« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips

Posté le 1 janvier 2018

un rat dans le crane logo


Avec ce recueil composé de quatre nouvelles de Rog Phillips ( pseudo de Roger Philips Graham), notre ami Richard D.Nolane, vient d’avoir l’excellente idée de publier un auteur peu connu du public Français, mais pourtant doté d’une belle plume imaginative et non dépourvue d’une certaine originalité. Les amateurs de la première heure, se souviennent de son seul et unique roman traduit dans la mythique collection « Fleuve noir Anticipation » sous le titre « Piège dans le temps » N°30 (1954) où il était question d’une scientifique qui , ayant découvert une machine à voyager dans le temps, se porte au secours de notre civilisation future dominée par une race d’extraterrestre belliqueux : les Vargiens !
La lecture de ce petit volume, « Un rat dans le crâne » m’a immédiatement fait pensé à quelques scénarios échappés de la série de Rod Sterling « La quatrième dimension » tellement nous sommes proches de cette science fiction typique d’une certaine époque, très originale au point de vue thématique et avec toujours un peu de cette part de poésie et d’humanisme et propre à cet âge d’or d’une SF qui souvent nous révélait, non pas les méfaits de la science, mais de prendre garde à ne pas trop vouloir en user et abuser. J’ai franchement aimé le contenu de ce recueil certes pour l’originalité des textes, mais également pour cette forme de mélancolie qui s’en dégage. Si « Un rat dans le crâne » fait preuve d’une certaine noirceur dans son final, le propos employé par l’auteur fait froid dans le dos et plus que d’intelligence artificielle, il ouvre le débat sur l’utilisation des animaux de laboratoire à des fins expérimentales et des lourdes conséquences pour l’homme à vouloir se prendre pour un dieu créateur. Rehaussé par la superbe illustration de Emsh en couverture , cette nouvelle sera grande découverte pour le public Français. Si « Les anciens martiens » la nouvelle suivante, reste classique dans le fond, l’auteur y utilise avec habileté la thématique de la civilisation extraterrestre supérieure, mais surtout celui du contrôle de l’état pour s’approprier, ou faire disparaître, une technologie dont il pourrait tirer partie. Le final me fait penser au film « Les aventuriers de l’arche perdu » et à ce hangar gigantesque où sont entreposées des Découvertes dont il faut taire l’existence afin de ne pas perturber celle des simples mortels. La troisième nouvelle « La galerie » est à mon avis la plus originale du volume .Là nous sommes vraiment dans une ambiance pur jus de la « Quatrième dimension » avec l’histoire de ce personnage qui rend visite à sa tante après un message désespéré de celle-ci. Arrivé dans cette petite ville typique des États-Unis, tout semble normal jusqu’à ce qu’il découvre un étrange cadre dans sa chambre et surtout la présence d’une bien singulière boutique de photographies…….je vous laisse découvrir la suite tout à fait vertigineuse et réellement originale. Pour conclure, avec « Les parias » une fois de plus l’auteur fait montre d’un réel attachement pour son prochain et explore sur cette courte nouvelle le problème délicat de la différence.Certes de nombreux écrivains ce sont essayés à cet exercice mais dans le cas de Rog Phillips, il nous prouve que science-fiction et poésie font bon ménage et qu’une histoire d’amour peut très bien se lier harmonieusement avec un cadre flirtant entre l’horreur et la science fiction. Une nouvelle touchante qui vient conclure une collection, « Vintage fiction » que nous souhaitons prolifique et qui manquait cruellement aux amateurs du genre. L’effort admirable de Richard D.Nolane dont le bon goût en matière de l’imaginaire Américain n’est plus à démontrer et nous ne le remercierons jamais assez de nous donner ainsi la chance de découvrir des auteurs inaccessibles pour le lecteur moyen et qui plus est incapable de lire une nouvelle dans une langue étrangère.

Visiblement un prochain volume est annoncé : « Dérapages temporels » de Murray Leinster et Philip M.Ficher Jr

« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips, Recueil de nouvelles inédites présentées par Richard D.Nolane. Traduction de Martine Blond,Éditions de l’œil du Sphinx « Vintage Fiction »

un rat dans le crane

 

Il n'y a actuellement pas de commentaire pour cet article.

Laisser un commentaire