• Accueil
  • > les auteurs et leurs oeuvres

Catégorie

Archive pour la catégorie « les auteurs et leurs oeuvres »

« Le Professeur Tornada » Un Excentrique Savant Dans L’oeuvre de André Couvreur !

Avant de parler de se personnage récurant de l’œuvre d’André Couvreur, il me semble nécessaire de parler un peu du thème du « savant fou » dans les textes de conjectures anciennes.

Historiquement, il est nécessaire de remonter à l’ouvrage de Mary Shelley et son « Frankenstein ou le Prométhée moderne » afin de commencer la véritable ébauche de ce scientifique un peu « illuminée » qui, faisant fi de mettre en cause sa réputation, poursuivra obstinément son œuvre afin d’affirmer ses hypothèses les plus audacieuses. Même si la description du procédé permettant de « ranimer » les tissus morts reste très succincte, (le cinéma sera plus généreux en la matière) l’idée était toutefois lancée, la voie venait de s’ouvrir. Une voie dans laquelle bon nombre d’écrivains vont s’engouffrer, créant ainsi, un genre dans le genre pour le plus grand plaisir des lecteurs que nous sommes.

L’histoire du savant « fou » puise ses origines dans un passé moyenâgeux où il était un peu la représentation de cet alchimiste solitaire qui passait le plus clair de son temps à rechercher la pierre philosophale, le secret de la transmutation du fer en or ou le sérum de vie éternelle. Bien souvent associé à une forme de magie noire, car fortement suspecté de fourvoyer avec le malin, il fut chassé, traqué et persécuté par l’église et la terreur superstitieuse qu’il inspirait aux hommes.

Il deviendra par la suite homme de science, celui qui connaît les secrets de la vie car se passionnant pour les mystères de l’homme et de sa composition, c’est la nouvelle ère de l’association de la science et de la médecine, le savant est généralement l’érudit qui se penche sur les secrets de « l’alchimie corporelle » il sera respecté bien que craint car il inspire fascination mais répulsion. Le malaise à l’égard de cette élite se trouvera renforcée lorsque ce médecin cherchera quelques réponses à toutes ces questions fondamentales, dans le magnétisme et l’hypnose. C’est la grande époque du « fluide vital »des « ondes magnétiques » et des « courants psychiques » : L’homme de science redevient une sorte de « mage » retournant à ses anciennes amours et cherchant des réponses dans des voies beaucoup plus occultes.

Puis arrive le temps de la révolution industrielle, de l’électricité et de la vapeur. Toute une nouvelle technologie que le scientifique, bien souvent médecin de formation, va s’efforcer de percer afin d’assouvir sa soif intellectuelle mais aussi afin de concrétiser ces hypothèses les plus folles, ses théories les plus insensées. Tout va très vite, trop vite et cette frénésie du savoir et du pouvoir que celui-ci peu lui procurer développe en lui un sentiment de supériorité qui le mènera bien souvent à des recherches certes audacieuses mais bafouant toutes les règles éthiques de sa corporation. La connaissance conduit souvent sur des chemins interdits pouvant mettre à mal le respect et l’intégrité de l’espèce humaine.

Au départ, le savant est un personnage brillant par définition, un peu en marge de la société et qui travaille dans l’ombre pour le bien de l’humanité .C’est lui qui, par sa vision toute nouvelle d’un futur idéal, va s’employer à découvrir les nouvelles technologies permettant à l’humanité d’accéder à un monde meilleur. En fait c’est ce qu’il y a de marqué sur le « papier » mais la réalité en matière de littérature est tout autre.

Bien souvent, le savant est un solitaire un peu égocentrique qui ne se soucie guère de l’humanité .Au contraire, régulièrement laissé pour compte, raillé par ses semblables car trop audacieux ou en avance sur son temps, cet homme de génie n’aura d’autre alternative que de se replier sur lui-même et passer le reste de sa vie à ourdir un moyen pour détruire un monde trop ingrat. Rejeté, bafoué, incompris de son entourage, le brillant homme de science basculera alors vers « le coté noir de la force » pour devenir « Savant Fou »

Mais si ce dernier met toute son âme et sa dignité pour arriver à ses fins il est important de classer ce génie du mal en plusieurs catégories. En effet il n’est pas nécessairement un esprit malfaisant, le terme « fou » désignant également certaines de ses projets qui, de part leurs caractères insensés et audacieux, ne peuvent relever que de la pure folie. Le savant fou ne pourra servir que ses propres ambitions et prouver au reste du monde qu’il possède un certain génie et que l’on a eu tort de mettre sa parole en doute. D’une manière générale il mènera son expérience à terme sans aucune rancœur envers l’humanité.

L’autre catégorie est beaucoup plus dangereuse car là, sa folie est à la mesure de la haine qu’il éprouve pour ses semblables et sa seule ambitions sera de détruire le monde d’incrédules dans lequel il vit. Mais il pourra mettre également sa science au service de la patrie, ce type d’individus se rencontrant surtout dans le roman de « Guerres futures » et où toute la panoplie du sadisme humain sera mise en exergue. ( « La guerre infernale » de Giffard et Robida, « La guerre au XXéme siècle » toujours de Robida, « La guerre est déclarée » du Colonel Royet, « L’héroïque aventure » A.De Pouvourville , « Elisabeth Faldras » O.De Traynel…) En fait les prémisses de la tuerie scientifique au nom de la science et de la liberté.

Quoiqu’il en soit, il usera surtout son énergie à faire avancer ses propres hypothèses sur un sujet qui le préoccupe plus particulièrement : L’être humain ! Il va donc s’efforcer de le « modifier » de façon aussi incroyable que tragique et pour cela les techniques ne manquent pas :

– Le rendre invisible (« Mr rien aventure d’un homme invisible » de Boussenard, « L’homme qui voulait être invisible» de M.Renard, « Joe Rollon, l’autre homme invisible» de Edmond Cazal, alias Jean De La Hire, « Le maître du monde » de Pierre Desclaux)

– Le rendre plus petit (« L’homme élastique » de Jacques Spitz, « Les petits hommes dans la pinède » de Octave Béliard, « La chute dans le néant » de Marc Wersinger).

– Le rendre immortel (« L’immortel » nouvelle de Régis Vombal, « La maison des hommes vivants » de Claude Farrère, « L’élixir de longue vie » de Krijanovskaia, « Les immortels de Rock-island » de Leprince, « Les mystères de Lyon » de Jean de la Hire…)

- Le rendre plus « résistant » en modifiant ou remplaçant des parties de son corps (« Le concerto pour Anne Queur » de Marcel Thiry, « Le Rour » de Souvestre et Allain, « Le secret de ne jamais mourir » de Pasquier, « Les mystérieuses études du professeur Kruhl » de Paul Arosa).

– Le rendre plus intelligent et en faire un surhomme ( « Tréponème » de Marc La Marche, « Trois ombres sur Paris » de H.J.Magog, « Satanas » de Gabriel Bernard, « On vole des enfant dans Paris »de Forest, « Le sceptre volé aux hommes » de H.J Proumen)

- En fait, modifier,le transformer et le charcuter sous toutes les formes ( « L’homme qui peut vivre dans l’eau » de Jean de la Hire, « Le docteur Lerne,sous dieu » et « L’homme truqué » de Maurice Renard, « L’homme qui devint gorille » de H.J.Magog)

Mais le savant s’attaque de façon globale à tout ce qui bouge, et sa soif de connaissance et surtout d’assouvir ses propres fantasmes, le conduiront à des débordements inimaginables. L’anticipation ancienne regorge littéralement des exploits de ces êtres d’exceptions qui d’un revers de main sont capables de balayer une ville entière. Car le savant est capable d’inventer toutes sortes de machines diaboliques :

- Fabriquer des typhons (« Un monde sur le monde » de Perrin et Lanos )

– D’assécher les océans (« Les buveurs d’océans » de H.J.Magog).

– De réveiller les volcans (« L’éveilleur de volcans » de G.G Toudouze).

– De provoquer des séismes (« A deux doigts de la fin du monde » du colonel F.Royet).

– D’envoyer un fragment du pôle dans l’espace (« L’évanouissement du pôle » de H. Debure).

– Des machines capables de percer le globe de part en part (« Ignis » du comte Didier du Chousy)

– De désintégrer toute forme de vie à distance (« Elisabeth Faldras » de O.de Traynel).

– Des machines à lire dans les pensées. (« La machine à lire les pensées » de André Maurois)

– Des machines à voyager dans l’espace (« Le docteur Oméga » D’Arnould Galopin, « Aventures merveilleuses de Serge Myrandhal » de H.Gayar)

- Des machines à voyager dans le temps. (« Aventures d’une voyageur qui explora le temps » D’octave Béliard)

– Des îles volantes ou artificielles (« L’île aérienne » de Max André Dazergues, « Les robinsons de l’île volante » de R.M.Nizerolles)

Le savant est capable de créer des pilules nutritives, des substances qui régénèrent, qui font grossir les animaux,qui vous empêchent de vieillir, de mourir….bref ils sont capables de tout,ou presque ! Le savant (fou ou non) est donc une figure emblématique de l’anticipation ancienne, un élément clef de l’intrigue, le pivot central sur lequel s’articulera un nombre incalculable de romans. Il est d’ailleurs assez intéressant de voir la quantité de ces illustres cervelles qui perdirent pied et basculèrent du « mauvais coté ».

Cette catégorie de l’élite intellectuelle dans bien des cas n’utilisera pas son magnifique potentiel pour aider ses semblables, bien au contraire elle en fera son instrument de mort. Les seuls qui tenteront de l’exploiter à des fins plus humanistes se retrouveront débordés par leurs inventions, soit par distraction (le savant est un grand distrait) soit par volonté d’en faire trop.

L’imagerie populaire n’est pas avare de représentations de ce singulier individu et il est surprenant de le voir toujours affublé d’une trogne assez ingrate, le front très proéminent, le cheveu rare, le regard vif parfois sadique, un corps plutôt malingre et peu habitué aux exercices physiques, en conclusion un aspect souvent des plus déplaisant.

Dans cette première partie du XXéme siècle, on se méfie de la science, on la regarde d’un œil assez sceptique, le pays de Voltaire et de Hugo est assez pragmatique et peu enclin à accorder sa confiance à une élite d’excentriques à l’esprit dérangé. Il en résulte alors toute une production assez incroyable par sa diversité où le thème du savant sera utilisé avec plus ou moins de brio mais au final pour accoucher d’œuvres singulières desquelles se détachent des individus assez marquants sorte de «anti-héros » du « merveilleux scientifique ».

Dans toute cette production aussi riche qu’inventive, de grands noms se détachent nettement et leur génie malfaisant en font des figures inoubliables, la tête de liste de la science au service du mal : Maurice Renard et son « Docteur Lerne » (« Le docteur Lerne sous dieu » Mercure de France 1908) André Couvreur et l’inoubliable « Caresco » (« Caresco surhomme ou le voyage en Eucrasie » Librairie Plon 1904 avec de superbes illustrations de Edmond Malassis),H.G.Wells et sont diabolique « docteur Moreau » (« L’île du docteur Moreau » Mercure de France 1901 pour l’édition Française) le professeur Wolmar de Guy de Teramond (« L’homme qui peut tout » Editions M.Vermot 1910)

Toutefois cette thématique bien qu’utilisée à maintes reprises, ne semble pas avoir suscitée l’envie aux auteurs qui en usèrent de s’en servir comme un support récurant pour toute une série d’aventures. Il suffit de faire le compte pour mettre en évidence l’absence quasi-totale de la réapparition systématique du savant, qu’il soit docteur ou professeur, dans tout un cycle où il en sera le héros. Pourtant, cette rareté existe, un personnage assez atypique qui ne cessera au cour de ses trente années d’existence de nous émerveiller et de nous amuser avec sa façon tout à fait décalée de concevoir la science ainsi que les bienfaits de la médecine et de la chirurgie : Le professeur Tornada !

Avant de s’attaquer à la création de cette figure légendaire du « merveilleux scientifique » André Couvreur était déjà coupable d’avoir imaginé un autre prototype du savant fou, le docteur Caresco. Sa première apparition date de 1899 « Le mal nécessaire » ( Plon Nourrit & Cie) qui entame le cycle « Les dangers sociaux ». Avec cette œuvre Couvreur inaugure les prémices de « L’anticipation médicale », avec ce chirurgien peu scrupuleux, décrit comme un être vil et cupide, un monstre assoiffé de sang ! (tout comme le Professeur Flax de la chanson)

Le sinistre héros de cette aventure reprendra du service quelques années plus tard dans l’extraordinaire « Caresco, surhomme ou le voyage en Eucrasie, conte humain ». Dans ce chef d’œuvre superbement illustré par Edmond Malassis, Le redoutable chirurgien installé sur une île en forme de corps humain, se livre à de redoutables expériences, faisant jouer allégrement son bistouris à des fins pseudo scientifiques mais qui ne sont que le prétexte à un sado masochisme exacerbé, un moyen de laisser libre cour à ses fantasmes les plus fous. Baigné dans une atmosphère où érotisme et décadence sont les maîtres mots, l’auteur ne nous livra pas moins un incroyable roman où l’inventivité est reine avec toute une succession de brillantes idées : Esquif aérien, machine à satisfaire les besoins essentiels, créatures télépathes, humain à qui l’on implante une longue vue à la place de son œil, engins se déplaçant dans des tubes sous vide, greffes de toutes sortes, vies artificielles, les inventions se succèdent à un rythme effréné.

Avec ce « petit bijoux » qui reste à mon avis son œuvre maîtresse, il posait là toutes les bases de sa future production, se révélant ainsi la référence en matière de « conjecture médicale » Il faut dire qu’il était lui-même médecin et que son père était ancien interne des hôpitaux de Paris. Né le 4 août 1863 à Seclin, toute son enfance baignera dans cette ambiance médicale et il n’est pas étonnant qu’avec son frère aîné, il embrasse cette carrière. Il obtiendra son diplôme en 1892, exercera sa profession, mais c’est vers l’écriture que se portera toute son attention et ce pour notre plus grand bonheur. 1909 marque l’année de sa création la plus fameuse, le professeur « Tornada » qui sur 6 romans nous fera découvrir les aspects les plus cocasses et les plus malicieux de cet excentrique savant.

Sa première aventure « Une invasion de macrobes » était déjà en elle-même une douce folie puisque ce curieux scientifique que ses pairs considèrent comme un charlatan, décide pour se venger de mette en application une de ses trouvailles, à savoir augmenter de façon considérable la taille des microbes et de les lâcher sur Paris. Fort heureusement rongé par le remord, il trouvera un parade…la capitale sera épargnée !

Dans cette première aventure,Tornada,télépathe,occultiste,biologiste et astronome…entre autre, nous y est détaillé avec précision et cette description mérite de s’y arrêter un instant :

« C’était un petit bout d’homme simiesque, dont on ne remarquait d’abord que la barbe noire, si fournie qu’elle s’allongeait en deux tortillons très soignés jusqu’au niveau des jambes. Par contre la tête était chauve presque en totalité ; et le crâne poli permettait de remarquer la conformation anormale de la tête, qu’un eût dite pétrie à la diable, ondulée de bosses excessives qui devait loger une intelligence particulière. Le reste de la physionomie, quand on la détaillait, n’atténuait en rien la surprise provoquée par ces premières impressions. Les oreilles surgissaient comme des appendices de loup, mobiles aux moindres sonorités. Les yeux très sombres, très petits et très mobiles, s’emplissaient d’éclairs par moments ; et à d’autres ils s’égaraient sous les paupières. Enfin des tics, plus singuliers, les uns que les autres, secouaient à tout propos la tête, les bras et les jambes, avaient des convulsions incessantes sous cet extérieur Hoffmannesque. »

Voilà une description des plus exacte qu’il soit, magnifiquement accompagnée d’une composition de André Devambez, qui ne manque pas de réalisme. Après cette singulière aventure nous retrouverons le professeur en 1922 avec « L’androgyne », une savoureuse histoire où Tornada, devenant de plus en plus malicieux au fil de ses aventures, transforme une homme en femme, avec toutes les conséquences que cela implique.

On plonge dans l’humour le plus délirant dans son aventure suivante « Le Valseur phosphorescent » où l’incorrigible professeur va soumettre aux passions amoureuses sa créature « Adam »,la déconvenue de la promise sera grande lorsqu’elle s’apercevra que son créateur n’a pas complètement « terminé » son travail. Une œuvre au fort relent érotique, la plus « détendue » de toute la série.

La quatrième aventure « Les mémoires d’un immortel » sera plus classique, un sérum qui une fois injecté donnera l’apparence de la mort et permettant ainsi au sujet de connaître les véritables sentiments qu’éprouvent ses proches à son égard. Ici le professeur se fera le bras armé de la science qui utilisera son génie pour le bonheur d’une seule et unique personne, révélant ainsi son coté philanthropique.

Avec le « Biocole » c’est le retour à une œuvre à la thématique plus fouillée, avec un sujet encore neuf pour l’époque. Tornada trouve le moyen de prolonger la durée de vie en remplaçant les organes « usagés » par des neufs et de soumettre ainsi ses patients à un traitement spécial et revitalisant. La terre se sur-peuple, la misère apparaît, les guerres civiles éclatent. Ses découvertes se succèdent, dont une super « pilule nutritive » mais conscient du mal que sa technique d’immortalité génère il décide de mettre fin à cette douce utopie qu’il avait créée sous le nom de « Biocolie ». Un texte vraiment réussi, reprenant également de nombreuses thématiques chères à l’auteur, un texte phare dans sa bibliographie.

Avec « Le cas de la baronne Sasoitsu » sixième et dernière aventure du cocasse professeur, il nous régale cette fois de l’invention d’un curieuse machine à rayons « Ultra verts » générant ce qu’il appelle une « onde Tornadienne » et capable de régénérer les tissus et de redonner jeunesse et beauté à un visage. Une histoire « conjecturo-policiére » où une fois de plus la science de Tornada sera remise en question.

A l’age de 76 ans Couvreur entame la prochaine aventure du génial savant « La mort du soleil ». Je reprends le résumé réalisé par Claude Deméocq dans sa passionnante étude consacrée au personnage :

« Dans l’atmosphère de la débâcle, un couple et leurs enfants se réfugient chez Tornada. Les Allemands ont gagné la guerre. Le soleil est obscurci par les effets nocifs des bombes. Tornada va tenter d’être le maître du monde….. »

Nous ne connaîtrons pas la suite, Couvreur va décéder des suites d’une mauvaise chute, seul et dans l’indifférence totale en 1944. Sa dernière œuvre semblait empreint d’un grand pessimisme, une histoire tragique et négative marquée semble t-il par le traumatisme de la guerre. Au moment de sa rédaction, il ignorait probablement le tournant qu’allait prendre la conflit et dans ses heures sombres que traversa la France peut-être voyait-il dans le génial Tornada la seule alternative possible pour sauver l’humanité.Il est touchant de voir à quel point le désespoir peu vous amener à fuir la réalité et vous conduire aux frontières de l’imaginaire.

Personnage pittoresque, mégalomane, quelque fois un peu dérangé mais génial créateur de toute une quirielle d’inventions faite pour le bien être de l’humanité ou de son ambition personnelle, Tornada est l’incarnation même du savant pour qui la fin justifie les moyens. L’œuvre de Couvreur, sans cesse baignée dans une atmosphère d’un érotisme toujours de bon aloi, est d’une grande originalité et reste toujours extrêmement plaisante à lire. Son excentrique personnage, hélas pratiquement ignoré de nos jours est une figure incontournable du paysage du « merveilleux scientifique » qu’il serait grand temps de réhabiliter par une intégrale de ses exploits et qui à l’époque ne connurent qu’une modeste publication dans « Les œuvres libres ».

Il est regrettable de constater le manque d’intérêt que lui portent une fois de plus une grande majorité d’éditeurs, renforçant d’une manière encore plus évidente ce mépris affligeant à l’égard d’un genre d’une richesse inouïe.

 sanstitre9lks dans les auteurs et leurs oeuvres

 Les créatures du Professeur sont lâchées sur Paris

 

Bibliographie des aventures du Professeur Tornada

« Une invasion de macrobes » Première apparition de Tornada. Supplément à l’illustration : 6, 13,20 et 27 Novembre 1909. Magnifiques illustrations intérieures de Devambez.

« Une invasion de macrobes » Editions Pierre Lafitte 1910. Édition revue et corrigée. Couverture couleur de Devambez.

- « Une invasion de macrobes » Éditions Tallandier collection « le lynx » N°7 (vers 1940) Couverture de Maurice Toussaint. Texte identique à celui de « L’illustration »

- « Un invasion de macrobes » Éditions Apex collection « Périodica » N°20. Gonfaron 2001. Réédition en fac- similé du supplément à « L’illustration ».

- « Une invasion de macrobes » Editions Ombre « Les classiques de l’utopie et de la science-fiction ».1998. Avec une passionnante introduction de Claude Deméocq « André Couvreur et les fantaisies du Professeur Tornada ». Cette introduction est en fait une reprise d’une article réalisé par le même auteur pour la revue « Le visage vert » (N°2 Janvier 1997) intitulée « André Couvreur ou le Merveilleux Scientifique Médical »

- « L’androgyne » Deuxième aventure du Pr. Tornada. Editions Arthème Fayard « Les œuvres libres » N°7, Janvier 1922. Réédition chez Albin Michel 1923. Edition revue et corrigée sous le titre « L’androgyne, les fantaisies du Pr. Tornada ».

- « Le valseur phosphorescent » Troisième aventure du Pr. Tornada. Arthème Fayard « Les œuvres libres » N°30, Décembre 1923.

- « Les mémoires d’un immortel ». Quatrième aventure du Pr. Tornada. Arthème Fayard « Les œuvres libres » N°42, Décembre 1924.

« Le Biocole ». Cinquième aventure du Pr. Tornada. Arthème Fayard « Les œuvres libres » N°72, Juin 1927.

« Le cas de la baronne Sasoitsu » Sixième aventure du Pr. Tornada. Arthème Fayard « Les œuvres libres » N°214, Avril 1939.

Bibliographie des œuvres Conjecturales ou Fantastiques

« Le mal nécessaire » Premier volume du cycle « les dangers sociaux » Première apparition du Docteur Caresco. Editions Plon-Nourrit. 1899.

- « Caresco, surhomme ou le voyage en Eucrasie. Conte humain ». Deuxième apparition du Docteur Caresco. Illustrations en N&B et couleurs de Malassis. Editions Plon-Nourrit. 1905.

- « Le lynx » en collaboration avec Michel. Ecrivain à qui l’on doit également quelques œuvres conjecturales. Première publication dans la revue « Excelsior » du 21 Février au 18 Avril 1911. Réédition en volume, éditions Pierre Lafitte. 1911.

- « En au-delà »Editions Arthème Fayard « Les œuvres libres » N°178, Avril 1936. Contrairement aux références faites par Claude Deméocq dans la revue « Le visage vert » cette aventure n’est pas la sixième du Pr. Tornada, puisque le personnage est absent du roman.

Il est à mentionner la passionnante étude actuellement encore disponible sur André Couvreur et réalisée par Claude Deméocq :

« André Couvreur, ou le merveilleux-scientifique médical ». Par Claude Deméocq, dans la revue « Le visage vert » Nouvelle série N°2. Janvier 1997. Avec bibliographie et documents inédits. Ce texte sera en partie repris dans l’édition de la « Petite bibliothèque ombres »

sanstitre3tq sanstitre5n  

 Les « Macrobes » sont en action….pas pour longtemps!

 

Récurrence du thème du « savant fou » et autres dans la littérature d’imagination scientifique

 

« Robur » de Jules Verne :

-« Robur le conquérant » Editions Hetzel ,1886. Nombreuses éditions.

- « Le maître du monde » Editions Hetzel, 1904. Nombreuses éditons

« Le Professeur Synthés » de Léon Boussenard :

- « Les secrets de Monsieur Synthés » Editions C.Marpon et F.Flammarion. Illustration CH.Clerice, 1888.

« Dix mille ans dans un bloc de glace ». Editions C.Marpon et F.Flammarion. Illustration CH.Clerice, 1889.

« Le docteur Faldras » de O.de Traynel :

- « La découverte du Dr Faldras » Librairie Paul Ollendorff. Illustrations de José Roy, 1908.

« Elisabeth Faldras ». Librairie Paul Ollendorff. Illustrations de Géo Dupuis, 1908.

« Le docteur Fu-Manchu » de Sax Rohmer (pseudo de Arthur Sarsfield Wade) :

« Imaginez-vous un homme de haute taille, maigre, félin, haut d’épaules, avec le front d’un Shakespeare, à la face de Satan,au crâne rasé,aux yeux bridés,magnétiques,verts comme ceux d’un chat. Supposez-lui la cruelle intelligence de l’Asie entière, accumulée dans un puissant cerveau, décuplée par une souveraine connaissance de la science passée et présente, par les possibilités infinies d’un gouvernement riche qui, cela va sans dire, à jusqu’ici dénié toute connaissance de sa réalité. Imaginez cet être terrible et vous aurez le portrait du docteur Fu-Manchu, le péril jaune incarné en un seul. » Un des personnages les plus emblématiques du savant au service du mal, incarnation de toutes les peurs de cette époque qui voyait dans l’Asie un peuple mystérieux, mais perfide et sournois, le fameux « péril jaune ».

Un personnage fascinant dans des aventures à (re)découvrir de toute urgence Je ne mentionne ici que les principales éditions.

« Le Dr Fu-Manchu » Librairie des champs élysées « Le masque collection de romans d’aventures » N°94. 1931.

- « Le diabolique Fu-Manchu »Librairie des champs élysées « Le masque collection de romans d’aventures » N°107. 1932

« Le masque de Fu-Manchu » Librairie des champs élysées « Le masque collection de romans d’aventures » N° 139. 1933.

- « La fille de Fu-Manchu » Librairie des champs élysées « Le masque collection de romans d’aventures » N° 185. 1935.

« Sur la piste de Fu-Manchu » Editions Gallimard « Détective ».1936

- « Le mystère du Dr Fu-Manchu » Editions Gallimard « Détective ».1936

- « L’ombre pourpre, la fiancée de Fu-Manchu » Les éditions de France « À ne pas lire la nuit ».1937. Réédition édito service « Les chefs-d’oeuvre du roman policier »,1972. Rééditions Editions Opta « Club du livre policier » 1968 contient « Le docteur Fu-Manchu » et « Le diabolique Dr Fu-Manchu » Réédition

Jacques Glénat collection « Marginalia » 1976 : « La colère de Fu-Manchu » contient : – La nuit de Chinatown – Le coffre de Fu-Manchu – Les yeux de Fu-Manchu – La parole de Fu-Manchu – Le cerveau de Fu-Manchu

Intégrale de la série « Fu-Manchu » Editions Alta en 7 tomes :

Tome 1 (1978) – Le mystérieux Dr Fu-Manchu » – La résurrection de Fu-Manchu.

Tome 2 (1978) – Le mystère de Si-Fan – Le singe bleu. – La marque du singe – La fille du Fu-Manchu

Tome 3 (1978) – Le Yatagan Turc – Le prophète au masque d’or – La fiancée de Fu-Manchu

Tome 4 (1979) – La piste de Fu-Manchu – Le président Fu-Manchu

Tome 5 (1979) – Les tambours de Fu-Manchu – L’île de Fu-Manchu

Tome 6 (1979) – L’ombre de Fu-Manchu – Fu-Manchu rentre en scène

Tome 7 (1979) – Fu-Manchu empereur

Réédition Librairie des champs élysées « L’intégrale du masque » 1996. Contient : – « Le mystérieux Dr Fu-Manchu » - « La résurrection de Fu-Manchu »« Les Mystères du Si-Fan »« La fille de Fu-Manchu »« Le prophète au masque d’or »

Rééditions U.G.E collection 10/18 : – « Le mystérieux Dr Fu-Manchu » 1988 – « La résurrection du Dr Fu-Manchu » 1988 – « Le diabolique Dr Fu-Manchu » 1988 – « Les mystères du Si-Fan » 1988 » – « La fille de Fu-Manchu » 1988 Réédition de l’intégrale ( ?) aux éditions Zulma « Romans noirs) – « Les mystères du Si-Fan »« Les créatures du Dr Fu-Manchu » - « Le mystérieux Dr Fu-Manchu »

« Le mystérieux Docteur Cornélius « le Sculpteur de chair humaine » de Gustave Le Rouge » :

Maison du livre moderne. Série en 18 facsicules.1912.

- L’énigme du Creek sanglant.

- Le manoir aux diamants.

- Le sculpteur de chair humaine.

- Les lords de la main rouge

- Le secret de l’île des pendus.

- Les chevaliers du Chloroforme.

– Un drame au lunatic asylum.

- L’automobile fantôme.

- Le cottage hanté.

- Le portrait de Lucrèce Borgia.

- Cœur de gitane.

– La croisière du gorille club.

- La fleur du sommeil.

- Le buste aux yeux d’émeraude.

- La dame aux scabieuses.

- La tour fiévreuse.

- Le dément de la maison bleue.

- Bas les masques !

Réédition en 1918.Editions Jules Tallandier « Les romans pour tous »

- « Le mystérieux Dr Cornélius » Fascicule 1&2

- « Le sculpteur de chair humaine » Fascicule 3&4

- « Les chevaliers du Chloroforme » Fascicule 5&6

- « Le secret de Miss Ophélia » Fascicule 7&8

- « Le cottage hanté » Fascicule 9&10

- « Cœur de gitane » Fascicule 11&12

- « Le buste aux yeux d’émeraude » Fascicule 13&14

- « La dame aux scabieuses » Fascicule 15&16

- « Le dément de la maison bleue » Fascicule 17&18.

– Réédition Jérôme Martineau « Collection « Gustave Le rouge » contient les six premiers fascicules de la série. 1966

- Réédition U.G.E, Collection 10-18 Série « L’Aventure insensée » en cinq volumes 1975.

- Rééditions Robert Laffont collection « Bouquin » 1986.

- Réédition de l’intégrale en 8 volumes aux éditions Manucius « Aventures et Mystères » (2006/2007)

« Le Professeur Fringue de H.J.Magog » :

« Trois ombres sur Paris » Librairie Gallimard « Les chefs-d’oeuvre du roman d’aventures ». 1929. Réédition Chez Tallandier collection « Le Lynx » N°27, 1941. Puis réédité à la « Bibliothèque Marabout » N° 555, 1975. Préface de Jacques Van Herp.

« L’homme qui devint gorille » Deux fascicules aux éditions Tallandier « le livre de poche » : « La fiancée du monstre » N°46, 1917 et « Le gorille détective » N° 47,1917. Editions Ollendorff en 1921. Editions Rouff « Grande collection nationale N° 196. Tallandier Editions Cosmopolites, 1930 avec une superbe jaquette couleur. Editions Jacques Glénat collection « Marginalia » 1977.

« Le professeur Daniel Dorteuil Dit « Miraculas »de H.De Volta :

« Aventures prodigieuses de Miraculas, l’homme aux mille et une merveilles » Série en 20 Fascicules. Editions Jules Tallandier « Bibliothèque Cadette » 1921.

- L’art d’escamoter les gens.

– Le tonnerre dans une boite.

- Milliardaire en une minute.

- Au pays de la peur.

- La taupe d’acier.

- Cinq cents lieues sous la terre.

- Ressuscités…après cent mille ans.

- Les miroirs qui trahissent.

- Le mystère de Franklin-Hill.

- La découverte de l’Atlantide.

- La fin des guerres.

– L’obus hanté.

- Au secours d’une vie humaine.

- L’attaque du convoi d’or.

- Vers les mondes inconnus.

- Les hélices paralysées.

- Le taureau pétrifié.

– Invulnérable.

- Une révolution géographique.

- Scientific- city.

« Le professeur Flax  monstre humain de Jean Ray »:

Bien qu’il s’agisse d’un génie du crime il n’en capturera pas moins 31 enfants âgés de six mois et particulièrement intelligents afin de leur inoculer le « Flaxium » substance extraire du radium. Le résultat de cette expérience, la fabrication de petits génies spécialisés dans différentes disciplines.

- « Le professeur Flax monstre humain »Fascicule N° 18.Sociéte anonyme Roman-, Boek- en Kunsthandel imprimeur éditeur. Amsterdam Juin 1930.

- « Une poursuite à travers le désert »Fascicule N° 19.Sociéte anonyme Roman-, Boek- en Kunsthandel imprimeur éditeur. Amsterdam Juin 1930.

- « Le repaire aux bandits à Corfou » Fascicule N° 21.Sociéte anonyme Roman-, Boek- en Kunsthandel imprimeur éditeur. Amsterdam Juin 1930.

- « La prisonnière du clocher » Fascicule N° 22.Sociéte anonyme Roman-, Boek- en Kunsthandel imprimeur éditeur. Amsterdam Juin 1930.

- « Le Rajah rouge » Fascicule N° 26.Sociéte anonyme Roman-, Boek- en Kunsthandel imprimeur éditeur. Amsterdam Juin 1930.

- « Le bourreau de Londres » Fascicule N° 27.Sociéte anonyme Roman-, Boek- en Kunsthandel imprimeur éditeur. Amsterdam Juin 1930.

Rééditions chez « Corps 9 », Tome 1 avec les trois premières aventures. Tirage limité 1000 exemplaires. 1983. Tome second les trois dernières aventures. Tirage limité 1000 exemplaires. 1983.

« L’ingénieur Sweeney de Jules D’ottange » :

Saga de « La chasse aux milliards » en quatre volumes, P.Lethielleux, libraire éditeur. :

- « Fin tragique d’un milliardaire, l’héritier du milliardaire » 1925.

- « All right ! » 1926.

- « Le poisson d’acier » 1928.

- « Electroville » 1931.

 

« Fu-Mandchou Le futur maître de l’univers » par le Capitaine Ricardo.

« La montagne noire » Les nouvelles aventures de Victor Vincent. Fascicule N°154. Editions G.Van Loo Anderlecht. (s.d cers 1950).

- « S.O.S ici la terre » Les nouvelles aventures de Victor Vincent. Fascicule N°155. Editions G.Van Loo Anderlecht. (s.d cers 1950).

- « L’anéantissement » Les nouvelles aventures de Victor Vincent. Fascicule N°156. Editions G.Van Loo Anderlecht. (s.d cers 1950).

 

sanstitre7vn sanstitre2xd  

L’élégance de Caresco                                                                                                                            La truculence de Tornada

 

sanstitre8un  sanstitre6bj

La Superbe couverture de chez « Lafitte »                                                                        La « trogne » Typique du savant dans les années 30



« Jacques Spitz » Un Ecrivain « Fantastique » à (Re) Découvrir!

« L’homme élastique » de Jacques Spitz. Éditions de la nouvelle revue Française collection « Les romans fantastiques ».1938.

Profitant d’une publicité trouvée dans un des volumes de cette collection consacrée à Jacques Spitz, voici donc le résumé de ce singulier roman ou l’auteur aborde avec brio le thème de « L’homme modifié »:

« Dans la nouvelle collection de « Romans fantastiques » où l’on s’efforce de remettre en faveur un genre qui fit le renommée de Wells et de Jules Verne, « L’homme élastique » vient prendre place après « La guerre des mouches », « Les évadés de l’an 4000 » et « L’agonie du globe ». Un savant assez original, le docteur Flohr, découvre le moyen de dilater ou de comprimer les atomes, ce qui lui permet de faire varier les dimensions des organismes vivants et en particulier des hommes. La chose paraîtrait incroyable si le docteur Flohr, dont on nous donne le journal, n’indiquait avec une grande précision les moyens qu’il emploie et la façon dont il se trouve conduit cette sensationnelle découverte. Il commence à emmener un nain à des dimensions normales, mais serait assez gêné pour trouver de nouveaux sujets d’expérience, si une guerre Européenne n’éclatait fort opportunément. Le docteur Flohr va mettre son invention au service de la défense nationale, et, devant le succès des expériences de contrôle, le haut commandement n’hésite pas à lui confier une division de 7000 hommes qu’il devra tous réduire à cinq centimètres de hauteur. Ces petits soldats, presque invisibles, font merveilles, remportent la victoire, et voilà l’invention lancée. Peu à peu, l’humanité qui commençait à se lasser de l’uniformité de sa taille depuis l’age des cavernes, se laisse tenter par la variété des nouvelles dimensions qu’elle peut acquérir. Elle entre dans les autoclaves du docteur pour en sortir avec des tailles qui s’échelonnent entre quelques centimètres et trois cent mètres de haut. Les nouveaux pouvoirs qu’elle acquiert ainsi sur la nature sont extraordinaires. Mais la chose ne va pas – on le pense bien – sans de grands bouleversements politiques, sociaux et moraux, et l’humanité nouvelle ne conserve pas grand’chose de tous les préjugés ou croyances où se complaisait la vieille humanité de jadis».

Jacques Spitz est sans conteste le chef de file de la science fiction Française où du moins d’un genre qui dans les années trente n’avait pas encore de véritable « étiquette » et que les éditeurs, faute de mieux, affublaient du titre de « romans fantastiques ». Si notre pays connaissait un passé riche en fantômes, revenants, histoires macabres et autres contes insolites, le terme de « merveilleux scientifique » n’était pas encore au goût du jour, bien que d’illustres prédécesseurs comme Rosny Aîné ou Maurice Renard, pour ne citer qu’eux, avaient déjà enrichis le genre d’œuvres mémorables.

Ce n’est pas un hasard si en évoquant ici Jacques Spitz, je pense de façon simultanée à Maurice Renard. Ces deux auteurs sont pour moi des références essentielles dans l’anticipation ancienne et si le plus ancien des deux connaît encore une gloire fragile grâce à l’intérêt que lui portent quelques éditeurs ayant un goût certain,le second quand à lui était à deux doigts de sombrer dans l’oubli le plus total si deux ou trois éditeurs n’avaient eu la présence d’esprit de refaire découvrir ce pionnier de la science-fiction Française à un jeune public.

Homme de science et de talent, Spitz était un ancien polytechnicien, un érudit qui publia dans les années trente une étude sur la physique quantique et ses implications philosophiques. On a souvent l’impression à la lecture de ses œuvres « imaginaires » qu’il ne prenait pas tout cela très au sérieux et qu’il s’agissait là d’un moyen d’affirmer son goût pour la satyre et exprimer un humour souvent des plus noir. Ce diable d’homme possède un sens de l’imagination tout à fait exceptionnel, la désinvolture et le ton ironique qu’il utilise bien souvent dans ses nombreux écrits nous force à reconnaître l’empreinte d’un écrivain de génie. Il faut jeter un œil sur sa bibliographie où, en dix ans et en l’espace de huit romans il aborde un grand nombre de thèmes majeurs de la science fiction : La fin du monde, la révolte des animaux (des mouches en l’occurrence), expérience sur l’homme et sa modification, Attaque de créatures extra-terrestres, Pouvoir surhumain etc.…. Un catalogue impressionnant dont pas mal d’auteurs pourrait prendre de la graine.

Le drame avec cet auteur est l’indifférence quasi-totale dans laquelle il manqua de tomber. Fort heureusement il me faut ici remercier la présence d’esprit d’un éditeur comme « La petite bibliothèque ombre » pour la réédition de « La guerre des mouches », Mr Serge Lehman d’avoir eu la bonne idée d’inclure dans sa formidable anthologie « Les chasseurs de chimères » un des romans le moins connu de l’auteur « Les signaux du soleil » sans oublier « L’arbre vengeur » de nous avoir gratifié de « L’œil du purgatoire ». Enfin un grand merci aux éditions Bragelonne qui dans sa collection des classiques de la SF, après nous avoir gratifié des textes de la sublime Julia Verlanger, propose dans le volume consacré à Jacques Spitz « Joyeuse apocalypse » (un titre très évocateur) deux textes essentiels dans sa bibliographie : « L’homme élastique » un must que je vous recommande fortement et surtout un inédit que l’on attendait depuis plus de cinquante ans « La guerre mondiale N°3 » Espérons que tout ce superbe travail réalisé avec amour et conviction parviendra à rallier un nouveau public qui se devait absolument de découvrir ce maître incontesté et incontestable de l’anticipation ancienne.

Il reste encore à faire découvrir à la nouvelle génération ces héros de l’ombre qui dorment depuis trop longtemps à l’abri de nos bibliothèques. Je vous conseille également de vous rendre sur le site de la « Brigade chimérique », dans son introduction «La brigade : Origines » Serge Lehman nous propose une passionnante analyse sur les héros Français de la littérature populaire au début du XXéme siècle. La bande dessinée du même nom dont il est l’un des scénaristes et dédiée à « J.H.Rosny, Wells, Jean De La Hire, Zamiatine, Jean Ray, Messac, Fritz Lang, Papini et tous les ancien de L’Hypermonde » en dit long sur le contenu de ce petit « bijou ».

Les 6 volumes que compose cette saga, sont traversés par toute une quirielle de héros de l’ombre et en amoureux inconditionnels du genre, les auteurs parviennent à nous entraîner à la (re)découverte de tout un pan de notre littérature de l’imaginaire.

A noter puisque nous parlons de Jacques Spitz, ce brillant petit hommage à « L’homme élastique » puisque dans le premier volume « La dernière mission du passe muraille » on découvre avec ravissement les expériences pour le moins incroyables du docteur Flohr.

Bibliographie de ses œuvres « Fantastiques »

- « L’agonie du globe » NRF Gallimard. 1935. 

- « Les évadés de l’an 4000 » NRF Gallimard « Les romans fantastiques » 1936. Ouvrage réédité chez le même éditeur toujours dans la série « Les romans fantastiques » sous couverture couleur en 1948

- « La guerre des mouches » NRF Gallimard « Les romans fantastiques » 1938.

- « L’homme élastique » NRF Gallimard « Les romans fantastiques » 1938.

- « L’expérience du docteur Mops » NRF Gallimard « Les romans fantastiques » 1939.

- « La parcelle Z » Jean Vigneau Éditeur « Les romans fantastiques » 1942.

- « Les signaux du soleil » Jean Vigneau éditeur « Les romans fantastiques » 1943.

- « L’œil du purgatoire » Éditions de la nouvelle France « Collection chamois » 1945. Dans cet ouvrage dans la rubrique « Du même auteur, romans fantastiques » est mentionné sous presse « Alpha du centaure » qui à ma connaissance n’est jamais paru.

En revues

- « L’homme d’affaire de l’an 3000 a du travail pour sept» Reportage anticipé de Jacques Spitz Illustré par Guy Sabran. Paru dans la revue « V » N°297,11 Juin 1950.

- « L’énigme du V51 » V magazine. Supplément au N°326. 1951.

- « Sport de printemps sur Vénus » V magazine. Supplément au N° 445.1953

A noter également l’hommage que lui fait Claude Elsen dans la revue « Fiction » du mois d’Avril 1963 (L’année de son décès) N° 113 et intitulé « Les romans fantastiques de Jacques Spitz ». Article qui sera hélas le seul consacré à ce prolifique et talentueux écrivain.

Réédition

« La guerre des mouches » Editions Marabout série « Fantastique » N° 349. 1970. Réédition « « Petite bibliothèque ombre » 1997

- « L’œil du purgatoire » et « L’expérience du Dr Mops » Editions Robert Laffont « Ailleurs et demain Classiques » Collection dirigée par Gérard Klein. 1972

- « L’homme élastique » Éditions Marabout série « Science-fiction » N° 483. 1974.

- « l’agonie du globe » Éditions Septimus, Science Fiction N°1. 1977. 

- « L’œil du purgatoire » Éditions Presse Pocket collection « Science Fiction » N° 5068. 1980

- « Les signaux du soleil » dans l’anthologie de Serge Lehman « Les chasseurs de chimères », l’âge d’or de la science-fiction Française » Omnibus 2006.

- « Dernier exil » de Jean Michel Ponzio. Bd en deux volumes, adaptée du roman de Jacques Spitz « L’œil du purgatoire » Éditions Carabas. 2007

- « L’œil du purgatoire » Éditions « L’arbre vengeur » 2008

- « Joyeuse apocalypse » Éditions Bragelonne « Les trésors de la SF » contient les romans suivants : « La guerre des mouches », « L’homme élastique », « La guerre mondiale N°3 ». ainsi que 6 nouvelles inédites : « Après la guerre atomique », « Le nez de Cléopâtre », « L’interview d’une soucoupe volante », « L’énigme du V.51 », « Les vacances du martien », « Le secret des microbes ». Le volume se termine par une passionnante postface de notre éminent spécialiste en la matière, Joseph Altairac « De la guerre des mondes à la guerre des mouches».

 

 



« Face à Face Avec Les Monstres » Ou Le Cauchemar D’un Entomologiste

face à face avec les monstres

 

« Face à face avec les monstres »

Roman de Henri Darblin. Deux éditions :

-        Dans la revue « Sciences et Voyages » sous le titre « La horde des monstres » du N°479 (1er Novembre 1928) au N°485 (13 Décembre 1928), laissant la place au roman de Moselli « La guerre des océans »

-        Dans la revue  » Jeunesse-Magazine « sous le titre « Face à face avec les monstres » du N°20 (16 Mai 1937) au N°26 (27 Juin 1937).

 

L’entomologiste Paul Grismond Wild et son compagnon le policier Alain Kergy sont lancés,dans les montagnes rocheuses,à la poursuite d’un certain Herbert Millowan qui a un jour jeté dans l’hémicycle de la « Scientific Society » de Washington,les débris d’un insecte d’une grandeur prodigieuse.

Désireux d’en apprendre plus sur cet étrange personnage qui semble avoir découvert une forme de vie improbable, ces deux personnages se retrouvent au porte d’une aventure qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Parallèlement ils s’aperçoivent que six autres individus, pour des raisons inconnues mais probablement criminelles, sont également à sa recherche.

En fait une bonne partie de l’histoire se déroule dans le désert où les personnages nous livrent le récit de la vision cauchemardesque de ces insectes géants (Abeilles, scorpions, mante religieuse, calicurgue et autres lycoses) qui déciment peu à peu les infortunés bandits dont un seul parviendra à s’échapper pour sombrer dans la folie. Les scènes d’attaque sont particulièrement violentes et sanglantes pour une revue destinée à la jeunesse :

« La victime ne bougeait presque plus. Le tueur d’une soudaine pression de ses mandibules sur la nuque, força la tête du malheureux à se renverser. L’abdomen de l’insecte se recourba de nouveau et le temps d’un éclair, les deux hommes virent le dard, gros comme une alène de cordonnier, plonger dans les chairs du cou tendu. Un dernier spasme agita l’homme, puis il cessa de bouger. Il ne remua plus le corps, il ne cria pas, mais ses yeux, ses lèvres crispées par une indicible épouvante, tout son masque bouleversé vivaient encore. »

Corps mutilés, abdomens éventrés, cadavres déchiquetés….un bien effroyable endroit pour passer ses vacances !

Finalement en échappant de justesse aux mandibules d’une tarentule aux proportions honorables, ils trouvent refuge dans une structure en bois où ils rencontreront le maître des lieux et objet de leur recherche. L’édifice est en réalité le laboratoire de Millowanou, en compagnie de ses deux serviteurs noirs, il réalisa une formidable expérience qui allait selon ses dires changer la face du monde. C’est un véritable fou complètement exalté par sa découverte :

«  Voici l’éprouvette où se sont effectuées les réactions biologiques fondamentales ; une vie nouvelle en est sortie…. Ce tube, je l’ai trouvé par hasard, en cherchant autre chose. Sous l’action du courant électrique, dans certaines conditions de tension d’intensité…le tube s’allume, comme l’on dit, et projette alors des radiations auxquelles, j’ai donné le nom de rayon M, parce que c’est moi Milovanyi-Millowan,qui les ai découverts.

Soumis à leur influence, les tissus végétaux subissent une transformation exactement contraire à celle que produiraient les rayons X ou le radium. Alors que les émissions de ce dernier métal rongent, brûlent les tissus vivants et en arrêtent le développement, les rayons M favorisent cette croissance. Ainsi, par la seule action de la lumière artificielle, certains savants ont pu faire pousser des plantes. Mais leur développement s’arrête quand la lumière s’éteint. Au contraire avec les rayons M, le bourgeonnement des cellules continue ! De même les tissus attaqués par le radium se corrompent, se gangrènent et de proche en proche, lors même que le praticien malade a cessé de se soumettre à l’action des radiations mortelles. »

Ce diable d’homme devenait donc le maître de la taille des êtres vivants, il pouvait en accroître les dimensions à sa guise et créer autant de monstres qu’il le voulait.

Mais l’homme n’est pas disposé à partager un secret et compte se débarrasser des deux intrus qu’il a, l’espace d’un excès de mégalomanie, initié à son formidable secret.

Après les avoir rendu temporairement aveugle sous la forte intensité du tube lumineux, il les fait transporter par ses deux assistants, au milieu du désert afin de les livrer en pâture aux monstres. Il faut savoir que le savant, afin de se mettre à l’abri de ses redoutables prédateurs, a mis au point une sorte de gel, de répulsif empêchant toutes attaques mortelles. Il s’agit probablement de cette étrange odeur que les deux infortunés, avaient décelé lors de leur arrivée dans le laboratoire.

Pour l’heure c’est la panique totale, ils sont allongés dans une cuvette sableuse, au milieu de plantes qui dégagent une forte odeur de putréfaction et ils se doutent que cette puissante fragrance va attirer une horde de créatures nécrophages aux proportions peu engageantes. Fort heureusement le drame ne se produira pas, Stander le dernier des bandits que l’on croyait fou, sortira de sa « torpeur » et rongé par le remord, portera secours à nos deux infortunés. Après avoir « liquidé » les deux sbires du professeur, ils s’arrangent pour s’enduire le corps de ce fameux répulsif et prennent le laboratoire d’assaut, qu’ils vont asperger de pétrole et embraser d’une simple étincelle. Le savant à moitié carbonisé et dont le corps n’est plus sous la protection de la précieuse huile, va terminer de façon horrible sous les attaques sanguinaires de ses propres créatures :

« Il eut encore le temps de tendre le poing vers ses adversaires, vers Stander qui l’avait vaincu. IL voulut faire un saut de coté pour éviter l’assaut des monstres, mais happé par les griffes dures, jetées à terre, frappées en plein corps par le dard foudroyant, il resta inerte, tandis que les trois calicurgues se disputaient la possession de son corps. »

De retour à la « civilisation », après le récit de leurs aventures on dépêcha une expédition dans la « vallée des monstres » mais un immense affaissement de terrain, probablement provoqué par ces insectes gigantesques, avait modifié toute la géographie du site. Les insectes se sont probablement dévorés entre eux et de plus la vie de ces derniers est éphémère et comme ceux-ci vivaient à un rythme accéléré. Nulle trace et aucune preuve ne subsiste de leur effroyable aventure, il ne reste que la bonne foi qu’il nous faut accorder à leurs propos.

la horde des monstres
 Illustration pour « Sciences et Voyages »

En matière de conclusion

Dans la conjecture ancienne, je crois que le thème des insectes et des animaux se révoltant contre l’homme, fut un sujet particulièrement apprécié. Bien souvent cet agrandissement est le fait de « savants fous » suffisamment dérangés pour croire qu’il leur serait possible de contrôler ces aberrations de la nature. Mais qu’ils soient à tailles normales ou gigantesques, ils ne suscitent souvent que le dégoût et une peur phobique. La liste des ouvrages  mettant en scène ces créatures parfois peu recommandables est trop longue pour que je m’y arrête aujourd’hui, mais dans les jours à venir, je consacrerai une rubrique entière aux insectes dans l’anticipation ancienne. Le texte de Darblin, cloisonne malheureusement le cadre de son thème dans un endroit assez reculé du monde, ce qui limite un peu les débordements de ses bestioles et l’on se sent un peu frustré de ne pas les voir se propager dans une agglomération, entraînant avec elles son lot de panique et d’attaque de la population. Toutefois, si le cadre du roman se trouve relativement étriqué, l’auteur ne nous en livre pas moins des scènes assez « gores » où une fois de plus les méchants en feront les frais. Comme je le disais un peu plus haut,il est curieux de voir qu’un texte assez violent par moment dans ses descriptions d’attaques d’insectes, et qui à l’origine publié dans « Sciences et voyages »,fût réédité dans une revue comme « jeunesse magazine » et ce,dans son texte intégral.

Mais la plus grande particularité de cette reprise concerne sans nul doute le choix de l’illustrateur, qui au fil des sept numéros que dura ce roman, nous offre une fois de plus le talent de ce dessinateur hors pair qui oeuvra à maintes reprises dans notre domaine de prédilection : René Pellos !

 Lorsque l’on a sous les yeux les illustrations de « Sciences et Voyages » et celles de « Jeunesse-Magazine » la différence est écrasante. Cela vient bien évidemment et  j’en conviens, d’une  mise en valeur grâce à l’utilisation de la couleur,mais également et surtout par le réalisme de chaque illustration où le trait n’est pas figé, où de chaque personnage se dégage une expression incroyable,comme s’ils allaient se mettre à parler. Le style de Pellos est vraiment unique,  personnel et identifiable entre mille.

Il faut se souvenir des illustrations des couvertures de la série « Les Gangsters de L’air » de Moselli, de ses planches pour « La guerre du Feu » de Rosny Aîné, sans oublier « Electropolis » et « Novopolis ». Mais le chef d’oeuvre incontesté du dessinateur est sans contexte « Futuropolis »,d’une richesse et d’un talent incomparable : Dans un lointain futur les derniers descendants de la race humaine,vivent dans les entrailles de la terre,bien protégés par leur technologie lorsqu’un jour ils découvrent à la surface du globe l’existence d’une société « primitive » Une pure merveille, l’aboutissement de son talent tant au niveau du trait que des couleurs utilisées pour les planches, un summum de la BD que tout amateur devrait posséder.

Pellos illustra pour cette même revue de nombreuses couvertures et rédigea également en pré original, une histoire sous forme de « bande dessinée » et qui raconte les aventures extraordinaires de  « Mr Petipon aviateur » Une série très divertissante et complètement « rocambolesque »

Avant un inventaire plus poussé des insectes en littérature, voici une petite « mise en bouche »

 

Petite bibliographie sélective de quelques gros insectes en anticipation ancienne :

-        « Spiridon le muet » de André Laurie Pré originale dans le « Globe trotter » du Jeudi 6 Décembre (N°253) au Jeudi 28     Mars (N°269). Réédition en volume aux éditions Rouff, sans date avec des illustrations de Damblans. (Il existe un cartonnage « muet » et un autre avec une illustration sur le premier plat). Histoire de Fourmi de taille humaine ayant développé une super intelligence.

-        « Le péril bleu » de Maurice Renard. Editions Michaud 1911 pour la première édition. Le doute se pose sur l’appartenance de ces créatures « extra-terrestres » à l’espèce des araignées. Peu importe, le roman est excellent.

-        « Les premiers hommes dans la lune » de Herbert Georges Wells. Editions du Mercure de France 1911. Sur la lune, une race d’insecte vénère des larves géantes

-        « L’adversaire inconnu » de Cyril Berger. Ferenczi 1922. Incroyable insecte recouvert de lamelles de chitine, il possède en outre deux ailes repliées sur son dos. Sorte de « vampire de l’espace » suçant de malheureuses victimes pour sa survie, une fort belle réussite dans le genre.

-        « L’abîme » de E.M.Laumann. Nouvelle parue dans « L’aventure » N°24 Fayard, 1er Décembre 1924. Réédition « Laumann, contes de terreur » Collection « Idées…et autres » Editions « Recto Verso » Anthologie dirigé par Marc Madouraud 1994. Le héros est au prise avec des araignées vampires.

-        « Le guerrier de Vénus » (The radio man) DE Ralph Milne Farley. Première édition dans « Argosy » 4 épisodes à partir du 28 Juin 1924. Première édition Française dans la revue « Ere comprimés » du N° 31 au N° 35. Réédition par J.P Moumon dans la collection « Périodica » N°4, Juillet 1993. Sur une autre planète, le héros va vivre d’extraordinaires aventures dans une civilisation de fourmis. A quand la suite ?

-        « La révolte des monstres » de Norbert Sevestre. Editions Tallandier « Bibliothèque des grandes aventures » 1928. Araignées géantes produites par expériences, un jour elles sortent de leurs cages.

-        « La horde des monstres » de Charles Ronze. Collection « Sphynx » série policière N°20. s.d (vers 1930). Un savant un peu « distrait » libère des insectes géants dans la campagne du Puy de Dôme…c’est la panique !

-        « Un mois sous les mers » de Tancrède Vallerey. Editions Nathan 1939.Un fragment d’une autre planète tombe sur la terre, des explorateurs découvrent une bien étrange civilisation d’insectes géants.

-        « Le monstre de la St Basile ».de J.P Besson. Collection « Stick » (roman policier) Agence Parisienne de distribution 1941. Une mouche gigantesque et carnivore, fruit d’une expérience innommable, sème la terreur dans nos campagnes.

-        « L’araignée de l’île » de Pierre Jouvet. A compte d’auteur 1942. Il existe au moins trois éditions. Sur une île déserte un homme face à une créature gigantesque.

-        « Le monstre des Black Mountains,un aventure de Captain Chester du spécial Quad » Editions « revue Française » fascicule illustré par Dansler 1945. Des créatures larvaires et répugnantes.

-        « La ruée des monstres » de Daniel Girard. Dans le volume « Le mystère du Puy ». Editions Boivin et Cie 1945. Des fourmis de tailles humaines passent à l’attaque !

-        « L’impossible enquête » de Pierre Jouvet. A Lyon chez l’auteur 1946. L’édition se présente sous deux formes différentes. L’araignée géante…le retour (avec en prime toutes ses petites sœurs)

-        « Les catacombes infernales » de L.Van der Haeghe et Jean Des Marchenelles. Collection « Notre rêve » 1944 Encore une araignée gigantesque et affamée.

 

Trois petits « Fleuve noir »,plus un autre pour le Fun !

-        « L’infernale menace » de Vargo Statten. Editions fleuve noir collection « anticipation » N° 23 ,1953. Fourmis de tailles humaines, œuvre d’un savant fou, menacent la race humaine.

-        « Expédition épouvante » de Benoît Becker. Fleuve noir collection « Angoisse » N°4,1954. Réduction de la taille d’humains donc augmentation de celles des araignées.

-        « Désert des spectres » (The solidary hunter) de David Henry Killer .Editions fleuve noir collection « Angoisse » N°5 1955. Guêpes géantes

-        « La cité sous la terre » (The ants man) de Eric North. 1955 pour l’édition originale, en France Hachette collection « point rouge » 1972. Fourmis de tailles humaines vivant avec d’autres insectes dans une région isolée du globe

 

Un petit aperçu du talent de Pellos

 

face a face avec les monstres face a face avec les monstres

 

face a face avec les monstrespellos5.bmp



Archive N°6 « Histoires Impossibles »

« Histoires impossibles » Recueil de nouvelles de Jean Azais. « Editions Presse Française, Librairie Staude Paris » 1914,230 pages. Première parution dans la Gazette Mondaine de l’Aude et du Roussillon en 1909-1910.

 

« L’aviateur » : La terrible vengeance d’un aviateur qui, trompé par sa femme, ne manque pas d’originalité

« Un suicide » : Comment la lecture d’un simple livre peut-elle vous emmener au désespoir puis au suicide ?

« La cage mortelle » : Un domestique utilise un jour un l’abri anti-incendie de son maître inventeur. En voulant se protéger, sa fin n’en sera que plus horrible.

« Histoire d’un homme qui n’avait pas de cœur et qui n’avait pas de cerveau » : Pouvez-vous devenir un écrivain célèbre lorsque l’on vous a enlevé cœur et cerveau ? Ou bien tout cela n’est-il peut-être qu’une illusion….. 

« le mort vivant » : une femme infidèle ne cesse d’injurier son mari qui vient juste de mourir. Il reviendra d’entre les morts afin de laver son honneur.

«  La vengeance des ombres » : Un homme pet-il tuer de six coups de révolver tout en affirmant ne pas avoir tiré ? Ou bien est-il l’instrument d’une puissance surnaturelle ?

« La folle » : A quelques secondes d’une mort brutale deux êtres vont s’aimer, alors que tout semblait vouloir les éloigner

«  Sous le scalpel » : Un condamné à mort accepte d’être l’objet d’une « dissection ».Un chirurgien trop ambitieux dépassera pourtant ce qui pourrait être la limite du raisonnable.

« La goule » : Il était une fois un jeune homme pauvre et malade qui aimait une fille belle et désirable. Elle acceptera pourtant un jour un de ses rendez-vous….Mais quelle horrible créature se cache derrière ce visage angélique ?

« La peur des mots » : Miraculeusement indemne à la suite d’un accident, un écrivain retire de son vocabulaire tous les mots synonymes de ce terrible événement. Ce sont eux pourtant qui seront la cause de son effroyable mort.

« La lumière qui marche » : Alors qu’il voulait transformer en radiations visibles des corps radioactifs, Robert Bernett découvre à ses dépends un phénomène pouvant altérer les molécules de tout l’organisme. Il finira complètement désagrégé.

« La maison morte » : Réputée maudite, une maison peut-elle être oubliée de tous au péril même de ceux qui l’habitent ?

« Le double » : Poursuivi par un double imaginaire ( ?) Lucien Mauduit décide de mettre fin à son cauchemar. Il se tuera en essayant d’éliminer son reflet dans un miroir.

« Dans l’amphithéâtre » : Victime d’une plaisanterie, un étudiant se retrouve nu et seul dans un amphithéâtre rempli de cadavres. Le lendemain, ses amis le retrouvent couvert de sang et de pus tout en essayant de disséquer son troisième cadavre.Il mourut peu de temps après dans la folie totale.

«  Mort d’extase » : La vision d’un amour perdu et retrouvé peut-elle vous faire mourir d’extase ?

«  Incube » : Un peintre de talent dépéri petit à petit alors que sa femme d’une beauté envoûtante atteint la perfection artistique de son  mari. Accusée de fraude à la mort de celle-ci,elle sera pourtant acquittée : Peut-on condamner un incube ?

« L’euthanasie » : L’euthanasie est-elle un moyen légal pour éliminer le mari d’une femme qu’un médecin aime plus que tout ?

« La foret qui marche » : Un savant, au bout de longues années d’études découvre un produit aux propriétés sensationnelles .Lorsque celui-ci est injecté à une plante cette dernière semble se réveiller d’une longue vie végétale en se déplaçant comme mue par une force propre .Après un essai sur du lierre, un rosier, etc….pour achever son œuvre, le professeur et son assistant injecteront ce liquide dans une foret entière. L’affaissement du terrain provoqué par les arbres, écrasera les deux hommes qui, dans un dernier soupir apercevront la foret s’enfuir vers le soleil. Une force colossale, balayant tout sur son passage, »emportant avec elle son œuvre énorme de destruction »

 

En guise de conclusion

Ce recueil de jean Azais est vraiment d’un très bon niveau et mérite à mon avis d’être connu du grand public. Hélas ! il semblerait faire partie de la cohorte des auteurs anonymes et condamnés à errer sans fin dans la vallée de l’oublie.

Cet auteur dont je ne connais que l’ouvrage précité,ne peut m’empêcher de penser aux récits macabres de Ambrose Bierce. Toutes ces nouvelles, très courtes vous font souvent l’effet d’une douche froide ou la mort se joue des vivants,où l’horreur côtoie très souvent un humour des plus noir.

Certaines sont de véritables petits joyaux de l’épouvante : froides et tranchantes comme la lame d’un bistouri.

Le procédé de narration en est assez simple, il s’agit d’un médecin dont la longue carrière chargée de souvenirs macabres, raconte à un de ses amis quelques unes de ses expériences les plus mémorables.

Excepté le ton rapide des récits (entre 3 à 6 pages) la technique employée est la même que celle utilisée par H.W.Hogdson pour son détective de l’occulte « Carnacki »

Il est  difficile de délimiter la frontière entre le fantastique et la science fiction dans certaines des nouvelles, toutefois deux récits pourraient s’apparenter à notre domaine : « La foret qui marche » qui mériterait un plus long développement et dont la teneur me fait beaucoup penser aux histoires de Maurice Renard (dont on ne vantera jamais assez les qualités).

« La foret qui marche » la plus longue des nouvelles du recueil, est excellente mais qui à mon avis s’arrête hélas là où l’histoire devait commencer. Un peu comme le roman de Wersinger « La chute dans le néant ».

L’idée de cette nouvelle est surprenante,le « péril vert » bien avant« La guerre du lierre » de D.H.Keller et de « La colère végétale » de Dominique Watteau (deux autres excellents ouvrages à lire sans modération)

En résumé un très bon livre qui vous glacera ou non le dos à sa lecture mais une chose est certaine,il ne pourra vous laisser indifférent…..A quand une réédition messieurs les éditeurs !

 

Sur L’auteur

Quelque petites précisions concernant l’auteur. Ces renseignements proviennent de François Ducos du N° 11 du Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de Fantastique (Novembre 1992) :

 Jean Azaïs est né le 21 Novembre 1886 à Bagnoles,dans l’Aude et exerça la profession d’avocat à Carcassonne. Outre le recueil cité,il mérite qu’on se souvienne de lui en raison de ses efforts en faveur de la littérature et des arts .Il créa et anima la revue « Arts et lettres » ainsi que le bulletin « Intermédiaire des lettres et des arts » et surtout publia un « Annuaire des gens de lettres » (1920) et un « Annuaire international des lettres et des arts de langue ou de culture Française » (Carcassonne,les publications art et littérature,1921). Il eut deux pseudonymes, Jacques Bonhomme pour le périodique « La dernière heure », et G.De Natas.

En 1921 Jean Azaïs avouait être l’auteur des œuvres suivantes (sans indication d’éditeurs) : « Les mois qui pleurent » (1907), « Paradoxes sur l’amour » (1910), « La chevauchée nocturne » (1911), « Amoureuses » (1913), « Histoires impossibles » (1914,réédité en 1919), « La fin du monstre Allemand » (1914), « Vers la paix du monde » (1915), « Echos d’Allemagne » (1915), « L’abri 56-A-2 » (1919), « Pages héroïque de l’espionne » (1919), « La grande pitié des professions libérales » (1921). Il s’apprêtait à publier « Poésie de Satan.

 

sanstitre31.bmp
 



La Révolte des Pierres

Mardi 15 décembre 16h30

la revolte des pierres

 

Comme je vous l’expliquais dans ma présentation,l’ouvrage de Léon Groc, influença fortement mes choix en matière de science fiction.

IL est intéressant de savoir que l’ouvrage connu plusieurs éditions:

- En 1930 « éditions de la nouvelle France » couverture couleur illustrée par Mercier, il s’agit de l’édition originale

- En 1941 « éditions Tallandier » collection « Grandes Aventures Voyages Excentriques » couverture couleur de Maurice Toussaint

- En 1998 « Petite bibliothéque ombres » collection « Les classiques de l’utopie et de la science fiction »

Ouvrage indispensable et dont la lecture reste encore de nos jours très agréable

invasionselenites.jpg                revoltedespierres.jpg   

 

 

 



1...1011121314