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Archive pour la catégorie « les auteurs et leurs oeuvres »

« La Formidable Energie » De Jean-Marie Defrance

« La formidable énergie » de Jean-Marie Defrance .Editions Argo.1928

 

Au départ, ce roman me posa un problème car je ne savais pas si j’avais affaire à un « faux amis » (pourtant avec un titre pareil) ou alors à un de ces romans où la partie conjecturale n’occupe que le tout dernier chapitre. Toutefois la lecture du livre étant agréable, et en regard des œuvres antérieures de cet auteur, il ne me fut pas difficile de m’abandonner à la lecture de ses pages qui m’entraînèrent dans une bien formidable histoire. Le héros, ingénieur spécialiste en hydraulique commencera son périple en Amazonie et ce afin de faire les repérages nécessaires à la construction d’une gigantesque centrale hydraulique. L’utilisation d’une immense chute d’eau, fréquente dans ses régions, étant élément indispensable à ce titanesque projet. Une telle centrale permettrait d’assurer une production considérable d’électricité, nécessaire au développement du pays. Mais son ambition tombe bien vite à plat, en effet en France,une toute nouvelle énergie vient d’être découverte par l’utilisation de la différence de température entre l’eau de mer à 1000 mètres de profondeur et à la surface , soit, environ 250centigrades ceci permettant de réaliser à moindre coût la production de « Formidables énergies » . A son retour, au hasard d’une de ses haltes, Paul notre malheureux inventeur, assistera bien malgré lui aux derniers instants d’un bagnard évadé, un certain Vingras et inventeur selon lui du mouvement perpétuel .Ce dernier, échoué au gré de sa cavale dans une tribu Amazonienne, chargera notre ingénieur d’un message d’affection adressé à ses deux filles, vivant à Rochefort. De retour en France il s’acquittera de sa mission (remettant par la même occasion aux deux orphelines un sac d’or, dernière richesse du père) non sans percevoir par la même occasion un gage de reconnaissance , un curieux petit ouvrage écrit par la main de Vingras .

Cette brochure, contenant de nombreux dessins et autres formules mathématiques explique le moyen de fabriquer une énergie (encore une) gigantesque et inépuisable. Très septique sur les hypothèses avancées par ce vieil original et de plus très éprouvé par son dernier voyage en Amérique du Sud, Paul décide de ranger le petit carnet de tout oublier pendant quelques jours et de se prendre un repos bien mérité dans son village natal en pays Basque. Arrivé sur place, ce voyageur infatigable et marcheur invétéré va faire la connaissance, lors de l’une de ses promenades en solitaire, d’un homme des plus singulier et considéré dans la région comme un vieux fou, pratiquant de douteuses expériences. Ce « fou », est en vérité un savant de génie, découvreur de la suprême énergie, qui régule tout notre univers: « Le mouvement ». Il n’y a ni lumière, ni électricité, ni chaleur, il n’y a que le mouvement. Le principe de toutes ses inventions et de la force les faisant fonctionner reposent sur cette source d’énergie : Transmission à distance, Rayon destructeur, accumulateur d’énergie solaire, Transmetteur de matière etc… Mais le monde dans sa folie, son égoïsme et sa fureur est-il prêt à tant de merveilles ? Sur cette question philosophique, Paul quittera un vieillard fatigué, seul et blasé refusant tout son savoir et son génie à une humanité qui finalement n’en vaut pas la peine. De retour chez lui , notre héros confronté à la routine quotidienne , à la futilité d’une existence fade et sans lendemain ,échaude par ses projets avortés, partira en un lieu reculé de la France y couler des jours paisibles : seul ? Non puisqu’il sera accompagné le bougre des deux ravissantes filles de Vingras . Comme quoi être une géniale cervelle n’empêche pas quelques élans de cœur.

 

 

Troisième et dernier roman conjectural analysé sur le blog,ce texte qui n’est qu’une lente progression, un parcours initiatique du héros vers la découverte de cette  « Formidable énergie »,pourrait arriver quelque peu à dérouter le lecteur. L’auteur nous conduit fort curieusement sur les traces de cette énergie tant convoitée pour nous faire changer de direction dès que le but est presque atteint. Paul se trouve enfermé dans de hasardeuses réflexions, comme prisonnier d’un destin qu’il ne peut éviter et qu’il ne peut contrôler. La réponse est là au bout de ses doigts mais il rechigne à vouloir se l’approprier. Pourtant cette énergie inépuisable basée sur le mouvement ne manque ni de charme ni de possibilités infinies….

Victime indirecte de la science, lui qui ingénieur en hydraulique passa son existence à trouver la solution idéale en matière d’énergie, il semble au bout du compte, vouloir arrêter  cette course effrénée et laisser à d’autre le soin d’améliorer le sort de l’humanité. En effet en admettant la possibilité de l’utilisation de cette prodigieuse découverte  l’humanité est-elle prête? Finalement nous assistons à une vie vouée à 1′échec, un bilan bien négatif d’une existence dont la finalité ne peut être que l’objet d’une réflexion dont la récurrence peut  nous insupporter : Le progrès peut-il changer l’homme ? Ce n’est pas l’édifice de la science qui est fragile mais l’homme qui en a dessiné les plans. Ce qu’il y a de curieux dans l’œuvre de cet auteur, c’est que nous avons toujours affaire à des inventeurs contrariés dont les projets sont toujours bouleversés pour une raison ou une autre. Qu’il s’agisse de la fin tragique du savant dans « La lumiére » ou de celle tout aussi injuste dans « Le roi des eaux », à chaque fois ces formidables chercheurs seront voués à l’échec et assisteront impuissants, et pour cause, à la mise à mal de leurs formidables projets. Jean-Marie Defrance connut-il les mêmes déboires dans sa vie professionnelle ? A la seule différence dans le présent ouvrage, le sort du personnage ne sera pas des plus dramatique car notre ingénieur  décide de se retirer du monde de la science, entouré, une fois n’est pas coutume avec de bien délicieuses créatures.

 

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Roland Dorgelès et La « Machine à finir la guerre »

 

Dans l’anticipation ancienne, les machines ou inventions pouvant assurer une forme de suprématie totale lors d’un conflit armé, sont légions. Sur les pages de ce blog, un bon nombre d’inventeurs se sont décortiqués la cervelle afin de trouver LA solution permettant d’assurer à leur pays une victoire totale. L’avion ultra perfectionné, fut pendant très longtemps l’apanage de ces diaboliques savants qui, prenant une longueur d’avance sur leurs adversaires, trouvèrent une solution plus rapide, plus maniable et surtout plus discrète que le dirigeable : L’avion ! Mais cette arme utilisée afin de mettre un point final à toute tentative de velléité de la part de voisins trop « envahissants » rendant en cela toute guerre impossible reste beaucoup anecdotique car bien souvent les bonnes intentions finissant par s’émousser, cette arme demeure malgré tout un outil puissant de conquête. Une arme utilisée comme moyen de dissuasion, voilà une thématique qui à l’époque n’était pas chose courante et les auteurs usèrent alors de toute leur imagination afin d’apporter un peu de « piment » à une chose qui finalement arrivait d’entrée de jeu à tuer le serpent dans l’œuf. L’homme étant ce qu’il est, lorgnant toujours dans le jardin d’à coté où l’herbe est toujours plus verte, l’apparition et l’utilisation de cette fameuse arme, ne pourra se faire sans quelques petites démonstrations au préalable. Souvenons nous du roman de Norton « Les flottes évanouis » de la « Revanche fantastique » de Denay et Tassin, deux romans analysé ici même et « De la guerre finale » de Barillet Lagargousse, à venir d’ici quelques jours. L’autre arme « révolutionnaire » qui fut utilisée avec une largesse qui confère au plagiat, est le fameux rayon pouvant  soit neutraliser les moteurs des engins de guerre, soit un autre pouvant faire exploser à distance la moindre parcelle d’explosif. Si la première se révèle déterminante pour clouer les avions au sol aussi bien au décollage qu’un fois dans les airs, cette merveilleuse invention ne pourra par contre être d’aucune utilité sur les canons qui dans ce genre de tête à tête ne manquent pas d’arroser copieusement les lignes adverses, d’où l’utilité de la seconde de ces inventions.

Dans le petit résumé qui va suivre, extrait de « Guerre et révolution dans le roman français 1919 1939 »  de Rieuneau Maurice (Paris, Klincksieck, 1974) l’auteur nous parle du roman de Dorgeles écrit à quatre main avec Régis Gignoux « La machine à finir la guerre » et qui évoque justement cette thématique. Si le roman s’articule autour de cette invention pouvant faire exploser la poudre à grande distance, ici tout n’est que le prétexte à la satire et surtout permettre à l’auteur des « Croix de bois » de nous livrer quelques scènes  assez troublantes et douloureuses de ce que fut l’enfer des tranchées. Il est également coupable d’une autre œuvre conjecturale « Si c’était vrai ? » parue aux éditions Albin Michel en 1934

Ce petit article est également un moyen détourné de vous faire admirer la splendide illustration qui accompagna la parution en pré originale dans la revue « L’heure » avant d’être publié en volume chez Albin Michel en 1917. Bien que jouant sur le coté sensationnel de la « Machine » qui ressemble plus à un tripode Martien de « La guerre des mondes »  de Wells qu’a un banal  engin capable de faire exploser la poudre à distance, l’effet étant ici d’attirer l’œil du lecteur.  Comme quoi l’impact visuel comme argument de vente fut et restera toujours déterminant en tant qu’outil de marketing.

 Extrait:

« En 1917 il écrit en collaboration avec son ami Gignoux, un roman satirique sur la guerre « La machine à finir la guerre ». Ce livre lui était demandé par le rédacteur en chef de « L’heure », Maurice Sorton, ami du journaliste, qui le destinait à son feuilleton. Il fut écrit en quinze jours, par un sujet trouvé par Gignoux. Dorgelès s’était chargé de la seconde partie, qui conduit les personnages au front, et lui donna l’occasion de décrire rapidement les tranchées et le spectacle de la guerre. En fait, cette œuvre appelée par Dorgelès « Roman satirique », tient plus de la farce  que de la satire, tant les effets sont gros et le thème invraisemblable .Il s’agit d’une machine merveilleuse qui serait capable de mettre fin à la guerre en faisant sauter simultanément tous les explosifs situés  à une distance de cent kilomètres. Son inventeur n’a pu la construire faute de capitaux, et l’on ignore d’ailleurs qui il est, son existence n’étant révélée que par une annonce publicitaire veille de plusieurs années, que trouve par hasard un bourgeois naïf et patriote, Mr Toulevent. La première moitié de ce livre, écrite par Gignoux, passe en revue les divers milieux Parisiens pour montrer que personne ne souhaite mettre fin à la guerre en retrouvant l’auteur de cette merveille. Des aventures causasse conduisent Toulevent chez le faux maréchal Z. chroniquer militaire d’un grand quotidien, chez une actrice, chez le cardinal-archevéque de Paris, chez un ancien président du conseil, chez un journaliste cocardier dans lequel on reconnaît la caricature de Gustave Hervé, chez un homme politique patriote qui pourrait bien être Clemenceau et ainsi de suite. Tous ont de bonnes raisons de refuser leur patronage.

L’héroïque Toulevent va donc s’engager dans une troupe de théâtre aux armées pour rechercher au front l’inventeur dont il a retrouvé la trace. Dorgelès devait prendre ces personnages à la gare de l’est pour les conduire au front que Gignoux n’avait pas vu.

Le voyage de cette troupe, vers le front est l’occasion de décrire en le ridiculisant, l’enthousiasme patriotique des comédiens qui jouent les mêmes scènes d’épopées de puis le début de la guerre. Les deux vedettes féminines s’entre-dévorent car l’une chante la Marseille sur scène et l’autre la déclame. Mais dans le chapitre XI «  Plus prés de la guerre ou du roman à la réalité » plonge brutalement les civils dans la guerre. Toujours à la recherche de l’inventeur génial, Toulevent et son compère Vingdoix fournisseur aux armées, cheminent à travers les lignes, morts de peur à chaque éclatement d’obus. Dorgelès trouve là prétexte à décrire les tranchées, les bruits, les couleurs du front,les scènes de la vie des soldats. On est déjà tout prés des « Croix de bois » par le ton de description réaliste qui fait oublier pour un temps l’intrigue invraisemblable et la satire. On assiste même à un bref engagement, fusillade au cours de laquelle Chartier, l’inventeur est blessé.

La suite retrouve la veine satirique du début, Chartier sera soigné, guéri et remis au travail. Sa machine expérimentée, donne satisfaction. On sollicite de gros fabricants d’armements pour qu’ils la construisent ; mais ils refusent hargneusement l’un après l’autre, de ruiner ainsi la source de leur scandaleux profit. La guerre doit durer ! Construite enfin par les services du ministère de la guerre, la machine va entrer en action, sous les yeux du grand quartier général rassemblé à ses pieds, lorsqu’on apprend que l’ennemi demande l’armistice. »

Maurice  Rieuneau 

 

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« To-Ho Le Tueur D’or » De Jules Lermina

 

Jules Lermina (1839/1915) est un auteur important dans notre domaine puisqu’il contribua à édifier le genre avec des ouvrages inventifs où les idées fusent en abordant des thématiques aussi variées que passionnantes. Il porte à son actif des recueils de nouvelles aussi fameux que « Histoires incroyables » et « Nouvelles histoires incroyables » (édition Boulanger 1885), « A brûler, conte astral » (Didier & Méricant 1889), « L’élixir de vie » (Editons G.Carré 1890) « Le secret des Zipélius » (Didier & Méricant 1893), « La bataille de Strasbourg » (Editions Boulanger 1895, « L’effrayante aventure » (Editions Tallandier 1910) et le très célèbre et fameux « Mystére-ville » sous le pseudonyme de William Cobb. (Le « Journal des voyages »  du 4/11 1904 au 25/3 1905).

Avec le texte qui suit nous sommes dans un registre plus « classique » relevant plus de l’aventure exotique mais qui pourtant  peut intéresser les explorateurs de l’imaginaire que nous sommes avec cette thématique d’un enfant élevé par des « singes ». Thématique déjà abordée avec humour et brio par Robida dans ses « Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul », dans le cas de Lermina il s’agirait plutôt « d’hommes singes », une espèce rare qui pourrait se revendiquer appartenir à ce fameux « chaînon manquant » qui, sans nul doute, doit peupler quelques forets mystérieuses de contrées éloignées.

 

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« To-Ho le Tueur d’Or » de Jules Lermina. « Journal des Voyages » du N° 448 du Dimanche 2 Juillet 1905 au  N°470 du Dimanche 3 Décembre 1905. Illustré par Ch. Clérice

Les Hollandais de Sumatra parviennent à enlever  aux indigènes Atchés et Sakeys révoltés la femme et 1 la fille du capitaine Villiers, détenues prisonnières. Mais, dans le combat, le fils du capitaine, le petit George, disparaît. On le croit tué par les Sakeys. En réalité, l’enfant a été sauvé du couteau de ces sauvages par un être bizarre, mi-homme, mi-singe, que les Sakeys avaient capturé dans la forêt. L’Homme- bête l’emporte au fond des bois, parmi ses semblables.

Cependant la sœur de George, Margaret, revenue avec sa famille en Hollande, conserve quelque espoir. Son fiancé, le docteur Leven, au cours d’une mission à Sumatra, a découvert les traces et les ossements de ces homme-bêtes. Qui sait si George n’est pas pri­sonnier dans ces forêts où le jeune savant va faire la prospection de l’or pour la maison Vanderheim, à laquelle les Villiers sont associés ?

En outre, une mission scientifique à Sumatra est confiée au docteur Leven qui part avec Margaret deve­nue sa femme et le vieux savant Valtenius. Mais un autre bateau emmène à Sumatra, en même temps queux, V Allemand Koolman, ancien associé, lui aussi, de la maison Vanderheim, rejeté par elle et qui veut se venger. Il est accompagné du capitaine Ned et de cinquante bandits.

Or, George -vit toujours, recueilli, nourri, élevé par son sauveur, l’Homme-bête, To-eHo. Et parmi ces êtres étranges, il a trouvé un homme, Van Kock, qui, fuyant ses semblables, a préféré vivre à l’état sau­vage et a vieilli dans la compagnie de ces demi-singes dont il s’est efforcé de développer l’intelligence et le langage. C’est pendant cette retraite volontaire qu’il a découvert un procédé pour détruire l’or. La sœur de George, le fiancé de celle-ci, Lewen, et un vieux savant, Valtenius, ont résolu de le retrouver tout en faisant la prospection de l’or pour la maison Vanderbeim, de Rotterdam. Ils ne soupçonnent point qu’un ancien associé de cette maison, l’Allemand Koolmaan, accompagné du capitaine Ned et de cinquante bandits, s’est embarqué en même temps qu’eux pour Sumatra afin de se venger d’avoir été remercié…

 

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« Exploits et Aventures De Désiré Courtelin ». De L.P.Laforêt

La conjecture ancienne est riche en découvertes inattendues. Encore un roman non répertorié par nos illustres spécialistes et qui méritait d’être exhumé. Merci à Gérard Meunier de m’avoir fait partager cette info en me faisant parvenir lee petit résumé qui va suivre

 Laforêt (L.-P.).

« Exploits et aventures de Désiré Courtalin » .  de Laforêt (L.-P.). Editions Calmann-Lévy, 1882.

« Curieux roman où est évoqué l’exil des communards et peut-être inspiré par l’aventure tragi-comique d’Antoine Toumens, alias Orélie-Antoine Ier, roi d’Araucanie. A la suite de péripéties diverses, Désiré Courtalin. se retrouve un beau matin avec un nez bleu. Décidé à en finir tout autant avec les quolibets que provoque cette singularité qu’avec sa triste vie parisienne, il part avec un ami pour New York. Après un semi naufrage, les deux hommes échouent sur une île d’Amérique centrale, l’île des Solitaires, que se partagent neuf tribus indigènes. Le livre relate ensuite comment, s’être d’abord fait passer pour quelque monarque voisin sous le nom de Nez-Bleu XIV, Désiré parvient à prendre le pouvoir sur l’île sous le nom de Désiré Ier, à y organiser tout un royaume à sa façon et même, plus tard, à entamer des négociations avec la France afin d’établir entre ce pays et son royaume des Solitaires des relations politiques, commerciales et scientifiques. »

 

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Henri Viard Alias Henry Ward: « Du Roman A La Télévision »

 

Henry Ward est le pseudonyme d’un écrivain Français Henri Viard qui d’après Wikipédia serait né le 11 Aout 1921 et mort le 11 mars 1989. Homme de lettres, auteur de romans policiers, scénariste,metteur en scène et Administrateur de sociétés, il a aussi écrit sous les pseudonymes de Beaumetz, Louis-François et Carlemont, Louis-François…Connu surtout pour ses romans policiers parodiques «Le roi des Mirmidous», « L’embrumé », « Le Mytheux », « L’aristocloche »,« La bande à Bonape »…Il écrivit deux ouvrages appartenant au domaine de la Science-fiction « Les Soleils verts » et « L’enfer est dans le ciel » sur les dangers de la science utilisée à mauvais escient et plus particulièrement par des esprits dérangés ou de malveillantes puissances étrangères. C’est dans son roman « L’enfer est dans le ciel » que va apparaître pour la première fois le « Bureau international de prévention scientifiques » ou vont agir non pas les classique détectives de l’occulte mas une catégorie de savants chargés de traquer toute utilisations intempestives de découvertes scientifiques

Il est difficile d’avoir des renseignements précis sur cet auteur, ainsi voilà comment nous est présenté l’auteur dans l’édition de « Les soleils verts »en 1956

« Il a été mêlé depuis quinze ans à presque toutes les gran­des affaires in- ter nationales. Né en 1913, il se passionne, dès 1935, pour la science ato­mique. Ses étu­des sont entre­coupées de voyages à tra­vers le monde. Deux séjours, l’un en Chine, l’autre aux Indes, où il se lie avec le mahatma Gandhi, le marquent plus particulière­ment.

Fixé aux États-Unis, à l’Université de Columbia, il quitte celle-ci pour devenir un des rouages essentiels de la « Section de la Guerre scientifique tactique ». Les hostilités terminées, il retourne à la recherche pure. L’affaire des soleils verts lui est confiée. Il passe cinq mois à l’étu­dier. Ses conclusions sont d’abord accueil­lies avec scepticisme. Mais les événements les plus récents lui donnent raison. Il vit actuellement six mois par an à New-York, et six mois à Saint-Paul-de-Vence, où, tout en continuant à méditer sur la plus incroyable aventure scientifique de tous les temps, il prépare un deuxième ouvrage qui sera également un roman passionnant sur les espaces interplanétaires.»

 

Note de l’éditeur pour « L’enfer est dans le ciel » Editions Del Duca.1958

« Le lecteur est-il au courant de ce qui se passe depuis l’automne 1.955 à la base astronautique d’Usun-Bulak, dans le Sin-Kiang chinois?

Connaît-il l’existence de « Fort Center », terrain d’essai beaucoup moins ouvert aux journalistes et aux observateurs de toute nature, que celui du cap Canaveral ?

L’a-t-on averti, en son temps, de la construction de la formidable fusée à cinq étages, baptisée par le général Coilins lui-même « Sky-buffalo » — Buffle-du-ciel — ?

A-t-il fait la connaissance du docteur Geog von Der Bruch, l’ancien as de Peenemunde, passé au service des Soviets, tandis que son collègue Werner von Braun choisissait l’Amérique ?

Lui a-t-on appris le rôle joué par le « Cosmotron » du docteur Szabo dans la révolution hongroise ?

Se souvient-il de l’expédition franco-britannique contre l’Egypte ? Connaît-il la vraie raison de son échec ?

A-t-il encore en mémoire les termes de ce que l’on a appelé, en novembre 1956, la « Bombe Boulganine », qui permit à France- Dimanche de titrer quinze jours plus tard, sur huit colonnes : « Etait-il vraiment moins cinq ? »

A-t-il lu le rapport définitif de la commission Transalpha pour l’étude des rayonnements cosmiques ?

Si oui, il partage ce privilège avec cinq ou six personnes au monde.

Sinon, il lira « L’Enfer est dans le Ciel ».

Il pénétrera dans les locaux du « Bureau International de Préven­tion Scientifique », cette police supranationale et ultra-secrète, qui est à la connaissance scientifique ce que l’Interpol est aux crimes et aux délits judiciaires. En compagnie de l’auteur, il suivra les efforts faits pour empêcher la livraison aux Chinois du terrible gaz asphyxiant 8-G, mis au point par les savants du Reich.

Avec lui, il aura le plus grand choc de sa vie en découvrant l’existence de la fusée « Ypilon-I », mise au point par les Russo- Chinois pour « explorer les planètes du système solaire ».

Puis, minute par minute, devant les écrans de télévision, il suivra ce qui a été appelé par un homme digne de foi « la plus orgueilleuse tentative de l’Histoire des Hommes ».

Ce roman, écrit par Henry Ward, à la suite des Soleils Verts, est à ce point le reflet des rêves des savants contemporains que le lecteur aura du mal à deviner ce qui est l’expression de la vérité, et ce qui n’est que de l’anticipation.

De l’anticipation ! — Et sans doute, demain, la conséquence logique du progrès technique : « L’Enfer est dans le ciel » ?

Le Monde de 1970 mis à l’heure de 1958.»

 

Note de l’éditeur pour « Les Soleils Verts » Editions Jeheber.1956

 « C’est mieux qu’un roman d’anticipation parce que c’est vrai. Les soleils verts nous révèlent d’une façon hallucinante que le destin de la planète, notre destin à tous, est en jeu. C’est en pensant à Albert Einstein, qu’il révère, qu’Henri Ward s’est décidé à révéler au grand public la vérité sur les champs de force subnucléaires. Mais cette vérité atomique est trop complexe pour être expliquée en équation : il fallait la transposer à l’échelle humaine en l’enrobant de l’attrait romanesque.

Personne n’a jamais su jusqu’à ce jour ce qui s’était exactement passé à Atom- grad II et à Atomic Stock Authority n° 1. Personne n’a jamais entendu parler de Y élément zéro-négatif. Personne n’a jamais compris pourquoi Burgess et Mac Lean avaient franchi le rideau de fer. Personne n’a jamais su si Ponte- corvo était, ou non, un traître. Personne n’a jamais su si le SS-Obersturmbahn- fûhrer Skorzeny, qui avait enlevé Musso­lini au Grand Sasso, en 1943, n’avait pas fait un séjour à Ceylan, au Mont Lavinia Palace, en s’inscrivant sur les registres de l’hôtel sous le nom d’Erich Krossler. Personne n’a jamais su qu’un président du Conseil français avait transmis au B-Doc l’inconcevable lettre d’un savant atomique français parmi les plus respectés. Personne n’a jamais su que Miss Rose- mary Rosedale, plus connue à Las Vegas sous le nom de Barbara Rody, a risqué plusieurs fois sa vie à cause des soleils verts. Personne enfin n’a jamais su que la puissance atomique du monde libre a été neutralisée pendant près de quatre mois ni que les hommes d’État et les savants, qui tiennent entre leurs mains le destin de la planète, ont passé des nuits blanches et prié le Seigneur que cela ne soit pas vrai.

C’est parce qu’ils ont formellement autorisé Henry Ward à dire ce qu’il sait sur ce qu’on a appelé le secret d’Etat le mieux gardé du monde que Les soleils verts sont enfin publiés en France en première exclusivité mondiale.»

 

Mais Henri Viard fut surtout connu en France pour avoir scénarisé en collaboration avec Jacques Bergier une célèbre série télévisée « Aux frontières du possible » et plus particulièrement ceux de la deuxième saison. Le titre fut délibérément choisi car les idées audacieuses avancées au fil des épisodes sont dans le domaine du possible et pourront peut-être dans un proche avenir voir le jour :

Le Bureau International de Prévention Scientifique est chargé de prévenir les utilisations criminelles des découvertes scientifiques. Courtnay Gabor, son directeur, emploie deux jeunes chercheurs : Yan Thomas et son assistante, Barbara Andersen. Tantôt avec l’aide de la police, tantôt sans elle, ils allient intelligence, énergie et chance pour déjouer les pièges que leur tend l’aventure et débusquer la vérité. Un « Au delà du réel » à la Française, un peu plus plausible scientifiquement

Un série comportant deux saisons pour un total de 13 épisodes de cinquante minutes. Elle fut diffusée entre Octobre /Novembre 1971 et Avril 1974. Disponible en téléchargement payant sur le merveilleux site de l’INA. Un coffret sera mis en vente début Septembre 2012 et regroupant l’intégrale des deux saisons.

 

Saison 1

Le Dossier des mutations « V »1.

Le Bureau International de Prévention Scientifique est chargé de prévenir les utilisations criminelles des découvertes scientifiques. Courtnay Gabor, son directeur, emploie deux jeunes chercheurs : Yan Thomas et son assistante, Barbara Andersen. Tantôt avec l’aide de la police, tantôt sans elle, ils allient intelligence, énergie et chance pour déjouer les pièges que leur tend l’aventure et débusquer la vérité.

Dans ce premier épisode, un homme est abattu, rue Vivienne à Paris, en sortant de la Bourse. On a tiré d’une DS noire. Dans sa sacoche, une branche de prunier ! Le BIPS et Yan Thomas en particulier font une découverte extraordinaire : ce rameau se révèle être, après examen, une synthèse végétale reconstituant le carbone pur… En un mot, le diamant.

L’incidence de cette invention sur le marché du diamant est évidente : en faisant baisser les cours, elle menace des intérêts et suscite des convoitises…

- Attention : nécroses mentales.

Depuis dix mois, des cosmonautes sont victimes de graves troubles psychiques à leur retour de l’espace, allant jusqu’à commettre des meurtres. S’agit-il d’une maladie de l’espace ? D’une névrose mentale contagieuse ? Deux cosmonautes américains, le colonel Brett et le major Hunter et un radioastronome français Francis Leroy sont accueillis triomphalement à leur retour d’une mission spatiale. Ils rejoignent le laboratoire de Nancey pour faire le bilan de cette expérience. Quelques jours plus tard, en crise de démence brutale, Francis Leroy tue sa femme et leurs deux enfants. Yan et Barbara sont chargés d’enquêter et de surveiller les deux astronautes américains. Ils découvrent que l’injection d’une drogue stimulante, la transcalmine K, aurait entraîné sous une action ionisante des lésions du cerveau dont les effets dévastateurs se déclenchent ensuite sous l’effet de la vitesse et du champ magnétique terrestre.

- Terreur au ralenti

Un jour, les habitants d’un village de Haute Provence ne se meuvent et ne parlent plus qu’avec une extrême lenteur, comme paralysés. Les trois quarts d’entre eux sont hospitalisés. Les examens médicaux révèlent un ralentissement de leurs fonctions cardiaques et cérébrales. Yan et Barbara commencent leur enquête au village et à l’hôpital. Cette étrange maladie qui touche aussi les chats, épargne les poules.A la suite d’un coup de fil, Yan rencontre un mystérieux interlocuteur qui lui révèle que le groupe dont il est membre a mis au point un émetteur d’ondes teta 36 permettant d’envoyer des impulsions dans n’importe quel cerveau humain et de le paralyser mentalement. Il exige 50 millions de dollars des Etats Unis pour renoncer aux expériences sur le territoire américain et demande à Yan et au BIPS de servir d’intermédiaire. Plusieurs émetteurs sont prêts à fonctionner. Il est urgent de remonter jusqu’à cet homme pour faire face à la menace.

- Menaces sur le sixième continent.

Plusieurs grands navires appartenant à de grandes compagnies maritimes ont coulé mystérieusement. Une organisation clandestine demande à tous les affréteurs de lui régler une prime spéciale contre « les risques de grande profondeur ». Yan et Barbara enquêtent sur la côte méditerranéenne. A Nice, le commissaire Chalier leur fait part de sa découverte : un homme grenouille a été trouvé mourant. Il ne s’agissait pas d’un simple accident de décompression, mais d’une intoxication par un gaz inconnu. Les derniers mots de l’homme évoquent les oeuvres de Léonard de Vinci conservées à la bibliothèque du Vatican.Barbara se rend immédiatement à Rome où elle découvre que les manuscrits du savant traitent de la vie dans les grands fonds sous-marins. Mais une autre personne s’intéresse à ces documents : la pseudo-veuve de l’homme-grenouille.De son côté, Yan a réussi à entrer dans l’intimité d’un riche play boy, San Seccario, dont le yacht mouillait non loin de l’endroit où l’on avait retrouvé le corps du malheureux.

- L’Homme radar.

Les lignes aériennes internationales sont touchées depuis quelques temps par une série d’accidents inexpliqués. Chaque fois, on dénombre parmi les victimes des savants renommés. Devant l’absence de causes apparentes à ces catastrophes, Yan émet l’hypothèse d’un déréglement du système électronique de pilotage par un élément extérieur. Il songe à un émetteur clandestin d’hyperfréquences utilisé dans un but criminel. Grâce à une table d’écoute installée chez divers suspects, Yan est mis sur la piste d’une masseuse kinésithérapeute, Olga. Prise en filature, elle est surprise dans une mine désaffectée en compagnie d’un homme de type asiatique. Celui-ci est visiblement en proie à de violentes douleurs. Le malheureux, au terme d’une crise de démence s’écroule sur le sol. Au même moment, un avion militaire s’écrase dans la campagne toute proche. N’est-ce pas là un élément d’explication des mystérieux accidents ?

- Protection spéciale ultra-sons « U ».

Dernier épisode de la première série.Dans un sous-marin, le commissaire Chalier révèle à Yan et Barbara comment deux conférences internationales ont été intégralement filmées et enregistrées. On craint qu’une bande de malfaiteurs n’ait découvert un moyen d’utiliser les ultra-sons « U ». IIs pourraient alors, dans n’importe quelles conditions enregistrer et filmer à travers tous les obstacles…sauf l’eau ! Une conférence de la plus haute importance scientifique doit se dérouler à Neuilly. En fait, elle aura lieu dans un tout autre endroit et c’est une fausse conférence, avec des figurants qui est organisée à Neuilly…

 

Saison 2

- Le dernier rempart.

Premier épisode d’une nouvelle série de sept, sur une idée de Jacques Bergier et Jean Sacha.Convoqués au Bureau International de Prévention Scientifique, Yan Thomas et Barbara Andersen y apprennent que les habitants d’une ville de la région parisienne semblent ne plus disposer de leur libre arbitre. Les deux enquêteurs découvrent qu’un bio-chimiste procède à des expériences de modification des cerveaux par le mélange aux aliments d’une drogue euphorisante qui bloque certaines fonctions cérébrales. Une organisation révolutionnaire sud-américaine s’empare de la drogue…

- Le cabinet noir.

Courtnay-Gabor, président du Bureau International de Prévention Scientifique, confie à ses agents Yan et Barbara un dossier intitulé « meurtres sans raison dans les salles de spectacle ». Après avoir été eux-mêmes témoins d’un assassinat commis dans un cabaret, Yan et Barbara trouvent plusieurs pistes. L’une d’elles les mène chez une bande de truands, une autre à la direction d’une importante société internationale d’électronique. Cette firme cherche à s’emparer d’un super ordinateur qui permettrait un contrôle policier absolu.

- Les hommes volants.

En Finlande, l’émoi règne dans la région de la Saïma. Trois campeurs ont été tués dans des circonstances étranges et les journaux sont pleins de récits concernant des soucoupes volantes. Courtnay-Gabor, président du Bureau International de Préventions Scientifique envoie Yan Thomas en Finlande avec Christa qui remplacera Barbara, hospitalisée à la suite de son lavage de cerveau.

- Meurtres à distance.

La Marine nationale est inquiète. Un sous-marin atomique, en plongée sous la banquise reçoit des instructions par l’intermédiaire de deux « correspondants psychiques », l’un est dans le sous-marin, l’autre à terre à des milliers de kilomètres. Les expériences ont d’abord été concluantes : transmissions exactes à 80%, mais depuis quelque temps, c’est l’inverse, les correspondances sont fausses à 80%. Un court-circuit psychique s’est produit entre les deux sujets. Par qui ou par quoi a été provoqué ce court-circuit ?

- Alerte au Minotaure.

Un jour de courses sur un hippodrome. Le docteur Lauret et sa fille Martine suivent un de leurs chevaux engagés dans une épreuve. C’est un vieux cheval, qui n’a jamais gagné une course. Et pourtant celui-ci prend un galop foudroyant et gagne. Mais il meurt aussitôt après sa victoire. Le bruit court qu’il a été dopé. Le docteur Lauret, inquiet, téléphone à Courtnay Gabor et il est assassiné dans la cabine téléphonique. Courtnay Gabor, qui connaissait Lauret, éminent chimiste vétérinaire, envoie Yan et Christa enquêter en Camargue où le savant travaillait.

- Les créateurs de visible.

Un peu partout dans le monde, on a vu apparaître, au cours de manifestations contestataires, des silhouettes de leaders morts depuis longtemps et qui, tels des zombies, ont entraîné des esprits crédules à l’émeute. Les gouvernements inquiets, ont confié l’affaire au Bureau International de Prévention Scientifique. Yan et Barbara, chargés de l’enquête, rencontrent à Montréal, l’Etat Major technique d’une société canadienne de recherches optiques. Ils apprennent qu’un chercheur de génie qui appartenait à cette société a disparu depuis trois mois, avec les plans de la miniaturisation des appareils.

- L’Effaceur de mémoire.

Septième et dernier épisode de la série. A Montréal, le président d’un tribunal de Cour d’assises se trouble sur une phrase que lui jette l’accusé. L’audience est suspendue. Cinq minutes plus tard, le président se suicide. D’autres faits analogues, aussi étranges, s’étant répétés, les autorités font appel au Bureau International de Prévention Scientifique. Un incident télévisé met Yan Thomas sur une piste : en pleine émission, une vedette de la chanson a eu un trou de mémoire et s’est effondrée en public.

 
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« Les Sables De Mars » De Arthur C.Clarke

 

« Les sables de Mars » de Arthur C.Clarke. Editions Fleuve Noir.1955

 

Au prix d’efforts fantastiques, Les hommes sont parvenus à s’implanter sur Mars! Un voile de mystère recouvre cette tentative et le monde ignore encore ce qui se passe sur cette planète froide et stérile.

Martin Gibson est le pre­mier reporter autorisé à s’embarquer sur « L’Ares », qui effectue son voyage d’essai vers la colonie sidé­rale. Dès le décollage, la réalité dément toutes ses prévisions ; loin d’être fastidieuse comme il se l’ima­ginait, cette croisière ne tarde pas à lui ouvrir les yeux sur mille pro­blèmes insoupçonnés du public. Mais les étonnements de Gibson se multi­plient à son arrivée sur Mars. S’il y découvre une étrange colonie en pleine activité, il sent aussi que l’amabilité dont on l’entoure est factice. Il fait figure d’intrus, d’in­désirable. Pourquoi?

Persuadé qu’on se ligue contre lui pour dissimuler un important secret, Gibson se met en tête d’élucider cette énigme. Il n’y parviendrait pas si, au hasard d’une exploration,une singulière trouvaille ne lui valait une soudaine célébrité parmi les colons.

A mesure qu’il pénètre plus avant dans les secrets de la cité martienne, il est gagné par l’enthousiasme. Oubliant ses devoirs de reporter pour participer à l’extraordinaire bataille que les pionniers livrent contre la sauvagerie glacée de la planète, il n’informe pas la Terre de ce qu’il apprend.

Martin Gibson est lui-même conquis par ce monde désolé mais riche de promesses, au point que le retour sur sa planète natale ne lui semble plus souhaitable,

Quels sont donc les sortilèges qui enchaînent Gibson à la première cité extra-terrestre ? Pourquoi est-il devenu un autre homme ?

La réponse à ces deux questions est enfouie dans les sables rouges des déserts de Mars.

 

L’ouvrage est agrémenté d’une excellente préface de Jean-Gaston Vandel

«Ce livre n’est pas un ouvrage de vulgarisation : c’est une merveilleuse histoire ayant pour cadre la planète qui, de tout temps, a le plus intrigué l’Humanité.

Dès le début, l’auteur nous plonge dans une étrange aven­ture : l’épopée de la colonisation de Mars. Mais ce roman, dont tous les personnages vivent avec une telle intensité que nous ne doutons pas une seconde de leur existence, nous initie peu à peu au prochain chapitre de l’Histoire.

Rendons- nous à l’évidence : nous sommes au seuil de l’Age de l’Espace. Aujourd’hui, à l’heure où ces lignes sont écrites, en plusieurs endroits du globe des dizaines de savants travail­lent a l’expédition de la première fusée qui reliera la Terre à son satellite. Tout est prêt : les plans de cette fusée existent, la formation des futurs pilotes de l’Espace est en cours, les bases d’où s’envoleront les premiers véhicules interplanétaires sont désignées, les problèmes techniques essentiels sont résolus.

 Le vol intersidéral est en train de passer du domaine de la fiction à celui de la réalité, il a cessé d’être un rêve fabuleux pour devenir un objectif immédiat de notre époque. S’il nous apparaît encore comme une perspective lointaine, c’est en grande partie à cause du secret absolu qui recouvre les progrès réalisés dans les bureaux d’études des grandes puissances.

La révélation sera brutale : un jour nous apprendrons avec stupeur qu’un engin autoguidé a quitté la Terre pour la Lune, sans qu’aucune information préalable nous ait avisé de l’immi­nence de cet événement. La veille d’Hiroshima, seuls une dou­zaine d’experts savaient que la bombe atomique allait anéantir une ville entière.

Parmi ceux qui ont pleinement conscience de l’aventure extraordinaire qui débutera demain, l’un des plus lucides est assurément Arthur C. Clarke.

Doté d’une culture très étendue et d’un magnifique talent de conteur, cet écrivain a conquis en quelques années une renommée mondiale. Ses ouvrages sont traduits dans la plupart des langues, mais c’est en Amérique que son succès a été le plus foudroyant. Or, si l’on y réfléchit, cette réussite a quelque chose d’insolite dans un pays qui, comme les Etats-Unis, était submergé par des romans de science-fiction où s’étalaient les hypothèses les plus échevelées — voire les plus saugrenues — et où les auteurs côtoyaient sans cesse le fantastique pour forcer l’attention de lecteurs déjà blasés. Clarke apparut et, d’emblée, il s’imposa par une sobriété, par un réalisme qui contrastaient étonnamment avec les effarants récits que lisait le public américain. Sa paisible autorité le porta au pinacle en quelques mois…

Son rude bon sens, la profondeur de ses vues et sa stupé­fiante perspicacité plongèrent le lecteur dans une vivante réalité qui surpassait de loin les inventions les plus audacieuses. Tout en pulvérisant au passage bon nombre d’idées fausses, ses oeuvres prouvèrent qu’il n’était nul besoin de recourir aux artifices d’une pseudo-science pour créer des péripéties atta­chantes.

Arthur C. Clarke « sent » l’avenir et le met à notre portée : c’est un prophète, c’est le reporter des événements qui viennent et dont les racines poussent dans le temps présent. Avec un don de « pré-observation » qui tient de la voyance, il nous mêle à la vie de ses héros et nous entraîne à leur suite dans l’Espace. Ce n’est pas de l’anticipation dans le sens qu’on accorde d’ordinaire à ce terme, c’est de la prévision ; une prévision fondée, qui tire son intérêt de Ioj légitimité des bases sur lesquelles l’intrigue s’échafaude, et qui nous passionne plus que nous avons l’impression de baigner dans le réel.

Est-il besoin, après cela, d’énumérer les diplômes et les titres de cet auteur de nationalité britannique, qui fut associé pendant la guerre aux recherches sur le radar, qui devint ensuite président de la Société Interplanétaire de Londres et dont l’activité de vulgarisateur ne ralentit pas.

On commettrait une lourde erreur en imaginant Clarke sous les traits austères d’un érudit muré dans son cabinet de travail. Le souvenir le plus vivace qui me reste de ma première rencontre avec lui est une notion très nette des dégâts que peut provoquer dans l’épaule une poignée de main très vigou­reuse. Le visage rieur, le teint enluminé par le grand air, cet athlète dans la force de l’âge pratique avec fougue plusieurs sports et notamment la pêche sous-marine, tantôt en Floride, tantôt dans les Antilles. Un requin barracuda ne l’effraye pas davantage qu’une équation différentielle, il photographie aussi bien les crocodiles que les nébuleuses. Car ce visionnaire de l’avenir est, avant tout, un homme d’action, et les problèmes les plus graves ne lui font jamais perdre le sens de l’humour. Le présent volume reflète fort bien ces divers aspects de sa personnalitéy mais son principal mérite est d’ouvrir à l’esprit du lecteur, sous le couvert d’une narration captivante, les horizons nouveaux qui se profilent dans un proche avenir.

Arthur C. Clarke ramène la littérature d’anticipation sur son plan véritable et se hausse au niveau de ses plus illustres prédécesseurs.» 

 

Ouvrage doublement indispensable puisqu’il est agrémenté d’une magnifique jaquette de René Brantonne. A l’image de Gourdon pour la série « Angoisse » (entre autre), Brantonne fut sans contexte le chef de file des illustrateurs Français de la science-fiction Française de l’après guerre. Si l’on se penche d’un peu plus prés sur son abondante production, il sera alors possible de se rendre compte que ce « forçat » du pinceau réalisa au cour de son existence des milliers de planches pour diverses revues et collections. Je me rappelle avoir eu la chance d’admirer des planches originales pour la série « Anticipations » chez Fleuve Noir et je peux vous assurer que la beauté des couleurs et l’élégance du trait ne peuvent que forcer l’admiration et le respect. Un homme simple et besogneux qui hélas, reste dans l’ombre de certains dessinateurs au talent plus que discutable. Il a marqué toute une époque, avec son style particulier, et l’un des rares à pouvoir se targuer de posséder une « patte » unique et extraordinaire. La richesse et l’importance de son œuvre exemplaire devrait définitivement sortir du cadre restreint des seuls amateurs qui s’efforcent à faire perdurer la mémoire de ce brillant artiste disparu dernièrement, pour afin se faire connaître du grand public et lui accorder ainsi la place qu’il mérite.

L’évocation du seul nom de « Fulguros » me donne des frissons dans le dos, pourtant peu de gens connaissent ce prototype du super héros à la Française qui à l’instar de « Fantax » reste à tout jamais enfoui dans les recoins les plus obscurs de notre mémoire.

Je viens de parcourir avec une pointe de nostalgie l’album que l’éditeur « Le dernier terrain vague » lui avait consacré en 1983, une hommage comme il se doit tout en image et qui retrace non seulement toute la carrière de ce grand Monsieur, mais nous présente dans une superbe préface de Yves Frémion un personnage d’une simplicité, dégageant une aura des plus bienveillante et qu’il qualifie avec tout le respect que cela comporte « d’illustrateur populaire »

Avec cette illustration pour le roman de Arthur C.Clarke paru au fleuve noir tout comme celle de l’ouvrage de Jimmy Guieu « Les soucoupes volantes viennent d’un autre monde », une preuve supplémentaire s’il en faut de son talent merveilleux et incontestable

Un personnage phare d’une culture restée trop longtemps dans le domaine du péjoratif.

Et maintenant sectaires d’une culture un peu trop intello….laissez vous un peu aller, vous verrez que ce n’est pas si mauvais que ça ! 

 

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« L’île Sous Cloche » De Xavier De Langlais : Une Dystopie Insulaire……

 

Cet article signé Youen Drezen paru dans le N° 6 de « Horizons, revue des lettres » aux éditions « Aux portes du large » une revue Nantaise peu connue, est l’occasion de revenir sur un extraordinaire roman de Xavier de Langlais, tant pour sa richesse thématique que sur le profond pessimisme qui se dégage de cette dystopie. A la fois poétique dans certains passages, il faudra toutefois se méfier car dans cette société aux apparences harmonieuses, la noirceur n’est jamais très loin. La fulgurance des nombreuses idées qui parsèment cet ouvrage et le ton grave utilisé par l’auteur pour dénoncer la marche impétueuse et destructrice du progrès, font de ce « L’île sous cloche » un classique du genre

 

Bibliographie

 

- Xavier de Langlais, « L’île sous cloche ». Traduction par l’auteur du roman d’anticipation « Enez ar rod ». Nantes  « Aux portes du large » 1946. Avec bois gravé de l’auteur. Avec un  avant propos de l’auteur

- Langleiz [Xavier de Langlais], « Enez ar rod », Rennes : Ar Balb, 1949.

- Xavier de Langlais, « L’île sous cloche », Paris : Denoël, collection « Présence du futur » N°86.1965.

- Langleiz [Xavier de Langlais], « Enez ar rod », Lesneven : Hor Yezh, 2000.

- « L’île sous cloche » Xavier de Langlais ; avant-propos de Tugdual de Langlais ; préface de l’auteur à la première édition ; postface de Joseph Altairac ; bois gravés de l’auteur pour l’édition originale. Spézet : Coop Breizh, 2002. 286 p. 

 

Traduit du Breton…. « L’île sous cloche »

« Vers fin 1940, Xavier de Langlais me donnait à lire le texte d’un roman, qu’il venait d’écrire en breton. C’était « Enez ar Rod » (.L’Ile de la Roue), dont l’adaptation française, parue avant l’original, porte le titre de « L’île sous Cloche »

On connait le thème de l’île sous Cloche. Une jeune fille, Liliana, a été jetée par un naufrage, aux bords d’une île, dont les hommes de science ont développé, à un point vertigineux, la civilisation mécanique. L’île est séparée du reste de l’univers par une voûte, une cloche, éclairée artificiellement, et que ne traverse ni le bruit de la mer ni les rayons du soleil, – toutes choses bonnes pour des Sauvages !

La vie y a été organisée suivant des méthodes rigoureusement rationnelles. Supprimé le sommeil, comme inutile; supprimée aussi la nourriture, que remplace la fumée. L’Homme, cette machine-outil perfectionnée, apte à tout, est devenu dans  » l’Ile sous Cloche « , le robot voué au même geste sempiternel (ô Temps Modernes du génial Charlie Chaplin !) en dehors de toute initiative individuelle. L’Homme tourne-Vis visse sans cesse, l’Homme-Arroseur arrose sans répit…

L’Amour, l’Amour créateur est un mot vide de sens pour les Ilsouclochiens. L’Homme nouveau, ni mâle ni femelle, se fabrique, scientifiquement, en pièces détachées, en laboratoire. Sa proéminence le Super Aérocéphale Propulseur-de-roue numéro 7 fera visiter à Liliana, non sans une pointe d’orgueil, ces étranges laboratoires, qu’il nomme «le Palais des Germes» et «Le Jardin des Fleurs de Chair».

Ces hommes pré-fabriqués n’ont, faut-il le dire, aucun point commun avec les créations de Phidias, mais, ils ont été construits à des fins strictement utilitaires, et l’auteur, qui est peintre aussi, nous les décrit, chacun dans sa spécialité, et dans toute leur hideur, avec la minutie d’un anthropologue. Il n’y a plus d’individus, mais des numéros, et la vision qu’on nous donne de ces monstres nous oppresse comme un cauchemar.

L’Ame, car, à leur naissance, ils ont, pourtant, un âme, des spécialistes, la captent, toujours scientifiquement et l’enferment dans un tube de cristal, que l’on jette dans le Puits, comme une chose inutile, «sauvage».

Le cerveau est une tare encombrante. Foin de la Matière Grise ! Plus la tête est vide, plus elle est sonore, moins elle réfléchit, et plus son possesseur approche du Zéro Majuscule, c’est-à- dire de la perfection, – pardon ! de son point de perfectionnement, – et plus il sera qualifié pour tourner la Grande Roue, but et fin des Ilsouclochiens.

Car à quoi rime le déploiement poussé à l’extrême de ces perfectionnements techniques de l’humanité ? Quel idéal tend-on à lui faire atteindre, si ce n’est à lui faire tourner la Grande Roue, comme le font les enfants et les badauds à la foire?.. Voilà qui nous change des calembredaines de ces mystiques qui croient encore à la Vie Future et à la félicité éternelle dans le sein de Dieu !…

Or, la perfection n’est pas de ce monde, j’entends bien la perfection mécanique. Quand Liliana, naufragée, se réveilla dans l’Ile mystérieuse, les ingénieurs se trouvaient encore aux prises avec un problème momentanément insoluble. Leurs recherches s’avéraient vaines pour remplacer le coeur humain.

En fait, le coeur, «ce misérable petit muscle sauvage», sans le concours duquel un corps n’est qu’une masse inerte, est une source d’ennuis pour les Ilsouclochiens. On continue à mourir, dans l’île sous Cloche, et, quelques-uns, à s’y mal conduire. On y trouve donc une prison et un asile de fous. Les fous étant ceux qui ont gardé la nostalgie de l’ancienne forme humaine, – chose inconcevable, vraiment ! – et qui aspirent à récupérer leur âme !..

C’est une âme qui vaincra ces hypermécanisés. Une faible jeune fille, qui les fixe de son oeil de lumière, les fait reculer, tels un lion devant le regard du dompteur. Ce même regard, penché sur le Puit hallucinant, libérera les âmes, les forces spirituelles, prisonnières des tubes de cristal, provoquera un bouleversement inouï fera exploser la voûte scientifique et ressurgir nie de la gloire du soleil «sauvage». L’esprit aura triomphé de la matière, et le lecteur se réveille de cette angoisse, digne de notre siècle atomique, et heureux de se retrouver, lui aussi, «sauvage» comme devant.

On ne manquera pas d’évoquer, à propos de ce roman d’anticipation scientifique, Jules Verne et Wells. Je me contenterai de faire remarquer que l’un est Breton, comme l’auteur de l’Ile sous loche et l’autre Britannique, ce qui est un peu comme bonnet blanc et blanc bonnet. Cela revient a dire que les Celtes, qu’ils soient de ce bord de la Manche ou de l’autre, ou même d’outre – Atlantique ont, en plus de qualités communes, gardés intactes ces dons de visionnaires, dont les

anciens déjà faisaient cas, en parlant de leur sens

de la double vue. S’ils ont montré quelques complaisance au cours du XIXeme siècle, a se pencher sur leur passé, ils se sont toujours avéré curieux de toutes les nouveautés. Ils ont, fréquemment, des précurseurs. En écrivant l’Ile sous Cloche Xavier de Langlais était dans la ligne.

Je laisse à d’autres le soin d’établir les mérites respectifs de l’original et de la traduction française. Je confesse tout de même que l’auteur- traducteur a été plus heureux dans la rédaction de son texte breton. Celui-ci est plus direct, plus dense, plus viril dirais-je, et touchera son public avec une plus grande efficacité, si possible. Car, là, l’écrivain est en possession d’une langue neuve, non déflorée par l’usage de la littérature, concrète, et toujours chargée de tout son suc. Si l’on sait, en outre, que le Breton a la propriété de créer ses propres néologismes, au contraire du français, qui doit faire ses emprunts au latin et au grec, l’on enviera cette langue de pouvoir accéder de plain- pied à la terminologie scientifique.

Youenn Drezen.

 

 

Note de l’éditeur à la publication de 1946

 

« Un roman d’anticipation, digne des maîtres du genre : Wells, Spitz, Barjavel.

Mais plus qu’un roman d’anticipation : Loin de se plier sagement aux lois du genre, l’auteur n’a pas craint de pousser ses fictions jusqu’à leurs plus extrêmes conséquences, voire jusqu’à l’absurde, mais un absurde épique à l’échelle du monde qu’il a créé et que ses dons de visionnaire savent, un instant, nous imposer comme vrai. Véritable défi à la science et revanche du poète qu’il entend rester. Dans les descriptions scientifiques les plus osées du livre, tel cet hallucinant chapitre du « Jardin des fleurs de chair » ou du « Défilé de l’Abreuvoir », une étrange poésie sourd de chaque ligne.L’auteur est peintre (peintre fort connu) ; cela se voit, aussi bien en son style coloré, qu’en la belle jaquette et la couverture, qu’il a lui-même composées. »

 

 

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« Le Docteur Mabuse » De Norbert Jacques: Un Monstre Criminel Avec Une Science Au Service Du Mal

 

Norbert Jacques, né le 6 juin 1880, à Luxembourg, écrivit plusieurs romans à succès dans l’entre-deux-guerres. Mais la série des Docteur Mabuse, grâce aux adaptations de Fritz Lang, reste sa création la plus connue. Publié en France chez un petit éditeur (André Martel en 1954) dans une traduction rare mais malheureusement tronquée, il sera réédité dans sa version intégrale aux éditions du Rocher dans la « Bibliothéque du Mystére »

 L’auteur était l’un des derniers de ces grands globe-trotters cultivés que, bien avant la pre­mière guerre mondiale, on pouvait rencontrer dans les différents conti­nents, dans les pays exotiques lointains, en Afrique, dans les Indes, les îles Pacifiques, l’Australie.

Il était toujours à la chasse des aventures et à l’affût des aventuriers hors série.

Jusqu’à sa mort, survenue il y a plus de cinquante ans (Mai 1954), il demeurera un grand voyageur-reporter. A l’âge de 75 ans, il circulait à bord de puissantes voitures de course à travers tous les pays d’Europe, ne faisant que rarement escale dans son château au bord du lac de Constance.

Son roman, Docteur Mabuse  a été traduit dans presque toutes les langues. Le film tiré de ce livre a été une des plus marquantes créations du cinéma, et reste une œuvre clas­sique de l’art cinématographique.

Passionné de la vie qu’il croque à pleine dents, l’auteur a créé cette hallucinante figure du Docteur Mabuse. Un monstre sacré, un joueur fanatique, le prototype de ces aventuriers sans remords ni scru­pules. Le monde entier lui sert com­me proie pour ses ambitions. Tout le monde doit se plier devant ses volon­tés. Il domine et il attire les faibles et les femmes. Une vraie incarnation du mal, sans pitié, il détruit les obstacles, il ne reconnaît ni les lois ni les obligations de la société.

Mabuse rêve de créer, dans le fin fond de l’Amérique du Sud, un empire à sa taille, un empire où seulement sa volonté domine. Pour cela, il or­ganise le crime dans toutes ses formes. Le jeu, les femmes, la contrebande, le trafic, le pillage, lui servent pour obtenir les moyens pour la création de son royaume.

Sa science puissante est au service du mal. La lutte s’engage entre lui et le procureur Wenk, qui essaye difficilement de combattre l’organisation du diaboli­que docteur.

Une femme, la comtesse Toldt, est également l’enjeu de ce combat

Paru dans son édition originale en 1920 (  Berlin: Ullstein) sous le titre  « Dr Mabuse, le joueur » ( Dr Mabuse Der Spieler) cette saga va connaître également une publication en feuilleton dans le Berliner Illustrirte Zeitung en 1921-1922, Ce mythique roman de Norbert Jacques (1880-1954) est une étonnante métaphore sur le pouvoir et le mal absolu, mais aussi un portrait expressionniste de la société allemande de l’après-guerre. Car peu de personnes savent qu’avant d’être immortalisé au cinéma, ce monstre criminel fut un héros de la littérature. Encore une de ces figures dont la longévité ne doit sa survie que de part sa forte impression sur nos rétines. Il en est ainsi pour bon nombre de figures de la production populaire. Il sera donc aussitôt adapté par Fritz Lang qui en fit un film internationalement célèbre.

La suite de ce roman, écrite  en 1932 pour tenter de renouveler le succès du premier « Docteur Mabuse », se fera sous la pression de Fritz lang . « Le Testament du Dr Mabuse », sera interdit par les nazis quelques jours avant sa sortie en mars 1933. Il ne parut finalement en Allemagne qu’en 1950, avec en sous-titre « La dernière carte du Dr Mabuse » ou « Le roman d’un démon ». Il fut publié à son tour pour la première fois en France en 2001 aux Editions Du Rocher « Bibliothèque du Mystère »

Il est étonnant que ce redoutable génie du crime,cet archétype de l’anti–héros aux funestes dessins,ne fut pas l’objet de plus d’attention dans le superbe ouvrage de Daniel Compére « Dictionnaire du roman populaire Francophone » (Paru aux éditions « Nouveau monde » en 2007) pas plus d’ailleurs que dans le tout aussi passionnant « Le dico des héros » (Paru chez « Les moutons électriques »2009). Serge Lehmann par contre se souviendra de sa dette envers ce fascinant personnage puisqu’il en fera un des personnages principaux dans « La brigade chimérique » (Editions de « l’Atalante »), dont la puissante organisation s’est rendue maître de l’Allemagne. A la tête de son armée de « crânes » il rêve d’annihiler les puissants super-héros Européens. Une série en six volumes qu’il, mais est-il nécessaire de le préciser, indispensable de vous procurer.

 

« Le testament du Docteur Mabuse »

« Une rue, pavée de cadavres, éclaboussée et éblouissante de sang. Que lui importait à présent ? Amour, volupté… Il pensa furtivement à sa maîtresse blonde qui semblait le soutenir dans tout ce qu’il avait entrepris. Avait-elle, d’un seul mot seulement, fait allusion au fait qu’il aurait brisé sa vie, détruit son bonheur ? Au contraire ! Et justement, la vie… Qu’était la vie si elle était liée à ce monde odieux ? Un monde où tout était interdit, où rien n’était permis, où la volonté se heurtait sans cesse aux barrières qu’une prétendue «com­munauté humaine» avait érigées pour protéger les faibles? La vermine !

Les lois morales de la vermine… Ha ha ha !… Elles ne comp­taient pas pour un cerveau comme le sien. De tels cerveaux avaient le droit d’édicter leurs propres lois ! Mabuse avait toujours défendu ce point de vue, avait toujours agi selon ce principe et s’était amusé à diriger les forces du Mal… »

 

 Bibliographie du Dr Mabuse

- « Docteur Mabuse » Editions André Martel. 1954. Jaquette illustrée couleur.

- « Docteur Mabuse » Editions du Rocher « Bibliothèque du mystère collection dirigée par Claude Mesplède. 2001.

- « Le testament du Docteur Mabuse »  Editions du Rocher «  Bibliothéque du mystère » collection dirigée par Claude Mesplède. 2001.


Filmographie du Docteur Mabuse

 

-  « Docteur Mabuse le joueur » (Doktor Mabuse, der Spieler)  film allemand en deux parties de Fritz Lang sorti en 1922.

Première partie : « Le Joueur, une image de notre temps» (155′)

Deuxième partie : « Inferno, une pièce sur les hommes de ce temps » (115′)

Le film est également connu en français sous les titres « Le Docteur Mabuse » et « Mabuse le joueur ».

-  « Le Testament du docteur Mabuse »  (Das Testament des Dr. Mabuse) film  Allemand réalisé par Fritz Lang et sorti en 1933,est la suite de Docteur Mabuse le joueur film en deux épisodes de1922. C’est donc le premier film parlant de Fritz Lang sur ce personnage

-  « Le Diabolique Docteur Mabuse » (Die Tausend Augen des Dr. Mabuse) est le dernier film réalisé par Fritz Lang sorti en 1960. Troisième épisode des méfaits du Docteur Mabuse.

 

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Le Sillage: « Les Horizons Fantastiques »

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Cette éphémère collection qui frôla pourtant  les cinq ans d’existence, ne connu pas un nombre considérable de titres puisqu’elle totalisera en tout et pour tout quatre volumes. Trois Français et un anglo-saxon, dont un titre célèbre pour les amateurs d’anticipations anciennes, Léon Groc et son « Univers Vagabond »

Cette collection, très recherchée par les collectionneurs, doit surtout sa réputation pour la rareté de ses couvertures qui deviennent de plus en plus difficile à trouver en bon état.

Il existe au moins deux jaquettes différentes pour les deux premiers titres de la collection, moins intéressantes car non illustrées, elles n’en demeurent pas moins peu courantes.

 

- R.Teldy Naïm : « Paradis Atomiques, Roman des jours heureux » 1949.Le Sillage « Les Horizons Fantastiques »
- L.Groc et J.Zorn : « L’Univers Vagabond » 1950. Le Sillage « Les Horizons Fantastiques »
S.F Wright : « Cette sacrée planète » 1953. Le Sillage « Les Horizons Fantastiques »
R.Teldy Naïm : « Ceci arrivera hier » 1954. Le Sillage « Les Horizons Fantastiques »

 

« Paradis atomiques » note de l’éditeur

 

Comment vivront les hommes en l’an 2050 ? Quelle sera l’organisation sociale et politique du monde ? Les races seront- elles fraternellement unies ? Y aura-t-il encore une mon­naie ? Les hommes seront-ils parve­nus à supprimer la maladie ? Connaî­tront-ils le bonheur ? Sera-ce enfin l’âge d’or ?

Autant de questions qui nous han­tent, tantôt comme des cauchemars, tantôt comme de charmeuses utopies.

An 2050. Année de Paix.

Trois guerres atomiques mondiales ont modifié la face du monde. La première a vu se heurter les deux grands empires des anglo-saxons et des slaves ; la deuxième, les Jaunes et les Noirs, d’une part, et les Blancs, de d’autre ; la troisième Jaunes et Noirs. Ces conflits ont marqué les cartes du globe de «Terres désaf­fectées». «Désaffectée», l’Amérique du Nord, «désaffectée», l’Europe, au coeur de laquelle Paris, en ruines, dresse la carcasse démantelée de sa Tour Eiffel.

Le pouvoir est aux mains du Gouvernement Mondial, lequel tient ses assises aux Pôles. Mais ce Gouvernement est uniquement composé d’éléments de races noire, jaune, rouge ; d’Africains, de Japonais, d’Hindous, d’Indiens.

Et les Blancs ? Dénommés avec mépris «les décolorés», déci­més et réduits à quelques milliers d’individus, sont enfermés dans de gigantesques «Réserves», au Dahomey, sur la Terre de Feu et dans le « bush » australien, ils sont condamnés à vivre et à mourir, à l’écart du monde civilisé et, surtout, de la recherche scientifique. Ils représentent, pour leurs contemporains de couleur, le sel qui a corrodé l’âme du monde, le bras qui, ayant enclenché les catas­trophes finales, n’a su ni les éviter, ni les réparer.

La race blanche mérite-t-elle un semblable ostracisme ?

Ne se trouvera-t-il aucun de ses représentants pour la libérer, non par la force, qui n’arrange rien  (du moins, en profon­deur), mais par l’éclat incontestable et incontesté de la valeur humaine, scientifique, morale ? Reprendra-t-elle sa place parmi les hommes libres ?

Or, malgré tant de bouleversements, qu’est devenue justement la situation des hommes libres ? Sont-ils toujours capables d’amour, d’héroïsme, de renoncement ? Peut-on alors être toujours fier de l’homme ?

C’est à ces questions que R. Teldy Naïm répond « dans Paradis Atomiques ». Cette vie de l’an de grâce 2050, que Jules Verne, s’il vivait de nos jours, eût imaginée, R. Teldy Naïm l’a décrite avec un souci de la vraisemblance qui est l’essentiel de son talent. Il imagine que vers l’an 3000, l’on découvre un micropalimp­seste d’un auteur anonyme; ainsi s’enfonce-t-on dans le passé, déjà oublié, de la vie des hommes, en cette année 2050, après les ruines de la troisième guerre atomique.

Est-ce alors le paradis matériel ? Après tant d’événements boulever­sants, l’homme est-il resté le même ? Est-il toujours capable d’amour, d’héroïsme, de renoncements ? Peut- on alors être toujours fier de l’hom­me ?

R. Teldy Naïm reste, dans son anticipation, plein d’optimisme, mais d’un optimisme par bonheur teinté de scepticisme.

Le roman d’amour de Westminster avec Broadway, en ces temps où les planètes Mercure et Mars sont déjà dotées d’un statut de colonies, et où l’on espère pouvoir bientôt acclimater l’homme aux conditions de vie de la planète Vénus, nous montre assez que les droits du cœur et de l’âme ne mourront pas si facilement

Jean Pommier, dans « Afrique », a pu écrire :

« Le jeu est mené avec un brio étourdissant et une imagination déchaînée. Mais sous la fiction et le fantastique, on aperçoit une solide assise de scepticisme quant aux possibilités d’évolution morale des humains, puisque, même à l’époque où les faits sont situés, l’amour et la guerre les mènent encore. Au demeurant, l’ouvrage incline davantage à réfléchir sur les vraies valeurs mo­rales qu’un pesant in-octavo. »

 

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« L’univers vagabond note » de l’éditeur

 

A l’époque où se situe L’univers vagabond, la Lune et les planètes du système solaire ne sont plus que la proche banlieue de la Terre.

Les cosmo-réacteurs ont atteint en effet la vitesse fabuleuse de 3.000  kilomètres à la seconde. Pourtant, l’homme n’a pas encore réussi à franchir les limites du système so­laire. Même à cette vitesse, il ne faudrait pas moins de 450 ans pour atteindre la plus proche des étoiles L’homme est-il donc condamné à de­meurer le prisonnier des quelques planètes qu’il a annexées à son do­maine ? Telle est la question qui hante deux savants de ce monde fu­tur. Grâce à des prodiges d’ingénio­sité, ils réussiront à lui donner ré­ponse. Ils s’embarqueront à bord d’une fusée d’une conception hardie. Mais ce ne seront pas eux qui attein­dront l’étoile Proxima, but de leur voyage… Ils auront vaincu l’espace par procuration.

Mais l’astronautique est une scien­ce toute neuve !…

Quel carburant utilise la fusée ? Comment les passagers se nourris­sent-ils ? Où trouvent-ils l’air et l’eau qui leur sont nécessaires ? Autant de problèmes qu’il résout, en émet­tant parfois d’audacieuses hypothè­ses.

Servis par une connaissance pré­cise des possibilités scientifiques, les auteurs racontent avec une abondan­ce de péripéties parfaitement plau­sibles le long voyage de la fusée Cosmos vers les mondes lointains.

Le récit du séjour que font les passagers de la fusée Cosmos sur une planète du système de l’étoile Proxima n’est pas le morceau le moins passionnant du roman : les insolites paysages, et surtout les sin­guliers occupants : des pierres vi­vantes, radio-actives, pourvues de conscience et de volonté, qui ne voient pas avec plaisir arriver du fond de l’espace ces voyageurs ter­restres.

Les passagers de la fusée Cosmos parviendront-ils à s’arracher à cette planète hostile? C’est le dernier épi­sode, avant le retour vers la Terre, d’un extraordinaire voyage, le plus extraordinaire que pourront jamais tenter des hommes.

« C’est bien du Jules Verne et du meilleur », écrit Roger Ferlet. J. de Ricaumont, dans les Nouvelles Littéraires, qualifie ce livre de rafraîchissant. « Malgré son caractère scientifique, écrit-il, l’intérêt se main­tient sans défaillance, grâce au caractère vraisembla­ble, presque naturel de ces extraordinaires aventures. La qualité maîtresse des auteurs indispensable dans ce genre, est, en définitive, la crédibilité. »

 

 

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« Cette sacrée planète » note de l’éditeur

 

Cet ouvrage (The World below) est cé­lèbre aux Etats- Unis comme l’œuvre la plus extraordinaire dans le genre antici­pation»

C’est une histoire du futur le plus éloigné, dans laquelle le lecteur saute, par-dessus un demi million d’années, dans un monde indiciblement bizarre et où pénètre le « Voyageur du Temps », un nomme de notre époque, qui erre, à la façon d’un barbare, à travers cette civilisation étrange et fantastique, accom­pagné par l’énigmatique Femme Amphibienne.

Mr Bleiler écrit dans la préface :

« Dans ce monde d’un futur prodi­gieusement lointain, cet homme rencon­tre les deux branches extrêmement divergentes de la race humaine : les Tro­glodytes et les Amphibiens. Les Troglo­dytes sont, physiquement et intellectuel­lement, des géants, doués d’une sorte de super-science aussi brillante qu’impitoya­ble, mais ils sont fatigués et en voie d’extinction graduelle. Les Amphibiens, d’autre part, bien que cérébralement égaux des Troglodytes, ont, dans leur développement, mis l’accent sur la paix de l’âme et, en dépit de leur intense spi­ritualité et de leur harmonie avec la na­ture, manquent de force pour agir. Ils ont cessé de se reproduire, et leur nombre est limité ou augmenté par des lois qui dépassent l’entendement du héros du récit. Ainsi donc, l’Homme, comme les Troglodytes le savent parfaitement, est parvenu une fois de plus à une de ses crises cycliques de dégénérescence.Il res­te maintenant au primitif du XXe siècle, après avoir été purifié par les morales supérieures à la fois des Troglodytes et des Amphibiens, à offrir une synthèse des capacités humaines dépassant le pouvoir des hommes futurs trop hypers- spécialisés, tout en sachant parfaitement qu’il ne pourra que demeurer inférieur à chacun d’eux dans les limitée de leurs spécialisations respectives. Il est en son pouvoir de revenir encore une fois do fond du XXe siècle avec une femme, afin de donner naissance à une nouvelle race d’hommes. »

Aussi, ce livre est-il une invite à en­treprendre avec le «Voyageur du Temps » une des plus extraordinaires enquêtes dont l’humanité puisse rêver.

 

« Ceci Arrivera Hier » Note de l’éditeur

 

Le futur influe-t-il sur le passé ? Voilà un problème que se posent aujourd’hui physiciens et philosophes.

Dans un roman d’anticipation d’une lo­gique de fer, mais où l’humour le dispute à la fantaisie, R. Teldy Naim,répond à cette inquiétude.

Lilith, la blonde fille de l’espace sidéral, par un extraordinaire concours de cir­constances n’est pas née sur la Terre. Elle tombe sur celle-ci en plein XXXIIIéme siècle, à une époque où l’humanité cherche dé­sespérément à percer le mystère du « mil­lénaire oublié», période pendant laquelle l’Histoire du globe semble avoir été sus­pendue à la suite d’on ne sait qu’elle ténébreuse catastrophe.

La rivalité amoureuse entre Lilith et Vanika, l’étrange tzigane qui possède le secret de la quatrième dimension, emmè­nera Xavier et Seymour, les deux hommes qui ont décidé de « savoir », à tout prix, à travers la nuit des temps, où la ren­contre d’un personnage tout-puissant et protéiforme leur fera découvrir des aspects absolument inattendus de l’Histoire du Monde

Si vous voulez connaître comment le secret de la dixième symphonie de Ludwig van Beethoven, les arcanes de William Shakespeare, la disgrâce de Jacques Cœur, et jusqu’aux amours du grand Roi Salo­mon et de Balkis, la Reine de Saba., ont été conditionnés par des faits et des per­sonnages du XXXIIIe siècle ; si vous dési­rez apprendre de quelle manière des bou­leversements qui ne se produiront qu’en 1995 seront déterminés par des êtres qui ne vivront qu’en l’année 3293, lisez : « Ceci Arrivera Hier

 

Pour un complément d’informations vous référer à la page BDFI consacrée à cette collection

 

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« Savant Fou VS Momies »:Deux Petits Romans De Emil Anton Aux Editions Du Clocher

« L’île des Hommes Perdus » de Emil Anton Editions du clocher 1952. 64 pages. Couverture illustrée couleurs de Ruddy.

Un étrange virus fait ravage dans le monde scientifique. En effet, un nombre invraisemblable de savants de toutes nationalités disparaissent mystérieusement sans laisser de traces. La France semblait être préservée de ce fléau jusqu’au jour où, Jean Duplantier, spécialiste de la réflexion de la lumière, est à son tour enlevé alors qu’il se rendait à son appartement.

C’est grâce à la perspicacité de ses deux fils Guy et Yves et surtout aux connaissances de deux amis Raymond Saury et Gilbert Fleaurau, petits génies en matière de radar, qu’ils vont détecter l’avion ayant enlevé leur père alors qu’il se dirige vers une destination inconnue. Après différents calculs, le doute n’est plus possible, l’avion s’est posé sur l’île de Tamarica à la pointe de la Polynésie, perdue au milieu du Pacifique. Nos aventuriers réussiront, après un voyage tourmenté, à aborder dans la plus grande discrétion, les plages de cet îlot que les indigènes disent hantée. Le maître des lieux, Hans Burman y a construit un gigantesque complexe lui permettant de transférer les cerveaux des plus éminents savants du globe. Transfert s’effectuant dans les différentes têtes métalliques de toute son armée de robots, construite à des fins de conquête. Subtil mélange de force et d’intelligence, ces créatures lui permettent d’assembler et d’expédier dans l’espace une immense plateforme armée d’un super canon à l’énergie solaire. Celui-ci d’ailleurs détruira par la suite la ville de New-York, faisant tout fondre sur le passage de son rayon destructeur.

Les savants quant à eux, pauvres corps à l’esprit débile sont parqués dans un coin de l’île, à jouer comme des enfants. Héros obligent, le petit groupe parviendra malgré tout à détruire un des redoutables gardiens métalliques du maître. Mais oh ! surprise… à la mort de celui-ci, ils s’aperçoivent que le transfert de cerveaux volés peut aussi s’effectuer dans l’autre sens (l’intelligence n’étant qu’un fluide) et découvrir, le hasard faisant bien les choses, qu’il s’agit en fait de celui de leur père. La chasse est alors ouverte et l’on va tout guilleret « casser du robot ». Après un affrontement impitoyable, toutes ces boites crâniennes vides vont ainsi récupérer leurs géniales cervelles. Ne reste plus, faute de défenseurs qu’à détruire le repère du fou, dissimulé par quelques mètres de fond dans un lac situé au centre de l’île. Une bonne charge d’explosif fera l’affaire mais dans le fracas épouvantable de l’explosion ils entendront les réacteurs d’une fusée emportant avec elle ce bandit criminel. A leur retour en France, la chasse aux complices est engagée, tout le réseau du savant fou est démantelé. Quelques jours après ce drame Jean Duplantier apprendra par une source confidentielle que les restes de l’île interplanétaire furent retrouvés dans les bois de bohème éparpillés sur plusieurs kilomètres : mais pas de traces du savant criminel ! Les rêves de conquêtes de ce fou ont échoués, mais une menace plus terrible encore n’est-elle pas prête à se déchaîner sur l’humanité ? Vous le saurez chers lecteurs dans notre prochain numéro.

 

« Les momies vivantes » de Emil Anton Editions du clocher 1952. 64 pages. Couverture illustrée couleurs de Ruddy.

Hugues Verdier et Raoul Duflau, étudiants à la Sorbonne vont, en compagnie de Giselle la sœur de Hugues, faire une bien curieuse découverte. Alors qu’ils se rendaient chez leur oncle, un spécialiste en Egyptologie, ils font une halte chez un bouquiniste des quais de la Seine,où Giselle découvre un curieux petit ouvrage de J.B. Franchot :« étude sur les momies Egyptiennes ». Bien évidemment notre savant, Jérôme Bardou en vieux rat de bibliothèque, possède déjà l’ouvrage de cet auteur, mort dans d’étranges circonstances. Mais une surprise se trouve astucieusement cachée à l’intérieur de l’édition de Gisèle : Un authentique papyrus. Sur celui-ci est indiqué l’emplacement exact de la tombe d’une certaine princesse Amarou Ra, ensevelie d’après la légende, dans le désert de Nubie. A ce jour toutes les recherches furent infructueuses, une malédiction pèserait-elle sur le tombeau tant convoité ?

 Rien ne fait reculer un véritable aventurier et nos amis décident donc de partir à la recherche de cette mythique Hypogée contenant sans nul doute un fabuleux trésor. Le voyage par bateau ne se passe pas sans histoire – D’abord on tente d’assassiner l’oncle lors de la traversée, puis de sombres menaces écrites en hiéroglyphes leurs parviennent de mystérieuse façon. Une fois arrivés sur la terre d’Egypte, autre problème car personne ne désire participer à leur périple. Les porteurs avouant être menacés ainsi que leur famille s’il y avait une moindre collaboration. Finalement l’argent aidant, le corps expéditionnaire s’organise mais de nouveaux incidents entravent leur progression : chameaux tués, disparition d’hommes, assassinat du guide…Curieusement ce dernier sera remplacé par la survenue providentielle d’un jeune homme, Ali, au regard étrange mais se disant prêt à les conduire à l’emplacement exact du tombeau.

Ali n’est autre qu’un prêtre, gardien des anciens rites et défenseur du tombeau d’Amarou Ra. Grâce à certaines formules magiques, il attire les aventuriers un peu trop curieux et après les avoir tué, il possède le pouvoir de les momifier pour les ramener à une vie impie et profane, histoire de grossir son armée de gardiens du temple.

Toute l’expédition se trouve alors confrontée à toute l’horreur  de cette gigantesque caverne ressemblant à un immense musée, plein de sarcophages où dorment d’un sommeil éternel, de nombreuses générations d’aventuriers et d’archéologues. Après un terrible combat, où comme toujours le bien finira par triompher, le prêtre n’ayant pas le temps de réveiller ses horribles gardes du corps, préférera, grâce à un dispositif spécial, détruire l’ensemble du temple et ses immenses richesses. Les explorateurs s’en sortiront indemnes, mais rien ne subsistera de tout ces trésors archéologiques pouvant attester de leurs incroyables découvertes. Frustrant non ?

 

 Savant fou VS momies…

Voici donc brièvement, deux romans de cette agréable petite collection éditée dans la Haute-Garonne et qui donna naissance entre autre au célèbre roman du même Emil Anton « Les enfants des étoiles » et de celui de H.Suquet « panique sur le monde ». Il est à noter tout d’abord le coté très agréable des couvertures et plus particulièrement celle des « momies vivantes ». Les textes d’Emil Anton comme peuvent l’attester les titres du catalogue, sont toujours un agréable mélange entre fantastique et Science-Fiction et si les prétentions littéraires ne sont pas des plus immenses, il n’en reste pas moins que ses textes sont d’une facture agréable où l’aventure est de mise. Comme il se doit avec ces fascicules, le ton et la rapidité de l’écriture nous laisse bien présager de la moyenne d’âge des lecteurs mais il faut avouer que toutes ces idées, même ébauchées de façons superficielles, sont toujours plaisantes et très amusantes. Une fois de plus, le « Savant fou » , icône incontournable de ce genre de productions, y joue un rôle déterminant et contrairement à ses autres homologues celui-ci ne s’embarrasse pas d’une science trop compliquée et pour cause voyez dans le premier texte où l’intelligence est un fluide pouvant changer de propriétaires. Le moyen est simple, net et sans bavure ou presque, rappelez-vous le faciès des génies sans cervelle. Anton doit avoir une forte sympathie pour les « cerveaux » dérangés (de ceux qui détruisent New York sur un coup de tête) car finalement Hans Burman arrivera à s’en sortir, ce qui laisse une porte ouverte à une éventuelle suite…que nous attendons toujours

Le roman Fantastique, de facture classique (momies, manuscrit secret, malédiction) n’a rien d’original si ce n’est l’utilisation de ces audacieux aventuriers par le prêtre Egyptien afin de protéger éternellement l’objet même de leur convoitise. Il y a là une certaine ironie qui ne manque pas de charme. Le thème de la malédiction est certes très usé à force d’avoir été utilisé mais dans ce genre de récits courts et nerveux cela fonctionne toujours autant. De plus les deux derniers chapitres nous plongent directement dans un remake de « Les aventuriers de l’arche perdue » avec écroulement du temple, fosse aux serpents et tout et tout… Les mystères de l’ancienne Egypte n’en finissent plus d’appâter les amateurs, certes à leurs risques et périls, mais que deviendrait notre soif de lecture « Savanturières » s’il n’existait pas d’intrépides explorateurs pour oser les braver ?

 

Pour une liste complète des numéros parus dans cette sympathique petite collection vous référer à l’incontournable site BDFI

 

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