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« Le Meurtre de L’enchanteur » Jacques Baudou

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Après « La lisière de bohème » et « Au grenier des sortilèges » parus respectivement aux « Moutons Électriques » et chez « Rivière Blanche » voici que vient de sortir le troisième roman de Jacques Baudou aux éditions « Le Pythagore » et intitulé « Le meurtre de l’enchanteur » .
Je dois avouer avoir été ravi de ce nouveau roman, car j’adore cet auteur, tant sur le plan humain qu’au niveau de son écriture, mais s’il faut en croire le vieil adage « qui se ressemble s’assemble » pouvait-il en être autrement de la part d’un homme d’une aussi grande sensibilité de cœur et d’esprit qui a consacré toute sa vie aux littératures marginales, qu’il s’agisse de celles relevant du policier que de l’imaginaire. On ne présente plus un tel personnage, tout amateur des domaines précités le connaissent en tant que fin spécialiste et s’il fut un brillant critique pour la revue « Le monde » sa passion le poussera à rédiger bon nombre d’ouvrages de référence aussi bien pour le polar que pour la fantasy , le cinéma et la science-fiction : l’une des grandes figures de ces fameuses littératures de mauvais genre !
J’avais adoré son avant-dernier roman « Au grenier des sortilèges », tant pour sa thématique mélangeant avec brio tous les domaines qui nous passionnent et surtout pour la justesse de son écriture, toute en nuance chargée de cette sensibilité qui ne fait pas dans le sensationnel,mais dans la simplicité, où le lecteur prend la pleine mesure de cette connexion, que peu d’écrivains possèdent, entre le cœur et la plume. La lecture de ce « Le meurtre de l’enchanteur » vient confirmer cette impression et une fois notre esprit envahi par toute la magie du titre et de la beauté de la couverture réalisée par Caza, il ne nous reste plus qu’à nous laisser emporter par le tourbillon des mots qui vont nous plonger dans une aventure qu’il nous sera impossible d’abandonner.
C’est une histoire dans une histoire, une enquête policière, dont le héros, un inspecteur à l’apparence banale et amateur de littérature de l’imaginaire, va se retrouver à élucider un mystère en chambre close et dont la victime n’est autre que son auteur favori. Au fil de l’enquête, il va connaître un peu mieux ce personnage à la double existence un peu trouble et qui, jusqu’à sa mort aussi brutale qu’incompréhensible, va entretenir une aura de mystère. Un homme vivant à l’abri des regards dans une immense propriété, adoré par une gouvernante d’une fidélité à toute épreuve et d’un secrétaire qui se révèle bien plus qu’un simple chargé aux comptes. Certes un « enfant du pays » mais porteur d’une réputation au comportement peu affable, évitant tout contact avec les petites gens. C’est en creusant un peu plus dans son passé énigmatique que le policier va remonter aux sources de son inspiration et de comprendre comment et pourquoi il rédigea son grand œuvre, les trois tomes de « Le maître des maléfices ».
Chaque chapitre du roman, commence par un extrait de cette trilogie et qui trouve un certain écho dans ce que va vivre l’inspecteur Géraud. Le lecteur se trouve ainsi plongé dans un roman policier, un roman à énigme mâtiné de fantasy , un parcours initiatique où le héros va en quelque sorte donner un sens à sa vie et parvenir à apporter bien des réponses à ces trois volumes qui lecture après lecture, ne cessèrent de l’obséder, comme un envoûtement duquel il ne pensait pouvoir jamais s’arracher.
On se laisse alors prendre d’une réelle amitié pour cet enquêteur qui minutieusement va ordonner le puzzle de cet auteur tant adulé par ses admirateurs pourtant repoussé par son entourage et se laisser imprégner de cette mélancolie, toute en apparence, que l’auteur se plaît à instiller afin de nous conduire vers un final quelque peu « subversif » et parfaitement à sa place. Une fois encore avec ce roman, Jacques Baudou nous témoigne non seulement tout son amour pour ses domaines de prédilection, mais il le fait avec toute la délicatesse et la sensibilité d’un homme profondément humaniste, permettant au lecteur de faire un peu office d’un pèlerin,cheminant vers une destination dont il s’est fait un défi, sur les tortueux chemins de l’étrange à la découverte d’un univers profondément enraciné dans le terroir, subtilement nimbé de ce halo fantomatique donnant une vision légèrement trouble d’une réalité que nous pensions immuable.
J’aime sa vision d’un monde à l’apparence anodine recelant bien de secrets avec cette façon si particulière de nous prendre délicatement par la main et de tirer ce fin voilage de la réalité afin de nous montrer que le monde peut se révéler bien plus étrange qu’il n’y paraît.
Jacques Baudou dont l’écriture se fait trop rare est l’un de ces conteurs qui nous envoûte par l’ambiance de ses romans en demi-teinte et par le biais de ce « meurtre de l’enchanteur » signe un roman fort plaisant à l’image de sa vie qu’il consacra aux domaines de l’imaginaire, à l’image tout simplement d’un personnage passionnant et attachant.

Note de l’éditeur :


« Confrontée à ce qui a tous les aspects d’un crime en chambre close, la gendarmerie d’Estrevant, un petit bourg de l’Est de la France, demande l’aide de la police. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Géraud ne tarde pas à découvrir que la victime Gaétan Davenac, n’est autre que Gabriel Destrange, l’auteur d’une trilogie de fantasy qui a beaucoup comptée pour lui, qui a été son viatique durant des années sombres.
Mais qui l’a tué ?
Et Pourquoi ?
Est-ce parce que « Le meurtre de l’enchanteur » pourrait tout aussi bien s’appeler «Le crime de l’enchanteur»?

« Le meurtre de l’enchanteur » de Jacques Baudou. Éditions Le Pythagore. Couverture illustrée de Caza.

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« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips

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Avec ce recueil composé de quatre nouvelles de Rog Phillips ( pseudo de Roger Philips Graham), notre ami Richard D.Nolane, vient d’avoir l’excellente idée de publier un auteur peu connu du public Français, mais pourtant doté d’une belle plume imaginative et non dépourvue d’une certaine originalité. Les amateurs de la première heure, se souviennent de son seul et unique roman traduit dans la mythique collection « Fleuve noir Anticipation » sous le titre « Piège dans le temps » N°30 (1954) où il était question d’une scientifique qui , ayant découvert une machine à voyager dans le temps, se porte au secours de notre civilisation future dominée par une race d’extraterrestre belliqueux : les Vargiens !
La lecture de ce petit volume, « Un rat dans le crâne » m’a immédiatement fait pensé à quelques scénarios échappés de la série de Rod Sterling « La quatrième dimension » tellement nous sommes proches de cette science fiction typique d’une certaine époque, très originale au point de vue thématique et avec toujours un peu de cette part de poésie et d’humanisme et propre à cet âge d’or d’une SF qui souvent nous révélait, non pas les méfaits de la science, mais de prendre garde à ne pas trop vouloir en user et abuser. J’ai franchement aimé le contenu de ce recueil certes pour l’originalité des textes, mais également pour cette forme de mélancolie qui s’en dégage. Si « Un rat dans le crâne » fait preuve d’une certaine noirceur dans son final, le propos employé par l’auteur fait froid dans le dos et plus que d’intelligence artificielle, il ouvre le débat sur l’utilisation des animaux de laboratoire à des fins expérimentales et des lourdes conséquences pour l’homme à vouloir se prendre pour un dieu créateur. Rehaussé par la superbe illustration de Emsh en couverture , cette nouvelle sera grande découverte pour le public Français. Si « Les anciens martiens » la nouvelle suivante, reste classique dans le fond, l’auteur y utilise avec habileté la thématique de la civilisation extraterrestre supérieure, mais surtout celui du contrôle de l’état pour s’approprier, ou faire disparaître, une technologie dont il pourrait tirer partie. Le final me fait penser au film « Les aventuriers de l’arche perdu » et à ce hangar gigantesque où sont entreposées des Découvertes dont il faut taire l’existence afin de ne pas perturber celle des simples mortels. La troisième nouvelle « La galerie » est à mon avis la plus originale du volume .Là nous sommes vraiment dans une ambiance pur jus de la « Quatrième dimension » avec l’histoire de ce personnage qui rend visite à sa tante après un message désespéré de celle-ci. Arrivé dans cette petite ville typique des États-Unis, tout semble normal jusqu’à ce qu’il découvre un étrange cadre dans sa chambre et surtout la présence d’une bien singulière boutique de photographies…….je vous laisse découvrir la suite tout à fait vertigineuse et réellement originale. Pour conclure, avec « Les parias » une fois de plus l’auteur fait montre d’un réel attachement pour son prochain et explore sur cette courte nouvelle le problème délicat de la différence.Certes de nombreux écrivains ce sont essayés à cet exercice mais dans le cas de Rog Phillips, il nous prouve que science-fiction et poésie font bon ménage et qu’une histoire d’amour peut très bien se lier harmonieusement avec un cadre flirtant entre l’horreur et la science fiction. Une nouvelle touchante qui vient conclure une collection, « Vintage fiction » que nous souhaitons prolifique et qui manquait cruellement aux amateurs du genre. L’effort admirable de Richard D.Nolane dont le bon goût en matière de l’imaginaire Américain n’est plus à démontrer et nous ne le remercierons jamais assez de nous donner ainsi la chance de découvrir des auteurs inaccessibles pour le lecteur moyen et qui plus est incapable de lire une nouvelle dans une langue étrangère.

Visiblement un prochain volume est annoncé : « Dérapages temporels » de Murray Leinster et Philip M.Ficher Jr

« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips, Recueil de nouvelles inédites présentées par Richard D.Nolane. Traduction de Martine Blond,Éditions de l’œil du Sphinx « Vintage Fiction »

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« Loyola de la Jungle » de Jean-Hugues Villacampa

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Lorsque vous êtes, comme moi, un nostalgique de cette époque où fascicules et journaux accordaient une place de choix aux récits d’aventures souvent mâtinés de SF et de fantastique, nul doute que l’arrivée de cette nouvelle collection chez notre ami du Carnoplaste ne peut que susciter un enthousiasme plus que justifié. En nous proposant quatre petites livraisons, comme au bon vieux temps des Ferenczi et de sa mythique collection « Mon roman d’aventures », le fin gourmet de littérature populaire que je suis, avait de quoi jubiler : belles couvertures, titres intrigants, récits courts et enlevés et le must, en fin de volume une petite vignette « points bonus » à retourner à l’éditeur pour recevoir une surprise !
Je viens donc d’entamer la lecture de ces « mini-formats » par le texte de Jean-Hugues Villacampa et je dois avouer que je n’ai pas boudé mon plaisir de suivre les péripéties de ce mystérieux « Ignace » ( qui est un petit nom charmant) arrivé comme par miracle sur le seuil du modeste logis de la bonne d’un curé de campagne lors d’une rude hiver de 1854. Après une jeunesse sans histoire, où presque, un peu mis à l’écart par ses compagnons de jeux qui le jugent un peu « spécial » il deviendra après quelques années d’études studieuses, un homme  grand et fort à la chevelure claire , avec une étrange lueur dans le regard. En possession d’un étrange pouvoir, rien ne le destinait à faire carrière dans les ordres. C’est pourtant le chemin qu’il va suivre et comme les voies du seigneur sont impénétrables son destin va le mener à accompagner un escadron de ulhans noirs, redoutables guerrier de l’empire germanique pour une mission d’exploration au plus profond de l’Afrique de l’Est. Il faut dire que notre géant avait lié une profonde amitié avec Gotthold , redoutable militaire avec qui il partage une passion commune pour les armes blanches. Embarqué à bord d’un magnifique Zeppelin, le corps expéditionnaire va affronter bien des périples, dont un dans les airs qui s’apparente à un épisode de la 4éme dimension, jusqu’au naufrage de ce géant des airs dans une contrée hostile où la végétation et la maladie ne sont forcément pas les adversaires les plus à craindre. Certains concours de circonstances font qu’il est parfois nécessaire de réécrire l’histoire et dans celle-ci entre autre, l’auteur qui nous avait déjà auparavant montré quelques signes d’accointance pour l’Afrique et ses mystères, nous révèle une histoire qui risque, d’une façon tout à fait inhabituelle, de refaire celle des territoires de l’imaginaire. C’est ainsi que naissent les légendes et celle-ci les amis, nous ne sommes pas prête de l’oublier !
Oscillant entre le récit d’aventure, d’exploration, des civilisations disparues, de la dystopie et de la science-fiction ( tout cela dans un petit fascicule de 28 pages, chapeau maitre!) , voilà un récit plein d’humour et d’imagination qui se déroule à une vitesse vertigineuse pour aboutir à une final apocalyptique à la mesure du personnage qui en est le héros. Jean-Hugues y fait preuve d’un solide sens rythme et de l’urgence de l’écriture en installant dès les premières lignes un climat de tension palpable et de ce doux parfum d’exotisme, d’aventure et de mystères que nous cherchons tous dans ce genre de publications. Une bien belle petite réussite qui ne fait qu’augmenter le plaisir que nous avons à acquérir les publications d’un éditeur qui ose une aventure éditoriale sans précédent et que nous soutenons de tout cœur, car la Savanture ce n’est pas que des mots, ce sont aussi des actes et ne voilà t-il pas une plus belle preuve d’engagement pour ces valeurs que nous défendons tous ?

Bravo Jean-Hugues on en redemande encore!

« Loyola de la jungle » de Jean-Hugues Villacampa éditions du Carnoplaste « Collection Aventures N°2 »

Loyola de la jungle



« L’alchimie de la Pierre » de Ekaterina Sedia

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S’il y a un thème qui fut de nombreuses fois abordé dans l’imaginaire ancien ou récent, c’est bien celui du rapport de la machine avec son identité. Depuis que le premier inventeur eut l’idée de donner un semblant de vie à une assemblage d’engrenages et de balanciers, son rêve le plus ardent fut celui de lui donner une conscience. Je vous invite pour un historique de cette thématique, à vous reporter sur les quelques articles rédigés pour mon site « Sur l’autre face du monde » et plus particulièrement « Le secret de ne jamais mourir » de Pasquier où je dresse une petite liste des ouvrages traitant de cette thématique. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est non seulement l’universalité du sujet, mais de constater à quel point les auteurs « modernes » restent attachés à cette problématique qui pousse à une profonde réflexion.
« Ai-je une âme, Père ? » , voilà une question méritant que l’on s’y arrête et si cette réflexion philosophique sur la condition de la créature ( organique ou mécanique) peinant à trouver sa place dans une société qui l’a créée est toute légitime, peu d’auteurs réussirent à aborder le sujet avec tout le discernement et la gravité qui s’imposait. Deux magnifiques exemples me viennent en tête, « L’automate de Nuremberg » de Thomas Day, ou nous retrouvons une thématique un peu similaire d’un automate affranchi par son maître et en quête d’une certaine « légitimité » de son existence en tant qu’être vivant et « La Vénus anatomique » le puissant roman de Xavier Mauméjean se posant une tout autre question sur les tous les champs du possible en matière de création et surtout des limites de la science. En effet, un problème se pose alors : comment devons nous considérer le produit de nos chimères ?
En ce sens, le roman de Ekaterina Sedia que les éditions du Bélial eurent le bon goût de nous faire connaitre au travers de son fascinant « L’alchimie de la pierre », est tout simplement vertigineux ( comme les deux précédents romans cités) car il se veut non seulement distrayant et inventif, mais il pousse jusqu’à ses derniers retranchements la problématique de la créature artificielle à la recherche de sa véritable identité. Dans ce monde décalé où elle évolue, sorte de moyen- age alternatif où existe de nombreuses guildes , deux se trouvent en rivalité constante : les alchimistes et les mécaniciens. L’une symbole d’un savoir ancestral, d’une passé certes obscur, mais pouvant apporter des solutions naturelles aux maux des populations, l’autre, tournée vers l’avenir, car capable de fabriquer des créatures artificielles mais construites non pas pour réfléchir, mais pour vaquer aux tâches ingrates du quotidien.
Mattie est l’une d’entre elles, elle fut créée jadis par Loharri, un célèbre mécanicien, mais qui possède une chose rare : une conscience ! De plus, c’est une affranchie, son maître lui a accordé sa liberté, ce qui lui a permis, point paradoxal, de se lancer dans l’apprentissage de l’alchimie. Toutefois, un lien tenace existe entre l’homme et sa créature, il lui procure lorsque celui-ci se détériore un visage de porcelaine, celui de Mattie est recouvert de rouages et d’engrenages, mais surtout, il possède la clef qui de temps à autre lui permet d’être remontée et donc de lui insuffler un délai supplémentaire de vie ! Ce double aspect d’ailleurs de visages « interchangeables » et de pouvoir de vie ou de mort sur le produit de sa création sont déjà dés éléments qui revêtent une importance intéressante, car appuyant de manière significative sur l’importance de l’identité/visage ( Mattie préfère un masque lisse dénué d’expression, recherchant en cela une certaine neutralité) et de l’impermanence de la vie.

Sur fond de révolution fomentée par un groupe d’opposant au régime en place, travailleurs exploités durement dans les mines de charbon et mécaniciens voulant faire table rase sur un passé révolu, Mattie découvre une autre singulière communauté, celle des gargouilles, créatures frappées d’une malédiction et dont l’automate est la seule à pouvoir trouver le chemin de leur libération. Non seulement, elle va tout faire pour récupérer cette fameuse clef afin d’acquérir une totale liberté ( Loharri joue avec elle avec un raffinement décadent, mais ô combien calculé) , essayer de comprendre et d’aider les monstres minéraux et trouver une réponse à sa principale interrogation : malgré mes différences, suis-je un être vivant à part entière ?
Sa quête va la mener dans une ville où plane bien des mystères, où rodent de bien curieuses créatures dont une qui sera pour elle d’une aide précieuse, la mémoire vivante de cette cité fantastique, Ilmarekh le fumeur d’âmes, celui qui les emprisonnent dans son corps lorsque leur enveloppe charnelle vient à disparaitre. Il y a aussi la belle Iolanda, la maitresse de Loharri qui lui promet de lui obtenir cette fameuse clef en échange de petits services, dont la création d’un singulier homoncule qui sera prêt à sacrifier sa vie au service de son créateur. Car ce qu’il y a d’étonnant dans ce roman aux multiples visages ( en cela celui interchangeable de Mattie est une métaphore sur l’identité et l’apparence) c’est de se retrouver à un moment donné sur plusieurs niveaux de la création où l’homme créé une machine qui créée un organisme vivant. Jusqu’au jour où Mattie rencontre Sébastien, un mécanicien rebelle et fugitif et dont la présence va la troubler jusqu’au plus profond de sa complexe mécanique et ressentir ce que nul automate n’avait perçu jusqu’à ce jour : l’amour !
Complot, manigances, ordres occultes, science archaïque et machines infernales…..Ce roman inventif et original est impossible à abandonner une fois que vous l’avez commencé. La complexité de son héroïne de métal et le trouble qui ne cesse de la traverser au sujet de son identité, en font un personnage attachant à tel point que vous finissez par oublier sa condition de machine et éprouver une réelle empathie pour ce personnage à la fois extrêmement fort, mais d’une grande fragilité et d’une touchante sensibilité. L’auteure est parvenue à créer un monde particulièrement fascinant traversé de fulgurance narrative d’une grande beauté et d’une extrême noirceur comme cette scène sensuelle entre Mattie et Sébastien ou celle apocalyptique de l’attentat lors du passage royal dans une artère de la capitale.
Après avoir délivrée les gargouilles de leur malédiction, il ne restera plus qu’à Mattie à trouver une liberté totale en se libérant une fois pour toutes de la servitude de son maître qui joue avec elle comme le ferait un enfant capricieux avec son plus beau jouet. Je vous invite à découvrir ce roman d’une grande poésie en lisant de toute urgence ce gros coup de cœur qui va se conclure dans un final apocalyptique par l’émergence d’un projet fou conçu par les mécaniciens projetant de conquérir la ville, mais aussi d’une grande beauté avec le destin de cette femme mécanique qui, tout au long de ce magnifique et trop court roman, ne cesse de nous fasciner et de nous émouvoir.
Certainement, un roman à acheter de toute urgence, foi de Savanturier, vous ne le regretterez pas et je pense que la traduction de Pierre-Paul Durastanti y est pour quelque chose.

Une fois n’est pas coutume, saluons le magnifique travail de couverture de Nicolas Fructus et de ses illustrations en noir & blanc

« L’alchimie de la Pierre » de Ekaterina Sedia, éditions du Bélial , couverture et illustrations intérieures de Nicolas Fructus, traduction de Pierre-Paul Durastanti.2017

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« Les Forces de L’ordre Invisible » de Philippe Baudoin

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Philippe Baudoin

Appréhender une personnalité aussi complexe que celle de Émile Tizanè, fut à mon avis un défi redoutable et j’imagine sans peine l’expression de surprise de Philippe Baudoin , à la vision des archives d’une teneur exceptionnelle qu’il vient de découvrir pour la rédaction de son live et précieusement conservées , dans la cave de l’un de ses fils. J’avais vaguement entendu parler de cet étrange « chasseur de fantômes » sans jamais vraiment m’y intéresser bien que, plus d’une fois, je fus intrigué par au moins deux de ses titres « L’hôte inconnu dans le crime sans cause » et « il n’y a pas de maisons hantées. Journal d’un enquêteur incrédule 1925 à 1933 ». Je ne connaissais pas cet auteur, je l’avais consciencieusement mis dans un coin de ma mémoire afin de pouvoir ultérieurement faire des recherches sur ce singulier personnage en apparence ,qui semblait dépenser toute son énergie sur des phénomènes que beaucoup d’autres avaient étudiés, sans savoir un seul instant qu’il fut l’un des tout premier à appréhender le phénomène des « Poltergeist » selon une méthodologie bien précise, frisant l’obsession et pour cause toute sa vie durant il essaya de convaincre sa hiérarchie de combattre ses entités comme des criminels : quoi de plus naturel pour un représentant des forces de l’ordre !
Ce qui frappe en premier le lecteur à la vision de l’ouvrage, de fort belle facture, c’est le titre : « Les forces de l’ordre invisible » et l’on pourrait presque se méprendre sur le sens réel d’un tel titre. Je dois avouer que ma première analyse du titre se concentra sur les forces de l’ordre en tant que garant de notre sécurité. Bien évidemment le dernier mot de « invisible » , sans l’accord, ne laisse planer aucun doute, mais avouez qu’il y a un jeu sur le double sens que peut revêtir une telle appellation, et c’est tant mieux, car il est alors possible de se concentrer sur les deux axes principaux de l’ouvrage : essayer quoi qu’il en coûte de faire respecter l’ordre et de lutter contre des forces invisibles.
Saluons également la maquette de l’ouvrage qui dans sa présentation et son contenu, reste moulé dans un style à l’ambiance un peu surannée, renforcé par des photos d’époque et une typographie de chapitres en adéquation avec toute l’étrangeté du livre. Il y a de plus dans cette couverture comme un hommage au « héros » de cet ouvrage, amateur de collages extraordinaires et dont le motif psychédélique en diable, nous lance comme un avertissement à toutes les hantises que nous allons y rencontrer. Je ne sais pas pourquoi, mais la couleur verte dominante, est aussi un rappel aux formes fantomatiques et ectoplasmiques qui vont jalonner l’ouvrage. Mais peu importe le sens que chacun va trouver à ce décorum, Philippe Baudoin nous conduit sur les traces d’un traqueur de spectres dont nous ne mesurions pas toute la complexité et l’ambiguïté. C’est un véritable travail de titan, que d’avoir compulsé autant de documents et d’en extraire sa substantifique moelle afin d’en faire profiter le lecteur dans un volumineux condensé qui nous permet un peu mieux de cerner sa personnalité. Voilà un homme fascinant qui, durant toute sa vie, faisant fi des quolibets et des entraves de sa hiérarchie, traqua sans relâche avec une méthodologie, pour ne pas dire maniaquerie, frôlant même la pathologie, les phénomènes de « petites hantises » qu’il répertoria, disséqua et analysa avec une rare pugnacité. En regard de son parcours, de ses croyances aux choses de l’invisible, de sa ferveur catholique et de son obsession pour l’ordre et la morale, on comprend mieux le sens de cette « croisade » qu’il s’était infligée, Minutieux, perspicace, méthodique et obstiné, lisant une multitude d’ouvrages sur le domaine, contactant sans relâche les plus grands spécialistes du moment, il va édifier certaines hypothèses non dénuées de sens affirmant pour exemple que dans la plupart des cas motivant enquête, il y a toujours un être vivant qui est le centre des phénomènes.
Mais eu delà de ce parcours édifiant qui pourra prêter de temps à autre à réflexion sur l’homme et ses motivations, il y a un travail de fond sur l’homme et son époque et sur son autre obsession, celle d’amasser une somme colossale de documents et dont Philippe Baudoin consacrera une large place en première partie en faisant une analyse fort passionnante sur la fonction d’archivage. Érudit sur son analyse et pertinent sur la finalité de cette curieuse manie, il nous ouvre les portes d’un univers que les collectionneurs ou les « collecteurs de documents » comme le dit si bien notre ami Joseph Altairac, comprendrons fort bien. Mais ce singulier personnage, laisse aussi transparaître un être tourmenté, contrarié par l’incompréhension de sa hiérarchie et de son manque de soutien, lui qui veut traquer ses « esprits » comme de vulgaires criminels et qu’il est indispensable de traiter en tant que tel. Pour lui, il y a trouble de l’ordre public, des biens et des personnes sont impliqués, c’est le devoir de la gendarmerie d’y mettre bon ordre.
La guerre vient alors jeter un voile trouble sur toute son activité et le chapitre consacré aux phénomènes occultes et aux sociétés secrètes pendant l’occupation allemande fut pour moi une découverte fort intéressante car je n’avais pas idée à quel point la France, pendant cette période, baignait dans une ambiance aussi mystique. Emile Tizanè fit-il preuve d’opportunisme pendant cette période ? pressé d’un côté par sa hiérarchie qui forçait ses troupes à une soumission totale et aveugle à l’occupant, mais d’un autre côté pouvant peut-être mieux assouvir sa soif de connaissance en la matière ( il fut un proche d’Alexis Carrel lui-même ami de Jacques Doriot pro-nazi notoire) période où il put de manière officielle conduire une enquête impliquant « des forces de l’ordre invisible » ? Son activité, bien qu’ayant été « lavé de toutes fautes » , reste là aussi assez trouble, comme le fut une grande partie des gendarmes à cette époque. Après la guerre, et ce, pendant des années, il va continuer son combat, accumulant preuves et témoignages, établissant une carte de « La France hantée », collaborera à de nombreuses revues spirites, fera la une de revues spécialisées, participera à des émissions télévisées……
Mais cette vie consacrée à cette recherche de la vérité et dont il tirera de nombreuses conclusions, que je vous laisse découvrir à la lecture de ce fort volume, ne sera pas sans conséquence, victime lui-même de phénomènes paranormaux dans sa propre maison, il consacrera ses dernières années en portant un intérêt sur le phénomène des OVNI ( il fut l’ami de Jimmy Guieu) le conduisant également à des événements troublants. Il va s’éteindre d’une maladie généralisée, laissant derrière lui bien des mystères et bien des affaires non classées que nous aurons peut-être un jour la chance de découvrir,
Fait étrange, comme l’a été toute sa vie, sa femme va découvrir quelque temps après sa mort dans le sous-main de son mari une feuille écrite ( comme sous écriture automatique) et signée « Mick » ( le surnom qu’elle donnait à son époux)  :
« Je suis toujours dans cette maison, je te parle, tu ne réponds pas, je t’en prie, n’aie pas peur, ne me quitte pas »
Un final à l’image du personnage et du livre, que j’espère vous lirez comme moi avec avidité, l’histoire de « l’enquête d’un enquêteur intriguant », passionnant,,probablement un cas unique dans un organisme « officiel » et qui nous pousse à réflexion ou du moins envisager les phénomènes de petites voire de grandes hantises sous un jour et un angle nouveau.

Un bien bel ouvrage mené de main de maître !

« Les forces de l’ordre invisible , Émile Tizané un gendarme sur les territoires de la hantise » Editions de Philippe Baudoin .« Le murmure » 2016

 

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« De la Thune sur Neptune » de François Corteggiani

 

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Je me rappelle lorsque enfant, j’allais en vacances dans la maison de mes grand-parents paternel. Mon petit plaisir de lecture, était d’acheter dans la collection « Les beaux albums de la jeunesse joyeuse » les albums de « Bibi Fricotin » et des « Pieds Nickelés ». À cette époque, je ne connaissais pas René Pellos, mais j’avais une affection toute particulière pour son trait dynamique et la particularité qu’il avait à donner vie à des choses, inertes par nature, mais souvent affublées d’un visage, d’une grimace ou d’un clin d’œil. C’est bien plus tard que j’ai pris conscience du génie de ce dessinateur hors pair et que finalement, enfant, je n’avais pas trop des goûts de chiotte ! Déjà, en ce temps là, c’était leurs aventures fantastiques ou conjecturales qui me passionnaient le plus et je dois reconnaître que si à l’époque j’ai dévoré leur périple en « soupière volante », dans une « fusée interplanétaire » ou sur « Bêta 2 » j’étais loin d’imaginer dans ma petite cervelle de gamin que je les retrouverai 45 années plus tard sur ……Neptune !
Une fois de plus nous en avions rêvés, ou presque, et le Carnoplaste l’a fait ! Car il fallait avoir une sacrée bonne dose de dérision, d’humour et de connaissance des lieux pour romancer ce trio de personnage culte resté gravé dans toutes les mémoires et qui mieux que l’ami Cortégiani, grand spécialiste des BD et des choses anciennes, pouvait nous livrer une aventure aussi farfelue et incroyablement jouissive.
Suite à un casse qui tourne court, le préfet Boudini leur propose un deal : aller dans l’espace et plus particulièrement en direction de Neptune d’où fut envoyé un dernier message du capitaine Bob, agent spécial spatial : In y a de la thune sur Neptune ! Plus pour renflouer les caisses de l’état que pour porter secours à cette gloire nationale, nos trois malfrats n’ont pas d’autres choix que de s’embarquer dans cette aventure aux confins de notre système solaire, riche en rebondissement où la rencontre d’un rat mercenaire de l’espace, une reine anthropophage et une armée de Zlonkiens peu amicaux, ne seront qu’une infime partie des périls qu’ils vont devoir affronter. De cette burlesque épopée se dégage non seulement le respect de l’auteur pour cette triplette potache et farfelue, mais aussi un plaisir certain à donner au lecteur une bonne dose d’humour afin de faire fonctionner à plein régime nos zygomatiques parfois quelque peu atrophiés. Rarement dans cette série de l’histoire du système solaire, mis à part avec « Pluie de plomb sur Pluton » , un auteur n’avait à ce point utilisé le ton de la galéjade afin de réinventer notre propre folle histoire de l’espace et aboutir à un résultat aussi drôle que divertissant. Le fascicule de François, est à son image, truculent, fantaisiste,généreux et passionné et comme en plus il n’est pas avare en amitié, il nous arrose généreusement en clins d’œils divers et variés et n’hésite pas à utiliser le corpus carnoplastique, avec quelques références de fascicules ( dont le mien et j’en suis fort aise) et d’amis Savanturiers qui trouvent dans cette aventure une place de choix, bien légitime et qui leur sied à ravir : le sympathique Capitaine Bob, l’inventeur de la machine à voyager dans le temps ( dont je vous laisse découvrir le nom) la planète « Délirius » , gouvernée pat Lob et Druillet……ne sont que de petits avant-goûts de tout ce qui vous attend.
On sent dans cette histoire qu’il s’est amusé à l’écrire, qu’elle fut l’occasion de laisser libre cours à son sens affûté de la dérision et de nous apporter une nouvelle fois la preuve de son amour immodéré pour ses personnages un peu oubliés, mais qui continuent à briller avec ou sans thune dans le firmament de notre patrimoine culturel populaire. Ajoutez à cela des titres de chapitres où l’auteur nous gratifie de quelques jeux de mots bien placés et d’une SUPERBE couverture ( magnifiques couleurs de Bonaventure) et illustrations intérieures de Herlé et vous aurez entre les mains un de ces ovni de la littérature d’aventure populaire qui trouvera une place bien méritée au rayon de ses petites perles parodiques que tout Savanturier se doit de posséder.

« De la thune sur Neptune » 8eme fascicule de « L’histoire du système solaire en 1920 » Éditions du Carnoplaste.Texte de François Corteggianni , dessins de couverture et illustrations intérieures N&B de Herlé, couleurs de Bonavanture.

Présentation éditeur, dans son jus………..

V’LÀ QUE CAPITAINE BOB, AGENT SPÉCIAL SPATIAL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, SE FAIT BOUFFER PAR L’AVALEUR D’ÉTOILES… MAIS LE BOUGRE A EU LE TEMPS D’ENVOYER UN MESSAGE. C’EST MADAME MARTICHON, FEMME DE MÉNAGE AU MINISTÈRE DE L’ESPACE, QUI LE RÉCEPTIONNE. L’HEURE EST GRAVE. SUR LE TOIT D’À CÔTÉ CROQUIGNOL, RIBOULDiNGUE et FILOCHARD TOMBENT À POINT NOMMÉ… AVOIR LE PRÉFET BOUDINI AUX BASQUES, ÇA AIDE À SE PORTER VOLONTAIRE ET V’LÀ NOS PIEDS NICKELÉS EN ROUTE POUR NEPTUNE. CHEZ LA REINE NAMOUMOU. ET LES ZLONKIENS QUI DEBARQUENT ! ET KARASCAL, LE RAT DE L’ESPACE, QUI S’EN MÊLE… AH, FAUT ÊTRE MOTIVÉ… HEUREUSEMENT QUE LE MESSAGE DE CAPITAINE BOB DISAIT CECI :

IL Y A DE LA THUNE SUR NEPTUNEJE RÉPÈTE… IL Y A DE LA THUNE SUR NEPTUNE !

 

de la thune sur neptune

 

 



« Le Tombeau Du Diable » de Eric Bony


Journaliste pendant de longues années pour une revue consacrée à l’étrange, outre sa participation à la revue « Mystère » et son implication pour l’émission « L’odyssée de l’étrange », Eric Bony ne pouvait pas faire mieux que de se lancer dans le roman de fiction avec ce premier volume d’une héros que nous affectionnons tout particulièrement « Le journaliste de l’étrange »
Thomas Cazan est un habitué des Charlatans de toutes sortes et lorsqu’il y a quelques années, avec une bande de copains, il crée la revue « Enigm » l’époque se prêtait à tous ces articles à sensation, mais rédigés avec une rigueur et un professionnalisme qui aujourd’hui n’intéresse plus les nouveaux dirigeants. Autre temps, autres mœurs, on ne lui demande plus d’enquêter sur des phénomènes plausibles, concrets, vérifiables, mais sur des faits incroyables et tellement gros que non seulement cela sent l’arnaque à plein nez, mais en plus ébrèche fortement sa foi en son métier de journaliste. A présent son métier est devenu une véritable croisade et il n’a de cesse de démasquer les escrocs qui se prétendent investi d’une mission divine ou de pouvoirs extraordinaires, ce qui n’est pas au goût de son patron : il faut bien faire vivre le commerce et faire bouillir la marmite ! On lui somme de rentrer dans le rang en lui confiant le reportage de la dernière chance. Une exposition doit avoir lieu au petit palais et consacrée aux objets maudits. Son reportage se focalisera sur un bijou mystérieux ayant appartenu au célèbre bandit « Mandrin » et possédant la fâcheuse manie de tuer ses propriétaires. Lors de l’interview de son actuel possesseur, dans la chambre forte abritant l’objet rare, ce dernier est horriblement assassiné avec le garde assurant sa protection, le commissaire de l’exposition y est gravement blessé et notre journaliste, pris pour cible, est contraint de fuir. Poursuivit par le service de sécurité de l’exposition, pensant qu’il s’agit du voleur, il sera sauvé de justesse par la mystérieuse Marie, descendante de la famille de Mandrin qui elle aussi compte bien retrouver le fameux bijou. Celui-ci contient en effet un indice permettant d’accéder à un mystérieux trésor, convoité par toute une génération de chercheurs de trésors. Commence alors une course-poursuite effrénée, une course contre la montre dans laquelle s’engage la police persuadée que Cazan est le véritable coupable, Marie qui semble être trop serviable pour être honnête et une mystérieux groupe occulte ayant à sa tête Balbek un être cruel qui est persuadé que le véritable trésor n’est pas moins que le tombeau du diable. Le chemin de cette course effrénée va ainsi être jonché d’une multitude de cadavres, car nous apprenons au fil de l’histoire, des intentions peu louables de ce monstre assoiffé de sang à la tête d’une organisation aux ramifications tentaculaires et dont la seule forme d’expression est la torture et le massacre. Après bien des péripéties, Thomas Cazan découvre alors les enjeux de cette course au trésor qui, dans un final apocalyptique et totalement surprenant, nous révèle un des mystères le plus controversé du XXéme siècle.


Inutile de vous dire que ce livre au rythme effréné possède son lot de mystères et de crimes particulièrement violents et que l’on ne repose que contraint et forcé afin de reposer un peu ses yeux tellement l’écriture y est alerte avec un rythme qui ne supporte pas les temps morts. J’ai retrouvé ce même plaisir de lecture lorsque j’avais dévoré, sur les conseils d’un ami paléontologue « La griffe du diable » ( Teins tiens ! Bizarre là aussi, il est question de l’ange déchu), un roman qui présente des similitudes en terme d’action et de rebondissements ( une lecture indispensable) . On sent dans ce roman de presque 450 pages le vécu de l’auteur et sa profonde expérience dans le domaine de « l’occulte » conférant au personnage principal une solide texture et l’on imagine sans mal Éric Bony comme une sorte de clone fictif de ce journaliste de l’étrange qui d’entrée de jeu nous est fortement sympathique. Le roman est bourré de références au cinéma et aux séries télévisées et l’on devine ainsi l’écrivain grand fan du grand et petit écran ,prenant un malin plaisir à saupoudrer son histoire des incontournables classiques du genre. Il y a ensuite cette galerie de personnages assez pittoresques voir même terrifiant et si les méchants de l’histoire sont vraiment détestables à souhait, mais avec malgré tout un aspect fascinant et puisque surtout, que diable, ils pimentent l’histoire de leurs interventions radicales et sanglantes, les « gentils » attirent toute notre sympathie, car du chasseur de trésor tenant une fort belle librairie dans un cadre propice à notre imaginaire en passant par le rat de bibliothèque, enfoui dans une cave pratiquement oubliée des hommes et qui entasse depuis des décennies tous les faits étranges et surnaturels se déroulant sur notre bon vieux sol français, le lecteur grand fan de cette littérature ne pourra qu’y trouver son compte et s’identifier quelque peu à de si originales figures. Sans oublier nos deux héroïnes, figures archétypales de la femme fatale, fortes et redoutables à la fois, mais dont la seule devise sera le classique : « La fin justifie les moyens », et bien entendu, le flic qui se la joue décontracte et qui sous des apparences de ne pas trop y toucher est doué d’une grande perspicacité.Mais au delà de cette impressionnante galerie de personnage , il y a l’intrigue fort originale gravitant autour de la légende de Mandrin et que l’auteur vient associer à une affaire assez curieuse dont j’avais entendu parler pour la première fois grâce à mon ami Jean-Luc Rivera, grand amateur de mystères et de civilisation disparues : l’affaire Glozel

Glozel est un lieu-dit de la commune de Ferrières-sur-Sichon, dans le département de l’Allier, situé à une trentaine de kilomètres de Vichy. Il est devenu célèbre à partir de 1924, quand fut mis au jour un ensemble d’objets, attribués dans un premier temps à une époque préhistorique, mais dont l’ancienneté et parfois l’authenticité furent rapidement contestées. Les objets découverts sont des pierres taillées, des poteries, des ossements, des fragments de verre, et surtout des tablettes de céramique portant des inscriptions évoquant une écriture dans un alphabet souvent rapproché de l’alphabet phénicien. Ces vestiges sont à l’origine d’une vive controverse qui divisa une partie de la communauté scientifique. La découverte initiale est réalisée le 1er mars 1924 par Émile Fradin, alors âgé de 17 ans, et par son grand-père Claude Fradin en défrichant le champ Duranthon, surnommé plus tard « le Champ des Morts ». Le pied de l’une des vaches tirant la charrue s’enfonce dans une cavité. Les Fradin découvrent une fosse dont les parois sont revêtues de briques , le sol y est couvert de dalles d’argile. La fosse contient des ossements humains, des instruments en pierre ou en os et des fragments de céramique. En deux années, le gisement livre environ 3 000 vestiges très variés. La découverte de ce site remet en question bien des choses sur notre histoire entre autre il met en évidence, et d’après la datation de certaines pièces provenant du néolithique, de l’existence à cette époque d’un système d’écriture alors que, officiellement, celle-ci ne remonte qu’à l’époque des phéniciens

Je ne peux que vous encourager à faire de petites recherches sur le net et d’en apprendre plus sur cette incroyable histoire que tout Savanturier se doit de connaître et Eric Bony, grand spécialiste du genre ne pouvait laisser filer une si belle occasion d’échafauder une hypothèse assez séduisante pour faire un lien avec son histoire de bandit de grand chemin, de bijou maudit et de ce fameux « Tombeau du diable ». En ce sens, le tout premier chapitre se déroulant à l’époque Gallo-romaine est particulièrement réussi et mériterait à mon avis un autre ouvrage se déroulant à cette époque imprégnée de violence et de magie.

En homme aguerri des « dossiers brûlants » et un sens particulièrement développé de l’intrigue permettant de tenir son lecteur en haleine, par un subtil mélange des genres, il nous concocte une histoire menée tambour battant avec un final particulièrement réussi. Même si certains effets de style sont poussés à l’extrême en voulant légitimiser la cruauté des méchants de l’histoire le roman reste très plaisant à lire, débutant ainsi une série d’ouvrages très prometteuse ayant pour héros ce tout nouveau journaliste de l’étrange qui, pour notre plus grand plaisir n’a pas froid aux yeux et possède une certaine connaissance de tous ces phénomènes qui nous passionnent tant.
Nous ne pouvons que souhaiter une bonne chance à cet auteur plein de talent qui vient ainsi grossir le rang de ces détectives de l’occulte œuvrant dans le silence feutré de poussiéreuses bibliothèques afin de résoudre bon nombre « d’affaire non classées » mais avec cette classe et cette décontraction qui ne peuvent que susciter notre intérêt et toute notre sympathie

 

« Le tombeau du diable » de Eric Bony, Éditions City 2015, Couverture de Joanna Jankowska & Deborah Pendell

 

le tombeau du diable

 



« Le dernier Songe De Lord Scriven » de Eric Senabre

On a trop souvent attribué à la littérature dite de genre un statut négatif pour ne pas dire péjoratif alors imaginez lorsque celle-ci se trouve dans le domaine jeunesse et que vos « amis » horrifiés découvrent l’objet de vos coupables lectures. Il m’arrive souvent de m’abandonner à cette catégorie et je viens de m’apercevoir au final qu’elle occupait pas moins d’une rayonnage entier de ma bibliothèque. Je m’y abandonne souvent, car c’est une lecture rafraîchissante et reposante, non pas qu’elle soit plus « simpliste » , mais parce que souvent les idées y sont plus claires, le style plus léger, mais pas forcement moins intéressant, et les auteurs qui s’y adonnent restent souvent inventifs voir peut-être même plus pertinents dans leurs idées que les écrivains d’une littérature dite plus «Adulte». Invité chez des amis Savanturiers pour quelques jours, me voilà les bagages plus lourds de trois volumes qui ne manqueraient pas d’agrémenter les longues heures de voyages en train, moyen de locomotion d’ailleurs que j’affectionne tout particulièrement tant il me permet de me laisser aller à la rêverie en regardant la diversité des paysages défiler devant moi et surtout de me plonger avec délectation dans de longs moments de lecture.Devant moi , sur ma petite tablette, trois ouvrages posés :« Les 81 frères » de Romain d’Huissier », « La machine s’arrête » de E.M.Forster et de » Le dernier songe de Lord Scriven » de Éric Senabre. Et comme vous pouvez vous en douter, je vais évoquer ce dernier titre. J’avais déjà fort apprécié sa trilogie « Sublutétia » se déroulant dans le sous-sol Parisien habité par une bien étrange civilisation et je me suis donc précipité ( avec ce retard propre à la gigantesque pile de livres à lire) sur son dernier roman au titre assez intrigant.
« Bizarre, vous avez dit bizarre ? Il n’existe pas à ma connaissance d’ouvrages en français ayant relaté les aventures d’une détective parvenant à résoudre des meurtres en se plongeant dans un profond sommeil l’auteur a déjà donc fait preuve une grande d’originalité : Son rôle consiste à surveiller le sommeil de son nouveau patron après un rituel bien spécifique réclamant un don de chanteur afin de psalmodier un sort bien particulier. Le temps de sommeil doit être précis, sinon le dormeur risque d’y laisser sa vie ou sa raison. Une expérience assez troublante pour cet explorateur des songes puisqu’il visualise tout sous forme de symbole et qu’il lui faut par la suite tout interpréter de la façon la plus proche possible de la réalité. Commence alors une singulière aventure où les deux héros vont être plongés non pas dans une simple affaire de meurtre, mais dans une gigantesque machination pouvant mettre à mal les intérêts de l’empire britannique.
Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, outre le style alerte qui se laisse lire d’une traire sans presque jamais reprendre son souffle, c’est l’atmosphère si particulière qui se dégage de cet univers légèrement feutré où évolue des personnages au caractère bien trempé. La relation entre Christopher et Banerjee est particulièrement savoureuse et l’on retrouve bien souvent cette « dualité » pourtant fort bien équilibrée entre d’une coté le journaliste qui est un homme d’action et ce singulier détective, imprégné de sagesse Hindoue qui, bien que profondément déterminé, temporise son associé/disciple. Grâce à son calme qui n’est pas du tout une forme de flegme toute britannique, il parvient bien souvent à se dépêtrer de situations parfois un peu délicates. Moi qui suis un passionné de détectives de l’occulte, j’ai trouvé dans ce roman ce doux parfum de l’étrange qu’il me plaît à respirer et j’ai trouvé qu’il flotte dans cette aventure un équilibre parfait entre action , mystère et enquête policière. : L’ombre du Sâr Dubnotal et des récits spirites du début du XXéme siècle plane sur ce roman d’une grande originalité. Une enquête qui d’ailleurs va même réussir à nous plonger dans une histoire qui frôle la science-fiction avec la découverte d’une curieuse machine que je vous laisse le soin de découvrir. Une enquête qui d’ailleurs va même réussir à nous plonger dans une histoire qui frôle la science-fiction avec la découverte d’une curieuse machine que je vous laisse le soin de découvrir. on s’attache au héros, on déteste les méchants, on rigole des figures caricaturales, bref il y en a pour tous les goûts !
Au final, un roman parfaitement équilibré qui se dévore sans une once d’ennui et l’on se met à espérer qu’Éric Senabre dont nous apprécions la plume alerte et imaginative nous régalera de prochaines aventures de ce détective hors pair, grand spécialiste de la migration des âmes et qui vient, de par sa stature si particulière et bigrement intéressante, rejoindre le panthéon des détectives de l’étrange dont nous avions perdu la trace depuis quelques années. Un sacré plaisir de lecture que je ne peux que vous recommander chaudement.

 

« Le dernier songe de Lord Scriven » de Eric Senabre édition Didier Jeunesse . Couverture de Taï-Mare Le Thanh

 

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« Le marteau de Thor » de Stéphane Przybylski

 

Je ne lis pas pour le plaisir de lire, mais pour le plaisir que va m’apporter la lecture, Il en est ainsi des ouvrages que l’on va vite oublier et peut-être même ne pas terminer et d’autres qui vous plongent dans cette délicieuse sensation de ravissement et dont les mots vous portent à chaque instant, vous poussent à tourner les pages avec une grande avidité, afin d’en savoir plus, toujours et encore plus. Le dernier roman de Stéphane Przybylski « Le marteau de Thor », entre dans cette catégorie d’ouvrages qu’il vous est impossible de lâcher, car il est écrit non seulement avec une grande clarté aux style fluide et plaisant, mais l’on sent derrière cet écrivain de science fiction, l’historien amoureux de sa spécialité qui arrive avec un langage d’une incroyable compréhension, à vous faire aimer l’histoire et plus particulièrement celle de la seconde guerre mondiale : alors imaginez pour une fan comme moi ! Tout comme le premier tome « Le château de million d’années » il concilie avec brio, histoire, espionnage, aventure science et fiction pour obtenir un cocktail explosif entre X-files, Indiana Jones et roman historique. J’avais pourtant lu son premier volume il y a presque un an, mais je me suis replongé dans ce « Marteau de Thor » comme si de rien n’était,faisant fi des mois écoulés, c’est pour vous dire à quel point cet auteur à de la classe, possédant cette particularité de parsemer son roman de petits rappels discrets qui vous replongent comme si de rien n’était au cœur de l’action. Usant avec une grande habileté de nombreux « Flash-back » permettant des ruptures dans le récit afin d’éviter des longueurs et une lassitude du lecteur, il trouve là un procédé narratif particulièrement brillant qui pousse le lecteur à ne jamais arrêter son avancée. Les personnages les plus détestables y sont fascinants, les héros, personnages souvent falots, viennent rompre l’idée que nous pouvions nous en faire, les espionnes pulpeuses et terriblement désirables, un univers de personnages pris dans la tourmente de l’histoire lors de l’un des épisodes les plus sombres de notre histoire et qui risque de le devenir encore plus face à de nouvelles découvertes. Tout ce beau monde évoluant dans un monde impitoyable où l’action ne laisse que peu de place au repos du lecteur.On voyage à travers le monde entier et l’on repose abasourdi cet incroyable voyage immobile d’une grande intensité et d’une grande richesse thématique.

Oui, cette œuvre fera date, car elle est brillante, bien construite et terriblement bien réfléchie et révèle tout le respect de son auteur pour les genres qu’il y aborde avec détermination et amusement. Car son œuvre laisse échapper de temps à autres quelques indices pour toute l’affection qui porte aux domaines qui nous intéressent et l’épilogue de ce deuxième volume, qui nous frustre, car nous avons envie de savoir, en est la preuve irréfutable et qui devrait à mon avis plaire à bien des Savanturiers et plus particulièrement ceux d’une certain type de revue américaine,

Coup de cœur et coup de chapeau, hâte, et même plus que hâte de lire la suite, car il s’agit là de l’une de ces œuvres qui vous pousse encore et toujours à lire toujours plus. Un roman qui me donne du baume au cœur, qui vous stimule et je ne peux que vous conseiller une chose : lisez-le, vous ne le regretterez pas, foi de Savanturier !

Un grand Bravo également à Aurélien Police pour cette nouvelle et magnifique couverture!

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« Le Simulacre » de Jean-Luc Marcastel

le Simulacre Logo

De nos jours dans les littératures de l’imaginaire, il y a ceux qui suivent un phénomène de mode et nous abreuvent de textes insipides, sans âme ni consistance et puis il y a ceux, que je compte fort heureusement parmi mes amis, qui eux par contre nous régalent de romans ou de nouvelles qui font la joie des lecteurs que nous sommes et qui entretiennent de leurs plumes fécondes et originales cet appétit de mets littéraires délicats et savoureux qu’il nous faut, sous une incontrôlable dépendance, absorber régulièrement et en grande quantité. D’ailleurs, puisque nous parlons cuisine, qui mieux qu’un Gascon, pourrait nous charmer par sa cuisine riche, savoureuse et nous offrir une table que nul amateur ne se verrait refuser ? Il est des domaines en littérature où l’on ne plaisante pas avec l’honneur, la bagarre et la bonne chère et si un auteur était en mesure de mélanger avec maestria ces trois ingrédients d’une aussi admirable façon, il ne pouvait s’appeler autrement que Jean-Luc Marcastel.

Vous dire que j’ai été enthousiasmé par le premier volume de sa série « Le Simulacre » est un doux euphémisme et je puis confesser sans nul doute que cette trilogie fera date dans ma mémoire de lecteur et…..de Gascon ! Inventer un univers original et cohérent n’est pas chose facile et l’auteur, par un incroyable tour de force de l’imaginaire, vient de nous créer un monde fort divertissant, foisonnant, haut en couleur et en mesure d’accrocher le lecteur de la première à la dernière ligne. Au travers de cette habile transposition du héros le plus célèbre du roman de cap et d’épée, d’Artagnan, de sa palette puissante et truculente , il ainsi réalise une œuvre qui ne laisse pas la place à l’ennuie mais en plus génère en nous cet état d’exaltation littéraire poussant le malheureux lecteur, victime de cette savoureuse addiction, de ne plus lâcher le livre ou alors bien à regret, non sans avoir asséné un coup d’estoc au pauvre fou ayant eut l’outrecuidance de nous interrompre. Je vous avais dit après la lecture de sa trilogie « Les enfants d’Erébus » , combien j’appréciai son écriture cinématographique, ayant un souci quasi-obsessionnel du détail où chaque mot trouve une place parfaite dans une action bien menée et un rythme qui jamais ne faiblit et s’il est une chose qui ne manque pas dans cette série plus que prometteuse c’est bien le sens du rythme, le souffle de l’aventure et cette dévorante envie de faire partager avec le lecteur son goût pour l’imaginaire.

On retrouve dans son écriture cette générosité et cette envie de faire plaisir, car le difficile métier d’écrivain, c’est de donner au lecteur cette jubilation, cette gourmande envie de se laisser emporter par le feu de l’action et de trouver, dans les différents personnages, ce parfait équilibre où chacun de nous parviendra un peu à se retrouver et tout y passe : le héros sympathique, le serviteur fidèle et paternel, la belle effrontée qui ne manque pas de courage, les sales trognes patibulaires, les menteurs, les voleurs et surtout cette figure ô combien fascinante sous les traits du repoussant « Ankou », le roi des souterrains ! Cet univers ainsi créé est exploité avec justesse et ce tour de force d’avoir mélangé une thématique Steampunk à l’époque des mousquetaires, est tout simplement géniale. Imaginez un XVIIe siècle où notre monde fut envahi par des envahisseurs célestes ayant des intentions de mort et de destruction, pour ne pas dire cannibales, et sauvé comme par miracle par des « Archanges » aux intentions assez ambiguës. Il en résulte une technologie complètement bouleversée où les chevaux deviennent métallique et se mettent à voler, où les gardes du cardinal sont des « Mécanomates » que le ciel de paris est traversé de « Libbellugence » et de maisons aériennes, que les gentilshommes, comble de l’élégance, achètent un peu de jeunesse en se faisant greffer des organes mécaniques, une terre enfin, où il est possible de créer des copies conforme de n’importe quel individu : des Simulacres ! Dans cet univers où cohabitent splendeur et décadence, riche d’un progrès qui n’efface pas les traces d’un monde accablé par les guerres et la misère, la belle Estelle se verra gratifiée d’une mission assez mystérieuse, transporter un singulier objet, un bijou renfermant de précieuses données et que de viles et terrifiantes créatures vont tenter de récupérer coûte que coûte. Va suivre une épopée pleine de rebondissements, de coups de théâtre, de folles poursuites et de duels à l’épée énergétique. Jean-Luc trouve dans cette œuvre, manière à exploiter tout son talent et son ingéniosité, emporter le lecteur dans une folle course-pousuite qui ne laisse aucune place aux temps morts et qui en outre construit son récit avec un sens de l’épique et du roman populaire avec tout le talent, la verve et le le savoir faire de ses vénérables prédécesseurs. À la lecture de cet étourdissant récit qu’il vous faudra absolument acquérir, nul doute que le jury qui lui attribuèrent le « Grand Prix de l’imaginaire 2015 » et le « Prix actu SF de l’Uchronie » ne s’y sont pas trompés et firent preuve d’une excellente marque de bon goût. Un auteur à lire et à découvrir et pour les malheureux qui n’auraient pas encore eu la chance d’en découvrir l’incroyable talent, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! pour les autres, il vous faudra comme moi,découvrir la fin de cette palpitante trilogie ou d’attendre avec une impatience non feinte, la parution de sa prochaine saga se déroulant au centre de la terre et qui, selon certaines sources plus que fiables, est à la hauteur du reste de son œuvre.

Ajoutez à cela de magnifiques illustrations de Jean-Mathias Xavier qui, de son crayon avisé et inspiré réalise à chaque début de chapitre une magnifique planche parvenant à merveille à capter l’esprit de ce que tout Jean-Luc nous fait vivre dans cette étourdissante odyssée et vous aurez deux bonnes raisons d’acheter non seulement le volume , mais toute la trilogie

Bravo cher ami, ton talent est à la hauteur de ta disponibilité et de ta gentillesse, ce qui, pour un solide gaillard comme toi, est la preuve que force peut cohabiter avec sensibilité !

 

« Le Simulacre » ou la seconde vie de d’Artagnan de Jean-Luc Marcastel, Tome 1.Éditions du Matagot. Couverture et illustrations intérieures de Jean-Mathias Xavier

Pour commander l’ouvrage et consulter les autres volumes cliquez ici: http://www.matagot.com/spip.php?page=article&id_rubrique=294&produit=294&lang=fr

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