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« L’homme qui Traversa la Terre » de Robert Darvel

Posté le 14 octobre 2016

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Voilà, je viens de terminer avec grand plaisir « L’homme qui traversa la terre » de Robert Darvel. Un magnifique livre tout d’abord parce qu’il est beau visuellement, avec une couverture et un lettrage réellement sublime ne pouvant qu’attirer la curiosité du lecteur. Ensuite, il y a l’intérieur avec une histoire « d’amour et de vengeance » comme le sous-titre l’indique, originale et inventive où l’auteur y exprime non seulement tout son amour pour les littératures populaires, mais qui, avec son style si caractéristique enchante nos zygomatiques et excite notre imaginaire. Tout est fait dans cette singulière aventure au cœur de la terre pour enchanter le profane comme le spécialiste de la littérature de genre. Avec son humour habituel, il parsème le périple de son héros Louis Zédre-Rouge, de références que le lecteur avisé ne manquera pas de relever avec l’hommage qu’il rend ici à nos amis coupable du célèbre pavé sur « Les terres creuses » en les impliquant, qui comme technicien soumis à l’influence du rayon ZR, capable de cette fameuse décohérence permettant de traverser la roche et portant le nom d’Altairac, qui comme ces créatures extraterrestres qui se meuvent dans un univers digne de Rosny-Aîné possédant le don naturel de se dissocier afin de vivre dans la croûte terrestre et répondant au nom de « Caustes ». Un roman qui se lit aussi facilement qu’il vous sera possible de traverser les roches les plus dures grâce ce fameux rayon .

Parsemé d’autres petits clins d’œil que je vous laisse découvrir il s’amuse,tel le petit Poucet, à joncher ce trajet au cœur de la croûte terrestre, d’indices qui en disent long sur son insatiable curiosité littéraire . Dans cette dernière œuvre d’un auteur plus que surprenant, une fois encore le rouge est de rigueur, à commencer par la couverture puis le nom de l’inventeur du fameux rayon sans oublier cet état si particulier où les spécialistes de l’exploration souterraine voient la coloration de leur peau virer à cet état d’incandescence, signe pour eux qu’il est grand temps de passer dans la machine à restructurer, et ce, afin d’éviter d’être prisonnier à jamais de cette masse solide qui recèle bien des mystères. Mais pouvait-il en être autrement lorsque l’on s’appelle Robert Darvel, grand explorateur de la planète Mars ? Un roman à l’ancienne, résolument moderne où il utilise les codes du genre, mais sans cette lourdeur habituelle de style rencontrée parfois chez nos illustres pionniers,en utilisant bien au contraire un langage riche et généreux que le lecteur habitué découvre à chaque fois avec un réel plaisir. On y retrouve cette même étincelante écriture dégustée lors de sa longue nouvelle, « Hors des eaux », publiée chez Bibliogs dans la superbe anthologie « Bestiaire humain » .

La grande force de ce roman enfin,est d’avoir donné de la matière à l’immatériel, à créer un univers, comme je le signalais plus haut, proche de celui de Rosny-Aîné en imaginant un monde de créatures vivant sous nos pieds, obéissant à leurs propres codes et répondant à des caractéristiques physiques faisant appel à un univers singulier, hors du monde, hors du temps. La deuxième partie « La péninsule Tholéiitique » est en ce sens un exercice de style fichtrement bien réussi, car il nous entraîne dans un monde que bien peu d’auteurs avaient exploré à ce jour . C’est tout simplement irréel et fascinant et fois de plus, pouvait-il en être autrement de l’homme qui créa le « Psychagog » ?
Tout se termine par une belle histoire d’amour, mais avec une pudeur et une telle sensibilité qu’il nous faut nous tourner vers ces grands classiques d’histoires d’amours (presque) impossibles de la littérature fantastique où, à défaut d’amants d’outre-tombe, nous avons ici affaire à des amants d’outre terre, mais comme le dit si bien l’auteur : « Les tombes, billevesées des vivants !»
Un grand roman d’amour de vengeance et d’aventure qu’il ne vous faudrait manquer pour rien au monde et où éclate une fois de plus tout le génie de cet infatigable rêveur de l’imaginaire

« L’homme qui traversa la terre,roman d’amour et de vengeance » de Robert Darvel, Couverture de Melchior Ascaride. Publié chez « Les Moutons Électriques »

 

Résumé de l’éditeur :

« Louis Zèdre-Rouge, inventeur de génie, s’acharne à mettre au point le rayon ZR, qui doit permettre à un corps humain de pénétrer la matière.

  Suite à une maladresse, sa fiancée Emerance de Funcal est exposée au rayon. Elle s’enfonce et disparaît dans les entrailles de la Terre… Louis est accusé de meurtre ; il sera jeté en prison. À en croire les gazettes, il se pendra dans sa cellule. Islande, dix ans plus tard : un des nombreux sites de prospection géologique de l’Empire Funcal, qui s’étend sur et sous le globe grâce à l’appropriation de la technologie ZR. Bientôt, d’étranges faits surviennent, qui perturbent les travaux des ouvriers-racleurs altérés. Une vengeance venue de l’intérieur de la roche est-elle en marche ? »

 

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