une série de films mettant en vedette ces adolescents aux prises avec des tueurs maniaques) et voulu du fascicule, en font un espèce d’ovni dans la collection qui je pense en devrait séduire plus d’un. C’est référentiel et bourré de clins d’oeils, intelligemment mené et raconté par un amoureux du genre

Par cette forme de réhabilitation d’une collection qui fit à une époque les beaux jours de la collection fleuve noir avec sa défunte série « Gore » nul doute que Julien vient de nous apporte la preuve d’un certain dynamisme dans le monde de l’édition et que nos auteurs préférés ont encore dans leur caboche de dégénérés bien des histoires qui risquent de nous faire jubiler : Un nouveau genre serait-il en train de prendre forme ?

Je repense avec jubilation au dialogue entre le Dr Higuito et le gros trafiquant à qui il vient d’arriver quelque chose de très très désagréable (mais où va t-il chercher tout ça ?) :

« J’ai deux nouvelles : une étrange et une mauvaise…. ». Franchement je me suis bidonné en lisant cela et surtout ce qui va suivre….traumatisé par le « Fantôme de l’opéra » le julien!

Terminons par un extrait qui va vous donner un autre petit avant goût de la « chose »

« M’en branle de la ville ! Je lui pisse à la raie, elle est à moi. Si quelqu’un n’est pas content, il n’a qu’a me le dire !Ah ! J’attends leurs doléances à ces cons. Mais tu sais quoi ? Personne ne va moufter. Tous des flippés. Y’à que ce nain pour me faire chier. Mais ça ne va pas durer. Le duo qui arrive va se payer un petit encas dans pas longtemps.

Je vais à présent attaquer « Ravageuse » le Western Subaquatique de Iréne Maubreuil et franchement si l’on atteint cette même frénésie et un plaisir de lecture aussi intense, nul doute que cette nouvelle collection « Cover to Cover » est destinée à un bel avenir. Mais comment pourrait-il en être autrement avec des auteurs aussi talentueux et un éditeur ouvrant largement ses bras à toutes les audaces.

Le Carnoplaste, THE éditeur de fascicules dont l’utilité n’est plus à démonter et que les passionnés que nous sommes attendaient depuis fort longtemps.

Pour le commander c’est ICI et pour ceux qui ne connaissent pas encore cet éditeur, nul doute que vous y trouverez un fascicule correspondant à vos attentes, car le choix commence à être assez varié!

Une mention spéciale pour Francisco Varon et son illustration: on est vraiment dans le ton de l’histoire!

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