La vieille sf est-elle réservée à une « élite « privilégiée

Posté le Lundi 25 janvier 2010

Beaucoups vont frémir à la lecture de ce titre un peu racoleur, mais je constate une chose troublante depuis plusieurs années et qui me force à une petite réflexion.

Il fut un temps où la vieille anticipation n’intéressait qu’une petite minorité de gens passionnés de science-fiction et il faut l’avouer, par manque d’ouvrages de références relativement « sérieux » il était difficile de dissocier le bon grain de l’ivraie.

Il y a quelques années, acheter un livre un peu poussiéreux était relativement facile et pas cher du tout.

Dans les brocantes, puces et autres vides greniers, les livres s’achetaient par caisses entières et il n’était pas rare de rentrer à la maison avec des kilos de vieux papiers, sous le regard courroucé et indigné de notre épouse. Il ne restait alors qu’à trier tout cela, mettre de coté les titres qui « semblaient en être » survoler quelques pages en trouvant parfois, la perle rare dont personne m’avait entendu parler.

Je me rappelle qu’avec mon ami Roland nous avions coutume de lancer un phrase qui était en quelque sorte un porte bonheur : « Que le dieu carton soit avec toi! ».En effet nos plus belles trouvailles se trouvaient bien des fois enfouies au fond d’un vieux carton qui dans la plus part des cas ne payait pas de mine

Je crois qu’il faut remonter relativement loin pour se souvenir de ce temps béni, où il fallait juste se baisser pour enrichir ses étagères d’ouvrages intéressants et constituer une collection digne de ce nom. Oui mais voilà,un beau jour deux collectionneurs acharnés eurent la bonne idée de publier un livre de « Côte » appelé plus communément le « milan » dans lequel il était répertorié une multitude d’ouvrages hors collections,accompagnés de leurs estimations….la chasse était ouverte !

Le premier pas de la dégringolade venait d’être effectué. Ce fut une période assez pénible où cette « bible » était parole d’évangile, sans compter que les majorations appliquées à certains prix frôlaient bien souvent le ridicule.

Je me rappelle de certaines personnes qui à une époque ne connaissaient rien dans le domaine et à qui j’ai donné certaines adresses de collectionneurs, des références de titres et de collections et qui par la suite sont devenus de véritables « requins ».Car ne vous faites pas d’illusions, dans ce domaine au cour de cette passion qui m’a toujours animée, j’ai rencontré de véritables loups qui auraient vendu père et mère pour l’acquisition d’un livre rare.

J’ai même rencontré des personnes vertes de jalousies en apprenant que j’avais acquis  un livre introuvable. Le monde de la collection parfois n’est pas très beau et me brille pas pour son intégrité !

Malheureusement, on n’appréciait plus un texte, on en faisait uniquement un objet de spéculation.

Soyons clairs avec le principe, bien souvent pour trouver un texte de vieille anticipation, le « lecteur » est nécessairement obligé de trouver l’édition originale et force est de constater que par  nécessité ce « lecteur » de base devient alors un collectionneur.

Je pense que pour les habitués comme moi, cela ne pose pas trop de problèmes, cela fait plusieurs années que je m’intéresse au genre et j’ai connu une époque où l’on trouvait encore certains titres à des prix abordables, les brocantes regorgeaient encore de vieux papiers et le marché de la spéculation n’était pas encore vraiment développé. Mais actuellement la donne vient encore de changer.

Le chineur n’a plus la vie facile, déjà qu’il fut une époque ou celui qui avait le plus gros portefeuille avait toutes les chances de rafler toutes les « pièces » intéressantes, pensez maintenant ! Une nouvelle petite révolution  enflamme les coeurs depuis quelques années….Internet !

Loin de moi de vouloir critiquer cet outil formidable et qui me permet aujourd’hui de m’exprimer assez librement sur les pages de ce blog,mais il faut avouer qu’il porta en quelque sorte le coup final aux « archéologues du merveilleux » pour reprendre l’expression de Claude Hermier dans ces deux pavés consacrés à la littérature populaire.

Cette petite révolution eut deux conséquences : une positive et bien entendue une autre assez négative.

La « positive » réside dans le fait qu’il est beaucoup plus facile de trouver certains titres faisant défaut à nos collections. Avant il fallait bien souvent écumer des dizaines de librairies, rédiger des centaines de courriers à différents libraires, afin de trouver le titre tant convoité. Désormais il est possible, installé dans un confortable fauteuil, de « fouiller » sur les différents sites de la toile pour obtenir un résultat comparable. Cette solution qui, tout en permettant un gain de temps à le mérite de laisser sa chance au plus perspicace et au plus rapide.

Mais attention, pour ma part cela ne réfrène en rien ma passion et ma joie de parcourir les vides greniers.

La « négative » est justement l’accessibilité à tout le monde de consulter certains sites de vente. Résultat il n’est pas un marchand d’occasion qui ne consulte Internet avant un marché aux puces histoire de connaître la véritable valeur d’un objet ou d’un livre.

Et l’on se retrouve avec des situations délirantes où un particulier sur des puces en pleine cambrouse vous vende une revue ou ouvrage défraîchi à un prix prohibitif.

Du coup, on retourne un peu à la case départ ou l’on constate que la vieille sf continue toujours à générer un certain marché ou le profit reste le maître mot. Sans parler de certaines « arnaques » des vendeurs peu scrupuleux qui vous trompent sur l’état ou réalisent leurs marges sur les frais de port.

Finalement rien  ne remplace le contact direct chez le libraire et le bon vieux bouquiniste avec qui il est toujours possible d’échanger une passion commune.

Au final, j’ai une certain compassion pour tous les nouveaux lecteurs qui comme moi, vont tomber dans la marmite. La route va être difficile car le marché va être de plus en plus « serré », la matière première se fait rare,et se trouve à des prix tels que seules les personnes bénéficiant de solides revenues pourront se permettre de les acheter.

Les éditeurs font la gueule, ils préfèrent et cela se justifie pleinement, miser sur des titres plus racoleurs et des genres beaucoup plus commerciaux.

Regardez sur les étalages des libraires et des grandes enseignes : que de la fantasy, très peu de rééditons de classiques de l’age d’or et je ne vous parle pas de ressortir un précurseur de la sf…..non, pas Jules Verne, malheureusement son succès est tel qu’il a complètement occulté tous les autres écrivains de génie, je vous parle de Rosny Aîné, Moselli, Robida, Couvreur, Maurice Renard, et tant d’autres.

Pour profiter pleinement de tous ces auteurs au talent immense, il faut y mettre le prix d’où ce cloisonnement de la culture » science fiction » où finalement on ne peut avoir accès dans le domaine de l’édition, qu’à ce qui se vend.Si tu veux lire les classiques…les vrais,il faut allonger la monnaie!

La littérature de l’imaginaire est,à l’image du cinéma bis,victime d’une ségrégation tout à fait injustifiée et intolérable. Fort heureusement il existe quelques éditeurs qui nous régalent parfois de quelques fulgurances en ressortant de petits classiques qui n’ont rien à envier aux productions américaines de l’époque.

Dans ce domaine également,notre pays possède un solide héritage culturel  et il serait grand temps de lui accorder la place qu’il mérite.

 

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Archive N°6 « Histoires Impossibles »

Posté le Dimanche 24 janvier 2010

« Histoires impossibles » Recueil de nouvelles de Jean Azais. « Editions Presse Française, Librairie Staude Paris » 1914,230 pages. Première parution dans la Gazette Mondaine de l’Aude et du Roussillon en 1909-1910.

 

« L’aviateur » : La terrible vengeance d’un aviateur qui, trompé par sa femme, ne manque pas d’originalité

« Un suicide » : Comment la lecture d’un simple livre peut-elle vous emmener au désespoir puis au suicide ?

« La cage mortelle » : Un domestique utilise un jour un l’abri anti-incendie de son maître inventeur. En voulant se protéger, sa fin n’en sera que plus horrible.

« Histoire d’un homme qui n’avait pas de cœur et qui n’avait pas de cerveau » : Pouvez-vous devenir un écrivain célèbre lorsque l’on vous a enlevé cœur et cerveau ? Ou bien tout cela n’est-il peut-être qu’une illusion….. 

« le mort vivant » : une femme infidèle ne cesse d’injurier son mari qui vient juste de mourir. Il reviendra d’entre les morts afin de laver son honneur.

«  La vengeance des ombres » : Un homme pet-il tuer de six coups de révolver tout en affirmant ne pas avoir tiré ? Ou bien est-il l’instrument d’une puissance surnaturelle ?

« La folle » : A quelques secondes d’une mort brutale deux êtres vont s’aimer, alors que tout semblait vouloir les éloigner

«  Sous le scalpel » : Un condamné à mort accepte d’être l’objet d’une « dissection ».Un chirurgien trop ambitieux dépassera pourtant ce qui pourrait être la limite du raisonnable.

« La goule » : Il était une fois un jeune homme pauvre et malade qui aimait une fille belle et désirable. Elle acceptera pourtant un jour un de ses rendez-vous….Mais quelle horrible créature se cache derrière ce visage angélique ?

« La peur des mots » : Miraculeusement indemne à la suite d’un accident, un écrivain retire de son vocabulaire tous les mots synonymes de ce terrible événement. Ce sont eux pourtant qui seront la cause de son effroyable mort.

« La lumière qui marche » : Alors qu’il voulait transformer en radiations visibles des corps radioactifs, Robert Bernett découvre à ses dépends un phénomène pouvant altérer les molécules de tout l’organisme. Il finira complètement désagrégé.

« La maison morte » : Réputée maudite, une maison peut-elle être oubliée de tous au péril même de ceux qui l’habitent ?

« Le double » : Poursuivi par un double imaginaire ( ?) Lucien Mauduit décide de mettre fin à son cauchemar. Il se tuera en essayant d’éliminer son reflet dans un miroir.

« Dans l’amphithéâtre » : Victime d’une plaisanterie, un étudiant se retrouve nu et seul dans un amphithéâtre rempli de cadavres. Le lendemain, ses amis le retrouvent couvert de sang et de pus tout en essayant de disséquer son troisième cadavre.Il mourut peu de temps après dans la folie totale.

«  Mort d’extase » : La vision d’un amour perdu et retrouvé peut-elle vous faire mourir d’extase ?

«  Incube » : Un peintre de talent dépéri petit à petit alors que sa femme d’une beauté envoûtante atteint la perfection artistique de son  mari. Accusée de fraude à la mort de celle-ci,elle sera pourtant acquittée : Peut-on condamner un incube ?

« L’euthanasie » : L’euthanasie est-elle un moyen légal pour éliminer le mari d’une femme qu’un médecin aime plus que tout ?

« La foret qui marche » : Un savant, au bout de longues années d’études découvre un produit aux propriétés sensationnelles .Lorsque celui-ci est injecté à une plante cette dernière semble se réveiller d’une longue vie végétale en se déplaçant comme mue par une force propre .Après un essai sur du lierre, un rosier, etc….pour achever son œuvre, le professeur et son assistant injecteront ce liquide dans une foret entière. L’affaissement du terrain provoqué par les arbres, écrasera les deux hommes qui, dans un dernier soupir apercevront la foret s’enfuir vers le soleil. Une force colossale, balayant tout sur son passage, »emportant avec elle son œuvre énorme de destruction »

 

En guise de conclusion

Ce recueil de jean Azais est vraiment d’un très bon niveau et mérite à mon avis d’être connu du grand public. Hélas ! il semblerait faire partie de la cohorte des auteurs anonymes et condamnés à errer sans fin dans la vallée de l’oublie.

Cet auteur dont je ne connais que l’ouvrage précité,ne peut m’empêcher de penser aux récits macabres de Ambrose Bierce. Toutes ces nouvelles, très courtes vous font souvent l’effet d’une douche froide ou la mort se joue des vivants,où l’horreur côtoie très souvent un humour des plus noir.

Certaines sont de véritables petits joyaux de l’épouvante : froides et tranchantes comme la lame d’un bistouri.

Le procédé de narration en est assez simple, il s’agit d’un médecin dont la longue carrière chargée de souvenirs macabres, raconte à un de ses amis quelques unes de ses expériences les plus mémorables.

Excepté le ton rapide des récits (entre 3 à 6 pages) la technique employée est la même que celle utilisée par H.W.Hogdson pour son détective de l’occulte « Carnacki »

Il est  difficile de délimiter la frontière entre le fantastique et la science fiction dans certaines des nouvelles, toutefois deux récits pourraient s’apparenter à notre domaine : « La foret qui marche » qui mériterait un plus long développement et dont la teneur me fait beaucoup penser aux histoires de Maurice Renard (dont on ne vantera jamais assez les qualités).

« La foret qui marche » la plus longue des nouvelles du recueil, est excellente mais qui à mon avis s’arrête hélas là où l’histoire devait commencer. Un peu comme le roman de Wersinger « La chute dans le néant ».

L’idée de cette nouvelle est surprenante,le « péril vert » bien avant« La guerre du lierre » de D.H.Keller et de « La colère végétale » de Dominique Watteau (deux autres excellents ouvrages à lire sans modération)

En résumé un très bon livre qui vous glacera ou non le dos à sa lecture mais une chose est certaine,il ne pourra vous laisser indifférent…..A quand une réédition messieurs les éditeurs !

 

Sur L’auteur

Quelque petites précisions concernant l’auteur. Ces renseignements proviennent de François Ducos du N° 11 du Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de Fantastique (Novembre 1992) :

 Jean Azaïs est né le 21 Novembre 1886 à Bagnoles,dans l’Aude et exerça la profession d’avocat à Carcassonne. Outre le recueil cité,il mérite qu’on se souvienne de lui en raison de ses efforts en faveur de la littérature et des arts .Il créa et anima la revue « Arts et lettres » ainsi que le bulletin « Intermédiaire des lettres et des arts » et surtout publia un « Annuaire des gens de lettres » (1920) et un « Annuaire international des lettres et des arts de langue ou de culture Française » (Carcassonne,les publications art et littérature,1921). Il eut deux pseudonymes, Jacques Bonhomme pour le périodique « La dernière heure », et G.De Natas.

En 1921 Jean Azaïs avouait être l’auteur des œuvres suivantes (sans indication d’éditeurs) : « Les mois qui pleurent » (1907), « Paradoxes sur l’amour » (1910), « La chevauchée nocturne » (1911), « Amoureuses » (1913), « Histoires impossibles » (1914,réédité en 1919), « La fin du monstre Allemand » (1914), « Vers la paix du monde » (1915), « Echos d’Allemagne » (1915), « L’abri 56-A-2 » (1919), « Pages héroïque de l’espionne » (1919), « La grande pitié des professions libérales » (1921). Il s’apprêtait à publier « Poésie de Satan.

 

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Archive N°5 « Paris en feu » La capitale encore détruite!

Posté le Jeudi 21 janvier 2010

« Paris en feu » (Ignis Ardens)

Roman de Henri Barbot bibliothèque des lettres Françaises 1914.179 Pages (Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de littérature fantastique N° 4 octobre 1990 tirage 40 exemplaires).

 

 Dans une France déchirée par une guerre civile,le pouvoir est assuré par une bande de révolutionnaire dont le seul but est de verser le pays dans un bain de sang et de violence. Plus de justice ni religion,les églises font maintenant office de café théâtre et de cinéma pornographique d’ailleurs,les prêtres sont exterminés sans pitié.

Quelques petites poches de résistance se constituent dans les quartier Parisiens mais vite neutralisées par une police ou plutôt une « milice », composée de brutes épaisses et de repris de justice.

Seuls quelques « bons patriotes » s’insurgent,mais le chaos et le désordre dirige tout,un semblant d’armée reste toujours en place mais impuissante car amputée de ses véritables chefs et autres officiers opposé au régime.

Ce vent de folie semble gagner l’Europe en touchant  l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne qui, très « chatouilleuse » déclare la guerre à la France suite à un incident diplomatique.

Cette mauvaise n’est pas sans inquiéter Victorien Dondrenne, officier de marine et chargé de l’organisation technique d’une centrale radio située sur la tour Eiffel. La mission de ce poste est d’assurer, au moyen d’un appareil inventé par le militaire, la liaison permanente avec les grandes villes Françaises ainsi que toutes les autres centrales disséminées dans la région.

L’instrument en question possède la particularité d’envoyer une vibration sonore à grand vitesse qui une fois émise, se transforme en une « onde colorée » permettant ainsi de déterminer la provenance de chaque poste émetteur. L’alimentation des génératrices est assurée par d’immenses condensateurs pouvant si besoin est fournir une quantité considérable d’énergie électrique.

Alors que le chaos progresse inexorablement dans la capitale et comble de  malheur, Dandrenne reçoit une terrible nouvelle : une quarantaine de dirigeables Allemands bourrés d’explosifs comparables aux feux grégeois se dirigent vers Paris. Il lui faut donc agir très vite et bien évidemment sans l’accord de ce gouvernement provisoire,ce « comité de salut public »,qui par peur s’est réfugié à Bordeaux.

Son idée est sensationnelle, concentrer toute l’énergie produite par les différents postes émetteurs en un seul point,pour la diriger ensuite sur le ciel Parisien dés l’apparition de l’armada ennemie,formant ainsi un véritable « bouclier électrique ».

Le soir de l’expérience décisive éclate un violent orage et les forces artificielles potentialisées par l’électricité naturelle, remplissent leurs offices en détruisant en un instant d’apocalypse les dirigeables…..et la capitale dans un déluge de feu !

La fin de paris et ce comme précisé en début de roman, n’avait-elle pas été prévue par la voyante Mélanie à la Salette en 1846 lors d’une apparition de la vierge Marie ?

Le roman se terminera par une reprise  de conscience du peuple Français,le feu purificateur « réactivera » un sentiment qui avait depuis longtemps disparu.

Il faut dés à présent réorganiser la défense du pays, repousser l’ennemi qui ne cesse de s’amasser aux frontières du pays.

 

En guise de conclusion

L’intérêt de ce roman s’appuyant sur les prédictions d’une voyante réside d’une part, dans le procèdè utilisé pour la destruction involontaire de Paris, ainsi que du moyen utilisé par le héros et visant à la neutralisation des dirigeables ennemis.

Ce texte de la catégorie « anticipation militaire » reste un de mes préférés car l’écriture y est vive,avec une montée en puissance très bien dosée conférant au roman une incroyable crédibilité. Evidemment tout cela possède une forte odeur de patriotisme mais sans pour autant tomber dans les poncifs rencontrés habituellement dans ce genre d’ouvrage.

IL faut toutefois signaler que cette idée de destruction de la capitale au moyen de dirigeables armés avait déjà été utilisée pat le commandant G.Wailly dans une longue nouvelle intitulée « Paris sous l’épouvante » (supplément au « Journal des voyages N°34 12/10/1913). Ce texte par contre proposera l’anéantissement de ces véritables « forteresses volantes » que sont les dirigeables,au moyen d’avions très légers et ultra rapides.

Ces deux auteurs comprirent très tot l’importance de la suprématie aérienne lors d’un conflit armé.

Pour conclure insistons sur deux temps forts du roman : Les scènes de guerre civile et de violence dans les rues Parisienne qui me rappellent celles décrites dans le roman de Rosny Ainé  « La force mystérieuse » et qui sont d’un réalisme saisissant,mais aussi le moment apocalyptique où les dirigeables Allemands et Paris seront détruits dans une immense tempête électrique : Ignis Ardens !

 

« Petite anecdote autour du livre »

Lorsque j’avais acheté cet ouvrage il y a fort longtemps à un libraire Parisien réputé pour ces catalogues extraordinaires dans le domaine de la vieille SF ,je me rappelle l’avoir appelé en lui signalant que l’ouvrage acheté était un peu abîmé.

En effet le dos de l’ouvrage était cassé sur toute la longueur (parfaitement réparable) et donc que le prix me paraissait un peu excessif en regard de ce défaut.

Le libraire un peu outragé m’avait répondu que c’était un ouvrage relativement rare, qui plus est d’excellente facture et qu’il me le reprenait sans problème. A l’époque j’étais un peu contestataire mais j’ai ravalé ma salive et conservé l’ouvrage.

Je ne le regrette pas, le texte est vraiment bon et depuis je n’ai jamais retrouvé ce titre dans les centaines de listes que j’ai consulté.

Je pense que c’est un domaine où il est nécessaire parfois de ne pas être trop regardant, car c’est le texte qui prime avant tout et à trop vouloir pécher par excès de « collectionnite » on passe bien souvent à coté d’une perle rare.

Je me rappelle de collectionneurs qui en possession d’un ouvrage rare non coupé, préféraient ne pas y toucher afin de préserver une quelconque valeur marchande, plutôt que de le « découper » afin de pouvoir s’en régaler.

C’est une position que je respecte mais qui laisse place tout de même à la réflexion.

paris en feuparis sous l'épouvante

 

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« On a Volé la tour Eiffel » De Léon Groc

Posté le Dimanche 17 janvier 2010

 

« On a volé la tour Eiffel » De Léon Groc édition Ferenczi  « Collection « Les romans d’aventures » 1923. Illustration de couverture en couleur de Armengol. (Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de fantastique N°5 Décembre 1990)

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître,aucun doute n’est possible,le lieutenant Lambrequin attaché au service TSF de Paris constate avec stupéfaction la disparition de la tour Eiffel. Il venait de prendre son service au pied de l’édifice lorsque, au petit jour, ses yeux virent l’inconcevable.

L’affaire fait la une de toute la presse, le milieu scientifique se perd en conjectures, le mystère reste total : Comment un monument de 700 000 tonnes peut-il ainsi se volatiliser,

Le jour même de ce formidable événement, Claudine Gourdon fille du célèbre professeur et mort dix ans  plus tôt, fête avec quelques intimes son 21éme anniversaire. Le DR Rapigny vieil ami de toujours choisira cette occasion pour lui remettre un message de son défunt père sur lequel est inscrit : « A ne remettre a ma fille que le jours de ses 21 ans ».

Cette dernière, brillante mathématicienne ouvre l’énigmatique paquet dans lequel se trouve différentes formules.

Deux personnes présentes lors de cette petite cérémonie, Charlotte Bourrelier et Gustave Forestier, semblent prendre un intérêt certain quand au contenu de ce curieux « Testament »

Afin de comprendre les liens qui semblent relier ces deux événements il est utile de faire un petit retour en arrière.

Avant sa mort le Pr Gourdon, avait constaté que le fer, soumis durant 25 années à un bain électrique constant, pouvait au moyen d’un traitement spécial basé sur différentes réactions chimique, se transformer en or.

Le hasard voulu que la tour Eiffel réunisse le jour des 21 printemps de sa fille toutes les conditions requises et indispensables à cette transmutation : La fortune de sa fille et de la France serait alors assurée.

Mais alors qu’est devenu notre emblème national, la fierté de la patrie, la gloire de la république,

L’explication de cette énigme sera révélée au cours d’une véritable enquête policière où amour et mystère ne cesseront de se côtoyer (une véritable pub pour romans photos….)

Explication : Assistant du Pr Gourdon lors de cette découverte sensationnelle, Forestier (voir plus haut) savait où et quand devait se produire le moment favorable pour la transmutation mais ignorait tout en revanche de la formule et de l’identité de son futur propriétaire.

Il prépara alors un  plan aussi minutieux qu’alambiqué : Grâce à la complicité d’une femme aussi cupide qu’intelligente, Charlotte Bourrelier et d’un riche milliardaire Américain (à cette époque ils venaient tous des USA), ils organisent l’impensable, le vol de la dame de fer !

De part leurs solides connaissances scientifiques ainsi que des capitaux énormes dont ils disposent, nos scélérats établissent une base secrète au large de la Bretagne.

Dans un premier temps, il leur faudra décoller l’édifice du sol au moyen d’un puissant explosif révolutionnaire mais surtout très « silencieux » pour ensuite actionner l’immense électro-aimant mis en place dans leur repère et alimenté par une énergie colossale et inépuisable « La houille verte ».

Une fois ce véritable déluge de fer éparpillé, il ne restera plus qu’à entreprendre la récolte tout en appliquant le fameux traitement que les malfrats comptent dérober à l’infortunée Claudine.

Mais heureusement que l’amour va triompher et celle-ci, aidée par son fiancée et de quelques amis « sûrs » (dont le lieutenant lambrequin qui en est secrètement amoureux) vont déjouer cette fructueuse opération. Après avoir repéré la tanière des gredins, il faudra tout le courage ou la stupidité d’un militaire afin de s’introduire dans la gueule du lion, éliminer le cerveau de la bande et ses complices. Tout explosera : Le Lt qui sachant son amour impossible préférera se sacrifier pour la bonne cause,les malfaiteurs mais aussi les fragments de la tour Eiffel qui servira désormais de monument aux poissons.

Pauvre Gustave Eiffel !

 

En guise de conclusion

Ce roman, comme beaucoup d’ouvrages de Léon Groc ainsi que d’autres écrivains de l’époque, ne manque ni d’audace ni de fantaisie. Il fait tout de même partie des textes les moins crédibles de l’auteur, plus habitué dans ses romans à une certaine rigueur scientifique.

« On a volé la tour Eiffel » rentre plus dans la veine « populaire » de son œuvre.

Basé essentiellement sur une enquête policière, nous progressons de chapitres en chapitres vers le roman conjectural type de cette époque : Le ou les savants fous qui ne reculent devant rien pour arriver à leurs fins, le milliardaire perfide qui financent le projet, la jeune et belle fille courageuse face aux horribles criminels, l’invention extraordinaire du savant ou autre scientifique de l’histoire.

Malgré certaines petites « ficelles » souvent utilisées par les romanciers populaires, l’histoire se laisse lire sans ennuis, l’auteur nous dirigeant parfois sur de fausses pistes en nous faisant croire l’espace d’un chapitre à la fin de notre bonne vieille terre.

La disparition de la tour Eiffel donne lieu quand à elle aux hypothèses les plus délirantes, et quelques inventions originales parsèment ce petit ouvrage avec notamment l’électrocution à distance au moyen de la TSF et utilisée par Brown afin d’éliminer un complice gênant.

Concluons en classant ce roman « catastrophe » dans la rubrique « on en veut à la tour Eiffel » mais j’y consacrerai une rubrique entière dans un proche avenir, car une fois de plus celle-ci sera victime d’agissements diaboliques d’hommes qui ne se soucient guère du monument le plus célèbre au monde.

J’ai personnellement préféré de l’auteur « La révolte des pierres » ainsi que « La planète de cristal », toutefois ce roman reste fort honorable en tout cas,bien meilleur que certaines productions de l’époque. 

Petite anecdote autour du livre

J’ai acheté ce livre il y a presque 20 ans et je me rappelle le bouquiniste me disant en ces termes « Comme je sais que vous aimez les trucs populaires un peu bizarre,j’ai découvert ce livre dans un coin (presque le placard a chiotte….) je pense que cela va vous intéresser.Et pour cause,voila une petite collection que je cherchais à réunir au complet (pensez! les Ferenczi de la collection « Les romans d’aventures »).Mais le livre n’était pas cadeau malgré sa peu glorieuse provenance l’équivalent à l’époque de 50 Francs.Les temps changent, il y a 20 ans c’était cher mais aujourd’hui c’est une collection qui reste encore très onéreuse.

 

on a volé la tour Eiffel

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Archive N°3 « 1+1=1 ou L’homme à la tête greffée »

Posté le Vendredi 8 janvier 2010

« 1+1=1 » Roman de F.C Rosensteel.Edition Méricant « Les récits Mystérieux » 1914.287 pages, Couverture Illustrée couleur de J.Ancelin

A la suite d’un terrible accident,Fred Arrow millionnaire Américain se réveille d’un long coma dans un endroit des plus inhabituels. Sa sensation de malaise est de plus accentuée par une effroyable sensation de légèreté.

C’est un de ses anciens professeurs de faculté, le Docteur Lincoln qui va lui révéler l’incroyable vérité.

Les blessures produites par son accident de voiture étaient telles que son corps se trouve à présent réduit aux proportions d’un tronc. Seule la tête à été épargnée.

Arrow se rappelle très bien avoir soutenu Lincoln lorsque celui-ci enseignait à la faculté. Accusé de pratiques douteuses au nom de la science. Chassé de l’université il se retira alors dans une clinique isolée où, avec l’aide du Docteur Joanhsen, il put continuer en toute liberté le cour de ses recherches : La greffe.

Inventeur de la « Collo-résine », aux propriétés nutritives des tissus, antiseptique et accélérant la cicatrisation, il propose au jeune blessé une offre des plus insolites : lui redonner un corps nouveau !

Aucune prothèse inerte et encombrante,mais un corps jeune,vif,en un mot lui greffer la tête sur un autre organisme.

Arrow, réduit à une simple organe, accepte sans hésiter, mais où trouver le donneur ?

Le fourbe Professeur propose alors à un de ses infirmiers,Basil personnage falot,stupide et surtout très pauvre,un ignoble marché. Moyennant la modique somme d’un million de dollars,il lui propose de « prêter » son corps.

Ainsi fait,l’opération se déroule dans des conditions assez exceptionnelles, « l’homme aux deux tête » venait d’être créer.

En effet, afin de mieux supporter la greffe, il était indispensable de conserver la tête du donneur.

Pendant ce temps,la disparition du millionnaire,inquiète l’opinion publique et plus particulièrement sa chère et tendre Maud Leighton.

Afin de corser un peu plus les choses, son rival de toujours James Bollwer, découvrant toute cette incroyable affaire de greffe, fait enlever le Dr Lincoln, empêchant ainsi les suites du traitement et consistant à l’ablation de la tête de l’infortuné Basil.

Atteint de cette terrible infirmité (difficile de passer inaperçu avec deux têtes) il ne resterait plus qu’a Arrow une vie de reclus jusqu’à la fin de ses jours..

Commence alors une terrible poursuite menée avec l’aide de Joanhsen qui doit désormais assurer seul la charge du patient.

C’est à la suite de cette période, que le Docteur va découvrir les dons télépathiques de l’étrange créature.

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là, la tête de l’infirmier commence à montrer des signes de dégénérescences, il semblerait même que la volonté de vivre semble l’abandonner.

Finalement le Dr Lincoln sera retrouvé et dans un ultime travail collectif « l’homme aux deux têtes » provoque Bollwer en duel.

Par bonheur ou par malheur au cour de l’affrontement, »Basil » sera frappé mortellement d’une balle entre les deux yeux.

Après l’ablation de cet organe sans vie, Fred se retrouvera « seul » dans un corps nouveau, mais a qu’el prix ?

Cette terrible expérience, comme on peut sans douter le marquera à vie, l’adaptation à ce nouvel organisme sera des plus difficiles,il lui semble être pareil à cet enfant qui aurait perdu à jamais son frère jumeau.

 

En guise de conclusion

Puisque je viens d’évoquer dans mon dernier post les histoires de têtes « vivantes », voici donc un histoire assez surprenante et montrant à qu’el point les auteurs d’avant guerre ne reculaient devant aucune audace, au risque de frôler l’absurde.

Le texte se déroule en trois parties bien distinctes pour arriver au climax final.

Dans la première partie l’auteur nous présente les personnages principaux, les explications, les techniques mise en application et surtout l’opération décisive, clef de toute l’intrigue. L’audace employée par l’auteur concernant les méthodes du Dr Lincoln sont tout simplement surprenantes pour ce roman datant de 1914.

Il existe pas mal de textes prenant pour sujet les greffes humaine,je crois que toutes les hypothèses on été exploitées mais à ma connaissance pas celle de la greffe d’une tête sur un autre corps.

Certains passages du roman traitants de  l’opération relèvent parfois du grand guignol et on assiste médusé à cette surprenante mutation.

La deuxième partie, moins délirante mais tout aussi intéressante nous proposons la communication mentale des deux cerveaux pour finir par la symbiose d’un seul et unique esprit.

Cette « gémellité » forcée donne lieu à des passages assez comique ou l’u  des personnages ne supporte plus les cigares que fume son voisin, ou l’un boit mais l’autre a toujours la bouche aussi sèche ou lorsque Arrox constate avec horreur qu’il ne possède plus la même écriture ni la même signature…

La dernière partie se termine bien pour l’un,une fois de plus le « héros » va finir par s’en sortir .Libéré certes de ce voisin « encombrant » mais quelque part ,secrètement ne le regrette t-il pas ?

Ce texte parfois délirant, souvent étonnant reste malgré quelques petites longueurs, un bon ouvrage paru dans la célèbre collection « Les récits mystérieux »

Cette collection d’aventure Proposée par les éditions Méricant, est une véritablement collection mythique.

Mythique à plus d’un titre car elle fut de toute évidence la véritable première collection spécialisée à proposer des textes relevant du « merveilleux scientifique » avec un titre de collection qui d’entrée nous propose une base concrète : « Les récits mystérieux »

Mythique car elle publia des auteurs comme Gustave Le Rouge et sa célèbre épopée Martienne, sans oublier les textes de Jean De Quirielle.

Mythique pour la sobriété exceptionnelle de ses dessins de couvertures, créant ainsi une « cachet » parfaitement identifiable par tous les amateurs du genre.

Mythique enfin car elle est à mon avis une des collections que tout amateur du genre rêve de posséder car elle reste une des plus difficiles à trouver dans son intégralité,peut-être même une des plus prestigieuses.

D’une durée de vie relativement courte elle proposa tout de même 21 romans dont au moins 12 (entre 1912 et 1914) appartiennent au domaine qui nous intéresse.

Comme pas mal de textes à cette époque,les ouvrages de la collection n’échappent pas au défaut principal de l époque à savoir des textes qui oscillaient entre l’enquête policière et l’aventure fantastique.

Souvent l’élément conjectural provenait d’une machine extraordinaire ou d’un savant plus ou moins fou et capable de toutes les audaces.

Toutefois, comme vous le découvrirez au fil du temps,lorsque j’analyserai plus en détail les textes de cette collection, il sera possible de se rendre compte de la richesse de certaines thématiques abordées.

 

Index Collection « Les récits mystérieux »

D’après mes dernières recherches, je vous propose ici une liste des ouvrages de cette collection.

La Bibliothèque Nationale de France ne recense que 13 ouvrages de cette collection et il m’a donc fallu établir cette liste en fonction des propres volumes qui sont en ma possession.

 Il est possible qu’il en existe d’autres et je compte sur votre collaboration afin de compléter les manques

-« Le secret des Paterson » Jules hoche

- « Le mort volant » Jules Hoche

- « L’œuf de verre » Jean De Quirielle

- « La Joconde retrouvée » Jean De Quirielle

- « Le cou blanc » Gustave Guesviller »

- « Le puits du Maure » Paul D’Ivoi

- « l’obus de cristal » Paul D’Ivoi

- « Du sang sur le Nil » Paul D’Ivoi

- « Le naufragé de l’espace » Gustave Le Rouge

- « L’astre d’épouvante » Gustave Le Rouge

- « La piste Hallucinante »  Fernand Aubier

- « La cité des suicidés » J.Munoz Escamez

- « Une fumée dans la nue » Louis D’Hée

- « Ville hanté » Léon Groc

- « Sous la griffe du monstre » William le Queux

- « L’affolante minute » Georges Meirs

- « Le violon fantôme » Pierre Giffard

- « Autour d’un mystère » Léonce de Larmandie

- « Joe le vengeur du bagne » Edmond Char

- « 1+1=1 » F.C Rosensteel

- « Aux prises avec la main noire » V.Rossi-Sachetti

 

Liste des textes conjecturaux

-« Le secret des Paterson » Jules hoche

- « L’œuf de verre » Jean De Quirielle

- « La Joconde retrouvée » Jean De Quirielle

- « Le cou blanc » Gustave Guesviller »

- « l’obus de cristal » Paul D’Ivoi

- « Le naufragé de l’espace » Gustave Le Rouge

- « L’astre d’épouvante » Gustave Le Rouge

- « La piste Hallucinante »  Fernand Aubier

- « La cité des suicidés » J.Munoz Escamez

- « Ville hanté » Léon Groc

- « L’affolante minute » Georges Meirs

- « Une fumée dans la nue » Louis D’Hée.

- « 1+1=1 » F.C Rosensteel.

 

Ne possédant pas le roman de Fernand Aubier « La piste hallucinante »,le ne peux affirmer qu’il s’agisse d’un roman conjectural, mais d’après une source il s’agirait d’une aventure policière matinée d’un soupçon de « science-fiction »

IL est également à préciser que pour les romans de Gustave Le Rouge,la première édition a été effectuée toujours par les éditions Méricant mais dans une collection un peu « Jumelle » et intitulée « Le roman D’aventure »

       – « Le prisonnier de la planète Mars » Gustave Le Rouge éditions Méricant  « Le roman d’aventure » 1908 N° 4 .Superbe couverture et aquarelles de H.Thiriet

       – « La guerre des vampires » Gustave Le Rouge éditions Méricant  « Le roman d’aventure » 1909 Superbe couverture et aquarelles de H.Thiriet

 

 

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Les mystérieuses études du professeur Kruhl

Posté le Mercredi 6 janvier 2010

« Les mystérieuses études du professeur Kruhl » Publié dans la revue « Je sais tout » Septembre 1912

Le héros de cette aventure,en vacances prés du village de Cauville est fortement intrigué autour d’une rumeur concernant une étrange propriété  « le donjon rouge »

Renseigné par les habitants du village, il apprend que la sinistre demeure est louée depuis 3 ans par un individu que tout le monde surnomme « Le charcutier du diable »

IL s’agit en réalité d’un professeur Allemand de l’université de Magdebourg, affublé de cet étrange sobriquet en raison de ses achats de centaines de cochons depuis qu’il s’est installé au village.

Poussant un peu plus loin ses investigations, il va se rendre une nuit prés de la propriété où il entend une étrange plainte, celle d’un cochon que l’on est entrain d’égorger.

Se faisant passer pour un admirateur des travaux du Professeur, il tente de pénétrer dans la demeure,il se heurte à une défense farouche,la place est bien gardée.

Un soir il rencontre l’étrange personnage, mais celui-ci refuse le dialogue, aucune menace n’a de prise sur lui, le narrateur s’interpose tente de le retenir et Kruhl suppliant de lui dire « Elle va mourir….et si elle meurt je ne pourrai cette fois plus la ranimer…si elle meurt….si elle meurt… toute est perdu…perdu… »

Un soir finalement il parvient à pénétrer dans la maison, déjouant les systèmes de surveillance, à l’intérieur un bruit régulier et puissant vient troubler son esprit, un bruit mécanique mais tellement « vivant » mais qui pourtant ne lui était pas complètement inconnu.

Lorsqu’il découvre enfin l’origine de se rythme régulier, il est subitement saisi d’effroi. Un machine gigantesque, faite de tuyaux de cylindres et de rouages qui dans un mouvement horriblement humain alimentent à la fréquence des battements du cœur, une tête posée sur un socle.

IL s’agit comme il se doit, de la tête d’un infortuné guillotiné servant aux effroyables expériences du Pr Kruhl.

Ecoutons pour ce faire le compte rendu de la malheureuse victime Prosper Garuche :

« Depuis longtemps les anatomistes ont essayé de ranimer le chef d’un guillotiné : ils partent de ce principe que c’est uniquement le sang qui entretient la vie  et de ce fait, tous les organes du corps humain n’ont d’autres fonctions que de purifier et de régénérer le sang .Par la distillation des aliments, l’estomac le renouvelle et l’enrichit, les poumons l’épurent en l’oxygénant, le foie et les reins le filtrent, enfin le cœur le fait mouvoir et circuler. Or,comme d’autre part c’est le cerveau qui fait fonctionner cœur,estomac,poumon et que c’est le sang qui anime le cerveau tu vois bien que c’est lui le sang qui engendre la vie. Alors on a pensé que si l’on parvenait à baigner l’encéphale d’une tête coupée avec du sang injecté dans les vaisseaux du crâne à la température et à la pression normales on la ferait ressusciter .On a essayé : on a réuni les carotides ‘un chien vivant à celle d’une tête de supplicié et la face s’est animée,les lèvres ont remué,les yeux ce sont ouverts,seulement les conditions de l’expérience étaient imparfaites ; il n’y a au monde que Siegfried Kruhl qui soit parvenu à la réussir et c’est moi,Prosper Garuche,qui lui servi de sujet. »

Ainsi donc les cochons, utilisés depuis toute ces années, servaient à alimenter cette infernale machine mais le précieux liquide devait être remplacé tous les jours en raison de « l’usure » trop rapide du sang de l’animal.

Répondant aux supplications de l’infortuné,dont cette vie mécanique lui est insupportable ( ayant la « conscience » de son corps sans pouvoir faire le moindre mouvements ) le témoin de cette horrible expérience sort un révolver de sa poche et vise sur la partie la plus délicate,la plus riche en engrenages,pistons et leviers et tire trois balles.

« La pulsation sonore s’arrêta net ; au milieu des roues brisées, des tiges tordues, du liquide gicle, des gouttes nombreuses et rouges dégoulinérent sur le sol en ruisseau, la machine saignait ! »

De retour à son domicile, il sombrera dans une forte fièvre. Sorti de sa congestion, il apprendra la destruction du « Donjon rouge » rayé de la carte par un formidable incendie.

 En guise de commentaire

La production de textes relevants de l’imaginaire fut, faute de revues spécialisées, très abondante au début du XX éme siècle et il serait vraiment difficile d’en répertorier la totalité à l’heure actuelle.

De plus, c’est une époque où le genre  « Science- fiction » n’est pas encore bien déterminé et le terme de « Fantastique » était une espèce de « fourre tout » ou de nombreux textes appartenant à cette zone crépusculaire entre la SF et le Fantastique, étaient alors rangés.

Un genre il faut le reconnaître  assez méprisé, car en marge de la « vraie » littérature mais qui  abritait donc sous son aile une foule de textes d’origine conjecturale.

Bien souvent d’ailleurs la différence entre les deux domaines se base souvent sur des critères assez difficiles à définir.

Je pense par exemple au thème da la régénération des tissus morts et à un texte que j’avais réédité dans la défunte revue « Planète à vendre ».

L’exemple typique de cette époque est le texte de Paul Arosa « Les mystérieuses études du Professeur Kruhl » paru dans la revue « Je sais tout » ou ce dernier rassemble plusieurs genres : Policier,Fantastique,Science-fiction et même Grand Guignol.

Cette œuvre d’ailleurs, comme nous le fait remarquer fort justement Jacques Van Herp, ressemble curieusement à un texte de jean Ray et intitulé « La tête de Mr Ramberger ».

Dans les deux textes nous sommes en présence de la résurrection d’une tête décapitée, toutefois Arosa apportera une explication scientifique alors que jean Ray laissera planer un doute à la limite du surnaturel, tout en insistant sur le coté morbide de la situation (l’auteur Gantois était avant tout un conteur fantastique)

Dans le texte qui nous intéresse le procédé utilisé pour l’époque est assez innovent.

En effet tout repose sur un appareillage sophistiqué, énorme machine fonctionnant au moyen d’un cœur artificiel, envoyant en permanence du sang de porc (le plus proche de l’homme) dans le système vasculaire cérébral.

Toutefois, si l’idée est séduisante sa créature reste tributaire de son statut de « Tête vivante » et reste condamnée à ne pas bouger du socle sur lequel elle est posée.

Il faudra attendre un roman tout à fait rarissime et passionnant des pères de « Fantômas », Souvestre et Allain pour que le pas soit enfin franchi avec le passionnant « Le rour » (écrit à la gloire de l’automobile et des pneumatiques Ducasble)

Il s’agit à mon avis du tout premier roman Français (publié en 1909) où il sera question d’une créature semi mécanique et mue par un cerveau humain.

Les auteurs nous en présenterons juste une ébauche audacieuse car le savant diabolique de l’histoire ne parviendra pas à mener son projet à terme et pour cause, le héros neutralisera l’inventeur, le cerveau de la future créature étant celui de sa fiancée.

Par la suite G.Palowski en 1913 et son « Voyage dans la quatrième dimension » ébauchera ce concept toutefois cette date est tout aussi importante car elle marque une étape décisive dans notre domaine.

En effet à Bruxelles sera édité ce qui constitue d’après Versin dans son « Encyclopédie » la « Première collection spécialisée de science-fiction »

« Le secret de ne jamais mourir » Roman fantastique de A.Pasquier et illustré par De Cuyck va ainsi constituer le seul et unique volume d’une série fort prometteuse des éditions « Polmoss »

L’ouvrage renferme en réalité deux textes consacré aux « automates » mais celui qui nous intéresse plus particulièrement est le premier donnant le titre au recueil.

Ici la donne est différente car ce n’est pas un cerveau que l’on va ajouter à une machine (ou faire fonctionner un cerveau artificiellement grâce à un appareillage) mais on va intégrer des éléments mécaniques en remplacement d’organes défectueux ou vieillissants : L’ancêtre de Robocop venait de voir le jour !

Celui qui franchira de nouveau le pas sera Gaston Leroux en 1924 avec la parution de son célèbre roman « La machine à assassiner ».

Dans ce texte, Gabriel est un mannequin automate sur lequel on a greffé le cerveau d’un guillotiné.

Il se répare et se remonte tout seul, doué en quelque sorte d’une immortalité « mécanique » qui en fera presque le summum de la créature artificielle parfaite.

Signalons également une petite plaquette éditée en 1928 à la « Librairie théâtrale » et intitulé « L’homme qui a tué la mort » de René Berton. Il s’agit d’un pièce dramatique en deux actes ou la tête d’un décapité est rendue à la vie au moyen d’une machine complexe envoyant électricité et sang de bœuf afin de refaire fonctionner le cerveau du malheureux.

Lucien Bornert en 1953 avec son roman « Robots sous-marins » dans la collection  » Grand roman science anticipation » éditions le Trotteur (pré-originale dans la revue « Robinson » du 10 Mars au 1er Décembre 1940) et  Pierre Devaux dans son roman « Uranium » Editions « Médicis » 1946,mettront également en scène des créatures mi-machineS,mi-humaines dans lesquelles seront logées un cerveau humain.

Comment terminer enfin sans oublier le roman de de Marcel Thiry « Le concerto pour Anne Queur » où un grand médecin noir à trouvé un moyen de vaincre la mort.Les cadavres sont ainsi vidés de leurs tissus charnels,à l’exception du cerveau et sont appareillés avec un coeur électrique qui diffuse un sang couleur or.Ces étranges créatures sont appelées les « Secs »constituent ainsi un nouvelle race de surhommes,mais pour combien de temps?

 

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Archive N° 2 : Mystére-Ville

Posté le Mercredi 30 décembre 2009

« Mystère Ville »  Roman de William Cobb (Jules Lermina) Illustré par A.Robida.

Parution « Le Journal des Voyages » du 4 Décembre au 26 Mars 1905 .Première livraison avec couverture couleur de A.Robida (Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de littérature fantastique N°6 Mars 1991)

 

Reclus volontairement dans une province isolée de la Chine, Alcide Trémolet voulant échapper aux horreurs de la révolution des Boxers, va vivre une des plus extraordinaires aventures de sa vie.

Tombé par accident  dans une crevasse alors qu’il fuyait sa maison, il se réveillera dans un endroit des plus singulier où un homme, habillé de vêtements d’une autre époque va lui faire une curieuse annonce.

IL doit en effet comparaître devant le tribunal du « grand Châtelet »pour avoir pénétré de façon illégale dans une zone interdite. Ainsi fait, la sentence tombe de façon tragique :Condamnation à mort par « Phonothomatose » à savoir la mort par le son.

Avant l’exécution de cette terrible sentence, un homme de science le Dr Durand, qui ayant prit en sympathie notre infortuné aventurier, va lever une partie du voile de cette mystérieuse société souterraine « Mystère Ville ».

Fuyants paris lors de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XVI en 1865, un groupe d’insurgés gagne les Indes au moyen d’un bateau à moteur inventé par l’un deux : Denis Papin !

De périples en périples, ils se retrouveront prisonnier d’une muraille granitique suite  à un tremblement de terre.

Après 200 ans d’isolation et d’adaptation  à leur nouvel environnement ils parviendront, aidés par le génie de Papin à créer Mystère -ville.

Dans ce microcosme, tout doit être fabriqué artificiellement, comme la nourriture entièrement chimique et formée des éléments constitutifs des mets avec leurs saveurs propres et leurs qualités nutritives.

La terre est un élément très rare, car apportée par le vent, est également fabriquée avec des éléments de synthèse. Petit détail surprenant, à Mystére-ville, la Seine est un fleuve de fleurs aux couleurs flamboyantes, réalisé au moyen d’injections hyporaciniques à base d’essences minérales.

Les repas se prennent au Louvre, réfectoire national ou toute l’alimentation se fait par absorption d’essences nutritives, distribuées par un clavier.

L’injection se pratique directement par la bouche par une canule propre à chaque personne.

L’appartement attribué à Alcide est également à la pointe de cette nouvelle technologie.

Celui-ci, très confortable, n’est accessible que par l’intermédiaire d’une grue située au centre de la ville et faisant office d’ascenseur.

Par manque d’eau, les ablutions se font au moyen de douches phoniques, rayons lumineux chassant toutes les impuretés de votre corps.

Symbole du progrès, dans cette ville, la femme est l’égale de l’homme ou chacun se doit de fournir  une à deux heures de travail quotidien.

Réduction des taches, loisirs augmentés, voici un monde idéal ou notre héros s’intègre peu à peu et on lui trouve même un petit travail dans l’usine phonique (distribuant l’énergie dans chaque m    maison) où il rencontrera l’amour de sa vie….

Alors que sa nouvelle existence semblait s’écouler paisiblement, un nouveau vent de révolte se déchaîne sur la capitale.

De violentes oppositions débutent entre le phonisme (énergie par le son) et l’aronisme (énergie produite par….les odeurs).

De plus la polémique enfle : « Faut-il oui ou non percer une galerie afin d’atteindre le monde d’alcide Trémolet ? »

Une nouvelle machine issue de la technologie aromiste peut en effet dissoudre les roches les plus dures et ce, dix fois plus vite que tout autre appareil.

Alcide au milieu de ce gigantesque conflit, est le seul qui peut vraiment dire si la civilisation « terrienne » est meilleure que celle où il a été recueilli.

Mais la guerre gronde à l’horizon, une guerre impitoyable oppose les deux factions.

La « bombe aromatique »prévue pour le tunnel, n’est malheureusement qu’un prototype et dans sa folie, son utilisateur percera une gigantesque poche de lave en fusion.

La ville sera complètement détruite, Trémolet n’échappera, comme il se doit, que de justesse à cette mort effroyable.

Seule sa compagne échappera également au désastre, une évasion qui se fera par la voie des airs

Le manuscrit de cette incroyable aventure sera retrouvé dans une bouteille miraculeusement tombée du ciel, dans une ville Russe.

Une expédition sera envoyée afin de confirmer la véracité de cette époustouflante aventure.

Quand à Mr  et Mme Trémolet, ils n’ont jamais donné signe de vie

 En guise de conclusion

Ce roman fort court hélas, reste me semble-t-il une des réussites du « Journal des Voyages ».Les inventions sont si nombreuses qu’il est impossible de les citer toutes.

Cette civilisation axée sur le son et les odeurs ne manque pas d’originalité ; et certaines descriptions y sont d’ailleurs fort cocasses.

L’exemple flagrant du potentiel extraordinaire des écrivains de cette époque

L’histoire se déroule d’une façon logique et bien que certaines techniques soient un peu tirées par les cheveux, il se dégage de tout cela un savoureux charme désuet.

Par contre il me semble important de soulever un petit voile mystérieux dont cette œuvre semble enveloppée.

Je connais quelque peu la production de Mr Jules Lermina (« Le secret des Zippélius, « à brûler conte astral.. ») et il me semble que l’imagination débordante dont fait preuve ce texte doit plutôt se tourner vers son illustrateur, l’excellentissime Albert Robida.

Ce texte porte sans nul doute les traces du père du XXéme siècle.

Les noms donnés aux appareils (douche photique, serre photo phonique, phonothomatose…) les descriptions de l’évolution sociale et culturelle (égalité de la femme, diminution du temps de travail, nouvelles religions : (Aronisme…) ainsi que le ton humoristique de l’ensemble, me permettent de croire à une participation plus que artistique à « Mystére-ville ».Un terminologie qui sera souvent reprise dans d’autres oeuvres comme celle de Camille Flammarion ou dans son « La fin du monde » les terriens communiquent avec Mars par liaisons « photophoniques » au moyen d’un « Téléphonoscope »

Du moins l’influence y est considérable et une écriture à quatre mains n’est pas à exclure.

Ceci est un avis personnel qui n’engage que moi, mais les coïncidences sont troublantes.

Pour exemple « La guerre infernale » écrite par Pierre Giffard Robida fut, dans quelques numéros autre chose qu’un simple illustrateur

IL est à préciser que ce texte fut réédité par J.P Moumon dans sa revue Apex collection « Périodica » en 1998.

Ce texte est également cité dans l’ouvrage de Pierre Versins « Encyclopédie de l’utopie et de la science-fiction » Edition « L’age d’homme » 1984 page 530

Cité également dans l’ouvrage de Guy Costes & Joseph Altairac « Les terres creuses, bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires » Editions « Encrage » 2006 page 206

Cet ouvrage est une véritable « Bible » indispensable à tout archéologue de l’imaginaire en littérature.

 

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« Les Merveilles de l’ile Mystérieuse » Par Octave Béliard

Posté le Dimanche 20 décembre 2009

 

En Avril 1991 commença ma collaboration à une revue amateur et consacré à la vieille anticipation. 

Ce bulletin nommé « Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de littérature fantastique »débuta en Mai 1990 et réussit à maintenir son cap pendant pratiquement 36 ou 37 Numéros

Unique en son genre,elle demeure malgré son coté très amateur et une mise en page parfois des plus anarchique,une source de références indispensables pour tous les amateurs du genre. 

Traitant bien souvent d’éditions rares et introuvables, ce bulletin reste de nos jours impossible à trouver. En effet il était réservé aux seuls collaborateurs (mis à part quelques exemplaires ),ce qui limite considérablement la chance pour le collectionneur et chercheur dans retrouver la totalité.

Je vais  donc proposer sur mon blog l’ensemble des ouvrages que j’avais à l’époque analysé dans le bulletin afin de permettre à ceux qui le souhaitent,un résumé de quelques textes rares, oubliés sur les étagères poussiéreuses de nos bibliothèques

« Les merveilles de l’ile mystérieuse«   de Octave Béliard 

Lecture pour tous » de septembre 1911 No 12 pages 1066 à 1078 Illustrations de Lanos ( Bulletin N° 5 décembre1990)

 Lors d’une traversée de l’océan indien, le « Fulton » vieux bateau à vapeur se trouve dans une terrible tempête. Chose curieuse, le navire semble aspiré vers une île, plus précisément vers un gouffre immense ou le vent pénètre avec un bruit apocalyptique. Pensant sa dernière heure venue, le héros constate avec stupéfaction que ce trou béant, n’est autre qu’une immense porte. Un fois franchie, le navire se retrouve dans un calme absolu. Seul survivant avec le capitaine, notre homme va sans nul doute connaître l’aventure la plus incroyable de sa vie. Cette île n’est autre qu’une sorte de république de savants qui, retirés là par dégoût d’une humanité trop ingrate, y vivent grâces aux moyens naturels apportés par l’environnement et le génie de ses habitants. 

Tout y est domestiqué : les marées dont la force exercée sur d’immenses plaques métalliques actionnent d’innombrables machines à tisser. Le vent qui,une fois emprisonné est mis sous pression,transformé en air comprimé et distribué dans chaque habitation .Ce système permettant l’alimentation des appareils domestiques. Le volcan qui avec sa quantité énorme de lave en fusion, constituera la base d’une immense chaudière. L’énergie provenant de l’atmosphère, avec ses récupérateurs de foudre, une énergie prodigieuse et illimitée. Le palmarès des inventions revenant au final à cet appareil capable de capter les « vibrations calorifiques de l’air » .Celui-ci, placé dans une assemblée de philosophe en grande discussion, permet l’alimentation de centaines de couveuses. 

Dans cette véritable « république parfaite », pas de classe dominante : Savants et travailleurs manuels, même statut. La ville est construite selon un schéma identique, et le confort qui règne dans chaque habitation est de rigueur. Les rues, très espacées et peu encombrées servent au passage d’une multitude de véhicules électriques. En somme un concentré de technologie au service d’une communauté heureuse et pacifiste. Hélas, cette société idyllique sera comme il se doit, détruite par mère nature qui voulant reprendre ses droits, anéantira toute cette perfection lors d’une formidable éruption volcanique. 

Le seul survivant de cette incroyable aventure sera une fois de plus le rescapé du naufrage, narrateur de cette extraordinaire aventure et dont nous ne connaissons toujours pas le nom.

 En guise de conclusion,je voudrais insister sur la richesse incroyable de toutes ces publications qui,à l’instar de « Je sais tout » « Lectures pour tous » « Sciences et voyages » etc.… nous offrirent de petits joyaux de littérature conjecturale. Octave Beliard y donna de très bons textes et  malheureusement, la mauvaise volonté des éditeurs fait encore obstacle à la réédition de ces « merveilles » qui dorment bien tranquillement dans l’attente de jours meilleurs 

Pourtant,si la France fut longue à proposer des collections spécialisées,il sera utile pour le chercheur assez téméraire de se tourner vers ces divers périodiques,pour se rendre compte à quel point  l’imaginaire de nos écrivains ne demandait qu’à s’épanouir.  Qui pourrait prétendre que des textes comme « Celui qui viendra » de Tancréde Valéry, la majorité des œuvres de André Couvreur publiées dans « Les œuvres libres » ou « Un monde sur le monde » de Henri Lanos (paru dans Nos Loisirs) doivent rester dans l’oubli. A toute cette indéniable qualité littéraire, il est nécessaire de rajouter ce qui me semble être également un atout majeur de ce type de publication : L’illustration. Henri Lanos qui affûta sa plume dans de nombreuses revues, peut-être considéré comme l’un des plus brillant illustrateur de conjectures anciennes. 

Il fut sans nul doute le véritable artiste de science-fiction de l’époque en illustrant de nombreuses nouvelles et articles pour « Je sais tout » et « Lecture pour tous » avec un talent incomparable. A l’époque il n’y avait que Dutriac ou Orazi pour soutenir la comparaison. Lanos fit de nombreuses compositions pour des articles de C.Flammarion et des nouvelles de Lauman, A.Conan Doyle, J.Perrin (pour son incroyable « Terreur des images ») ,O.Beliard,Jean Rostand… Cet artiste possédait un coup de crayon prodigieux pour représenter,en véritable visionnaire,les progrès technique et les inventions de demain. Dans ses dessins, l’homme est toujours représenté de façon minuscule, écrasé par les machines qu’il a inventé, comme si ces immenses rouages, bielles et pièces mécaniques avaient une âme, ne désirant qu’une chose : asservir et dominer l’homme. 

L’exemple le plus caractéristique de son art est visible dans un de roman écrit en collaboration avec Jules Perrin « Un monde sur le monde »  ( « Nos loisirs » No 46 à 50 13 novembre au 18 décembre 1910 N° 1 à 16 1er Janvier au 5 Février 1911)

Dans cette anti-utopie technologique ou un milliardaire Américain construit une titanesque ville de fer, certains illustrations pleines pages de Lanos sont tout simplement hallucinantes. Malheureusement la mauvaise  qualité d’impression ainsi que le papier utilisé a l’époque n’offrent pas toutes les qualités requises afin d’obtenir un parfait rendu des illustrations originales. 

Peintre visionnaire de grand talent, il rentre dans la liste hélas peu volumineuse des artistes de talent qui au début du XX aime siècle  parvinrent à donner aux illustrateurs de science-fiction, leurs lettres de noblesse.

Octave Béliard et son oeuvre

Médecin de par sa profession,cet écrivain né en 1876 et décédé en 1951 consacra une grande  partie de sa vie à la littérature.Il fut en outre non seulement lauréat du prix Jules Verne et du prix Maurice Renard,mais également dans un domaine bien différent,le biographe de Sade,écrivain historique,encyclopédiste, etc….

Ce précurseur de la Science-fiction moderne écrivit maintes nouvelles annonçant déjà quelques grands thèmes très connus du public de l’imaginaire.IL est à mon avis un des premiers écrivains Français à utiliser dans une de ses nouvelles une machine capable de remonter le temps (« Aventures d’un voyageur qui explora le temps »).Un brillant exemple de l’influence du voyage temporel sur le déroulement des faits historiques.

« La journée d’un Parisien au XXIéme siècle » est une visite guidée de ce que pourrait étre notre belle capitale avec toutes les dernières innovation apportées par la science et il faudra attendre le texte suivant « Une exploration polaire aux ruines de Paris » pour en découvrir son funeste destin : le texte relate une exploration archéologique (dans un lointain futur) qui découvre sous une immense couche de glace les derniers vestiges d’une ville légendaire,lorsque Paris était une des plus grandes capitales du XXéme siècle.

D’autres nouvelles seront encore écrites et recueillies dans un volume paru en 1944 « Le décapité vivant et autres histoires d’outres vies »,où figurent de très bonnes nouvelles fantastiques (en autre le texte portant le titre du volume)

Mais ce qui demeure sans contexte le chef-d’oeuvre de l’auteur et un des titres phare de la conjecture ancienne est sans nul doute « Les petits hommes dans la pinède ».Treize ans avant « Le dieu microcosmique » de Théodore Sturgeon,voici l’histoire d’une race de minuscules humanoides créées par un embryologiste.Ce peuple, dont l’existence  se déroule dans cette fameuse pinède, évoluera d’une façon extraordinairement accélérée en raison d’une durée de vie très rapide.Ces « petits hommes » découvriront hélas que leur dieu/créateur est semblable à eux,un étre de chair et de sang,la crainte qui les animait jusqu’alors disparaitra.Arrivés pratiquement à l’apogée de leur technologie et de leur science,le témoin de cette formidable aventure détruira leur territoire,préservant ainsi « l’humanité d’une invasion plus irrésistible que celle des fourmis d’Amazonie » pour reprendre la phrase cité par Versins dans son encyclopédie.Le texte de A.Poleischuk « L’erreur d’Alexis-Alexeiev »Hachette « Le rayon Fantastique » N° 114 1963) est certainement plus poussé dans le développement,mais il faut bien reconnaitre que pour l’époque Béliard fit preuve d’un véritable tour de force.

Bibliographie de Octave Béliard dans la revue « Lecture Pour tous »

      - « Aventures d’une voyageur qui explora le temps » Illustré par Montchablon .N° 4 Janvier 1909 

      - « Une exploration polaire aux ruines de paris,récit des temps futurs» Illustré par H.Lanos N° 9 Juin 1911

      - « Les merveilles de l’ile mystérieuse » Illustré par H.Lanos Septembre 1911

      - « La journée d’un Parisien au XXI éme siécle » Illustré Arnould Moreaux et Biron-Roger .Noel 1910

      -  « La petite fille de Michel Strogoff  » Juillet ,Aout ,Septembre 1927.

 

Bibliographie Science-fiction d’Octave Béliard

 

      - « Les petits hommes dans la pinède » Paru en 1927 en pré-original dans « L’association médicale».Contenait un prologue non repris dans l’édition suivante.

     - « Les petits hommes dans la pinède»  La nouvelle société d’édition 1928 couverture illustrée couleur

     - « Le décapité vivant et autres histoires d’outre vie » Recueil de nouvelles. Le livre de Paris 1944

  • Le passé merveilleux
  • Le décapité vivant
  • La découverte de Paris
  • Le roseau de Tout Ankh Amon
  • Le sac de serge verte
  • Spiritisme
  • La seconde vie
  • La hantise
  • Le malacanthrope
  • Le karma
  • Le réflexe suprême
  • Visite de nuit
  • Le charmeur de bruits
  • La ville de rêve
  • Un dîner au Majestic
  • Le bouddha
  • Le seuil
  • L’étrange histoire de Françoise

    - « Le message mystérieux » Tallandier « Voyages lointains,Aventures étranges » N° 12 1928 Couverture Illustrée couleur

    - « La petite fille de Michel Strogoff » Hachette collection « Prix Jules Verne » 1927 Couverture illustrée couleur

     - « Orient contre Occident » Nouvelle publiée dans le numéro 3 du 15 Mars 1914 de la revue « Touche à Tout ». Rééditée dans le « Bulletin des amateurs d’anticipation ancienne et de Fantastique » N°36 Décembre 2005.

 

Nouvelles rééditées dans diverses revues

 

      - « Le passé merveilleux »( le décapité vivant….) Revue Fiction N° 79 Juin 1960 (pages 99 à 115)

      – « La découverte de Paris »(le décapité vivant….) Revue Fiction N° 141 Aout 1965 (pages 112 à 128)

     « La ville de rêve »(le décapité vivant…) Anthologie « Histoires étranges » Casterman 1964 (pages 73 à 79)

      - « Le décapité vivant »(le décapité vivant…..) Anthologie « Histoires étranges » Casterman 1964 (pages 203 à 219)

      - « Le Bouddha »  (le décapité vivant…..) Anthologie « Nouvelles histoires étranges » Casterman 1966 (pages 183 à 191)

      - « L’étrange histoire de Françoise » (le décapité vivant…..) Anthologie « Nouvelles histoires étranges »Casterman 1966 (pages 47 à 65)

      « Aventure d’un voyageur qui explora le temps » dans le recueil « Jour de l’an chez les momies » éditions « Le visage vert » Mars 1987.Il s’agit d’une reproduction en fac similé du texte paru dans « Lectures pour tous » de 1909. Cette longue nouvelle fût également reprise sous un forme abrégée dans le magazine « Lisez moi aventure » du 15 Février 1948 N°43

       – « La journée d’un Parisien au XXI éme siècle » N° 2 & 3 de la revue « Planète à vendre » (décembre 1990 et Mars 1991.Reproduction en fac similé du texte paru dans « Lecture pour tous » pour le Noël 1910.

Pour conclure « Les merveilles de l’ile mystérieuse » eut également les honneurs d’un réédition dans la revue « Das Neue Universum »en 1911.Cet énorme almanach créé en 1880 proposa tout au long de sa carrière des articles et des reportages sur le sport, la chasse,les découvertes scientifiques….La particularité du texte de Béliard vient du fait que dans l’édition Allemande,la paternité de l’oeuvre fut attribuée à son traducteur Herbert Frank et livrée comme une création originale. Cette nouvelle sera reprise en 1980 par les éditions Wilhem Heyne de Munich dans une anthologie réalisée par Wolfgang Jeschke « Als Der Welt Kohle Und Eisen Ausging »( Quand la houille et l’acier s’épuisèrent dans le monde).Ici également le nom de Herbert Frank sera conservé.

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 Les illustrations proviennent de la nouvelle « les merveilles de l’ile Mystérieuse »

 

 

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Sur L’autre Face du Monde

Posté le Vendredi 18 décembre 2009

Vendredi 18 décembre 16h00

L’origine du titre de mon blog, puise ses origines dans un roman paru initialement dans une revue que peu de gens connaissent de nos jours. 

« Sur L’autre face du monde » de A.Valérie  ( pseudonyme de René Thévenin) fut donc publié en feuilletons dans la revue « Sciences et Voyages » du N° 805 au N° 826 (31/1/1935 à 27/6/1935) Illustré par le célèbre Maurice Toussaint, un des plus prolifique illustrateur de cette période, ce texte d’une très grande originalité doit en quelque sorte sa « réhabilitation » grâce à la réédition faite en 1973 dans la défunte collection « Ailleurs et demain/classiques » collection dirigée à l’époque par Gérard Klein. Il faut saluer cette excellente initiative, la seule à ma connaissance en ce qui concerne des textes venant de cette revue, car peu d’éditeurs semblent sans soucier à l’heure actuelle. 

« Les glaciers enserrent la dernière des villes humaines, l’ultime forteresse de la science et de la culture .Il faut qu’un homme parte vers l’autre face du monde, à la recherche de terres habitables. Il va découvrir alors l’incroyable vérité… » 

« Sciences et Voyages » est sans contexte une véritable « mine » pour l’explorateur aventureux en quête de découvertes conjecturales étonnantes. Beaucoup d’auteurs et non des moindres, si abandonnèrent pour nous livrer des romans tout à fait remarquables qui font encore date aujourd’hui : José Moselli, Léon Groc, Rosny Aîné, René Pujol, René Thévenin,Jean Petithuguenin. 

Dans un article futur je vous livrerai en détail la liste des romans et nouvelles qui firent les délices de nos ancêtres. Le volume édité chez Laffont possède également le mérite, outre une préface très passionnante mais discutable de Gérard Klein, une fort copieuse intervention de Jacques Van Herp. 

 « Sur L’autre face du monde, et autres romans scientifiques de Sciences et Voyages » de A Valérie. Edition Robert Laffont  Collection « Ailleurs et demain/ Classiques » 1973 

Sommaire 

Préface de Gérard Klein. 

- Les Romans de « Sciences et Voyages » et leur temps de Jacques Van Herp .

- René Thévenin de Jacques Van Herp.

- Bibliographie de René Thévenin de Jacques Van Herp.

- « Les Chasseurs d’hommes » de René Thévenin.

- « Par-delà l’univers » de Raoul Brémond .

- « La Cité de l’or et de la lèpre » de Guy D’armen.

- « Sur l’autre face du monde » de André Valérie .

- Répertoire de la revue « Sciences et voyages » par Pierre Versins

Le même éditeur privilégia quelques peu le « Conjecture ancienne » avec quelques titres dignes d’intérêt : 

     -  B.R.Bruss  « Et la planète sauta…. » 

     -  Jacques Spitz  « L’œil du purgatoire  L’expérience du Dr Mops » 

     -  Marc Wersinger « La chute dans le néant »

     -  Franz Werfel « l’étoile de ceux qui ne sont pas nés » 

 

 

Sur L'autre Face du Monde dans la vieille anticipation en librairie autrefacedumonde

merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 16:20
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La Révolte des Pierres

Posté le Mardi 15 décembre 2009

Mardi 15 décembre 16h30

la revolte des pierres

 

Comme je vous l’expliquais dans ma présentation,l’ouvrage de Léon Groc, influença fortement mes choix en matière de science fiction.

IL est intéressant de savoir que l’ouvrage connu plusieurs éditions:

- En 1930 « éditions de la nouvelle France » couverture couleur illustrée par Mercier, il s’agit de l’édition originale

- En 1941 « éditions Tallandier » collection « Grandes Aventures Voyages Excentriques » couverture couleur de Maurice Toussaint

- En 1998 « Petite bibliothéque ombres » collection « Les classiques de l’utopie et de la science fiction »

Ouvrage indispensable et dont la lecture reste encore de nos jours très agréable

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merveilleuxscientifiqueunblogfr @ 16:49
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