Archive N° 7 « Le Maitre du Temps » ou comment filmer l’histoire !

Posté le Lundi 1 février 2010

 

liparini.bmp Photo de l‘auteur dans son cabinet de travail

« Le maître du temps »

De Giuseppe Lipparini. Parution dans la revue « Les annales » du 26 Février au 9 Mai 1909 N° 1340 à 1350 

Le professeur Antonio Schwarz archétype de l’inventeur à longue barbe blanche, est l’objet en ce jour mémorable de l’académie de sciences d’Oppendorf, de l’attention d’une ancestrale mais savante assemblée.

C’est un jour mémorable pour l’histoire de l’humanité,car cet homme de génie vient de mettre au point et ce par le plus grand des hasards (une fois n’est pas coutume) un appareil « révolutionnaire » permettant de photographier le passé. En effet selon son principe :

 « Rien dans l’univers n’étant perdu, l’énergie que je développe en faisant un mouvement doit subsister. Autrement dit, à chaque acte de l’homme correspond une projection de cet acte dans l’espace. Cette projection se conserve, si un instrument spécial la reçoit, il peut après une suite de siècle, reconstituer l’acte qui l’a produite. Cet instrument doit dans son principe se rapprocher de l’œil humain. »

En un mot, tout mouvement se conserve dans l’espace et le temps. Basé sur le principe de la chambre noire, son appareil photographiera dans un premier temps un roi Assyrien, mais surtout et voilà une chose vraiment curieuse, une sorte de polype gigantesque et recouvert d’une multitude d’yeux et possédant semble t-il une structure osseuse. Tout laisse entrevoir dans cette forme monstrueuse un mal, une intelligence néfaste et surhumaine.

Finalement poussé par l’incrédulité de ses confrères, l’éminent Schwarz va perfectionner sa technique en adaptant son invention sur un appareil cinématographique dans l’intention de créer « La société internationale pour la photographie du temps ».

Pour les septiques du groupe,il projettera un véritable film historique ou l’assemblée en transe assistera aux funérailles de Jules César mais également à une scène apportant la preuve irréfutable que l’homme existait déjà sous une forme évoluée il y a cent siècles.

Cela succite une forte indignation de la part du révérend Hauptmann, fortement opposé à l’invention du professeur, ne voyant en tout cela que sottises, balivernes, une supercherie et un moyen détourné utilisé par un mécréant afin d’afficher sans pudeur des idées allant à l’encontre de la religion et de la bonne morale.

Emporté par une bouffée mystico religieuse, le représentant de dieu soulèvera le peuple contre ce suppôt de Satan et celui-ci dans un ultime espoir de convaincre la population du bon fonctionnement de son appareil tentera de filmer une scène venant de se dérouler quelques heures auparavant.

La pauvre homme y parviendra,mais malheureusement pour découvrir sue la pellicule que sa propre femme le trompe avec un autre…..décidemment il n’y a pas de justice !

Triste invention que cette machine à « démasquer les cocus ».

Dégoûté d’une « humanité indigne de son génie », il fera exploser sa maison, emportant avec lui son merveilleux secret.

 

En guise de conclusion.

 Guiseppe Lipparini nous livre avec ce court roman, une histoire assez originale et fortement teinté d’humour (que j’espère volontaire).Mes recherches ne comportent pas d’autres traces de romans d’anticipations venant de cet auteur.

Le texte se perd souvent dans un drame sentimental, mais cette id »e d’une « société pour la photographie du temps » ne manque pas de faire sourire. Comme bien souvent, le savant sera une fois de plus victime de son génie et sera forcé de se faire disparaître avec son invention….imaginez s’il avait monté une agence de détective privé, avec sa machine il aurait fait fortune.

A noter pour terminer, l’allusion à cette race antédiluvienne et citée par l’auteur : L’ombre de Cthulhu et de ses rejetons n’est pas loin !

Voici donc révélé un autre de ces petits trésors qui dorment bien sagement au plus profond des anciennes publications, dans l’attente d’être exhumés pour le plus grand plaisir des lecteurs.

« Le troisième car on montrait une créature pareille à un polype, dont les bras seraient terminés par des mains de forme presque humain. Un millier d’yeux resplendissaient sur toute la surface du corps. Les chairs étaient flaques comme celles des poulpes, mais laissaient apercevoir une solide structure osseuse. Dans cette masse informe, semblable à un animal d’espèce inférieure, palpitait une force d’intelligence et de volonté, dont on ne voyait pas le principe, mais que chacun sentait en contemplant l’image. N’était-ce pas une créature d’un monde inconnu supérieur au notre ? »

 

A propos de l’auteur

Il est né à Bologne le 2 septembre 1877 et occupe déjà au début du 20éme siècle une des premières places dans la littérature Italienne. D’un caractère fier et indépendant il est le critique craint et respecté du Marzocco, journal Florentin répandu dans le monde entier.

Poètes (« les rêves » 1898, « Le miroir des rose » 1898, « Poèmes et élégies » 1908) il sera également un critique réputé et redouté. Un volume de ses essais de critique paraîtra sous le titre « En cherchant la grâce » (Cercando la Grazia).

Mais c’est surtout en tant que romancier que sa réputation va se forger. En 1899 il publie « Eloge des Eaux » suite de récits en prose, écrits en un style emprunté aux grands classiques du 16éme siècle. Suivront « L’Ombrosa (la feuillée) en 1900 et sa suite « L’auberge des trois mares » et « Le maître du temps »

Voyons un peu le regard porté à l’époque sur ce texte d’anticipation :

«  Cette critique spirituelle et ironique des œuvres de Wells et des universités Allemandes révèle les qualités de style et le talent du romancier. A l’action principale la découverte fantaisiste de la photographie du temps par le Professeur Schwarz, type achevé de vieux savant, s’ajoute l’intrique amoureuse de deux rivaux qui se disputent le cœur de Margherita, fille de l’illustre astronome ; de là, une variété de scènes comiques attestant la verve juvénile de l’auteur et contribuant au succès de ce roman si original »

 

 

Le thème de la photographie « Temporelle »: 

 

Dans les romans conjecturaux, il y a quatre façons de « visiter » le passé de notre histoire :

1 -La bonne vieille fouille archéologique

On découvre des objets inertes, témoins muets de gloires passées qui bien souvent entraîneront une relecture de notre propre histoire. Ou alors ces mêmes fouilles conduiront l’explorateur à découvrir une monde « caché » témoin d’une époque, majoritairement préhistorique et qui est parvenue à survivre jusqu’à notre époque (ou celle ou vie le héros de l’histoire)

- « La tempête universelle de L’an 2000 » du colonel Royet (journal « A l’aventure du N°55/ 16 juin 1921 au N°59/14 juillet 1921)

- « Archéolopolis » in « Fantaisies Multicolores de A.Bonnardot chez « Castel Libraire Editeur 1859

- «  Les ruines de Paris en 4875, documents officiels et inédits » de Franklin  Librairies « Léon Willem et Paul Daffis » 1875

Ceci pour le premier cas de figure et pour le second cas :

- « La vallée perdue » de Noëlle Roger Editions Reflets Genève 1949

- « Nira Australe Mystérieuse »  de Eugène Thébault Edition Geldage 1930

- « La cité sans soleil » de Albert Bonneau Tallandier 1927 « Bibliothèque des grandes aventures »

 

2 - Faire venir le passé à soi en ressuscitant ou en ramenant à notre époque de manière volontaire ou fortuite des gens ou des animaux d’une autre époque :

- « L’effrayante aventure » de Jules Lermina. Tallandier « Les romans Mystérieux » 1910*

- « Quand le mammouth ressuscita » de Alex Begouen Librairie Hachette « collection prix Jules Verne »1928

- « L’homme qui réveille les morts » de Rodolphe Bringer et Georges de La Fouchardiére  Albin Michel 1918

- « Jadis chez aujourd’hui » De Albert Robida, court roman se trouvant dans l’ouvrage « Kerbiniou le très madré » page 189 à 290. Paris Librairie Armand Colin 1903.

- « 10 000 ans dans un bloc de glace » de Louis Boussenard, Marpon et Flammarion 1890

 

3   – Le voyage dans le temps soit par l’intermédiaire d’une « machine » soit par une phénomène « mystérieux », hypnotique, magique, naturel ou non

Dans le premier cas de figure :

-  « El Anacronopéte » de Enrique Gaspar. Editions « Bibliotéca Arte y Letras » Publié en 1887 mais rédigé en 1881

- « La machine à explorer le temps » H.G.Wells  Mercure de France 1899 (un classique impossible à ne pas citer)

- « Aventures d’un voyageur qui explora le temps » de Octave Béliard  « Lecture pour tous » Janvier 1909 N°4 page 365 à 376

- « La belle Valence » de Théo Varlet & André Blandin, Librairie Edgar Malfére « Bibliothèque du Hérisson » 1923

- « Le voyageur immobile » de Alain de St Ogan et Camille Ducray, Editions Sociales Françaises 1945

- « Le voyageur imprudent » de René Barjavel, Edition Denoël 1944

Dans la deuxième possibilité :

- « Le brouillard du 26 Octobre » de Maurice Renard  dans le recueil « Mr D’outremort », Louis Michaud 1913

- « Les semeurs d’épouvante » de Fernand Mysor, Bernard Grasset 1923

- « L’horloge des siècles » de Albert Robida, Editions Félix Juven 1902

En ce qui concerne le « Voyage temporel », qui devrait faire l’objet d’un article entier car les références sont nombreuses,je vous invite a consulter le passionnant article de Joseph Altairac « Mais qui donc a inventé la première machine à voyager dans le temps » que l’on retrouve en préface de la réédition de « La belle Valence » cité plus haut et que l’on trouve dans le volume N°1 de la collection « Classique » de chez Encrage. Cet éditeur très éclectique envisageait l’édition de classiques de la science-fiction, hélas….le projet se termina avec ce magnifique album consacré à Théo Varlet « L’épopée Martienne »

Terminons à présent sur le quatrième point qui nous intéresse dans le thématique du roman de Lipparini :

 

4  « Le voyage dans le temps par l’image »

Si les appareils permettent de retransmettre le son et l’image au moyen d’un écran (ancêtre de la télévision) appelés « Téléphote ou Télétroscope » (H.Lanos), »Téléchromophotophonotétroscope (Didier De Chousy) ou  » le journal Télephonoscopique  » Albert Robida) sont relativement courants dans la vieille anticipation,

Fixer sur pellicule ou plaque photographique des moments de l’histoire par contre n’est pas un procédé relativement courant  et je vais m’efforcer de faire un récapitulatif des œuvres qu’il m’a été possible de consulter

- « Récits de l’infini » (Lumen & rêves étoilés) de Camille Flammarion 1872, nombreuses éditions

- « L’historioscope » d’Eugène Mouton (Mérinos) Dans le recueil de nouvelles « Fantaisies » G.Charpentier éditeur, 1883 pages 223 à 267

- « Le maître du temps » de Giuseppe Lipparini. Parution dans la revue « Les annales » du 26 Février au 9 Mai 1909 N° 1340 à 1350

- « Les trois yeux » de Maurice Leblanc. Paru initialement dans la revue « Je sais tout » en Juillet 1919. Edition en volume chez Pierre Lafitte 1921. - « Les Bacchantes, roman contemporain » de Léon Daudet, Edition Flammarion 1931

- « L’Ombre du passé » De Ian Efrémov. Dans le recueil de nouvelles « Récits, contes scientifiques » Editions en langue étrangères Moscou 1954, pages 9 à 55

- « Le siège de Syracuse »  D’Alexandre Arnoux, Albin Michel 1962

- « Avant l’aube » de John Taine 1934 pour l’édition originale (Baltimore, Williams Wilkin) Collection « Outrepart II  » La proue la tête de feuille 1971, collection dirigée par Pierre Versins, pour l’édition Française

Toutes les nouvelles ou romans ne figurant pas dans cette dernière rubrique seront les bienvenus!

 

Au final, une quantité d’œuvres relativement restreintes en regard de toute la production consacrée au « voyage dans le temps »

Pour terminer et en guise de conclusion un petit mot rapide sur la revue  « Les annales politiques et littéraires » qui était une revue hebdomadaire, elle fut créé le 22 avril 1883 par Jules Brisson mais dont le fils Adolphe Brisson  devint le principal animateur. En 1917 la revue tirait à 200 000 exemplaires et en 1919, Pierre Brisson,fils de Adolphe et futur directeur du « Figaro » y entra comme secrétaire de direction avant de prendre les commandes du journal en 1925.

Les « annales » poursuivront leur publication jusqu’en 1970.

Cette revue nous intéresse plus particulièrement pour avoir publiée un  roman d’Albert Robida :

 « En 1965 » du N° 1896 (26/10/1919) au N°1908 (18/1/1920). Ce Texte répertorié dans l’ouvrage de Philippe Brun et intitulé « Albert Robida  sa vie et son œuvre » Edition Promodis 1984 précisé à la page 178 que ce texte b’avait fait l’objet d’aucune publication en volume.

En fait cette œuvre fut rééditée en Italie en 1981 « Edizioni Frontiera, Sanremo » un tirage confidentiel à 250 exemplaires et qui est un fac-similé, en Français du texte paru dans « Les annales »

 

 

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« Rivière Blanche » De l’ombre à la Lumiére!

Posté le Vendredi 29 janvier 2010

Alors pourquoi parler sur ce blog d’un éditeur qui fait plutôt dans le récent ?

Tout simplement, il me semble nécessaire avec la conjoncture actuelle qu’il est vital de faire un peu de « pub » pour un éditeur qui nous propose depuis quelque temps, une collection à un prix attractif, une présentation superbe et des textes de très bonnes qualités.

L’intérêt de cette collection  vient du fait en outre qu’elle est dirigée par un amateur du genre,un vrai et qui ouvre de nombreux horizons à sa collection,ne faisant en cela aucune « ségrégation » de genres,choix hélas trop souvent rencontré dans le monde de l’édition.

La preuve, il fallait du courage pour ressortir un Arnould Galopin  des oubliettes («le Dr Omega ») et mener à terme l’intégrale des « Mme Atomos » une incarnation absolument redoutable du péril jaune….féminin.

Chez « Rivière Blanche » l’éclectisme est de rigueur avec un superbe panel d’auteurs Français et vouant un véritable culte, je dirai même amour pour la science-fiction. A regarder les étalages des librairies spécialisées ou des grandes enseignes, je suis parfois désespéré de voir la place envahissante qu’occupe aujourd’hui la Fantasy. C’est un genre que j’affectionne également, mais trop c’est trop !

Cette superbe collection c’est aussi du fantastique avec les textes de Gilles Bergal que j’ai beaucoup apprécié mais c’est aussi et surtout cette série qui à mon avis deviendra culte dans les prochaines années : « Les compagnons de l’ombre »

Comment tout amateur de littérature populaire qui se respecte, peut-il rester indifférent devant autant de bonheur ?

Personnellement je trouve ces anthologies « Jouissives » et je suis en grande admiration face à ces auteurs qui sont parvenus, sous leurs plumes alertes et fécondes, à ressusciter des grands noms de ces œuvres longtemps considérées comme mineures : Harry Dickson (mon idole) Sar Dubnotal (un must), le fantôme de l’opéra (un indémodable) Rouletabille, Tarzan, Judex, les habits noirs, Cthullhu, Pellucidar…..j’en passe et des meilleurs.

Tout un hommage à ces héros de l’ombre qui bercèrent notre enfance (et même lorsque nous étions plus âgés) où le maître mot est respect ! Car voyez-vous, chez ces auteurs il y a une profonde admiration de toute cette littérature de « pacotille » et ils connaissent parfaitement la « dette » qu’ils ont pour tous ces personnages de l’imaginaire.

Et puis J.M.Lofficier c’est aussi « Black Coat Press » et là les amis je peux vous dire : Respect !

Vous savez, ce blog en est la preuve, l’affection toute particulière que je porte à la vieille anticipation et en voyant le boulot énorme de réédition que réalise le personnage,moi les bras m’en tombent…

En France…..enfin quoi la France ! Qui donna le jour au merveilleux scientifique, à Robida, Maurice Renard,Rosny Ainé, Marcel Roland, André Couvreur, Gustave Le Rouge, Jacques Spitz, Jean De la Hire, Henri Lanos….désolé la liste est trop longue, la France disais-je est incapable par éditeur interposé de rendre honneur à ces précurseurs de la science fiction ?

Le néant le plus total, parfois quelques petits lueurs de lucidités en ressortant des vieux textes….toujours les mêmes !

Allez un peu voir sur le site mentionné plus haut et là, c’est le flot de bave :

-        Le Faure et Graffigny

-        Maurice Renard

-        William Cobb (nous avons les mêmes goûts !)

-        Paul Féval (Félifax.…non mais je rêve !)

-        Jean De la Hire ( le Nyctalope )

-        Robida (Saturnin Farandoul, c’est du délire)

-        Jules Lermina (« l’effrayante aventure », un très bon texte dont je vais bientôt faire le résumé)

-        « Les Allemands sur Vénus » (une anthologie de vieux textes d’écrivains Français, dont Théo Varlet, André Mas,Remy De Gourmont.

Oui je sais, de quoi vous faire frémir et de regretter de ne pas maîtriser mieux que cela l’anglais. Mais vous avouerez que lire des classiques Français de vieilles anticipations dans la langue de Shakespeare, il y à de quoi vous filer le bourdon !

De toute manière, voilà un genre qu’il sera ici très difficile à réhabiliter car trop longtemps méprisé et relégué au rang de « sous littérature »

Quoiqu’il en soit je voulais ici rendre hommage à cette superbe collection qu’est « Rivière Blanche » et je vous conseille de tout cœur d’acheter de temps à autre quelques titres chez eux, l’édition de nos jours est une jungle dans laquelle des gens courageux comme J.M Lofficier et toute son équipe, se battent farouchement afin de maintenir un tel niveau d’excellence.

Il nous faut nous, amateurs du genre se battre à notre niveau afin de maintenir la pérennité de toutes ces collections.

Je n’ai pas d’actions chez eux, je le fais du fond du cœur et moi qui ai grandi dans l’émerveillement de cette mythique collection « Fleuve noir » je trouve que l’on ne pouvait pas réaliser plus bel hommage que de ressortir une collection qui tel le phénix renaissant de ces cendres parviendra, et c’est tous le mal que l’on peut lui souhaiter, à reconquérir une nouvelle génération de lecteurs.

 

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« Mars une planéte de l’imaginaire »

Posté le Jeudi 28 janvier 2010

Si les premières histoires relatant la vie sur une autre planète se déroulèrent sur notre bon vieux satellite, car plus facilement observable à l’œil nu, il faudra attendre 1877 et l’incroyable découverte de Schiaparelli pour commencer à fantasmer véritablement sur l’astre du dieu de la guerre.

En effet la mise en évidence de tout un réseau de « canaux » permit alors d’élaborer les hypothèses les plus folles, les théories les plus farfelues.

Pourtant le véritable « facteur déclanchant » seront les études faites par Percival Lowell qui à partir de 1894 et ce pendant une vingtaine d’années, usera son temps et son argent à l’observation et l’analyse de la planète rouge. Constituant toute une équipe de scientifique, il va ainsi scruter Mars dans ces recoins les plus intimes, passer tout en détail avec la prise de milliers de photos, disséquer, analyser, spéculer……

De toutes ses observation, il va en tirer une théorie fantastique mais séduisante : Mars est comme la terre, mais une terre beaucoup plus vieille, beaucoup plus avancée.

C’est une théorie qui fait date dans la genèse de la science fiction, elle marque le début de tout un courant de la littérature de l’imaginaire,car de nouvelles terres, vierges de toutes découvertes s’ouvrent à l’exploration humaine.

L’homme dans sa quête perpétuelle du mystérieux, de l’inconnu et de l’insondable, trouve ici le nouveau terreau qui lui permettra de développer à pleine puissance son esprit à la fois aventureux mais aussi scientifique

Il est possible de dire que c’est avec les théories de Lowell que débuta toute ce mythe autour de mars, mythe qui fut l’un des plus vivaces et des plus productif dans l’imaginaire collectif.

Fin 19ème début 20ème une véritable frénésie martienne s’empara de la plume prolixe de nos écrivains qui rivalisèrent alors d’ingéniosité et d’imagination, afin de nous décrire toutes les splendeurs de cette société habitant une autre planète.

Mais il faut bien le reconnaître, le modèle de cette société idéale martienne reste souvent calqué sur le même schéma et si la religion, le travail, l’égalité des sexes, la morphologie restent un des points forts des différentes descriptions, bien souvent l’évolution technique reste très discrète, un peu comparables aux progrès réalisés sur terre mais en « mieux »

En fait une civilisation de type humain mais plus avancée que la notre.

Le modèle du genre restant un monde pacifiste, ayant abolie les guerres depuis fortes longtemps, car imprégnés d’une sagesse incommensurable.

Le premier récit digne d’intérêt remonte en 1865 avec le roman de Henri De Parville « Un habitant de la planète Mars » (J.Hetzel).

Guy de Maupassant cédera aussi à la mode avec « L’homme de mars » en 1889,suive de prés par Camille Flammarion,grand spécialiste de la faune et de la flore Martienne que l’on retrouve dans « Uranie » en 1889 et « Stella » en 1897.

Il faudra attendre Wells et son extraordinaire « Guerre des mondes » (en feuilleton en 1897, publié en 1898 en volume et Mercure de France en 1900 pour l’édition Française) pour rencontrer des Martiens vraiment belliqueux. Avec ce roman L’écrivain Britannique va écrire le premier texte opposant les terriens à une invasion extra-terrestre.

Du coté de la France on n’est pas en reste et parmi les réussites du genre citons une fois de plus Gustave Le Rouge « Le prisonnier de la planète Mars » (Méricant 1908) et sa suite « la guerre des vampires » (Méricant 1909).

Le texte de Le Rouge est étroitement lié à une autre saga d’un auteur Français qui en son temps suscita quelque polémique au sujet de ressemblances assez troublantes. Il s’agit des « Aventures merveilleuses de Serge Myrandhal » composé en deux volumes  » Sur la planète Mars « (Bibliothèque  Métropolitaine  L.Laumoniert & Cie éditeurs 1908) et « Les robinsons de la planète Mars » (Bibliothèque  Métropolitaine  L.Laumoniert & Cie éditeurs 1908), de H.Gayar. Réédité sous le titre « Les robinsons de la planète Mars » Signé sous le pseudonyme de Cyrius (Tallandier « Bibliothèque des grandes aventures » N° 142, 1927)

Je ne suis pas ici pour faire le procès de tel ou tel auteur, chacun des textes possédant des qualités non négligeables.

Comment ne pas terminer ce très rapide tour d’horizon (le but n’étant pas pour cette fois de répertorier tous les ouvrages de littérature « Martienne) sans vous parler d’une autre « épopée Martienne » que j’affectionne plus particulièrement : « Les Titans du ciel, roman planétaire » (Librairie Edgar Malfére 1921) et sa suite « L’agonie de la Terre, roman planétaire » (Librairie Edgar Malfére 1922) De Octave Joncquel et Théo Varlet

Outre un terrible invasion en provenance de Mars nous avons droit à un conflit à l’échelle du système solaire avec Jupiter et Vénus.

Il est à noter que le cycle fut réédité aux éditions  Encrage collection « Classique N°1 » en 1996 avec de superbes compositions d’un illustrateur très talentueux, Guillaume Sorel. L’ouvrage contient en outre « La belle Valence » (éditions Edgar Malfére 1923 pour l’édition originale) ou il est question de voyage dans le temps.

Pour terminer cette rubrique je vais donc vous retranscrire la vision des Martiens en ce début du 20éme siècle, vision certes tellement naïve mais si touchante à la fois.

 

« Dans l’aspect général des peuples de mars, ces différences quoique profondes, n’ont pas établi de variations bien sensibles. Ils ne sont pas devenus des cyclopes, il ne leur a pas poussé des ailes, mais leurs organes de locomotion et de propension se sont affinés et rapetissés. Comme leur taille moyenne est moindre que la notre,à cause du plus faible diamètre de leur globe,ils ont un air mignon,gracieux et leur tournure est très élégante.

Leurs paysans ressemblent a de vrais aristocrates d’Angleterre. Comme ils ont besoin de respirer une moindre quantité d’air, leurs narines sont moins proéminentes. Leurs aliments sont plus délicats, moins volumineux et, par conséquent leurs bouches sont en général moins grandes.

Quant aux femmes, leur type s’approche beaucoup de celui que les poètes de la terre considèrent comme la perfection.

Les systèmes circulatoires et respiratoires n’ayant point absorbé autant de place  dans le développement organique, le cerveau a pu s’épanouir plus librement tant chez l’homme que chez la femme. Il en résulte que les Martiens ont une tête relativement plus grosse que la notre, mais pas assez pour produire un effet disgracieux. Les êtres délicats et charmants,que la phtisie immolerait chez nous,prospèrent à merveille dans le pays de Mars, et en font le plus splendide ornement.

Tout cela est admirablement d’accord avec ce que nous apprend l’analyse télescopique. En effet ce qui caractérise la planète, c’est qu’elle porte la marque d’un état de civilisation très avancé. »

« A la surface de Mars »

Fantaisie d’astronome par Wilfrid De Fonvielle . N° 220 du « Journal des voyages » Dimanche 17 Février 1901. pages 186 et 187.Illustration de Albert Robida

 

A la surface de mars

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 9:14
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La vieille sf est-elle réservée à une « élite « privilégiée

Posté le Lundi 25 janvier 2010

Beaucoups vont frémir à la lecture de ce titre un peu racoleur, mais je constate une chose troublante depuis plusieurs années et qui me force à une petite réflexion.

Il fut un temps où la vieille anticipation n’intéressait qu’une petite minorité de gens passionnés de science-fiction et il faut l’avouer, par manque d’ouvrages de références relativement « sérieux » il était difficile de dissocier le bon grain de l’ivraie.

Il y a quelques années, acheter un livre un peu poussiéreux était relativement facile et pas cher du tout.

Dans les brocantes, puces et autres vides greniers, les livres s’achetaient par caisses entières et il n’était pas rare de rentrer à la maison avec des kilos de vieux papiers, sous le regard courroucé et indigné de notre épouse. Il ne restait alors qu’à trier tout cela, mettre de coté les titres qui « semblaient en être » survoler quelques pages en trouvant parfois, la perle rare dont personne m’avait entendu parler.

Je me rappelle qu’avec mon ami Roland nous avions coutume de lancer un phrase qui était en quelque sorte un porte bonheur : « Que le dieu carton soit avec toi! ».En effet nos plus belles trouvailles se trouvaient bien des fois enfouies au fond d’un vieux carton qui dans la plus part des cas ne payait pas de mine

Je crois qu’il faut remonter relativement loin pour se souvenir de ce temps béni, où il fallait juste se baisser pour enrichir ses étagères d’ouvrages intéressants et constituer une collection digne de ce nom. Oui mais voilà,un beau jour deux collectionneurs acharnés eurent la bonne idée de publier un livre de « Côte » appelé plus communément le « milan » dans lequel il était répertorié une multitude d’ouvrages hors collections,accompagnés de leurs estimations….la chasse était ouverte !

Le premier pas de la dégringolade venait d’être effectué. Ce fut une période assez pénible où cette « bible » était parole d’évangile, sans compter que les majorations appliquées à certains prix frôlaient bien souvent le ridicule.

Je me rappelle de certaines personnes qui à une époque ne connaissaient rien dans le domaine et à qui j’ai donné certaines adresses de collectionneurs, des références de titres et de collections et qui par la suite sont devenus de véritables « requins ».Car ne vous faites pas d’illusions, dans ce domaine au cour de cette passion qui m’a toujours animée, j’ai rencontré de véritables loups qui auraient vendu père et mère pour l’acquisition d’un livre rare.

J’ai même rencontré des personnes vertes de jalousies en apprenant que j’avais acquis  un livre introuvable. Le monde de la collection parfois n’est pas très beau et me brille pas pour son intégrité !

Malheureusement, on n’appréciait plus un texte, on en faisait uniquement un objet de spéculation.

Soyons clairs avec le principe, bien souvent pour trouver un texte de vieille anticipation, le « lecteur » est nécessairement obligé de trouver l’édition originale et force est de constater que par  nécessité ce « lecteur » de base devient alors un collectionneur.

Je pense que pour les habitués comme moi, cela ne pose pas trop de problèmes, cela fait plusieurs années que je m’intéresse au genre et j’ai connu une époque où l’on trouvait encore certains titres à des prix abordables, les brocantes regorgeaient encore de vieux papiers et le marché de la spéculation n’était pas encore vraiment développé. Mais actuellement la donne vient encore de changer.

Le chineur n’a plus la vie facile, déjà qu’il fut une époque ou celui qui avait le plus gros portefeuille avait toutes les chances de rafler toutes les « pièces » intéressantes, pensez maintenant ! Une nouvelle petite révolution  enflamme les coeurs depuis quelques années….Internet !

Loin de moi de vouloir critiquer cet outil formidable et qui me permet aujourd’hui de m’exprimer assez librement sur les pages de ce blog,mais il faut avouer qu’il porta en quelque sorte le coup final aux « archéologues du merveilleux » pour reprendre l’expression de Claude Hermier dans ces deux pavés consacrés à la littérature populaire.

Cette petite révolution eut deux conséquences : une positive et bien entendue une autre assez négative.

La « positive » réside dans le fait qu’il est beaucoup plus facile de trouver certains titres faisant défaut à nos collections. Avant il fallait bien souvent écumer des dizaines de librairies, rédiger des centaines de courriers à différents libraires, afin de trouver le titre tant convoité. Désormais il est possible, installé dans un confortable fauteuil, de « fouiller » sur les différents sites de la toile pour obtenir un résultat comparable. Cette solution qui, tout en permettant un gain de temps à le mérite de laisser sa chance au plus perspicace et au plus rapide.

Mais attention, pour ma part cela ne réfrène en rien ma passion et ma joie de parcourir les vides greniers.

La « négative » est justement l’accessibilité à tout le monde de consulter certains sites de vente. Résultat il n’est pas un marchand d’occasion qui ne consulte Internet avant un marché aux puces histoire de connaître la véritable valeur d’un objet ou d’un livre.

Et l’on se retrouve avec des situations délirantes où un particulier sur des puces en pleine cambrouse vous vende une revue ou ouvrage défraîchi à un prix prohibitif.

Du coup, on retourne un peu à la case départ ou l’on constate que la vieille sf continue toujours à générer un certain marché ou le profit reste le maître mot. Sans parler de certaines « arnaques » des vendeurs peu scrupuleux qui vous trompent sur l’état ou réalisent leurs marges sur les frais de port.

Finalement rien  ne remplace le contact direct chez le libraire et le bon vieux bouquiniste avec qui il est toujours possible d’échanger une passion commune.

Au final, j’ai une certain compassion pour tous les nouveaux lecteurs qui comme moi, vont tomber dans la marmite. La route va être difficile car le marché va être de plus en plus « serré », la matière première se fait rare,et se trouve à des prix tels que seules les personnes bénéficiant de solides revenues pourront se permettre de les acheter.

Les éditeurs font la gueule, ils préfèrent et cela se justifie pleinement, miser sur des titres plus racoleurs et des genres beaucoup plus commerciaux.

Regardez sur les étalages des libraires et des grandes enseignes : que de la fantasy, très peu de rééditons de classiques de l’age d’or et je ne vous parle pas de ressortir un précurseur de la sf…..non, pas Jules Verne, malheureusement son succès est tel qu’il a complètement occulté tous les autres écrivains de génie, je vous parle de Rosny Aîné, Moselli, Robida, Couvreur, Maurice Renard, et tant d’autres.

Pour profiter pleinement de tous ces auteurs au talent immense, il faut y mettre le prix d’où ce cloisonnement de la culture » science fiction » où finalement on ne peut avoir accès dans le domaine de l’édition, qu’à ce qui se vend.Si tu veux lire les classiques…les vrais,il faut allonger la monnaie!

La littérature de l’imaginaire est,à l’image du cinéma bis,victime d’une ségrégation tout à fait injustifiée et intolérable. Fort heureusement il existe quelques éditeurs qui nous régalent parfois de quelques fulgurances en ressortant de petits classiques qui n’ont rien à envier aux productions américaines de l’époque.

Dans ce domaine également,notre pays possède un solide héritage culturel  et il serait grand temps de lui accorder la place qu’il mérite.

 

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 18:16
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Archive N°6 « Histoires Impossibles »

Posté le Dimanche 24 janvier 2010

« Histoires impossibles » Recueil de nouvelles de Jean Azais. « Editions Presse Française, Librairie Staude Paris » 1914,230 pages. Première parution dans la Gazette Mondaine de l’Aude et du Roussillon en 1909-1910.

 

« L’aviateur » : La terrible vengeance d’un aviateur qui, trompé par sa femme, ne manque pas d’originalité

« Un suicide » : Comment la lecture d’un simple livre peut-elle vous emmener au désespoir puis au suicide ?

« La cage mortelle » : Un domestique utilise un jour un l’abri anti-incendie de son maître inventeur. En voulant se protéger, sa fin n’en sera que plus horrible.

« Histoire d’un homme qui n’avait pas de cœur et qui n’avait pas de cerveau » : Pouvez-vous devenir un écrivain célèbre lorsque l’on vous a enlevé cœur et cerveau ? Ou bien tout cela n’est-il peut-être qu’une illusion….. 

« le mort vivant » : une femme infidèle ne cesse d’injurier son mari qui vient juste de mourir. Il reviendra d’entre les morts afin de laver son honneur.

«  La vengeance des ombres » : Un homme pet-il tuer de six coups de révolver tout en affirmant ne pas avoir tiré ? Ou bien est-il l’instrument d’une puissance surnaturelle ?

« La folle » : A quelques secondes d’une mort brutale deux êtres vont s’aimer, alors que tout semblait vouloir les éloigner

«  Sous le scalpel » : Un condamné à mort accepte d’être l’objet d’une « dissection ».Un chirurgien trop ambitieux dépassera pourtant ce qui pourrait être la limite du raisonnable.

« La goule » : Il était une fois un jeune homme pauvre et malade qui aimait une fille belle et désirable. Elle acceptera pourtant un jour un de ses rendez-vous….Mais quelle horrible créature se cache derrière ce visage angélique ?

« La peur des mots » : Miraculeusement indemne à la suite d’un accident, un écrivain retire de son vocabulaire tous les mots synonymes de ce terrible événement. Ce sont eux pourtant qui seront la cause de son effroyable mort.

« La lumière qui marche » : Alors qu’il voulait transformer en radiations visibles des corps radioactifs, Robert Bernett découvre à ses dépends un phénomène pouvant altérer les molécules de tout l’organisme. Il finira complètement désagrégé.

« La maison morte » : Réputée maudite, une maison peut-elle être oubliée de tous au péril même de ceux qui l’habitent ?

« Le double » : Poursuivi par un double imaginaire ( ?) Lucien Mauduit décide de mettre fin à son cauchemar. Il se tuera en essayant d’éliminer son reflet dans un miroir.

« Dans l’amphithéâtre » : Victime d’une plaisanterie, un étudiant se retrouve nu et seul dans un amphithéâtre rempli de cadavres. Le lendemain, ses amis le retrouvent couvert de sang et de pus tout en essayant de disséquer son troisième cadavre.Il mourut peu de temps après dans la folie totale.

«  Mort d’extase » : La vision d’un amour perdu et retrouvé peut-elle vous faire mourir d’extase ?

«  Incube » : Un peintre de talent dépéri petit à petit alors que sa femme d’une beauté envoûtante atteint la perfection artistique de son  mari. Accusée de fraude à la mort de celle-ci,elle sera pourtant acquittée : Peut-on condamner un incube ?

« L’euthanasie » : L’euthanasie est-elle un moyen légal pour éliminer le mari d’une femme qu’un médecin aime plus que tout ?

« La foret qui marche » : Un savant, au bout de longues années d’études découvre un produit aux propriétés sensationnelles .Lorsque celui-ci est injecté à une plante cette dernière semble se réveiller d’une longue vie végétale en se déplaçant comme mue par une force propre .Après un essai sur du lierre, un rosier, etc….pour achever son œuvre, le professeur et son assistant injecteront ce liquide dans une foret entière. L’affaissement du terrain provoqué par les arbres, écrasera les deux hommes qui, dans un dernier soupir apercevront la foret s’enfuir vers le soleil. Une force colossale, balayant tout sur son passage, »emportant avec elle son œuvre énorme de destruction »

 

En guise de conclusion

Ce recueil de jean Azais est vraiment d’un très bon niveau et mérite à mon avis d’être connu du grand public. Hélas ! il semblerait faire partie de la cohorte des auteurs anonymes et condamnés à errer sans fin dans la vallée de l’oublie.

Cet auteur dont je ne connais que l’ouvrage précité,ne peut m’empêcher de penser aux récits macabres de Ambrose Bierce. Toutes ces nouvelles, très courtes vous font souvent l’effet d’une douche froide ou la mort se joue des vivants,où l’horreur côtoie très souvent un humour des plus noir.

Certaines sont de véritables petits joyaux de l’épouvante : froides et tranchantes comme la lame d’un bistouri.

Le procédé de narration en est assez simple, il s’agit d’un médecin dont la longue carrière chargée de souvenirs macabres, raconte à un de ses amis quelques unes de ses expériences les plus mémorables.

Excepté le ton rapide des récits (entre 3 à 6 pages) la technique employée est la même que celle utilisée par H.W.Hogdson pour son détective de l’occulte « Carnacki »

Il est  difficile de délimiter la frontière entre le fantastique et la science fiction dans certaines des nouvelles, toutefois deux récits pourraient s’apparenter à notre domaine : « La foret qui marche » qui mériterait un plus long développement et dont la teneur me fait beaucoup penser aux histoires de Maurice Renard (dont on ne vantera jamais assez les qualités).

« La foret qui marche » la plus longue des nouvelles du recueil, est excellente mais qui à mon avis s’arrête hélas là où l’histoire devait commencer. Un peu comme le roman de Wersinger « La chute dans le néant ».

L’idée de cette nouvelle est surprenante,le « péril vert » bien avant« La guerre du lierre » de D.H.Keller et de « La colère végétale » de Dominique Watteau (deux autres excellents ouvrages à lire sans modération)

En résumé un très bon livre qui vous glacera ou non le dos à sa lecture mais une chose est certaine,il ne pourra vous laisser indifférent…..A quand une réédition messieurs les éditeurs !

 

Sur L’auteur

Quelque petites précisions concernant l’auteur. Ces renseignements proviennent de François Ducos du N° 11 du Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de Fantastique (Novembre 1992) :

 Jean Azaïs est né le 21 Novembre 1886 à Bagnoles,dans l’Aude et exerça la profession d’avocat à Carcassonne. Outre le recueil cité,il mérite qu’on se souvienne de lui en raison de ses efforts en faveur de la littérature et des arts .Il créa et anima la revue « Arts et lettres » ainsi que le bulletin « Intermédiaire des lettres et des arts » et surtout publia un « Annuaire des gens de lettres » (1920) et un « Annuaire international des lettres et des arts de langue ou de culture Française » (Carcassonne,les publications art et littérature,1921). Il eut deux pseudonymes, Jacques Bonhomme pour le périodique « La dernière heure », et G.De Natas.

En 1921 Jean Azaïs avouait être l’auteur des œuvres suivantes (sans indication d’éditeurs) : « Les mois qui pleurent » (1907), « Paradoxes sur l’amour » (1910), « La chevauchée nocturne » (1911), « Amoureuses » (1913), « Histoires impossibles » (1914,réédité en 1919), « La fin du monstre Allemand » (1914), « Vers la paix du monde » (1915), « Echos d’Allemagne » (1915), « L’abri 56-A-2 » (1919), « Pages héroïque de l’espionne » (1919), « La grande pitié des professions libérales » (1921). Il s’apprêtait à publier « Poésie de Satan.

 

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Archive N°5 « Paris en feu » La capitale encore détruite!

Posté le Jeudi 21 janvier 2010

« Paris en feu » (Ignis Ardens)

Roman de Henri Barbot bibliothèque des lettres Françaises 1914.179 Pages (Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de littérature fantastique N° 4 octobre 1990 tirage 40 exemplaires).

 

 Dans une France déchirée par une guerre civile,le pouvoir est assuré par une bande de révolutionnaire dont le seul but est de verser le pays dans un bain de sang et de violence. Plus de justice ni religion,les églises font maintenant office de café théâtre et de cinéma pornographique d’ailleurs,les prêtres sont exterminés sans pitié.

Quelques petites poches de résistance se constituent dans les quartier Parisiens mais vite neutralisées par une police ou plutôt une « milice », composée de brutes épaisses et de repris de justice.

Seuls quelques « bons patriotes » s’insurgent,mais le chaos et le désordre dirige tout,un semblant d’armée reste toujours en place mais impuissante car amputée de ses véritables chefs et autres officiers opposé au régime.

Ce vent de folie semble gagner l’Europe en touchant  l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne qui, très « chatouilleuse » déclare la guerre à la France suite à un incident diplomatique.

Cette mauvaise n’est pas sans inquiéter Victorien Dondrenne, officier de marine et chargé de l’organisation technique d’une centrale radio située sur la tour Eiffel. La mission de ce poste est d’assurer, au moyen d’un appareil inventé par le militaire, la liaison permanente avec les grandes villes Françaises ainsi que toutes les autres centrales disséminées dans la région.

L’instrument en question possède la particularité d’envoyer une vibration sonore à grand vitesse qui une fois émise, se transforme en une « onde colorée » permettant ainsi de déterminer la provenance de chaque poste émetteur. L’alimentation des génératrices est assurée par d’immenses condensateurs pouvant si besoin est fournir une quantité considérable d’énergie électrique.

Alors que le chaos progresse inexorablement dans la capitale et comble de  malheur, Dandrenne reçoit une terrible nouvelle : une quarantaine de dirigeables Allemands bourrés d’explosifs comparables aux feux grégeois se dirigent vers Paris. Il lui faut donc agir très vite et bien évidemment sans l’accord de ce gouvernement provisoire,ce « comité de salut public »,qui par peur s’est réfugié à Bordeaux.

Son idée est sensationnelle, concentrer toute l’énergie produite par les différents postes émetteurs en un seul point,pour la diriger ensuite sur le ciel Parisien dés l’apparition de l’armada ennemie,formant ainsi un véritable « bouclier électrique ».

Le soir de l’expérience décisive éclate un violent orage et les forces artificielles potentialisées par l’électricité naturelle, remplissent leurs offices en détruisant en un instant d’apocalypse les dirigeables…..et la capitale dans un déluge de feu !

La fin de paris et ce comme précisé en début de roman, n’avait-elle pas été prévue par la voyante Mélanie à la Salette en 1846 lors d’une apparition de la vierge Marie ?

Le roman se terminera par une reprise  de conscience du peuple Français,le feu purificateur « réactivera » un sentiment qui avait depuis longtemps disparu.

Il faut dés à présent réorganiser la défense du pays, repousser l’ennemi qui ne cesse de s’amasser aux frontières du pays.

 

En guise de conclusion

L’intérêt de ce roman s’appuyant sur les prédictions d’une voyante réside d’une part, dans le procèdè utilisé pour la destruction involontaire de Paris, ainsi que du moyen utilisé par le héros et visant à la neutralisation des dirigeables ennemis.

Ce texte de la catégorie « anticipation militaire » reste un de mes préférés car l’écriture y est vive,avec une montée en puissance très bien dosée conférant au roman une incroyable crédibilité. Evidemment tout cela possède une forte odeur de patriotisme mais sans pour autant tomber dans les poncifs rencontrés habituellement dans ce genre d’ouvrage.

IL faut toutefois signaler que cette idée de destruction de la capitale au moyen de dirigeables armés avait déjà été utilisée pat le commandant G.Wailly dans une longue nouvelle intitulée « Paris sous l’épouvante » (supplément au « Journal des voyages N°34 12/10/1913). Ce texte par contre proposera l’anéantissement de ces véritables « forteresses volantes » que sont les dirigeables,au moyen d’avions très légers et ultra rapides.

Ces deux auteurs comprirent très tot l’importance de la suprématie aérienne lors d’un conflit armé.

Pour conclure insistons sur deux temps forts du roman : Les scènes de guerre civile et de violence dans les rues Parisienne qui me rappellent celles décrites dans le roman de Rosny Ainé  « La force mystérieuse » et qui sont d’un réalisme saisissant,mais aussi le moment apocalyptique où les dirigeables Allemands et Paris seront détruits dans une immense tempête électrique : Ignis Ardens !

 

« Petite anecdote autour du livre »

Lorsque j’avais acheté cet ouvrage il y a fort longtemps à un libraire Parisien réputé pour ces catalogues extraordinaires dans le domaine de la vieille SF ,je me rappelle l’avoir appelé en lui signalant que l’ouvrage acheté était un peu abîmé.

En effet le dos de l’ouvrage était cassé sur toute la longueur (parfaitement réparable) et donc que le prix me paraissait un peu excessif en regard de ce défaut.

Le libraire un peu outragé m’avait répondu que c’était un ouvrage relativement rare, qui plus est d’excellente facture et qu’il me le reprenait sans problème. A l’époque j’étais un peu contestataire mais j’ai ravalé ma salive et conservé l’ouvrage.

Je ne le regrette pas, le texte est vraiment bon et depuis je n’ai jamais retrouvé ce titre dans les centaines de listes que j’ai consulté.

Je pense que c’est un domaine où il est nécessaire parfois de ne pas être trop regardant, car c’est le texte qui prime avant tout et à trop vouloir pécher par excès de « collectionnite » on passe bien souvent à coté d’une perle rare.

Je me rappelle de collectionneurs qui en possession d’un ouvrage rare non coupé, préféraient ne pas y toucher afin de préserver une quelconque valeur marchande, plutôt que de le « découper » afin de pouvoir s’en régaler.

C’est une position que je respecte mais qui laisse place tout de même à la réflexion.

paris en feuparis sous l'épouvante

 

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« On a Volé la tour Eiffel » De Léon Groc

Posté le Dimanche 17 janvier 2010

 

« On a volé la tour Eiffel » De Léon Groc édition Ferenczi  « Collection « Les romans d’aventures » 1923. Illustration de couverture en couleur de Armengol. (Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de fantastique N°5 Décembre 1990)

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître,aucun doute n’est possible,le lieutenant Lambrequin attaché au service TSF de Paris constate avec stupéfaction la disparition de la tour Eiffel. Il venait de prendre son service au pied de l’édifice lorsque, au petit jour, ses yeux virent l’inconcevable.

L’affaire fait la une de toute la presse, le milieu scientifique se perd en conjectures, le mystère reste total : Comment un monument de 700 000 tonnes peut-il ainsi se volatiliser,

Le jour même de ce formidable événement, Claudine Gourdon fille du célèbre professeur et mort dix ans  plus tôt, fête avec quelques intimes son 21éme anniversaire. Le DR Rapigny vieil ami de toujours choisira cette occasion pour lui remettre un message de son défunt père sur lequel est inscrit : « A ne remettre a ma fille que le jours de ses 21 ans ».

Cette dernière, brillante mathématicienne ouvre l’énigmatique paquet dans lequel se trouve différentes formules.

Deux personnes présentes lors de cette petite cérémonie, Charlotte Bourrelier et Gustave Forestier, semblent prendre un intérêt certain quand au contenu de ce curieux « Testament »

Afin de comprendre les liens qui semblent relier ces deux événements il est utile de faire un petit retour en arrière.

Avant sa mort le Pr Gourdon, avait constaté que le fer, soumis durant 25 années à un bain électrique constant, pouvait au moyen d’un traitement spécial basé sur différentes réactions chimique, se transformer en or.

Le hasard voulu que la tour Eiffel réunisse le jour des 21 printemps de sa fille toutes les conditions requises et indispensables à cette transmutation : La fortune de sa fille et de la France serait alors assurée.

Mais alors qu’est devenu notre emblème national, la fierté de la patrie, la gloire de la république,

L’explication de cette énigme sera révélée au cours d’une véritable enquête policière où amour et mystère ne cesseront de se côtoyer (une véritable pub pour romans photos….)

Explication : Assistant du Pr Gourdon lors de cette découverte sensationnelle, Forestier (voir plus haut) savait où et quand devait se produire le moment favorable pour la transmutation mais ignorait tout en revanche de la formule et de l’identité de son futur propriétaire.

Il prépara alors un  plan aussi minutieux qu’alambiqué : Grâce à la complicité d’une femme aussi cupide qu’intelligente, Charlotte Bourrelier et d’un riche milliardaire Américain (à cette époque ils venaient tous des USA), ils organisent l’impensable, le vol de la dame de fer !

De part leurs solides connaissances scientifiques ainsi que des capitaux énormes dont ils disposent, nos scélérats établissent une base secrète au large de la Bretagne.

Dans un premier temps, il leur faudra décoller l’édifice du sol au moyen d’un puissant explosif révolutionnaire mais surtout très « silencieux » pour ensuite actionner l’immense électro-aimant mis en place dans leur repère et alimenté par une énergie colossale et inépuisable « La houille verte ».

Une fois ce véritable déluge de fer éparpillé, il ne restera plus qu’à entreprendre la récolte tout en appliquant le fameux traitement que les malfrats comptent dérober à l’infortunée Claudine.

Mais heureusement que l’amour va triompher et celle-ci, aidée par son fiancée et de quelques amis « sûrs » (dont le lieutenant lambrequin qui en est secrètement amoureux) vont déjouer cette fructueuse opération. Après avoir repéré la tanière des gredins, il faudra tout le courage ou la stupidité d’un militaire afin de s’introduire dans la gueule du lion, éliminer le cerveau de la bande et ses complices. Tout explosera : Le Lt qui sachant son amour impossible préférera se sacrifier pour la bonne cause,les malfaiteurs mais aussi les fragments de la tour Eiffel qui servira désormais de monument aux poissons.

Pauvre Gustave Eiffel !

 

En guise de conclusion

Ce roman, comme beaucoup d’ouvrages de Léon Groc ainsi que d’autres écrivains de l’époque, ne manque ni d’audace ni de fantaisie. Il fait tout de même partie des textes les moins crédibles de l’auteur, plus habitué dans ses romans à une certaine rigueur scientifique.

« On a volé la tour Eiffel » rentre plus dans la veine « populaire » de son œuvre.

Basé essentiellement sur une enquête policière, nous progressons de chapitres en chapitres vers le roman conjectural type de cette époque : Le ou les savants fous qui ne reculent devant rien pour arriver à leurs fins, le milliardaire perfide qui financent le projet, la jeune et belle fille courageuse face aux horribles criminels, l’invention extraordinaire du savant ou autre scientifique de l’histoire.

Malgré certaines petites « ficelles » souvent utilisées par les romanciers populaires, l’histoire se laisse lire sans ennuis, l’auteur nous dirigeant parfois sur de fausses pistes en nous faisant croire l’espace d’un chapitre à la fin de notre bonne vieille terre.

La disparition de la tour Eiffel donne lieu quand à elle aux hypothèses les plus délirantes, et quelques inventions originales parsèment ce petit ouvrage avec notamment l’électrocution à distance au moyen de la TSF et utilisée par Brown afin d’éliminer un complice gênant.

Concluons en classant ce roman « catastrophe » dans la rubrique « on en veut à la tour Eiffel » mais j’y consacrerai une rubrique entière dans un proche avenir, car une fois de plus celle-ci sera victime d’agissements diaboliques d’hommes qui ne se soucient guère du monument le plus célèbre au monde.

J’ai personnellement préféré de l’auteur « La révolte des pierres » ainsi que « La planète de cristal », toutefois ce roman reste fort honorable en tout cas,bien meilleur que certaines productions de l’époque. 

Petite anecdote autour du livre

J’ai acheté ce livre il y a presque 20 ans et je me rappelle le bouquiniste me disant en ces termes « Comme je sais que vous aimez les trucs populaires un peu bizarre,j’ai découvert ce livre dans un coin (presque le placard a chiotte….) je pense que cela va vous intéresser.Et pour cause,voila une petite collection que je cherchais à réunir au complet (pensez! les Ferenczi de la collection « Les romans d’aventures »).Mais le livre n’était pas cadeau malgré sa peu glorieuse provenance l’équivalent à l’époque de 50 Francs.Les temps changent, il y a 20 ans c’était cher mais aujourd’hui c’est une collection qui reste encore très onéreuse.

 

on a volé la tour Eiffel

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 9:49
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Archive N°3 « 1+1=1 ou L’homme à la tête greffée »

Posté le Vendredi 8 janvier 2010

« 1+1=1 » Roman de F.C Rosensteel.Edition Méricant « Les récits Mystérieux » 1914.287 pages, Couverture Illustrée couleur de J.Ancelin

A la suite d’un terrible accident,Fred Arrow millionnaire Américain se réveille d’un long coma dans un endroit des plus inhabituels. Sa sensation de malaise est de plus accentuée par une effroyable sensation de légèreté.

C’est un de ses anciens professeurs de faculté, le Docteur Lincoln qui va lui révéler l’incroyable vérité.

Les blessures produites par son accident de voiture étaient telles que son corps se trouve à présent réduit aux proportions d’un tronc. Seule la tête à été épargnée.

Arrow se rappelle très bien avoir soutenu Lincoln lorsque celui-ci enseignait à la faculté. Accusé de pratiques douteuses au nom de la science. Chassé de l’université il se retira alors dans une clinique isolée où, avec l’aide du Docteur Joanhsen, il put continuer en toute liberté le cour de ses recherches : La greffe.

Inventeur de la « Collo-résine », aux propriétés nutritives des tissus, antiseptique et accélérant la cicatrisation, il propose au jeune blessé une offre des plus insolites : lui redonner un corps nouveau !

Aucune prothèse inerte et encombrante,mais un corps jeune,vif,en un mot lui greffer la tête sur un autre organisme.

Arrow, réduit à une simple organe, accepte sans hésiter, mais où trouver le donneur ?

Le fourbe Professeur propose alors à un de ses infirmiers,Basil personnage falot,stupide et surtout très pauvre,un ignoble marché. Moyennant la modique somme d’un million de dollars,il lui propose de « prêter » son corps.

Ainsi fait,l’opération se déroule dans des conditions assez exceptionnelles, « l’homme aux deux tête » venait d’être créer.

En effet, afin de mieux supporter la greffe, il était indispensable de conserver la tête du donneur.

Pendant ce temps,la disparition du millionnaire,inquiète l’opinion publique et plus particulièrement sa chère et tendre Maud Leighton.

Afin de corser un peu plus les choses, son rival de toujours James Bollwer, découvrant toute cette incroyable affaire de greffe, fait enlever le Dr Lincoln, empêchant ainsi les suites du traitement et consistant à l’ablation de la tête de l’infortuné Basil.

Atteint de cette terrible infirmité (difficile de passer inaperçu avec deux têtes) il ne resterait plus qu’a Arrow une vie de reclus jusqu’à la fin de ses jours..

Commence alors une terrible poursuite menée avec l’aide de Joanhsen qui doit désormais assurer seul la charge du patient.

C’est à la suite de cette période, que le Docteur va découvrir les dons télépathiques de l’étrange créature.

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là, la tête de l’infirmier commence à montrer des signes de dégénérescences, il semblerait même que la volonté de vivre semble l’abandonner.

Finalement le Dr Lincoln sera retrouvé et dans un ultime travail collectif « l’homme aux deux têtes » provoque Bollwer en duel.

Par bonheur ou par malheur au cour de l’affrontement, »Basil » sera frappé mortellement d’une balle entre les deux yeux.

Après l’ablation de cet organe sans vie, Fred se retrouvera « seul » dans un corps nouveau, mais a qu’el prix ?

Cette terrible expérience, comme on peut sans douter le marquera à vie, l’adaptation à ce nouvel organisme sera des plus difficiles,il lui semble être pareil à cet enfant qui aurait perdu à jamais son frère jumeau.

 

En guise de conclusion

Puisque je viens d’évoquer dans mon dernier post les histoires de têtes « vivantes », voici donc un histoire assez surprenante et montrant à qu’el point les auteurs d’avant guerre ne reculaient devant aucune audace, au risque de frôler l’absurde.

Le texte se déroule en trois parties bien distinctes pour arriver au climax final.

Dans la première partie l’auteur nous présente les personnages principaux, les explications, les techniques mise en application et surtout l’opération décisive, clef de toute l’intrigue. L’audace employée par l’auteur concernant les méthodes du Dr Lincoln sont tout simplement surprenantes pour ce roman datant de 1914.

Il existe pas mal de textes prenant pour sujet les greffes humaine,je crois que toutes les hypothèses on été exploitées mais à ma connaissance pas celle de la greffe d’une tête sur un autre corps.

Certains passages du roman traitants de  l’opération relèvent parfois du grand guignol et on assiste médusé à cette surprenante mutation.

La deuxième partie, moins délirante mais tout aussi intéressante nous proposons la communication mentale des deux cerveaux pour finir par la symbiose d’un seul et unique esprit.

Cette « gémellité » forcée donne lieu à des passages assez comique ou l’u  des personnages ne supporte plus les cigares que fume son voisin, ou l’un boit mais l’autre a toujours la bouche aussi sèche ou lorsque Arrox constate avec horreur qu’il ne possède plus la même écriture ni la même signature…

La dernière partie se termine bien pour l’un,une fois de plus le « héros » va finir par s’en sortir .Libéré certes de ce voisin « encombrant » mais quelque part ,secrètement ne le regrette t-il pas ?

Ce texte parfois délirant, souvent étonnant reste malgré quelques petites longueurs, un bon ouvrage paru dans la célèbre collection « Les récits mystérieux »

Cette collection d’aventure Proposée par les éditions Méricant, est une véritablement collection mythique.

Mythique à plus d’un titre car elle fut de toute évidence la véritable première collection spécialisée à proposer des textes relevant du « merveilleux scientifique » avec un titre de collection qui d’entrée nous propose une base concrète : « Les récits mystérieux »

Mythique car elle publia des auteurs comme Gustave Le Rouge et sa célèbre épopée Martienne, sans oublier les textes de Jean De Quirielle.

Mythique pour la sobriété exceptionnelle de ses dessins de couvertures, créant ainsi une « cachet » parfaitement identifiable par tous les amateurs du genre.

Mythique enfin car elle est à mon avis une des collections que tout amateur du genre rêve de posséder car elle reste une des plus difficiles à trouver dans son intégralité,peut-être même une des plus prestigieuses.

D’une durée de vie relativement courte elle proposa tout de même 21 romans dont au moins 12 (entre 1912 et 1914) appartiennent au domaine qui nous intéresse.

Comme pas mal de textes à cette époque,les ouvrages de la collection n’échappent pas au défaut principal de l époque à savoir des textes qui oscillaient entre l’enquête policière et l’aventure fantastique.

Souvent l’élément conjectural provenait d’une machine extraordinaire ou d’un savant plus ou moins fou et capable de toutes les audaces.

Toutefois, comme vous le découvrirez au fil du temps,lorsque j’analyserai plus en détail les textes de cette collection, il sera possible de se rendre compte de la richesse de certaines thématiques abordées.

 

Index Collection « Les récits mystérieux »

D’après mes dernières recherches, je vous propose ici une liste des ouvrages de cette collection.

La Bibliothèque Nationale de France ne recense que 13 ouvrages de cette collection et il m’a donc fallu établir cette liste en fonction des propres volumes qui sont en ma possession.

 Il est possible qu’il en existe d’autres et je compte sur votre collaboration afin de compléter les manques

-« Le secret des Paterson » Jules hoche

- « Le mort volant » Jules Hoche

- « L’œuf de verre » Jean De Quirielle

- « La Joconde retrouvée » Jean De Quirielle

- « Le cou blanc » Gustave Guesviller »

- « Le puits du Maure » Paul D’Ivoi

- « l’obus de cristal » Paul D’Ivoi

- « Du sang sur le Nil » Paul D’Ivoi

- « Le naufragé de l’espace » Gustave Le Rouge

- « L’astre d’épouvante » Gustave Le Rouge

- « La piste Hallucinante »  Fernand Aubier

- « La cité des suicidés » J.Munoz Escamez

- « Une fumée dans la nue » Louis D’Hée

- « Ville hanté » Léon Groc

- « Sous la griffe du monstre » William le Queux

- « L’affolante minute » Georges Meirs

- « Le violon fantôme » Pierre Giffard

- « Autour d’un mystère » Léonce de Larmandie

- « Joe le vengeur du bagne » Edmond Char

- « 1+1=1 » F.C Rosensteel

- « Aux prises avec la main noire » V.Rossi-Sachetti

 

Liste des textes conjecturaux

-« Le secret des Paterson » Jules hoche

- « L’œuf de verre » Jean De Quirielle

- « La Joconde retrouvée » Jean De Quirielle

- « Le cou blanc » Gustave Guesviller »

- « l’obus de cristal » Paul D’Ivoi

- « Le naufragé de l’espace » Gustave Le Rouge

- « L’astre d’épouvante » Gustave Le Rouge

- « La piste Hallucinante »  Fernand Aubier

- « La cité des suicidés » J.Munoz Escamez

- « Ville hanté » Léon Groc

- « L’affolante minute » Georges Meirs

- « Une fumée dans la nue » Louis D’Hée.

- « 1+1=1 » F.C Rosensteel.

 

Ne possédant pas le roman de Fernand Aubier « La piste hallucinante »,le ne peux affirmer qu’il s’agisse d’un roman conjectural, mais d’après une source il s’agirait d’une aventure policière matinée d’un soupçon de « science-fiction »

IL est également à préciser que pour les romans de Gustave Le Rouge,la première édition a été effectuée toujours par les éditions Méricant mais dans une collection un peu « Jumelle » et intitulée « Le roman D’aventure »

       – « Le prisonnier de la planète Mars » Gustave Le Rouge éditions Méricant  « Le roman d’aventure » 1908 N° 4 .Superbe couverture et aquarelles de H.Thiriet

       – « La guerre des vampires » Gustave Le Rouge éditions Méricant  « Le roman d’aventure » 1909 Superbe couverture et aquarelles de H.Thiriet

 

 

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Les mystérieuses études du professeur Kruhl

Posté le Mercredi 6 janvier 2010

« Les mystérieuses études du professeur Kruhl » Publié dans la revue « Je sais tout » Septembre 1912

Le héros de cette aventure,en vacances prés du village de Cauville est fortement intrigué autour d’une rumeur concernant une étrange propriété  « le donjon rouge »

Renseigné par les habitants du village, il apprend que la sinistre demeure est louée depuis 3 ans par un individu que tout le monde surnomme « Le charcutier du diable »

IL s’agit en réalité d’un professeur Allemand de l’université de Magdebourg, affublé de cet étrange sobriquet en raison de ses achats de centaines de cochons depuis qu’il s’est installé au village.

Poussant un peu plus loin ses investigations, il va se rendre une nuit prés de la propriété où il entend une étrange plainte, celle d’un cochon que l’on est entrain d’égorger.

Se faisant passer pour un admirateur des travaux du Professeur, il tente de pénétrer dans la demeure,il se heurte à une défense farouche,la place est bien gardée.

Un soir il rencontre l’étrange personnage, mais celui-ci refuse le dialogue, aucune menace n’a de prise sur lui, le narrateur s’interpose tente de le retenir et Kruhl suppliant de lui dire « Elle va mourir….et si elle meurt je ne pourrai cette fois plus la ranimer…si elle meurt….si elle meurt… toute est perdu…perdu… »

Un soir finalement il parvient à pénétrer dans la maison, déjouant les systèmes de surveillance, à l’intérieur un bruit régulier et puissant vient troubler son esprit, un bruit mécanique mais tellement « vivant » mais qui pourtant ne lui était pas complètement inconnu.

Lorsqu’il découvre enfin l’origine de se rythme régulier, il est subitement saisi d’effroi. Un machine gigantesque, faite de tuyaux de cylindres et de rouages qui dans un mouvement horriblement humain alimentent à la fréquence des battements du cœur, une tête posée sur un socle.

IL s’agit comme il se doit, de la tête d’un infortuné guillotiné servant aux effroyables expériences du Pr Kruhl.

Ecoutons pour ce faire le compte rendu de la malheureuse victime Prosper Garuche :

« Depuis longtemps les anatomistes ont essayé de ranimer le chef d’un guillotiné : ils partent de ce principe que c’est uniquement le sang qui entretient la vie  et de ce fait, tous les organes du corps humain n’ont d’autres fonctions que de purifier et de régénérer le sang .Par la distillation des aliments, l’estomac le renouvelle et l’enrichit, les poumons l’épurent en l’oxygénant, le foie et les reins le filtrent, enfin le cœur le fait mouvoir et circuler. Or,comme d’autre part c’est le cerveau qui fait fonctionner cœur,estomac,poumon et que c’est le sang qui anime le cerveau tu vois bien que c’est lui le sang qui engendre la vie. Alors on a pensé que si l’on parvenait à baigner l’encéphale d’une tête coupée avec du sang injecté dans les vaisseaux du crâne à la température et à la pression normales on la ferait ressusciter .On a essayé : on a réuni les carotides ‘un chien vivant à celle d’une tête de supplicié et la face s’est animée,les lèvres ont remué,les yeux ce sont ouverts,seulement les conditions de l’expérience étaient imparfaites ; il n’y a au monde que Siegfried Kruhl qui soit parvenu à la réussir et c’est moi,Prosper Garuche,qui lui servi de sujet. »

Ainsi donc les cochons, utilisés depuis toute ces années, servaient à alimenter cette infernale machine mais le précieux liquide devait être remplacé tous les jours en raison de « l’usure » trop rapide du sang de l’animal.

Répondant aux supplications de l’infortuné,dont cette vie mécanique lui est insupportable ( ayant la « conscience » de son corps sans pouvoir faire le moindre mouvements ) le témoin de cette horrible expérience sort un révolver de sa poche et vise sur la partie la plus délicate,la plus riche en engrenages,pistons et leviers et tire trois balles.

« La pulsation sonore s’arrêta net ; au milieu des roues brisées, des tiges tordues, du liquide gicle, des gouttes nombreuses et rouges dégoulinérent sur le sol en ruisseau, la machine saignait ! »

De retour à son domicile, il sombrera dans une forte fièvre. Sorti de sa congestion, il apprendra la destruction du « Donjon rouge » rayé de la carte par un formidable incendie.

 En guise de commentaire

La production de textes relevants de l’imaginaire fut, faute de revues spécialisées, très abondante au début du XX éme siècle et il serait vraiment difficile d’en répertorier la totalité à l’heure actuelle.

De plus, c’est une époque où le genre  « Science- fiction » n’est pas encore bien déterminé et le terme de « Fantastique » était une espèce de « fourre tout » ou de nombreux textes appartenant à cette zone crépusculaire entre la SF et le Fantastique, étaient alors rangés.

Un genre il faut le reconnaître  assez méprisé, car en marge de la « vraie » littérature mais qui  abritait donc sous son aile une foule de textes d’origine conjecturale.

Bien souvent d’ailleurs la différence entre les deux domaines se base souvent sur des critères assez difficiles à définir.

Je pense par exemple au thème da la régénération des tissus morts et à un texte que j’avais réédité dans la défunte revue « Planète à vendre ».

L’exemple typique de cette époque est le texte de Paul Arosa « Les mystérieuses études du Professeur Kruhl » paru dans la revue « Je sais tout » ou ce dernier rassemble plusieurs genres : Policier,Fantastique,Science-fiction et même Grand Guignol.

Cette œuvre d’ailleurs, comme nous le fait remarquer fort justement Jacques Van Herp, ressemble curieusement à un texte de jean Ray et intitulé « La tête de Mr Ramberger ».

Dans les deux textes nous sommes en présence de la résurrection d’une tête décapitée, toutefois Arosa apportera une explication scientifique alors que jean Ray laissera planer un doute à la limite du surnaturel, tout en insistant sur le coté morbide de la situation (l’auteur Gantois était avant tout un conteur fantastique)

Dans le texte qui nous intéresse le procédé utilisé pour l’époque est assez innovent.

En effet tout repose sur un appareillage sophistiqué, énorme machine fonctionnant au moyen d’un cœur artificiel, envoyant en permanence du sang de porc (le plus proche de l’homme) dans le système vasculaire cérébral.

Toutefois, si l’idée est séduisante sa créature reste tributaire de son statut de « Tête vivante » et reste condamnée à ne pas bouger du socle sur lequel elle est posée.

Il faudra attendre un roman tout à fait rarissime et passionnant des pères de « Fantômas », Souvestre et Allain pour que le pas soit enfin franchi avec le passionnant « Le rour » (écrit à la gloire de l’automobile et des pneumatiques Ducasble)

Il s’agit à mon avis du tout premier roman Français (publié en 1909) où il sera question d’une créature semi mécanique et mue par un cerveau humain.

Les auteurs nous en présenterons juste une ébauche audacieuse car le savant diabolique de l’histoire ne parviendra pas à mener son projet à terme et pour cause, le héros neutralisera l’inventeur, le cerveau de la future créature étant celui de sa fiancée.

Par la suite G.Palowski en 1913 et son « Voyage dans la quatrième dimension » ébauchera ce concept toutefois cette date est tout aussi importante car elle marque une étape décisive dans notre domaine.

En effet à Bruxelles sera édité ce qui constitue d’après Versin dans son « Encyclopédie » la « Première collection spécialisée de science-fiction »

« Le secret de ne jamais mourir » Roman fantastique de A.Pasquier et illustré par De Cuyck va ainsi constituer le seul et unique volume d’une série fort prometteuse des éditions « Polmoss »

L’ouvrage renferme en réalité deux textes consacré aux « automates » mais celui qui nous intéresse plus particulièrement est le premier donnant le titre au recueil.

Ici la donne est différente car ce n’est pas un cerveau que l’on va ajouter à une machine (ou faire fonctionner un cerveau artificiellement grâce à un appareillage) mais on va intégrer des éléments mécaniques en remplacement d’organes défectueux ou vieillissants : L’ancêtre de Robocop venait de voir le jour !

Celui qui franchira de nouveau le pas sera Gaston Leroux en 1924 avec la parution de son célèbre roman « La machine à assassiner ».

Dans ce texte, Gabriel est un mannequin automate sur lequel on a greffé le cerveau d’un guillotiné.

Il se répare et se remonte tout seul, doué en quelque sorte d’une immortalité « mécanique » qui en fera presque le summum de la créature artificielle parfaite.

Signalons également une petite plaquette éditée en 1928 à la « Librairie théâtrale » et intitulé « L’homme qui a tué la mort » de René Berton. Il s’agit d’un pièce dramatique en deux actes ou la tête d’un décapité est rendue à la vie au moyen d’une machine complexe envoyant électricité et sang de bœuf afin de refaire fonctionner le cerveau du malheureux.

Lucien Bornert en 1953 avec son roman « Robots sous-marins » dans la collection  » Grand roman science anticipation » éditions le Trotteur (pré-originale dans la revue « Robinson » du 10 Mars au 1er Décembre 1940) et  Pierre Devaux dans son roman « Uranium » Editions « Médicis » 1946,mettront également en scène des créatures mi-machineS,mi-humaines dans lesquelles seront logées un cerveau humain.

Comment terminer enfin sans oublier le roman de de Marcel Thiry « Le concerto pour Anne Queur » où un grand médecin noir à trouvé un moyen de vaincre la mort.Les cadavres sont ainsi vidés de leurs tissus charnels,à l’exception du cerveau et sont appareillés avec un coeur électrique qui diffuse un sang couleur or.Ces étranges créatures sont appelées les « Secs »constituent ainsi un nouvelle race de surhommes,mais pour combien de temps?

 

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Archive N° 2 : Mystére-Ville

Posté le Mercredi 30 décembre 2009

« Mystère Ville »  Roman de William Cobb (Jules Lermina) Illustré par A.Robida.

Parution « Le Journal des Voyages » du 4 Décembre au 26 Mars 1905 .Première livraison avec couverture couleur de A.Robida (Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de littérature fantastique N°6 Mars 1991)

 

Reclus volontairement dans une province isolée de la Chine, Alcide Trémolet voulant échapper aux horreurs de la révolution des Boxers, va vivre une des plus extraordinaires aventures de sa vie.

Tombé par accident  dans une crevasse alors qu’il fuyait sa maison, il se réveillera dans un endroit des plus singulier où un homme, habillé de vêtements d’une autre époque va lui faire une curieuse annonce.

IL doit en effet comparaître devant le tribunal du « grand Châtelet »pour avoir pénétré de façon illégale dans une zone interdite. Ainsi fait, la sentence tombe de façon tragique :Condamnation à mort par « Phonothomatose » à savoir la mort par le son.

Avant l’exécution de cette terrible sentence, un homme de science le Dr Durand, qui ayant prit en sympathie notre infortuné aventurier, va lever une partie du voile de cette mystérieuse société souterraine « Mystère Ville ».

Fuyants paris lors de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XVI en 1865, un groupe d’insurgés gagne les Indes au moyen d’un bateau à moteur inventé par l’un deux : Denis Papin !

De périples en périples, ils se retrouveront prisonnier d’une muraille granitique suite  à un tremblement de terre.

Après 200 ans d’isolation et d’adaptation  à leur nouvel environnement ils parviendront, aidés par le génie de Papin à créer Mystère -ville.

Dans ce microcosme, tout doit être fabriqué artificiellement, comme la nourriture entièrement chimique et formée des éléments constitutifs des mets avec leurs saveurs propres et leurs qualités nutritives.

La terre est un élément très rare, car apportée par le vent, est également fabriquée avec des éléments de synthèse. Petit détail surprenant, à Mystére-ville, la Seine est un fleuve de fleurs aux couleurs flamboyantes, réalisé au moyen d’injections hyporaciniques à base d’essences minérales.

Les repas se prennent au Louvre, réfectoire national ou toute l’alimentation se fait par absorption d’essences nutritives, distribuées par un clavier.

L’injection se pratique directement par la bouche par une canule propre à chaque personne.

L’appartement attribué à Alcide est également à la pointe de cette nouvelle technologie.

Celui-ci, très confortable, n’est accessible que par l’intermédiaire d’une grue située au centre de la ville et faisant office d’ascenseur.

Par manque d’eau, les ablutions se font au moyen de douches phoniques, rayons lumineux chassant toutes les impuretés de votre corps.

Symbole du progrès, dans cette ville, la femme est l’égale de l’homme ou chacun se doit de fournir  une à deux heures de travail quotidien.

Réduction des taches, loisirs augmentés, voici un monde idéal ou notre héros s’intègre peu à peu et on lui trouve même un petit travail dans l’usine phonique (distribuant l’énergie dans chaque m    maison) où il rencontrera l’amour de sa vie….

Alors que sa nouvelle existence semblait s’écouler paisiblement, un nouveau vent de révolte se déchaîne sur la capitale.

De violentes oppositions débutent entre le phonisme (énergie par le son) et l’aronisme (énergie produite par….les odeurs).

De plus la polémique enfle : « Faut-il oui ou non percer une galerie afin d’atteindre le monde d’alcide Trémolet ? »

Une nouvelle machine issue de la technologie aromiste peut en effet dissoudre les roches les plus dures et ce, dix fois plus vite que tout autre appareil.

Alcide au milieu de ce gigantesque conflit, est le seul qui peut vraiment dire si la civilisation « terrienne » est meilleure que celle où il a été recueilli.

Mais la guerre gronde à l’horizon, une guerre impitoyable oppose les deux factions.

La « bombe aromatique »prévue pour le tunnel, n’est malheureusement qu’un prototype et dans sa folie, son utilisateur percera une gigantesque poche de lave en fusion.

La ville sera complètement détruite, Trémolet n’échappera, comme il se doit, que de justesse à cette mort effroyable.

Seule sa compagne échappera également au désastre, une évasion qui se fera par la voie des airs

Le manuscrit de cette incroyable aventure sera retrouvé dans une bouteille miraculeusement tombée du ciel, dans une ville Russe.

Une expédition sera envoyée afin de confirmer la véracité de cette époustouflante aventure.

Quand à Mr  et Mme Trémolet, ils n’ont jamais donné signe de vie

 En guise de conclusion

Ce roman fort court hélas, reste me semble-t-il une des réussites du « Journal des Voyages ».Les inventions sont si nombreuses qu’il est impossible de les citer toutes.

Cette civilisation axée sur le son et les odeurs ne manque pas d’originalité ; et certaines descriptions y sont d’ailleurs fort cocasses.

L’exemple flagrant du potentiel extraordinaire des écrivains de cette époque

L’histoire se déroule d’une façon logique et bien que certaines techniques soient un peu tirées par les cheveux, il se dégage de tout cela un savoureux charme désuet.

Par contre il me semble important de soulever un petit voile mystérieux dont cette œuvre semble enveloppée.

Je connais quelque peu la production de Mr Jules Lermina (« Le secret des Zippélius, « à brûler conte astral.. ») et il me semble que l’imagination débordante dont fait preuve ce texte doit plutôt se tourner vers son illustrateur, l’excellentissime Albert Robida.

Ce texte porte sans nul doute les traces du père du XXéme siècle.

Les noms donnés aux appareils (douche photique, serre photo phonique, phonothomatose…) les descriptions de l’évolution sociale et culturelle (égalité de la femme, diminution du temps de travail, nouvelles religions : (Aronisme…) ainsi que le ton humoristique de l’ensemble, me permettent de croire à une participation plus que artistique à « Mystére-ville ».Un terminologie qui sera souvent reprise dans d’autres oeuvres comme celle de Camille Flammarion ou dans son « La fin du monde » les terriens communiquent avec Mars par liaisons « photophoniques » au moyen d’un « Téléphonoscope »

Du moins l’influence y est considérable et une écriture à quatre mains n’est pas à exclure.

Ceci est un avis personnel qui n’engage que moi, mais les coïncidences sont troublantes.

Pour exemple « La guerre infernale » écrite par Pierre Giffard Robida fut, dans quelques numéros autre chose qu’un simple illustrateur

IL est à préciser que ce texte fut réédité par J.P Moumon dans sa revue Apex collection « Périodica » en 1998.

Ce texte est également cité dans l’ouvrage de Pierre Versins « Encyclopédie de l’utopie et de la science-fiction » Edition « L’age d’homme » 1984 page 530

Cité également dans l’ouvrage de Guy Costes & Joseph Altairac « Les terres creuses, bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires » Editions « Encrage » 2006 page 206

Cet ouvrage est une véritable « Bible » indispensable à tout archéologue de l’imaginaire en littérature.

 

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