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Archive pour la catégorie « la vieille anticipation en librairie »

« Spiridon Le Muet » De André Laurie. Une Oeuvre Indispensable à L’honneur chez « Des Barbares »

André Laurie de son varie nom Paschal Grousset (1845-1909) rentre dans la catégorie des écrivains (à l’instar d’Albert Robida) dont le talent fut un peu occulté par la célébrité de Jules Verne. Pourtant publié chez le célèbre éditeur Hetzel, il contribua à l’édification de notre genre de prédilection avec quelques œuvres assez honorables et qui, comme il était de coutume à l’époque, conciliaient le roman d’aventure avec le roman scientifique.

Il écrivit sous son véritable nom « Le rêve d’un irréconciliable » en 1869, une petite utopie bien gentille qui ne fera pas date dans l’histoire. Va commencer par la suite la série chez le célèbre éditeur des « Romans d’aventures ». Des textes de qualités assez variables, ou l’on sent la présence de certaines influences mais dont les qualités restent indéniables, à commencer par « Les exilés de la terre » en 1888, « De New York à Brest en 7 heures » en 1889, « Le secret du mage » en 1890, « Le rubis du grand lama » en 1892, son passionnant « Atlantis » en 1895, « Un roman de la planète Mars » en 1895, « L’épave du Cynthia » toujours en 1895 (en collaboration avec Jules Verne) « Le géant de l’azur » en 1904 et « Le maître de l’abîme » en 1905. Ce petit tout d’horizon serait complet sans parler de ce texte absolument génial « Spiridon le muet » (Date de parution 1906 aux éditions Jules Rouff &Cie) où un médecin, Aristide Cordat, découvre dans une grotte prés de la Corse une très curieuse civilisation de fourmis souterraine. Mais je laisse la place à pierre Versins le soin de vous résumer cette extraordinaire aventure :

« Leur roi Spiridon, possède grâce à son éducation, comme chaque roi de ces fourmis depuis le début de leur histoire, une taille égale à celle de l’homme, ainsi qu’une intelligence de premier ordre. Il s’occupe à des essais de dissection sur les plus aventureux habitants de l’île et, grâce au formol pris sur son peule, a inventé un sérum qui a des effets toniques, reconstituants et cicatrisants merveilleux. La caverne contient d’autre part un trésor abandonné là en même temps que les fourmis par les phéniciens. Avec Spiridon, le Dr Cordat découvre des facultés télépathiques grâces auxquelles elles peuvent converser. Nanti d’or et de diamants, Aristide emmène Spiridon, déguisé en Japonais, à Paris pour lui permettre de poursuivre ses études de chirurgie. Après trois opérations quasiment miraculeuses dont les guérisons s’effectuent en quelques heures, Aristide et Spiridon deviennent la coqueluche de la capitale, tout en étant en butte à des jalousies et des curiosités malsaines. Enlevé par un chirurgien concurrent, Spiridon menacé d’être disséqué lui-même, est contraint de tuer, cruellement, comme il ; en a l’habitude d’ailleurs. Puis il est victime d’un attentat au couteau. Pour le sauver, Aristide accepte de se laisser opérer. Prouvant ainsi qu’il n’est pas humain, donc pas responsable. Sous le choc opératoire, Spiridon perdra ses facultés et son intelligence, malgré le sérum »

Ce roman qui fit également l’objet d’une parution dans la revue « Le Globe Trotter » ( du jeudi 6 Décembre 1906 au Jeudi 28 Mars 1907) était pratiquement introuvable ce qui était fort regrettable comme vous venez de la constater à la lecture de cet incroyable résumé. Comme je le disais il y a quelque temps, ces auteurs avaient un sens de l’imagination et de la démesure assez incroyable.

Fort heureusement, et je dois ici saluer une fois de plus l’audace extraordinaire dont fait preuve de petit éditeurs, le texte est ressorti des oubliettes où il était hélas, condamné à une mort certaine. En effet les éditons « Des Barbares » spécialisée dans la littérature du 19 éme au 21 éme siècle, vient d’enrichir notre bibliothèque d’une précieuse réédition de l’ouvrage de André Laurie. Présenté et annoté par Christian Soulignac, le volume reprend en outre les magnifiques compositions de l’époque et réalisées par Eugène Damblans.

En regard de la couverture de cette inespérée réédition, il vous sera possible de juger du talent et de tout le mystère qui se dégagent de cet incroyable roman. Mais loin de se borner à ce travail salutaire, le même éditeur avait publié auparavant une autre œuvre de Pascal Grousset et tout aussi introuvable puisqu’elle ne bénéficia que les honneurs d’une sortie dans un périodique « La revue illustrée » ce qui complique encore plus, vous en conviendrez la chance de trouver un jour ce texte. « Un roman de la planète Mars » est un ancêtre du « Space opéra » que peu d’amateurs connaissent et qu’il était également grand temps de ressortir.

Un éditeur au final d’une grande intelligence et surtout d’une grande générosité car il va permettre ainsi de (re)découvrir deux textes essentiels aux passionnés de vieille anticipation mais aussi à toute une nouvelle génération de lecteurs qui ignorent probablement que la « science fiction » débuta sa longue mutation depuis plus d’un siècle et qu’en France, il existe aussi de nombreux précurseurs.

Pour les amateurs de André Laurie je précise qu’il existe également un numéro spécial de l’indispensable revu « Le Rocambole » et dont le numéro 51 (été 2010) se consacre entièrement à cet écrivain injustement oublié de nos jours

Vous trouverez tous les renseignements nécessaire avec les liens ci-dessous:

 

http://www.desbarbares.fr/index.php?lng=fr

 http://www.lerocambole.com/listouvrages.php?col=3&bouton=2

 

La superbe et inquiétante couverture de la revue « Le Globe Trotter »    Avec la tout aussi belle illustration de Damblans
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« L’arbre Vengeur » Un Editeur Trés « Anticipation Ancienne »

Je crois qu’il était temps de rendre un petit hommage à un éditeur dont le catalogue nous propose depuis quelques années et de façon épisodique des textes d’anticipations anciennes, pratiquement introuvables de nos jours. Déjà le nom « L’arbre vengeur » est tout un programme à lui tout seul et si c’est celui qui, comme prétend le proverbe, cache la foret, souhaitons que l’avenir nous réserve bien des surprises dans notre domaine.

Petit format, prix très attractifs, les amateurs de curiosités n’ont aucune excuse de ne pas se laisser tenter. Dernière petite perle en date le superbe et trop peu connu « La chute dans le néant » de Marc Wersinger. Edité pour la première fois en France aux éditions « Pré aux Clercs » en 1947, puis réédité en 1972 dans la collection « Ailleurs et demain classiques » chez Robert Laffont sous la direction de Gérard Klein, l’ouvrage était pratiquement introuvable. Ce « Classique » méritait à mon avis une nouvelle chance, voilà qui est fait et il nous faut donc une fois de plus féliciter cet éditeur qui ose contre vents et marées, à prendre certains risques. Qu’il en soit ici remercié.

Un homme, Robert Murier, suite à un mal étrange, voit son corps se transformer, ses molécules se dilatent et va progressivement diminuer de taille. Sa structure moléculaire est telle qu’il va affronter de redoutables créatures qui ne sont finalement que des êtres de notre infiniment petit. Tout va ainsi prendre des dimensions ahurissantes, grain de poussière, bactéries, microbes. Petit à petit il va ainsi perdre la composante même de son organisme, son corps va se réduire à sa plus simple expression, pour finalement se confondre avec l’air qui nous entoure….vous découvrirez la suite en lisant ce curieux roman auquel il manque toutefois une portée un peu plus philosophique que l’on retrouvera quelques années plus tard en 1957 dans « L’homme qui rétrécit » de Richard Matheson.

D’un caractère plus « Documentaire » car il nous fait vivre en direct une expérience scientifique des plus incroyable, « La chute dans le néant » n’en reste pas moins un passionnant roman d’aventure scientifique aux confins de l’infiniment petit.

Pour rappel, quelques titres de la collection « L’arbre vengeur » où j’ai également cru bon de mettre deux ou trois titres qui, sans être de l’anticipation ancienne » n’en restent pas moins intéressants pour leur coté bizarre et décalé.

« La chose dans la cave » par David H. Keller Date de parution : 20 avril 2007

« Quinzinzinzili » par Régis Messac Date de parution : septembre 2007 (collection l’alambic)

« Les ruines de Paris en 4908″ par Alfred Franklin Date de parution : 14 novembre 2008 (collection l’alambic)

- « Les figurants de la mort » par Roger de Lafforest Date de parution : 22 mai 2009

- « L’homme qui s’est retrouvé » par Henri Duvernois Date de parution : 25 septembre 2009

- « Les morts bizarres » par Jean Richepin Préface de François Rivière Date de parution : 13 octobre 2009

-« Le manuscrit Hopkins » par R.C. Sherriff Date de parution : 27 novembre 2009

-« Les 21 jours d’un neurasthénique » par Octave Mirbeau Préface d’Arnaud Vareille Date de parution : 17 mars 2010

-« La chute dans le néant » par Marc Wersinger Date de parution : 18 novembre 2010

 

 

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« Le Carnoplaste » et « Malpertuis » Deux Editeurs…Fantastiques!

Dans une période de morosité éditoriale, il est parfois bon de relever quelques notes positives et pour l’amateur de littérature populaire dans le sens large du terme que je suis, il me semblait indispensable de signaler l’existence de deux éditeurs incontournables.

Grand fan de fascicules, vieille anticipation oblige, je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour du coté de ce petit label au nom, oh combien mystérieux : « Le Carnoplaste ».

Ne cherchez pas la définition d’un terme aussi énigmatique, vous ne le trouverez pas, à moins de le rencontrer dans quelques bibliothèques maudites, au détour d’un ouvrage dont on prononce le nom avec un mélange de respect et de terreur. Mais il faut avouer que l’intitulé a des sonorités bestiales, une résonance pleine de promesses interdites, de fantômes sur la lande, de justiciers aux visages effroyables, de catacombes infernales et de « sculpteur de chair humaine ».

Si d’aventure, vous avez suffisamment d’audace et de témérité pour ouvrir la page sulfureuse de leur catalogue, vous vous rendrez compte par vous-même, combien un tel inventaire de fascicule est une bénédiction pour nos cervelles hyper vitaminées et gorgées de détectives de l’occulte, de savants fous, de sectes diaboliques et de vengeurs masqués. « Hebna Calde » et « Harry Dickson » du prolifique et talentueux Robert Darvel, « Nuz Sombrelieu » de l’incontournable Brice Tavel et dont nous avons déjà parlé dans les pages de ce blog, « Jeanne d’arc contre le maître des vampires » la collection « Psychagog » (Il y a du clin d’œil à Sâr Dubnotal dans ce titre…) autant de héros de l’ombre qui vous feront vibrer dans des aventures aussi mystérieuses que pleines de rebondissements jugez par vous-même :

- « Le Baal des psychonautes »

- « Le mystère du grand nocturne »

- « Le réveil du chronomaître »

- « L’homme au ventre de cuir »

- « Le manoir des derniers soupirs »

- « Les spirites siamois »

Comme tout cela sent bon, la passion, l’hommage à toute une époque où les kiosques à journaux regorgeaient d’éditions populaires, où la folie des écrits rivalisait avec le délire pictural des couvertures bariolées. Un immense hommage, pour ne pas dire chant d’amour à toute une période ou la littérature populaire gagna ses lettres de noblesse.

Ensuite il y a cet autre éditeur, du nom de « Malpertuis ». Déjà le nom…..« Etrange demeure qui sue l’horreur des grands serpents qui l’habitent et l’effroi de ceux qui l’approchent…. ».Tout un programme puisqu’il symbolise à lui tout seul la quintessence du roman fantastique et vraiment on ne pouvait pas faire plus bel hommage à Jean Ray que de donner le nom d’un de ses œuvres à une collection si prometteuse.

Des textes baroques, magiques et envoûtants ou le subtil parfum du fantastique se mélange de façon harmonieuse à notre réalité, notre quotidien et notre routine. Qu’il s’agisse de la collection « Absinthes, éthers,opiums » dont le titre semble évocateur tant elle transpire, paradis artificiels et décadence, que la collection « Brouillards », les textes proposés sont toujours d’une grande originalité et d’un équilibre parfait.

Je dois avouer mon penchant pour la première des collections, non seulement pour l’ouvrage consacré à « Harry Dickson », aux commandes de l’infatigable Brice Tarvel, mais également pour l’ouvrage consacré au club Diogène. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas eu un tel plaisir à lire un roman fantastique. Plongez vous au tréfonds de ces « mystères de Paris » ou dans un XIX éme siècle qui tremble sous la révolte, nos intrépides aventuriers affrontes goules, succubes,prostitués fantômes et vampires en tout genre. Une écriture alerte et soignée, des idées généreuses et originales, un bonheur de lecture.

Je reviendrais sur le passionnant retour de Harry Dickson ultérieurement dans mon dossier consacré aux « Détectives de l’impossible ».

Mais le tour d’horizon pourrait encore durer longtemps (avec la réédition de l’indispensable « Roi en Jaune » de R.W.Chambers et celle à venir de « L’empereur pourpre »), le volume consacré à Lovecraft ou des nombreuses anthologies d’excellentes factures. En résumé, un éditeur également incontournable, qui réhabilite avec brio un genre qui depuis pas mal de temps fut mis au rencard au profit d’une « Fantasy » un peu trop envahissante à mon goût.

Voilà, c’est le cœur qui vient de parler car j’estime qu’il est de notre devoir, à nous passionnés de cette littérature de « genre » d’encourager et de promouvoir ce genre d’entreprises. Mon intention n’était pas de passer une quelconque « pommade », mais de vous parler comme il se doit de gens courageux, volontaires et qui n’hésitent pas à prendre des risques et de nos jours c’est une chose suffisamment rare pour ne pas en parler.

 

http://www.ed-malpertuis.com/

http://www.lecarnoplaste.fr/

 

 



« Conjecture & Fantastique photographique »

Je profite du précédent article pour vous signaler une ouvrage qui peut intéresser les amateurs de « Conjectures photographiques ». Un petit recueil qui me parait passionnant en regard des nouvelles proposées :

-« Je hais les photographes »  de Paul Edwards, Textes clés d’une polémique de l’image

Je vous invite donc à vous rendre sur le lien ci-dessous afin de prendre connaissance du large panel que nous propose l’anthologiste.

Bonne lecture !

 http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/index.php/post/2006/09/24/127-il-a-paru-gloire-lui-soit-rendue



Sur L’autre Face du Monde

Vendredi 18 décembre 16h00

L’origine du titre de mon blog, puise ses origines dans un roman paru initialement dans une revue que peu de gens connaissent de nos jours. 

« Sur L’autre face du monde » de A.Valérie  ( pseudonyme de René Thévenin) fut donc publié en feuilletons dans la revue « Sciences et Voyages » du N° 805 au N° 826 (31/1/1935 à 27/6/1935) Illustré par le célèbre Maurice Toussaint, un des plus prolifique illustrateur de cette période, ce texte d’une très grande originalité doit en quelque sorte sa « réhabilitation » grâce à la réédition faite en 1973 dans la défunte collection « Ailleurs et demain/classiques » collection dirigée à l’époque par Gérard Klein. Il faut saluer cette excellente initiative, la seule à ma connaissance en ce qui concerne des textes venant de cette revue, car peu d’éditeurs semblent sans soucier à l’heure actuelle. 

« Les glaciers enserrent la dernière des villes humaines, l’ultime forteresse de la science et de la culture .Il faut qu’un homme parte vers l’autre face du monde, à la recherche de terres habitables. Il va découvrir alors l’incroyable vérité… » 

« Sciences et Voyages » est sans contexte une véritable « mine » pour l’explorateur aventureux en quête de découvertes conjecturales étonnantes. Beaucoup d’auteurs et non des moindres, si abandonnèrent pour nous livrer des romans tout à fait remarquables qui font encore date aujourd’hui : José Moselli, Léon Groc, Rosny Aîné, René Pujol, René Thévenin,Jean Petithuguenin. 

Dans un article futur je vous livrerai en détail la liste des romans et nouvelles qui firent les délices de nos ancêtres. Le volume édité chez Laffont possède également le mérite, outre une préface très passionnante mais discutable de Gérard Klein, une fort copieuse intervention de Jacques Van Herp. 

 « Sur L’autre face du monde, et autres romans scientifiques de Sciences et Voyages » de A Valérie. Edition Robert Laffont  Collection « Ailleurs et demain/ Classiques » 1973 

Sommaire 

Préface de Gérard Klein. 

- Les Romans de « Sciences et Voyages » et leur temps de Jacques Van Herp .

- René Thévenin de Jacques Van Herp.

- Bibliographie de René Thévenin de Jacques Van Herp.

- « Les Chasseurs d’hommes » de René Thévenin.

- « Par-delà l’univers » de Raoul Brémond .

- « La Cité de l’or et de la lèpre » de Guy D’armen.

- « Sur l’autre face du monde » de André Valérie .

- Répertoire de la revue « Sciences et voyages » par Pierre Versins

Le même éditeur privilégia quelques peu le « Conjecture ancienne » avec quelques titres dignes d’intérêt : 

     -  B.R.Bruss  « Et la planète sauta…. » 

     -  Jacques Spitz  « L’œil du purgatoire  L’expérience du Dr Mops » 

     -  Marc Wersinger « La chute dans le néant »

     -  Franz Werfel « l’étoile de ceux qui ne sont pas nés » 

 

 

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