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« Le Formidable Secret Du Pôle » De John Flanders: A La Recherche Du Monde De Thulé

 

Egalement destiné à sombrer dans l’anonymat ce court roman en deux parties rédigé par un certain John Flanders, connut un destin assez extraordinaire. Publié pour la première fois dans les années 36 dans de petites brochures destinées à la jeunesse sous le nom de « Presto Films », ces textes souvent assez courts ne s’embarrassaient pas d’intrigues longues et tortueuses. Le but était d’aller au plus vite et de pénétrer directement au plus profond de l’action afin d’éviter ennuie et lassitude. John Flanders / Jean Ray était passé maître dans ce genre d’exercices et la somme considérable de nouvelles qui parsèment sa vie littéraire est la preuve d’une activité phénoménale dont il savait très bien gérer le flux. Beaucoup disaient à l’époque qu’il y avait un John Flanders plus fantastique et un Jean Ray plus Science-fiction (ou l’inverse…) et je crois qu’en regard de son œuvre il est impossible de savoir qui a publié quoi. Cette production colossale est avant tout le fait d’un seul homme, d’une pensée et d’une inspiration unique.

Dans l’énorme production que constitue les « Presto-Films » il y eut une quantité assez importante de textes relevant de l’aventure et les deux récits publiés par John Flanders, constituants une seule et unique histoire, font un petit peu office de « perles rares » en raison de sa thématique et de son originalité. En effet loin de verser une fois de plus dans le mythe de l’Atlantide, l’auteur va préférer se tourner vers la non moins énigmatique Thulé. Jean Ray avait toujours le don de se saisir d’une thématique et de la retravailler à sa façon. Prenons pour exemple une autre publication des « Presto-films » portant le titre de « L’énigme Mexicaine » et de voir de quelle manière on retrouve Yucca , une antique divinité, prendre la forme d’une gigantesque pieuvre et ce en plein Mexique…Les adorateurs de Cthulhu apprécieront ! Toute la production de l’auteur Gantois est ainsi parsemée de textes de science fiction qui montre à quel point il était impliqué dans le domaine de l’imaginaire, n’hésitant pas à faire preuve bien souvent d’une certaine audace. Pour vous en convaincre lisez, « La ruelle ténébreuse » ou « Le Psautier de Mayence » (Dans le volume « La croisière des ombres » éditions de Belgique 1932, éditions Néo N° 106, 1984) ou les nouvelles parues dans le recueil « La griffe du diable » : « L’automate », « Le mystère de l’île Creyratt », « Une île dans le ciel » (Collection Atlanta 1966). Univers parallèles, entités monstrueuses d’origines extra-terrestres, mondes inconnus et civilisations disparues ( « Le secret des Sargasses » un autre roman tout aussi passionnant), autant de thématiques dont vont s’enrichir les écrits de ce merveilleux conteur dans des ambiances le plus souvent pleines de mystère et d’épouvante.

Les deux fascicules évoqués plus haut n’échappent pas à cette règle et je vais donc vous en faire un rapide résumé :

« Au large des Cornouailles les élèves de l’école Sittard de Falmouth, en excursion dans les parages, découvrent un manuscrit étrange où il est question d’un monde perdu. L’entrée en serait dans une île inhabitée des Hébrides.Un jeune professeur Robert Falcone et un élève de l’école Eddy Curland tentent l’aventure, lis descendent au- fond d’un lac intérieur de l’île et, en effet, pénètrent dans un monde des plus énigmatiques.Mais ils n’y découvrent aucune trace de vie, si ce n’est qu’ils entendent un cri désespéré appelant au secours.Par d’immenses hublots ils ont vue sur une partie féeri­que de ce monde, où pourtant ils n’ont qu’un accès par­tiel.A la fin ils ont la certitude décevante qu’un homme est gardé prisonnier sur cette terre mystérieuse, par des sor­tes de machines.C’est à ce moment que le professeur Falcone disparaît et que Curland se barricade dans un singulier petit bu­reau.Une rumeur insolite éclate, des coups précipités reten­tissent à l’extérieur de la porte close…Ceci arrive à la connaissance du public par le journal tenu au jour le jour par les deux disparus, journal que l’on retrouve au Groenland,

Où se trouvent les deux jeunes audacieux ? On parle de mondes disparus depuis longtemps, entre autres de l’Atlan­tide, le fameux continent qui serait englouti depuis des millénaires, sous les flots de l’Atlantique.

Dans la seconde partie, le professeur Chutterbuck  et le jeune Kay Westlock, embarquent pour l’île  Jan Maeyen se trouvant en plein Océan Arctique. Jan est un riche héritier qui finance l’expédition. Ami de Eddy Curland, son désir est de le retrouver quoi qu’il en coute. Une occasion en outre pour le scientifique  de vérifier une théorie un peu hasardeuse sur l’histoire de Saint Brandaan. C’est en compagnie d’un habitué de l’île, le capitaine Petersen, qu’ils entreprennent leur fantastique exploration. Ce qu’ils vont découvrir dépasse l’entendement : Une gigantesque sphère, peuplée d’étranges créatures bardées d’une carapace métallique. Sur cette immense objet une multitude de hublots qui sont autant de fenêtres ouvertes sur un monde extraordinaire. La chose la plus incroyable, c’est que nos aventuriers vont faire la connaissance de Sir Gaspard Warton Haggard, le grand père de Kay, disparu mystérieusement il y a quelques années. C’est son petit fils qui, tout comme Falcon et Curland découvrirent son manuscrit envoyé comme une bouteille à la mer  suscitant ainsi leur curiosité. Il va ainsi leur faire d’étranges révélations. La sphère fut découverte à l’origine par Saint Brandaan qui était venu sur ces terres arides, évangéliser et construire une église. Ce « véhicule » existait bien avantson arrivée et pour cause, elle set le produit de la technologie du monde de Thulé. L’engin est ainsi programmé, de façon mystérieuse, pour aller des Hébrides, à l’île Maeyen et le Groenland. A l’intérieur, de gigantesques compartiments contenant tout le savoir de cette civilisation extraordinaire. Hélas les ouvertures des salles sont bloquées à jamais par un mécanisme que nul homme sur terre, ne peut déchiffrer. Cette antique savoir d’un monde que l’on croyait appartenir à l’Atlantide, conservera donc éternellement son secret et les hommes de Thulé que le grand père de Kay suspecte d’être enfermé dans les carapaces de métal, vont disparaître à jamais dans la sphère gigantesque qui va s’embraser à la fin du roman suite à une éruption volcanique.

 Rapide et efficace, abordant une thématique assez intéressante, ce court roman souffre pourtant de ce type de production, à savoir un manque de développement concernant l’intrigue. Ce n’était à l’époque pas l’objectif de cette collection et il faut avouer tout de même que ce sacré John Flanders ne va pas s’en tirer trop mal, et nous offrir un texte assez intrigant. Ce manque de développement sera, quelques années, plus tard comblé par un ami et grand admirateur de l’auteur. Jacques Van Herp, signant ici sous le pseudonyme de Michel Jansen, va reprendre l’intrique du roman en lui donnant plus de consistance avec un plus large développement. Cette « La porte sous les eaux » publiée aux éditons Spes collection « Jamboree » 1960 est sans nul doute une réussite, un de ces romans d’aventure extraordinaire prenant et captivant que Pierre Versins salua en ces termes dans la revue Fiction N° 81 du mois d’Août 1960

 

 « Jean Ray est un peu notre Lovecraft. Un Lovecraft qui aurait eu la chance d’être reconnu de son vivant. « La ruelle ténébreuse », « Malpertuis », « Le Grand Nocturne » ne sont pas des œuvres inférieures aux grands contes lovecraftiens. Et de même que pour Lovecraft, on peut disputer à perte de vue la question de savoir s’il s’agit de fantastique ou de science- fiction.

Mais il y a aussi un Jean Ray peu connu ,et non moins estimable,celui qui signait John Flanders, pour les jeunes, de petites merveilles d’ima­gination scientifique ou fantastique aux Editions d’Averbode, des brochures d’une trentaine de pages. Outre celui qui ne signa pas une bonne cinquantaine de fascicules, les plus fascinantes des aventures de c Harry Dickson ». A cette veine quasi ignorée appartiennent « Aux tréfonds du mystère » et « Le formidable secret du pôle », parus fin 1936.

Il a fallu Jacques Van Herp et son érudition prodigieuse pour exhumer ces deux étonnants petits textes et, rede­venu pour un temps le Michel Jansen des « Raiders de l’espace», en faire le remarquable roman qu’est « La Porte sous les eaux ». Dire qu’il s’agit là d’une élucidation para-scientifique de la vieille légende de « La Navigation de Saint Brandan » guidera déjà les ini­tiés. La civilisation perdue de Thulé y revit, avec des secrets scientifiques d’une originalité peu commune en science-fiction, et cela suffirait à assu­rer à ce livre un succès mérité, non seulement auprès du public ordinaire de la collection «Jamboree» mais encore auprès des lecteurs adultes. Mais il y a de plus ce souffle inimitable qui anime l’œuvre tout entière, cette sombre atmo­sphère qui se dégage du récit et envoûte le lecteur pour ne pas le quitter de sitôt, le volume refermé. Et là, Michel Jansen a réussi ce tour de force d’écrire du Jean Ray authentique sans perdre pour autant sa personna­lité. A tel point qu’on peut défier le lecteur qui n’a pas sous les yeux les deux fascicules originaux de faire le départ entre ce qui vient de- Jean Ray et ce qu’a ajouté Van Herp. En fait, les chapitres écrits directement par Van Herp (et il en a fallu pour atteindre les 180 pages du volume) sont très exactement ceux que l’œuvre originelle nécessitait. Enfin, dernier compliment non négligeable, la science utilisée ici sous forme d’extrapolation est sans faille.

Une telle collaboration mérite d’être poursuivie, il y .a encore des John Flanders inconnus et outre cela, les esprits de Jean Ray et de Jacques Van Herp sont assez voisins pour qu’ils puissent nous donner des œuvres originales encore plus achevés »

 

Le roman connu en France plusieurs éditions :

- «  Aux tréfonds du mystère » John Flanders . Presto Film N° 103. 6 Septembre 1936.

- «  Le Formidable secret du pôle ». John Flanders . Presto Film N° 112. 8 Novembre  1936.         

Ces deux fascicules introuvables seront réédités presque 30 ans plus tard, formant un court roman sous le titre « Le formidable secret du pôle ». IL sera constitué de deux parties :

- « Au tréfonds du mystère ».

- « Le royaume perdu » (l’intitulé de la seconde partie change de l’original).

Dans le volume « Le carrousel des Maléfices » Editions Gérard &Cie. Bibliothèque Marabout N° 197.1964.

Réédité sous cette forme dans l’anthologie « Atlantides , les îles englouties » sous la direction de Patrick Guillaud. Editions Omnibus 1995. Reprise des deux titres utilisés pour la première édition dans les « Presto-films » ) Pages 1169 à 1204

 

Ces deux fascicules furent l’objet d’une nouvelle version revue et considérablement augmentée sous la plume de Jacques Van Herp/ Michel Jansen. Deux éditions :

- « La porte sous les eaux » Par John Flanders et Michel Jansen. Editions Spes, collection « Jamboree-Ainé ».1960.Illustration de M.Raffray. Divisé également en deux parties :

- « Les hublots fantastiques ».

- «  Le formidable secret du pôle »

- Dans le volume « Le secret des Sargasses ». Union Générale D’éditions, collection 10/18.1975. Pages 148 à 317. Comprenant également les mêmes chapitres que l’édition précédente.

 

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Dossier Illustration: « Le Trésor Dans L’abîme » de L.Lalau

 

L’anticipation ancienne est un domaine où certaines éditions sont relativement rares et difficilement accessibles. Certains ouvrages possèdent en outre, et plus particulièrement les cartonnages, de nombreuses illustrations méritant toute l’attention de l’amateur passionné. En raison de la confidentialité de ces petits trésors, il me paraissait normal que, de temps en temps, « Sur l’autre face du monde, vous propose un petit florilège de quelques volumes qui font la fierté de nos bibliothèques.

Aujourd’hui, c’est le roman de Jean de la Hire « Le trésor dans l’abîme » qui sera à l’honneur. Un Grand in 4° cartonné polychrome paru chez Boivin et Cie en 1907 et magnifiquement illustré par L.Lalau
Dans cet ouvrage, un ingénieur du nom de Korrides  invente un bathyscaphe capable de plonger pour l’époque à des profondeurs incroyables. L’appareil va ainsi lui permettre la découverte d’une faune sous marine extraordinaire. La construction de cette sphère fut  à l’origine réalisée en vu de découvrir un navire ayant coulé au fond des océans « Le Lincoln ». Le principe de propulsion révolutionnaire est basé sur une substance aux propriétés phénoménales : « L’héliose ».Cette « Héliose » est à l’origine, un composant contenu dans un aérolithe  trouvé par le savant lors d’une promenade en foret. Ces particules ont la propriété d’être soumise à l’attraction du soleil et ces dernières sont donc attirées irrémédiablement vers l’astre de feu. Rien ne peut empêcher cette mystérieuse attraction, ni l’acier, ni la roche et c’est en étudiant les propriétés de ce « minéral » que Korrides met à jour une faille à son redoutable pouvoir. Il peut en effet être retenu et contenu dans un réceptacle en bois. L’ingénieur venait ainsi de trouver un formidable moyen de propulsion qu’il va adapter à sa sphère sous-marine. Le roman est une formidable épopée aquatique avec découverte d’une flore et d’un faune extraordinaire.

Extrait :

« Nous allons construire une sphère métallique où six hommes pourront très aisément tenir debout et se mou­voir. Cette sphère ne sera pas absolument ronde, car nous tronquerons un de ses pôles. A ce pôle inférieur, nous ménagerons une chambre cylindrique de 3m50 de hauteur, dont je vous expliquerai bientôt la destination. La sphère elle-même aura 6 mètres de diamètre en largeur et 4 mètres de diamètre en hauteur, les 2 mètres manquant étant occupés par une partie de la chambre cylindrique. Vous verrez plus tard comment sera aménagé l’intérieur de la sphère et quels appareils y prendront place. Qu’il me suffise de vous en faire la description extérieure. La portion supérieure de la sphère, formant calotte demi-sphérique, sera revêtue d’une couche d’héliose-caoutchouc, dont l’épaisseur et la densité sont calculées d’après le poids de la sphère chargée de ses appareils et de six hommes au maximum. Ce revêtement d’héliose sera lui-même recouvert de pan­neaux de bois de cyprès concentriques; un jeu d’appareils à déclanchement, commandé par un transmetteur élec­trique, actionnera ces panneaux et les fera s’emboîter les uns dans les autres. Examinez cette figure.

Ce disant, Korridès exposa aux regards des auditeurs une grande feuille de bristol fort, sur  laquelle était nettement tracé le dessin ci-dessous » :

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« Grâce à l’Héliose, la Sphère est douée d’un mouve­ment ascensionnel et d’un mouvement de descente. Il fallait, pour qu’elle fût apte à toutes recherches, lui don­ner la faculté des déplacements horizontaux. Pour cela, nous l’avons armée de quatre hélices. Deux petites, qui sortent de deux points opposés de la chambre cylindrique, sont les hélices propulsive et aspirante sous-marines. Elles nous permettront, quand la Sphère sera, tenue en suspen­sion dans les eaux par le double effet de l’attraction et de la pesanteur, de naviguer dans tous les sens. D’autre part, de la Sphère elle-même sortent deux hélices plus grandes, qui sont les hélices propulsive et aspirante aériennes; grâce à celles-là, nous pourrons, étant en sus­pension ou descendant ou montant dans les airs, nous déplacer horizontalement. Car vous devinez que l’attraction solaire doit, par le jeu raisonné et minutieusement calculé des panneaux de bois, se combiner avec la force pro­pulsive et aspirante des hélices, de manière à laisser à la Sphère la plus complète liberté de mouvements en tous sens dans le rayon de l’espace éclairé par le soleil. Une inclinaison considérable à droite et à gauche peut être donnée aux arbres des hélices, qui sont ainsi, et en plus, de véritables gouvernails… enfin le moteur qui imprime aux hélices leur mouvement de rotation est un moteur élec­trique nouvellement inventé. Il est installé, avec une bat­terie d’accumulateurs d’une incalculable puissance, dans .a partie inférieure de la chambre cylindrique. J’ajoute que lorsque la Sphère plonge ou remonte dans l’Océan en ligne perpendiculaire, les hélices sont rabattues contre la coque, où elles s’adaptent parfaitement à des concavités ménagées à cet effet. Et maintenant, commencez-vous à comprendre mes projets?… »

 

Ce texte passionnant marquant durablement les débuts de l’anticipation chez Jean de la Hire, connu plusieurs éditions :

- « Le trésor dans l’abîme » de Jean de la Hire. Cartonnage polychrome avec illustrations de M.Lalau. Editons Boivin &Cie.1907.

- « Le trésor dans l’abîme » de Jean de la Hire. Editons Boivin &Cie « Roman de la jeunesse ». 1925. Existe sous deux présentations, format relié et format broché. Texte abrégé, reprise de certaines illustrations de M.Lalau. Couvertures couleurs.

- « Le trésor dans l’abîme » de Jean de la Hire. Editions Rouff « Grande collection nationale » N°209. Vers 1930.

- « Le trésor dans l’abîme » de Jean de la Hire. Editions Tallandier « Grandes aventures, Voyages excentriques » 2éme Série N°7. 1936. Couverture de Maurice Toussaint.

- « Le trésor dans l’abîme » de Jean de la Hire. Editions Tallandier. 1936. Couverture muette

- « Le trésor dans l’abîme » de Jean de la Hire. Cartonné, illustré, éditions Dupuis.1942

 

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« Le Gratte-Ciel Des Hommes Heureux » De Lucien Corosi: Un Idéal Architectural?

 

« Le gratte ciel des hommes heureux » de Lucien Corosi. Editions Fasquelle 1949

Henderson Building était le plus énorme gratte-ciel de rapport que l’effort humain n’eût jamais construit depuis la création du monde. Cent quatre-vingt-sept étages sor­taient du sol, tandis que soixante-douze y entraient. La différence entre les étages souterrains et les étages en surface étaient d’ailleurs à peu près nulle, les quatre cinquièmes de l’immeuble étant éclairés à la fameuse lumière Alfa, reconnue meilleure pour la vue, par les savants de la fin du siècle, que le vieux soleil capricieux.

La construction du building avait duré sept ans, onze trusts avaient fourni les capi­taux (soit plusieurs milliards de dollars) dont non moins de dix-sept et demi pour cent, avaient été consacrés à une publicité monstre pour la location des appartements. Mais huit jours après la fin des travaux, plus une pièce n’était libre.

Le building comprenait soixante et onze cinémas, treize théâtres et music-halls, qua­rante-sept dancings, d’innombrables cafés, restaurants, salons de coiffure, banques, mai­sons d’éditions, entreprises de pompes funè­bres, pistes de patinage et piscines, plusieurs hôtels, deux commissariats de police, quatre casernes de pompiers, et bien d’autres insti­tutions utiles et inutiles.

Trois journaux, dont deux quotidiens, dif­fusaient les nouvelles locales, et une dizaine de sociétés s’étaient immédiatement formées pour protéger les arts, les mœurs, les lettres et les animaux. Trois bureaux de postes, cent soixante-deux boîtes à lettres et une armée de facteurs se chargeaient de transmettre d’un étage à l’autre et de porte à porte la corres­pondance des habitants. Un nouveau centre radiophonique « Henderson Building » avait été créé. Les plus grands artistes amé­ricains chantaient chaque soir devant son micro. Enfin, les 114.000 habitants du gratte- ciel recensés en 1964 élurent cette année-là leur première reine de beauté. 

C’est dans cette immeuble ville que vient de voir le jour Berkeley Smith Junior, fils de Berkeley Smith Senior, un puissant et riche négociant en thé. L’enfant va passer toute sa vie dans cette tour qui bénéficie de tout le confort et de toutes les infrastructures que le monde moderne peut proposer. Une « ville » où chacun prône la jouissance de la vie et d’en profiter au maximum. Dans les couloirs/rues des hauts parleur diffusent en permanence des messages où le ton est mis sur le fait qu’il faut vivre et jouir des bienfaits de la vie car après lorsque viendra la mort il sera trop tard. Il faut donc consommer, s’amuser et les nombreux étages de cette Babel moderne ne compte plus les maisons de plaisir et autres lieux de perdition.

Ce concept d’immeuble ville fut à l’origine développé par une sorte de religieux Hindou Hou Aranan qui lança l’idée de la « cité unique ».Il affirme que toutes les guerres sont dues aux distances, à l’immense superficie de la terre, que toutes les merveilles de la vitesse ne réussiraient pas à vaincre. « Le véritable démon, esprit de perdition de l’homme, est le lointain » va-t-il écrire dans un étonnant manifeste « La cité heureuse »qui allait bientôt devenir le nouvel évangile de millions d’adeptes. Alors que tout le monde se concerte pour savoir quelle ville sera l’élue et que d’un commun accord les puissants de ce monde choisissent New York, le prophète est pourtant considéré comme fou, jugé dangereux et sera donc emprisonné. Mais il n’y restera pas longtemps car tous s’accordent à penser qu’il est la clef d’un nouveau mode de vie. Le Henderson Building commence alors à prendre de l’altitude et de la profondeur et une population d’émigrés de plus en plus croissante afflue aux portes de la cité heureuse.   C’est dans se contexte que le jeune Berkeley junior va grandir. Son père est très autoritaire et regarde d’un œil mauvais les rêves de son fils dont l’ambition est de voyager, aller « dehors » explorer des terres vierges et inconnues. Malgré l’interdiction de son père, il va se marier  à une jeune fille d’origine simple à qui il promet une vie meilleure, loin de cette tour  de malheur.

Hélas les années se succèdent et ses promesses de voyages, d’évasion et de liberté s’émoussent avec le temps. Son travail l’absorbe complètement et fini par se laisser aller dans la douce quiétude du ventre protecteur de la cité de verre. Les relations avec sa femme commencent à se dégrader, il tombe amoureux d’une autre jeune fille. Peut-être considère t-il cela comme une seconde chance et promet cette fois de s’enfuir avec elle de cette prison dorée. Sa première femme à des soupçons il lui faut songer à divorcer et c’est le jour où il se décide à entamer les formalités que le drame se produit. Une banale glissade qui lui immobilise la jambe. Rien de grave en apparence mais la douleur est insoutenable. Il profite de ce temps de repos forcé pour tenter une petite escapade à l’extérieur de son douillet univers. Mais à peine fait-il quelques pas au dehors qu’un malaise indéfinissable s’empare de lui : Crise de panique !

Peu habitué au bruit de la foule et l’agitation qui règne dans le monde de la rue, le pauvre homme nous fait une bouffée d’angoisse. Il se croit alors condamné à ne plus pouvoir sortir, rester à tout jamais une prisonnier volontaire….Mais ce repos providentiel ne fait que renforcer son désir d’escapade. Il veut se ressaisir et dévore avec avidité de nombreux ouvrages sur des récits de voyage, sur la vie de grands explorateurs. Cette soif de voyager à travers le monde ne cesse de l’obséder. Les médecins vont vite ralentir cette frénésie et lui conseille du repos encore et toujours, sa blessure doit guérir. Mais plus le temps passe et plus le mal gagne du terrain. On lui promet toujours un rétablissement prochain alors que la douleur remonte de plus en plus et gagne à présent  les deux membres inférieurs. Tout semble se liguer contre son désir de s’échapper, il éprouve une haine de plus en plus grandissante pour cette immense tour qui d’ailleurs commence à faire tache dans le monde. Un nombre croissant de bâtiments gigantesques s’érige dans les autres pays et une population de plus en plus nombreuse afflue vers cette promesse d’une vie meilleure.

Berkeley Smith Junior brandit alors le poing de la révolte et commence à faire campagne contre cette folie architecturale. Il contacte un journaliste, Harold Klaxon, et par son intermédiaire va publier une critique acerbe un brûlot contre la démence des hommes et cette nouvelle religion  créée autour de cet illuminé de Hou Aranan. De part le monde il va ainsi rallier des individus à sa cause alors que son état continue de dégrader. Son désir de sortir est tel qu’il va déclarer avoir falsifier durant toute sa vie, les comptes de sa société et ce afin d’être jugé en dehors du bâtiment et pouvoir ainsi se promener dans la rue. Mais si l’enquête révèle effectivement une gigantesque fraude, il ne sait pas qu’un tribunal vient d’être inauguré à quelques étages au dessus de lui.

La maladie vient d’atteindre ses membres supérieurs et son désir de guérison, sous les encouragements trompeurs de ses médecins, le pousse à accepter l’intervention d’un illustre savant, le professeur Hydrotempus. Celui-ci lui fait croire qu’en pratiquant une toute nouvelle technique de « résurrection  par la greffe d’un corps vivant dans un corps déjà refroidi » son problème sera réglé. L’opération va réussir mais son état reste toujours identique. Le docteur félon  a en fait utilisé sa naïveté pour tester sa technique sur un être vivant et consentant. Bafoué, floué, il organise alors un plan d’évasion avec la complicité de son ami journaliste qui lui parle de nombreux pays qui voudront accueillir avec honneur un homme ayant le courage de s’opposer à un système que beaucoup réprouve.

L’opération va presque réussir mais notre malade se laisse enfumer une dernière fois par un nouveau charlatan. Il prend la décision de rester. Bien évidemment il va vite se rendre à l’évidence : il n’est plus que le cobaye d’une société qui ne veut plus de lui.

Alors il va commettre un crime en étranglant sa maîtresse. Ainsi pense t-il je serai condamné à la peine capitale et l’on me conduira à l’extérieur rejoindre le lieu de mon exécution. Peine perdue, une chaise électrique vient d’être installé dans le bâtiment, suprême touche finale d’un monde qui désormais peu vivre en parfaite autonomie. Il va crier, supplier, rien n’y fait, jamais il ne verra cette cinquième avenue qu’il désirait contempler pour la première et dernière fois. « Au moins se dit-il avant de mourir, mon cadavre  traversera New York et parviendra là ou je n’ai ou aller vivant »

La paix régnait de nouveau dans la cité heureuse où vivait pourtant quatre-vingt peuple différents parlant cent dix langues et pratiquant deux cent soixante trois religions. La loi punissait de détention perpétuelle le port ou le stockage de toute arme, gaz, rayon ou autre engin ou instrument, qu’on appelait autrefois « meurtrier ». Un appareil surnommé « L’oeil magique » placé à l’intérieur de la statue de Hou Araman, projetait jour et nuit à travers toute la ville ses rayons cosmiques « Y 13 » décelant le moindre pistolet, la moindre cartouche matraque ou le plus petit tube de gaz…Ah ! On était fier d’habiter dans « La ville des villes » pendant que les hauts parleurs continuaient à diffuser :

« Profite de chaque nuit, de chaque heure, de chaque minute ! Personne ne sait s’il verra le lendemain….Achetez ! Mangez ! Faites des cadeaux ! Vous n’emporterez pas votre argent dans la tombe ! »

En 2164, un rapport de l’académie des sciences sociales, constata qu’un simple ouvrier de la cité heureuse était 14,5 plus satisfait et jouissait d’un standing 18 fois supérieur à celui d’un millionnaire européen du XX éme siècle. En 2201 l’Henderson building est devenu une gigantesque cité unique où se côtoient  toutes les races de la terre. Alors le bonheur est-il de mise sur la terre ? Un jour pourtant,un membre de l’opposition à cette nouvelle dictature faisant croire au bonheur parfait, découvre dans une malle une vieille collection du « Daily Mail » avec un article d’un obscur journalite, Harry Klaxon. Celui-ci narre les déboires d’un certain Berkeley Smith junior. Cet énigmatique personnage n’eut de cesse durant toute son existence douloureuse de réclamer le droit de s’évader de cet immeuble, de New York, des Etats-Unis…..Cette découverte fut une révélation pour cette génération assoiffée d’idéal et à la recherche de « Grands ancêtres ».

Pour montrer l’estime que la jeunesse du début de ce XXIII éme siècle éprouvait pour cet héroïque précurseur des droits de l’âme humaine, l’association secrète décida de porter désormais le nom de « B.S.J.D », disciples de Berkeley Smith Junior. Et lorsque tous les membres de cette organisation seront arrêtés d’une seule voix tous solidaires, face à l’oppresseur, affirmeront cette nouvelles identité et cette quête vers le bonheur à jamais envolé :

« Monsieur le préfet, vous pouvez nous emprisonner, ou même nous renvoyer à la chaise électrique comme vos prédécesseurs l’ont fait avec notre maître, le grand Berkley smith junior. Ce sera peine perdue. Nous vaincrons. « Votre » New York est déjà condamné à périr. Le monde, les forets, les ruisseaux renaîtront. Et c’est à nous que l’avenir appartient ! »

Voilà comment naissent les légendes…..

 

 Toujours plus haut !

Ce roman écrit par un illustre inconnu est assez extraordinaire car, non content de traiter d’une manière assez singulière et «  humoristique » de la dystopie, il le fait non pas en choisissant un pays ou une ville entière, mais un building qui, au fil des siècles va devenir une seule et unique entité, abritant dans son ventre avide rien de moins que toute la population du globe. J’avais déjà abordé la thématique de la ville sur les pages de ce blog avec le post sur « Un monde sur le monde »  de Perrin et Lanos et réalisé un article pour le catalogue de l’exposition « Futur Antérieur » organisé par la galerie du jour Agnés B et intitulé « La ville dans l’anticipation ancienne ». Je n’avais pas évoqué ce roman si particulier pour des raisons de place mais il est indéniable  que, tant par l’originalité de sa thématique et surtout du fait qu’il est un des rares ouvrages à traiter de cette thématique  sous cet angle là, ce « Le gratte ciel des hommes heureux » mérite toute notre attention. Sous des airs faussement parfaits, cette ville est en réalité une véritable prison distillant au goutte à goutte son venin par l’intermédiaire de ces hauts parleur qui, du soir au matin, conditionnent la population en leur faisant miroiter un avenir radieux. Ils sont les acteurs ( où pensent  l’être) d’un idéal architectural qui, au fil des pages prend la forme d’un cauchemar urbain, qui n’a d’autre but que d’asservir l’homme et de le rendre dépendant d’un système trop bien huilé. Cette obsession du travail et de la consommation à outrance se retrouvera dans bien d’autres ouvrages, trouvant une véritable catharsis dans des textes comme «La Kallocaïne » de Karin Boye ou « Nous autres » de Eugène Zamiatine. Un autre roman dont je viens de parcourir le contenu avec avidité est celui de Barillet Lagargousse  « La guerre finale » (Berger-Levrault 1885) où « Canonensdadt » véritable pays transformé en ville gigantesque, œuvre pour le bien de ses ouvriers,et son chef suprême est le type même de l’individu qui sous des airs de bienfaiteur, cache une âme de dictateur. Un autre roman tout aussi extraordinaire est celui de Christopher Priest dont l’entame marqua toute une génération de lecteur : « J’avais atteint l’âge de mille kilomètres ». Il s’agit bien évidemment du « Monde inverti » nous décrivant une gigantesque ville obligée de se mouvoir sur un système de rail et qui ne peut que se déplacer vers l’avant (le futur)en démontant au fur et à mesure de son avancée les mêmes rails se trouvant à l’arrière( le passé). Jusqu’au jour où un obstacle infranchissable se présente à eux. Bel exemple d’une société vivant dans un univers clos représenté par la ville et régissant absolument tout dans ce microcosme en dehors du temps.

Pour en revenir au roman de Lucien Corosi, une fois le livre fermé, je ne pu m’empêcher de repenser à un autre roman tout aussi similaire et dont la ressemblance dans les grandes lignes est assez troublante. Jugez plutôt :

« La planète Terre en l’an 2381 : la population humaine compte désormais plus de 75 milliards d’individus, entassés dans de gigantesques immeubles de plusieurs milliers d’étages. Dans ces monades, véritables villes verticales entièrement autosuffisantes, tout est recyclé, rien ne manque. Seule la nourriture vient de l’extérieur. Ainsi, l’humanité a trouvé le bonheur. Des bas étages surpeuplés et pauvres aux étages supérieurs réservés aux dirigeants, tous ne vivent que dans un but : croître et se multiplier. Plus de tabous, plus de vie privée, plus d’intimité. Chacun appartient à tout le monde. La jalousie et le manque n’existent plus. Contentez-vous d’être heureux. La monade travaille pour vous et maîtrise tout. Quand à ceux qui n’acceptent pas le système, les anomos, ils seront eux aussi recyclés. Pour le bien-être du plus grand nombre »

Les amateurs du genre reconnaîtront sans problème l’histoire du roman de Robert Silverberg« Les nomades urbaines », publié pour la première fois en 1970 sous forme de plusieurs nouvelles constituant une œuvre complète et cohérente.. Même thématique avec une problématique similaire basée sur l’enfermement de l’individu dans un lieu clos et idéalisé. Une gigantesque prison dorée renfermant de nombreux problèmes sociétaux liés à la promiscuité, que les héros veulent fuir coûte que coûte afin de retrouver leurs identité et leurs liberté. Une vingtaine d’années sépare ces deux romans aux similitudes troublantes, deux textes qui, malgré le ton un peu plus humoristique du premier, renferment toutes les angoisses et les problèmes d’une société qui se voulant parfaite se force à trouver le moyens de contenir l’espèce humaine alors qu’elle ne rêve que d’espace et de liberté. Reprenant probablement le concept de Le Corbusier ayant  œuvré pour l’urbanisme et le design, Corosi à réutilisé le concept de « l’unité d’habitation » concept sur lequel l’architecte a commencé à travailler dans les années 1920 et qui donna suite à quelques belles réalisations. Mais Silverberg et Corosi en rédigeant leur œuvres respectives, prirent rapidement conscience des dérives qu’un tel idéal architectural pouvaient entraîner et d’une hypothétique utopie des villes bienheureuse, l’aventure s’est rapidement transformée en dystopie d’une ville du futur. Original et inventif à plus d’un titre « Le gratte ciel des hommes heureux » est une œuvre qui méritait de sortir de l’anonymat injuste dans lequel il fut plongé pendant trop longtemps, une de ces œuvres qui prouve une fois de plus de toute la vigueur d’un genre qui nous réserve encore de belles surprises à venir.

 

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Trois Romans Conjecturaux de Jacques Van Herp Parus chez Spes Collection »Jamboree »

 

Jacques Van Herp ne fut pas seulement un critique et un chroniquer averti doublé d’un collectionneur hors pair des littératures populaires, il signa également plusieurs romans sous divers pseudonymes dont Michel Jansen et plus particulièrement dans la collection « Jamboree» éditions Spes, une collection principalement destinée pour la jeunesse et qui  se présentait elle même dans ces termes :

« Si tu attends d’une collection qu’elle t’offre quelques aventures, vraisemblables ou non, qui t’occuperont une heure et que tu oublieras ensuite : Jamboree n’est pas pour toi.

Si tu aimes les héros maniant lasso et revolver, les détectives en herbe découvreurs d’espions internationaux, ou explorateurs de la stratosphère : cherche ailleurs, ça n’est pas le genre de Jamboree.

Si tu tiens à être traité en bébé qu’on amuse, et non en garçon de ton âge : alors tu n’as rien à faire avec Jamboree.

Mais si tu souhaites découvrir dans des récits attachants des. héros que tourmentent les mêmes problèmes que toi : la vie, l’amitié, le goût d’une vie profonde et fervente ; si tu recherches dans les livres des amis vrais, honnêtes, qui comme toi espèrent, travaillent sans tricher, luttent, en pensant qu’à leur petite place ils peuvent rendre ce monde un peu moins absurde ; si tu aimes ceux qui disent non à la facilité et qui essaient de se tirer honnêtement des pièges de l’existence, même s’ils doivent en sortir avec du sang aux ongles ; si tu penses qu’un garçon de 1 3 ou 15 ans a autre chose à faire qu’à se nourrir d’histoires fadement édifiantes ou de faux…

Alors Jamboree peut Rapporter infiniment.

Ceux qui se nomment Delsuc, Alain Tersen ou Saint-Hill, te promettent que tu ne seras pas déçu. Entre avec nous dans le grand jeu de l’amitié, où nous sommes plus de 100.000 déjà, et que te propose aujour­d’hui JAMBOREE, la collection jeune, et vivante des garçons et des filles de France !»

Il n’est donc pas étonnant de trouver ainsi sous la plume de ce spécialiste passionné des anticipations anciennes à qui nous devons un précieux «  Panorama de la science-fiction », des récit où quelques explorateurs de l’imaginaire repoussent les limites du possible à la découverte de mondes extraordinaires où nul homme n’a jamais posé les pieds. Figure aussi dans ce petit tour d’horizon des éditions Janboree, un autre recueil de nouvelles paru initialement aux éditions Recto Verso collections « idées et autres » ( N°64 1991) et réédité en 1997 par Claude Lefrancq avec une superbe préface de Thomas Owen. Même s’il n’a rien à voir avec cet éditeur, Je voulais le signaler aux habitués de ce blog car les nouvelles fantastiques qui constituent ce « Le rescapé du Fenris », mettent le point sur la fascination du personnage pour cette littérature si chère à  Jean Ray ,pour lequel il voua jusqu’à sa mort une grande admiration.

Auteur d’études indispensables sur Jean Ray, Jean de la Hire, José Moselli,H.P.Lovecraft, sur les revues et périodiques d’avant guerre ( « Je sais tout », « Lecture pour tous ») ce personnage fut, au même titre que Régis, Messac, Jean-Jacques Bridenne et Pierre Versins un élément clef dans la reconnaissance des littératures de l’imaginaire et fut sans nul doute celui qui insuffla en moi ce goût prononcé pour le merveilleux scientifique.

Sans contexte un homme qui restera dans nos mémoires pour le travail admirable et l’engagement dans lequel il s’était impliqué afin que cet « enfant terrible des littératures » puisse accéder à la place qui lui est échue.

 

« Raiders de l’espace » de Michel Jansen et Jean Erland. Editions Spes Collection « Jamboree ». Illustrations de Pierre Forget. 1955. Ce livre est dédicacé à Robert Heinlein, Francis et Carsac et Maurice Renard

Depuis longtemps, JAMBOREE désirait pu­blier un « Science-Fiction », c’est-à-dire une de ces anticipations qui, sur des bases scien­tifiques réelles, construisent un récit passion­nant. Nous en avons rejeté beaucoup, jusqu’au moment où M. Jansen et J. Erland nous ont apporté « Raiders de l’espace ».

Les raiders de l’espace ? ce sont ces flibus­tiers du ciel et des planètes qui, en dehors des compagnies officielles, vont et viennent à travers le ciel noir, ramenant le béryl, les métaux dont l’industrie des hommes de la Terre a de plus en plus de besoin…

Car depuis longtemps les planètes sont colonisées, et petit à petit ceux qui les habi­tent se sentent impatients de parler d’égal à égal avec la Terre, la mère aux cheveux gris. Vénus, Mars veulent disposer d’elles- mêmes.

Et les auteurs nous introduisent au cœur de ce drame ; nous assistons à la formation, hallucinante, d’un pilote de fusée, à ses premiers envols, nous suivons les raiders à travers le ciel, dans le grondement infernal des tuyères embrasées. Nous suivons leurs luttes dans les jungles de Vénus, où vivent encore les immenses sauriens préhistoriques…

Nous sommes, il faut bien le dire, assez loin de Jules Verne et de son voyage dans la Lune; ces hommes, ces adolescents que nous côtoyons, et que nous aimons, en raison peut- être de leurs découragements, de leur faiblesse, de la puissance de la vocation qui les entraîne à travers les espaces livides, ces raiders nous sont infiniment proches… André le têtu, Franck le chef, sont des gascons que l’on n’oublie plus après les avoir croisés au bord d’une page.

Les raiders de l’espace ? Un beau livre, solide, sain, viril, duquel on sort meilleur, plus homme.’ Peut-on exiger mieux?

 

 

 « La porte sous les eaux » de John Flanders et Michel Jansen. Editions  Spes collection «Jamboree ». Illustration N&B de M.Raffray.1960

« Un étrange message trouvé dans une fusée de cuivre par de jeunes Britanniques en excursion au- bord de la mer, éveille la curiosité de leur professeur. Dans ce manuscrit, il est question d’un monde perdu au fond des mers, de grands dangers et d’appels au secours.  Profitant de leurs vacances, munis de scaphandres, le professeur anglais et un élève partent pour une étrange expédition… Une expédition où il sera question d’un lac d’Ecosse, de rayons mystérieux, de hublots fantastiques, de jardins extraordinaires, de civilisation engloutie…

 Connaîtront-ils le secret de la porte sous les eaux, des hublots fantastiques s’ouvrant sur des jardins aux végétations luxuriantes ou sur des scènes d’horreur d’une civilisation prodigieuse ?

Que sont donc allés chercher Kay et Quentin ? Découvriront-ils le formidable secret de la porte sous les eaux ?…

Cette étonnante histoire, racontée avec une évidente fantaisie, s’adresse particulièrement aux jeunes férus de roman de science-fiction. Nous faisons nôtres les souhaits des auteurs en nos temps de découvertes merveilleuses : « Puissent les hommes réfléchir sur cette parole de Rabelais : Science sans conscience est ruine de l’âme. »

 

« Mer des pluies » de Michel Jansen. Editions Spes collection  «Jamboree ». Illustrations N &B de Georges Leroy.1961

 Dans quelques jours, dans quelques heures, des hommes vont s’élancer pour la première Expédition Lune et ils vont installer leur base sur le satellite de la Terre.

Toute l’équipe,savants, techniciens, médecins,est prête ; parmi elle, un adolescent : Carlo Salins, le fils du grand André Salins, dont l’astronef s’est perdu, six ans plus tôt, en contournant la Lune. Pour Carlo commence une aventure unique et extraordinaire, certes, mais emplie d’inquiétudes brutales, de surprises déconcertantes, d’angoisses secrètes.

Les hommes ont-ils vraiment raison de vouloir con­quérir la Lune et, ensuite, les autres planètes ? N’y a-t-il plus rien à entreprendre sur Terre pour améliorer les conditions de vie de l’humanité ? Les Terriens ne seraient- ils pas poussés par une sorte d’orgueil, par une sorte de folie?

Carlo, l’adolescent solitaire, est-il heureux ? L’Expédition fantastique où le voici entraîné lui apportera-t-elle la paix ? Sur la Lune, au-delà de la technique et des fusées, Carlo découvrira peut-être la clé de son « cas de conscience »

« Mer des Pluies » de Michel Jansen, est un roman qui se situe aux dimensions de notre XXe siècle, après les exploits de Titov et de Sheppard, les cosmonautes soviétique et américain. Roman d’une anticipation bien proche de la réalité

« Mer des Pluies » est le récit passionnant de la première Expédition sur la Lune. Sur des bases scientifiques incontestables, l’auteur n’a pas simplement écrit un excellent roman, parfois âpre et, toujours, terriblement humain : à l’heure de 1961, et à sa façon, il .a aussi réalisé un grand et audacieux reportage.

 

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Deux  Illustrations de Pierre Forget pour « Raiders de l’espace »

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Deux Illustrations de Georges Leroy pour « Mer des pluies »

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Deux dernières couvertures pour des oeuvres qui oscillent entre science -fiction et fantastique

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« La République 3000  » De Menotti Del Picchia

 

« La république 3000 » du Brésilien Menotti del Picchia. Editions Albin Michel « Les belles aventures » 1950. Illustré par M.Guillemin

 
Ce roman fut à l’origine publié en 1936. Il se base sur la thématique d’une civilisation disparue, découverte par les héros de l’aventure. En mission pour le gouvernement fédéral pour reconnaître et lever la carte orographique et hydrographique de la Serra de Caiapo et du bassin du Piquire, le Capitaine Paulo Fragoso en compagnie de Caporal Manéco vont vivre une bien étrange aventure. Après maintes péripéties dans une jungle hostile où ils manquent de perdre la vie à plusieurs reprises, derrière ce qui semble être une protection « électro-magnétique », ils découvrent une civilisation faite de « surhommes», reliquat d’une peuplade ayant évolué en dehors de l’humanité. Il s’agit de descendant Crétois dont les ancêtres échouèrent dans ce coin perdu du brésil et qui n’eurent aucun mal à dominer les populations locales. Complètement isolés et coupés du monde, leur technologie évolua à l’instar de leur morphologie, probablement en raison de leur environnement et d’un développement adapté à leurs besoins et la fonction accordée à leurs organes. Une société hautement technologique en possession d’un grand nombre de découvertes pour l’époque et axée sur les forces magnétiques transmises par les ondes. Le crime y est proscrit et toute trace de violence y est éradiquée et de fait, elle supprime dés la naissance chaque nourrisson présentant une propension au meurtre ou la destruction. Découvrant toute l’horreur de cette société loin d’être idyllique,  et de la froideur implacable vis-à-vis de leurs « esclaves » Quechuas, ils vont s’enfuir avec une généreuse portion d’or et la femme dont Fragoso est bien évidemment tombé amoureux. Les rêves de conquête des créatures vont se concrétiser car elles trouvent enfin un moyen de quitter notre planète pour s’élancer à la découverte d’autres mondes, protégeant au final leur cité par ce puissant champ « electro-magnétique » dernier vestige de leur puissante civilisation.

 

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Quelques exemples du talent de l’illustrateur

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« Le Dernier Jour » Roman D’anticipation De Alexandre Arnaud

 

« Le dernier jour » Roman d’anticipation. De Alexandre Renaud. Editions Le nef de Paris.1960

 

«Le dernier jour», se situe au soir de notre millénaire et raconte la fin d’une période d’humanité « trop évoluée dans la science du mal ».

Un scientifique, pétri de la connaissance des anciens livres, dans un style toujours simple et clair, accessible à tous, brosse d’abord un magistral tableau de la civilisation humaine de cette époque. Les hommes travaillent de moins en moins, songent surtout au repos, aux plaisirs, aux loisirs. La machine est reine. Les idéologies s’affrontent dans l’envie, la jalousie, et l’obsession de la puissance.

Soudain des savants demi-fous et exaltés, impossibles à re­pérer et qui se proclament « le parti » déclenchent le cata­clysme. Fusées, bombes, rayons de mort frappent les villes au hasard.

Cependant quelques hommes et quelques femmes réunis au hasard, disciplinés, bien commandés, réfugiés dans un abri anti-atomique, pourvus de Téléradio et d’un périscope, assistent, à demi asphyxiés eux-mêmes et pleins d’horreur, à l’agonie de la Terre, Ils entendent toutes les grandes voix de l’Univers qui s’insultent d’abord, puis gémissent, puis implorent et s’é­teignent une à une. Ils voient aussi l’armée de la matière et de la science, les chutes d’avions, les grandes nuées faune et ocre qui envahissent le ciel.

Et soudain le silence se fait. La Terre est morte. Alors le groupe sortant de l’abri erre, comme jadis Adam, Noé, Loth, sur la Terre déserte et après de longues semaines d’angoisse arrive dans une sorte de paradis terrestre miraculeusement épar­gné par la tornade pour y recommencer une nouvelle période humaine.

Nouvelle plongée dans un roman post apocalyptique qui révèle une fois de plus les craintes et les angoisses des hommes à une époque ou la menace d’une guerre nucléaire se faisait de plus en plus oppressante

 

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« Opération Choléra » De John Castle: La Terreur Des Bactéries….

 

« Opération Choléra » de John Castle. Editions Albin Michel.1966

Une arme épouvantable met le monde en péril. Seuls quelques hommes détiennent cet incroyable secret. Il faut agir et agir vite. Les conséquences seraient plus terribles encore qu’une guerre nucléaire !

Jeté malgré lui dans l’univers tout-puissant et anonyme des Services Secrets de son pays, un jeune biologiste anglais est chargé, avec tout un commando, de retrouver la dangereuse cargaison d’un avion naufragé dans un désert turc. Quelle cargaison ? Quelques tubes d’un microbe d’une extrême virulence destiné à des expériences dans le cadre d’une préparation à la guerre bactério­logique. Il y parvient en partie, mais il manque un tube, suffisant pour répandre le choléra sur toute la terre.

Dans un climat angoissé, l’action se déplace très rapidement : Angleterre, Moyen-Orient, Italie, France… De l’action, du suspense, des rebon­dissements imprévus composent cet étonnant roman d’espionnage qui, d’ores et déjà, figure parmi les grandes réussites du genre. Opération choléra : un livre qui laisse le lecteur haletant et bouleversé, un tour de force qui place John Castle au premier rang des auteurs de romans à suspense

 

Ce roman est le reflet des craintes de cette époque ou le peur n’était plus seulement nucléaire  mais bactériologiques. Thématique assez utilisée dans les oeuvres d’anticipations anciennes, elle trouvera son apogée la plus comique dans l’œuvre de Robida et sa « Guerre au XXéme siècle »  avec sa fameuse « Batterie des chimistes sans peur » et ses obus miasmatiques. Dans les cas de cet artiste hors pair, c’était un sujet de dérision certes mais lourd de sous entendus comme à son habitude et par la suite, le ton sera beaucoup plus tragique dans « L’ingénieur Von Satanas ». D’autres auteurs  par la suite, comme Victor Méric avec sa « Der des Der », Roger Chanut dans « Les ombres de demain »,Le Docteur Rochard et son « La guerre microbienne, la fin du monde » ou  Le dernier blanc » de Yves Gandon, aborderont le sujet d’une manière beaucoup froide et dramatique. Mais il y en eut bien d’autres et fera l’objet ultérieurement d’un petit inventaire.

Concernant l’édition du présent roman de John Castle, il est à préciser que cette édition connu la même année deux présentations avec deux couvertures différentes. L’un des ouvrages porte le titre de « Le septième fléau » sous titré « Opération Choléra »

 

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« La Maladie Du Papier » De Eero Tolvanen : La Fin Du Monde ?

 

« La maladie du papier » de Eero Tolvanen. Imprimé par A.Deurve et Cie, pour le compte des papeteries Ruysscher. Cartonné, 32 pages, illustrations originales de Sempé, tirage limité numéroté.1964.

 

Un soir après une long et harassant voyage le héros du roman rentre chez lui fatigué. Préférant la marche il parcours ainsi sous une fine pluie, le chemin le conduisant à son domicile. Rien d’anormal en apparence, si ce n’était une odeur qui flotte dans l’air. Une fragrance entêtante, pas vraiment désagréable bien que légèrement piquante, comme un léger relent de moisissure. Il arrive chez lui, se couche presque tout habillé et s’endort d’un sommeil de plomb. Le matin au réveil son être est sous l’effet d’une sensation bizarre, comme si quelque chose d’anormal venait de se produire. Et toujours cette satanée odeur qui semble occuper à présent tout son espace vital. C’est au moment où il porte les yeux sur sa bibliothèque qu’il constate la chose, énorme, incroyable abominable ! En lieu et place de ses précieuses reliures il ne reste plus qu’un tas de cendres grisâtres. Tout sa bibliothèque est ainsi réduite à néant et pas que…..Dans son portefeuille le salaire qu’il venait de recevoir en grosses coupures vient également de subir le même sort. Sur son bureau la seule preuve de l’existence des précieuses feuilles, factures, papier à lettre…tout est réduit en poussière. Il croit être sous l’emprise d’un mauvais rêve mais très vite il s’approche de la fenêtre, une rumeur est en train de monter. Dans la rue, il y a comme un vent de panique, les gens semblent comme sous l’emprise d’une terreur profonde. Visiblement le mal mystérieux vient de frapper toute la ville. La ville ? Que dis-je la France, la terre entière….Toute la population pense que le fin du monde vient d’arriver et pour cause. Plus de papier, plus de monnaie, le système économique s’effondrent. Serait-ce la fin de notre civilisation ? La populace est dans la crainte d’une nouvelle forme de guerre bactériologique. La nourriture devient de plus en plus difficile à trouver, non seulement en raison de la disparition de l’argent en espèce mais aussi parce que les emballages subissent un sort identique. Seules les conserves restent intactes.

Le gouvernement va tenter de réagir rapidement et de faire frapper un maximum de pièces de monnaies. Le métal or et argent deviennent des valeurs refuges, on spécule, on s’entredéchire…Dans la rue la foule au début relativement calme commence à s’échauffer, mais que fait le gouvernement ? Les boutiques sont prises d’assaut, c’est un carnage. En compagnie de son amie, le héros résigné assiste à une scène improbable, celle de l’attaque d’une boucherie ou un homme ressort avec un quartier de viande sur l’épaule mais qui sera immédiatement submergé par un groupe d’individu l’écume aux lèvres.

Tout cela prend de telles proportions qu’il faut dépêcher la troupe. Un couvre feu est instauré. Les militaires patrouilles dans les rues, des chars prennent position aux carrefours stratégiques. Finalement les états du monde entier prennent des dispositions. Le monde sera régi par un nouveau système économique. Le tableau noir et la craie redeviennent à la mode, constituant un moyen fiable pour communiquer par écrit. Toutefois un nouveau mal s’empare de la planète : La fringale de lecture. La disparition des livres se fait cruellement ressentir et là aussi il  va falloir improviser, développer de nouveaux moyens de communications. Des sociétés et des clubs se forment pour la diffusion orale et de mémoire des textes littéraires. L’art oratoire va connaître un renouveau et la radio voit le nombre de ses auditeurs exploser. De nouveau les hommes descendent dans la rue pour écouter les orateurs, les crieurs publics, la grande mode est désormais aux discours et à la diatribe bien affûtée.

Puis un jour, un savant de génie trouva la formule d’un papier indestructible à cette étrange maladie de la cellulose et le monde se mit à nouveau à tourner au rythme des rotatives. Nouveaux billets, nouvelle économie la fringale de livres fut à nouveau assouvie, l’écriture récupéra sa place d’antan et cette maladie affection brutale ne deviendra bientôt plus qu’un mauvais souvenir, un affreux cauchemar pour collectionneur compulsif. Mais comme le termine si bien l’auteur :

« La maladie du papier nous a-t-elle enseignée quelque chose ? Non. Nous voilà de nouveau noyés dans la paperasserie »

 

C’est ouvrage constituant un véritable cauchemar pour bibliophile ou tout simplement l’amoureux de la littérature, est agrémenté de sept compositions de Sempé dont quatre sur une double page dépliante. La plume géniale et affûtée de cet artiste vient donner plus de poids à cette histoire oscillant entre la drame et la comédie. Une thématique rarement exploitée mais qui trouve ici avec « Les naufragés de Paris » de Georges Blond toute la force et l’originalité d’un monde privé de cette substance si noble et généreuse et source de la plus belle invention de l’humanité.

 

Voir sur cette thématique de la « disparition du papier » l’article publié précédemment sur les pages de ce blog

 

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« La Conjuration Des Chats » De Roger Avermaete: Un Bien Curieuse Invasion Animale!

 

« La conjuration des chats » de Roger Avermaete. Editions « Lumiére » Anvers.1920. Magnifiquement illustré par Joris Minne. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés sur papier soufflé et 10 sur papier Featberwight

 

La révolte gronde en Afrique et ses occupants, que le vieille Europe jugeaient inoffensif, tombe un peu des nu lorsqu’elle apprend que non seulement ces « braves négres inférieurs et soumis » se rebellent mais qu’en plus ils trucident sans distinction toute personne de race blanche. Les massacres vont bon train et il est donc décidé d’envoyer une expédition punitive, afin de mater la rébellion et de montrer enfin qui est le patron. C’est une déculottée sans nom pour les petits blancs, il va donc falloir employer les grands moyens et envoyer sur ce continent tout ce que les occidentaux possèdent d’hommes valides, de matériel, armes, habits, nourriture…. Une formidable armada, comme il n’en fut jamais contemplé de mémoire d’homme, traverse la méditerranée laissant de fait notre pays et tant d’autres, aux mains des femmes, enfants, vieillards et…des chats. Car voyez vous, alors que l’on se glorifie déjà des lauriers de la victoire qui ne manqueront pas de tomber, le gente féline profite de cette désertification de vaillantes testostérones, pour fomenter un complot afin de déstabiliser la race humaine et prendre enfin le pouvoir : C’est la fameuse conjuration des chats !

S’il y avait eu encore quelques savants sur le continent, car hélas tous étaient sous le chaud soleil d’Afrique afin de créer des armes de destruction massive, ils auraient probablement découverts les prémisses de mouvements inhabituels de  la part de nos chers petits matous.

Ainsi c’est à la Haye que va se tenir le premier comité provisoire où chacun des leaders et représentants de différentes nations, pourront s’exprimer et révéler leurs plans de bataille. Ainsi, « Raminagrobis », « Mazarin », « Mouche » vont cracher à la figure des auditeurs toute la hargne qu’ils éprouvent pour les humains. Si les autres animaux acceptent une telle soumission, c’est leur affaire, mais nous, nous en avons assez du joug de ce bipède prétentieux et vil. Révolte ! Révolte !

C’est le général « Asdrubal », général chat de son état qui va prendre les choses en main et convenir d’une attaque franche et massive. Profitant de l’absence des jeunes males humains, il décide de paralyser les différents pays en se rendant maître des voies de communication et des systèmes électriques. L’offensive se déroulera la nuit car les humains, misérables créatures bipèdes, ne voient guère dans l’obscurité, il leur sera alors facile de réduire à néant le peu d’autorité qu’il leur reste. Après concertation et proposition de « Mirtis », la prise du pouvoir se fera dans la nuit du 1er Mai. Seul Mourzouk est contre ce projet audacieux, selon lui les chats ne sont pas faits pour dominer la terre, ils ne sont que des animaux privilégiés, faisant partie de décor, rien de plus :

«   Je prévois simplement que l’on va occire  un nombre fabuleux de chats dans les premiers jours de mai  et dans le cas improbable ou vous réussiriez, je prévois que les chats seront bien vite dégoûtés du pouvoir, car le chat, en général, n’est pas devenu la bête maboule à force d’entendre jaser de savants humains, comme j’en aperçois un certain nombre ici, autour de moi.Je tiens à vous dire que je ne soutiendrai pas votre gouvernement, si vous parveniez à en fonder un, car je suis convaincu d’avance qu’il ne vaudra rien. Aucun gouvernement ne vaut quelque chose, aucun gouvernement ne pourra jamais valoir quelque chose puisqu’il impose à tous les individus une certain nombre de mêmes entraves rigides et qu’il n’y a a pas deux individus identiques. »

Sur ce il se retire loin de ces « amis » chats. Après un moment de flottement, ils oublièrent le sermon de cet anarchiste et se rallièrent tous à la cause commune sous les miaulements de leur devise : « L’avenir est aux chats »

Cette sinistre nuit arriva et ce fut un massacre. Beaucoup de chats périrent mais combien d’humains y laissèrent la vie : Morts, blessés grièvement par lacérations multiples, yeux arrachés, car les vilaines bestioles adoptèrent d’entrée de priver la résistance en lui supprimant la vue. Ils en profitèrent également pour régler une très ancienne dette envers leur ennemi de toujours : Le chien !

Pour couper court à tout problème venant de l’extérieur, les malines bestioles diffusent des messages aux forces de la coalisation se trouvant en Afrique, en expliquent qu’une gigantesque épidémie de Choléra frappe l’ancien monde et qu’il est inutile pour le moment d’envisager un retour

La race humaine fut ainsi rapidement mise à mal, ne pouvant opposer qu’aux félines exactions que des enfants et des vieillards. Afin de garder sous contrôle tout ce beau monde, on ouvrit de gigantesques camps où fut parqué ce rebus de l’humanité. Mais rapidement des problèmes d’intendance se présentèrent…dame ! Il fallait bien les nourrir….Finalement tout se petit monde devint rapidement un fardeau qui n’avait de cesse de brailler, de rouspéter, d’exprimer son mécontentement. On essaya alors de les utiliser à des taches utiles, mais ils se révélèrent vite fainéants et inutiles. Alors on essaya de les mettre en conserve, peut-être que réduis en bouillis ils serviront à quelque chose. Mais même les plus jeunes d’entre eux se révélèrent impropre à la consommation : les rares chiens encore en vie n’en veulent même pas dans leurs gamelles.

Un crise grave s’installe alors dans cette nouvelle société féline et l’on se pose des questions sur le bien fondé  d’une telle conjuration. Car la révolte  c’est bien, mais encore faut-il savoir après ce que l’on compte faire. Les problèmes ne cessent se s’accumuler et qui plus est la nourriture commence à se faire rare. Les faits sont là, les chats sont incapables de se nourrir seul et les silhouettes commencent sérieusement à s’affiner. Dans le rang des partisans on commence alors à se poser des questions…

Pendant ce temps, en Afrique, les Européens se prennent une déculottée monumentale. L’ennemi est insaisissable et malgré les moyens employés, les défaites se succèdent. L’Amérique décide alors d’intervenir. Pensant être la seule puissance pouvant venir à bout de cette menace potentielle pour le nouveau monde, elle engage des moyens considérables. Tout va se terminer par un massacre à l’échelle des moyens engagés et l’armée Américaine repart honteuse « la queue » entre les jambes. Il faudra compter sur le génie du Professeur Klablenberg pour conclure définitivement cet épisode regrettable. Grâce à son canon géant d’une portée de 500 kilomètres, chargés d’obus à microbes, les forces Européennes vont pouvoir accepter une reddition immédiate et sans condition : Le temps du retour à la maison vient de sonner !

Panique chez les matous qui se tiennent au fait des événements. C’est Mourzouk qui un fois de plus en chat avisé, apporte la solution. Pourquoi ne pas faire comme si rien ne s’était passé. On ouvre les camps, nous retournons à notre statut de meilleur ami de l’homme et ni vu ni connu. De toute façon qui va croire de séniles vieillards et de jeunes braillards lorsqu’ils diront que les chats se sont révoltés ? La décision fut prise et l’on procéda comme se « chage » animal l’avait préconisé.

Lorsque les hommes rentrèrent au pays, la surprise fut de taille. Personne pour les accueillir en héros, pas de « Hourra ! » de fanfare et de décorations. Ils trouvèrent des villes fantômes, désertées. Seuls quelques chats terriblement amaigris venaient à leur rencontre en quête d’une caresse ou d’un parole aimable. Dans les rues régnait un désordre indescriptible où de nombreux animaux se promenaient en liberté. C’est lorsqu’ils découvrirent les camps, sans gardiens, qu’ils se posèrent vraiment des questions. Que pouvait bien signifier un tel comportement ? Ils furent reçus en sauveurs, sous les hurlements hystériques des femmes qui parlaient d’une révolte des chats, d’emprisonnement, de mauvais traitements…Les hommes passèrent sur le compte des fièvres venant de l’épidémie du choléra pour expliquer de tels comportements. Un tableau apocalyptique qui étonne ces héros victorieux et qui, pour compléter le tout, devint cauchemardesque lorsque ces jeunes guerriers constatent que leurs femmes, malgré leur absence, possèdent pour certaines quelques ventres bien tendus : Comme quoi il ne faut jamais se fier aux personnes âgées !

Les hommes ne voulurent jamais croire à cette conjuration des chats, Voilà pourquoi dans les livres d’histoire entre Avril et Décembre on ne parle que de la révolte des noirs de l’Afrique et de la terrible épidémie de Choléra qui frappa l’Europe toute entière. Les chats quand à eux continuent à ronronner tranquillement en rêvant secrètement du jour ou ils furent les maîtres du monde.

 

Curieux et fort rare roman que cette conjuration des chats qui non seulement traite d’une guerre future avec les pays d’Afrique, ce qui en soi est déjà une fait relativement exceptionnel dans cette thématique, mais parle également d’un révolte animale assez inattendue. Si de nombreux auteurs portèrent majoritairement leur dévolu sur les singes, bien peu se livrèrent à cet exercice où le monde se trouve sous le joug des…chats !Pour mémoire et concernant une révolte animale , nous nous souviendrons du roman de Léon Gozlan « Les émotions de Polydore Marasquin », des « Voyages très extraordinaire de Saturnin Farandoul » de Robida ,de « Les animaux partout » de Georges Orwell et de « La planète des singes » de Pierre Boulle. Plein d’humour et proche de la satyre sociale cette société animale n’est pas exempte d’une certaine forme de hiérarchie où brille , bille en tête, le symbole de l’autorité le général Asdrubal qui finalement conduira nos aimables félins dans une impasse totale que rien ne pourra sauver. Par chance, le humains dans leur bêtise et leur suffisance ne se rendront compte de rien et le procédé narratif de l’histoire peut ainsi laisser place à tout les délires possibles et de la part de l’auteur avoir de fait imaginé un isolement complet de l’Europe sous couvert d’épidémie de Choléra, il fallait y penser. Reste des situations vraiment cocasses et un final assez inattendu où finalement nos gentils petits matous finiront une fois de plus à faire le dos rond et garder la tranquille apparence d’une animal parfaitement domestiqué qui rêva un jour de régner en maître absolu…

 

 

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« Archie Dumbarton » de Victor Hatàr Ou Le Dernier Homme Sur La Terre

 

Avant de vous présenter une nouvelle où il sera question de cette thématique, une fois n’est pas coutume voici un roman « récent » mais dont l’originalité ne pourra que ravir les amateurs de littérature décalée et jouissive. Drôle, grinçant, sarcastique, un roman dont le propos ne devrait pas vous laisser indifférent. Un texte très peu connu et qu’il était indispensable de faire connaître à celles et ceux qui en ignoraient l’existence.

« Archie Dumbarton, une histoire criminelle » de Victor Hatàr.Editions Denoël « Les lettres Nouvelles » .1977. Traduit du Hongrois

 

« Archie Dumbarton, représentant de commerce et brico­leur qualifié, se réveille un matin dans sa villa londonienne et constate successivement une panne d’électricité, la mort de sa femme, la mort de ses deux enfants. Il sort et, dans les rues, ne rencontre que des cadavres. Seul rescapé, désor­mais, d’un brutal et énigmatique cataclysme, Archie commence par piller avec entrain tous les magasins de la ville. Mais rapidement sa solitude de survivant lui devient insupporta­ble, en dépit des inventions que lui suggère son génie du bricolage. Sa dernière trouvaille : organiser lui-même sa propre crucifixion — peut-être a-t-il une chance de sauver ainsi l’humanité apparemment anéantie… »

Roman de science-fiction ou conte métaphysique ? L’un et l’autre sans doute, et un brillant exercice d’humour, où l’on retrouve l’invention verbale et la fantaisie d’un écrivain hongrois parmi les plus originaux de son temps.

 

Sur L’auteur

 Né en 1914, Victor Hatâr fait à Budapest des études d’archi­tecte. Il fait de la prison sous le régime fasciste (en 1943) Puis sous le régime communiste (en 1950) et, du fait de la censure, accumules manuscrits impubliés. Après le soulèvement d’octobre 1956, il s’exile à Londres où il vit et publie aujourd’hui. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages : romans, essais, poèmes et satires.

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