« Un Eclat de Givre » D’Estelle Faye…..Un Eclat de Beauté Pure!

Posté le Jeudi 5 juillet 2018

Je m’estime modestement être un lecteur aguerri et donc d’avoir lu quantité de livres parfois insipides, manquant souvent d’originalité, d’être de pales copies de tels ou tels auteurs ou bien, fort heureusement, de tomber de temps à autre sur un écrivain original, d’une sensibilité extrême et surtout d’un talent pour ces territoires de l’insolite que nous aimons tant, non seulement en parfait accord avec ce que je recherche, mais qui surtout va laisser dans ma mémoire une trace indélébile. Depuis quelque temps, je ne cesse de clamer haut et fort toute l’originalité de l’imaginaire Français et Estelle Faye avec « Un éclat de givre » mérite de fait ma plus haute estime et toute la reconnaissance d’un lecteur aux appétits féroces. Brillante écrivain d’une sensibilité extraordinaire et d’une puissance telle qu’elle est parvenue à créer un univers unique et original, sans tomber dans la redite ni la copie, un roman pot-apocalyptique aux relents de fantasy urbaine en y incluant des personnages hauts en couleur, d’une ambiguïté telle que ce que l’on va prendre pour de la fragilité, se révèle une force incroyable. De ce héros au destin peu enviable en apparence, travesti la nuit, aventurier malgré lui le jour, nous retiendrons une âme à fleur de peau, un écorché vif, dont les amours vont se retrouver sans cesse remis en question dans un univers baroque, un Paris métamorphosé où cohabitent enfants mutants et sirènes, où un hôpital transformé en centre expérimental abrite des êtres trouvant leur rédemption dans la souffrance des autres, où « Notre dame », cours des miracles des temps modernes , est transformée en gigantesque usine à méthane dirigée par une population tzigane qui compte bien protéger son territoire jusqu’à la mort. Un univers hallucinant et halluciné que l’auteur nous fait partager avec une rare générosité et un talent inné pour l’écriture et dont le lecteur, devenu addicte, ne pourra se satisfaire qu’en se jetant sur une autre de ses œuvres ! Oui, Estelle est une auteure rare, une de ses perles pétrie d’émotion et d’imagination, de celles que l’on range précieusement dans sa bibliothèque et dont on va suivre avec intérêt le parcours et la date de sa prochaine publication. Une grande auteure de l’imaginaire qui vient de me faire un immense plaisir de lecture, aussi coupant et incisif que son titre, mais avec cette sorte de don qui confère à certains talents, la certitude d’un brillant avenir. Mais sa production est là pour en témoigner, c’est pour cela que je vais dans peu de temps entamer « Les Seigneurs de Bohen»
Il m’a fallu un moment pour arriver au bout de ma pile de livres en attente (qui est la preuve que le mouvement perpétuel existe) le livre d’Estelle s’y trouvait et pour mon plus grand plaisir, j’ai fini par l’y en extraire…….comme quoi tout arrive, même de trouver encore après toutes ses années des ouvrages qu’il nous est impossible de lâcher.
Une magnifique perle dans un admirable écrin, une lecture plus que recommandable, indispensable !
« Un éclat de givre » de Estelle Faye « Les Moutons Électriques » éditeurs

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« Les Fakirs Du Pays Vertical » Horreur sur le toit de monde!

Posté le Mardi 19 juin 2018

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Trois personnes se retrouvent au beau milieu de l’Himalaya, deux se connaissent, mais qui est la troisième ? Un oculiste venant de Dheli , maigre à en pleurer, à faire peur, mais pour l’heure, il faut survivre. Par quelle puissante magie se retrouvent-ils ainsi perdus en pleine montagne avec pour seuls vêtements, ceux qu’ils avaient sur le dos lors de leur mystérieuse abduction ! Trois personnes se retrouvent dans une situation bien périlleuse, deux sont d’anciens alpinistes ayant défiés le toit du monde, mais qui est la troisième ? Un intrus, une erreur ou pire encore, une réincarnation ? Commence alors une lutte pour la survie et profitant de leur connaissance du terrain, les anciens montagnards vont retrouver de quoi se vêtir et se nourrir, un bien piètre répit puisque leur destin va basculer lorsqu’ils vont rencontrer « Les trois fakirs du pays verticale » et être confrontés à « L’œil dans la crevasse ».
Une seule personne va se retrouver au beau milieu de l’Himalaya……. Qu’est-il arrivé aux deux autres : meurtre, vengeance ou pire encore ? Ce qui est certain, c’est qu’à des milliers de kilomètres de là, on s’interroge encore sur l’évaporation de ses trois individus si loin physiquement, mais si proche spirituellement. Rêve, cauchemar, vengeance post-mortem…… Les dieux, seraient-ils devenus fous ? Ou peut-être ont-ils envie d’aller un peu d’ aller se dégourdir les jambes du côté des simples mortels? Une bien étrange affaire me direz vous, pas étonnant à une telle altitude et dans un pays aussi mystique.
Mystère sur le toit du monde, une dramatique et passionnante aventure dans la collection du même nom, le numéro 16 pour être précis, et en renouant avec ces bons vieux Ferenczi d’antan, le Carnoplaste vient ici encore faire un clin d’œil avec une tradition qui jamais ne s’effacera de nos mémoires, celle du roman populaire qui, avec un zeste de mystère, un soupçon de fantastique et une pincée d’imagination, pouvait transporter le lecteur en de lointaines contrées tout en restant bien assis dans son fauteuil, à rêver peut-être d’une autre vie moins monotone.
Que de questions dans ce sympathique fascicule illustré avec bonheur, mais il est encore une que je me pose en tournant la dernière page : qui se cache derrière le mystérieux (se) Phara Chibh ? Des fakirs, une transmutation de corps, une entité monstrueuse……Je crois que j’ai ma petite idée. En tout cas, une collection à suivre, une fois de plus chez cet éditeur !

« Les Fakirs du pays vertical » collection aventures N° 16. Le Carnoplaste éditeur de fascicules. Couverture de Fred Grivaud,

Dans la même collection :

  • « L’horloge à cinq doigts » de Nelly Chadour
  • « Les frères Swamp » de Julien Helbroeck
  • « Les visiteurs de l’étoile naine » de Dominik Vallet

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« Enfers et Fantomes D’Asie » Un Voyage Au Coeur Des Ténébres

Posté le Mardi 12 juin 2018

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Depuis l’aube de l’humanité, il y a toujours eu cette crainte des ténèbres qui,des cavernes de l’homme préhistorique au gratte-ciel le plus moderne, n’ont jamais cessé d’exercer sur lui effroi et fascination. Bien des choses séparent les nombreuses cultures, mais s’il en est une pour laquelle la voix se fait plus grave et respectueuse et surtout qui rapproche n’importe quel être humain le soir à la veillée, sans tenir compte de la couleur de peau ni de la condition sociale, c’est sans nul doute les histoires de fantômes. Notre bonne veille Europe peut se féliciter d’en posséder une multitude et il vous suffit de vous tourner en direction de l’Angleterre, l’Écosse ou l’Irlande pour vous en convaincre. Il est de notoriété publique que ces pays sont des terres de légendes pour les spectres en tout genre, mais il se trouve que la France n’est pas en reste, à la lecture des ouvrages de Claude Seignolle où diables ,dames blanches et autres squelettes en sabots livrent une âpre bataille aux misérables créatures vivantes qui osent les défier. Nul recoin de la planète n’est épargné, toute part de lumière possède sa zone d’ombre et lorsqu’il s’agit d’imaginer quelques créatures infernales, l’espèce humaine n’est pas en reste, bien au contraire. Pendant fort longtemps, la tradition orale fut le moyen le plus efficace pour se transmettre ces obscures et effroyables légendes, puis vint l’écriture et le livre s’accompagnant de l’habile pinceau d’une multitude d’artistes qui donnèrent un visage à toutes ces abominations. Chemin faisant, suivant la route toute tracée des progrès scientifiques, le cinéma fit son apparition et comme si cela ne suffisait pas à nos appétits insatiables, tout finit par arriver chez nous, sans que nous ayons besoin de nous déplacer, un accès illimité à tout le savoir du monde, mais générant par la même occasion une nouvelle forme de hantise, la naissance de nouvelles légendes « cyber-spectrales ».
Du fait de son éloignement et des nombreux récits d’explorations et de voyages qui fleurissaient de la fin du XIXème siècle eu début de XXéme, l’Asie n’a jamais cessé d’attiser notre convoitise, de titiller notre imaginaire, de laisser libre cours aux légendes les plus incroyables. De cette fascination doublée d’une crainte xénophobe, naquit toute une littérature qui du péril jaune, en passant par le raffinement dans l’art de la torture et les cauchemars éveillés des fumeries d’opium, elle fut la terre d’asile de bien des mystères, qui pendant des décennies furent l’objet de nombreuses superstitions. Les frontières se sont ouvertes, le commerce devint fructueux, certains tabous se brisèrent et les vielles histoires du temps passé furent rangées dans un coin. Les spectres et les revenants n’ont de substance que par la crainte qu’ils inspirent et le monde actuel ne pouvait pas se permettre de leur accorder une place légitime, tant ce désir de cartésianisme est l’apanage de l’homme moderne …….ou du moins en apparence. Pendant fort longtemps, Yokai, Obake, Yurei et autres Oni Japonais furent laissés dans un coin des mémoires et si certains anciens en parlaient encore, un tremblement dans la voix, bien des fantômes de ce pays peuplé pourtant de nombreuses légendes, manquèrent de disparaître à jamais, si un homme n’avait eu un jour l’idée de les faire revivre au moyen d’un personnage de bande dessinée et réveiller ainsi l’attrait de tout un pays pour ces hordes infernales. Il en fut de même pour Lafcadio Hearn qui en rédigea de nombreuses histoires dans ses recueils « Kwaidan », « Au Japon spectral » et bien d’autres encore où les Européens prirent toute la mesure du potentiel énorme que possédait ce pays en matière de créatures de la nuit. De ces brumes délétères, commencèrent alors à resurgir une longue procession de formes à la démarche hésitante qui n’avait rien oublié de son insatiable appétit de vengeance. Car si, spectres et revenants ont comme fonction première de faire peur, ils sont avant tout un instrument de vengeance, le moyen de culpabiliser les vivants des fautes commises ou de payer une dette de sang. Le cinéma se fit alors le porte-parole de ces voix d’outre tombes, connu seulement que par quelques rares spécialistes curieux d’approfondir cet enseignement maudit condamné à un regrettable oubli : « Les contes de la lune vague après la pluie »« Histoires de fantômes Japonais »,« Le fantôme d’Oiwa », « Onibaba »« Kwaidan », autant de titres emblématiques qui marqueront à jamais l’esprit des intrépides chasseurs de spectres.
Tout le paradoxe de notre société, est de posséder d’extraordinaires moyens de rapprocher les hommes, de partager les informations et curieusement certains domaines restent calfeutrés dans les recoins obscurs de notre mémoire comme si la crainte soudaine de faire resurgir les vieilles superstitions pouvaient porter atteinte à notre crédibilité et rappeler à notre bon souvenir que notre civilisation s’est construite sur la peur de l’invisible. L’exposition qui vient d’ouvrir ses portes à Paris au musée du quai Branly vient donc ici réparer un préjudice qui n’avait que trop longtemps duré et au travers de ce magnifique hommage, réhabiliter tout un aspect de cette culture façonnée dans le substrat des mythes et des légendes et de lui redonner cette patine magnifique, apanage de ces objets ô combien précieux qui se bonifient avec le temps. Mais réunir ainsi toute un magnifique collection ne serait rien, et finalement à la portée du premier spécialiste, si celle-ci n’était réalisée non seulement par de brillants érudits qui maîtrisent parfaitement cette culture des choses anciennes mais surtout par des hommes de goût sachant utiliser cette matière première afin de lui donner toute sa force, doublée de ce pouvoir de crainte et de fascination qu’elles peuvent susciter. Utiliser avec discernement plusieurs pays de l’Asie et en sachant trouver un liant pouvant conduire le visiteur d’une salle à l’autre tout en conservant ce fil conducteur qui sépare le monde des vivants avec celui des morts, n’était pas une mince affaire ! Pourtant, les faits sont là, et en rendant cette promenade aux allures toutes nonchalantes, mais se révélant bien plus perturbante qu’il n’y paraît , à l’image de cette entrée dans l’enfer Thaïlandais symbolisé par cette immense bouche de démon ouverte vers un monde de souffrance et de désolation, le visiteur se retrouve à la place de ce simple mortel , condamné aux affres de l’enfer. La grande force de cette « errance dans le territoire des morts » est d’être parvenu à la rendre complètement immersive et en jouant sur les deux aspects de la tradition et de la modernité, nous faire partager pleinement l’expérience en étant plus qu’un spectateur, mais un acteur à part entière. Il ne suffit pas de montrer, encore faut-il être capable de faire participer et je dois avouer qu’à maintes reprises, il m’a semblé, tel dans un film fantastique, franchir les limites de mon petit écran , et me retrouver au cœur même de l’histoire que j’étais en train passivement, de regarder. À l’image de ce train fantôme de notre enfance, les concepteurs de cette machine à hurler de rire ou de terreur selon les pièces visitées, le spectateur subit littéralement cette forme de cauchemar éveillé, où rien n’est laissé au hasard, où toutes les dimensions de cette vaste thématique sont prises en compte, où chaque objet, chaque animation sont à leurs justes places. Tout est fait ici pour nous rappeler à notre bon souvenir, que la peur est un mécanisme primitif, pouvant vous saisir par l’épaule dans la réalité la plus banale et quoi de plus inoffensif en effet qu’une lanterne, une assiette ou une paire de sandales. Fidèle à la tradition Shintoïste, ici, c’est le moindre objet qui se révélera le vecteur d’une âme tourmenté et si la vengeance ou une dette de sang anime bien souvent cette cohorte de spectres aux visages déformés par cette inextinguible soif de vérité , le remord d’une mère pour un enfant mort-né, viendra également hanter à tout jamais, les rivages de ce marécage enveloppé d’une étoupe brumeuse : L’horreur devient alors poésie !

Dans cette culture asiatique, d’une extrême diversité et complexité, il existe autant de mauvais que de bons esprits et qu’il s’agisse de la Chine, du Japon, du Cambodge ou de la Thaïlande, dont j’ai découvert l’extrême richesse en la matière, nul doute que le visiteur va être surpris par la beauté des objets exposées et de tout le raffinement que certains artistes ont placé dans la réalisation d’objets rituels et/ou funéraires, symbole de cette relation étroite que nous avons toujours entretenus avec le royaume des morts. Ustensiles du quotidien, peintures sur soie, sculptures, jouets, livres, affiches et statues, tout un monde de ténèbres où l’on reste suspendu entre effroi et stupéfaction et qui nous laisse, une fois la visite terminée complètement abasourdis.
Que dire face à d’aussi magnifiques peintures sur soie, les Urei-Ga, représentant maints fantômes affamés aux visages blafards, face à ces deux gigantesques « Phi Prêt » qu’une simple formule magique suffirait à leur donner le pouvoir de se mettre en marche, à ces spectres Chinois dont les sauts de revenants semblent vouloir s’animer dés que vous avez le dos tourné, comment ne pas frissonner dans la partie « J-Horror » où les murs imprégnés de la spectrale Sadoko vous poussent dans une pièce où vous vous retrouvez entourés d’adolescents à la démarche saccadée et animés par une faim innommable, comment ne pas tomber sous le charme de ce théâtre d’ombre où cette femme/ féline se transforme sous vos yeux ahuris en un redoutable félin vous fixant de ces yeux terriblement humains, comment ne pas vouloir entrer dans ce décor savamment orchestré où le fantôme d’ Oiwa vous tend ces bras fantomatiques , vous suppliant de bien vouloir la prendre en pitié et damner votre âme à tout jamais ? Une visite haletante dont le point d’orgue, lieu géométrique de toutes les terreurs, se matérialise par l’enfer Thaillandais sous les hurlements des suppliciés condamnés à une escalade sans fin sur un arbre diabolique hérissée de pointes acérées qui ne dispense que souffrance et malédiction. Ici, l’enfer n’est pas pavé de bonnes intentions , il est seulement jalonné de toute la perversion et l’imaginaire des hommes qui depuis des temps immémoriaux exorcise toutes ses peurs par le biais de sa vison fantasmagorique d’un au-delà aussi repoussant que fascinant .
L’exposition se termine par une succession de lanternes, histoire d’adoucir cette infernale expérience, petit rappel à une tradition toute Japonaise, la veillée aux cent bougies, en espérant que lors de notre passage, l’une d’entre elle ne s’éteigne pas et que par l’un des angles non-euclidiens de cette magnifique exposition , un des fantômes ne surgissent pas , étreignant de ses doigts éthérés notre âme de simple mortel en quête de sensations fortes. Comme le précise si bien Julien Rousseau dans la préface au catalogue « Enfers et fantômes d’Asie » , à l’image du fantôme vagabond, « le visiteur se retrouve pris au piège entre deux mondes » , il ne lui reste plus qu’à choisir sa propre destination et s’accrocher aux aspérités de notre monde illusoire car en ce bas monde, tout n’est que vanité et faux semblants.. mais les morts eux, le savent bien !
Mon seul regret, est de ne pas habiter sur Paris afin de profiter encore et encore de ce haut lieu de créatures ectoplasmiques Asiatiques et d’en savourer à différentes périodes de la journée toute sa substantifique moelle. De retour dans ma Provence natale, il ne me reste plus qu’à compulser avec frénésie, le magnifique catalogue d’exposition disponible à la boutique du musée (et sur commande) , probablement l’un des plus beaux livres sur le sujet où texte et photos se marient dans une symbiose parfaite et vous donne un magnifique aperçu d’une exposition qui restera gravé dans les annales du genre !
Un immense bravo aux commissaires de l’exposition et plus particulièrement à Julien Rousseau et Stéphane du Mesnildot, un magnifique travail qui restera à jamais gravé dans nos mémoires d’admirateurs de ses « Enfers et fantômes d’Asie » !

Ci-joint le catalogue disponible en ligne sur la boutique du musée et/ou dans toutes les bonnes librairies,

A lire également le numéro spécial de « Connaissance des arts » spécial « Enfers et fantômes d’Asie »

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Quelques photos de l’exposition

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Phin Pret

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« Les Chroniques De Pulpillac » tome 1 « Quand Les Poules Avaient Des Dents » de Jean-Luc Marcastel

Posté le Dimanche 27 mai 2018

 

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Pour tout Savanturier qui se respecte, il n’est nuls territoires qu’il nous faut ignorer et je ne cesse de le répéter, faire un petit crochet par le rayon « jeunesse » ne peut que se révéler bénéfique. En effet, nombre d’auteurs de cette catégorie se font les émissaires des littératures l’imaginaire et bien souvent, avec bien plus de convictions que certains écrivains réservés à un public plus « adulte » . Ce n’est un secret pour personne, Jean-Luc Marcastel est un auteur que j’admire et respecte beaucoup car, non seulement c’est un forçat de l’écriture, mais il se fait le porte-parole de ce vaste domaine en abordant tous les genres avec cette verve que nous lui connaissons, celle d’un enfant nourri au merveilleux et au fantastique. Nul doute qu’une gentille fée a eu la bonne idée d’effleurer de ses lèvres cet enfant d’une région riche en légende et d’en faire en quelque sorte un émissaire du pays de l’imaginaire. En regard de sa bibliographie aussi généreuse que riche en thématiques, nous avons là l’itinéraire d’un enfant gâté par l’inspiration et ce n’est pas le modeste lecteur que je suis qui viendra s’en plaindre. Nous avons eu l’occasion de nous régaler dans le rayon « jeunesse », de ses deux passionnants romans de la série « L’auberge entre les mondes » (dont vous pouvez lire une critique dans les pages de ce blog), récit de science-fiction mâtiné de fantastique , qui n’est pas sans nous rappeler le célèbre roman de Clifford D,Simak « Au carrefour des étoiles » et comme son esprit fébrile n’est jamais au repos, voilà qu’il nous concocte une nouvelle série « Les chroniques de Pulpillac » avec deux titres prometteurs aux consonances qui fleurent bon les contrées de l’imaginaire: « Quand les poules avaient des dents » et « La nuit des ponotes ». Pour le Savanturier que je suis et fidèle admirateur du Dinoblog animé par deux paléontologues aussi brillants que sympathiques et possédant un magnifique musée des dinosaures à Espéraza, je ne pouvais que me précipiter sur ce roman qui pourrait fort bien se nommer « Pulpillac Park » .
Dans ce sympathique roman d’aventure, nous faisons la connaissance d’un groupe d’amis : Samir, Atsuko, Aurore, Aurélien et Jean-Martial qui, lors d’un Week-end plein air à la campagne, vont découvrir que bien des mystères se cachent dans une bourgade à l’apparence tranquille. Tout commence par une action aussi anodine que d’aller acheter des œufs dans une coopérative agricole afin de réaliser une omelette géante, pour finir par l’affrontement avec des créatures surgis des temps préhistoriques. Vont se succéder une suite d’éléments extraordinaires où nos jeunes amis vont devoir affronter leurs peurs, mais surtout se découvrir mutuellement et partager un esprit d’équipe qui je le pense, va devenir la marque de fabrique de ce « club des cinq » des temps modernes en passe de devenir une référence du genre. Car notre ami Jean-Luc, en élevé appliqué soucieux de savoir appuyer là où c’est sensible, utilise avec beaucoup d’intelligence ce qui peut susciter l’intérêt des jeunes aventuriers. En effet, qui ne rêve pas de voir « pour de vrai » ces redoutables mais curieuses créatures qui terrifient mais qui fascinent ? Un rêve d’enfant qui ici va prendre corps mais pour lier tout cela, il ne suffit pas d’être un adepte des films de Spilberg ou de cette vague de films de dinosaures qui à une certaine époque à fait les choux gras de toute une génération de geek, encore, faut-il rendre tout cela attrayant et surtout l’intégrer dans un contexte ou la littérature pour la jeunesse doit également faire passer certains messages. En réunissant cette bande de copains d’origines diverses , qu’il s’agisse de l’Asie, du Maghreb ou de la Martinique, l’auteur fait de ce groupe de sympathiques jeunes adolescents un bouillon culturel où il n’y a pas de place pour la différence. Ce n’est pas l’origine qui prime, mais les qualités de chacun. Il casse en outre certains codes ou la jeune « minette » coqueluche de tout le lycée n’est pas la potiche de service qui ne vaut que pour sa beauté, mais une redoutable aventurière qui se révèle forte et courageuse. Le message est clair pour les jeunes : ne jamais se fier aux apparences !
En outre le message écologique sur le traitement odieux des poulets de batteries et le danger de la manipulation génétique à des fins lucratives y est également très clair, avec des symboles à la portée d’un jeune public ,ce qu’il exprime n’est d’aucune ambiguïté et Jean-Luc se fait ainsi le porte parole d’une production raisonnée tout en respectant le consommateur d’une part sans oublier une attention toute particulière à la « matière première » d’autre part. Le ton y est assez humoristique ( les granules « Superpouic » sont à l’origine de ces naissances contre nature) mais le message reste clair !
Le roman est donc agréable à lire, bourré de références cinématographiques par le biais de notre geekette de service, l’explosive Atsuko, sans pour autant oublier quelques classiques de la littérature, petit clin d’œil à son tout premier roman « Le galoup » et bien évidemment le classique des classiques en la matière « Le monde perdu » de Sir Arthur Conan Doyle, avec un final digne de ce célèbre roman. Humour, action, aventure et mystère, les maîtres-mots d’un roman que les jeunes lecteurs vont sans nul doute apprécier et qui révèlent une fois de plus l’extraordinaire talent de cet homme-orchestre de la littérature. Point d’orgue de ce passionnant premier volume, outre le montage de la couverture d’une grande élégance et des magnifiques illustrations intérieures N&B de Jean-Mathias Xavier, fidèle artiste de l’auteur, les amoureux des dinosaures trouveront en fin de volume un fort passionnant petit dossier sur les dinosaures en littérature, au cinéma et d’un petit voyage dans le temps pour expliquer finalement ce qu’est un dinosaure et surtout pourquoi il fut une époque ou les poules avaient réellement des dents.
A l’image de la série de Stéphane Tamaillon, un ouvrage que j’aimerai un jour faire découvrir à mes petits enfants, car ils sont drôles,inventifs, pleins de références, en bref le parfait objet pour de la graine de Savanturier……Cot!Cot!Cot!

« Les chroniques de Pulpillac » volume 1 « Quand les poules avaient des dents » de Jean-Luc Marcastel . Editions Lynk 2018. Couverture de Mathieu Reynes et Valérie Vernay, Illustrations intérieures N&B de Jean-Mathias Xavier.

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« La Team Sherlock » Tome 1 « Le Mystére Moriarty » De Stéphane Tamaillon

Posté le Mardi 15 mai 2018

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Comment dans un roman de 223 pages d’une écriture aérée, peut-on rencontrer le comte de Saint Germain, un ancêtre du Dr Watson, un savant fou et monstre sanguinaire translucide amateur d’énergie humaine, une veille malédiction, une école mystérieuse qui n’a rien à envier à Poudlard, quelques étranges disparitions et les chutes les plus célèbres de la littérature policière ? Tout simplement en lisant le premier tome de la Team Sherlock intitulé « Le mystère Moriarty » et écrit par le très inventif Stéphane Tamaillon. J’avais eu l’occasion, lors de précédents articles, de vous dire tout le bien que je pensais de cet auteur, coupable d’une extraordinaire série « Krine », de deux volumes pour la jeunesse que j’avais particulièrement apprécié « L’ultramonde » , d’une série de bandes dessinées jubilatoires pour les fans de séries  B  « Ciné monstres » et de toute une série de roman pour la jeunesse comme « L’ogre de la couronne » et « Il était une fois dans L’Hüld ». Ce qui caractérise Stéphane, c’est non seulement cette grande générosité que l’on retrouve dans ses écrits, mais également cette culture de l’imaginaire , qu’il s’agisse de littérature ou de cinéma, et qu’il parsème en touche délicates dans la majorité de ses romans, histoire de nous rappeler cette immense dette qu’il possède à l’encontre de ces « mauvais genres » qui ne cessent d’alimenter nos fantasmes,
Au collège international de Comte-de-Phénix, c’est la rentrée, l’occasion pour trois jeunes élèves de caractères pourtant bien différents, de lier une profonde et solide amitié afin de lutter contre un ennemi invisible et impitoyable qui à des fins personnelles kidnappe des élèves pour en faire sa pitance. Mais ce n’est pas de cannibalisme dont il s’agit, mais d’un élément bien plus insolite et rattaché à une veille légende dont le comte de Saint-Germain est étroitement lié, et lorsque leur enquête les conduit au cœur même des chutes du Reichenbach, ils vont découvrir avec stupéfaction que fiction et réalité se mélangent étroitement et que les vieilles légendes ont toujours une part de vérité. Dans l’ombre du détective le plus emblématique de la littérature policière, ils vont affronter le génie du mal suprême, au péril de leur vie, mais pour le plus grand plaisir des lecteurs !
Depuis quelque temps, déjà, il m’arrive de lire de temps à autre des ouvrages destiné à la jeunesse, afin de retrouver cette légèreté, cette innocence que l’on a tendance à perdre à trop vouloir rester cantonné dans des ouvrages de SF et de fantastique pour adultes purs et durs et je dois avouer me laisser prendre et surprendre par l’originalité des idées, mais surtout me laisser emporter par cette délicieuse atmosphère d’un univers où des adolescents pleins de fougue et de vitalité s’embarquent dans des aventures extraordinaires. Leur maturité dans ce type de roman est un fait avéré ce qui ne les empêche pas bien souvent d’avoir des réactions d’adolescents et des comportements qui nous font sourire et nous permettent quelque part de retrouver une parcelle de notre jeunesse perdue.
Pour l’occasion Stéphane, en virtuose de la littérature jeunesse, trouve toujours le parfait équilibre qui fait que, malgré l’orientation de son lectorat, l’adulte que je suis y trouve toujours son compte. L’écriture y est légère, mais jamais naïve, simple dans sa forme, car adressé à un jeune public, mais toujours inventive. En réunissant pour l’occasion trois adolescents d’horizons différents : Haruko, une « punkette Japonaise » qui n’a pas froid aux yeux, Alejandro un poil introverti, grand amateur de science et d’une grande intelligence et Célandine, un peu le chef de file, réservée mais plein de jugeote et faisant preuve d’un sang-froid à toute épreuve, l’auteur arrive à donner du corps à son aventure et nous livrer parfois des situations assez cocasses où les réflexions des différents protagonistes sont parfois assez amusantes. Ajoutez à cela quelques bonnes références à la littérature et au cinéma de genre et vous aurez un aperçu du potentiel de cette « Team Sherlock » qui vient de prendre corps pour notre plus grand plaisir de lecteur.
Sans nul doute, avec cette nouvelle série, Stéphane Tamaillon vient de marquer un excellent point en combinant les genres et en parvenant à donner à ce roman plein de surprises, un savoureux souffle de mystère et d’aventure. Le genre de roman que j’aurais aimé que l’on me fasse lire lorsque j’étais plus jeune ……. Nul doute que je serais alors devenu plus tôt un amateur de littérature ! Quoiqu’il en soit, je n’ai qu’une seule hâte, c’est d’avoir un jour de petits enfants et de les faire entrer dans ma bibliothèque, leur ouvrir mon rayon jeunesse qui commence à prendre une certaine place et débuter leur éducation par des ouvrages comme « La Team Sherlock ». Je ne doute pas un seul instant, qu’ils trouveront dans ce style d’ouvrages, matière à ouvrir toutes grandes les portes de leur imaginaire et leur faire aimer un genre que pour ma part, je n’ai découvert que trop tardivement.

Je m’en vais donc de ce bas me lancer de leur nouvelle aventures paru récemment chez le même éditeur : « L’énigme du Mâra Khol Ma »

« La Team Sherlock » Tome 1 « Le mystère Moriarty » de Stéphane Tamaillon , Redditions du Seuil 2017

 

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« Le Meurtre de L’enchanteur » Jacques Baudou

Posté le Mardi 9 janvier 2018

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Après « La lisière de bohème » et « Au grenier des sortilèges » parus respectivement aux « Moutons Électriques » et chez « Rivière Blanche » voici que vient de sortir le troisième roman de Jacques Baudou aux éditions « Le Pythagore » et intitulé « Le meurtre de l’enchanteur » .
Je dois avouer avoir été ravi de ce nouveau roman, car j’adore cet auteur, tant sur le plan humain qu’au niveau de son écriture, mais s’il faut en croire le vieil adage « qui se ressemble s’assemble » pouvait-il en être autrement de la part d’un homme d’une aussi grande sensibilité de cœur et d’esprit qui a consacré toute sa vie aux littératures marginales, qu’il s’agisse de celles relevant du policier que de l’imaginaire. On ne présente plus un tel personnage, tout amateur des domaines précités le connaissent en tant que fin spécialiste et s’il fut un brillant critique pour la revue « Le monde » sa passion le poussera à rédiger bon nombre d’ouvrages de référence aussi bien pour le polar que pour la fantasy , le cinéma et la science-fiction : l’une des grandes figures de ces fameuses littératures de mauvais genre !
J’avais adoré son avant-dernier roman « Au grenier des sortilèges », tant pour sa thématique mélangeant avec brio tous les domaines qui nous passionnent et surtout pour la justesse de son écriture, toute en nuance chargée de cette sensibilité qui ne fait pas dans le sensationnel,mais dans la simplicité, où le lecteur prend la pleine mesure de cette connexion, que peu d’écrivains possèdent, entre le cœur et la plume. La lecture de ce « Le meurtre de l’enchanteur » vient confirmer cette impression et une fois notre esprit envahi par toute la magie du titre et de la beauté de la couverture réalisée par Caza, il ne nous reste plus qu’à nous laisser emporter par le tourbillon des mots qui vont nous plonger dans une aventure qu’il nous sera impossible d’abandonner.
C’est une histoire dans une histoire, une enquête policière, dont le héros, un inspecteur à l’apparence banale et amateur de littérature de l’imaginaire, va se retrouver à élucider un mystère en chambre close et dont la victime n’est autre que son auteur favori. Au fil de l’enquête, il va connaître un peu mieux ce personnage à la double existence un peu trouble et qui, jusqu’à sa mort aussi brutale qu’incompréhensible, va entretenir une aura de mystère. Un homme vivant à l’abri des regards dans une immense propriété, adoré par une gouvernante d’une fidélité à toute épreuve et d’un secrétaire qui se révèle bien plus qu’un simple chargé aux comptes. Certes un « enfant du pays » mais porteur d’une réputation au comportement peu affable, évitant tout contact avec les petites gens. C’est en creusant un peu plus dans son passé énigmatique que le policier va remonter aux sources de son inspiration et de comprendre comment et pourquoi il rédigea son grand œuvre, les trois tomes de « Le maître des maléfices ».
Chaque chapitre du roman, commence par un extrait de cette trilogie et qui trouve un certain écho dans ce que va vivre l’inspecteur Géraud. Le lecteur se trouve ainsi plongé dans un roman policier, un roman à énigme mâtiné de fantasy , un parcours initiatique où le héros va en quelque sorte donner un sens à sa vie et parvenir à apporter bien des réponses à ces trois volumes qui lecture après lecture, ne cessèrent de l’obséder, comme un envoûtement duquel il ne pensait pouvoir jamais s’arracher.
On se laisse alors prendre d’une réelle amitié pour cet enquêteur qui minutieusement va ordonner le puzzle de cet auteur tant adulé par ses admirateurs pourtant repoussé par son entourage et se laisser imprégner de cette mélancolie, toute en apparence, que l’auteur se plaît à instiller afin de nous conduire vers un final quelque peu « subversif » et parfaitement à sa place. Une fois encore avec ce roman, Jacques Baudou nous témoigne non seulement tout son amour pour ses domaines de prédilection, mais il le fait avec toute la délicatesse et la sensibilité d’un homme profondément humaniste, permettant au lecteur de faire un peu office d’un pèlerin,cheminant vers une destination dont il s’est fait un défi, sur les tortueux chemins de l’étrange à la découverte d’un univers profondément enraciné dans le terroir, subtilement nimbé de ce halo fantomatique donnant une vision légèrement trouble d’une réalité que nous pensions immuable.
J’aime sa vision d’un monde à l’apparence anodine recelant bien de secrets avec cette façon si particulière de nous prendre délicatement par la main et de tirer ce fin voilage de la réalité afin de nous montrer que le monde peut se révéler bien plus étrange qu’il n’y paraît.
Jacques Baudou dont l’écriture se fait trop rare est l’un de ces conteurs qui nous envoûte par l’ambiance de ses romans en demi-teinte et par le biais de ce « meurtre de l’enchanteur » signe un roman fort plaisant à l’image de sa vie qu’il consacra aux domaines de l’imaginaire, à l’image tout simplement d’un personnage passionnant et attachant.

Note de l’éditeur :


« Confrontée à ce qui a tous les aspects d’un crime en chambre close, la gendarmerie d’Estrevant, un petit bourg de l’Est de la France, demande l’aide de la police. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Géraud ne tarde pas à découvrir que la victime Gaétan Davenac, n’est autre que Gabriel Destrange, l’auteur d’une trilogie de fantasy qui a beaucoup comptée pour lui, qui a été son viatique durant des années sombres.
Mais qui l’a tué ?
Et Pourquoi ?
Est-ce parce que « Le meurtre de l’enchanteur » pourrait tout aussi bien s’appeler «Le crime de l’enchanteur»?

« Le meurtre de l’enchanteur » de Jacques Baudou. Éditions Le Pythagore. Couverture illustrée de Caza.

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« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips

Posté le Lundi 1 janvier 2018

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Avec ce recueil composé de quatre nouvelles de Rog Phillips ( pseudo de Roger Philips Graham), notre ami Richard D.Nolane, vient d’avoir l’excellente idée de publier un auteur peu connu du public Français, mais pourtant doté d’une belle plume imaginative et non dépourvue d’une certaine originalité. Les amateurs de la première heure, se souviennent de son seul et unique roman traduit dans la mythique collection « Fleuve noir Anticipation » sous le titre « Piège dans le temps » N°30 (1954) où il était question d’une scientifique qui , ayant découvert une machine à voyager dans le temps, se porte au secours de notre civilisation future dominée par une race d’extraterrestre belliqueux : les Vargiens !
La lecture de ce petit volume, « Un rat dans le crâne » m’a immédiatement fait pensé à quelques scénarios échappés de la série de Rod Sterling « La quatrième dimension » tellement nous sommes proches de cette science fiction typique d’une certaine époque, très originale au point de vue thématique et avec toujours un peu de cette part de poésie et d’humanisme et propre à cet âge d’or d’une SF qui souvent nous révélait, non pas les méfaits de la science, mais de prendre garde à ne pas trop vouloir en user et abuser. J’ai franchement aimé le contenu de ce recueil certes pour l’originalité des textes, mais également pour cette forme de mélancolie qui s’en dégage. Si « Un rat dans le crâne » fait preuve d’une certaine noirceur dans son final, le propos employé par l’auteur fait froid dans le dos et plus que d’intelligence artificielle, il ouvre le débat sur l’utilisation des animaux de laboratoire à des fins expérimentales et des lourdes conséquences pour l’homme à vouloir se prendre pour un dieu créateur. Rehaussé par la superbe illustration de Emsh en couverture , cette nouvelle sera grande découverte pour le public Français. Si « Les anciens martiens » la nouvelle suivante, reste classique dans le fond, l’auteur y utilise avec habileté la thématique de la civilisation extraterrestre supérieure, mais surtout celui du contrôle de l’état pour s’approprier, ou faire disparaître, une technologie dont il pourrait tirer partie. Le final me fait penser au film « Les aventuriers de l’arche perdu » et à ce hangar gigantesque où sont entreposées des Découvertes dont il faut taire l’existence afin de ne pas perturber celle des simples mortels. La troisième nouvelle « La galerie » est à mon avis la plus originale du volume .Là nous sommes vraiment dans une ambiance pur jus de la « Quatrième dimension » avec l’histoire de ce personnage qui rend visite à sa tante après un message désespéré de celle-ci. Arrivé dans cette petite ville typique des États-Unis, tout semble normal jusqu’à ce qu’il découvre un étrange cadre dans sa chambre et surtout la présence d’une bien singulière boutique de photographies…….je vous laisse découvrir la suite tout à fait vertigineuse et réellement originale. Pour conclure, avec « Les parias » une fois de plus l’auteur fait montre d’un réel attachement pour son prochain et explore sur cette courte nouvelle le problème délicat de la différence.Certes de nombreux écrivains ce sont essayés à cet exercice mais dans le cas de Rog Phillips, il nous prouve que science-fiction et poésie font bon ménage et qu’une histoire d’amour peut très bien se lier harmonieusement avec un cadre flirtant entre l’horreur et la science fiction. Une nouvelle touchante qui vient conclure une collection, « Vintage fiction » que nous souhaitons prolifique et qui manquait cruellement aux amateurs du genre. L’effort admirable de Richard D.Nolane dont le bon goût en matière de l’imaginaire Américain n’est plus à démontrer et nous ne le remercierons jamais assez de nous donner ainsi la chance de découvrir des auteurs inaccessibles pour le lecteur moyen et qui plus est incapable de lire une nouvelle dans une langue étrangère.

Visiblement un prochain volume est annoncé : « Dérapages temporels » de Murray Leinster et Philip M.Ficher Jr

« Un rat dans le crâne » de Rog Phillips, Recueil de nouvelles inédites présentées par Richard D.Nolane. Traduction de Martine Blond,Éditions de l’œil du Sphinx « Vintage Fiction »

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« Une Enfance Sorcière » de Claude Seignolle: un fantastique retour aux sources!

Posté le Vendredi 25 août 2017

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C’est en refermant des livres de cette nature que l’on se rend compte à quel point l’avenir d’une personne peut être tout tracé, mais encore faut-il avoir cette fureur au ventre, cette volonté indestructible qui vous conforte dans l’idée que votre voie ne fait aucun doute et ce , peu importe le prix qu’il faudra en payer. Claude Seignolle sans « S » bien qu’à l’origine son patronyme en possédait un, est de cette race des aventuriers des mots, des explorateurs de l’imaginaire , des archéologues du merveilleux qui, à l’instar d’un Jean Ray qui disait « Dans une poignée de sable de la route, j’ai mis un rayon de soleil qui brille, un murmure du vent qui se lève, une goutte du ruisseau qui passe et un frisson de mon âme, pour pétrir les choses dont on fait les histoires » est parvenu également à pétrir dans l’argile de nos traditions et dans la glaise putride des marécages de nos peurs les plus ancestrales, ce substrat indispensable et nécessaire à la mise en forme de ces poteries parfois si fragile mais qui sont autant de témoins de notre culture , un objet populaire fait pour être utilisé et non pas simplement pour servir d’apparat. J’ai appris bien des choses en lisant ce livre et je ne peux m’empêcher de retrouver dans ce gamin qu’il fut, celui que je n’ai jamais été :

« Atroce et merveilleux tableau que cette oubliette aux Anglais, germe de plusieurs nuits de cauchemars, mais humus des plus féconds dans lequel mon imagination désormais se planta et poussa » 

Car c’était un gamin qui n’avait pas froid aux yeux, préférant sécher les cours pour aller creuser la terre de nos ancêtres et y dénicher de précieux témoignages ou d’aller explorer de sombres grottes au risque d’y laisser sa propre vie . Probablement est-ce l’un de ces silex qu’il trouvait en abondance dans son Périgord natal, qui lui permit d’affûter sa verve et son audace ou bien les histoires qui se colportaient dans sa famille avec autant de personnages mystérieux, d’étranges malédiction ou de morts horribles. Car cet enfant au caractère bien trempé n’ayant pas peur d’être classé au rang des « infréquentables », c’est forgé cette magnifique armure qui toutes ces années durant, le protégea des forces obscures qui depuis l’aube des temps s’infiltrent dans nos campagnes et en brave et courageux chevalier qui se respecte, à l’image de cet homme rencontré dans sa jeunesse et qui pensait avoir trouvé la tombe de Bayard, s’est fait le messager Ô combien talentueux des ses traditions orales qui un jour finiront par disparaître à jamais. Des rencontres bizarres et incroyables , il en a fait, des expériences insolites, il en a vécu, et si cet homme qui un jour de ses 15 ans affirme avoir rencontré le diable alors il nous faut le remercier de l’avoir laissé en vie et de lui avoir laissé la possibilité de poursuivre sa tache de « raviveur de mémoire » 

Je suis admiratif de cet homme qui force le respect, car il est non seulement la mémoire encore vivante d’un passé que le monde moderne trop pressé semble vouloir détruire à jamais, mais il est aussi l’homme du vocabulaire , de l’ écriture sombre et poétique réalisée avec cette encre dont on a perdu la composition avec la disparition de la dernière plume, cette encre qui n’est autre que celle du talent, du mystère et de l’aventure. Peu d’hommes peuvent ainsi se vanter de laisser dans la mémoire des autres hommes, des images aussi fortes d’une incomparable beauté et d’une inégalable majesté. Un dompteur d’ombres et un charmeur de spectres, avec Claude Seignolle, la nuit ne sera plus jamais comme avant et les légendes de nos contrées vont pouvoir de nouveau se répandre comme au temps jadis, en tout cas c’est ce que nous lui souhaitons.

« Oui, il faut avoir vu et entendu ces extraordinaires témoignages pour comprendre la réelle existence du Dieu-Grand , mais fabriqué avec les petits dieux païens, toujours là,momentanément cachés et exigeants, coriaces comme des teignes en attendant leur retour victorieux. »

 

« Un enfance sorcière » de Claude Seignolle. Éditions Royer « Mémoire vive » 1995.Tiré à 660 exemplaires et magnifique illustré par des dessins à la mine de plomb de Bruno Loisel.

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Hymne des Marsiens…avec un « S » comme Marseille!

Posté le Samedi 6 mai 2017

les martiens

Cet hymne impérissable provient d’une petite brochure de 20 pages  » Deux Marseillais sur la planète Mars » une saynète bouffe en un acte pour jeunes garçons( ouste les jeunes filles !)  et publié en 1948 aux éditions C.Vaubaillon. Elle raconte les aventures,  sur la planète Mars donc, de Zéphirin Galoubet reporter de son état et de Marius Tambourin, aéroplaneur. Le premier ayant échoué suite à une violente tempête sur terre, à bord d’un dirigeable « Le patrie », l’autre en se posant le plus simplement du monde en aéroplane. Ils vont y découvrir une bien étrange civilisation et des chanteurs accomplis, comme l’atteste le texte qui va suivre!

 

Hymne des Marsiens en l’honneur de leur chef.

 Chœur burlesque

 Honneur au chef respecté

Dont la prudence inquiète

Et la douce autorité

Régissent notre planète.

Zéphyrin

Permets aux fils du Midi,

Présents sur cette planète,

De mettre à deux leur crédit

Pour t’offrir une lunette.

Quant ils seront repartis,

Si tu mets l’œil à ce verre,

Tu les verras tout petits,

À l’autre bout, sur la terre.

 Choeur (les, Marsiens).

Honneur au chef respecté,

A sa prudence inquiète ;

Sous sa douce autorité Tous les jours

Tous les jours on est en fête.

Zéphyrin

Avant de nous en aller,

Nous t’offrons un téléphone,

Que nous allons installer

De Mars aux Bouches-du-Rhône (sans accent).

Si tu veux nous appeler,

Au fil tu tendras l’oreille,

Tu n’auras plus qu’à hurler :

« Allo… les gens de Mars… eille.

Choeur (les Marsiens).

Honneur au chef respecté

Dont la prudence inquiète

Et la douce autorité

Régissent notre planète.

En route pour mars

Deux Marseillais

 

 

 

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« Loyola de la Jungle » de Jean-Hugues Villacampa

Posté le Lundi 24 avril 2017

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Lorsque vous êtes, comme moi, un nostalgique de cette époque où fascicules et journaux accordaient une place de choix aux récits d’aventures souvent mâtinés de SF et de fantastique, nul doute que l’arrivée de cette nouvelle collection chez notre ami du Carnoplaste ne peut que susciter un enthousiasme plus que justifié. En nous proposant quatre petites livraisons, comme au bon vieux temps des Ferenczi et de sa mythique collection « Mon roman d’aventures », le fin gourmet de littérature populaire que je suis, avait de quoi jubiler : belles couvertures, titres intrigants, récits courts et enlevés et le must, en fin de volume une petite vignette « points bonus » à retourner à l’éditeur pour recevoir une surprise !
Je viens donc d’entamer la lecture de ces « mini-formats » par le texte de Jean-Hugues Villacampa et je dois avouer que je n’ai pas boudé mon plaisir de suivre les péripéties de ce mystérieux « Ignace » ( qui est un petit nom charmant) arrivé comme par miracle sur le seuil du modeste logis de la bonne d’un curé de campagne lors d’une rude hiver de 1854. Après une jeunesse sans histoire, où presque, un peu mis à l’écart par ses compagnons de jeux qui le jugent un peu « spécial » il deviendra après quelques années d’études studieuses, un homme  grand et fort à la chevelure claire , avec une étrange lueur dans le regard. En possession d’un étrange pouvoir, rien ne le destinait à faire carrière dans les ordres. C’est pourtant le chemin qu’il va suivre et comme les voies du seigneur sont impénétrables son destin va le mener à accompagner un escadron de ulhans noirs, redoutables guerrier de l’empire germanique pour une mission d’exploration au plus profond de l’Afrique de l’Est. Il faut dire que notre géant avait lié une profonde amitié avec Gotthold , redoutable militaire avec qui il partage une passion commune pour les armes blanches. Embarqué à bord d’un magnifique Zeppelin, le corps expéditionnaire va affronter bien des périples, dont un dans les airs qui s’apparente à un épisode de la 4éme dimension, jusqu’au naufrage de ce géant des airs dans une contrée hostile où la végétation et la maladie ne sont forcément pas les adversaires les plus à craindre. Certains concours de circonstances font qu’il est parfois nécessaire de réécrire l’histoire et dans celle-ci entre autre, l’auteur qui nous avait déjà auparavant montré quelques signes d’accointance pour l’Afrique et ses mystères, nous révèle une histoire qui risque, d’une façon tout à fait inhabituelle, de refaire celle des territoires de l’imaginaire. C’est ainsi que naissent les légendes et celle-ci les amis, nous ne sommes pas prête de l’oublier !
Oscillant entre le récit d’aventure, d’exploration, des civilisations disparues, de la dystopie et de la science-fiction ( tout cela dans un petit fascicule de 28 pages, chapeau maitre!) , voilà un récit plein d’humour et d’imagination qui se déroule à une vitesse vertigineuse pour aboutir à une final apocalyptique à la mesure du personnage qui en est le héros. Jean-Hugues y fait preuve d’un solide sens rythme et de l’urgence de l’écriture en installant dès les premières lignes un climat de tension palpable et de ce doux parfum d’exotisme, d’aventure et de mystères que nous cherchons tous dans ce genre de publications. Une bien belle petite réussite qui ne fait qu’augmenter le plaisir que nous avons à acquérir les publications d’un éditeur qui ose une aventure éditoriale sans précédent et que nous soutenons de tout cœur, car la Savanture ce n’est pas que des mots, ce sont aussi des actes et ne voilà t-il pas une plus belle preuve d’engagement pour ces valeurs que nous défendons tous ?

Bravo Jean-Hugues on en redemande encore!

« Loyola de la jungle » de Jean-Hugues Villacampa éditions du Carnoplaste « Collection Aventures N°2 »

Loyola de la jungle

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 19:30
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